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31 décembre 2013 2 31 /12 /décembre /2013 16:56

         A l'aube de cette nouvelle année, je n'oublie pas -tradition oblige- de vous présenter le classique bouquet de vœux (de bonheur, de santé, de réussite....)

 

        Cependant, comme je ne suis pas certain de pouvoir totalement contribuer à leur réalisation, je souhaite vous offrir -c'est plus sûr- une minute trente de bonheur musical, avec ce court extrait.

 

        Il illustre bien ce que disait F. Nietzsche: « sans musique, la vie serait une erreur ».

                         Ecoutez cet extrait

 

   de l’Andante du 2ème concerto pour piano de Chostakovitch 

Voeux en musique
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Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 16:06

Entretien avec Paul Quilès, ancien Ministre de la défense

 

   et Camille Grand, Directeur de la Fondation

 

pour la recherche stratégique.

 

Ce débat a été organisé il y a 2 mois par la revue "Alternatives Internationales", qui en publie un résumé dans son numéro de janvier 2014. Propos recueillis par Yann Mens.

 

*****************************

 

François Hollande, comme Nicolas Sarkozy avant lui, ont qualifié l’arme nucléaire d’assurance-vie pour la France. Cette description vous semble-t-elle juste ?

 

       Paul Quilès : Cette expression relève des contre-vérités dont se nourrit le débat sur la dissuasion nucléaire en France. Ou plutôt l’absence de débat, car un consensus est supposé régner dans le pays sur ce sujet. L’utilisation éventuelle de l’arme nucléaire est censée faire peur à un éventuel adversaire pour le dissuader de nous attaquer et d’envahir notre territoire.  Les défenseurs de la dissuasion, en France et ailleurs, estiment qu’elle a évité une conflagration entre les deux blocs pendant la Guerre Froide. A supposer même que cela soit vrai, nous sommes aujourd’hui dans une situation internationale très différente. Les puissances capables de lancer un missile à tête nucléaire sont au nombre de huit. Et cependant, la dissuasion reste  pensée à peu près dans les mêmes termes qu’avant la chute du Mur de Berlin. En réalité, cette idée d’assurance-vie cache une grande hésitation dans la doctrine censée expliquer le bien-fondé de l’utilisation de l’arme nucléaire.

 

     Camille Grand : Si l’arme nucléaire n’est d’aucune efficacité contre le terrorisme ou pour prévenir les conflits régionaux, elle  joue un rôle essentiel dans la prévention de conflits majeurs entre puissances majeures. Bien que le nombre de puissances nucléaires ait augmenté en effet, aucun affrontement ne s’est produit entre elles et on peut empiriquement attribuer leur prudence à la dissuasion. Dans le même temps, on ne peut complètement exclure une remontée des tensions entre grandes puissances.  Et si les négociations actuelles finissaient par échouer, un pays comme l’Iran pourrait constituer, à un horizon relativement rapproché, une menace nucléaire pour la France. Dans un contexte international incertain, la France trouve dans la dissuasion la "garantie ultime de sa  sécurité", expression que je préfère l’assurance vie, et aussi un levier  de son influence sur la scène internationale, pour un coût, relativement modeste (0,15% du PIB, soit 10% du budget de la défense). Cela dit, l’hypothèse de la menace d’emploi de l’arme nucléaire, sans même parler de son emploi effectif, est réservée à des situations où la survie même de la nation serait mise en cause

 

       Paul Quilès: Mais la définition de ces intérêts vitaux est hasardeuse… Les présidents de la République successifs les ont interprétés de manière différente. En 2006, Jacques Chirac  a même évoqué l’emploi de l’arme nucléaire en cas de menaces sur nos approvisionnements stratégiques. Quant à Nicolas Sarkozy, il a parlé en 2008 d'un "avertissement nucléaire". Et donc d’une menace d’utilisation en premier de cette arme, ce qui est parfaitement contraire à la doctrine classique de dissuasion en France.

 

      Camille Grand :  Jacques Chirac avait évoqué des risques portant sur les approvisionnements stratégiques, non pas strictement au titre des intérêts vitaux mais dans le même développement de son discours. Ce qui pouvait laisser supposer une extension du champ de la dissuasion. Nicolas Sarkozy a réaffirmé sur ce point une définition plus traditionnelle en 2008. De manière constante, la définition des intérêts vitaux comprend l’ensemble du territoire national, la population et les principaux centres de pouvoir d’Etat.  Notre dissuasion couvre aussi les intérêts vitaux du Royaume Uni, autre puissance nucléaire. C’est beaucoup moins explicite en ce qui concerne ceux de nos autres partenaires européens. Enfin, la dissuasion française contribue depuis 1974 à la posture générale de dissuasion de l’OTAN.

 

      Paul Quilès: Sauf qu’on ne nous dit pas précisément comment. Et qu’on nous parle dans le même souffle de l’autonomie de décision de la France. C’est incompréhensible et inaudible pour l’opinion. Tout cela montre qu’en matière de dissuasion, notre système politique est d’essence monarchique, même si le chef de l’Etat est conseillé par des experts, eux-mêmes informés par des industriels, soutenus par des militaires, avec au départ de la chaîne, des physiciens nucléaires. Il n’y pas en France de délibération publique, démocratique concernant la dissuasion. Le dernier débat en séance plénière à l’Assemblée Nationale sur ce sujet date de 1995 !  Certes, le sujet est parfois discuté en commission de défense, mais pas dans l’hémicycle. Et il ne donne jamais lieu à un vote spécifique. Quant à l’opinion, on lui fait dire ce que l’on veut. C’est ainsi que la Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense (DICOD) a réalisé en avril 2013 un sondage qui posait notamment la question suivante : « A propos de la force nucléaire française, diriez-vous personnellement qu’elle doit être modernisée pour en maintenir la crédibilité, ou qu’il faut s’en tenir à ce qui existe, ou qu’il faut la réduire ? ». Mais qu’est-ce que les personnes interrogées savent du contenu de la force nucléaire française, de sa crédibilité, de sa modernisation ? Un tel libellé est manifestement destiné à obtenir une majorité de réponses positives pour continuer à faire croire qu’il y a en France un consensus sur la dissuasion.

 

      Camille Grand : Depuis les débuts de la dissuasion française, il y a eu des débats, parfois vifs, au sein de la classe politique, dans le monde militaire, chez les spécialistes des questions stratégiques, dans les milieux favorables au désarmement… même s’ils n’ont pas touché toute l’opinion. Mais c’est le cas des questions de défense de manière plus générale. J’ajoute que les sondages de la DICOD montrent des taux d’approbation constants sur la longue durée. Ce qui n’est pas le cas en Grande-Bretagne par exemple.

 

      Paul Quilès: Le débat sur la dissuasion est extrêmement limité, même dans les cercles fermés que vous évoquez. Ainsi, sur décision du président de la République, la Commission qui a élaboré le Livre Blanc sur la Défense en avril 2013 avait pour instruction du chef de l’Etat de ne pas la remettre en cause. C’est bien le signe qu’elle est considérée comme intouchable.

 

La dissuasion peut-elle vraiment fonctionner avec un nombre d’acteurs nucléaires croissant ?

 

      Paul Quilès: La notion même de dissuasion présuppose, comme l’a montré la Guerre Froide, un adversaire principal que l’on menace de représailles s’il compte utiliser l’arme nucléaire.  Or aujourd’hui, nous ne sommes plus du tout dans le contexte d’un affrontement entre blocs, entre grandes puissances clairement définies, mais dans un monde où les acteurs nucléaires sont plus nombreux et divers.

 

      Camille Grand : Un diplomate suisse a dit un jour que la dissuasion à deux,  c’est une partie d’échec : il y a peu de part pour le hasard. A quatre ou cinq, c’est comme de jouer  au  bridge : des règles peuvent encore être respectées. A 35, c’est de la roulette de casino…. Raison pour laquelle il faut limiter la possession de l’arme nucléaire au plus petit nombre de pays possibles. En outre, il ne suffit pas de détenir l’arme nucléaire pour savoir pratiquer la dissuasion. Durant la Guerre Froide, nous avons frôlé à plusieurs reprises le conflit nucléaire, car les Etats-Unis et l’Union Soviétique ont mis longtemps à apprendre à encadrer l’utilisation de cette arme, à ne pas monter aux extrêmes au premier signe suspect, à communiquer... Je ne considère donc pas comme allant de soi que n’importe quelle puissance émergente qui dispose de la bombe, ou qui en disposerait demain, puisse découvrir naturellement les vertus de la dissuasion.

 

Si la France et d’autres grandes puissances disposent d’une assurance vie, n’est-il pas légitime que certains pays  veuillent un jour s’en doter aussi, même s’ils ont signé le TNP ?

 

      Camille Grand : Je ne crois pas que les décisions prises par la France dans le domaine nucléaire aient un impact sur la politique de l’Iran, de la Corée du Nord ou d’autres pays qui pourraient être tentés par l’acquisition de l’arme nucléaire.  Que la France détienne 300 têtes nucléaires ou aucune ne change rien à leur choix. En revanche, compte tenu de leur taille respective, les arsenaux russe (11 000 têtes) et américain (8500) ont un impact considérable en la matière.

 

En vertu de l’article 6 du TNP, les cinq Etat signataires dotés de l’arme nucléaire sont supposés désarmer. Pourquoi ne le font-ils pas davantage et plus vite ?

 

      Camille Grand : Il faut d’abord rappeler que cinq pays (Corée du Nord, Iran, Irak, Libye, Syrie) ont pu lancer des programmes nucléaires, voire acquérir une capacité nucléaire pour la première, tout en étant signataires du TNP. Le Traité, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, ne donne donc pas les assurances suffisantes en matière de non-prolifération ce qui n’incite pas les Etats dotés à désarmer. L’article 6 du TNP demande la cessation de la course aux armements nucléaire, puis, la maîtrise de ces armements, et enfin seulement le désarmement nucléaire dans le cadre d’un désarmement général et complet. Vu l’ampleur des stocks soviétique et américain durant la Guerre Froide, 70 000 armes nucléaires à eux deux, l’effort de réduction a porté avant tout sur la Russie et les Etats-Unis. Puis la France et le Royaume Uni ont diminué leurs arsenaux. Ce qui n’a pas été le cas de la Chine, ni des trois seuls pays au monde non signataires du TNP (Inde, Pakistan et Israël qui ne reconnaît pas détenir l’arme nucléaire). En outre, la France  a ratifié le traité sur l’interdiction des essais, ce que n’ont fait ni les Etats-Unis, ni la Chine notamment. De même, elle a renoncé à produire des matières fissiles.

 

      Paul Quilès: Elle s’y est engagée seulement quand elle a disposé d’un stock suffisant pour plusieurs décennies. De même qu’elle n’a renoncé aux essais physiques que lorsque la mise au point de la simulation informatique d’essais a été suffisamment avancée pour que l’on puise s’en passer. Quant aux arsenaux, ce n’est pas parce que durant la guerre froide, le stock mondial avait atteint un niveau délirant que nous sommes aujourd’hui raisonnables avec un stock planétaire de "seulement" 17 000 armes. L’article 6 du TNP prévoit bien la cessation de la course aux armements nucléaires "à une date rapprochée".

 

      Camille Grand : Si demain nous avions une solution positive à la crise iranienne, des garanties sur une stabilisation positive du Moyen Orient, des éléments rassurants concernant la course aux armements qui traversent toute l’Asie, nous pourrions avancer plus vite la voie du désarmement nucléaire. En attendant, je note qu’un pays comme la Chine parle de désarmement, de non emploi en premier, mais que sa politique nucléaire est très opaque, avec une modernisation rapide de son arsenal.  Il faut  veiller à ce que la pression en faveur du désarmement, à laquelle les démocraties sont évidemment plus sensibles, ne finisse par les placer en position de faiblesse militaire face à des régimes autoritaires.


      Paul Quilès: Sans doute, mais la France aussi modernise son arsenal, en passant par exemple du missile M45 au M51, dont la portée est de 9000 kilomètres. Un missile qui vise la Chine même si on ne le dit pas. La modernisation de notre arsenal est contraire à l’article 6 du TNP. Je souhaite que la France y mette fin. C’est l’une des dix décisions que la France devrait prendre, et dont je dresse la liste dans mon dernier ouvrage : réduire le niveau d’alerte de ses forces nucléaires, améliorer la transparence de ses arsenaux, s’engager à un non-usage en premier de l’arme nucléaire… Sans compter des initiatives diplomatiques qu’elle pourrait appuyer visant à l’élimination des armes tactiques en Europe ou à la création d’une zone dénucléarisée au Moyen Orient. On ne peut pas affirmer (ce qui est d’ailleurs inexact !) que la France compte sur la scène internationale parce qu’elle détient l’arme nucléaire et, dans le même temps, ne pas être capable de faire entendre sa voix et de peser, par des initiatives concrètes, dans le débat international sur le désarmement nucléaire.

Débattre de la dissuasion nucléaire, c'est possible!
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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 10:50

       Parmi les messages de voeux que je reçois, j'extrait ces quelques lignes émouvantes de mon ami Pedro, réfugié espagnol qui a trouvé refuge avec sa famille à Cordes en 1939. 

 

      Dans une période où l'on doute parfois de la capacité des Français à accueillir les étrangers, ce témoignage prend toute sa valeur.

 

**************

 

Chères amies, chers amis

 

Quelles que soient nos situations sociales, nos âges, nos origines ou nos croyances, la santé est pour toutes et tous la plus grande des richesses ! Avec la sincérité que vous me connaissez, je vous souhaite, à toutes et à tous, une bonne santé, la paix, de la chance, du courage et le plus de bonheur possible.

 

Je profite de ce courriel pour vous offrir quelques images de ce village de France que beaucoup d'entre nous aimons du plus profond de notre coeur. Pour ce qui me concerne, j'estime que Cordes mériterait le titre de " Juste parmi les justes ". Victimes de " la peste brune " qui sévissait sur toute l'Europe, nous nous sommes retrouvés dans ce beau village au cours du très dur hiver 1939. Nous avions peur, froid, faim et la population, avec sa tradition occitane, sut nous accueillir et apaiser notre grand malheur.

 

A moins d'être très ingrats, ce sont des choses qu'on ne peut pas oublier. Dans mon esprit restent gravés les visages de tous les bienfaiteurs, aujourd'hui disparus: Monsieur le Maire, le conseil municipal, toutes et tous les employés de la mairie de cette triste époque. Un grand merci à toutes celles et ceux qui aujourd'hui, sur place, perpétuent l'histoire de l'un des plus beaux villages de France !

 

Respect et amitié.

Plaque posée à l'entrée de la mairie de Cordes

Plaque posée à l'entrée de la mairie de Cordes

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 09:44

      La mission des forces françaises en Centrafrique, sous mandat de l’ONU (vote du 5 décembre), avec une force multinationale africaine en première ligne, était de sécuriser, de désarmer les parties, de permettre la transition politique.

 

      Trois semaines après le début de l'opération «Sangaris»,  il faut bien constater que la tâche risque de sembler rapidement hors de portée, les troupes françaises se trouvant au cœur d'une situation confuse, voire inextricable, qui peut à chaque instant dégénérer. Bangui est une ville où la violence ne cesse de croître, avec partout des armes, de la haine, sans la moindre gouvernance. Les troupes françaises risquent d’être, comme on l’a vu en d’autres lieux et en de pareilles circonstances, considérées comme partisanes.

 

      L'archevêque de Bangui et le président de la communauté islamique centrafricaine viennent de mettre en garde contre une "dynamique irrépressible et dangereuse" si "rien n'est fait" et ils ont raison d’en appeler au Conseil de sécurité pour qu’il décide l’envoi rapide de forces plus conséquentes pour assurer le maintien de l’ordre et la protection des civils.

 

       C’est ce que j’ai suggéré sur France Inter au cours du

journal de 13 h du 26 décembre

 

Ecouter la partie concernant la Centrafrique

(de 6’ à 14’30)

Centrafrique: une situation dangereuse
Centrafrique: une situation dangereuse
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 19:01

      Dans les débats sur la défense auxquels je participe, revient souvent cette idée qu'être pacifiste, c'est à dire favorable au règlement pacifique des conflits, serait une attitude irresponsable "dans ce monde dangereux, traversé par tant de menaces".

 

      Je ne le pense pas et j'ai, pour ma part, expliqué à maintes reprises que la volonté de rechercher jusqu'au bout des solutions politiques aux conflits pour éviter l'engrenage de la violence n'excluait pas de réfléchir à des systèmes de défense adaptés au monde d'aujourd'hui. Le recours à la force ne doit pas être exclu, mais il ne peut être considéré comme le moyen principal de règlement des conflits.

 

      A l'approche de cette année 2014, qui verra la commémoration de la Première Guerre mondiale, il faut se souvenir de la lourde responsabilité des dirigeants de l'époque -y compris français- dans la grande boucherie qui fit tant de victimes . Jean Jaurès dénonça avec fougue leur attitude, parce qu'il pressentait le tragique engrenage de la violence et de la barbarie. On le sait, il paiera le prix de sa lucidité, en étant assassiné le 31 juillet 1914.

 

      Je propose sur ce thème de lire le beau texte de Gilles Candar, Président de la Société d'études jaurésiennes, publié dans la brochure de présentation du spectacle "Jaurès, une voix pour la paix".

 

***

Jaurès, pacifiste et patriote

 

     Il faut prendre toute la mesure du personnage Jaurès. Champion de la paix, homme bon et généreux, sensible, soucieux de réduire et si possible d'abolir la violence dans les rapports humains, oui. Mais il n'est pas pour autant ce qu'on appelait jadis un « pacifiste bêlant », un prédicateur rêvant à un monde parfait et inaccessible. Il est dans l'histoire, il en connaît les réalités, il sait d'où il vient et donc où il va. Il est, profondément, un politique.

 

     Jaurès est attaché à sa patrie, la France. Il a des mots très forts et très tendres à la fois sur elle. Il n'a jamais dit « à celui qui n'a plus rien, la patrie est son seul bien » comme cela a parfois été dit (la phrase est du révolutionnaire Blanqui, dans un autre contexte). Mais par exemple, il conclut un discours à la Chambre, le 11 mai 1907, en s'exclamant « Si noir que puisse devenir le monde, il ne verra jamais cette chose impossible et monstrueuse, la mort de la France ». Les patries sont une construction historique, humaine, destinées à évoluer comme toutes choses. Il comprend bien qu'elles ne peuvent être immuables, qu'elles sont appelées à se transformer et à coopérer surtout sous des formes qu'il est permis d'espérer de plus en plus harmonieuses. L'horizon ultime est celui de la patrie universelle, mais pour longtemps encore, comme il l'explique lors d'un congrès à Nancy (août 1907) à Hervé, trublion assez véhément de son parti, « les patries sont un fait […] elles ont à l'heure présente une valeur socialiste et humaine […] même dans l'unité socialiste, cette diversité prolongée des nations sera un bienfait, parce que l'unité socialiste humaine ne sera pas uniformité ».

 

     C'est au même moment que Jaurès à la fois commence à défendre au sein de l'Internationale socialiste l'idée d'une nécessaire lutte contre la guerre, coordonnée et préventive, usant de tous les moyens y compris éventuellement de la grève générale et insurrectionnelle en cas de refus de l'arbitrage, et qu'il se décide à rédiger un ouvrage consacré à L'Armée nouvelle, c'est-à-dire aux profondes réformes du système militaire français afin de lutter contre une éventuelle invasion.

 

     Son livre paraît finalement en 1911 : il est fondé, compte tenu des dangers de l'époque, sur une stratégie défensive, réduisant la durée du service militaire mais mobilisant toutes les ressources du pays pour assurer l'invincibilité de la nation attaquée. Son grand adversaire est l'esprit de routine, particulièrement prégnant à l'intérieur de l'institution militaire comme à l'extérieur, dès qu'il est question des « choses de l'armée ». Il se plaint de ce désintérêt national que favorise « une conspiration universelle de silence, de mystère puéril, d’esprit de clan, de routine et d’intrigue[1] ».

 

     Être jaurésien aujourd'hui n'est pas nécessairement reprendre de très belles citations de Jaurès sur la paix ou la guerre, la patrie, l'Europe ou l'humanité, mais c'est poursuivre son effort pour penser dans les termes d'aujourd'hui les conditions de la paix, de la coopération entre les peuples, de la défense nationale et internationale contre les maux présents de l'humanité. Et d'abord garder l'esprit en éveil et se méfier des formules routinières.

                                                           

                                                               Gilles Candar

 

[1]Jean Jaurès, L'Armée nouvelle, tome 13 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-Jacques Becker, Paris, Fayard, 2012, p. 286.

Pacifiste et patriote
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 00:01

        Visionner le débat auquel a participé Paul Quilès dans

 

              l'émission "ça vous regarde" de la chaîne LCP

 

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Tribune de Paul Quilès dans Libération du 20 décembre

 

        Une quasi-unanimité s’est instaurée pour se féliciter de l’organisation d’un sommet européen sur la défense.

 

         Pour une large part, les décisions qui y ont été prises étaient déjà connues : il s’agit d’arrangements techniques utiles mais de portée politique limitée. Des mesures de décloisonnement des marchés militaires pourraient favoriser le développement de la base industrielle et technologique de la défense européenne. Les efforts de mutualisation et de partage des capacités vont se poursuivre, devenir un peu plus systématiques. Il pourrait être décidé de lancer des programmes communs de recherche duale dans des secteurs prioritaires comme les drones.

 

          Une question politique essentielle a aussi été posée, en particulier à l’initiative de la France, celle de l’emploi des groupements tactiques, détachements multinationaux européens, encore jamais déployés sur un théâtre. Mais les Britanniques, sur lesquels nous comptions depuis le sommet de Lancaster House, ne semblent plus aussi disposés à concrétiser leur engagement de mettre sur pied une force expéditionnaire conjointe franco-britannique. Les contraintes budgétaires se font en effet aussi sentir au Royaume Uni : depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition des conservateurs et des libéraux, le budget de la défense britannique a été réduit de près de 10 %.

 

         Les récentes interventions au Mali et en Centre Afrique, où la France s’est trouvée très esseulée, ont apporté la preuve éclatante que les pays européens ne se sentent pas concernés. Il ne suffit pas cependant de les traiter d’égoïstes, parce qu’ils refusent de contribuer au financement des opérations, ou d’irresponsables, parce qu’ils négligent les conséquences sur la sécurité de l’Europe d’une déstabilisation de zones entières à proximité de nos frontières. Il est pourtant évident que, tant qu’on n’aura pas défini les intérêts communs des pays européens, il ne faut pas espérer de leur part qu’ils s’engagent dans de telles opérations et qu’ils les financent. On risque alors d’être condamné à un bricolage sans efficacité et sans lendemain.

  

         L’indispensable Livre blanc européen

 

         Pour associer nos partenaires, il nous faut donc d’abord les convaincre. Ce ne sont pas des soutiens ponctuels que nous devons viser mais une entente politique en amont sur la base d’une analyse partagée des risques et des menaces. Les travaux sur une stratégie européenne de sécurité doivent donc reprendre, si besoin dans une enceinte restreinte, entre les pays qui en ressentent la nécessité, dans le cadre de ce que l’on appelle la coopération structurée permanente.

 

         Ainsi pourra être établi ce Livre blanc européen, que je réclame depuis des années. Ce document devrait présenter notre vision commune des risques et des menaces et identifier les moyens à mettre en commun pour y répondre le plus efficacement et au moindre coût.

 

         Sans la mise en œuvre d’une telle démarche, nous ne pourrons pas véritablement convaincre nos partenaires de la nécessité d’actions communes pour aider l’Afrique à mieux assumer la composante sécuritaire de son développement. Sans une Afrique stable et en croissance, comment répondre aux défis de la sécurité maritime ou de l’immigration clandestine, qui concernent toute l’Europe, même non riveraine de la Méditerranée ?

 

         La réflexion commune des Européens sur leur sécurité devra aussi concerner leur propre continent. L’actuelle politique russe de rétablissement d’une zone d’influence exclusive sur le territoire de l’ancienne URSS est préoccupante. Parallèlement à sa diplomatie, à présent offensive, la Russie accroît son budget de la défense et maintient un arsenal de milliers d’armes nucléaires tactiques. Elle vient même de déployer des missiles tactiques de courte portée dans l’enclave de Kaliningrad, aux frontières de la Pologne et de la Lituanie.

 

         Face à cette évolution, certains sont tentés par une nouvelle politique de confrontation. Ce n’est pas, à mon sens, le moyen le plus efficace de favoriser les inéluctables réformes démocratiques que les populations ukrainiennes, russes ou biélorusses attendent.

 

        Aujourd’hui, comme à la fin de la guerre froide, des initiatives politiques sont indispensables pour garantir la sécurité du continent européen et encourager les changements démocratiques à l’Est.

 

       C’est dans cet esprit que 70 personnalités du monde politique et militaire viennent de lancer un appel -que j’ai signé-, pour une réduction concertée, sur tout le continent européen (y compris la Russie) des capacités offensives et défensives, nucléaires et conventionnelles. Cet appel demande notamment qu’en matière nucléaire, des mesures communes soient prises pour diminuer les seuils d’alerte et que des dispositifs nouveaux de transparence, de coopération et de confiance permettent d’éliminer toute crainte d’attaque surprise.

 

         L’ambition de l’Union européenne doit être de créer les conditions d’une sécurité partagée sur l’ensemble du continent et ses pourtours, notamment du Sud. C’est à cette aune que les peuples jugeront en définitive les progrès de l’Europe de la défense.

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense

Membre fondateur de l’association ALB (« Arrêtez la bombe »)

Comment faire de l’Europe de la défense une réalité ?
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:59

Je débattrai de la défense européenne

 

jeudi 19 décembre,

 

à partir de 19h45,

 

dans l'émission "ça vous regarde"

 

de la chaîne parlementaire LCP.

 

Défendre l'Europe?
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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 00:00

 Pour une nouvelle approche de la sécurité

 

      Nous nous félicitons de l’initiative d’ELN de lancer un appel aux dirigeants européens à quelques jours du Sommet qui débattra de la politique de défense de l’Union Européenne.

 

       Cet appel, que nous avons signé avec 70 personnalités politiques et militaires de 18 pays européens, demande que soient rapidement prises des décisions concrètes pour une meilleure sécurité en Europe.

 

       Nous apprécions particulièrement l’affirmation que l’armement nucléaire ne doit plus constituer le cœur des politiques de sécurité de la zone euro-atlantique et que, parmi les priorités affichées, figurent des mesures concernant la diminution, voire la suppression des arsenaux pour certaines catégories, ainsi que l’abaissement significatif des seuils d’alerte.

 

Paul Quilès et Bernard Norlain,

membres fondateurs de l’association ALB (Arrêtez La Bombe)

 

****

Résumé de l’appel

 

(voir l’intégralité de l’appel et les noms des 70 signataires)

 

       Pour la première fois depuis 2008, les chefs de gouvernement européens vont se rencontrer dans quelques jours à Bruxelles pour discuter de la Politique de défense de l’Union Européenne.

 

       Attendue depuis longtemps, cette discussion se focalisera probablement sur la Politique de Défense et de Sécurité Commune (PEDSC), en négligeant la question des anciennes et profondes tensions de sécurité au sein même de l’Europe, qui ne sont toujours pas apaisées. En effet, il y subsiste toujours des systèmes d’armes et des postures militaires héritées de la Guerre froide qui constituent autant de menaces pour la sécurité de tous les Européens.

 

       Une des plus importantes contributions à cette sécurité serait donc que les gouvernements concentrent leurs efforts sur la sécurité mutuelle dans la région Euro-Atlantique. Cette région, qui inclut tous les pays européens, les Etats Unis et la Russie, comprend six des dix plus fortes économies mondiales, quatre des cinq grandes puissances nucléaires et plus de 95% des arsenaux nucléaires. D’importantes forces nucléaires stratégiques y restent déployées en alerte maximum, prêtes à être lancées en quelques minutes ; des milliers d’armes nucléaires tactiques sont encore stockées en Europe, et le débat - déjà ancien - sur la défense anti-missile n’a toujours pas trouvé d’issue. De plus, les nouveaux défis de sécurité que constituent les forces de réaction rapide, la cyber sécurité et l’espace ne sont toujours pas abordés et traités de façon satisfaisante.

 

       Ce statu quo est dangereux et potentiellement déstabilisant. Il sape le climat de confiance indispensable à l’instauration d’une coopération permettant d’affronter les menaces pour la sécurité de l’Europe et du monde. Nos peuples sont en train d’en payer le prix. Non seulement les risques pour leur sécurité augmentent, mais la situation actuelle accroît les coûts de la défense et soustrait des ressources aux budgets nécessaires pour répondre aux priorités nationales et aux défis urgents de sécurité. C’est ainsi que les modernisations à venir des équipements nucléaires de la région doivent absorber au moins 500 Mds de $ !

 

       Il devient indispensable d’adopter une nouvelle approche stratégique de la sécurité. C’est pourquoi, dans une déclaration publiée cette semaine par ELN (European Leadership Network), nous plaidons, avec 70 personnalités politiques, civiles et militaires de toute l’Europe, pour une nouvelle approche de la construction de la sécurité mutuelle dans la région Euro-Atlantique.

 

       Cette déclaration souligne l’urgence d’engager une concertation nouvelle, continue et dynamique, qui devra prendre en compte toutes les capacités offensives et défensives, les armes nucléaires et conventionnelles ainsi que la cyber-sécurité et la militarisation de l’espace. Le rôle des armes nucléaires doit être réduit, de façon à ce qu’elles ne constituent plus le cœur des politiques de défense. Un ensemble de mesures communes doivent être prises pour diminuer les seuils d’alerte et accroître ainsi les temps de décision dans les périodes de tension et dans les situations incertaines. La stabilité sera renforcée par la transparence, la coopération et la confiance, ce qui éliminera la crainte d’une attaque surprise par l’un ou l’autre des Etats de la région Euro-Atlantique.

 

       Pour rendre effective cette nouvelle approche, un Groupe de Contact sur la Sécurité Euro-Atlantique, informel et sous mandat politique, devrait être constitué. Son rôle serait de développer les principes fondateurs de la concertation, de définir le profil des personnalités civiles et militaires de chaque pays qui pourraient être chargées de conduire le processus et de déterminer les thèmes à aborder. De nouvelles pistes de concertation sur des thèmes spécifiques pourraient être également explorées de façon bilatérale ou multilatérale et dans des sous-régions de la zone Euro-Atlantique.

 

       Les priorités de cette concertation concerneraient la résolution des difficultés concernant les armes nucléaires, la défense anti-missiles, les forces conventionnelles en Europe et les forces de réaction rapide, ainsi que les nouveaux défis de sécurité comme la cyber-sécurité et le déploiement des armes dans l’espace.

 

       Si une telle approche pour construire une sécurité mutuelle dans la région Euro-Atlantique est entreprise, elle garantira à nos concitoyens un avenir plus sûr et porteur d’espoir. Nous sommes face à une occasion historique, mais peut-être aussi fugace. Nous demandons aux responsables de nos pays d’assumer leur part de responsabilité et d’agir.

Appel de 70 personnalités européennes
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:31

      Découvrez le nouveau site Internet de Cordes sur Ciel, qui vient d'être mis en ligne.  

     

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      Vitrine des activités de la cité, il a été conçu pour permettre un accès facilité à l’ensemble des informations utiles, avec un graphisme renouvelé et une ergonomie adaptée.      

 

La page d'accueil du site Internet de la mairie de Cordes sur Ciel

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 15:26

       L'accord qui vient d'intervenir le 24 novembre à Genève sur le nucléaire iranien est certes un accord intérimaire, mais comment ne pas se féliciter de ce qui s’est passé ? Je n’oublie pas qu’il n'y a pas si longtemps, nombreuses étaient les voix qui considéraient une telle issue comme impossible, voire dangereuse et qui conseillaient d'aller jusqu'à l'épreuve de force !

 

       On se rappelle de la formule de N. Sarkozy s’exclamant que ce serait « la bombe iranienne ou le bombardement israëlien » ! On a encore en mémoire les analyses erronées et les discours bellicistes des Républicains américains ou les menaces du Premier Ministre israëlien Netanyahou.

 

                                  

 

      Cet accord, que j’appelais de mes vœux depuis des mois, ouvre le cycle de négociations qui doit conduire en 2014 à un accord général et complet visant à empêcher toute tentative de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.  Il est la preuve que les voies de la paix ne peuvent être trouvées sans persévérance et sans refus de céder aux arguments des "faucons" de toute sorte.

 

       Ne soyons pas naïfs pour autant. Il faudra beaucoup de volonté et d’intelligence politiques aux négociateurs pour arriver à un accord durable et définitif qui désamorce le risque de confrontation avec l’Iran. Cela semble possible, dans la mesure où les Occidentaux ont abandonné l’illusion que l’on pourrait faire accepter aux Iraniens l’idée de démanteler leur programme d’enrichissement et de faire ainsi plier l’Iran pour "restaurer la confiance", sans avoir à reconnaître l’existence de son programme nucléaire. Ils ont compris qu’il serait impossible d’aboutir à un accord par la seule pression, par des résolutions de l’Agence internationale de l’énergie atomique ou du Conseil de sécurité, ou encore par la menace d’une action militaire.

 

      « Ce sont ces illusions qui ont empêché de conclure entre 2004 et 2005 un accord qui aurait beaucoup ressemblé à l’accord actuel, sauf qu’il n’aurait eu à traiter que d’un, deux ou trois milliers de centrifugeuses, et non de 19.000 comme aujourd’hui, et qu’il aurait abordé le réacteur d’Arak comme un projet encore sur le papier. Huit ans de perdus donc, et beaucoup de dégâts inutiles, parmi lesquels l’élection d’Ahmadinejad, pour arriver à un résultat moins satisfaisant que celui que l’on aurait pu alors aisément obtenir. Mais enfin, ne réécrivons pas l’histoire, et ne boudons pas notre plaisir. » (François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran).

 

       L’accord du 24 novembre est équilibré, puisqu’en échange des engagements pris par les Iraniens concernant leur programme nucléaire, les Américains et les Européens ont allégé les sanctions qui leur étaient imposées. Ce faisant, ils ont renforcé la position du Président Rohani et des modérés dans le jeu interne de la politique iranienne, en contribuant à une amélioration de la situation économique et sociale du pays.

 

       Il n’est pas inintéressant de noter au passage que le camp dit occidental comprend les Etats-Unis et le « P5+1 », c’est à dire les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne. Preuve qu’il n’est pas nécessaire de posséder l’arme nucléaire (l’Allemagne) pour peser sur la scène internationale …..contrairement aux sottises répétées par les adorateurs du nucléaire !

 

       Après 34 ans de gel des relations entre Etats-Unis et Iran, qui a parfois conduit à des situations à la limite d’une confrontation violente, le texte signé pourrait ouvrir une nouvelle ère de l’histoire politique du Proche et du Moyen-Orient, écrite depuis trop longtemps dans le drame et le malheur des peuples.

 

        Les exigences de sécurité régionale sont grandes. Il reste en particulier un sujet important à traiter à l'occasion de prochaines rencontres: celui de l’élimination de toutes les armes de destruction massive de cette région. La récente adhésion de la Syrie au traité d'interdiction des armes chimiques (que les faucons considéraient comme  impossible !) a représenté une avancée, qui montre bien qu’il faut être ambitieux lorsqu’il s’agit de tracer les voies de la paix et de la sécurité. C’est pourquoi il faut maintenant avancer plus rapidement dans la préparation de la conférence internationale sur la négociation d’une "zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive " au Moyen-Orient, conférence dont le principe a été acté lors du dernier examen de la mise en œuvre du TNP (Traité de Non-Prolifération).

 

      On aimerait à ce sujet entendre un peu plus la voix de la France, malheureusement empêtrée dans un discours contradictoire. D’un côté, elle présente son armement nucléaire comme une "assurance vie" et la garantie de son "autonomie de décision" -concepts au demeurant illusoires- et d’un autre côté, elle refuse que certains pays cherchent à s’en doter. Le respect des engagements du TNP, traité qu’a signé la France, lui impose pourtant de « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la course aux armements nucléaire à une date rapprochée et au désarmement nucléaire… » (article VI du traité). On en est loin, quand on voit le programme de modernisation de nos équipements nucléaires que vient de voter l’Assemblée nationale !

 

       La France devra être vigilante dans la phase du règlement définitif de l’accord avec l’Iran. En effet, les obstacles ne manqueront pas, ainsi que les manœuvres susceptibles de faire échouer le processus engagé. Il faut espérer qu’on ne retrouvera plus les inquiétudes que l’on a pu ressentir le 10 novembre dernier, lorsque les négociateurs français ont donné l’impression à Genève qu’ils relayaient le discours des camps conservateurs, désireux de faire échouer l'accord.

 

      Notre pays peut jouer un rôle important dans la recherche des voies de la paix internationale, sans pour autant se laisser griser par les analyses (un peu sommaires mais très en vogue chez certains commentateurs), qui voudraient qu’une place se libère dans la région, en raison du prétendu retrait des Etats-Unis et que la France pourrait l’occuper ! C’est sur nos actes que nous serons jugés.

Accord sur le nucléaire iranien : l’échec des faucons
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez