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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:14

Dans la Dépêche du Midi du 11 décembre

Après la mort des 2 soldats français à Bangui
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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 15:58

       Au début du mois de novembre, j'ai été interviewé par une revue étudiante, qui m'a posé 3 questions. Voici mes réponses, qui viennent d'être publiées:.

 

      - La première décrit ma démarche vers un engagement en faveur du désarmement nucléaire.

 

       - La seconde tire des enseignements de la crise autour de l'armement chimique syrien ..... sujet dont on parle moins depuis quelque temps!

 

       - La troisième est une courte réflexion sur la fameuse contradiction entre "conquête" et "exercice" du pouvoir.

 

****************

 

I-  Dans vos 2 récents livres “Nucléaire, un mensonge français” et “Arrêtez la bombe”, vous plaidez pour l'abandon de l'arme nucléaire. En quoi l'armement nucléaire est-il caduc ? Quand en avez-vous pris conscience ?

 

       En 1985, lorsque je suis devenu Ministre de la défense, nous étions dans la période de la Guerre froide. Chaque partie menaçait l’autre de destructions massives de manière à la dissuader de toute action militaire directe. La théorie de la dissuasion pouvait alors justifier l’armement nucléaire. Depuis, j’ai constaté que les doctrines avaient évolué entre 1945, date des premières bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki et 1989, fin de la Guerre froide. A chaque fois, il s’agissait de répondre à des nécessités déclarées évidentes.

 

       Par la suite, j’ai découvert que la dissuasion aurait pu échouer. Nous sommes passés très près d’une catastrophe nucléaire en 1983. Le langage de la dissuasion m’est apparu comme un discours qui intoxique les dirigeants eux-mêmes. J’ai vu dans les décisions relatives aux systèmes d’armes, notamment nucléaires, l’effet d’un complexe militaro-industriel, dénoncé par Eisenhower dès 1961, lorsqu’il a quitté la Maison-Blanche. Il ne s’agit pas d’un complot mais d’un système. Les industriels veulent des commandes. Les techniciens, les chercheurs et les conseillers défendent leurs travaux et leurs théories. Les militaires demandent des armes toujours plus puissantes. Faute de débat public contradictoire, tous ces acteurs persuadent les décideurs que leurs solutions sont les seules possibles.

 

       Dès 1995, lorsque, comme député, je suis intervenu au nom du groupe socialiste pour dénoncer la reprise des essais nucléaires dans le seul grand débat jamais organisé à l’Assemblée nationale sur la dissuasion nucléaire, j’ai conclu par les mots : « L’ère de la désescalade nucléaire a commencé ».

 

       Entre 1997 et 2002, je suis allé plus loin en tant que Président de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale. Quand il a été question de moderniser les missiles des sous-marins nucléaires lance-engins, j’ai mis en doute la nécessité du programme au vu de son coût (plus de 10 milliards d’euros). On m’a répondu : « On ne discute pas ! ». Ce refus du débat persiste, alors que la situation stratégique n’a plus rien à voir avec celle des origines de la dissuasion. La multiplication des interrogations et l’absence de toute réponse argumentée et convaincante font réfléchir un nombre croissant de personnes.

 

       En 2002, j’ai parlé d’une "nouvelle ligne Maginot". Le nucléaire est un formidable investissement technologique. Pourtant, le 11 septembre 2001, la dissuasion nucléaire n’a rien arrêté ! Le Missile M-51 tire à 9000 kilomètres. Est-ce une garantie d’influence pour la France ? Quelles sont ses cibles potentielles ? La Chine ? La Corée du Nord ? La réponse habituelle est : « Non. C’est une arme faite pour parer à tous les risques, même ceux dont on ne sait encore rien ». C’est l’aveu même que l’on se dote d’armes sans idée claire de leur nécessité.

 

       Aujourd’hui comme hier, la défense nationale est un enjeu démocratique essentiel. Lorsque Jean Jaurès a écrit l’Armée Nouvelle en 1911, il demandait une politique de paix et de désarmement, mais il n’entendait pas pour autant diminuer la capacité de la France à défendre ses intérêts légitimes et ses valeurs démocratiques. La question est de savoir comment se protéger des menaces et des risques d’aujourd’hui. L’arme nucléaire est-elle un atout stratégique ou un danger ? Avec mes amis de l’association ALB (“Arrêtez la bombe!”), je considère que la présence dans le monde d’arsenaux nucléaires en constante modernisation et les tentations de prolifération qui en résultent constituent de graves dangers.

 

 

II-  Le plan de sortie à la crise syrienne proposé par la Russie, qui consiste, sous supervision de l’ONU, à sécuriser l’arsenal chimique de Damas, est-il satisfaisant ? Est-ce, comme on a pu le lire ou l'entendre, un camouflet pour Paris ? Au cours de cette nouvelle crise internationale, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a été paralysé par les vetos chinois et russes. Laurent Fabius a prôné la renonciation au droit de veto en cas de "crime de masse", ce qui pose la question de la définition juridique d'un "crime de masse". Qu'en pensez-vous ?

 

       L’évolution des relations entre dirigeants américains et iraniens, ainsi que le vote par le Conseil de sécurité unanime de la résolution 2118 (qui encadre la destruction de l'arsenal chimique syrien) semblent indiquer qu’une voie pour un règlement politique commence à se dégager au Moyen Orient. Tout n’est pas réglé pour autant, En Syrie, la guerre sanglante continue et la liste des horreurs s’allonge; en Iran, la “modération” d’Hassan Rohani ne fait pas disparaître les difficultés de la négociation à venir sur le nucléaire.

 

       Malgré cela, je me félicite que cette voie ait été choisie par les diplomaties américaine, russe et iranienne, parce qu’elle peut éviter au Moyen Orient et à la paix du monde des enchaînements guerriers aux conséquences extrêmement graves. C’est la voie que je propose sans relâche depuis des années, ce qui m’a amené à faire 4 remarques, en forme d’enseignements dans la séquence que nous venons de vivre.

 

       1) Dans une période de crise internationale aigüe, un pays comme la France, qui n’a pas la puissance des Etats-Unis, peut néanmoins jouer un rôle de “facilitateur”, de “défricheur”, à condition de proposer des solutions répondant aux problèmes de fond, de ne pas se limiter à des réactions faisant une trop grande part à l’émotion et d’éviter de se contredire dans les déclarations, les postures et les menaces.

 

       Dès le 28 août 2013, j’ai demandé publiquement que la France, dépositaire du protocole de 1925 interdisant l’emploi des gaz de combat et initiatrice de la Convention de 1993 d’élimination de l’arme chimique, fasse entendre sa voix, en présentant rapidement une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agissait de demander, en complément de toute action pour sanctionner les auteurs du massacre de Damas et prévenir de nouvelles attaques chimiques, l’adhésion immédiate de la Syrie à la Convention de 1993.

 

       Cela aurait permis à la France d'être au cœur du dispositif politique de résolution du conflit syrien, au lieu de se retrouver très en retrait sur la scène internationale après l’initiative du 9 septembre des Russes, rejoints immédiatement par les Américains.

 

      2) Le débat autour de la fameuse “ligne rouge” à ne pas dépasser concernant l’utilisation des armes chimiques a été escamoté. On a d’abord eu le sentiment que certains pays entendaient se substituer aux organisations internationales compétentes pour apprécier et juger ces crimes de masse (ONU, Cour Pénale Internationale). Certaines réactions ont ensuite laissé penser qu’il y aurait des victimes “ acceptables” et d’autres qui ne le seraient pas ! Ces hésitations ont eu au moins le mérite de montrer l’importance des traités internationaux destinés à empêcher l’utilisation des armes de destruction massive (biologiques, chimiques, nucléaires) et de celles qui visent surtout les civils (armes à sous-munitions, mines anti-personnel). Je constate que certains de ces traités concernant ce qu’on appelle, de façon un peu hypocrite, les “armes inhumaines” n’ont pas été signés par de grands pays, qui ne se privent pourtant pas de donner des leçons de vertu!

 

       3) Ce qui vaut pour l’armement chimique devrait également s’appliquer aux armes nucléaires, qu’il faut reconnaître comme des armes et pas comme des instruments de pouvoir. Il devient urgent d’aller rapidement et de façon transparente vers le désarmement nucléaire, comme le demandent beaucoup de pays et un nombre élevé de personnalités  ayant exercé de hautes fonctions dans le domaine de la défense ou des affaires étrangères. Ceux qui s’opposent, au nom d’un prétendu “réalisme”, à ce qu’ils considèrent comme des rêveries sont les mêmes qui affirmaient il n’y a pas longtemps que le dilemme était “la bombe iranienne ou le bombardement israëlien” et ceux qui proposaient de se débarrasser de l’armement chimique syrien par des actions militaires. Cette attitude a un nom : le fatalisme. Ce n’est pas ainsi qu’on répond le mieux aux désordres du monde.

 

       4) La suggestion faite par François Hollande à la tribune de l’ONU de supprimer le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité dans certains cas est bienvenue. Elle rejoint une proposition du rapport d’un “Groupe de personnalités de haut niveau” remis au Secrétaire général de l’ONU le 2 décembre 2004, recommandant que le droit de veto ne soit pas utilisé “en cas de génocide ou de violation massive des droits de l’Homme”, qui sont des concepts définis par les textes internationaux. J’ignore l’écho que cette suggestion rencontrera chez les quatre autres partenaires de la France au Conseil de sécurité. Je crains malheureusement qu’ils ne remettent pas en cause le privilège dont dispose le “club des cinq” depuis 1945, privilège aujourd’hui abusif alors que notre monde ne ressemble plus, par bien des aspects, à celui de la fin de la 2ème guerre mondiale.

 

 

III-  En 1971, François Mitterrand voulait la "rupture avec le capitalisme" ; en 1981, la gauche promettait de "changer la vie". Aujourd'hui, dans quelle mesure la gauche au pouvoir incarne-t-elle une alternative à la droite libérale ? Comment analysez-vous, en France et en Europe, la montée des populismes ? L'U.M.P. joue-t-elle un jeu pernicieux pour séduire les sympathisants du F.N. ?

 

       Vous mettez le doigt sur la difficulté pour un gouvernement de passer de “la conquête du pouvoir” à “l’exercice du pouvoir”, comme le soulignait déjà Léon Blum. Il faut bien reconnaître que, cette fois-ci, dans une période difficile au plan économique et avec un “héritage” lourd, François Hollande et son gouvernement se trouvent dans une situation délicate. Les hésitations, les contradictions, les reculades, parfois sur des dossiers essentiels (réforme fiscale, retraites, attitude à l’égard de l’Europe....) ont entraîné des déceptions dans l’électorat même de la gauche, qui aimerait retrouver dans la politique suivie une claire alternative à celle de la droite libérale. Sinon, la perte de confiance et les doutes qui se manifesteront peuvent conduire à une abstention électorale significative, qui risque de favoriser l’extrême droite.

 

       Le jeu de l’UMP est effectivement dangereux, s’il s’agit pour la droite de tenter de rééditer le “coup de 2002” (affrontement Chirac-Le Pen au 2ème tour de la Présidentielle), car on sait bien que les électeurs “préfèrent l’original à la copie”.

 

       Dans nombre de pays européens, la montée des populismes se nourrit de ces compromissions idéologiques et du sentiment que les gouvernements en place sont impuissants face à la crise. C’est pourquoi il devient urgent que François Hollande refixe un cap clairement compris par les électeurs, notamment ceux de gauche, qui ont du mal à se retrouver dans la politique actuelle.

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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 11:58

Pour un nouveau pacte majoritaire

 

Appel du club Gauche Avenir,

signé par 18 responsables politiques et syndicaux *

 

      La directive européenne "travailleurs détachés" entraine une multiplication du recours à des travailleurs employés, de façon temporaire et souvent dans des conditions de travail et d’existence précaires voire indignes.

 

      En réalité,  sous couvert de la libre circulation et du libre-échange, un dumping social et fiscal inadmissible  se développe en Europe. Le recours à ses pratiques explose dans certains pays, dont la France, où le ministère du travail estime à près de 250 000 le nombre de salariés venant d’autres pays de l’UE.

 

      Devant cette situation inacceptable, des décisions urgentes s’imposent.

 

1) Il faut que le Conseil européen des 20 et 21 décembre se saisisse de la question et qu’il décide:

 

      - des mesures conservatoires immédiates ;

      - la révision au fond de cette directive, en instaurant le principe d’obligation pour une entreprise étrangère de respecter l’ensemble des droits sociaux et fiscaux des pays où s’effectue le travail ;

      - la reconnaissance pour les Etats membres de faire appel à une clause de sauvegarde et de prendre des dispositions compensatrices des distorsions de concurrences sociales.

 

2) Le gouvernement français doit, de son côté :

 

      - suspendre immédiatement la mise en œuvre de la directive "travailleurs détachés";

      - restaurer les contrôles et l’autorisation préalable avant toute intervention des salariés d’une entreprise étrangère en France, en particulier dans les secteurs où les abus actuels sont manifestes. 

 

* Signataires: Pouria Amirshahi (PS), Emmanuelle Cosse (EELV), Eric Corbeaux (PCF), Claude Debons (syndicaliste), Joël Decaillon (ancien responsable de la Confédération Européenne des Syndicats), Laurent Diaz (syndicaliste), Pierre Gendre (syndicaliste), Jérôme Guedj (PS), Patrick Le Hyaric (PCF), Didier Lereste (syndicaliste), Marie-Noëlle Lienemann (PS), Emmanuel Maurel (PS), Francis Parny (PCF), Christian Picquet (Gauche Unitaire), Paul Quilès (PS), Jean-Claude Rech (syndicaliste), Jacques Rigaudiat (économiste, PCF), Lucile Schmid (EELV)

_______________________________________________________________

 

Cet appel est aussi une pétition citoyenne, qui peut être signée sur

 

le site de Gauche Avenir

Contre le dumping social en Europe
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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 23:24

      Ce mardi 3 décembre, l’Assemblée Nationale a voté la Loi de programmation militaire (LPM) et ses 190 milliards d’euros*. Lors de la discussion générale, sur un peu plus de 6 heures de débat, seuls quelques brefs échanges ont concerné la politique de dissuasion de la France….

 

      Il a fallu du courage, ou peut-être une certaine inconscience, à ces quelques parlementaires qui ont ainsi osé interpeller la pensée dominante, structurée autour d’un catéchisme nucléaire présentant la dissuasion comme un dogme.

 

      Toute interrogation sur le rôle et la place de l’arme nucléaire dans la défense de la France est en effet considérée comme inutile, voire insupportable, puisque, par définition, un dogme est « le principe incontournable d’une doctrine ». Encore faudrait-il que cette doctrine, qui a beaucoup évolué dans le temps et qui est toujours aussi confuse, puisse faire l’objet d’un débat sérieux, ce qui n’est toujours pas le cas.

 

      Sur la scène médiatique, un léger frémissement semble se produire (écouter mon débat d'hier avec l’Amiral Alain Coldefy sur RFI….ICI ) mais on continue à entendre les mêmes affirmations péremptoires, qui veulent tenir lieu d’arguments. Prenons 3 exemples. 

 

1/ Ils prétendent que « le débat sur la dissuasion nucléaire existe ».

 

      Rappelons simplement que la Loi de programmation militaire est construite à partir d’un document stratégique, le Livre Blanc…..et que le Président de la République a exclu toute réflexion sur ce thème dans la préparation de ce document. Normal, puisqu’il s’agit d’un dogme irréfutable et incontestable !

 

      D’ailleurs, la remise en cause du dogme donne lieu immédiatement lieu, comme l’a indiqué un député (Gwenegan Bui) « à l’invective pour décrédibiliser ses interlocuteurs ».

 

      Notons que la France est la seule puissance nucléaire au monde où l’on traite de contestataires des personnes ayant occupé de hautes fonctions politiques et militaires qui appellent à un changement de politique de défense. 

 

2/ Ils prétendent que « la crédibilité de la dissuasion repose

sur plusieurs composantes ».

 

      Dans les années 1980, au cœur de la Guerre Froide, on disait que la crédibilité de la force de frappe reposait sur trois composantes nucléaires : sous-marine, aérienne et terrestre. Au milieu des années 1990, la composante terrestre, comprenant des missiles stratégiques (S3D) et de courte portée (Pluton, Hadès) fut démantelée.

 

     Aujourd’hui, la doxa nucléaire affirme que les deux composantes restantes sont complémentaires et ne peuvent être dissociées.

 

      Ce n’est pas ce que pensent les Britanniques, qui n’ont plus qu’une composante depuis 1997 ! Remarquons aussi qu’il faudra « adapter » le discours dans 2 ans, lorsque le porte-avions Charles de Gaulle sera indisponible pour « arrêt technique majeur » (septembre 2016- février 2018), puisque pendant ces 18 mois, la composante aérienne sera amputée d’un escadron, celui qui est embarqué sur le porte- avions……

 

      C’est pour cela que les parlementaires, même s’ils ne remettent pas en cause la dissuasion nucléaire, sont de plus en plus nombreux à souhaiter la suppression de la force aérienne stratégique. 

 

3/ Ils prétendent que « sans la dissuasion nucléaire, notre pays

serait stratégiquement déclassé et ne mériterait plus

son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU ».

 

      Il est temps de  se remémorer définitivement l’ordre de marche de l’histoire. L’ONU a été créée le 26 juin 1945 et la première session du Conseil de sécurité (dont les 5 membres permanents étaient les 5 vainqueurs de la seconde guerre mondiale –USA, URSS, Chine, Grande Bretagne, France-) s’est tenue le 17 janvier 1946. Ce n’est que 18 ans plus tard, en 1964, que les Forces aériennes stratégiques françaises ont pris la première posture d’alerte nucléaire, faisant ainsi de la France la troisième puissance nucléaire. Il n’y a donc aucun lien entre ces deux faits.

 

      Pour confirmer cette absence totale de lien entre possession de la bombe et place au Conseil de Sécurité, il suffit de constater que le Président Hollande a indiqué son souhait de voir le Japon (non détenteur d’armement nucléaire !) devenir membre permanent du Conseil de sécurité. Avant lui, le Président Sarkozy avait exprimé le même vœu pour un pays d’Amérique latine.

 

      Par ailleurs, il est profondément réducteur de ramener l’influence de notre pays à sa seule capacité à réaliser des frappes destructrices. Que dire alors de pays comme l’Allemagne, le Japon ou le Brésil ! La notion de puissance d’un pays est beaucoup plus subtile et l’influence de la France compte bien plus à travers son économie, sa culture, son rayonnement culturel et scientifique, sa langue et le poids de son histoire et de ses valeurs.

_______________________________________________________________________ 

*  dont 23 milliards attribués à la dissuasion nucléaire ; ces crédits représentent près de 50 % de ceux destinés à l’équipement conventionnel.

Toujours pas de débat sur le nucléaire au Parlement!
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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 11:11

Ce lundi 2 décembre,

 

sur RFI,

 

de 19h40 à 20h,

 

je débattrai avec l'Amiral Alain Coldefy


Thème: "Peut-on remettre en cause le dogme

de la dissuasion nucléaire?"

 

Emission présentée par François Bernard  

 

A propos de ce thème, lire sur ce blog

Le dogme de la dissuasion nucléaire
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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 18:00

                                                    image-test-1

      Depuis quelques années, je suis intervenu de différentes façons (livres, tribunes, débats, rencontres, colloques en France et à l’étranger) pour attirer l’attention des Français sur le dossier trop méconnu de l’armement nucléaire.

 

      Je pense cependant que, devant le silence incroyable qui continue à entourer la question du nucléaire militaire, il faut maintenant aller plus loin.

 

      C’est pourquoi, avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin -auteurs, avec moi, du livre Arrêtez la bombe - j’ai créé l’association ALB, dont le but principal est de contribuer, par des informations, des propositions, des débats, à ce que s’ouvre enfin un débat sur ce sujet, fondamental pour notre stratégie de sécurité, mais aussi pour la survie de l’humanité.

 

      Cette initiative devrait vous intéresser, particulièrement celles et ceux parmi vous qui ont soutenu notre démarche.

 

      Vous pouvez désormais accéder au site Internet d’ALB

 

      Vous pouvez aussi nous aider en renvoyant le bulletin que vous trouverez ICI à:  ALB- 23 rue d’Alleray- 75015 Paris

 

      Plus nous serons nombreux, plus nous parlerons, plus nous agirons, plus le silence actuel deviendra insupportable.  

 

**************************

      On nous dit qu’en France, l’arme nucléaire et le concept de dissuasion qui lui est associé feraient l’objet d’un « consensus ». Dans le discours officiel, cette arme est présentée comme « l’ultime garantie de notre sécurité », « garante de l’indépendance nationale » ou encore notre « assurance-vie ». Ce discours lénifiant, qui s’accompagne d’une véritable « omerta », masque une réalité totalement différente, sur laquelle l’arme nucléaire n’a plus de prise.

 

      Le monde et ses menaces ont changé avec la fin de la Guerre froide mais la dissuasion nucléaire est devenue une sorte de « ligne Maginot », modernisée chaque année. A travers le monde, de plus en plus de responsables politiques, militaires, scientifiques ont pris conscience que la dissuasion nucléaire n’a plus la même pertinence face aux défis du monde actuel.

 

      Il est temps de briser le tabou français sur ce sujet. L’avenir de notre défense, la protection de nos concitoyens, le respect des engagements internationaux de la France exigent d’ouvrir enfin un véritable débat et de définir les initiatives et les actions qui permettraient à la France de s’engager dans un processus actif, positif et soutenu de mise en œuvre d’un désarmement nucléaire multilatéral.

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 18:08

      Comment ne pas se féliciter de l'accord qui vient d'intervenir à Genève sur le nucléaire iranien?

 

      Il n'y a pas longtemps, nombreuses étaient les voix qui le considéraient comme impossible....voire dangereux et qui conseillaient d'aller jusqu'à l'épreuve de force.

 

      Tel n'était pas mon cas, et j'avais clairement exposé ma position dans une tribune écrite avec l'ancien ministre israëlien Shlomo Ben Ami et que le Figaro avait publiée le 19 juin 2013.


Je vous en recommande la lecture (ICI).

 

      Cet accord, que nous appelions de nos voeux il y a 5 mois est la preuve que les voies de la paix ne peuvent être trouvées sans persévérance, sans volonté politique et sans refus de céder aux arguments des "faucons" de toute sorte.

 

      Il reste encore un sujet important à traiter à l'occasion de prochaines rencontres: celui de l’élimination de toutes les armes de destruction massive du Moyen-Orient.

 

      Après l'avancée concernant l'adhésion de la Syrie au traité d'interdiction des armes chimiques, il faut maintenant réunir une conférence internationale sur la négociation d’une "zone exempte d’armes nucléaires" au Moyen-Orient. Son principe, je le rappelle, a été acté lors du dernier examen de la mise en œuvre du TNP (Traité de Non-Prolifération).

 

                                       

 

Les principaux points de l'accord de Genève

 

      L'Iran

- a accepté de cesser tout enrichissement d'uranium "à plus de 5 % et de démanteler les processus techniques nécessaires pour enrichir à plus de 5 %;

- s'est engagé à neutraliser son stock d'uranium enrichi à près de 20 % en le diluant;

- ne construira pas de nouvelles centrifugeuses à uranium et interrompra sa progression vers la mise en fonctionnement d'un réacteur dans son usine (nucléaire) d'Arak qui produirait du plutonium;

- ne construira pas d'usine capable (...) d'extraire du plutonium à partir du combustible usagé;

- permettra l'accès quotidien de ses sites à des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et communiquera des données sur le fonctionnement du réacteur d'Arak.

 

      Les membres du P5 + 1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) :

- consentiront à un allègement des sanctions "limité, temporaire, ciblé et qui pourra être annulé", équivalant à quelque sept milliards de dollars;

- n'imposeront pas de nouvelles sanctions pendant la fenêtre de six mois si l'Iran respecte ses engagements;

- suspendront "certaines sanctions sur l'or et les métaux précieux, le secteur automobile et les exportations pétrochimiques de l'Iran", et permettront "des réparations et des inspections en Iran pour certaines compagnies aériennes iraniennes";

- et débloqueront 4,2 milliards de dollars environ, produits de sanctions sur les ventes de pétrole iranien.

      En revanche, la plupart des sanctions américaines, commerciales et financières, resteront en vigueur dans les six mois à venir, comme les sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Iran: enfin un accord sur le nucléaire
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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 11:23

Les tontons flingueurs

Même si on les connaît par coeur,

 

les répliques font toujours autant rire

 

....et on en a bien besoin en ce moment!

 

En l'honneur de Georges Lautner,

 

père de l'inoubliable film "Les tontons flingueurs", 

 

avec ses formidables acteurs

 

et ses dialogues "culte" de Michel Audiard,

 

 

Visionner la bande annonce 

 

La vengeance

Les tontons flingueurs
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 22:30

        Afin de répondre à la grave crise économique, sociale, politique et démocratique que connaît notre pays, le club Gauche Avenir demande un changement urgent de cap politique et l'élaboration d'un nouveau pacte majoritaire.

 

Pour un nouveau pacte majoritaire

 

      A l’occasion de la récente réunion de son Comité d’orientation, qui comprend des responsables, militants, intellectuels issus des différentes sensibilités de la gauche politique, syndicale et citoyenne et du mouvement écologiste, le club Gauche Avenir réaffirme:

       -  qu’il est indispensable pour la gauche de reprendre l'offensive idéologique face à la montée des idées racistes, poujadistes, réactionnaires et libérales ;

      - que la gauche doit assumer sans complexe ses valeurs, ses idéaux, ses fondamentaux humanistes, républicains et sociaux, la défense des salariés et du monde du travail ;

         - que la contradiction entre un discours avant les élections et une pratique divergente une fois au pouvoir n’est pas acceptable.

 

       C’est pourquoi Gauche Avenir présentera au printemps 2014 un socle de convergences permettant le rassemblement des forces de gauche et écologistes autour de réformes offensives et de changements majeurs, en cohérence avec les engagements pris lors de l’élection présidentielle.

 

       Cette démarche impliquera :

       -  la constitution de groupes de travail qui réuniront des experts et des responsables de toutes les composantes de la gauche et des écologistes ;

       - des auditions publiques de personnalités -responsables des différents partis et des mouvements du monde syndical et associatif, intellectuels, économistes-, qui confronteront des propositions pour un nouveau pacte majoritaire prenant en compte les attentes prioritaires des Français.

 

       Gauche Avenir présentera d’ici un mois le programme de ces auditions préparatoires à une nouvelle feuille de route politique pour la gauche, ainsi que celui des travaux des groupes de travail chargés d'établir le socle des convergences pour un nouveau pacte majoritaire.

 

       Par ailleurs, le club Gauche Avenir poursuit son élargissement en diversifiant l'équipe d'animation et sa présence dans les différents départements. Une newsletter mensuelle complète le site (www.gaucheavenir.org), pour associer largement ses membres et sympathisants à son action et ses travaux.                                      

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 19:23
                                             Ne vous inquiétez pas!

 

      Voici une impressionnante carte animée

des explosions nucléaires de 1945 à 1998.

 

                                            CLIQUEZ ICI

 

       Réalisée par l'artiste japonais Isao Hashimoto, cette vidéo rend compte de tous les essais nucléaires qui se sont déroulés à l'air libre, depuis le premier, celui des Etats-Unis à Alamogordo, dans le désert du Nouveau Mexique en 1945, jusqu'à celui du Pakistan en 1998. Elle inclut les 2 bombardements du Japon (Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki 3 jours plus tard), mais pas les essais (non prouvés) revendiqués par la Corée du Nord.

 

       Chaque pays est signalé par un "bip" et un flash sur une mappemonde, l'année où l'explosion a lieu. On peut suivre en haut et en bas de l'écran l'évolution du nombre total d'explosions pour chaque pays.

 

        Si la vidéo commence lentement,  le rythme devient fou à partir de 1962, à l'image de la folle course aux armements nucléaires depuis 1945.

 

        Mais ne vous inquiétez pas......Comme on vous le répète, cela n'est pas dangereux, puisque "l'arme nucléaire est une arme de non-emploi"  ! Il y a quand même encore 19 000 ogives* sur la planète, dont environ 2 000 prêtes à être utilisées en quelques minutes. Sans commentaire....

 

* Chaque ogive a une puissance de l'ordre d'une dizaine de fois celle de la bombe qui a causé 200 000 morts à Hiroshima.

Ne vous inquiétez pas!
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez