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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 18:06

       Je sors de la réunion tenue à Carmaux, en présence du maire de la ville, Alain Espié, du secrétaire de l'association "Histoire(s) du Pays de Jaurès", Pierre Battaglia et du metteur en scène, Claude Moreau, pour présenter le spectacle "Jaurès, une voix pour la paix", qui sera joué du 8 au 15 octobre dans la salle François Mitterrand.

 

      J'ai perçu avec satisfaction le même enthousiasme que lors de la préparation du spectacle "Ils ont tué Jaurès" (1994) parmi les bénévoles qui participeront au montage et à la réalisation de ce beau projet.

 

Revoir des extraits du spectacle de 1994

 

       Bientôt, un site Internet vous en dira plus sur le contenu du spectacle et sur sa préparation. Vous y trouverez aussi des documents sur Jaurès et sur l'actualité de son message.

 

       A quelques jours du 31 juillet, où l'on commémorera le 99ème anniversaire de la disparition de Jaurès.....souvenons-nous.

 

******

 

" Ils ont tué Jaurès" 

 

        Ce cri terrible résonne dans les rues de Carmaux dès l’annonce de l’assassinat de Jean Jaurès. L’émotion et la tristesse sont à la mesure de l’événement que constitue la disparition tragique de celui qui vient,    deux mois plus tôt, d’être élu pour la 6ème fois député socialiste de Carmaux.

 

          La tragédie est double : Jaurès assassiné le 31 juillet 1914 et le lendemain, c’est  la guerre !

 

        Pendant toute la journée du 31, Jaurès s’affaire à la Chambre des députés pour tenter de s’opposer à un conflit dont il pressent qu’il pourrait être effrayant. Il débat avec le groupe socialiste. Il rencontre le sous- secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et il demande une médiation anglaise, pour faire reculer l’Allemagne. Mais il comprend que rien désormais n’est plus possible et que la marche vers la guerre est malheureusement inéluctable. Alors, il passe à son journal, à l’Humanité, pour préparer un article cinglant dénonçant les fauteurs de guerre. Auparavant, il va dîner avec quelques amis au Café du Croissant et c’est là que Raoul Villain tire sur lui les 2 coups de feu qui mettent fin à ses jours.

 

       Ce tragique événement a été le point de départ de la grande fresque que nous avons réalisée ici, à Carmaux, il y a quelques années. Nous avons voulu faire revivre les moments forts de la vie du grand tribun socialiste que fut Jaurès, parce que c’est ici qu’il a ancré son adhésion au socialisme, ici qu’il a mené ses premiers combats aux côtés des mineurs et des verriers, ici qu’il a façonné les chemins de sa pensée politique. C’est certainement pour cela que le spectacle a rencontré un immense succès à travers toute la France et tout particulièrement dans le Carmausin. Pour les 500 bénévoles et pour tous ceux qui ont vibré à l’évocation de l’histoire de Jaurès, ces moments inoubliables ont laissé une marque indélébile dans les mémoires.

 

       Mais le rappel d’un souvenir, l’évocation d’un événement, aussi fort soit-il, ne suffit pas. Les hommes et les femmes de gauche ne doivent pas oublier la modernité et l’actualité de la pensée de Jaurès !

 

      Modernité et actualité… que d’affirmer la nécessité d’aller plus loin dans l’approfondissement de la République ; …que de répéter que les droits sociaux sont indissociables des droits politiques ;…que de combattre pour l’abolition de la peine de mort ;…que de plaider pour l’arbitrage international des conflits et de rejeter les solutions militaires pour les résoudre.

 

      Ce sera justement le but du spectacle de 2013, joué à Carmaux en avant première des commémorations de 2014, qui fera revivre l'actualité du message de Jaurès sur la guerre et sur les causes des conflits qui conduisent parfois à l'affrontement: nationalismes, racisme, exploitation du travail, rivalités économiques.....

 

      Il faut relire Jaurès, quand on est socialiste. Méditer son histoire, sa pensée et surtout sa pratique. Celle d’un Jaurès à la fois intellectuel et philosophe brillant, homme politique influent, journaliste courageux, militant socialiste ardent et sans tache, parlementaire actif, présent sur tous les terrains, sachant faire la synthèse entre l’action locale, les discours à la tribune de la Chambre des députés, les débats dans les congrès de son parti et l’action au sein de l’Internationale socialiste.

 

       Orateur exceptionnel, qui maniait le verbe avec un rare bonheur devant tous les publics, Jaurès ne cédait jamais à la démagogie, même sur la forme, puisqu’il considérait qu’il ne fallait pas mépriser le peuple en réservant la belle langue aux élites.

 

      Mais la grandeur de Jaurès, c’était probablement d’agir, car qu’est-ce que la parole sans l’acte ? Et Jaurès n’a cessé d’agir : pour la paix, contre la guerre ; pour l’unité des socialistes ; pour la défense des plus humbles ; pour la justice (son combat pour la réhabilitation de Dreyfus). Comme il agissait, il était critiqué, détesté. Nul ne fut plus que Jaurès l’objet d’un tel dénigrement, d’une telle haine. Il ne faut pas l’oublier, car, avec le temps, on a parfois tendance à donner de lui une image consensuelle, presque « bonhomme », alors qu’il était un homme au tempérament fort, un lutteur déterminé à défendre à tout prix ses convictions.

 

       Il en fut d’ailleurs la victime le 31 juillet 1914. Ce jour là, son assassin pensait tuer tout ce qu’il représentait. Près d'un siècle plus tard, sa mémoire reste bien vivante, son message de paix reste toujours actuel. Sa pensée porte l’espoir, plus que jamais.

 

        Laissons le dernier mot à François Mitterrand, qui parlait si bien de Jaurès :

 

      « Sa pensée est une espérance, mais elle n’est jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (…) Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel.

 

      C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires »

. ________________________________________________________________

* D'après un discours que j'ai prononcé à Carmaux le 31 juillet 2006

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 07:45

Si vous avez l'occasion de venir à Cordes cet été,

 

ne manquez pas:

 

 

- Le 42 ème festival de musique, "Musique sur ciel",

 

du 20 au 25 juillet

 

     Présentation du festival

 

      Voir le programme

 

Et, chaque jour, au cœur de la cité de Cordes,

 

      les Impromptus

(durée : 20 mn, suivies d’une discussion avec les artistes)

 

       Ces courts intermèdes musicaux offerts dans l’espace public sont destinés à surprendre le public au détour d’une rue, d’un parc, d’un monument. Leur forme favorise la proximité avec le public. Les Impromptus symbolisent l’ouverture de Musique sur Ciel, l’accessibilité au répertoire classique, la convivialité, la surprise…

 

- Le Ciel sur Cordes

 

du 20 juillet au 10 août

                                            

      Avec le CNES, l’ESA, Planète Sciences Midi-Pyrénées, Ariane Espace et la Cité de l’Espace. Jean-François Clervoy, spationaute français et Jean-Yves Le Gall, Président du CNES seront présents pour l’inauguration le lundi 29 juillet et le journaliste Michel Chevalet animera une partie de la soirée.

     Vous retrouverez également des animations dans les rues de Cordes sur plusieurs journées et une exposition de maquettes au Musée d’Art Moderne et Contemporain.

                                                  Voir le programme

                                                   ***

   Et ce que vous avez déjà manqué........

 

- Le Comité du Grand Fauconnier a invité

 

"Les Chevaliers de la Table Ronde" à Cordes

 

les 13 14 juillet

 

                   

 

- L'inauguration du nouvel Office de tourisme

 

                                   

        La Maison Gaugiran, siège de l'Office de tourisme

La Halle de Cordes

La Halle de Cordes

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 10:06
      Une récente étude de la Royal Statistical Society révèle l'immense écart entre ce que les Britanniques pensent de leur pays et la réalité reflétée par les statistiques officielles. Elle s'interroge sur les raisons de cet écart et sur la responsabilité des médias et des responsables politiques à cet égard.
 
      Cette étude concerne les Britanniques.....mais est-on bien sûr que certaines remarques ne concerneraient pas aussi les Français?
 

      " S'il n'est pas étonnant que les gens portent parfois un regard quelque peu biaisé sur certaines questions, le gouffre qui sépare leurs perceptions de la réalité n'en est pas moins monumental. Cet écart a de lourdes conséquences sur le plan politique.

      On peut par exemple citer le fait que les Britanniques donnent en moyenne une estimation du taux de grossesse chez les adolescentes 25 fois supérieure à la réalité. Une vaste majorité pensent également que la délinquance augmente ou reste constante alors que les chiffres officiels révèlent une diminution de 53% entre 1995 et 2012. Les gens surestiment aussi la fraude aux allocations sociales qu'ils croient 34 fois plus élevée que la réalité. Dans leur esprit, la fraude représente 24% de la facture totale alors que ce chiffre ne concerne que 0,7% des cas. Quand on leur demande de choisir quelle mesure permettrait de dégager le plus d' économies, un tiers des participants opte pour une limitation des prestations sociales à environ 30 000 euros. Ils sont deux fois moins nombreux à choisir l'allongement de l'âge de la retraite à 66 ans pour les hommes comme pour les femmes. Et pourtant, en réalité le plafonnement des prestations sociales ne rapporterait qu'un peu plus de 335 millions d'euros contre environ 5,7 milliards d'euros (soit presque 20 fois plus) pour l'allongement de l'âge de la retraite.

      Plus d'un quart des personnes interrogées placent l'aide internationale parmi les deux ou trois premiers postes du budget. Ils sont encore plus nombreux à mettre ce poste de dépense avant les retraites ou l'éducation qui représentent respectivement un montant 74 fois et 51 fois plus élevé. En moyenne, les Britanniques pensent que les musulmans représentent 24% de la population alors qu'ils ne sont en réalité que 5%. Le nombre d'immigrés est également estimé à un niveau deux ou trois fois supérieur à la réalité.

Cynisme endémique

      Il est tentant d'attribuer cette situation aux authentiques mensonges que véhiculent les médias et les responsables politiques, et de se rappeler la formule de l'écrivain sénateur, Al Franken, à propos des mensonges et des menteurs qui mentent. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Des ministres comme Iain Duncan Smith et Jeremy Hunt – sans parler de Harriet Harman avant eux – ont régulièrement été rappelés à l'ordre par leurs propres services statistiques après avoir diffusé des informations trompeuses ou franchement fausses. Pendant ce temps, les innombrables manquements des journaux et des chaînes de télévision en matière de recoupement de l'information alimentent quotidiennement les pages de sites comme l'incontournable fullfact.org.

      Ce n'est pourtant qu'une partie du problème. Cela fait longtemps que le public ne croit plus un mot prononcé par un responsable politique. Et c'est peut-être là une des causes profondes du problème. Les chiffres de l'économie et de la délinquance font l'objet – à juste titre – d'une méfiance endémique. Ce cynisme est tellement répandu que même les études les plus sérieuses sont suspectées de sortir tout droit de l'imagination de leurs auteurs.

      Le véritable problème n'est pas la malhonnêteté mais l'omission. Les journalistes parlent de délinquance et de fraude aux allocations sans donner de contexte ou d'ordre de référence. Et il n'y a pas que les tabloïds de centre-droit. Les médias de gauche et centre-gauche s'émeuvent de la fréquence des violences domestiques sans jamais rappeler que ces incidents – aussi terribles soient-ils – ont diminué de 69% au cours des vingt dernières années.

Anecdotes individuelles

      Les statisticiens de la Royal Statistical Society ont naturellement plaidé pour une meilleure pédagogie autour de leur science, notamment dans les écoles. Cela serait certainement une bonne chose mais je ne pense pas que ce soit le cœur du problème. Ce n'est pas que les gens ne connaissent pas la différence entre une moyenne et une valeur médiane ou pensent qu'un intervalle de confiance est ce dont a besoin un joueur de tennis entre deux jeux. Le problème n'est pas que les gens ne comprennent pas les statistiques, c'est qu'on ne les leur donne pas. Résultat, notre vision de la société est constituée d'anecdotes individuelles et de faits divers, comme si nous la regardions constamment à travers un long tube étroit qui ne nous permet de voir que des fragments et jamais l'ensemble du tableau. Nous faisons alors appel à nos biais cognitifs et heuristiques pour combler les vides.

      Nous n'avons pas besoin d'une meilleure compréhension des statistiques mais d'une meilleure compréhension des médias et des sciences politiques. Les responsables politiques et les médias déplorent régulièrement le cynisme du public et le manque d'engagement citoyen. L'étude d'aujourd'hui montre qu'au contraire, le public n'est pas assez cynique. Le problème n'est pas le scepticisme des gens mais leur crédulité. Si les responsables politiques veulent vraiment inciter les Britanniques à participer à la démocratie, la solution est simple. Commencez par nous dire la vérité, toute la vérité."

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 22:25

         Cette excellente tribune de Cécile Alduy a été publiée dans le quotidien Le Monde. Elle analyse avec beaucoup de pertinence le discours du Front National.

 

         A lire pour mieux comprendre le danger de ce mouvement et mieux définir la stratégie pour le combattre.

.

           Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, au Parlement européen à Strasbourg le 2 juillet.

 

Mythologie du discours frontiste

 

         "Paroles, paroles, paroles..." Marine Le Pen aime chanter ce tube de Dalida pour dénoncer les promesses de vent de ses adversaires politiques. Pourtant, s'il est bien un parti qui, faute de mandat exécutif, existe avant tout comme discours, c'est le Front national. Car tout autant qu'un groupe politique, c'est un système de communication global – des hommes mais aussi des mots –, qui explique son succès.

 

         Dès la fin des années 1970, les leaders du parti, s'inspirant du théoricien socialiste Antonio Gramsci, se lancent explicitement dans une bataille sémantique. Or un retour sur quarante ans de parole frontiste révèle une remarquable stabilité des structures profondes de ce discours extrême. Au-delà des effets de surface – néologismes et calembours du patriarche, humour policé de la fille –, ce sont les mêmes mythes ancestraux que propage le Front national depuis sa création en 1972 : décadence, nostalgie d'un âge d'or révolu, théorie du complot et appel au chef messianique trament un récit national d'une efficacité redoutable.  (....)

 

Lire la tribune

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 17:00

 

 

 

                                                      Interview publiée

                               par le Courrier du Parlement

 

        "Ancien ministre de la Défense puis président de la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale pendant cinq ans, Paul Quilès a commencé à douter de la pertinence de la dissuasion nucléaire il y a une quinzaine d’années.

 

      Aujourd’hui, il va plus loin, en contestant son utilité même, fruit d’un héritage historique dépassé et du lobby militaro-industriel. Il publie un livre, Arrêtez la bombe, pour justifier sa position en faveur d’une dénucléarisation."

 

Lire l'interview

 

Nucléaire : le livre bombe de Paul Quilès
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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 14:30

                                       

       La découverte que le système des écoutes américaines concerne aussi les alliés des Etats-Unis a de quoi nous scandaliser. Mais s'agit-il d'une nouveauté?

 

      Il y a 13 ans, en 2000, alors que je présidais la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale, j'avais demandé que soit réalisé un rapport d'information sur le "système Echelon".

 

     La lecture de ce rapport, rédigé par Arthur Paecht, surprendra ceux qui pensent que l'on ignorait les méthodes américaines de renseignement. Il est dommage que certaines préconisations de ce rapport n'aient pas été prises au sérieux à l'époque!

 

     Bonne lecture.

                                                    Paul Quilès

 

Plan du rapport

 

I. - LE SYSTÈME ECHELON : UNE RÉALITÉ DONT LES CONSÉQUENCES SONT DIFFICILES À APPRÉCIER 9

A. Une organisation vraisemblablement détournée de sa FINALITÉ MILITAIRE INITIALE 9

1. Le développement du réseau dans un contexte de guerre froide 9

a) Un pacte initial marqué par le contexte historique 9

b) Un développement spectaculaire qui a suivi celui des technologies 12

c) Un partenariat à plusieurs niveaux 14

2. Un réseau détourné de sa vocation initiale 15

a) La possibilité d'utilisation des écoutes à des fins économiques 15

b) Les réactions des industriels concernés par les écoutes 19

 

B. L'INCERTITUDE SUR LES CAPACITÉS RÉELLES DU SYSTÈME 20

1. La thèse maximaliste 20

a) La vulnérabilité des technologies de l'information 21

b) Le débat sur les capacités techniques du système 23

2. La thèse du scepticisme 24

 

C. LES RAISONS DE LA MÉDIATISATION ACTUELLE 26

1. Les raisons avancées le plus souvent 26

a) La critique de la déviation du système 26

b) La rupture du lien entre les membres du Pacte 27

c) L'influence des groupes de pression américains au nom de la défense des libertés individuelles et de la protection des règles du commerce 27

d) L'intervention du Parlement européen 29

2. Les hypothèses extrêmes 29

a) Les rivalités américaines 29

b) Une possible mystification 30

 

D. LES RÉPONSES DES PAYS EUROPÉENS FACE AUX SYSTÈMES D'INTERCEPTION DES COMMUNICATIONS 31

1. Les réactions officielles à l'existence d'Echelon 31

a) La position du Gouvernement fédéral allemand 31

b) La position des autorités belges 32

c) La position des autorités britanniques 34

d) La position du Gouvernement français 34

2. Les réticences des services de renseignement 36

a) La tradition de coopération bilatérale entre services de renseignement 36

b) Les systèmes nationaux ou multinationaux 38

 

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE : VERS UNE STRATÉGIE GLOBALE DE CONTRÔLE DE L'INFORMATION ? 39

 

II. - LES MOYENS DE PROTECTION DES SYSTÈMES DE COMMUNICATIONS 41

A. La cryptologie 43

1. L'historique de la cryptographie : une dynamique sans cesse en évolution 43

a) L'utilisation de chiffres alphabétiques 43

b) De la mécanisation à l'utilisation des ordinateurs 44

c) La cryptographie à clés publiques 45

2. Le dilemme de la cryptographie : entre libertés publiques et sécurité nationale 46

a) Les logiciels de chiffrement 47

b) Les systèmes de séquestres et d'authentification 48

 

B. LA SITUATION JURIDIQUE DES INTERCEPTIONS ET DE LA CRYPTOLOGIE 49

1. La réglementation internationale concernant les interceptions des communications 49

a) Un régime international somme toute permissif 49

b) L'absence de réglementation européenne 50

c) Le cas particulier des interceptions légales 52

2. Le renvoi aux dispositifs nationaux 52

a) Le cas des pays européens 52

b) Aux Etats-Unis : une protection réservée aux citoyens américains 53

 

C. LES SYSTÈMES DE SÉCURITÉ DES COMMUNICATIONS EN FRANCE 54

1. L'évolution récente des dispositifs 55

a) La libéralisation de la cryptologie : un nouveau cadre juridique 55

b) Le développement des moyens de confidentialité et d'intégrité 57

c) Les programmes de protection 57

2. Le SGDN et la sécurité des systèmes d'information 59

a) Les missions confiées au SGDN 59

b) Les missions et les moyens de la DCSSI 60

 

III. - LA RÉACTION EUROPÉENNE AU SYSTÈME ECHELON 63

A. L'intérêt exprimé pour la question au sein des instances EUROPÉENNES 63

1. Les travaux du Parlement européen 63

a) Le rapport sur l'état actuel de la surveillance électronique 64

b) Le document sur les techniques permettant de lutter contre les formes d'interception 64

c) L'étude sur la légalité des interceptions 66

d) L'analyse des risques possibles des interceptions et la vulnérabilité du commerce électronique 66

e) La constitution d'une commission parlementaire 67

2. Le silence embarrassé de la Commission 69

 

B. UNE POSITION AMBIGUË 69

1. La mise en oeuvre d'un système de surveillance européen 69

a) Les projets liés à la définition d'intérêts communs 69

b) Les limites à l'élaboration d'un système commun 70

2. Les perspectives ouvertes par la politique européenne de sécurité et de défense 72

 

CONCLUSION GÉNÉRALE 75

1. A partir de quelques certitudes sur Echelon... 75

2. ...Quelles peuvent être des propositions concrètes pour diminuer les risques ? 76

 

EXAMEN EN COMMISSION 79

 

ANNEXE N° 1 87

ANNEXE N° 2 89

 

Présentation du rapport

 

MESDAMES, MESSIEURS,

 

      A la suite de la parution de plusieurs rapports du Parlement européen sur le réseau Echelon et d'interrogations de l'opinion publique reflétées par la presse à l'automne 1999, la Commission de la Défense nationale a décidé, le 29 février dernier, de confier à un de ses membres un rapport d'information sur les « systèmes de surveillance et d'interception électroniques pouvant mettre en cause la sécurité nationale ». La Commission a également décidé d'associer aux activités du rapporteur d'information un groupe de travail dans lequel chaque groupe politique serait représenté1.

 

       Votre Rapporteur a été amené à s'interroger principalement sur plusieurs thèmes de réflexion :

- il a tout d'abord voulu comprendre la nature exacte du réseau Echelon, analyser ses capacités réelles et estimer ses véritables dangers (notamment à l'égard des enjeux de sécurité et d'une utilisation à des fins économiques). A ce titre, il a essayé de comprendre les moyens techniques dont les services de renseignement peuvent disposer pour recueillir l'information, la traiter et la diffuser ;

- il s'est ensuite interrogé sur les raisons de la « médiatisation » actuelle du réseau dit Echelon c'est à dire de l'intérêt subit pour les réseaux d'écoutes. Pour l'expliquer, il a donc cherché à savoir s'il n'y avait pas des raisons complexes s'apparentant par exemple à des manipulations ;

- il a également souhaité comprendre l'attitude des gouvernements occidentaux non membres du pacte fondateur d'Echelon, d'une part à l'égard des réseaux d'interception, d'autre part sur l'éventualité d'une coopération européenne des services d'écoute des communications ;

- enfin, il a cherché quels moyens permettraient de réduire la vulnérabilité des administrations, des services publics, des sociétés et des particuliers aux interceptions de leurs communications. Il s'est ainsi demandé quelle forme pourrait prendre une collaboration permettant aux Etats de l'Union européenne d'adopter une position commune face aux intrusions manifestes qui peuvent léser leurs intérêts.

 

       L'objet de la mission d'information a été considéré comme difficile par tous les interlocuteurs rencontrés par votre Rapporteur, certains se félicitant cependant de l'intervention du Parlement et considérant que tout débat sur un tel sujet était sain. Les difficultés les plus importantes ont concerné les rencontres que votre Rapporteur a souhaité avoir avec les responsables des services de renseignement. En France, le ministère de l'Intérieur a permis à votre Rapporteur de rencontrer deux responsables de la Direction de la sécurité du territoire dont le directeur lui-même et le ministère de la Défense a accepté une audition du directeur général de la sécurité extérieure. De plus, la Délégation générale à l'armement a présenté à votre Rapporteur certains de ses chercheurs dans le domaine des écoutes.

 

      A l'étranger, votre Rapporteur s'est heurté à une fin de non-recevoir de la part des autorités américaines et britanniques.

 

      Il est tout d'abord intéressant de souligner que le refus des Britanniques s'est fondé sur le fait que votre Rapporteur n'était « même pas membre d'une délégation parlementaire chargée du contrôle des services de renseignement ». Cette attitude ne peut que conforter la Commission de la Défense dans l'idée que l'inscription de la proposition de loi visant à la création d'une telle structure à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale est plus que jamais nécessaire.

 

       Aux Etats-Unis, les réticences de l'administration, malgré les relances répétées de notre Ambassade à Washington, sont difficilement compréhensibles. Il a été expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une commission d'enquête mais d'une mission d'information venant recueillir l'avis des responsables américains. Le refus de recevoir votre Rapporteur, pris semble-t-il au plus haut niveau après de nombreuses délibérations, a comme conséquence de relancer toutes les suspicions sur le rôle d'Echelon et des Etats-Unis en particulier. Il est d'autant plus surprenant que des responsables ou d'anciens responsables d'agences fédérales se sont exprimés publiquement sur le sujet. L'ensemble des interlocuteurs rencontrés à Washington a d'ailleurs exprimé son incompréhension vis-à-vis de ce refus.

 

       L'objectif du rapport d'information n'a donc pu être, dans un premier stade, que d'apporter des précisions sur les capacités d'un système d'écoutes international nommé Echelon, d'en évaluer les risques à l'égard de la sécurité nationale et de formuler quelques propositions qui visent avant tout à protéger les acteurs français de l'interception de leurs communications. (....)       

Lire le rapport

Ecoutes américaines: pas nouveau....
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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 10:02

      Une conférence sur le désarmement nucléaire a été organisée le 28 mai 2013 à la Faculté Champollion d’Albi.


      En présence d'une assemblée fournie, j'ai débattu avec Jean-Marie Muller, porte-parole national du Mouvement pour une Alternative Non Violente.

 

      Voici 2 articles sur cette réunion:

 

* dans la Dépêche du Midi: "Pour que la France s'implique"

 

* sur le site du Diocèse d'Albi: le compte rendu du P. Denis Guiraud

Débat sur le désarmement nucléaire
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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 21:12

           En août 1994, le spectacle évènement « ils ont tué Jaurès », présenté sur le site de la mine à ciel ouvert de la Grande Découverte de Carmaux, a rencontré un grand succès.                                           

                                             

      Visionner un extrait du spectacle  

   

    

        Nous avons souhaité recommencer, en donnant à Carmaux un nouveau spectacle intitulé « Jaurès, une voix pour la paix », en avant-première de la commémoration du centenaire de l’assassinat de Jaurès et du début de la première guerre mondiale en 2014. Ce spectacle pourra être repris à cette occasion dans plusieurs villes françaises.

 

      Les représentations auront lieu du 8 au 15 octobre 2013 dans la salle François Mitterrand, ancienne salle de la Verrerie de Carmaux, lieu emblématique des combats de Jean Jaurès il y a un siècle.

   

      Ce spectacle vivant (voir annexe 1*), mis en scène par Claude Moreau, présente l’histoire du grand tribun, assassiné à la veille du déclenchement du premier conflit mondial du XXème siècle.

 

         Il fait revivre, à partir de la tragédie de 1914-1918, l’actualité du message de Jaurès, sur la guerre et sur les causes des conflits qui conduisent parfois à l’affrontement : nationalismes, racisme, exploitation du travail, rivalités économiques…. On y trouve une évocation de son action inlassable pour la paix, pour une Europe unifiée, pour la dignité humaine (voir synopsis en annexe 2*).

_________________________________________________________________

 

* Les annexes 1 et 2 peuvent se lire en bas de l'article publié à ce sujet sur le site de l'Association des Maires du Tarn

Jaurès au Pré Saint Gervais

Jaurès au Pré Saint Gervais

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 11:00
                            Couverture livre (finale)    
   Communiqué de presse  
                                     

       Dans son discours prononcé à Berlin, Barack Obama vient de faire part    de sa volonté de tourner définitivement la page de la Guerre froide, pour que le monde ne vive plus dans la peur de l'anéantissement global. Il a appelé la Russie à poursuivre les efforts prévus par les traités pour réduire les arsenaux nucléaires stratégiques et à engager un mouvement de réduction des armes nucléaires tactiques avec ses alliés de l’OTAN.

 

       Face à cette annonce forte, on ne peut se contenter de reporter le poids de la responsabilité mondiale du désarmement nucléaire uniquement sur la Russie et les Etats-Unis. C’est ce que fait traditionnellement la France, qui continue à moderniser son arsenal nucléaire.

 

       Dans ce contexte, Paul Quilès, Bernard Norlain et Jean-Marie Collin ont décidé de créer l’association " Arrêtez la Bombe" (ALB), du nom de leur dernier ouvrage (Edition Le Cherche-Midi), avec pour objectifs de :

 

- démontrer que l’arme nucléaire et le concept de dissuasion n’ont plus la même pertinence face aux défis du monde actuel;

  - dénoncer la désinformation qui entoure ce sujet et favoriser l’ouverture d’un débat;

           - agir pour le désarmement nucléaire.

 

       L’association mènera ses actions à travers l’organisation de débats, la diffusion d’information et de publications sur les thèmes du désarmement et de la non-prolifération nucléaires en France et dans le monde.

 

« Arrêtez la Bombe » (ALB), association loi de 1901

Siège social : 23 rue d’Alleray- Paris (15ème)

Email : arretezlabombe@yahoo.fr

Retrouvez nos informations sur: https://www.facebook.com/arretez.labombe 

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Paul Quilès a été ministre, notamment de la Défense, président de la commission de la Défense puis vice-président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale. Il est maire de Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn, et a signé l’appel de « Global Zero ».

Son blog : http://paul.quiles.over-blog.com/

 

Bernard Norlain est général d’armée aérienne (2S). Il a été chef de cabinet militaire des Premiers ministres Jacques Chirac puis Michel Rocard. Ancien pilote de chasse, il fut à la tête de la force aérienne de combat, puis nommé, par la suite, directeur de l’Institut des hautes études de Défense nationale.

 

Jean-Marie Collin est un consultant indépendant sur les questions de défense et de sécurité internationale et le directeur pour la France du réseau international des Parlementaires pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement (PNND).

Son blog Défense et Géopolitique : http://alternatives-economiques.fr/blogs/collin/

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 16:43

                                                 Une autre Europe est possible

     Il a été souvent question de l’Europe ces derniers jours au Parti socialiste. D’abord à l’occasion d’une rencontre avec les responsables des partis de gauche et progressistes européens, puis lors d’une Convention nationale, qui faisait suite au vote des militants sur un texte et des amendements.

 

      Au cours de ces réunions, j’ai entendu beaucoup de discours émouvants et d’analyses pertinentes (que je fais miennes), mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque quelque chose pour rendre crédible ce souhait d’une « autre Europe ». Emmanuel Maurel a fort bien résumé cette attente dans son discours à la Convention (que vous retrouverez ICI), en s’exclamant « assez de paroles, des actes ! »

 

      La veille, dans le même registre, Jacques Delors avait mis en garde contre une évolution du discours sur l’Europe, qu’il comparait à « la messe sans la foi ». Propos de croyant, mais aussi d’Européen convaincu, désolé de voir le beau projet européen mis en danger par certains choix des dirigeants et par leur incapacité à empêcher la technocratie de prendre le pas sur les décisions politiques.

 

      Il faut lire à ce sujet l’excellente tribune de Thomas Piketty « Changer d’Europe pour surmonter la crise », qui se conclut par un constat et un questionnement : « A partir du moment où l’on a choisi il y a plus de 20 ans de partager notre souveraineté monétaire, nous sommes de fait dans un système fédéral. La question est simple : veut-on aller sans cesse plus loin dans le fédéralisme technocratique ou est-on enfin prêt à miser sur le fédéralisme démocratique ? »

 

      Je ne peux m’empêcher aussi de penser à la terrible prophétie de Pierre Mendès France il y a 56 ans :

 

     « Le projet (.....) tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XX ème siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes: soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens large du mot, nationale et internationale.»  (Assemblée nationale- 18 janvier 1957).

 

      Il faut espérer que les “14 priorités socialistes pour réorienter l’Europe” proposées par le PS* au Parti Socialiste Européen aideront à une réorientation de l’Europe, qui est devenue indispensable, si nous ne voulons pas que la prophétie de Pierre Mendès France se réalise.

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* Parmi ces 14 priorités figurent les messages politiques essentiels qui recoupent les amendements) au texte national de la Convention Europe du PS présentés par le courant Maintenant la Gauche (voir ICI)

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la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez