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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 09:44

      La mission des forces françaises en Centrafrique, sous mandat de l’ONU (vote du 5 décembre), avec une force multinationale africaine en première ligne, était de sécuriser, de désarmer les parties, de permettre la transition politique.

 

      Trois semaines après le début de l'opération «Sangaris»,  il faut bien constater que la tâche risque de sembler rapidement hors de portée, les troupes françaises se trouvant au cœur d'une situation confuse, voire inextricable, qui peut à chaque instant dégénérer. Bangui est une ville où la violence ne cesse de croître, avec partout des armes, de la haine, sans la moindre gouvernance. Les troupes françaises risquent d’être, comme on l’a vu en d’autres lieux et en de pareilles circonstances, considérées comme partisanes.

 

      L'archevêque de Bangui et le président de la communauté islamique centrafricaine viennent de mettre en garde contre une "dynamique irrépressible et dangereuse" si "rien n'est fait" et ils ont raison d’en appeler au Conseil de sécurité pour qu’il décide l’envoi rapide de forces plus conséquentes pour assurer le maintien de l’ordre et la protection des civils.

 

       C’est ce que j’ai suggéré sur France Inter au cours du

journal de 13 h du 26 décembre

 

Ecouter la partie concernant la Centrafrique

(de 6’ à 14’30)

Centrafrique: une situation dangereuse
Centrafrique: une situation dangereuse
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 19:01

      Dans les débats sur la défense auxquels je participe, revient souvent cette idée qu'être pacifiste, c'est à dire favorable au règlement pacifique des conflits, serait une attitude irresponsable "dans ce monde dangereux, traversé par tant de menaces".

 

      Je ne le pense pas et j'ai, pour ma part, expliqué à maintes reprises que la volonté de rechercher jusqu'au bout des solutions politiques aux conflits pour éviter l'engrenage de la violence n'excluait pas de réfléchir à des systèmes de défense adaptés au monde d'aujourd'hui. Le recours à la force ne doit pas être exclu, mais il ne peut être considéré comme le moyen principal de règlement des conflits.

 

      A l'approche de cette année 2014, qui verra la commémoration de la Première Guerre mondiale, il faut se souvenir de la lourde responsabilité des dirigeants de l'époque -y compris français- dans la grande boucherie qui fit tant de victimes . Jean Jaurès dénonça avec fougue leur attitude, parce qu'il pressentait le tragique engrenage de la violence et de la barbarie. On le sait, il paiera le prix de sa lucidité, en étant assassiné le 31 juillet 1914.

 

      Je propose sur ce thème de lire le beau texte de Gilles Candar, Président de la Société d'études jaurésiennes, publié dans la brochure de présentation du spectacle "Jaurès, une voix pour la paix".

 

***

Jaurès, pacifiste et patriote

 

     Il faut prendre toute la mesure du personnage Jaurès. Champion de la paix, homme bon et généreux, sensible, soucieux de réduire et si possible d'abolir la violence dans les rapports humains, oui. Mais il n'est pas pour autant ce qu'on appelait jadis un « pacifiste bêlant », un prédicateur rêvant à un monde parfait et inaccessible. Il est dans l'histoire, il en connaît les réalités, il sait d'où il vient et donc où il va. Il est, profondément, un politique.

 

     Jaurès est attaché à sa patrie, la France. Il a des mots très forts et très tendres à la fois sur elle. Il n'a jamais dit « à celui qui n'a plus rien, la patrie est son seul bien » comme cela a parfois été dit (la phrase est du révolutionnaire Blanqui, dans un autre contexte). Mais par exemple, il conclut un discours à la Chambre, le 11 mai 1907, en s'exclamant « Si noir que puisse devenir le monde, il ne verra jamais cette chose impossible et monstrueuse, la mort de la France ». Les patries sont une construction historique, humaine, destinées à évoluer comme toutes choses. Il comprend bien qu'elles ne peuvent être immuables, qu'elles sont appelées à se transformer et à coopérer surtout sous des formes qu'il est permis d'espérer de plus en plus harmonieuses. L'horizon ultime est celui de la patrie universelle, mais pour longtemps encore, comme il l'explique lors d'un congrès à Nancy (août 1907) à Hervé, trublion assez véhément de son parti, « les patries sont un fait […] elles ont à l'heure présente une valeur socialiste et humaine […] même dans l'unité socialiste, cette diversité prolongée des nations sera un bienfait, parce que l'unité socialiste humaine ne sera pas uniformité ».

 

     C'est au même moment que Jaurès à la fois commence à défendre au sein de l'Internationale socialiste l'idée d'une nécessaire lutte contre la guerre, coordonnée et préventive, usant de tous les moyens y compris éventuellement de la grève générale et insurrectionnelle en cas de refus de l'arbitrage, et qu'il se décide à rédiger un ouvrage consacré à L'Armée nouvelle, c'est-à-dire aux profondes réformes du système militaire français afin de lutter contre une éventuelle invasion.

 

     Son livre paraît finalement en 1911 : il est fondé, compte tenu des dangers de l'époque, sur une stratégie défensive, réduisant la durée du service militaire mais mobilisant toutes les ressources du pays pour assurer l'invincibilité de la nation attaquée. Son grand adversaire est l'esprit de routine, particulièrement prégnant à l'intérieur de l'institution militaire comme à l'extérieur, dès qu'il est question des « choses de l'armée ». Il se plaint de ce désintérêt national que favorise « une conspiration universelle de silence, de mystère puéril, d’esprit de clan, de routine et d’intrigue[1] ».

 

     Être jaurésien aujourd'hui n'est pas nécessairement reprendre de très belles citations de Jaurès sur la paix ou la guerre, la patrie, l'Europe ou l'humanité, mais c'est poursuivre son effort pour penser dans les termes d'aujourd'hui les conditions de la paix, de la coopération entre les peuples, de la défense nationale et internationale contre les maux présents de l'humanité. Et d'abord garder l'esprit en éveil et se méfier des formules routinières.

                                                           

                                                               Gilles Candar

 

[1]Jean Jaurès, L'Armée nouvelle, tome 13 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-Jacques Becker, Paris, Fayard, 2012, p. 286.

Pacifiste et patriote
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 00:01

        Visionner le débat auquel a participé Paul Quilès dans

 

              l'émission "ça vous regarde" de la chaîne LCP

 

****

 

Tribune de Paul Quilès dans Libération du 20 décembre

 

        Une quasi-unanimité s’est instaurée pour se féliciter de l’organisation d’un sommet européen sur la défense.

 

         Pour une large part, les décisions qui y ont été prises étaient déjà connues : il s’agit d’arrangements techniques utiles mais de portée politique limitée. Des mesures de décloisonnement des marchés militaires pourraient favoriser le développement de la base industrielle et technologique de la défense européenne. Les efforts de mutualisation et de partage des capacités vont se poursuivre, devenir un peu plus systématiques. Il pourrait être décidé de lancer des programmes communs de recherche duale dans des secteurs prioritaires comme les drones.

 

          Une question politique essentielle a aussi été posée, en particulier à l’initiative de la France, celle de l’emploi des groupements tactiques, détachements multinationaux européens, encore jamais déployés sur un théâtre. Mais les Britanniques, sur lesquels nous comptions depuis le sommet de Lancaster House, ne semblent plus aussi disposés à concrétiser leur engagement de mettre sur pied une force expéditionnaire conjointe franco-britannique. Les contraintes budgétaires se font en effet aussi sentir au Royaume Uni : depuis l’arrivée au pouvoir de la coalition des conservateurs et des libéraux, le budget de la défense britannique a été réduit de près de 10 %.

 

         Les récentes interventions au Mali et en Centre Afrique, où la France s’est trouvée très esseulée, ont apporté la preuve éclatante que les pays européens ne se sentent pas concernés. Il ne suffit pas cependant de les traiter d’égoïstes, parce qu’ils refusent de contribuer au financement des opérations, ou d’irresponsables, parce qu’ils négligent les conséquences sur la sécurité de l’Europe d’une déstabilisation de zones entières à proximité de nos frontières. Il est pourtant évident que, tant qu’on n’aura pas défini les intérêts communs des pays européens, il ne faut pas espérer de leur part qu’ils s’engagent dans de telles opérations et qu’ils les financent. On risque alors d’être condamné à un bricolage sans efficacité et sans lendemain.

  

         L’indispensable Livre blanc européen

 

         Pour associer nos partenaires, il nous faut donc d’abord les convaincre. Ce ne sont pas des soutiens ponctuels que nous devons viser mais une entente politique en amont sur la base d’une analyse partagée des risques et des menaces. Les travaux sur une stratégie européenne de sécurité doivent donc reprendre, si besoin dans une enceinte restreinte, entre les pays qui en ressentent la nécessité, dans le cadre de ce que l’on appelle la coopération structurée permanente.

 

         Ainsi pourra être établi ce Livre blanc européen, que je réclame depuis des années. Ce document devrait présenter notre vision commune des risques et des menaces et identifier les moyens à mettre en commun pour y répondre le plus efficacement et au moindre coût.

 

         Sans la mise en œuvre d’une telle démarche, nous ne pourrons pas véritablement convaincre nos partenaires de la nécessité d’actions communes pour aider l’Afrique à mieux assumer la composante sécuritaire de son développement. Sans une Afrique stable et en croissance, comment répondre aux défis de la sécurité maritime ou de l’immigration clandestine, qui concernent toute l’Europe, même non riveraine de la Méditerranée ?

 

         La réflexion commune des Européens sur leur sécurité devra aussi concerner leur propre continent. L’actuelle politique russe de rétablissement d’une zone d’influence exclusive sur le territoire de l’ancienne URSS est préoccupante. Parallèlement à sa diplomatie, à présent offensive, la Russie accroît son budget de la défense et maintient un arsenal de milliers d’armes nucléaires tactiques. Elle vient même de déployer des missiles tactiques de courte portée dans l’enclave de Kaliningrad, aux frontières de la Pologne et de la Lituanie.

 

         Face à cette évolution, certains sont tentés par une nouvelle politique de confrontation. Ce n’est pas, à mon sens, le moyen le plus efficace de favoriser les inéluctables réformes démocratiques que les populations ukrainiennes, russes ou biélorusses attendent.

 

        Aujourd’hui, comme à la fin de la guerre froide, des initiatives politiques sont indispensables pour garantir la sécurité du continent européen et encourager les changements démocratiques à l’Est.

 

       C’est dans cet esprit que 70 personnalités du monde politique et militaire viennent de lancer un appel -que j’ai signé-, pour une réduction concertée, sur tout le continent européen (y compris la Russie) des capacités offensives et défensives, nucléaires et conventionnelles. Cet appel demande notamment qu’en matière nucléaire, des mesures communes soient prises pour diminuer les seuils d’alerte et que des dispositifs nouveaux de transparence, de coopération et de confiance permettent d’éliminer toute crainte d’attaque surprise.

 

         L’ambition de l’Union européenne doit être de créer les conditions d’une sécurité partagée sur l’ensemble du continent et ses pourtours, notamment du Sud. C’est à cette aune que les peuples jugeront en définitive les progrès de l’Europe de la défense.

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense

Membre fondateur de l’association ALB (« Arrêtez la bombe »)

Comment faire de l’Europe de la défense une réalité ?
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 19:59

Je débattrai de la défense européenne

 

jeudi 19 décembre,

 

à partir de 19h45,

 

dans l'émission "ça vous regarde"

 

de la chaîne parlementaire LCP.

 

Défendre l'Europe?
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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 00:00

 Pour une nouvelle approche de la sécurité

 

      Nous nous félicitons de l’initiative d’ELN de lancer un appel aux dirigeants européens à quelques jours du Sommet qui débattra de la politique de défense de l’Union Européenne.

 

       Cet appel, que nous avons signé avec 70 personnalités politiques et militaires de 18 pays européens, demande que soient rapidement prises des décisions concrètes pour une meilleure sécurité en Europe.

 

       Nous apprécions particulièrement l’affirmation que l’armement nucléaire ne doit plus constituer le cœur des politiques de sécurité de la zone euro-atlantique et que, parmi les priorités affichées, figurent des mesures concernant la diminution, voire la suppression des arsenaux pour certaines catégories, ainsi que l’abaissement significatif des seuils d’alerte.

 

Paul Quilès et Bernard Norlain,

membres fondateurs de l’association ALB (Arrêtez La Bombe)

 

****

Résumé de l’appel

 

(voir l’intégralité de l’appel et les noms des 70 signataires)

 

       Pour la première fois depuis 2008, les chefs de gouvernement européens vont se rencontrer dans quelques jours à Bruxelles pour discuter de la Politique de défense de l’Union Européenne.

 

       Attendue depuis longtemps, cette discussion se focalisera probablement sur la Politique de Défense et de Sécurité Commune (PEDSC), en négligeant la question des anciennes et profondes tensions de sécurité au sein même de l’Europe, qui ne sont toujours pas apaisées. En effet, il y subsiste toujours des systèmes d’armes et des postures militaires héritées de la Guerre froide qui constituent autant de menaces pour la sécurité de tous les Européens.

 

       Une des plus importantes contributions à cette sécurité serait donc que les gouvernements concentrent leurs efforts sur la sécurité mutuelle dans la région Euro-Atlantique. Cette région, qui inclut tous les pays européens, les Etats Unis et la Russie, comprend six des dix plus fortes économies mondiales, quatre des cinq grandes puissances nucléaires et plus de 95% des arsenaux nucléaires. D’importantes forces nucléaires stratégiques y restent déployées en alerte maximum, prêtes à être lancées en quelques minutes ; des milliers d’armes nucléaires tactiques sont encore stockées en Europe, et le débat - déjà ancien - sur la défense anti-missile n’a toujours pas trouvé d’issue. De plus, les nouveaux défis de sécurité que constituent les forces de réaction rapide, la cyber sécurité et l’espace ne sont toujours pas abordés et traités de façon satisfaisante.

 

       Ce statu quo est dangereux et potentiellement déstabilisant. Il sape le climat de confiance indispensable à l’instauration d’une coopération permettant d’affronter les menaces pour la sécurité de l’Europe et du monde. Nos peuples sont en train d’en payer le prix. Non seulement les risques pour leur sécurité augmentent, mais la situation actuelle accroît les coûts de la défense et soustrait des ressources aux budgets nécessaires pour répondre aux priorités nationales et aux défis urgents de sécurité. C’est ainsi que les modernisations à venir des équipements nucléaires de la région doivent absorber au moins 500 Mds de $ !

 

       Il devient indispensable d’adopter une nouvelle approche stratégique de la sécurité. C’est pourquoi, dans une déclaration publiée cette semaine par ELN (European Leadership Network), nous plaidons, avec 70 personnalités politiques, civiles et militaires de toute l’Europe, pour une nouvelle approche de la construction de la sécurité mutuelle dans la région Euro-Atlantique.

 

       Cette déclaration souligne l’urgence d’engager une concertation nouvelle, continue et dynamique, qui devra prendre en compte toutes les capacités offensives et défensives, les armes nucléaires et conventionnelles ainsi que la cyber-sécurité et la militarisation de l’espace. Le rôle des armes nucléaires doit être réduit, de façon à ce qu’elles ne constituent plus le cœur des politiques de défense. Un ensemble de mesures communes doivent être prises pour diminuer les seuils d’alerte et accroître ainsi les temps de décision dans les périodes de tension et dans les situations incertaines. La stabilité sera renforcée par la transparence, la coopération et la confiance, ce qui éliminera la crainte d’une attaque surprise par l’un ou l’autre des Etats de la région Euro-Atlantique.

 

       Pour rendre effective cette nouvelle approche, un Groupe de Contact sur la Sécurité Euro-Atlantique, informel et sous mandat politique, devrait être constitué. Son rôle serait de développer les principes fondateurs de la concertation, de définir le profil des personnalités civiles et militaires de chaque pays qui pourraient être chargées de conduire le processus et de déterminer les thèmes à aborder. De nouvelles pistes de concertation sur des thèmes spécifiques pourraient être également explorées de façon bilatérale ou multilatérale et dans des sous-régions de la zone Euro-Atlantique.

 

       Les priorités de cette concertation concerneraient la résolution des difficultés concernant les armes nucléaires, la défense anti-missiles, les forces conventionnelles en Europe et les forces de réaction rapide, ainsi que les nouveaux défis de sécurité comme la cyber-sécurité et le déploiement des armes dans l’espace.

 

       Si une telle approche pour construire une sécurité mutuelle dans la région Euro-Atlantique est entreprise, elle garantira à nos concitoyens un avenir plus sûr et porteur d’espoir. Nous sommes face à une occasion historique, mais peut-être aussi fugace. Nous demandons aux responsables de nos pays d’assumer leur part de responsabilité et d’agir.

Appel de 70 personnalités européennes
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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 15:31

      Découvrez le nouveau site Internet de Cordes sur Ciel, qui vient d'être mis en ligne.  

     

      Il s’articule autour de quatre rubriques principales : municipalité, vie pratique, culture et loisirs, intercommunalité.

 

      Vitrine des activités de la cité, il a été conçu pour permettre un accès facilité à l’ensemble des informations utiles, avec un graphisme renouvelé et une ergonomie adaptée.      

 

La page d'accueil du site Internet de la mairie de Cordes sur Ciel

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 15:26

       L'accord qui vient d'intervenir le 24 novembre à Genève sur le nucléaire iranien est certes un accord intérimaire, mais comment ne pas se féliciter de ce qui s’est passé ? Je n’oublie pas qu’il n'y a pas si longtemps, nombreuses étaient les voix qui considéraient une telle issue comme impossible, voire dangereuse et qui conseillaient d'aller jusqu'à l'épreuve de force !

 

       On se rappelle de la formule de N. Sarkozy s’exclamant que ce serait « la bombe iranienne ou le bombardement israëlien » ! On a encore en mémoire les analyses erronées et les discours bellicistes des Républicains américains ou les menaces du Premier Ministre israëlien Netanyahou.

 

                                  

 

      Cet accord, que j’appelais de mes vœux depuis des mois, ouvre le cycle de négociations qui doit conduire en 2014 à un accord général et complet visant à empêcher toute tentative de l’Iran de se doter de l’arme nucléaire.  Il est la preuve que les voies de la paix ne peuvent être trouvées sans persévérance et sans refus de céder aux arguments des "faucons" de toute sorte.

 

       Ne soyons pas naïfs pour autant. Il faudra beaucoup de volonté et d’intelligence politiques aux négociateurs pour arriver à un accord durable et définitif qui désamorce le risque de confrontation avec l’Iran. Cela semble possible, dans la mesure où les Occidentaux ont abandonné l’illusion que l’on pourrait faire accepter aux Iraniens l’idée de démanteler leur programme d’enrichissement et de faire ainsi plier l’Iran pour "restaurer la confiance", sans avoir à reconnaître l’existence de son programme nucléaire. Ils ont compris qu’il serait impossible d’aboutir à un accord par la seule pression, par des résolutions de l’Agence internationale de l’énergie atomique ou du Conseil de sécurité, ou encore par la menace d’une action militaire.

 

      « Ce sont ces illusions qui ont empêché de conclure entre 2004 et 2005 un accord qui aurait beaucoup ressemblé à l’accord actuel, sauf qu’il n’aurait eu à traiter que d’un, deux ou trois milliers de centrifugeuses, et non de 19.000 comme aujourd’hui, et qu’il aurait abordé le réacteur d’Arak comme un projet encore sur le papier. Huit ans de perdus donc, et beaucoup de dégâts inutiles, parmi lesquels l’élection d’Ahmadinejad, pour arriver à un résultat moins satisfaisant que celui que l’on aurait pu alors aisément obtenir. Mais enfin, ne réécrivons pas l’histoire, et ne boudons pas notre plaisir. » (François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France à Téhéran).

 

       L’accord du 24 novembre est équilibré, puisqu’en échange des engagements pris par les Iraniens concernant leur programme nucléaire, les Américains et les Européens ont allégé les sanctions qui leur étaient imposées. Ce faisant, ils ont renforcé la position du Président Rohani et des modérés dans le jeu interne de la politique iranienne, en contribuant à une amélioration de la situation économique et sociale du pays.

 

       Il n’est pas inintéressant de noter au passage que le camp dit occidental comprend les Etats-Unis et le « P5+1 », c’est à dire les 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne. Preuve qu’il n’est pas nécessaire de posséder l’arme nucléaire (l’Allemagne) pour peser sur la scène internationale …..contrairement aux sottises répétées par les adorateurs du nucléaire !

 

       Après 34 ans de gel des relations entre Etats-Unis et Iran, qui a parfois conduit à des situations à la limite d’une confrontation violente, le texte signé pourrait ouvrir une nouvelle ère de l’histoire politique du Proche et du Moyen-Orient, écrite depuis trop longtemps dans le drame et le malheur des peuples.

 

        Les exigences de sécurité régionale sont grandes. Il reste en particulier un sujet important à traiter à l'occasion de prochaines rencontres: celui de l’élimination de toutes les armes de destruction massive de cette région. La récente adhésion de la Syrie au traité d'interdiction des armes chimiques (que les faucons considéraient comme  impossible !) a représenté une avancée, qui montre bien qu’il faut être ambitieux lorsqu’il s’agit de tracer les voies de la paix et de la sécurité. C’est pourquoi il faut maintenant avancer plus rapidement dans la préparation de la conférence internationale sur la négociation d’une "zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive " au Moyen-Orient, conférence dont le principe a été acté lors du dernier examen de la mise en œuvre du TNP (Traité de Non-Prolifération).

 

      On aimerait à ce sujet entendre un peu plus la voix de la France, malheureusement empêtrée dans un discours contradictoire. D’un côté, elle présente son armement nucléaire comme une "assurance vie" et la garantie de son "autonomie de décision" -concepts au demeurant illusoires- et d’un autre côté, elle refuse que certains pays cherchent à s’en doter. Le respect des engagements du TNP, traité qu’a signé la France, lui impose pourtant de « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la course aux armements nucléaire à une date rapprochée et au désarmement nucléaire… » (article VI du traité). On en est loin, quand on voit le programme de modernisation de nos équipements nucléaires que vient de voter l’Assemblée nationale !

 

       La France devra être vigilante dans la phase du règlement définitif de l’accord avec l’Iran. En effet, les obstacles ne manqueront pas, ainsi que les manœuvres susceptibles de faire échouer le processus engagé. Il faut espérer qu’on ne retrouvera plus les inquiétudes que l’on a pu ressentir le 10 novembre dernier, lorsque les négociateurs français ont donné l’impression à Genève qu’ils relayaient le discours des camps conservateurs, désireux de faire échouer l'accord.

 

      Notre pays peut jouer un rôle important dans la recherche des voies de la paix internationale, sans pour autant se laisser griser par les analyses (un peu sommaires mais très en vogue chez certains commentateurs), qui voudraient qu’une place se libère dans la région, en raison du prétendu retrait des Etats-Unis et que la France pourrait l’occuper ! C’est sur nos actes que nous serons jugés.

Accord sur le nucléaire iranien : l’échec des faucons
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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 11:14

Dans la Dépêche du Midi du 11 décembre

Après la mort des 2 soldats français à Bangui
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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 15:58

       Au début du mois de novembre, j'ai été interviewé par une revue étudiante, qui m'a posé 3 questions. Voici mes réponses, qui viennent d'être publiées:.

 

      - La première décrit ma démarche vers un engagement en faveur du désarmement nucléaire.

 

       - La seconde tire des enseignements de la crise autour de l'armement chimique syrien ..... sujet dont on parle moins depuis quelque temps!

 

       - La troisième est une courte réflexion sur la fameuse contradiction entre "conquête" et "exercice" du pouvoir.

 

****************

 

I-  Dans vos 2 récents livres “Nucléaire, un mensonge français” et “Arrêtez la bombe”, vous plaidez pour l'abandon de l'arme nucléaire. En quoi l'armement nucléaire est-il caduc ? Quand en avez-vous pris conscience ?

 

       En 1985, lorsque je suis devenu Ministre de la défense, nous étions dans la période de la Guerre froide. Chaque partie menaçait l’autre de destructions massives de manière à la dissuader de toute action militaire directe. La théorie de la dissuasion pouvait alors justifier l’armement nucléaire. Depuis, j’ai constaté que les doctrines avaient évolué entre 1945, date des premières bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagasaki et 1989, fin de la Guerre froide. A chaque fois, il s’agissait de répondre à des nécessités déclarées évidentes.

 

       Par la suite, j’ai découvert que la dissuasion aurait pu échouer. Nous sommes passés très près d’une catastrophe nucléaire en 1983. Le langage de la dissuasion m’est apparu comme un discours qui intoxique les dirigeants eux-mêmes. J’ai vu dans les décisions relatives aux systèmes d’armes, notamment nucléaires, l’effet d’un complexe militaro-industriel, dénoncé par Eisenhower dès 1961, lorsqu’il a quitté la Maison-Blanche. Il ne s’agit pas d’un complot mais d’un système. Les industriels veulent des commandes. Les techniciens, les chercheurs et les conseillers défendent leurs travaux et leurs théories. Les militaires demandent des armes toujours plus puissantes. Faute de débat public contradictoire, tous ces acteurs persuadent les décideurs que leurs solutions sont les seules possibles.

 

       Dès 1995, lorsque, comme député, je suis intervenu au nom du groupe socialiste pour dénoncer la reprise des essais nucléaires dans le seul grand débat jamais organisé à l’Assemblée nationale sur la dissuasion nucléaire, j’ai conclu par les mots : « L’ère de la désescalade nucléaire a commencé ».

 

       Entre 1997 et 2002, je suis allé plus loin en tant que Président de la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale. Quand il a été question de moderniser les missiles des sous-marins nucléaires lance-engins, j’ai mis en doute la nécessité du programme au vu de son coût (plus de 10 milliards d’euros). On m’a répondu : « On ne discute pas ! ». Ce refus du débat persiste, alors que la situation stratégique n’a plus rien à voir avec celle des origines de la dissuasion. La multiplication des interrogations et l’absence de toute réponse argumentée et convaincante font réfléchir un nombre croissant de personnes.

 

       En 2002, j’ai parlé d’une "nouvelle ligne Maginot". Le nucléaire est un formidable investissement technologique. Pourtant, le 11 septembre 2001, la dissuasion nucléaire n’a rien arrêté ! Le Missile M-51 tire à 9000 kilomètres. Est-ce une garantie d’influence pour la France ? Quelles sont ses cibles potentielles ? La Chine ? La Corée du Nord ? La réponse habituelle est : « Non. C’est une arme faite pour parer à tous les risques, même ceux dont on ne sait encore rien ». C’est l’aveu même que l’on se dote d’armes sans idée claire de leur nécessité.

 

       Aujourd’hui comme hier, la défense nationale est un enjeu démocratique essentiel. Lorsque Jean Jaurès a écrit l’Armée Nouvelle en 1911, il demandait une politique de paix et de désarmement, mais il n’entendait pas pour autant diminuer la capacité de la France à défendre ses intérêts légitimes et ses valeurs démocratiques. La question est de savoir comment se protéger des menaces et des risques d’aujourd’hui. L’arme nucléaire est-elle un atout stratégique ou un danger ? Avec mes amis de l’association ALB (“Arrêtez la bombe!”), je considère que la présence dans le monde d’arsenaux nucléaires en constante modernisation et les tentations de prolifération qui en résultent constituent de graves dangers.

 

 

II-  Le plan de sortie à la crise syrienne proposé par la Russie, qui consiste, sous supervision de l’ONU, à sécuriser l’arsenal chimique de Damas, est-il satisfaisant ? Est-ce, comme on a pu le lire ou l'entendre, un camouflet pour Paris ? Au cours de cette nouvelle crise internationale, le Conseil de sécurité de l'O.N.U. a été paralysé par les vetos chinois et russes. Laurent Fabius a prôné la renonciation au droit de veto en cas de "crime de masse", ce qui pose la question de la définition juridique d'un "crime de masse". Qu'en pensez-vous ?

 

       L’évolution des relations entre dirigeants américains et iraniens, ainsi que le vote par le Conseil de sécurité unanime de la résolution 2118 (qui encadre la destruction de l'arsenal chimique syrien) semblent indiquer qu’une voie pour un règlement politique commence à se dégager au Moyen Orient. Tout n’est pas réglé pour autant, En Syrie, la guerre sanglante continue et la liste des horreurs s’allonge; en Iran, la “modération” d’Hassan Rohani ne fait pas disparaître les difficultés de la négociation à venir sur le nucléaire.

 

       Malgré cela, je me félicite que cette voie ait été choisie par les diplomaties américaine, russe et iranienne, parce qu’elle peut éviter au Moyen Orient et à la paix du monde des enchaînements guerriers aux conséquences extrêmement graves. C’est la voie que je propose sans relâche depuis des années, ce qui m’a amené à faire 4 remarques, en forme d’enseignements dans la séquence que nous venons de vivre.

 

       1) Dans une période de crise internationale aigüe, un pays comme la France, qui n’a pas la puissance des Etats-Unis, peut néanmoins jouer un rôle de “facilitateur”, de “défricheur”, à condition de proposer des solutions répondant aux problèmes de fond, de ne pas se limiter à des réactions faisant une trop grande part à l’émotion et d’éviter de se contredire dans les déclarations, les postures et les menaces.

 

       Dès le 28 août 2013, j’ai demandé publiquement que la France, dépositaire du protocole de 1925 interdisant l’emploi des gaz de combat et initiatrice de la Convention de 1993 d’élimination de l’arme chimique, fasse entendre sa voix, en présentant rapidement une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU. Il s’agissait de demander, en complément de toute action pour sanctionner les auteurs du massacre de Damas et prévenir de nouvelles attaques chimiques, l’adhésion immédiate de la Syrie à la Convention de 1993.

 

       Cela aurait permis à la France d'être au cœur du dispositif politique de résolution du conflit syrien, au lieu de se retrouver très en retrait sur la scène internationale après l’initiative du 9 septembre des Russes, rejoints immédiatement par les Américains.

 

      2) Le débat autour de la fameuse “ligne rouge” à ne pas dépasser concernant l’utilisation des armes chimiques a été escamoté. On a d’abord eu le sentiment que certains pays entendaient se substituer aux organisations internationales compétentes pour apprécier et juger ces crimes de masse (ONU, Cour Pénale Internationale). Certaines réactions ont ensuite laissé penser qu’il y aurait des victimes “ acceptables” et d’autres qui ne le seraient pas ! Ces hésitations ont eu au moins le mérite de montrer l’importance des traités internationaux destinés à empêcher l’utilisation des armes de destruction massive (biologiques, chimiques, nucléaires) et de celles qui visent surtout les civils (armes à sous-munitions, mines anti-personnel). Je constate que certains de ces traités concernant ce qu’on appelle, de façon un peu hypocrite, les “armes inhumaines” n’ont pas été signés par de grands pays, qui ne se privent pourtant pas de donner des leçons de vertu!

 

       3) Ce qui vaut pour l’armement chimique devrait également s’appliquer aux armes nucléaires, qu’il faut reconnaître comme des armes et pas comme des instruments de pouvoir. Il devient urgent d’aller rapidement et de façon transparente vers le désarmement nucléaire, comme le demandent beaucoup de pays et un nombre élevé de personnalités  ayant exercé de hautes fonctions dans le domaine de la défense ou des affaires étrangères. Ceux qui s’opposent, au nom d’un prétendu “réalisme”, à ce qu’ils considèrent comme des rêveries sont les mêmes qui affirmaient il n’y a pas longtemps que le dilemme était “la bombe iranienne ou le bombardement israëlien” et ceux qui proposaient de se débarrasser de l’armement chimique syrien par des actions militaires. Cette attitude a un nom : le fatalisme. Ce n’est pas ainsi qu’on répond le mieux aux désordres du monde.

 

       4) La suggestion faite par François Hollande à la tribune de l’ONU de supprimer le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité dans certains cas est bienvenue. Elle rejoint une proposition du rapport d’un “Groupe de personnalités de haut niveau” remis au Secrétaire général de l’ONU le 2 décembre 2004, recommandant que le droit de veto ne soit pas utilisé “en cas de génocide ou de violation massive des droits de l’Homme”, qui sont des concepts définis par les textes internationaux. J’ignore l’écho que cette suggestion rencontrera chez les quatre autres partenaires de la France au Conseil de sécurité. Je crains malheureusement qu’ils ne remettent pas en cause le privilège dont dispose le “club des cinq” depuis 1945, privilège aujourd’hui abusif alors que notre monde ne ressemble plus, par bien des aspects, à celui de la fin de la 2ème guerre mondiale.

 

 

III-  En 1971, François Mitterrand voulait la "rupture avec le capitalisme" ; en 1981, la gauche promettait de "changer la vie". Aujourd'hui, dans quelle mesure la gauche au pouvoir incarne-t-elle une alternative à la droite libérale ? Comment analysez-vous, en France et en Europe, la montée des populismes ? L'U.M.P. joue-t-elle un jeu pernicieux pour séduire les sympathisants du F.N. ?

 

       Vous mettez le doigt sur la difficulté pour un gouvernement de passer de “la conquête du pouvoir” à “l’exercice du pouvoir”, comme le soulignait déjà Léon Blum. Il faut bien reconnaître que, cette fois-ci, dans une période difficile au plan économique et avec un “héritage” lourd, François Hollande et son gouvernement se trouvent dans une situation délicate. Les hésitations, les contradictions, les reculades, parfois sur des dossiers essentiels (réforme fiscale, retraites, attitude à l’égard de l’Europe....) ont entraîné des déceptions dans l’électorat même de la gauche, qui aimerait retrouver dans la politique suivie une claire alternative à celle de la droite libérale. Sinon, la perte de confiance et les doutes qui se manifesteront peuvent conduire à une abstention électorale significative, qui risque de favoriser l’extrême droite.

 

       Le jeu de l’UMP est effectivement dangereux, s’il s’agit pour la droite de tenter de rééditer le “coup de 2002” (affrontement Chirac-Le Pen au 2ème tour de la Présidentielle), car on sait bien que les électeurs “préfèrent l’original à la copie”.

 

       Dans nombre de pays européens, la montée des populismes se nourrit de ces compromissions idéologiques et du sentiment que les gouvernements en place sont impuissants face à la crise. C’est pourquoi il devient urgent que François Hollande refixe un cap clairement compris par les électeurs, notamment ceux de gauche, qui ont du mal à se retrouver dans la politique actuelle.

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 11:58

Pour un nouveau pacte majoritaire

 

Appel du club Gauche Avenir,

signé par 18 responsables politiques et syndicaux *

 

      La directive européenne "travailleurs détachés" entraine une multiplication du recours à des travailleurs employés, de façon temporaire et souvent dans des conditions de travail et d’existence précaires voire indignes.

 

      En réalité,  sous couvert de la libre circulation et du libre-échange, un dumping social et fiscal inadmissible  se développe en Europe. Le recours à ses pratiques explose dans certains pays, dont la France, où le ministère du travail estime à près de 250 000 le nombre de salariés venant d’autres pays de l’UE.

 

      Devant cette situation inacceptable, des décisions urgentes s’imposent.

 

1) Il faut que le Conseil européen des 20 et 21 décembre se saisisse de la question et qu’il décide:

 

      - des mesures conservatoires immédiates ;

      - la révision au fond de cette directive, en instaurant le principe d’obligation pour une entreprise étrangère de respecter l’ensemble des droits sociaux et fiscaux des pays où s’effectue le travail ;

      - la reconnaissance pour les Etats membres de faire appel à une clause de sauvegarde et de prendre des dispositions compensatrices des distorsions de concurrences sociales.

 

2) Le gouvernement français doit, de son côté :

 

      - suspendre immédiatement la mise en œuvre de la directive "travailleurs détachés";

      - restaurer les contrôles et l’autorisation préalable avant toute intervention des salariés d’une entreprise étrangère en France, en particulier dans les secteurs où les abus actuels sont manifestes. 

 

* Signataires: Pouria Amirshahi (PS), Emmanuelle Cosse (EELV), Eric Corbeaux (PCF), Claude Debons (syndicaliste), Joël Decaillon (ancien responsable de la Confédération Européenne des Syndicats), Laurent Diaz (syndicaliste), Pierre Gendre (syndicaliste), Jérôme Guedj (PS), Patrick Le Hyaric (PCF), Didier Lereste (syndicaliste), Marie-Noëlle Lienemann (PS), Emmanuel Maurel (PS), Francis Parny (PCF), Christian Picquet (Gauche Unitaire), Paul Quilès (PS), Jean-Claude Rech (syndicaliste), Jacques Rigaudiat (économiste, PCF), Lucile Schmid (EELV)

_______________________________________________________________

 

Cet appel est aussi une pétition citoyenne, qui peut être signée sur

 

le site de Gauche Avenir

Contre le dumping social en Europe
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez