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21 juin 2020 7 21 /06 /juin /2020 18:15
Dans une ville touchée par une bombe atomique

    Que se passerait-il dans une ville touchée par une bombe atomique ?

    Devant une telle question, on peut facilement imaginer quelques réactions :

  •  « Ce serait trop horrible. Je préfère ne pas y penser »…..Cela s’appelle du déni.
  • « Cela n’arrivera jamais. D’ailleurs, l’armement nucléaire empêche la guerre nucléaire »…..Bel acte de foi, sauf que nous sommes dans la vie réelle et que de tels dogmes ne correspondent en rien aux risques qui menacent le monde du 21ème siècle.
  • « Un accident ? Impensable. Les systèmes de sécurité sont très au point »…..C’est simplement ignorer les dizaines de fois où le monde est passé à deux doigts de l’apocalypse nucléaire.

     Les lecteurs de ce blog et du site d’IDN savent à quel point de telles réactions sont irresponsables.

     Dans plusieurs livres* que j’ai publiés à propos de l’arme nucléaire, j’ai également répondu en détail à toutes ces questions et montré que la menace nucléaire n’était pas une fiction.

     Je vous recommande de regarder cette vidéo, réalisée en collaboration avec la Croix-Rouge internationale et le Croissant Rouge. Elle explique de façon très expressive l’impact qu’aurait une bombe atomique qui toucherait une ville….une vraie ville et pas celle des jeux vidéo qui connaissent tant de succès auprès des jeunes !

REGARDER la vidéo

Vue près de 11 millions de fois sur YouTube!

__________________________________________

* L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

  Quelques citations sur les armes nucléaires

  Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

  Nucléaire, un mensonge français

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17 juin 2020 3 17 /06 /juin /2020 10:59
AFP PHOTO / DIPTENDU DUTTA) et PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERSAFP PHOTO / DIPTENDU DUTTA) et PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

AFP PHOTO / DIPTENDU DUTTA) et PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

     Pour la première fois depuis 45 ans, des confrontations entre Chinois et Indiens ont fait des dizaines de victimes. Ces affrontements peuvent être lourds de conséquences pour la sécurité mondiale.

     En effet, comme le souligne avec pertinence Pierre Haski dans son éditorial de ce matin sur France Inter (ECOUTER), il s’agit des 2 pays les plus peuplés au monde, gouvernés par des équipes de dirigeants au nationalisme exacerbé et dotés chacun d’un solide arsenal d’armes nucléaires. De plus, l’Inde regarde avec beaucoup de sympathie la stratégie de Donald Trump qui consiste à "encercler" la Chine.

     Cette confrontation, même si elle peut apparaître limitée pour l’instant, justifie l’inquiétude tous ceux, dont je suis avec mon association (IDN- Initiatives pour le Désarmement Nucléaire ), qui alertent sur le risque d’un affrontement nucléaire accidentel *.

*******

     * Si vous êtes convaincus par la pertinence du combat d’IDN, n'hésitez pas à vous informer et nous soutenir (voir le site d’IDN et sur ce blog)

*******

     C’est le moment de revoir cette terrible vidéo animée, dans laquelle William Perry, ancien Secrétaire d'Etat américain à la défense, décrit son cauchemar d'une guerre accidentelle entre l'Inde et la Pakistan.

     Le scénario, mis au point par des experts militaires en armes nucléaires, est destiné à faire comprendre ce que pourraient être les épouvantables conséquences d’un tel accident.....pas seulement en Inde et au Pakistan!

REGARDER 

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16 juin 2020 2 16 /06 /juin /2020 15:21
On peut bien en rire aussi...

Le masque est une contrainte nécessaire....mais parfois pénible. 

 

Alors que les restaurants sont en train d'ouvrir, un ingénieur a trouvé une astuce qui devrait être brevetée!

 

Merci à mon ami Patrick Moulin pour ce "document".

A regarder (25 secondes)

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13 juin 2020 6 13 /06 /juin /2020 11:04
Pandémie et course aux armements : la bourse et la vie
Pandémie et course aux armements : la bourse et la vie

Merci aux médias suisses de donner à nouveau la parole à notre ami Marc Finaud, membre du bureau d’IDN, chargé des questions de prolifération et de désarmement au Geneva Center for Security Policy (GCSP). 

Ce texte, publié dans swissinfo.ch (lire le texte), montre à quel point l’argent, si nécessaire aujourd’hui pour financer la santé publique, est gaspillé dans les dépenses liées à la nouvelle et dangereuse course aux armements.

Il souligne aussi le rôle néfaste du lobby militaro-industriel, déjà dénoncé par le Président américain Eisenhower en 1961 *.

Extraits du texte de Marc Finaud

« Le monde est surarmé et la paix sous-financée », disait Ban Ki-moon quand il était Secrétaire général des Nations unies. Jamais telle constatation n’a été aussi pertinente qu’en ces temps de pandémie. Au sous-financement de la paix, on doit hélas ajouter le sous-financement de la santé publique.

Le monde s’est ému à juste titre du nombre de victimes de la pandémie de coronavirus, qui devrait atteindre le demi-million en six mois. A titre comparatif, c’est le même nombre de morts qui résulte en moyenne chaque année de la violence armée, dont près de 80 000 dans les zones de conflit et le reste dans les pays dits en paix, résultant d’homicides, de suicides et d’accidents du fait d’armes à feu. (….)

Un demi-million, c’est aussi le nombre de morts et de blessés que provoquerait en quelques minutes l’explosion d’une seule bombe nucléaire telle que l’une des 150 déployées par les Etats-Unis dans cinq pays de l’OTAN. Chacune d’elle a un pouvoir destructeur qui peut atteindre 24 fois la bombe de Hiroshima. Et il ne s’agit là évidemment que d’une partie infime des quelque 13 000 armes nucléaires réparties entre 9 puissances nucléaires, dont la capacité représente plus de 2000 fois la puissance de feu de toute la Seconde Guerre mondiale. Un seul sous-marin Trident peut délivrer l’équivalent de 5000 bombes de Hiroshima. (….)

On est en droit d'espérer que devant un tel gaspillage de ressources tournées vers la capacité d’infliger la mort plutôt que vers la protection sociale et sanitaire, la société civile, les parlements, les scientifiques et les médias se mobiliseront. (….)

 

* Discours de fin de mandat du Président Eisenhower (17 janvier 1961)

" Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales, qu’il l’ait ou non consciemment cherchée. Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques."

A lire dans mon livre  Quelques citations sur les armes nucléaires

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8 juin 2020 1 08 /06 /juin /2020 16:27
Le risque de confrontation nucléaire

 

     Voici une émission remarquable de la télévision suisse RTS, qui fait le point de façon claire et très argumentée sur le risque de confrontation nucléaire. Modernisation des arsenaux, traités abandonnés, c’est en effet toute l’architecture du désarmement nucléaire qui se fissure.

 

     Je me permets de vous conseiller vivement de regarder cette émission, qui comprend deux interviews particulièrement éclairants de Marc Finaud, ancien diplomate et membre du bureau d’IDN.

 

 

- Toute l’émission (26’55)   Egalement sur YouTube (déjà regardée plus de 70.000 fois !)

 

- L’abandon des traités de contrôle de l’armement (3’47):

Le reportage fait le point sur le nombre de puissances nucléaires et de leurs armes : plus de 13.000 ogives réparties entre 9 pays menaçant l’humanité et la planète, alors que toute l’architecture des accords bilatéraux et multilatéraux qui avait maintenu une certaine stabilité est remise en cause par les présidents Bush et Trump.

 

- Premier entretien avec Marc Finaud (5’21):

Marc Finaud évoque les anciens dirigeants et militaires qui considèrent que le risque de guerre nucléaire est aujourd’hui plus élevé que pendant la guerre froide. Les raisons : une évolution des doctrines et des choix technologiques qui envisagent clairement l’emploi des armes nucléaires dans des conflits. Les puissances nucléaires ont de fait renoncé à la posture purement dissuasive ou défensive malgré le discours officiel. C’est ainsi que les vecteurs de ces armes sont plus rapides et plus précis et que les ogives nucléaires sont miniaturisées pour les rendre plus « utilisables ». La reprise éventuelle des essais nucléaires par l’administration Trump serait inutile en termes de développement des armes américaines et pourrait entraîner la reprise des essais indiens, pakistanais ou nord-coréens. Avec la Corée du Nord, les sommets Trump-Kim ont été des occasions manquées, faute de négociation sérieuse d’un accord incluant la levée progressive des sanctions et des garanties en échange de la dénucléarisation de la Corée du Nord.

 

- Les missiles hypersoniques, armes du futur ? (2’15):

​​​​​​​Le reportage évoque l’investissement de la plupart des puissances nucléaires dans des missiles encore plus rapides que les missiles balistiques ou de croisière (de 5 à 20 fois la vitesse du son).

 

- Second entretien avec Marc Finaud (6’34) :

​​​​​​​Marc Finaud estime que, techniquement, l’hyper-vélocité des missiles n’offre pas d’avantage réel, contrairement à leur manoeuvrabilité et leur capacité de précision. En fait, ils sont déstabilisants, car ils réduisent à néant le temps d’une intervention capable d’arrêter une offensive, et surtout ils sont capables de contourner toute défense antimissile et constituent une incitation à la première frappe incapacitante contre les capacités de riposte de l’adversaire. La mobilisation de la société civile en faveur du désarmement nucléaire a commencé et doit se poursuivre, même après l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, car il faut abolir ces armes avant qu’elles nous abolissent.

 

- Hausse record des dépenses militaires mondiales (2’48):

​​​​​​​Le reportage fait état des quelque 1917 milliards de dollars de dépenses militaires mondiales en 2019, dans un climat de tensions et de course aux armements ente les grandes puissances.

 

- La crise des missiles de Cuba (1’27) :

​​​​​​​Le reportage fait un rappel de cette crise historique au cours de laquelle le monde a frôlé la catastrophe nucléaire et qui a ouvert la voie à la négociation d’accords de contrôle des armements et de désarmement.

 

- Les prolongements de l’émission (2’24) :

​​​​​​​Le journaliste Marcel Mione évoque les publications et autres initiatives en faveur du désarmement nucléaire et de la sécurité des installations nucléaires.

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 10:54
Et la communauté de communes?
Et la communauté de communes?

Le nouveau conseil communautaire de la 4C (Communauté de Communes du Cordais et du Causse), que je préside, sera mis en place à l’issue du second tour des élections municipales qui aura lieu le 28 juin prochain. Vous pouvez prendre connaissance de l'action de la 4C depuis sa création le 1er janvier 2013 en cliquant sur ce lien: 

 Bilan 2013 – 2020 

********************

     Au regard des dispositions de la loi 23 Mars 2020, pour faire face à l’épidémie de COVID 19, la gouvernance de la Communauté de communes a continué à être assurée par l’équipe des élus formant l’exécutif du précédent mandat et ce pendant les deux mois de confinement imposés par notre gouvernement. Nos équipes ont su s’organiser grâce au professionnalisme et à l’investissement personnel de chacun de nos responsables de service et de la Directrice de la 4C.

     Malgré les contraintes liées à cette situation inédite et, par certains aspects très anxiogènes, le nouveau mode de travail (télétravail) a été très rapidement mis en place. C’est ainsi que nous avons pu répondre dès les premières semaines aux attentes de la population (écoles, collecte des déchets ménagers, accompagnement social, accueil des enfants des personnels soignants,….)

    Cette période de gouvernance complètement inédite et inconfortable pour les vice-présidents restant investis et pour moi-même, va devoir se prolonger jusqu’à l’installation des élus des deux communes pour lesquelles un deuxième tour aura lieu le 28 juin prochain, Saint Michel de Vax et Vaour.

     Par conséquent et conformément aux dispositions prises par le gouvernement, je continuerai, comme je l’ai fait depuis 2 mois, à exercer aux côtés des vice-présidents actuels, la présidence et la gouvernance de la 4C. Nous aurons à régler les affaires courantes en pleine responsabilité, avec l’assistance des responsables de nos services et en proche collaboration avec la Directrice de la 4C jusqu’à la réunion d’installation du nouveau conseil communautaire et à l’élection de son nouvel exécutif. Cette réunion devrait pouvoir se tenir au début du mois de juillet prochain.

Le Président,

Paul Quilès

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 14:59
 « D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate) « D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate)

« D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate)

Je vous recommande la lecture de ce texte, qui me semble utile pour démêler les controverses sans fin entre médecins et "spécialistes" qui alimentent l'anxiété générale.

**************

L’impérieuse nécessité révélée par le Covid-19

 

Par le docteur Bernard Pradines

 

    En ces temps de crise sanitaire, bien des citoyens sont légitimement désorientés. Accoutumés au confort des certitudes scientifiques et médicales, ils regardent avec perplexité des chercheurs répandre des hypothèses parfois contradictoires. Ceux qui les émettent sont souvent privés de leur prestance habituelle : nouvelle vague épidémique ou fin de nos tracas, traitement repositionné ou non, vaccin possible, disponible rapidement ou tardivement ? Pis, d’autres, réputés savants, se déchirent publiquement à propos de l’efficacité et de la dangerosité de telle ou telle thérapeutique.

 

Que s’est-il passé ?

 

    Au début de ma carrière, les cours à la faculté de médecine nous étaient enseignés par des professeurs qui étaient censés connaitre la vérité scientifique. Ils délivraient un message auquel il était bienséant de se référer. « Mon maître X dit que… » et « mon maître Y disait que… » appartenaient à nos arguments définitifs. Quelques congrès et revues nous permettaient de connaitre les réussites, presque jamais les revers de nos confrères. Nous nous informions mutuellement de nos succès et échecs pour en tirer parti au profit de nos patients.

 

    Puis vint progressivement l’«evidence-based medicine ». Traduisez : « la médecine fondée sur la preuve ». Ici, point de mandarin omniscient détenant la bonne démarche diagnostique ou la meilleure conduite à tenir devant une pathologie. Il s’agissait désormais de résultats d’études conduites avec une méthodologie progressivement plus exigeante, plus rigoureuse. Le sésame de la parole écoutée fut davantage dans cette nouvelle dimension : « d’après une étude multicentrique menée aux USA, on peut penser que… ».

 

    Ce phénomène fut accéléré par les scandales thérapeutiques tels que celui du Distilbène, du sang contaminé, de l’hormone de croissance ou encore de l’Isoméride, du Médiator ou de la Dépakine, celle-ci étant pourtant prescrite depuis longtemps. Certaines de nos médications furent déclarées inutiles ; je ne les ai jamais vues réapparaître. Nous apprîmes à différencier une étude observationnelle d’une étude interventionnelle. Nous prîmes conscience de la nécessité d’une rigueur indispensable à une interprétation statistique de qualité, apte à tirer des conclusions utiles en pratique quotidienne. Nous devinrent familiers de termes tels qu’étude rétrospective ou prospective, randomisation, double insu, cross-over. Nous constatâmes que les résultats  étaient  parfois contradictoires et tentèrent d’en appréhender la raison. Nous apprîmes à patienter dans l’expectative de déductions  applicables en pratique. Apparurent des spécialistes, dont les méthodologistes et les statisticiens, toujours plus exigeants. Ainsi nous guettions la méthodologie des études cliniques en quête de leur « robustesse » afin de vérifier si elles étaient « validées ». L’étude critique de la littérature médicale devint un sport favori pour les plus perspicaces.

 

    Des sociétés savantes se développèrent et émirent des recommandations selon les grandes familles de pathologies. Toujours « fondées sur la preuve ».

 

    Le phénomène fut accru par la naissance et le déploiement d’agences chargées d’émettre toutes sortes de « recommandations de bonne pratique ». Exemples français actuels : la Haute Autorité en Santé (HAS) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

 

    La lecture de l’anglais écrit par les médecins, bien loin d’être unanime, s’est suffisamment répandue pour autoriser un accès à des banques internationales de données telles que PubMed. Phénomène bien sûr rendu possible par le développement d’Internet permettant à tout un chacun un accès autrefois réservé aux bibliothèques universitaires. La multiplication des revues et congrès scientifiques nous amena plus souvent à publier nos observations, résultats, éditoriaux ou revues de la littérature. Et à apprécier la problématique des travaux de recherche. Cet exercice nous rapprocha de la difficulté d’une démarche de qualité préalable à toute conclusion bénéfique pour nos patients.

 

Le retour des vieux réflexes

 

    Survient le Covid-19. D’un seul coup d’un seul se réveillent des vieux réflexes sous la pression de citoyens déjà malades ou non, qui attendent et parfois exigent un médicament susceptible de prévenir cette pathologie, de les sauver ou pour le moins d’atténuer leurs souffrances. Face à l’anxiété collective qui monte, les médecins sont brutalement renvoyés au bon vieux temps de l’absence « d’étude clinique bien conduite », une recherche nécessitant presque toujours plusieurs années. Retour aux médicaments au doigt mouillé. La liberté de prescription redevient une exigence pour calmer l’angoisse sociétale. Pis, des patients guéris, parfois célèbres, viennent témoigner de l’efficacité du traitement qui leur a été prescrit. Et de demander que d’autres en bénéficient dans un grand élan d’altruisme toujours désintéressé. C’est donc à une formidable régression à laquelle on assiste. Elle vient marier la valeur, mais aussi le mythe du médicament d’une part avec la société médiatique à flux continu, parfois réduite à quelques mots répétés en boucle d’autre part. Une involution inopinée. Un retour en arrière historique et culturel.

 

L’impérieuse nécessité d’une éducation et d’une information à la santé

 

    La médecine a besoin de temps pour fournir les bases solides d’un traitement, quel qu’il soit. Elle n’est pas exempte de discussions contradictoires et de compétitions d’écoles ou même individuelles. Certes. Mais elle ne doit pas se tromper dans la « balance bénéfice-risque ». « Primum non nocere[1] » fait-on dire à l’un de nos illustres prédécesseurs. Que l’on s’interroge sur la frugalité habituelle des dépenses de recherche est légitime. Que l’on souhaite des publications rapides de résultats s’ils deviennent significatifs est bien normal. Mais réclamer un franchissement des nécessaires étapes de la science aboutirait à se plaindre encore davantage de trop de hâte ayant mis en danger la santé d’autrui et de soi-même.

 

    Non, il n’y a pas 67 millions d’épidémiologistes et d’infectiologues en France. Oui, il y a l’impérieuse nécessité d’une éducation et d’une information à la santé qui intègre la connaissance des démarches indispensables à des déductions adéquates. Au présent et à l’avenir. Pour nous et pour nos descendants.


[1] « D’abord, ne pas nuire » (Hippocrate)

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27 mai 2020 3 27 /05 /mai /2020 11:21
Et maintenant?

Intervention de Paul Quilès

à la suite de l’élection de Bernard Andrieu

comme maire de Cordes

(25 mai 2020)

 

     D’abord un grand bravo à Bernard Andrieu et à toute son équipe !

 

    C'est une tâche exaltante mais délicate qui vous attend, parce que nous allons tous vivre une période difficile. La pandémie menace le monde entier et pas seulement Cordes. Ses effets vont modifier beaucoup de choses dans la vie publique, dans la vie politique, dans la vie internationale.

 

    Mais j'ai confiance, parce que je connais les « anciens » et plusieurs «nouveaux ». Je ne doute pas que vous saurez faire fructifier l'héritage de ces 25 dernières années et des quatre équipes que j'ai conduites, comme on a pu le voir lors des deux expositions qui ont été présentées en 2019. Héritage qui s’est ajouté aux siècles de construction, d'embellissement, de développement de cette cité si envoûtante. Vous aurez certainement à cœur de bien préparer la célébration du 8ème centenaire de Cordes en 2022.

 

   Vous saurez aussi apporter des idées nouvelles, des projets nouveaux, des méthodes nouvelles de gouvernance qui vont s'imposer dans ce qu'on appelle « le monde d’après ». Je sais que mon ami Bernard Andrieu, le nouveau maire de Cordes depuis quelques instants, est un homme rigoureux, compétent et ouvert à ces évolutions. Je ne doute pas qu'il saura diriger votre équipe, enthousiaste et solidaire.

 

    Grâce à lui, grâce aux adjoints de la précédente équipe, François Llonch, Bernard Tressols et Paul Villain, grâce au personnel municipal et en particulier à Danielle Teutsch, les deux derniers mois se sont bien passés, malgré les difficultés liées au confinement, ce qui nous a quand même permis à cette occasion de découvrir les joies des téléconférences !

 

    C'est donc ce soir la deuxième fois que je vous dis « au revoir ». Situation étrange ! Je vous rappelle que, par décision gouvernementale, la réunion du conseil municipal du 20 mars dernier destiné à élire le maire a été annulée, alors que le résultat avait été acquis au premier tour de l’élection municipale, comme dans 86% des communes françaises. Donc, pour 4816 communes seulement, le 2ème tour est repoussé au 28 juin. Cela m’amené à assurer la gouvernance de Cordes, avec l'aide des anciens adjoints et en liaison avec Bernard Andrieu. J’ai eu la même obligation pour la présidence de notre communauté de communes, la 4C, mais cette situation baroque va encore durer un mois jusqu'au 28 juin, puisque 2 communes sur 19 auront leur 2ème tour ce jour- là et je reste donc le président de la 4C pour l'instant.

 

     Ce 25 mai 2020 a pour moi un aspect un peu irréel.

 

     Non seulement parce que je ne vais plus rencontrer tous mes amis de Cordes, les habitants, les associations, les artisans, les artistes, les commerçants, dont je me sentais partie prenante depuis 25 ans. 

 

    Non seulement parce que je ne vais plus voir quotidiennement cette superbe architecture et ces merveilleux paysages que j'aime tant. 

 

     Mais aussi parce que je vais me trouver sans aucun mandat public pour la première fois depuis 42 ans (et 2 mois très exactement), dont 60 % comme maire de Cordes.

 

     Croyez bien que, dans cette situation, je n'éprouve ni frustration, ni nostalgie. C'est tout simplement une nouvelle période qui s'ouvre pour moi, au cours de laquelle je compte passer du temps sur ce que j'aime : la musique, la lecture, l'écriture… Vous pourrez par exemple jeter un œil sur mon blog[1] (sur lequel j'ai déjà écrit 1700 textes depuis 2007).

 

    Je compte aussi passer du temps à conduire les actions que j'ai engagées par ailleurs. Je pense en particulier à IDN[2] (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), association que le préside et qui milite pour la paix, la sécurité et le désarmement. Je me permets à ce propos de vous conseiller de lire le dernier texte sur mon blog intitulé « comment un nouveau monde peut-il naître? ». Je préside aussi le club Démocraties[3], qui organise des débats sur les sujets d'actualité ou de fond.

 

       Et puis, naturellement, je consacrerai aussi du temps à ma nombreuse famille.

 

    Tout cela, je le ferai en suivant la devise qui a toujours conduit mon action : « comprendre, vouloir, agir ».

 

     Ces activités ne m’empêcheront pas de garder contact avec vous et avec Cordes. Je viendrai certainement vous revoir. En attendant, je vous souhaite bonne chance et je ne vous dis pas adieu, mais au revoir dans le sens étymologique du terme, c’est-à-dire au plaisir de vous revoir !

 

Pour écouter l'intervention, c'est ICI

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23 mai 2020 6 23 /05 /mai /2020 09:43
Comment un « nouveau monde » peut-il naître ?

Tribune de Paul Quilès

publiée dans la revue Planète Paix (mai 2020)

La pandémie ne connaît pas de frontière et met en évidence la nécessité d’une coopération multilatérale pour construire la paix et la sécurité.

La pandémie du Covid-19 frappe l’humanité entière. Elle affecte tous les États, la santé de leurs populations, leur économie, leur gouvernance. Elle remet en cause les principes mêmes et les modalités de la coopération internationale. Cette crise sanitaire et économique sans précédent devrait faire émerger une prise de conscience de l’interdépendance de nos sociétés, en rappelant les vraies priorités de notre monde, qui réclament avant tout une solidarité humaine.

Nombre d’États, notamment européens, ont tenté d’apporter une réponse individuelle à la crise, en vain. Face à l’ampleur et l’urgence du défi sanitaire, il est devenu évident que la gestion globale et effective de la pandémie passe par une coopération internationale et régionale en matière de sécurité sanitaire.

Cette lutte contre le Covid-19 doit s’accompagner de réponses à d’autres défis : soutenir les plus démunis, porter secours aux populations dont les systèmes de santé ne peuvent lutter contre la pandémie, faire évoluer nos sociétés et nos économies vers des modes de développement plus écologiques. Il s’agit là d’enjeux à l’échelle de l’humanité. C’est en y répondant que se dessinera le « nouveau monde » dont il est de plus en plus question aujourd’hui.

Une autre condition pour que puisse se construire ce « nouveau monde » est que l’ensemble des États soit en mesure de garantir la sécurité internationale. Or, c’est une vision passéiste des vrais enjeux de sécurité qui guide actuellement les puissances mondiales détentrices de l’arme nucléaire. Incapables de voir que leur stratégie de dissuasion, prétendument infaillible, est vaine pour combattre les menaces du XXIème siècle, elles ont repris une course aux armements, qui se traduit notamment par des dépenses colossales investies dans le développement et la modernisation des armements nucléaires. Rien que pour la France, c’est un budget de 37 milliards d’euros qui est alloué par la Loi de Programmation Militaire à la modernisation de l’armement nucléaire pour les années 2019 à 2025.

Alors qu’aujourd’hui il apparaît indispensable de reconstruire le système de santé et de répondre aux besoins sociaux, ces sommes allouées à une arme inutile et dangereuse paraissent encore plus absurdes. Comme les autres menaces transnationales pour la sécurité dans un monde globalisé, la pandémie ne connaît pas de frontières. Elle vient dans la crise actuelle illustrer les dangers de l’unilatéralisme et la nécessité absolue d’une approche globale, multilatérale et fondée sur la coopération, plutôt que sur des mesures individuelles et égoïstes.

Une autre conséquence majeure de cette crise sur la coopération en matière de désarmement est que les efforts de maîtrise des armements et de désarmement risquent d’être ralentis. Parmi les nombreux évènements annulés ou reportés, figure la Conférence d’examen du Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP), qui devait se tenir à New York fin avril 2020. Ce rassemblement devait être l’occasion de célébrer le 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur de cet important traité qui a limité la propagation des armes nucléaires. Il était d’autant plus important que les dispositifs russo-américains de maîtrise des armements sont progressivement démantelés.

Si l’idée d’un « autre monde » a des chances de voir le jour après la pandémie, il ne pourra se construire qu’en mettant fin à la course aux armements nucléaires et en engageant un véritable processus de désarmement nucléaire multilatéral, progressif et équilibré.

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22 mai 2020 5 22 /05 /mai /2020 12:05
Le déni et l’ignorance face aux dangers pour l’humanité

Voici un texte instructif de mon ami le

Docteur Pradines (bpradines@aol.com)

sur les risques que font courir à l'humanité

le déni et l'ignorance.

 

********

 

     En regardant les visioconférences très instructives diffusées par IDN, nous sommes prévenus des dangers inconcevables que nous font courir la persistance et le perfectionnement des armes nucléaires.

 

     Une occasion nous est ainsi offerte de ne pas rester passifs, de ne pas nous laisser surprendre par le malheur, une fois de plus. L’éducation, les transmissions d’expérience, en un mot la connaissance imposent ce constat : nous savons si nous voulons savoir ! Avec pour corollaire l’action, compétente, motivée, résolue, pour le désarmement.

 

     Nous vivions dans l'insouciance et l'imprévoyance avant la canicule de 2003. Surpris par son caractère inopiné, nous peinâmes à trouver des publications scientifiques préalables sur ce thème. Seule la vague de chaleur de juillet 1995 à Chicago était connue d’un petit nombre de spécialistes. Elle avait tué 739 personnes en cinq jours dans la plus grande ville du Midwest, sur la rive du lac Michigan. Eric Klinenberg nous en a brossé un portrait précis et cruel [1],[2].

 

     En France, en août 2003, quand les premières victimes arrivèrent dans nos Urgences, un premier temps de perplexité fit évoquer une épidémie fébrile, une infection contagieuse.

 

     Dérégulation climatique oblige, un millier de personnes périrent du même fléau en juin 2015 à Karachi. Qui se souvient de ce désastre dans la plus grande ville du Pakistan ?

   

      Nous vivions dans l'insouciance et l'imprévoyance avant la pandémie virale qui a débuté en 2019. Bien sûr, il y eut quelques alertes virales affublées de noms bizarres : SRAS, H1N1, MERS, Ebola, Lassa, Chikungunia, Zika, dengue, etc. Hormis le VIH, ce caravansérail d’épidémies se situait loin de nous : en Chine ou au Moyen-Orient, au Brésil ou en Ouganda, ailleurs en Afrique ou dans l’Océan Indien, au Canada ou ailleurs [3].

     

     Différence considérable avec les désastres précédents, le nucléaire militaire est identifié, répertorié, connu de longue date pour sa dangerosité.

 

      Hiroshima et Nagasaki sont, avec Tokyo, les villes les plus évocatrices du Japon. Ce péril est évaluable, prévisible par la capacité de destruction inédite des armes atomiques. Il est inquiétant par les nombreux incidents et accidents qui nous ont fait frôler l’apocalypse depuis ses débuts. Il ne cesse d’être dénoncé par ceux qui en ont mesuré son caractère absurde et l’utopie aveugle de ses défenseurs. Il ne se contente pas de conséquences d’une inhumanité absolue, inimaginable. Il donne l’illusion fallacieuse d’une efficacité protectrice. Paratonnerre ? Oui, mais dans le sens où il peut attirer la foudre. Juste sur notre sol.

 

      Comment éviter le déni et l’ignorance ?

 

    Certes il n’est pas de bon augure pour sa santé mentale de penser constamment à la prochaine catastrophe. Pis, être une Cassandre revendiquée, fut-elle devenue scientifique, ne favorise pas l’intérêt que l’on veut susciter lors des repas de famille ou entre amis. C’est vrai, on ne brille pas en société avec un tel réalisme.

 

      Pourtant, comme aimait à le dire le président Jacques Chirac, ce qui est important est toujours simple. Les dérégulations climatiques et l’arme nucléaire représentent les menaces manifestes pour l’humanité contemporaine. Allons-nous encore observer longtemps les mouvements favorables au désarmement atomique sans y participer massivement ? A moins de nous laisser surprendre une fois encore, alors que nous étions prévenus.

 

     Le déni et l’ignorance qui s’y attache sont faussement protecteurs.  La connaissance, elle, possède une parenté étymologique légitime avec la sagesse. A l’inverse des fameux trois singes : écoutons, regardons, exprimons-nous.

 


[1] Klinenberg, Eric (2002). Heat Wave: A Social Autopsy of Disaster in Chicago. Chicago, IL: Chicago University Press. ISBN 0-226-44322-1.

Disponible aussi en format numérique : https://tinyurl.com/yaj9cxvf

 

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Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez