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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 19:09
Le monde ancien, le monde de demain, Jaurès

Pour la première fois depuis 1992, je n’ai pas pu me trouver aux côtés de mes amis devant la statue de Jean Jaurès à Carmaux, pour rappeler le souvenir du grand tribun, assassiné au Café du Croissant le 31 juillet 1914, la veille du déclenchement de la 1ère guerre mondiale.

Ce n’est pas une raison pour oublier en ce jour les messages que Jaurès nous a laissés. Ses analyses, ses réflexions philosophiques, humanistes ou politiques, qui datent pourtant d’il y a un siècle, sont toujours d'actualité dans les temps difficiles que nous traversons.

Alors que des débats confus sur "le monde ancien" et "le monde de demain", entretenus par le choc de la pandémie, donnent parfois le sentiment d’une remise en cause des valeurs qui fondent une nation démocratique, alors que des tensions internationales de tous ordres, attisées par des dirigeants irresponsables, se multiplient et risquent de dégénérer en guerres, il est utile de revenir à Jaurès.   

Il faut se souvenir de la lourde responsabilité des dirigeants de l'époque -y compris français- dans la grande boucherie qui fit tant de victimes . Jean Jaurès dénonça avec fougue leur attitude, parce qu'il pressentait le tragique engrenage de la violence et de la barbarie.

Je vous propose de lire ce beau texte de Gilles Candar, Président de la Société d'études jaurésiennes, publié dans la brochure de présentation du spectacle "Jaurès, une voix pour la paix". 

***

 

Jaurès, pacifiste et patriote

 

     Il faut prendre toute la mesure du personnage Jaurès. Champion de la paix, homme bon et généreux, sensible, soucieux de réduire et si possible d'abolir la violence dans les rapports humains, oui. Mais il n'est pas pour autant ce qu'on appelait jadis un « pacifiste bêlant », un prédicateur rêvant à un monde parfait et inaccessible. Il est dans l'histoire, il en connaît les réalités, il sait d'où il vient et donc où il va. Il est, profondément, un politique.

     Jaurès est attaché à sa patrie, la France. Il a des mots très forts et très tendres à la fois sur elle. Il n'a jamais dit « à celui qui n'a plus rien, la patrie est son seul bien » comme cela a parfois été dit (la phrase est du révolutionnaire Blanqui, dans un autre contexte). Mais par exemple, il conclut un discours à la Chambre, le 11 mai 1907, en s'exclamant « Si noir que puisse devenir le monde, il ne verra jamais cette chose impossible et monstrueuse, la mort de la France ». Les patries sont une construction historique, humaine, destinées à évoluer comme toutes choses. Il comprend bien qu'elles ne peuvent être immuables, qu'elles sont appelées à se transformer et à coopérer surtout sous des formes qu'il est permis d'espérer de plus en plus harmonieuses. L'horizon ultime est celui de la patrie universelle, mais pour longtemps encore, comme il l'explique lors d'un congrès à Nancy (août 1907) à Hervé, trublion assez véhément de son parti, « les patries sont un fait […] elles ont à l'heure présente une valeur socialiste et humaine […] même dans l'unité socialiste, cette diversité prolongée des nations sera un bienfait, parce que l'unité socialiste humaine ne sera pas uniformité ».

     C'est au même moment que Jaurès à la fois commence à défendre au sein de l'Internationale socialiste l'idée d'une nécessaire lutte contre la guerre, coordonnée et préventive, usant de tous les moyens y compris éventuellement de la grève générale et insurrectionnelle en cas de refus de l'arbitrage, et qu'il se décide à rédiger un ouvrage consacré à L'Armée nouvelle, c'est-à-dire aux profondes réformes du système militaire français afin de lutter contre une éventuelle invasion.

     Son livre paraît finalement en 1911 : il est fondé, compte tenu des dangers de l'époque, sur une stratégie défensive, réduisant la durée du service militaire mais mobilisant toutes les ressources du pays pour assurer l'invincibilité de la nation attaquée. Son grand adversaire est l'esprit de routine, particulièrement prégnant à l'intérieur de l'institution militaire comme à l'extérieur, dès qu'il est question des « choses de l'armée ». Il se plaint de ce désintérêt national que favorise « une conspiration universelle de silence, de mystère puéril, d’esprit de clan, de routine et d’intrigue[1] ».

     Être jaurésien aujourd'hui n'est pas nécessairement reprendre de très belles citations de Jaurès sur la paix ou la guerre, la patrie, l'Europe ou l'humanité, mais c'est poursuivre son effort pour penser dans les termes d'aujourd'hui les conditions de la paix, de la coopération entre les peuples, de la défense nationale et internationale contre les maux présents de l'humanité. Et d'abord garder l'esprit en éveil et se méfier des formules routinières.                                                      

 

                                                               Gilles Candar

 

[1] Jean Jaurès, L'Armée nouvelle, tome 13 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-Jacques Becker, Paris, Fayard, 2012, p. 286.

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29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 14:30
LA BOMBE (bis)

 

Si vous avez raté le film

"La bombe", diffusé hier soir sur ARTE,

vous pouvez le visionner ICI

  • En le regardant, vous comprendrez mieux les interrogations de responsables politiques, d'ingénieurs, d'historiens: "Comment vivre avec une invention capable de détruire la planète?
  • Vous comprendrez mieux aussi pourquoi, avec l'association que je préside (IDN) et avec de nombreux partenaires, en France et au niveau international, je milite pour la disparition des armes nucléaires et je combats les méthodes de désinformation qui s'apparentent à du mensonge ou du déni et qui alimentent le discours officiel dans les 9 pays (dont la France) détenteurs de l'arme nucléaire. 

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23 juillet 2020 4 23 /07 /juillet /2020 17:13
Oui, une explosion nucléaire est possible
Oui, une explosion nucléaire est possible
Oui, une explosion nucléaire est possible

C’est bien ce que l’on ressent après avoir vu les 2 films diffusés par ARTE avant-hier.

  • Le premier, « Accident nucléaire en Arkansas », raconte comment, le 18 septembre 1980, à Damascus, dans l’Arkansas, une charge nucléaire trois fois plus puissante que l’ensemble des bombes larguées durant la Seconde Guerre mondiale, y compris celles qui ont anéanti Hiroshima et Nagasaki, a failli s’écraser quelque part sur le sol américain, causant des millions de morts.                                     

   ​​" Ce jour-là, sur une base de l’Armée de l’air abritant le missile nucléaire Titan II, le plus potentiellement meurtrier de l’arsenal américain, deux hommes sont chargés de rechercher la cause d’une légère baisse de pression dans le silo de l’ogive. Après une journée de travail de près de douze heures, l’un de ces jeunes soldats, Dave Powell, commet une erreur de procédure pour pénétrer dans l’habitacle ultrasécurisé où dort le monstre. Une douille chute et endommage l’un des réservoirs du missile, dont le combustible se met à fuir en abondance. 

L’explosion est inévitable à court terme, et la panique gagne peu à peu l’état-major. L’angoisse est d’autant plus forte que le Titan II, vétuste, aurait déjà dû être démantelé, si Jimmy Carter n’y avait pas vu une monnaie d’échange dans le cadre des négociations de désarmement nucléaire entamées avec son homologue soviétique Leonid Brejnev. Dans la perspective de l’élection présidentielle de 1981, les démocrates sont d’ailleurs réunis à Hot Springs, à quelques dizaines de kilomètres de la base, à l’invitation du fringant jeune gouverneur de l’État, Bill Clinton."

" Dans la nuit du 25 au 26 septembre 1983, en pleine guerre froide, le lieutenant-colonel Petrov est de service. Sa mission consiste à surveiller depuis son bunker un écran de contrôle destiné à donner l’alerte en cas d’attaque nucléaire.

Lorsque le militaire soviétique voit apparaître cinq points représentant des missiles en provenance d’une base américaine, le doute l’envahit : pourquoi les États-Unis attaqueraient-ils à ce moment précis ? N’écoutant que son instinct, Stanislav Petrov décide de ne pas avertir son état-major. Il s’agissait bien d’une fausse alerte, en raison de la réflexion des rayons du soleil sur les nuages situés au-dessus du site de lancement américain. Par ce geste courageux, voire inconsidéré, Petrov a peut-être évité une riposte de l'URSS et, de fait, la fin de ce monde. En 2006, le héros oublié était invité en grande pompe aux États-Unis…"

Tous les détails de ce presque incroyable événement sont donnés dans un documentaire saisissant  : « 1983, au bord de l’apocalypse » qu'il faut vraiment regarder.

***********

Pour en savoir plus sur cette invention capable de détruire la planète, ne manquez surtout pas de visionner ce formidable documentaire : « La bombe », également diffusé par ARTE*

C’est une captivante plongée dans l'histoire de la bombe atomique, de sa conception à la manière dont elle a changé le monde.

Pendant un an et demi, le cinéaste américain Rushmore DeNooyer a puisé dans les photographies et les films récemment déclassifiés par le département de la Défense américain afin d'exhumer les documents les plus passionnants.

Étayé d’impressionnantes images de champignons atomiques au-dessus du désert du Nouveau-Mexique et du Pacifique, mais aussi d’archives poignantes consacrées aux victimes d’Hiroshima et de Nagasaki, son récit convoque également les témoignages d'anciens hommes politiques, d'ingénieurs du projet Manhattan et d'historiens. Ces derniers s’interrogent : comment vivre avec une invention capable de détruire la planète ?"

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* Disponible du 21 juillet au 11 août 2020. Prochaine diffusion le mardi 28 juillet à 20h50.

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 08:58
La naïveté de l’Europe face à la ChineLa naïveté de l’Europe face à la Chine

Cet article, publié sur son blog par mon ami Jean-José Colomès, montre, à partir de la situation à Hong Kong, pourquoi l’Europe doit abandonner toute naïveté à l’égard de la Chine.

 

*********

 

Coup de gong à Hong Kong

 

 

Et pourtant, si l'on se réfère aux engagements écrits déposés à l'ONU, tout devait bien se passer....

 

Lorsqu'en 1997, les Britanniques rétrocèdent à la Chine leur ancienne colonie de Hongkong, il est prévu que jusqu'en 2047, les institutions hongkongaises seront maintenues, selon la formule « Un pays, deux systèmes ».

 

C'était oublier que la prédiction d'Alain Peyrefitte dans son ouvrage « Quand la Chine s'éveillera » deviendrait un jour réalité et que désormais conscient de sa puissance, cet immense pays gouverné d'une main de fer par Xi Jinping, attendrait la première occasion pour bousculer les échéances.

 

Ces opportunités se sont présentées sous deux formes. Ce furent d'abord, à compter de 2019, les immenses manifestations initiées par la jeunesse qui gagnèrent ensuite l'ensemble de la population hongkongaise. Elles revendiquaient plus de démocratie, ainsi que l'autodétermination. Insupportable pour Pékin.

 

Et puis vint la crise du Covid 19 partie de Huwan... La Chine fit preuve d'un manque total de transparence pour en déterminer avec certitude l'origine. On découvrit à cette occasion que dans le fameux laboratoire P 4 situé à Huwan et construit par la France, contrairement aux engagements qui avaient été pris par la Chine, les 80 chercheurs français qui devaient travailler sur le site, ne furent pas autorisés à prendre leurs postes.

 

Il y eut la gestion des masques dans laquelle on s'aperçut que le principal pays producteur, la Chine, livrait des produits défectueux donc inutilisables.

 

On découvrit les relations troubles entretenues par la Chine avec l'Organisation Mondiale de la Santé, laquelle tarda à admettre que l'épidémie touchait désormais la planète.

 

Il y eut la façon de gérer au niveau des Etats cette crise sanitaire, la Chine ayant choisi la méthode autoritaire et tentant d'exporter son « modus operandi » dans sa zone d'influence.

 

Il y a enfin et surtout, la naïveté dont nombre de pays parmi lesquels la France, ont fait preuve pendant des années à l'égard de l'ogre chinois. Accepter que dans la production du matériel médical, dans la fabrication de nombre de produits pharmaceutiques, nous nous mettions en situation de dépendance vis à vis d'autres pays, au premier rang desquels la Chine, a constitué une grossière erreur. Quand la rentabilité et l'appât du gain l'emportent sur toute autre considération...

 

C'est dans ce contexte que le 30 juin à 23 heures, veille de l'anniversaire de l'entrée en vigueur des accords signés en 1984 et appliqués depuis le 1er juillet 1997, que la population de Hongkong a découvert la loi sur la « sécurité nationale » adoptée dans le plus grand secret, qui prenait immédiatement effet.

 

Cette loi qui criminalise toute contestation, marque la fin de Hongkong en tant que territoire libre. Claudia Mo, députée du camp démocratique, l'analyse ainsi : « Cette loi est faite pour terroriser, intimider, réduire Hongkong à néant, faire de Hongkong une ville dans laquelle il n'y aura plus de dissidence, plus de manifestations, plus d'opposition ».

 

En six chapitres et soixante-dix articles, la nouvelle loi fait éclore quatre crimes : la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec une puissance étrangère. Ces crimes sont passibles de la réclusion à perpétuité alors que l'article 33 de la loi précise que les peines seront allégées si l'accusé dénonce une autre personne.

 

Les définitions des crimes ainsi instaurés, sont suffisamment vagues pour permettre aux autorités de réprimer toute manifestation d'hostilité au régime.

 

Tel a été d'ailleurs le cas, puisque le premier manifestant arrêté le 1er juillet en application des nouvelles dispositions, n'avait fait que se tenir debout, les bras croisés, une banderole appelant à l'indépendance, posée à ses pieds.

 

Cette situation fait dire à un juriste qui a souhaité préserver l'anonymat, « fondamentalement, Pékin va pouvoir arrêter n'importe qui, pour n'importe quel crime, puisque c'est Pékin qui a le pouvoir d'affirmer ce que vous avez fait de mal et en quoi c'est mal ».

 

L'effet attendu par Pékin n'a pas tardé à se manifester. La peur a envahi la rue. Les banderoles défendant la démocratie ont disparu des vitrines des commerces, d'ores-et-déjà, nombre de hongkongais ont pris la fuite à l'étranger.

 

A Taïwan, on n'est pas très rassuré. Dans cette île dont la Chine a toujours considéré qu'elle faisait partie intégrante de son territoire, la Présidente Tsaï Ing-wen a déclaré : « Le mépris de Pékin à l'égard des aspirations des Hongkongais prouve -qu'un pays, deux systèmes- n'est pas viable. Beaucoup de choses ont changé à Hongkong depuis 1997 mais le soutien de Taïwan aux hongkongais qui aspirent à la liberté et à la démocratie n'a jamais changé ».

 

Après la mort du Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo dans une prison, atteint d'un cancer en phase terminale et dont la Chine a refusé la libération pour recevoir des soins à l'étranger, nulle clémence à attendre de Xi Jinping. Les atteintes aux Droits Humains dans la province du Xinjiang contre la population musulmane des Ouïgours, en attestent malheureusement. Le nombre de détenus dans des camps atteindrait le million...

 

La répression ordonnée par Deng Xiaoping contre les manifestants de la place Tien anmen qui fit en 1989 des milliers de morts, n'est pas très loin dans l'esprit des Hongkongais. Certes, à ce jour, les chars n'ont pas fait leur apparition dans les avenues de leur ville. Toutefois, dans son projet d'accéder au rang de leader mondial, Xi Jinping considère que le moment est venu de tomber le masque face aux Etats-Unis, dont le Président a abandonné toute idée de multilatéralisme et alors que l'Europe est affaiblie par ses divisions.

 

Si le Canada a suspendu son traité d'extradition avec la Chine, si le Royaume-Uni a promis d'ouvrir la voie à la nationalité britannique à trois millions de hongkongais, les 27 pays de l'Union Européenne, l'oeil rivé sur les relations commerciales entretenues avec ce grand pays, ont condamné « du bout des lèvres » l'initiative de Pékin.

 

Le gong a retenti à Hongkong où la population est désormais sommée de vivre à l'heure de Pékin et il est certain que, si demain le rapport de forces le permet, le rattachement de Taïwan à la Chine continentale, sera la prochaine étape.

 

Sans épouser les outrances de Trump enferré dans la compétition des egos avec son concurrent chinois, l'Europe doit abandonner toute naïveté à l'égard de l'Empire du Milieu. Dans ses relations économiques et commerciales, elle doit exiger l'application de la règle de réciprocité notamment concernant les transferts de technologie.

 

Elle doit enfin, à voix haute et intelligible, rappeler au membre permanent du Conseil de Sécurité qu'est la Chine, l'obligation de respect des Droits Humains lesquels, à l'heure actuelle, sont sans vergogne foulés aux pieds.

Pour cela, il est urgent que l'Europe parle d'une seule voix.

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 18:10
L’hydrogène, carburant du futur….il y a 45 ans !

Depuis quelque temps, de nombreux articles de presse développent le thème de « l’hydrogène, carburant du futur » ou de « la pile à hydrogène, promesse d’une énergie propre ».

Au cours de son interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a lui-même insisté sur le fait que la France était en train de bâtir une filière hydrogène pour les véhicules, dans le cadre d’une « relance écologique »

Comment ne pas se féliciter de cette future contribution aux économies de pétrole et à la lutte contre le réchauffement climatique ?

Mais, au fait, pourquoi ne l'a-t-on pas fait plus tôt?

J'ai retrouvé dans mes archives une note que j'ai transmise en 1975 au Conseil économique et social, dont j'étais membre de section et les bras m'en sont tombés.

Lisez cette note et vous verrez clairement, malgré l'aspect un peu technique de certains aspects du texte*, que la voiture électrique était alors envisageable à un horizon de 5 à 10 ans, avec des économies substantielles d'hydrocarbures et de pollution. C'est dire qu'on a perdu plus d'une trentaine d'années!!

Pourquoi? Tout simplement parce que la priorité était à l'époque le nucléaire, qui absorbait la plus grande partie des investissements et de la recherche. De plus, les compagnies pétrolières n'étaient pas désireuses de voir se modifier les processus de fabrication et de distribution, ainsi que la fiscalité.

Il reste à espérer que la prise de conscience grandissante de l'impératif écologique a modifié la donne et que les décideurs politiques ne se limiteront pas à des grands discours et des promesses, pour ne pas conduire aux mêmes regrets.... dans une trentaine d'années!

___________________

* Pour mieux comprendre, regardez cette courte vidéo de vulgarisation  très pédagogique sur "l'hydrogène : carburant du futur ?"

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 22:32
Ni frustration, ni nostalgie

    La pandémie de Covid-19 a entraîné quelques bizarreries administratives en raison du report du 2ème tour des élections municipales. C'est ainsi que j'ai eu droit à une « rallonge » de 2 mois comme Maire de Cordes et de plus de 3 mois comme Président de la communauté de communes 4C .

 

      Lors de l’élection de Bernard Andrieu comme nouveau Maire de Cordes le 25 mai dernier, j’ai eu l’occasion de m’exprimer dans une courte intervention, où j’indiquais que j’allais me trouver sans aucun mandat public pour la première fois depuis plus de 40 ans !

 

    J’ajoutais : « Croyez bien que, dans cette situation, je n'éprouve ni frustration, ni nostalgie. C'est tout simplement une nouvelle période qui s'ouvre pour moi, au cours de laquelle je compte passer du temps sur ce que j'aime : la musique, la lecture, l'écriture… Je continuerai aussi à conduire les actions que j'ai engagées par ailleurs. Je pense en particulier à IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), association que je préside et qui milite pour la paix, la sécurité et le désarmement et au club Démocraties, que je préside également et qui organise des débats sur les sujets d'actualité ou de fond. Et puis, naturellement, je consacrerai aussi du temps à ma nombreuse famille. »

 

     Cet après-midi, j’ai également transmis un message au Conseil communautaire de la 4C,  qui vient d'élire Bernard Andrieu comme Président.

 

    Vous trouverez ce texte ci-dessous. Il exprime clairement ce que je ressens au moment où je quitte la vie publique.

_______________________________

 

Chères amies, chers amis

 

Nous allons vivre une période difficile, si j’en juge par les effets du Covid-19 au cours des derniers mois. La pandémie continue à menacer le monde entier et pas seulement notre territoire. Ses effets modifieront probablement pas mal de choses dans la vie publique, dans la vie politique, dans la vie internationale.

 

C'est donc une tâche exaltante mais délicate qui vous attend. Je dis « vous », parce que, dans quelques instants, je ne serai plus élu de ce territoire. Croyez bien que je n’éprouverai ni frustration, ni nostalgie.

 

Et pourtant, c’est avec émotion que je m’adresse à vous, parce que j'aime ce « Pays de Cordes à Vaour », comme nous l'avons appelé. J'y ai vécu pendant plus de 25 ans, j’y ai consacré beaucoup d’énergie et je crois avoir contribué, avec d’autres bien sûr, à son développement.

 

Je remercie tous les élus avec qui j'ai travaillé. Certains sont ici ce soir, d'autres non. Ils se sont beaucoup investis dans les nombreuses activités de la 4C et ils ont fait preuve d’une grande solidarité pour défendre son existence, mise en cause de façon bureaucratique et injuste .

 

Je voudrais aussi remercier le personnel de la communauté, efficace et dévoué, sous la responsabilité d’Évelyne, qui connaît remarquablement bien la 4C, son histoire, ses forces, ses faiblesses.

 

Je ne doute pas que la nouvelle équipe avec la nouvelle présidence sauront agir pour rendre encore plus efficaces les services rendus par la 4C à la population.

 

Je vous souhaite une belle réussite.

 

Très cordialement

 

Paul Quilès

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8 juillet 2020 3 08 /07 /juillet /2020 16:22
Le Vatican appelle à privilégier la santé sur l’armement

     Face à la pandémie de Covid-19, le Vatican appelle à investir massivement dans l’économie de la santé, notamment en utilisant les sommes importantes investies dans l’armement. (article publié dans La Croix du 7 juillet)

**********

     Le cardinal Peter Turkson, préfet du dicastère pour le développement humain intégral, a réitéré mardi 7 juillet le soutien du Saint-Siège à la résolution du conseil de sécurité des Nations unies réclamant un cessez-le-feu global pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

 

     « La réduction des conflits est la seule façon de réduire les injustices et les inégalités », a insisté le cardinal ghanéen, qui a souligné l’aide concrète que l’Église pouvait apporter, grâce notamment à Caritas Internationalis et les commissions Justice et paix, pour favoriser le dialogue.

 

     « Le monde souffre du manque de confiance : il y a un grand besoin de reconstruire la confiance », a-t-il expliqué appelant également à une réduction des armements et à une réorientation des dépenses militaires dans le domaine de la santé.

 

 « Course aux armements ou à la sécurité alimentaire, à la santé et au travail ? »

 

     Une nécessité également réaffirmée par sœur Alessandra Smerilli, économiste et coordinatrice du groupe de travail sur l’économie de la Commission vaticane sur le Covid-19.

 

     « Le Covid-19 a révélé l’insuffisance du financement des soins contre les maladies infectieuses au cœur de nombreux système sanitaires », a souligné l’économiste, tandis que le Vatican rappelait que, en 2019, les dépenses militaires dans le monde représentaient 1 900 milliards de dollars (1 700 milliards d’euros).

 

      « Et si, au lieu de la course aux armements, nous faisions la course à la sécurité alimentaire, à la santé et au travail ?, s’est-elle interrogée. Que demandent les citoyens en ce moment ? Ont-ils besoin d’un État militairement fort ou d’un État qui investit dans les biens communs ? Comment chaque citoyen voudrait-il que son argent soit dépensé aujourd’hui ? Est-il logique de continuer à investir massivement dans les armes si des vies ne peuvent être sauvées faute de soins et de traitements adéquats ? »

 

« Un cercle vicieux qui ne finit jamais »

 

     La religieuse s’est défendue de toute naïveté, soulignant la complexité d’une course aux armements véritable « dilemme dans lequel les États, par peur des autres États, ou pour exceller, continuent à accroître leurs arsenaux militaires ».

 

     « Cela génère un cercle vicieux qui ne finit jamais, les poussant à augmenter de plus en plus leurs dépenses militaires », a-t-elle mis en garde, appelant à « une volonté collective d’autolimitation » et à des « dirigeants courageux qui montrent qu’ils croient au bien commun, qui s’engagent à garantir ce qui est le plus nécessaire aujourd’hui ».

 

     Interrogée par la presse, sœur Alessandra Smerilli a également rappelé que les industries d’armement étaient «un secteur de faible main d’œuvre» et que la réorientation des investissements créera plus d’emplois qu’elle n’en détruira.

 

     Elle a également rejeté l’idée que le maintien d’une industrie de défense favorisait l’innovation et la recherche. « Si la défense est source d’innovation, pourquoi ne pas investir directement dans les applications civiles de ces innovations ? », a-t-elle questionné, insistant qu’une recherche ouverte permet des résultats plus rapides qu’une recherche confinée dans le secret.

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5 juillet 2020 7 05 /07 /juillet /2020 17:42

Elisabeth Badinter lance un cri d'alarme contre un nouvel antiracisme qui met de "la race partout", bafoue l'universalisme et peut selon elle mener au séparatisme.

Texte publié dans l'Express du 16/6/2020- Propos recueillis par Thomas Mahler et Anne Rosencher.
Texte publié dans l'Express du 16/6/2020- Propos recueillis par Thomas Mahler et Anne Rosencher.
Texte publié dans l'Express du 16/6/2020- Propos recueillis par Thomas Mahler et Anne Rosencher.

Texte publié dans l'Express du 16/6/2020- Propos recueillis par Thomas Mahler et Anne Rosencher.

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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 11:46
J’AVAIS SIX ANS À HIROSHIMA

J'avais 6 ans à Hiroshima

Le 6 août 1945, 8 h 15

Livre de KEIJI NAKAZAWA

Traduit du japonais par Miho Cibot-Shimma

Sortie le 10 juillet

 

Résumé

Le 6 août 1945, à 8 h 15 du matin, l'apparition d'une gigantesque boule de feu à cinq cents mètres d'altitude au-dessus d'Hiroshima marque l'entrée de notre "civilisation" dans l'ère nucléaire. Rien, jamais, ne sera plus comme avant.

Soixante ans après la tragédie, le témoignage de Keiji Nakazawa, dans sa nudité même, est hallucinant de vérité. L'auteur de ce livre nous fait littéralement voir, à travers ses yeux d'enfant puis sa mémoire d'adulte, l'horreur qu'a vécue la population de cette ville martyre, frappée par l'apocalypse nucléaire.

 

Préface de Paul Quilès

UN PRÉCIEUX TÉMOIGNAGE POUR L’HISTOIRE

Il est des témoignages précieux qu’on ne peut ignorer. Ce récit du bombardement d’Hiroshima à travers les yeux d’un de ses survivants en fait partie. Lire et écouter ce que disent les Hibakushas est une urgence à plusieurs titres.

Comme les Poilus jadis et comme les rescapés des camps de concentration aujourd’hui, les survivants des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki sont de moins en moins nombreux à pouvoir transmettre leur vécu, à raconter – notamment aux jeunes générations – leur expérience traumatique et leur combat de toute une vie contre les horreurs de la guerre.

Ce qui transparait à travers la description précise et incarnée de la catastrophe nucléaire de Keiji Nakazawa, c’est cette conscience de la vie qui se faufile entre les morts et de la responsabilité qui incombe aux survivants dans l’édification de l’avenir de l’humanité. Ces rescapés sont exceptionnels, parce qu’ils ont échappé au sort de leurs voisins, de leurs amis, de leur famille, mais aussi parce qu’ils ont compris que leur épreuve et leur souffrance les obligent vis-à-vis des hommes et des femmes qui prendront leur suite sur cette terre.

L’urgence de recevoir ce témoignage réside également dans son actualité fiévreuse. On pouvait croire le risque d’un conflit nucléaire dépassé, la lutte antinucléaire obsolète et le pacifisme désuet, mais depuis une décennie, les efforts entrepris par certains esprits raisonnables de la Guerre froide sont mis à mal par les risque-tout de notre siècle. Les traités de contrôle des armements nucléaires sont dénoncés, à l’instar du JCPOA avec l’Iran, du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), ou se voient menacés par des manœuvres politiciennes, comme le traité New Start, quand ils ne sont tout simplement pas respectés, tel le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). La course technologique aux armements a repris entre les États-Unis, la Chine et la Russie, et les instances internationales, incapables d’empêcher la Corée du Nord de se doter de la bombe, regardent presque impuissantes les tensions s’attiser au Moyen-Orient.

Cet ouvrage est important, car il rappelle que les témoignages d’hier sont possiblement les récits des désastres de demain. Si les logiques du passé, à savoir la recherche de sécurité par la puissance, la menace et la domination de l’autre, sont toujours à l’œuvre aujourd’hui – presque autant que lors des plus chaudes années de la Guerre froide –, alors les tragédies d’antan sont vouées à se reproduire à une échelle encore plus effroyable.

Ces mémoires sont destinées à être brandies, afin de rappeler aux dirigeants de nos grandes puissances militaires les conséquences de leurs actions. Il est facile d’ordonner une attaque, d’appuyer sur un bouton ou de signer un communiqué, bien moins d’assumer les morts, les blessés, les irradiés, les déplacés, les tourmentés. Ceux qui oseraient déclencher la prochaine guerre nucléaire n’auraient pas à vivre avec les séquelles, les souvenirs et les dégâts physiques, psychiques et matériels qu’engendreraient leurs actions. Les futurs survivants des bombardements atomiques n’auraient rien demandé et n’auraient pas choisi de voir leur vie détruite au nom de leur sûreté.

Heureusement, des voix recommencent à s’élever contre la guerre qui vient, déconstruisent les truismes du consensus nucléaire et remettent au cœur du débat international la question de l’Homme. En 2017, 122 États ont adopté le Traité d’interdiction des armes nucléaires, qui entrera bientôt en vigueur, et la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires a été récompensée par le Prix Nobel de la Paix.

Si ces voix ne sont toujours pas de taille à faire fléchir les décideurs des neuf puissances nucléaires, les citoyens prennent peu à peu conscience des extrémités auxquelles on se dit prêt en vertu de leur soi-disant sécurité et entendent avoir leur mot à dire. C’est pour nourrir cet élan démocratique et humaniste que ce livre est indispensable, et qu’il faut l’accueillir comme une ressource capitale pour notre avenir.

Paul Quilès

Ancien ministre de la Défense

Président d’IDN – Initiatives pour le désarmement nucléaire

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25 juin 2020 4 25 /06 /juin /2020 15:33
Quelle était la couleur de peau de nos ancêtres?

     Alors que le débat sur le racisme et l’anti- racisme, parti des Etats-Unis, est devenu, comme la lutte contre la pandémie de Corona virus, une préoccupation mondiale, j’ai reçu d’un ami [1] cette courte contribution.

 

     Il s’agit, comme il le dit lui-même, de "méditer sur cet aspect sinistre de la condition humaine qui nous conduit tous, peu ou prou, en tant qu’individus ou en tant que nations à nous croire supérieurs aux autres individus ou aux autres nations."

 

************

 

     Christian de Duve, biochimiste belge et prix Nobel, sans être croyant, était obsédé par le problème du mal. Il pensait que cette propension à l’égoïsme est codée dans notre ADN et qu’il fallait contrecarrer cette forme moderne du péché originel par une vigoureuse action au niveau de l’éducation. En effet, sans éducation, les gens ignorent que les exemplaires d’Homo sapiens, sortis d’Afrique, pour s’établir en Europe et dans le monde entier étaient NOIRS. Bien comprendre cela devrait nous conduire à penser que nous sommes tous des NOIRS et fiers de l’être, parce que nous appartenons tous à une même espèce, ce qui exclut, du point de vue scientifique, la notion de race.

 

     Dans le magnifique film franco-israélien "Va, vis et deviens", réalisé en 2005 par Alain Michel-Blanc et Radu Mihaileanu, un jeune immigré noir se faisant passer pour juif alors qu’il est chrétien (il finira par se convertir au judaïsme), est confronté lors d’une "disputation" théologique à un jeune israélien d’origine polonaise parfaitement raciste. Le sujet débattu est de savoir si Adam était blanc ou noir. Le polonais argumente que le premier homme était blanc. Mais le jeune africain gagne en rappelant qu’Adam n’était ni blanc ni noir mais roux, parce que tiré de la glaise rouge (Adam veut dire glaiseux à partir d’une racine qui se réfère au sang) ! Du point de vue scientifique, cela voudrait dire qu’Adam appartient à l’espèce Homme de Néandertal, que l’on a de bonnes raisons, fondées sur la génétique, de croire qu’il était roux. 

 

     Voilà donc ce qui devrait nous être évident à tous et à toutes : nous sommes des individus égaux en dignité, parce que nous appartenons tous et toutes à la même famille.

 

     Je vous embrasse, ma sœur blonde et mon frère brun, moi l’Ibère quelque peu Juif, quelque peu Arabe et totalement sapiens.

 

     Juan


[1] Ce texte de Juan m’a été transmis par Marc, qui vit actuellement aux Etats-Unis. Ils ont fréquenté, comme moi, le lycée Lyautey à Casablanca dans les années 50. Souvenirs, souvenirs !

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Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

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Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez