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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:39

       Ce matin, comme chaque année, j’ai présidé à Cordes la cérémonie commémorant l’armistice du 11 novembre 1918. J’ai eu le plaisir de constater que le public était fourni, avec la présence, non seulement des plus anciens mais aussi d’une délégation de jeunes, qui avaient sélectionné, avec l’aide des enseignants de leur collège, des lettres de « poilus » particulièrement émouvantes, qu’ils ont lues devant le monument aux morts.

 

       Après avoir donné connaissance du message officiel du Ministre des anciens combattants, j’ai expliqué pourquoi, selon moi, une telle manifestation ne devait pas être considérée, ce qu’on entend parfois, comme une formalité.

 

       Il y a d’abord le bilan des victimes, qui est monstrueux et qu’il ne faut pas oublier : 19 millions de morts, 21 millions de blessés. Pour la France, cela a concerné 27% de la classe d’âge 18-27 ans et s’est traduit par une terrible saignée, dont on retrouve la trace dans presque tous les villages.

 

      Certains épisodes, qui vont être remis en lumière à l’occasion de la célébration du centenaire en 2014, font ressortir l’horreur des combats. Par exemple, la bataille des Ardennes, qui a vu l’affrontement de 740 000 soldats français et allemands entre le 21 et le 23 août 1914 et qui s’est traduite par un véritable carnage : 40 000 morts.

 

       Dans nos commémorations, nous devrons nous souvenir aussi des « fusillés pour l’exemple », ces 600 hommes qui ont été exécutés pour désobéissance (très souvent injustement). Il faudra également honorer ces soldats de toutes origines –longtemps ignorés- qui ont fraternisé sur le front lors de Noël 1914 (lire « Ces tranchées de la fraternité »)

 

      Après la fin du cauchemar de la guerre, les négociateurs du Traité de Versailles (1919) ont cru jeter les bases de la paix. Ils ont malheureusement manqué de lucidité et les sanctions –nécessaires- à l’encontre de l’Allemagne que contenait le Traité ont été imposées de telle façon qu’elles ont préparé le terrain à la montée du nazisme et du fascisme. Par ailleurs, les Etats-Unis ont refusé de participer à la SDN (Société des Nations, ancêtre de l’ONU), contribuant un peu plus à la décrédibiliser.

 

      Aujourd’hui, après deux guerres mondiales et des dizaines de conflits locaux et régionaux qui ont ensanglanté le XXème siècle et le début de ce XXIème siècle, les ferments de guerre sont nombreux et il faut être bien conscient qu’ils peuvent déborder des zones dans lesquelles ils semblent être confinés. Je pense en particulier aux nombreux désordres qui affectent le Moyen-Orient, (Syrie, Iran, Egypte, Palestine….) ou à ceux qui se déroulent en Afrique (et pas simplement au Mali !).

 

      Je pense aussi au risque énorme que représente l’accumulation des armes nucléaires, vestiges d’une autre époque, celle de la Guerre Froide. Même si le stock mondial a diminué, il reste encore 17 000 armes, que modernisent sans arrêt les grands « Etats nucléaires » et qui représentent un risque énorme pour l'humanité. Songez que chacune d’entre elles développe une puissance d’au moins 10 fois celle de la bombe d’Hiroshima, qui causa 200 000 morts (soit 20 fois le nombre de victimes du typhon qui vient de ravager les Philippines) !

 

       En conclusion, j’ai appelé chacun à agir à son niveau pour la paix, ce bien si précieux dont on s’aperçoit du caractère vital lorsque, tel l’air que l’on respire….il a disparu.

Commémorer n'est pas une formalité
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Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 15:52

Alors que l’on commémore le souvenir de l’armistice

du 11 novembre 1918,

il n’est pas inutile de se souvenir du climat qui a précédé

le déclenchement du carnage que fut la « Grande Guerre »

 

Ces 2 textes montrent comment Jaurès,

qui pressentait l’étendue de la

catastrophe, a dénoncé jusqu’à la dernière heure

la lourde responsabilité des gouvernants.

 

******

La journée du 31 juillet 1914

(extrait du texte écrit en 1994 par Alain Decaux

pour le spectacle « Ils ont tué Jaurès »)

 

       « Jaurès s'est rendu, à 14 heures 30, au Palais-Bourbon pour la réunion du groupe socialiste. Il va passer le reste de sa journée dans la salle des Quatre-Colonnes. Les nouvelles arrivent, elles sont catastrophiques. Le bruit se répand que l'Allemagne a proclamé l'état de menace de guerre.

 

      Jaurès et les socialistes avaient demandé audience à Viviani. A la présidence du Conseil, ils apprennent que le président ne peut les recevoir : il est en conférence avec l'ambassadeur d'Allemagne. Ce dernier est venu informer le gouvernement français de l'ultimatum que l'Allemagne a adressé à la Russie : " La mobilisation doit suivre si, dans un délai de douze heures, la Russie n'arrête pas toute mesure de guerre contre nous et l'Autriche-Hongrie ".

 

      Abel Ferry, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, reçoit la délégation socialiste. Un dialogue véhément s'engage entre Jaurès et lui. Jaurès supplie le ministre d'obliger la France à accepter l'arbitrage que Londres propose à Pétersbourg et à Berlin.

 

      L'entrevue se poursuit dans une totale incompréhension, Abel Ferry déclarant : " Je vous assure que c'est ce que nous faisons. Nous appuyons l'Angleterre, nous tenons le langage qu'il faut à la Russie ".

 

      Après avoir secoué la tête comme un homme qui doute, Jean Jaurès déclare au ministre : " Si dans de pareilles conditions vous nous conduisez à la guerre, nous nous dresserons, nous crierons la vérité au peuple ".

 

     Ferry interroge : " Et maintenant qu'allez-vous faire ? "

 

     La réponse est un cri : "Continuer notre campagne contre la guerre".

 

     Le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, avant de reconduire la délégation, s'adresse à Jaurès : " On vous assassinera au premier coin de rue ".

                                   (….)

     Jaurès, Renaudel et Longuet sautent dans un taxi qui les conduit à L'Humanité un peu avant 20 heures. Jaurès attend de connaître l'ultime position de l'Angleterre, avant d'écrire un “J'accuse ” dénonçant les causes et tous les responsables de la crise. Il faut aller dîner. Quelqu'un propose le Coq d'Or. " Non, dit Jaurès, c'est un peu loin. Allons au Croissant, c'est plus près ". On y va. Jaurès s'assied dos à la rue.

                                (….)

     Le dîner traîne. Vers 21 heures 30, Jaurès apprend, par une dépêche arrivée d'Havas, que l'Angleterre n'interviendra pas avant lundi. Le dîner s'achève enfin. Un journaliste, René  Dolier, s'approche et montre une photo de sa petite fille à Landrieu. Jaurès demande à la voir. Il se penche sur la photo. À cet instant précis, le rideau s'écarte brusquement. Une main, un revolver. Deux coups de feu. Un cri de femme : “Ils ont tué Jaurès !”

 

     Jaurès mourra quelques minutes plus tard. Il n'y a plus d'obstacles à la guerre. »

*******

 

Dernier discours de Jaurès à Lyon-Vaise  le 25 juillet 1914 (Extrait)

 

     « Eh bien, citoyens! Dans l'obscurité qui nous environne, dans l'incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j'espère encore malgré tout qu'en raison même de l'énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n'aurons pas à frémir d'horreur à la pensée du cataclysme qu'entraînerait aujourd'hui pour les hommes une guerre européenne.

 

     Vous avez vu la guerre des Balkans; une armée presque entière a succombé soit sur le champ de bataille, soit dans les lits d'hôpitaux, une armée est partie à un chiffre de trois cent mille hommes, elle laisse dans la terre des champs de bataille, dans les fossés des chemins ou dans les lits d'hôpitaux infectés par le typhus cent mille hommes sur trois cent mille.

 

     Songez à ce que serait le désastre pour l'Europe: ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d'hommes. Quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie! Et voilà pourquoi, quand la nuée de l'orage est déjà sur nous, voilà pourquoi je veux espérer encore que le crime ne sera pas consommé »  (….)

 

                                          Lire l’intégralité du discours

Jaurès et la guerre de 14-18
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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 19:49

       Ce que je lis sur l'échec (provisoire?) des négociations sur le nucléaire iranien à Genève me trouble.

 

       Que le dossier soit complexe, qu'il ne faille pas être naïf, qu'il y ait traditionnellement des "gesticulations" dans ce type de rencontre....soit.

 

      Mais cela ne justifie pas que la diplomatie française joue un rôle qui pourrait s'apparenter à celui de relais des camps conservateurs, désireux de faire échouer l'accord.

                    

 

      La France n'a aucune raison de se laisser influencer, notamment par les cris d'orfraie de Monsieur Nétanyahou, dont le pays, il faut quand même le rappeler, détient des armes nucléaires et n'est pas signataire du Traité de non prolifération (TNP).

 

     Notre pays doit avoir un rôle moteur dans la recherche des voies de la paix internationale. Je souhaite que les négociateurs français de genève s'en souviennent d'ici la prochaine rencontre.

 

*******************

 

Lire sur ce sujet:

-  Le rôle de la France dans l’échec des négociations sur le nucléaire à Genève

-  La France provoque l’échec des négociations

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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 10:28

Interview de Paul Quilès

 

dans 

 

JDD.jpg

 

LIRE l'interview *

 

******

 

      La question de la pertinence des dépenses consacrées au nucléaire militaire ne doit pas dépendre fondamentalement de considérations budgétaires mais d’une analyse politique des besoins de sécurité.

 

     De ce point de vue, il n’apparaît pas urgent, dans la situation stratégique actuelle, d’entreprendre un renouvellement complet des systèmes de la dissuasion. De plus, cela est en contradiction avec les engagements de la France, signataire du TNP (Traité de non-prolifération).

 

     On estime à un montant de 5 à 600 millions d’euros le coût des modernisations (missiles, têtes nucléaires), montant qui pourrait être économisé en 2014 si l’on décidait de simplement maintenir en l’état l’outil de dissuasion.

 

     A compter de 2015, le renouvellement des composantes sous-marine et aérienne de la dissuasion (à l’horizon 2030) sera de l'ordre de 2 milliards d’euros par an.

 

     Compte tenu des besoins en termes de projection des forces mais aussi de renseignement (drones, satellites), il serait plus utile à la sécurité de la France et de l’Europe de transférer sur ces programmes les crédits consacrés à la modernisation de la dissuasion.

____________________________________________________________________

* Précisions: - les SNLE (Sous-marins nucléaires lanceurs d'engin) sont actuellement équipés de missiles M 51 et non de M 51-2, qui sont en cours de fabrication;

- la disuasion nucléaire française comprend 2 composantes: maritime et aérienne. La composante terrestre a été démantelée dans les années 90. 

Cessons de moderniser l'arsenal nucléaire militaireCessons de moderniser l'arsenal nucléaire militaire
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Published by Paul Quilès
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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 09:38

                                        

       Syrie, Liban, Palestine, Iran, Egypte…..Le Moyen-Orient est une poudrière. L’accumulation des tensions en fait depuis des années une zone à haut risque pour la paix mondiale. J’ai eu l’occasion de dire à de nombreuses reprises combien il était souhaitable d’abandonner les slogans simplificateurs et les postures guerrières pour imaginer les solutions à apporter à ces conflits complexes.

 

       Le 1er mars 2012, je décrivais "un autre scénario pour l’Iran", en rappelant que « l’épreuve de force entre l’Iran et les pays occidentaux dure depuis plus de onze ans. Pendant tout ce temps, on a assisté à la répétition incessante du même scénario : des demandes catégoriques des grandes puissances et du Conseil de sécurité de l’ONU suivies d’apparentes concessions iraniennes, bientôt reprises. Puis de nouvelles demandes et de nouveaux faux-fuyants ».

 

       Le 19 juin 2013, je publiais une tribune ("Va-t-on sortir de l’impasse ?")  avec mon ami Shlomo Ben Ami, ancien ministre israëlien, où nous affirmions que « La solution du problème iranien ne peut pas être trouvée dans la répétition indéfinie d’une démarche manifestement sans issue. Elle ne passe pas non plus par une nouvelle confrontation armée aux conséquences incalculables. La nouvelle configuration du pouvoir à Téhéran offre à la communauté internationale une chance à saisir sans délai. »

 

       La négociation en cours à Genève avec les responsables iraniens représente une occasion exceptionnelle de calmer les tensions au Moyen Orient. Les obstacles à un accord renvoient certes à des questions techniques, mais ils sont surtout de nature politique et proviennent de l’attitude « jusqu’au boutiste » des faucons tant américains (le camp républicain du Congrès, sous influence du lobby pro israëlien), qu’iraniens (les gardiens de la révolution) et israëliens (autour du premier ministre Netanyahu).

 

       Même si ces difficultés ne doivent pas être sous estimées, il faut que les négociateurs iraniens et américains sachent les surmonter en faisant preuve de volonté et de lucidité, pour obtenir cet accord historique, qui constituera indiscutablement une chance pour la paix dans le monde.

Négociation de Genève: une chance historique pour la paix !
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 08:50

Vous voulez rire (ce n'est pas si fréquent en ce moment)? Vous voulez comprendre comment fonctionne

un cabinet ministériel?

 

Allez voir Quai d'Orsay, le film de Bertrand Tavernier, dont j'ai assisté à la projection en avant première hier soir.


J'ai effectivement beaucoup ri.

Le scénario est bien mené, les acteurs sont remarquables.

 

Pourtant, le trait est parfois forcé pour décrire

le comportement du personnage*

-aux réactions il est vrai excessives-

qui a inspiré le film,

d'après une "bande dessinée" à succès.

 

Cela complique la compréhension du fonctionnement réel

d'un cabinet ministériel et de la vie d'un ministre.

 

Si vous voulez en savoir plus sur l'exercice du pouvoir

visionnez ce passionnant débat

 

* Dominique de Villepin

Quai d'Orsay
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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 23:55

                                           

Visionner un passionnant débat

 

autour de ce thème toujours d'actualité:

 

L'exercice du pouvoir. Action, nécessité, solitude.

 

1- De la fiction à la réalité

2- L’exercice du pouvoir au quotidien

3- L’homme politique en exercice : seul en équipe

4- Le désenchantement politique au cœur du pouvoir

5- Politique et communication. L’influence des "spin doctors"

6- Le rôle des sondages

7- Les différences entre pouvoir et pouvoir politique. "Faire l’Histoire ?"

 

Participants:

 

Paul Quilès, Ministre (1983-1993) 

 

Pierre-Emmanuel Guigo,  Professeur agrégé d'histoire,

doctorant  Sciences Politiques Paris, spécialiste de la communication

politique. 

 

 

Aude Harlé, Sociologue, Maître de conférence à l'Université de Perpignan. Auteure de Le coût et le goût amer du pouvoir: le désenchantement politique face à l'épreuve managériale.

 

 

Pierre Schoeller, Scénariste et réalisateur de L'exercice de l'Etat (2011)

 

Le débat, animé par Claude Soula, journaliste au Nouvel Observateur, s'est déroulé le 1er octobre 2013. Il a été organisé par LAZULI, en partenariat avec la Maison du Danemark à Paris

et la chaîne Public Sénat.

 

"Le plein exercice de sa citoyenneté devrait passer par une meilleure appréciation des enjeux quotidiens de la politique et des personnes qui en ont la charge. L'objet de cette table ronde est de comprendre le quotidien psychologique et opérationnel de l'individu en position de gérer les leviers du pouvoir" 

L'exercice du pouvoir:un débat d'actualité!
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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 16:31
                         Extraits de la “lettre ouverte aux député(e)s
 
de Paul Quilès, Bernard Norlain et Jean-Marie Collin
 
au sujet de la modernisation de l’armement nucléaire de la France
 
 
          “Mesdames et Messieurs les député(e)s
 
        Nous avons pris connaissance avec une grande attention des débats parlementaires qui viennent de s’engager sur le budget de la défense pour 2014 et sur la Loi de programmation militaire pour les années 2014 à 2019.
 
        Nous avons constaté que la discussion sur les crédits de la dissuasion, qui représentent 3,2 milliards d’euros, n’a jusqu’ici donné lieu qu’à des considérations d’ordre général. C’est ainsi que le ministre de la Défense s’est exprimé avec trop de concision à notre sens en affirmant: « tant qu’il existe des armes nucléaires dans le monde, tant que la prolifération des armes de destruction massive est un risque avéré, tant que les risques de chantage contre nos intérêts vitaux demeurent, la dissuasion est l’une des garanties fondamentales de notre liberté d’appréciation, de décision et d’action. »
 
        Pourtant, comme le ministre l’a souligné à juste titre : « la menace qui pèse sur nos intérêts vitaux est différente de celle qui s’exerçait pendant la guerre froide ». Quelles conclusions doit-on donc tirer de ce bouleversement stratégique ? Certainement pas la simple poursuite des programmes comme si de rien était.
 
                    (....)
 
       Mesdames, Messieurs les député(e)s, nous ne croyons pas qu’on puisse dire comme le sénateur Gérard Larcher que « le débat a eu lieu et a été tranché ». Il ne saurait y avoir de sujet tabou en démocratie et il nous semble essentiel que vous fassiez mieux entendre votre voix sur toutes ces questions. Deux députés ont tenté de les soulever au cours d’une “réunion de commission élargie” consacrée au budget de la défense, mais le format quasi-confidentiel de ce mini-débat ne leur a pas permis de faire pleinement valoir leurs arguments. Le ministre s’est d’ailleurs contenté de prendre acte du désaccord.
 
        Nous attendons donc un véritable débat de fond de la représentation nationale sur les projets de “modernisation” des forces nucléaires lors de votre prochain examen de la loi de programmation militaire.”
 
          Paul Quilès, ancien ministre de la défense, ancien président de la commission de la défense de l’Assemblée Nationale;
          Bernard Norlain, général d’armée aérienne (2S), ancien commandant de la Force aérienne de combat puis directeur de l’IHEDN;
          Jean-Marie Collin, directeur pour la France du réseau international des Parlementaires pour la Non-prolifération Nucléaire et le Désarmement.
          Les trois signataires ont publié le livre “Arrêtez la bombe !” et sont membres du bureau de l’association ALB.
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 17:02

                                         

 

           L'émotion qu'a soulevée en Europe la "découverte" de

 

l'espionnage de nos communications par la NSA m'amène à

 

publier à nouveau ma réaction du 1er juillet dernier sur ce blog .

 

           Je n'ai rien à y ajouter. Jugez-en plutôt!

                                                                              

*************************

 

                            Ecoutes américaines: pas nouveau

                                       (1er juillet 2013)

 

       La découverte que le système des écoutes américaines concerne aussi les alliés des Etats-Unis a de quoi nous scandaliser. Mais s'agit-il d'une nouveauté?

 

      Il y a 13 ans, en 2000, alors que je présidais la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale, j'avais demandé que soit réalisé un rapport d'information sur le "système Echelon".

 

     La lecture de ce rapport, rédigé par Arthur Paecht, surprendra ceux qui pensent que l'on ignorait les méthodes américaines de renseignement. Il est dommage que certaines préconisations de ce rapport n'aient pas été prises au sérieux à l'époque!

 

     Bonne lecture.

                                                    Paul Quilès

 

Plan du rapport

 

I. - LE SYSTÈME ECHELON : UNE RÉALITÉ DONT LES CONSÉQUENCES SONT DIFFICILES À APPRÉCIER 9

A. Une organisation vraisemblablement détournée de sa FINALITÉ MILITAIRE INITIALE 9

1. Le développement du réseau dans un contexte de guerre froide 9

a) Un pacte initial marqué par le contexte historique 9

b) Un développement spectaculaire qui a suivi celui des technologies 12

c) Un partenariat à plusieurs niveaux 14

2. Un réseau détourné de sa vocation initiale 15

a) La possibilité d'utilisation des écoutes à des fins économiques 15

b) Les réactions des industriels concernés par les écoutes 19

 

B. L'INCERTITUDE SUR LES CAPACITÉS RÉELLES DU SYSTÈME 20

1. La thèse maximaliste 20

a) La vulnérabilité des technologies de l'information 21

b) Le débat sur les capacités techniques du système 23

2. La thèse du scepticisme 24

 

C. LES RAISONS DE LA MÉDIATISATION ACTUELLE 26

1. Les raisons avancées le plus souvent 26

a) La critique de la déviation du système 26

b) La rupture du lien entre les membres du Pacte 27

c) L'influence des groupes de pression américains au nom de la défense des libertés individuelles et de la protection des règles du commerce 27

d) L'intervention du Parlement européen 29

2. Les hypothèses extrêmes 29

a) Les rivalités américaines 29

b) Une possible mystification 30

 

D. LES RÉPONSES DES PAYS EUROPÉENS FACE AUX SYSTÈMES D'INTERCEPTION DES COMMUNICATIONS 31

1. Les réactions officielles à l'existence d'Echelon 31

a) La position du Gouvernement fédéral allemand 31

b) La position des autorités belges 32

c) La position des autorités britanniques 34

d) La position du Gouvernement français 34

2. Les réticences des services de renseignement 36

a) La tradition de coopération bilatérale entre services de renseignement 36

b) Les systèmes nationaux ou multinationaux 38

 

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE : VERS UNE STRATÉGIE GLOBALE DE CONTRÔLE DE L'INFORMATION ? 39

 

II. - LES MOYENS DE PROTECTION DES SYSTÈMES DE COMMUNICATIONS 41

A. La cryptologie 43

1. L'historique de la cryptographie : une dynamique sans cesse en évolution 43

a) L'utilisation de chiffres alphabétiques 43

b) De la mécanisation à l'utilisation des ordinateurs 44

c) La cryptographie à clés publiques 45

2. Le dilemme de la cryptographie : entre libertés publiques et sécurité nationale 46

a) Les logiciels de chiffrement 47

b) Les systèmes de séquestres et d'authentification 48

 

B. LA SITUATION JURIDIQUE DES INTERCEPTIONS ET DE LA CRYPTOLOGIE 49

1. La réglementation internationale concernant les interceptions des communications 49

a) Un régime international somme toute permissif 49

b) L'absence de réglementation européenne 50

c) Le cas particulier des interceptions légales 52

2. Le renvoi aux dispositifs nationaux 52

a) Le cas des pays européens 52

b) Aux Etats-Unis : une protection réservée aux citoyens américains 53

 

C. LES SYSTÈMES DE SÉCURITÉ DES COMMUNICATIONS EN FRANCE 54

1. L'évolution récente des dispositifs 55

a) La libéralisation de la cryptologie : un nouveau cadre juridique 55

b) Le développement des moyens de confidentialité et d'intégrité 57

c) Les programmes de protection 57

2. Le SGDN et la sécurité des systèmes d'information 59

a) Les missions confiées au SGDN 59

b) Les missions et les moyens de la DCSSI 60

 

III. - LA RÉACTION EUROPÉENNE AU SYSTÈME ECHELON 63

A. L'intérêt exprimé pour la question au sein des instances EUROPÉENNES 63

1. Les travaux du Parlement européen 63

a) Le rapport sur l'état actuel de la surveillance électronique 64

b) Le document sur les techniques permettant de lutter contre les formes d'interception 64

c) L'étude sur la légalité des interceptions 66

d) L'analyse des risques possibles des interceptions et la vulnérabilité du commerce électronique 66

e) La constitution d'une commission parlementaire 67

2. Le silence embarrassé de la Commission 69

 

B. UNE POSITION AMBIGUË 69

1. La mise en oeuvre d'un système de surveillance européen 69

a) Les projets liés à la définition d'intérêts communs 69

b) Les limites à l'élaboration d'un système commun 70

2. Les perspectives ouvertes par la politique européenne de sécurité et de défense 72

 

CONCLUSION GÉNÉRALE 75

1. A partir de quelques certitudes sur Echelon... 75

2. ...Quelles peuvent être des propositions concrètes pour diminuer les risques ? 76

 

EXAMEN EN COMMISSION 79

 

ANNEXE N° 1 87

ANNEXE N° 2 89

 

Présentation du rapport

 

MESDAMES, MESSIEURS,

 

      A la suite de la parution de plusieurs rapports du Parlement européen sur le réseau Echelon et d'interrogations de l'opinion publique reflétées par la presse à l'automne 1999, la Commission de la Défense nationale a décidé, le 29 février dernier, de confier à un de ses membres un rapport d'information sur les « systèmes de surveillance et d'interception électroniques pouvant mettre en cause la sécurité nationale ». La Commission a également décidé d'associer aux activités du rapporteur d'information un groupe de travail dans lequel chaque groupe politique serait représenté1.

 

       Votre Rapporteur a été amené à s'interroger principalement sur plusieurs thèmes de réflexion :

- il a tout d'abord voulu comprendre la nature exacte du réseau Echelon, analyser ses capacités réelles et estimer ses véritables dangers (notamment à l'égard des enjeux de sécurité et d'une utilisation à des fins économiques). A ce titre, il a essayé de comprendre les moyens techniques dont les services de renseignement peuvent disposer pour recueillir l'information, la traiter et la diffuser ;

- il s'est ensuite interrogé sur les raisons de la « médiatisation » actuelle du réseau dit Echelon c'est à dire de l'intérêt subit pour les réseaux d'écoutes. Pour l'expliquer, il a donc cherché à savoir s'il n'y avait pas des raisons complexes s'apparentant par exemple à des manipulations ;

- il a également souhaité comprendre l'attitude des gouvernements occidentaux non membres du pacte fondateur d'Echelon, d'une part à l'égard des réseaux d'interception, d'autre part sur l'éventualité d'une coopération européenne des services d'écoute des communications ;

- enfin, il a cherché quels moyens permettraient de réduire la vulnérabilité des administrations, des services publics, des sociétés et des particuliers aux interceptions de leurs communications. Il s'est ainsi demandé quelle forme pourrait prendre une collaboration permettant aux Etats de l'Union européenne d'adopter une position commune face aux intrusions manifestes qui peuvent léser leurs intérêts.

 

       L'objet de la mission d'information a été considéré comme difficile par tous les interlocuteurs rencontrés par votre Rapporteur, certains se félicitant cependant de l'intervention du Parlement et considérant que tout débat sur un tel sujet était sain. Les difficultés les plus importantes ont concerné les rencontres que votre Rapporteur a souhaité avoir avec les responsables des services de renseignement. En France, le ministère de l'Intérieur a permis à votre Rapporteur de rencontrer deux responsables de la Direction de la sécurité du territoire dont le directeur lui-même et le ministère de la Défense a accepté une audition du directeur général de la sécurité extérieure. De plus, la Délégation générale à l'armement a présenté à votre Rapporteur certains de ses chercheurs dans le domaine des écoutes.

 

      A l'étranger, votre Rapporteur s'est heurté à une fin de non-recevoir de la part des autorités américaines et britanniques.

 

      Il est tout d'abord intéressant de souligner que le refus des Britanniques s'est fondé sur le fait que votre Rapporteur n'était « même pas membre d'une délégation parlementaire chargée du contrôle des services de renseignement ». Cette attitude ne peut que conforter la Commission de la Défense dans l'idée que l'inscription de la proposition de loi visant à la création d'une telle structure à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale est plus que jamais nécessaire.

 

       Aux Etats-Unis, les réticences de l'administration, malgré les relances répétées de notre Ambassade à Washington, sont difficilement compréhensibles. Il a été expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une commission d'enquête mais d'une mission d'information venant recueillir l'avis des responsables américains. Le refus de recevoir votre Rapporteur, pris semble-t-il au plus haut niveau après de nombreuses délibérations, a comme conséquence de relancer toutes les suspicions sur le rôle d'Echelon et des Etats-Unis en particulier. Il est d'autant plus surprenant que des responsables ou d'anciens responsables d'agences fédérales se sont exprimés publiquement sur le sujet. L'ensemble des interlocuteurs rencontrés à Washington a d'ailleurs exprimé son incompréhension vis-à-vis de ce refus.

 

       L'objectif du rapport d'information n'a donc pu être, dans un premier stade, que d'apporter des précisions sur les capacités d'un système d'écoutes international nommé Echelon, d'en évaluer les risques à l'égard de la sécurité nationale et de formuler quelques propositions qui visent avant tout à protéger les acteurs français de l'interception de leurs communications. (....)       

Lire le rapport

Ecoutes NSA (bis)
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 11:53

       Dernières salves d’applaudissements hier soir pour la 10ème et dernière représentation du spectacle « Jaurès, une voix pour la paix ».


       Derniers moments d’émotion pour un public enthousiaste. Plus de 5000 spectateurs se sont succédé au cours de la semaine dans la salle François Mitterrand de Carmaux.


      Dernières larmes de séparation pour celles et ceux qui ont vécu et fait vivre cette grande fresque unanimement saluée.

 

Un grand merci à ces bénévoles qui ont joué avec passion,

plus qu’un rôle, un morceau de leur vie,

de la vie de leur territoire

et des moments de l’histoire du XXème siècle,

éclairée par les enseignements de Jean Jaurès.

 

Un grand merci aux comédiens et,

en tout premier lieu,

à l’extraordinaire Gisèle Casadesus,

dont la prestation nous a éblouis.


Un grand merci au talentueux metteur en scène, Claude Moreau

et à son équipe de grands professionnels,

à l’auteur, Jean-Louis Sagot-Duvauroux,

qui ont réussi la prouesse de faire de ce spectacle

une œuvre à la fois culturelle, historique, humaniste et politique.

 

Un grand merci aux organismes qui nous ont fait confiance

et qui ont permis le financement du spectacle:

les organismes institutionnels, les collectivités territoriales,

les mécènes.

 

Enfin –mais j’aurais dû commencer par elle-

un grand merci à l’association « Histoire(s) du Pays de Jaurès »,

dont le Président, Jean Padilla et toute son équipe

ont cru au projet

et l’ont mené avec succès à son terme.

 

       Ce succès a d’ores et déjà amené des élus de plusieurs régions à souhaiter que le spectacle soit présenté en 2014 dans d’autres villes françaises. Ce sera une façon forte de perpétuer la pensée de Jaurès au cours de cette année de commémoration du centenaire de la Grande Guerre.

 

Merci à la centaine de particuliers qui ont déjà répondu

positivement à la proposition de "financement participatif",

complément du financement général du projet.

N’hésitez pas, vous aussi, à contribuer,

même de façon modeste*,

en cliquant ICI

Avec la déduction fiscale de 66%, un don de 10€

vous reviendra à 3,34€ !!

        
            - "Succès et émotion au rendez-vous" (La Dépêche): ICI
 
            - Visionner un extrait de la scène finale du spectacle: ICI
 
            - Visionner le reportage vidéo de La Dépêche: ICI
 
            - Site du spectacle: http://www.jaures-lespectacle.fr/
 
            - Revue de presse:ICI
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Published by Paul Quilès - dans Jaurès
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la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez