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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 23:24

      Ce mardi 3 décembre, l’Assemblée Nationale a voté la Loi de programmation militaire (LPM) et ses 190 milliards d’euros*. Lors de la discussion générale, sur un peu plus de 6 heures de débat, seuls quelques brefs échanges ont concerné la politique de dissuasion de la France….

 

      Il a fallu du courage, ou peut-être une certaine inconscience, à ces quelques parlementaires qui ont ainsi osé interpeller la pensée dominante, structurée autour d’un catéchisme nucléaire présentant la dissuasion comme un dogme.

 

      Toute interrogation sur le rôle et la place de l’arme nucléaire dans la défense de la France est en effet considérée comme inutile, voire insupportable, puisque, par définition, un dogme est « le principe incontournable d’une doctrine ». Encore faudrait-il que cette doctrine, qui a beaucoup évolué dans le temps et qui est toujours aussi confuse, puisse faire l’objet d’un débat sérieux, ce qui n’est toujours pas le cas.

 

      Sur la scène médiatique, un léger frémissement semble se produire (écouter mon débat d'hier avec l’Amiral Alain Coldefy sur RFI….ICI ) mais on continue à entendre les mêmes affirmations péremptoires, qui veulent tenir lieu d’arguments. Prenons 3 exemples. 

 

1/ Ils prétendent que « le débat sur la dissuasion nucléaire existe ».

 

      Rappelons simplement que la Loi de programmation militaire est construite à partir d’un document stratégique, le Livre Blanc…..et que le Président de la République a exclu toute réflexion sur ce thème dans la préparation de ce document. Normal, puisqu’il s’agit d’un dogme irréfutable et incontestable !

 

      D’ailleurs, la remise en cause du dogme donne lieu immédiatement lieu, comme l’a indiqué un député (Gwenegan Bui) « à l’invective pour décrédibiliser ses interlocuteurs ».

 

      Notons que la France est la seule puissance nucléaire au monde où l’on traite de contestataires des personnes ayant occupé de hautes fonctions politiques et militaires qui appellent à un changement de politique de défense. 

 

2/ Ils prétendent que « la crédibilité de la dissuasion repose

sur plusieurs composantes ».

 

      Dans les années 1980, au cœur de la Guerre Froide, on disait que la crédibilité de la force de frappe reposait sur trois composantes nucléaires : sous-marine, aérienne et terrestre. Au milieu des années 1990, la composante terrestre, comprenant des missiles stratégiques (S3D) et de courte portée (Pluton, Hadès) fut démantelée.

 

     Aujourd’hui, la doxa nucléaire affirme que les deux composantes restantes sont complémentaires et ne peuvent être dissociées.

 

      Ce n’est pas ce que pensent les Britanniques, qui n’ont plus qu’une composante depuis 1997 ! Remarquons aussi qu’il faudra « adapter » le discours dans 2 ans, lorsque le porte-avions Charles de Gaulle sera indisponible pour « arrêt technique majeur » (septembre 2016- février 2018), puisque pendant ces 18 mois, la composante aérienne sera amputée d’un escadron, celui qui est embarqué sur le porte- avions……

 

      C’est pour cela que les parlementaires, même s’ils ne remettent pas en cause la dissuasion nucléaire, sont de plus en plus nombreux à souhaiter la suppression de la force aérienne stratégique. 

 

3/ Ils prétendent que « sans la dissuasion nucléaire, notre pays

serait stratégiquement déclassé et ne mériterait plus

son siège au Conseil de Sécurité de l’ONU ».

 

      Il est temps de  se remémorer définitivement l’ordre de marche de l’histoire. L’ONU a été créée le 26 juin 1945 et la première session du Conseil de sécurité (dont les 5 membres permanents étaient les 5 vainqueurs de la seconde guerre mondiale –USA, URSS, Chine, Grande Bretagne, France-) s’est tenue le 17 janvier 1946. Ce n’est que 18 ans plus tard, en 1964, que les Forces aériennes stratégiques françaises ont pris la première posture d’alerte nucléaire, faisant ainsi de la France la troisième puissance nucléaire. Il n’y a donc aucun lien entre ces deux faits.

 

      Pour confirmer cette absence totale de lien entre possession de la bombe et place au Conseil de Sécurité, il suffit de constater que le Président Hollande a indiqué son souhait de voir le Japon (non détenteur d’armement nucléaire !) devenir membre permanent du Conseil de sécurité. Avant lui, le Président Sarkozy avait exprimé le même vœu pour un pays d’Amérique latine.

 

      Par ailleurs, il est profondément réducteur de ramener l’influence de notre pays à sa seule capacité à réaliser des frappes destructrices. Que dire alors de pays comme l’Allemagne, le Japon ou le Brésil ! La notion de puissance d’un pays est beaucoup plus subtile et l’influence de la France compte bien plus à travers son économie, sa culture, son rayonnement culturel et scientifique, sa langue et le poids de son histoire et de ses valeurs.

_______________________________________________________________________ 

*  dont 23 milliards attribués à la dissuasion nucléaire ; ces crédits représentent près de 50 % de ceux destinés à l’équipement conventionnel.

Toujours pas de débat sur le nucléaire au Parlement!
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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 11:11

Ce lundi 2 décembre,

 

sur RFI,

 

de 19h40 à 20h,

 

je débattrai avec l'Amiral Alain Coldefy


Thème: "Peut-on remettre en cause le dogme

de la dissuasion nucléaire?"

 

Emission présentée par François Bernard  

 

A propos de ce thème, lire sur ce blog

Le dogme de la dissuasion nucléaire
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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 18:00

                                                    image-test-1

      Depuis quelques années, je suis intervenu de différentes façons (livres, tribunes, débats, rencontres, colloques en France et à l’étranger) pour attirer l’attention des Français sur le dossier trop méconnu de l’armement nucléaire.

 

      Je pense cependant que, devant le silence incroyable qui continue à entourer la question du nucléaire militaire, il faut maintenant aller plus loin.

 

      C’est pourquoi, avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin -auteurs, avec moi, du livre Arrêtez la bombe - j’ai créé l’association ALB, dont le but principal est de contribuer, par des informations, des propositions, des débats, à ce que s’ouvre enfin un débat sur ce sujet, fondamental pour notre stratégie de sécurité, mais aussi pour la survie de l’humanité.

 

      Cette initiative devrait vous intéresser, particulièrement celles et ceux parmi vous qui ont soutenu notre démarche.

 

      Vous pouvez désormais accéder au site Internet d’ALB

 

      Vous pouvez aussi nous aider en renvoyant le bulletin que vous trouverez ICI à:  ALB- 23 rue d’Alleray- 75015 Paris

 

      Plus nous serons nombreux, plus nous parlerons, plus nous agirons, plus le silence actuel deviendra insupportable.  

 

**************************

      On nous dit qu’en France, l’arme nucléaire et le concept de dissuasion qui lui est associé feraient l’objet d’un « consensus ». Dans le discours officiel, cette arme est présentée comme « l’ultime garantie de notre sécurité », « garante de l’indépendance nationale » ou encore notre « assurance-vie ». Ce discours lénifiant, qui s’accompagne d’une véritable « omerta », masque une réalité totalement différente, sur laquelle l’arme nucléaire n’a plus de prise.

 

      Le monde et ses menaces ont changé avec la fin de la Guerre froide mais la dissuasion nucléaire est devenue une sorte de « ligne Maginot », modernisée chaque année. A travers le monde, de plus en plus de responsables politiques, militaires, scientifiques ont pris conscience que la dissuasion nucléaire n’a plus la même pertinence face aux défis du monde actuel.

 

      Il est temps de briser le tabou français sur ce sujet. L’avenir de notre défense, la protection de nos concitoyens, le respect des engagements internationaux de la France exigent d’ouvrir enfin un véritable débat et de définir les initiatives et les actions qui permettraient à la France de s’engager dans un processus actif, positif et soutenu de mise en œuvre d’un désarmement nucléaire multilatéral.

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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 18:08

      Comment ne pas se féliciter de l'accord qui vient d'intervenir à Genève sur le nucléaire iranien?

 

      Il n'y a pas longtemps, nombreuses étaient les voix qui le considéraient comme impossible....voire dangereux et qui conseillaient d'aller jusqu'à l'épreuve de force.

 

      Tel n'était pas mon cas, et j'avais clairement exposé ma position dans une tribune écrite avec l'ancien ministre israëlien Shlomo Ben Ami et que le Figaro avait publiée le 19 juin 2013.


Je vous en recommande la lecture (ICI).

 

      Cet accord, que nous appelions de nos voeux il y a 5 mois est la preuve que les voies de la paix ne peuvent être trouvées sans persévérance, sans volonté politique et sans refus de céder aux arguments des "faucons" de toute sorte.

 

      Il reste encore un sujet important à traiter à l'occasion de prochaines rencontres: celui de l’élimination de toutes les armes de destruction massive du Moyen-Orient.

 

      Après l'avancée concernant l'adhésion de la Syrie au traité d'interdiction des armes chimiques, il faut maintenant réunir une conférence internationale sur la négociation d’une "zone exempte d’armes nucléaires" au Moyen-Orient. Son principe, je le rappelle, a été acté lors du dernier examen de la mise en œuvre du TNP (Traité de Non-Prolifération).

 

                                       

 

Les principaux points de l'accord de Genève

 

      L'Iran

- a accepté de cesser tout enrichissement d'uranium "à plus de 5 % et de démanteler les processus techniques nécessaires pour enrichir à plus de 5 %;

- s'est engagé à neutraliser son stock d'uranium enrichi à près de 20 % en le diluant;

- ne construira pas de nouvelles centrifugeuses à uranium et interrompra sa progression vers la mise en fonctionnement d'un réacteur dans son usine (nucléaire) d'Arak qui produirait du plutonium;

- ne construira pas d'usine capable (...) d'extraire du plutonium à partir du combustible usagé;

- permettra l'accès quotidien de ses sites à des experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et communiquera des données sur le fonctionnement du réacteur d'Arak.

 

      Les membres du P5 + 1 (Allemagne, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) :

- consentiront à un allègement des sanctions "limité, temporaire, ciblé et qui pourra être annulé", équivalant à quelque sept milliards de dollars;

- n'imposeront pas de nouvelles sanctions pendant la fenêtre de six mois si l'Iran respecte ses engagements;

- suspendront "certaines sanctions sur l'or et les métaux précieux, le secteur automobile et les exportations pétrochimiques de l'Iran", et permettront "des réparations et des inspections en Iran pour certaines compagnies aériennes iraniennes";

- et débloqueront 4,2 milliards de dollars environ, produits de sanctions sur les ventes de pétrole iranien.

      En revanche, la plupart des sanctions américaines, commerciales et financières, resteront en vigueur dans les six mois à venir, comme les sanctions décidées par le Conseil de sécurité de l'ONU.

Iran: enfin un accord sur le nucléaire
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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 11:23

Les tontons flingueurs

Même si on les connaît par coeur,

 

les répliques font toujours autant rire

 

....et on en a bien besoin en ce moment!

 

En l'honneur de Georges Lautner,

 

père de l'inoubliable film "Les tontons flingueurs", 

 

avec ses formidables acteurs

 

et ses dialogues "culte" de Michel Audiard,

 

 

Visionner la bande annonce 

 

La vengeance

Les tontons flingueurs
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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 22:30

        Afin de répondre à la grave crise économique, sociale, politique et démocratique que connaît notre pays, le club Gauche Avenir demande un changement urgent de cap politique et l'élaboration d'un nouveau pacte majoritaire.

 

Pour un nouveau pacte majoritaire

 

      A l’occasion de la récente réunion de son Comité d’orientation, qui comprend des responsables, militants, intellectuels issus des différentes sensibilités de la gauche politique, syndicale et citoyenne et du mouvement écologiste, le club Gauche Avenir réaffirme:

       -  qu’il est indispensable pour la gauche de reprendre l'offensive idéologique face à la montée des idées racistes, poujadistes, réactionnaires et libérales ;

      - que la gauche doit assumer sans complexe ses valeurs, ses idéaux, ses fondamentaux humanistes, républicains et sociaux, la défense des salariés et du monde du travail ;

         - que la contradiction entre un discours avant les élections et une pratique divergente une fois au pouvoir n’est pas acceptable.

 

       C’est pourquoi Gauche Avenir présentera au printemps 2014 un socle de convergences permettant le rassemblement des forces de gauche et écologistes autour de réformes offensives et de changements majeurs, en cohérence avec les engagements pris lors de l’élection présidentielle.

 

       Cette démarche impliquera :

       -  la constitution de groupes de travail qui réuniront des experts et des responsables de toutes les composantes de la gauche et des écologistes ;

       - des auditions publiques de personnalités -responsables des différents partis et des mouvements du monde syndical et associatif, intellectuels, économistes-, qui confronteront des propositions pour un nouveau pacte majoritaire prenant en compte les attentes prioritaires des Français.

 

       Gauche Avenir présentera d’ici un mois le programme de ces auditions préparatoires à une nouvelle feuille de route politique pour la gauche, ainsi que celui des travaux des groupes de travail chargés d'établir le socle des convergences pour un nouveau pacte majoritaire.

 

       Par ailleurs, le club Gauche Avenir poursuit son élargissement en diversifiant l'équipe d'animation et sa présence dans les différents départements. Une newsletter mensuelle complète le site (www.gaucheavenir.org), pour associer largement ses membres et sympathisants à son action et ses travaux.                                      

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 19:23
                                             Ne vous inquiétez pas!

 

      Voici une impressionnante carte animée

des explosions nucléaires de 1945 à 1998.

 

                                            CLIQUEZ ICI

 

       Réalisée par l'artiste japonais Isao Hashimoto, cette vidéo rend compte de tous les essais nucléaires qui se sont déroulés à l'air libre, depuis le premier, celui des Etats-Unis à Alamogordo, dans le désert du Nouveau Mexique en 1945, jusqu'à celui du Pakistan en 1998. Elle inclut les 2 bombardements du Japon (Hiroshima le 6 août 1945 et Nagasaki 3 jours plus tard), mais pas les essais (non prouvés) revendiqués par la Corée du Nord.

 

       Chaque pays est signalé par un "bip" et un flash sur une mappemonde, l'année où l'explosion a lieu. On peut suivre en haut et en bas de l'écran l'évolution du nombre total d'explosions pour chaque pays.

 

        Si la vidéo commence lentement,  le rythme devient fou à partir de 1962, à l'image de la folle course aux armements nucléaires depuis 1945.

 

        Mais ne vous inquiétez pas......Comme on vous le répète, cela n'est pas dangereux, puisque "l'arme nucléaire est une arme de non-emploi"  ! Il y a quand même encore 19 000 ogives* sur la planète, dont environ 2 000 prêtes à être utilisées en quelques minutes. Sans commentaire....

 

* Chaque ogive a une puissance de l'ordre d'une dizaine de fois celle de la bombe qui a causé 200 000 morts à Hiroshima.

Ne vous inquiétez pas!
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:39

       Ce matin, comme chaque année, j’ai présidé à Cordes la cérémonie commémorant l’armistice du 11 novembre 1918. J’ai eu le plaisir de constater que le public était fourni, avec la présence, non seulement des plus anciens mais aussi d’une délégation de jeunes, qui avaient sélectionné, avec l’aide des enseignants de leur collège, des lettres de « poilus » particulièrement émouvantes, qu’ils ont lues devant le monument aux morts.

 

       Après avoir donné connaissance du message officiel du Ministre des anciens combattants, j’ai expliqué pourquoi, selon moi, une telle manifestation ne devait pas être considérée, ce qu’on entend parfois, comme une formalité.

 

       Il y a d’abord le bilan des victimes, qui est monstrueux et qu’il ne faut pas oublier : 19 millions de morts, 21 millions de blessés. Pour la France, cela a concerné 27% de la classe d’âge 18-27 ans et s’est traduit par une terrible saignée, dont on retrouve la trace dans presque tous les villages.

 

      Certains épisodes, qui vont être remis en lumière à l’occasion de la célébration du centenaire en 2014, font ressortir l’horreur des combats. Par exemple, la bataille des Ardennes, qui a vu l’affrontement de 740 000 soldats français et allemands entre le 21 et le 23 août 1914 et qui s’est traduite par un véritable carnage : 40 000 morts.

 

       Dans nos commémorations, nous devrons nous souvenir aussi des « fusillés pour l’exemple », ces 600 hommes qui ont été exécutés pour désobéissance (très souvent injustement). Il faudra également honorer ces soldats de toutes origines –longtemps ignorés- qui ont fraternisé sur le front lors de Noël 1914 (lire « Ces tranchées de la fraternité »)

 

      Après la fin du cauchemar de la guerre, les négociateurs du Traité de Versailles (1919) ont cru jeter les bases de la paix. Ils ont malheureusement manqué de lucidité et les sanctions –nécessaires- à l’encontre de l’Allemagne que contenait le Traité ont été imposées de telle façon qu’elles ont préparé le terrain à la montée du nazisme et du fascisme. Par ailleurs, les Etats-Unis ont refusé de participer à la SDN (Société des Nations, ancêtre de l’ONU), contribuant un peu plus à la décrédibiliser.

 

      Aujourd’hui, après deux guerres mondiales et des dizaines de conflits locaux et régionaux qui ont ensanglanté le XXème siècle et le début de ce XXIème siècle, les ferments de guerre sont nombreux et il faut être bien conscient qu’ils peuvent déborder des zones dans lesquelles ils semblent être confinés. Je pense en particulier aux nombreux désordres qui affectent le Moyen-Orient, (Syrie, Iran, Egypte, Palestine….) ou à ceux qui se déroulent en Afrique (et pas simplement au Mali !).

 

      Je pense aussi au risque énorme que représente l’accumulation des armes nucléaires, vestiges d’une autre époque, celle de la Guerre Froide. Même si le stock mondial a diminué, il reste encore 17 000 armes, que modernisent sans arrêt les grands « Etats nucléaires » et qui représentent un risque énorme pour l'humanité. Songez que chacune d’entre elles développe une puissance d’au moins 10 fois celle de la bombe d’Hiroshima, qui causa 200 000 morts (soit 20 fois le nombre de victimes du typhon qui vient de ravager les Philippines) !

 

       En conclusion, j’ai appelé chacun à agir à son niveau pour la paix, ce bien si précieux dont on s’aperçoit du caractère vital lorsque, tel l’air que l’on respire….il a disparu.

Commémorer n'est pas une formalité
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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 15:52

Alors que l’on commémore le souvenir de l’armistice

du 11 novembre 1918,

il n’est pas inutile de se souvenir du climat qui a précédé

le déclenchement du carnage que fut la « Grande Guerre »

 

Ces 2 textes montrent comment Jaurès,

qui pressentait l’étendue de la

catastrophe, a dénoncé jusqu’à la dernière heure

la lourde responsabilité des gouvernants.

 

******

La journée du 31 juillet 1914

(extrait du texte écrit en 1994 par Alain Decaux

pour le spectacle « Ils ont tué Jaurès »)

 

       « Jaurès s'est rendu, à 14 heures 30, au Palais-Bourbon pour la réunion du groupe socialiste. Il va passer le reste de sa journée dans la salle des Quatre-Colonnes. Les nouvelles arrivent, elles sont catastrophiques. Le bruit se répand que l'Allemagne a proclamé l'état de menace de guerre.

 

      Jaurès et les socialistes avaient demandé audience à Viviani. A la présidence du Conseil, ils apprennent que le président ne peut les recevoir : il est en conférence avec l'ambassadeur d'Allemagne. Ce dernier est venu informer le gouvernement français de l'ultimatum que l'Allemagne a adressé à la Russie : " La mobilisation doit suivre si, dans un délai de douze heures, la Russie n'arrête pas toute mesure de guerre contre nous et l'Autriche-Hongrie ".

 

      Abel Ferry, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, reçoit la délégation socialiste. Un dialogue véhément s'engage entre Jaurès et lui. Jaurès supplie le ministre d'obliger la France à accepter l'arbitrage que Londres propose à Pétersbourg et à Berlin.

 

      L'entrevue se poursuit dans une totale incompréhension, Abel Ferry déclarant : " Je vous assure que c'est ce que nous faisons. Nous appuyons l'Angleterre, nous tenons le langage qu'il faut à la Russie ".

 

      Après avoir secoué la tête comme un homme qui doute, Jean Jaurès déclare au ministre : " Si dans de pareilles conditions vous nous conduisez à la guerre, nous nous dresserons, nous crierons la vérité au peuple ".

 

     Ferry interroge : " Et maintenant qu'allez-vous faire ? "

 

     La réponse est un cri : "Continuer notre campagne contre la guerre".

 

     Le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires Etrangères, avant de reconduire la délégation, s'adresse à Jaurès : " On vous assassinera au premier coin de rue ".

                                   (….)

     Jaurès, Renaudel et Longuet sautent dans un taxi qui les conduit à L'Humanité un peu avant 20 heures. Jaurès attend de connaître l'ultime position de l'Angleterre, avant d'écrire un “J'accuse ” dénonçant les causes et tous les responsables de la crise. Il faut aller dîner. Quelqu'un propose le Coq d'Or. " Non, dit Jaurès, c'est un peu loin. Allons au Croissant, c'est plus près ". On y va. Jaurès s'assied dos à la rue.

                                (….)

     Le dîner traîne. Vers 21 heures 30, Jaurès apprend, par une dépêche arrivée d'Havas, que l'Angleterre n'interviendra pas avant lundi. Le dîner s'achève enfin. Un journaliste, René  Dolier, s'approche et montre une photo de sa petite fille à Landrieu. Jaurès demande à la voir. Il se penche sur la photo. À cet instant précis, le rideau s'écarte brusquement. Une main, un revolver. Deux coups de feu. Un cri de femme : “Ils ont tué Jaurès !”

 

     Jaurès mourra quelques minutes plus tard. Il n'y a plus d'obstacles à la guerre. »

*******

 

Dernier discours de Jaurès à Lyon-Vaise  le 25 juillet 1914 (Extrait)

 

     « Eh bien, citoyens! Dans l'obscurité qui nous environne, dans l'incertitude profonde où nous sommes de ce que sera demain, je ne veux prononcer aucune parole téméraire, j'espère encore malgré tout qu'en raison même de l'énormité du désastre dont nous sommes menacés, à la dernière minute, les gouvernements se ressaisiront et que nous n'aurons pas à frémir d'horreur à la pensée du cataclysme qu'entraînerait aujourd'hui pour les hommes une guerre européenne.

 

     Vous avez vu la guerre des Balkans; une armée presque entière a succombé soit sur le champ de bataille, soit dans les lits d'hôpitaux, une armée est partie à un chiffre de trois cent mille hommes, elle laisse dans la terre des champs de bataille, dans les fossés des chemins ou dans les lits d'hôpitaux infectés par le typhus cent mille hommes sur trois cent mille.

 

     Songez à ce que serait le désastre pour l'Europe: ce ne serait plus, comme dans les Balkans, une armée de trois cent mille hommes, mais quatre, cinq et six armées de deux millions d'hommes. Quel massacre, quelles ruines, quelle barbarie! Et voilà pourquoi, quand la nuée de l'orage est déjà sur nous, voilà pourquoi je veux espérer encore que le crime ne sera pas consommé »  (….)

 

                                          Lire l’intégralité du discours

Jaurès et la guerre de 14-18
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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 19:49

       Ce que je lis sur l'échec (provisoire?) des négociations sur le nucléaire iranien à Genève me trouble.

 

       Que le dossier soit complexe, qu'il ne faille pas être naïf, qu'il y ait traditionnellement des "gesticulations" dans ce type de rencontre....soit.

 

      Mais cela ne justifie pas que la diplomatie française joue un rôle qui pourrait s'apparenter à celui de relais des camps conservateurs, désireux de faire échouer l'accord.

                    

 

      La France n'a aucune raison de se laisser influencer, notamment par les cris d'orfraie de Monsieur Nétanyahou, dont le pays, il faut quand même le rappeler, détient des armes nucléaires et n'est pas signataire du Traité de non prolifération (TNP).

 

     Notre pays doit avoir un rôle moteur dans la recherche des voies de la paix internationale. Je souhaite que les négociateurs français de genève s'en souviennent d'ici la prochaine rencontre.

 

*******************

 

Lire sur ce sujet:

-  Le rôle de la France dans l’échec des négociations sur le nucléaire à Genève

-  La France provoque l’échec des négociations

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez