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6 août 2013 2 06 /08 /août /2013 08:49

           La commune de Cordes sur ciel, dont je suis le Maire, fait partie du réseau mondial des "Maires pour la paix", présidé par le Maire d'Hiroshima.

 

            En cette journée anniversaire du bombardement nucléaire de sa ville, je vous propose de lire un extrait de la déclaration de Kazumi MATSUI, Maire d' Hiroshima, qui sait de quoi il parle.

   

            Je conseille aussi, notamment à ceux qui préfèrent se voiler la face et répéter les contrevérités habituelles sur l'arme nucléaire, la lecture de ce passionnant texte de Ward Wilson * . Il démontre, archives à l'appui, qu'il n'était pas nécessaire de larguer 2 bombes atomiques sur le Japon pour obtenir sa capitulation et mettre fin à la guerre!

 

***

 

Déclaration de Kazumi MATSUI, Maire d' Hiroshima

 

       « À 8h15 le 6 août 1945, notre ville fut réduite en poussière par une bombe atomique. Nos maisons, notre vie quotidienne, nos coutumes tant aimées, tout disparut : « Hiroshima n’existait plus. La ville n’était plus. Plus de routes, une vaste étendue de gravats brûlés s’étendait tristement devant moi, à perte de vue. Je suivis des lignes électriques tombées le long de ce que je prenais pour des rails de tramway. Ce qui restait de la voie était brûlant. La mort était partout. » Telle était notre ville vue par une jeune fille devingt ans. Telle était Hiroshima pour tous les survivants. Les festivals, les sorties en bateau, la pêche et la récolte des palourdes, les enfants qui attrapent des crevettes, c’est tout un mode de vie qui disparut de nos rivières bien-aimées.

 

      Pire encore, la bombe souffla littéralement les vies de tant d’êtres humains : « Je parcourais la ville en camion avec une équipe de la sécurité civile afin de récupérer les cadavres. Comme je n’étais qu’un enfant, je devais les prendre par les chevilles mais la peau se détachait aussitôt. Je n’avais aucune prise. Je m’armai de courage, serrai fort avec le bout des doigts mais la chair se mit à suinter dans une horrible puanteur. J’attrapai directement l’os. Au compte de trois, nous lancions les corps dans le camion. »

 

       Comme le relate l’expérience vécue par cet enfant de 13 ans, notre ville était devenue un véritable enfer. Il y avait des cadavres partout, empilés les uns sur les autres. Au milieu de gémissements étranges, des nourrissons tétaient encore leurs mères décédées, alors que des mères abasourdies au regard vide serraient contre elles leurs bébés morts.

 

       Une jeune fille de 16 ans perdit les membres de sa famille les uns après les autres: «Mon frère de sept ans fut brûlé de la tête aux pieds et mourut peu après le bombardement. Un mois plus tard, ce fut au tour de mes parents, puis de mon frère de 13 ans et de ma soeur de 11 ans. Il ne restait plus que moi et mon petit frère de trois ans, qui mourut plus tard d’un cancer.» Des nouveau-nés aux personnes âgées, 140 000 personnes perdirent la vie à Hiroshima avant la fin de l’année.

 

     Hiroshima fut plongée dans l’obscurité. Les hibakusha – survivants de la bombe atomique – ont vécu le bombardement, ont dû en subir les effets et affronter les préjugés de la société. Malgré cela, ils n’ont pas attendu pour partager leur expérience avec le monde entier. Passant outre leur rage et leur haine, ils révélèrent la cruauté absolue des armes nucléaires et travaillèrent sans relâche pour les faire abolir. Nous voulons que le monde entier apprenne leur détresse, leur chagrin, leur douleur et leur dévouement.

 

     Aujourd’hui, la moyenne d’âge des hibakusha est de 78 ans. De nombreux citoyens ordinaires ayant émis le souhait de recueillir et de partager leur expérience, la ville d' Hiroshima a commencé à former les successeurs officiels des hibakusha. Décidés à ne jamais oublier le bombardement atomique, nous voulons démontrer à tous, au Japon et à l’étranger, le désir des hibakusha de parvenir à un monde sans armes nucléaires.

 

     Peuples du monde, mais surtout chefs d’états dotés d’armes nucléaires, venez à Hiroshima et méditez sur la paix dans notre ville touchée par la bombe atomique!

                          (....)

     Une fois de plus, nous prions pour que l’ensemble des victimes de la bombe atomique repose en paix. Depuis notre ville d' Hiroshima, nous promettons de transmettre au monde entier l’expérience vécue et le désir de nos hibakusha et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour établir la paix dans un monde sans armes nucléaires.»

_____________________________________________________

* Publié sur le site Slate.fr

Hiroshima, 6 août 1945
Hiroshima, 6 août 1945
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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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4 août 2013 7 04 /08 /août /2013 19:39

      C’était en 1983. La reine Elisabeth II d’Angleterre venait de préparer un discours en prévision du dclenchement de la Troisième Guerre Mondiale

 

       Telle est l’incroyable révélation faite par les très sérieuses Archives nationales britanniques, qui ont publié il y a quelques jours cet étonnant document.

 

Extrait

      " Aujourd'hui, la folie de la guerre s'étend de nouveau sur le monde et notre courageux pays doit se préparer à survivre, confronté aux pires obstacles. Je n'ai jamais oublié la peine et la fierté que j'ai ressenties avec ma soeur lorsque, depuis notre nursery, nous avons écouté les mots inspirés déclamés par notre père en ce terrible jour de 1939. Je n'aurais jamais pu imaginer que cet horrible devoir me reviendrait un jour.

      Nous savons tous que les dangers auxquels nous devons faire face aujourd'hui sont bien supérieurs à ceux traversés auparavant au cours de notre longue histoire. L'ennemi n'est plus un soldat armé d'un fusil, ni même un pilote bombardant nos villes, mais le pouvoir fatal de nouvelles technologies mal exploitées.

     Mais, quelles que soient les horreurs qui nous attendent, toutes ces qualités qui nous ont aidés à préserver notre liberté par deux fois déjà lors de ce terrible siècle nous donneront  de nouveau la force dont nous avons besoin. » (…..)

 

     Il s’agissait de préparer le Royaume-Uni à l'éventualité d'un conflit nucléaire avec l’Union Soviétique, considéré comme proche, compte tenu du climat de tension qui régnait entre l’Est et l’Ouest.

 

     C’était l’époque où Ronald Reagan, président des États-Unis, parlait de l'URSS comme de « l’empire du mal » et installait les nouveaux missiles Pershing 3 en Europe.

 

     C'était l'époque où, côté soviétique, Andropov, qui avait succédé à Brejnev, âgé et en mauvaise santé, ne voulait surtout pas faire preuve de faiblesse à l'égard de l'Occident et développait un discours guerrier qui entretenait les inquiétudes.

 

     C’était l’époque où les Américains préparaient un « bouclier anti missile », dans le cadre de l’IDS (Initiative de Défense Stratégique). Destiné à protéger les Etats-Unis contre une attaque soviétique, ce projet délirant, plus connu sous le nom de « Guerre des étoiles », n’a jamais vu le jour, mais a contribué à faire monter la pression….à un point tel qu’un exercice de l’OTAN a failli conduire à une véritable catastrophe nucléaire !

 

                          Voir le film « 1983 : au bord de l’apocalypse nucléaire »

 

     Ces documents apportent à nouveau la preuve que le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de cette époque et qu’il est vain, voire dangereux de répéter le mêmes formules, en croyant que la sécurité de notre pays peut être assurée avec la même doctrine qu’il y a 30 ans….dont on réalise d’ailleurs à quelles catastrophes elle a failli conduire      

 

      C’est pourquoi des centaines de personnalités ayant exercé de hautes fonctions dans le domaine de la défense ou des affaires étrangères se sont prononcées sans ambigüité en faveur du désarmement nucléaire.

 

      Ces responsables politiques, ces anciens chefs d’Etat ou de gouvernement, ces généraux savent de quoi ils parlent. Ils ont eu à connaître de près le développement de l’arme nucléaire. Ils ont été associés  à l’élaboration des doctrines changeantes de son utilisation. Ils ont même parfois été partie prenante à la folle course aux armements. Je suis fier de me trouver à leurs côtés dans ce combat pour un monde plus sûr.    

La 3ème guerre mondiale ?La 3ème guerre mondiale ?La 3ème guerre mondiale ?
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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 15:49

Cordes fait partie depuis sept mois de

 la Communauté de Communes du Cordais et du Causse, 

qui rassemble 18 communes et que je préside.

 

Cette collectivité a une activité intense

dans de multiples domaines

-l’action sociale, le développement durable,

les écoles, la culture, le tourisme...-

comme on peut le constater dans ce bulletin (été 2013)

 

LIRE

L'intercommunalité en pratique
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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 12:26

      Ce n'est pas parce que Cordes est "sur ciel" 

et que la manifestation "le ciel sur Cordes"

se déroule en ce moment dans la cité

que nous y avons un "Jardin des Paradis",

mais parce qu'en Persan,

paradis signifie enclos!

 

      Si vous voulez en savoir plus sur ce jardin extraordinaire,

 

 visionnez le beau reportage de France 2,

diffusé le 31 juillet au Journal télévisé de 13h

(entre 33'20 et 35'30)

voir ausi sur Dailymotion

 

      N'hésitez pas non plus à regarder cette galerie de photos

 

     Mieux encore, venez visiter Cordes et son Jardin des Paradis

Une visite au paradis
Une visite au paradisUne visite au paradis
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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 11:11

       De très nombreuses personnalités* ont écrit sur Cordes, pour en vanter les beautés ou les mystères.

 

      Un des plus étranges témoignages est certainement celui de Thomas Edward LAWRENCE, dit Lawrence d’Arabie** (1888 - 1935), qui décrit dans une lettre*** l’état de la Cité médiévale, qu'il vient de visiter.

 

      Je rassure les visiteurs : depuis 105 ans, les Cordais ont largement fait évoluer leur Cité, qu’ils ont embellie, tout en lui conservant son authenticité médiévale et ce que Lawrence d’Arabie appelait son "cachet", si bien que, comme le disait le jeune peintre anglais, Cordes est toujours "une ville de rêve"!

 

*******

 

Dimanche, le 9 août 1908, Hôtel du Nord, Cordes, Tarn.

 

       Cordes, encore un autre de ces endroits indescriptibles, sans aucun parallèle possible. Penser qu'une telle ville existe, dans notre Europe du XXe siècle !

 

       Cordes est un paradis pour un peintre... Prends une colline, trop escarpée pour qu'un cheval y tire une charrette ; ajoute des maisons toutes du XIVe siècle, à part quelques-unes tout à fait modernes en comparaison : Renaissance, mettons ; des rues - pour la plupart en escalier, aux marches irrégulières et en mauvais état - passant sous des passages voûtés et des tunnels, contournant des encoignures et entrant dans des cours, s'élargissant parfois en une "place", parfois en un cloaque.

 

     Couvre ces ruelles avec des herbes, mets-y des tas d'ordures, de la vigne et des fleurs; remplis-les d'une population pittoresque, bien que sordide, jette çà et là quantité de ruines, une ou deux églises, des remparts, huit ou dix portes fortifiées du XVe siècle, des portes exquisement sculptées, regorgeant de fer, des serrures forgées Renaissance et des gonds qui vaudraient une fortune en Angleterre ; fais tes maisons de pierre, de brique, de tuiles, de plâtre et de bois, mais non pas d'un de ces éléments seulement ; rapièce une maison de pierre avec de la brique ou du bois, et vice versa ; fais en sorte que le plâtre s'écaille, où l'effet en sera le plus artistique ; fais que les rues les plus sales et les plus tortueuses aient aussi le plus de fleurs et de plantes grimpantes, les plus belles fenêtres flamboyantes et les arcades les plus réussies ; en réalité, ajoute tout ce qui a du cachet ou du charme en étant délabré juste où le pittoresque le réclame davantage et où c'est pratiquement le plus invraisemblable ; inonde le tout d'une flambée de couleurs, avec de la crasse ; et tu seras en bonne voie pour construire un Cordes, bien que tu puisses n'atteindre jamais la réalité avec ses métiers à main et ses aires, ses poteries et ses fruits.

 

      Un artiste pourrait (sauf fièvres) peindre ici pendant un an sans se répéter, et tous ses tableaux seraient beaux : c'est une ville de rêve, avec aussi, en plus, un brin de cauchemar.

_______________________________________________________

 

* Les écrits de ces personnalités, de Prosper Mérimée  à Albert Camus, de Charles Portal à Jeanne Ramel-Cals, ont fait l’objet d’une brochure (« Ils ont écrit Cordes ») et d’une exposition à la maison Fonpeyrouse de Cordes en décembre 2004.

 

** Archéologue passionné, orientaliste et agent politique britannique. Auteur des Sept piliers de la Sagesse (1926). Etudiant, il parcourut la France en bicyclette, intéressé par l'architecture militaire. Le 9 août 1908, venant de Carcassonne, il est à Cordes. Il a 20 ans. Voici la lettre qu’il écrit après sa visite.

 

*** Lettres- Traduction  de Etiemble et Yassu Gauclère, Gallimard, 1948

Lawrence d’Arabie parle de Cordes
Lawrence d’Arabie parle de Cordes
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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 21:31

      Du lundi 29 juillet au vendredi 9 août, Cordes sur Ciel se met à l’heure spatiale pour accueillir la deuxième édition de l’opération « Le Ciel sur Cordes ».

                                       

      Aux côtés de la mairie, le CNES, l’Agence Spatiale Européenne, Arianespace, Astrium et Thales Alenia Space prennent part à cet évènement, dont le but est de conjuguer histoire et modernité, en ouvrant une fenêtre sur le spatial dans un cadre architectural unique.

 

     L’architecture de Cordes sur ciel servira de théâtre à la présentation de différentes maquettes de satellites dédiés à l’exploration de l’Univers, à l’exploration de notre planète ou aux télécommunications.

 

      Le public pourra aussi participer à de nombreuses animations, organisées dans toute la cité, suivre la rediffusion d’un lancement et participer à de nombreuses conférences autour de thèmes tels que les sciences de l’Univers ou la vie à bord d’une station spatiale. Une exposition de maquettes sera présentée au Musée d’Art Moderne et Contemporain.

 

Lundi 29 juillet : Journée d’ouverture

 

      Jean-François Clervoy, spationaute français, sera présent lors de l’inauguration, qui se déroulera également en présence de Jean-Yves Le Gall, Président du CNES, de Paul Quilès, ancien Ministre de l’espace et de Josiane Chevalier, Préfète du Tarn.

 

     De 14h à 19h : animations dans les rues de Cordes, à la mairie et dans la cour du Musée d’Art Moderne et Contemporain.

Exposition de maquettes dans la salle Gagnaire du musée.

 

     De 14h à 20h : projection de films institutionnels des partenaires sur grand écran et TV de rappel sous la Halle.                                      

 

     De 20h30 à 22h : conférence-débat animée par le journaliste Michel Chevalet avec la projection du film « Vivre dans l’espace » commenté par Jean-François Clervoy.

 

     De 22h à 22h30 : retransmission en différé du lancement d’Alphasat, le satellite le plus sophistiqué au monde, par Ariane 5 (lancement effectué le 25 juillet).

 

Du lundi 29 juillet au samedi 3 août :

de 10h à 12h et de 14h à 19h

 

     Animations dans le haut de la cité avec Planète Sciences et  Les Petits Débrouillards.

 

Mercredi 31 juillet

 

      Atelier-Rencontre à la Médiathèque du Pays Cordais, autour d’un auteur spécialisé.  En partenariat avec l’association Délire d’Encre.

 

Mardi 6 août 

 

De 18h à 19h, au Jardin des Paradis : lecture d’extraits du livre « Légendes du Ciel  Etoilé » par l’auteur, Amandine Marshall


De 20h à 21h : conférence-débat « Curiosity 1 an après », par Alain Gaboriaud
 

De 21h à 22h : conférence-débat « Rosetta la mission », par Philippe Gaudon
 

De 22h à 24h : soirée d’astronomie. Découverte en nocturne sur les remparts de Cordes.

 

Du lundi 29 juillet au vendredi 9 août

 

    Exposition spatiale permanente dans la ville.

Le ciel sur Cordes (programme)
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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 18:06

       Je sors de la réunion tenue à Carmaux, en présence du maire de la ville, Alain Espié, du secrétaire de l'association "Histoire(s) du Pays de Jaurès", Pierre Battaglia et du metteur en scène, Claude Moreau, pour présenter le spectacle "Jaurès, une voix pour la paix", qui sera joué du 8 au 15 octobre dans la salle François Mitterrand.

 

      J'ai perçu avec satisfaction le même enthousiasme que lors de la préparation du spectacle "Ils ont tué Jaurès" (1994) parmi les bénévoles qui participeront au montage et à la réalisation de ce beau projet.

 

Revoir des extraits du spectacle de 1994

 

       Bientôt, un site Internet vous en dira plus sur le contenu du spectacle et sur sa préparation. Vous y trouverez aussi des documents sur Jaurès et sur l'actualité de son message.

 

       A quelques jours du 31 juillet, où l'on commémorera le 99ème anniversaire de la disparition de Jaurès.....souvenons-nous.

 

******

 

" Ils ont tué Jaurès" 

 

        Ce cri terrible résonne dans les rues de Carmaux dès l’annonce de l’assassinat de Jean Jaurès. L’émotion et la tristesse sont à la mesure de l’événement que constitue la disparition tragique de celui qui vient,    deux mois plus tôt, d’être élu pour la 6ème fois député socialiste de Carmaux.

 

          La tragédie est double : Jaurès assassiné le 31 juillet 1914 et le lendemain, c’est  la guerre !

 

        Pendant toute la journée du 31, Jaurès s’affaire à la Chambre des députés pour tenter de s’opposer à un conflit dont il pressent qu’il pourrait être effrayant. Il débat avec le groupe socialiste. Il rencontre le sous- secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et il demande une médiation anglaise, pour faire reculer l’Allemagne. Mais il comprend que rien désormais n’est plus possible et que la marche vers la guerre est malheureusement inéluctable. Alors, il passe à son journal, à l’Humanité, pour préparer un article cinglant dénonçant les fauteurs de guerre. Auparavant, il va dîner avec quelques amis au Café du Croissant et c’est là que Raoul Villain tire sur lui les 2 coups de feu qui mettent fin à ses jours.

 

       Ce tragique événement a été le point de départ de la grande fresque que nous avons réalisée ici, à Carmaux, il y a quelques années. Nous avons voulu faire revivre les moments forts de la vie du grand tribun socialiste que fut Jaurès, parce que c’est ici qu’il a ancré son adhésion au socialisme, ici qu’il a mené ses premiers combats aux côtés des mineurs et des verriers, ici qu’il a façonné les chemins de sa pensée politique. C’est certainement pour cela que le spectacle a rencontré un immense succès à travers toute la France et tout particulièrement dans le Carmausin. Pour les 500 bénévoles et pour tous ceux qui ont vibré à l’évocation de l’histoire de Jaurès, ces moments inoubliables ont laissé une marque indélébile dans les mémoires.

 

       Mais le rappel d’un souvenir, l’évocation d’un événement, aussi fort soit-il, ne suffit pas. Les hommes et les femmes de gauche ne doivent pas oublier la modernité et l’actualité de la pensée de Jaurès !

 

      Modernité et actualité… que d’affirmer la nécessité d’aller plus loin dans l’approfondissement de la République ; …que de répéter que les droits sociaux sont indissociables des droits politiques ;…que de combattre pour l’abolition de la peine de mort ;…que de plaider pour l’arbitrage international des conflits et de rejeter les solutions militaires pour les résoudre.

 

      Ce sera justement le but du spectacle de 2013, joué à Carmaux en avant première des commémorations de 2014, qui fera revivre l'actualité du message de Jaurès sur la guerre et sur les causes des conflits qui conduisent parfois à l'affrontement: nationalismes, racisme, exploitation du travail, rivalités économiques.....

 

      Il faut relire Jaurès, quand on est socialiste. Méditer son histoire, sa pensée et surtout sa pratique. Celle d’un Jaurès à la fois intellectuel et philosophe brillant, homme politique influent, journaliste courageux, militant socialiste ardent et sans tache, parlementaire actif, présent sur tous les terrains, sachant faire la synthèse entre l’action locale, les discours à la tribune de la Chambre des députés, les débats dans les congrès de son parti et l’action au sein de l’Internationale socialiste.

 

       Orateur exceptionnel, qui maniait le verbe avec un rare bonheur devant tous les publics, Jaurès ne cédait jamais à la démagogie, même sur la forme, puisqu’il considérait qu’il ne fallait pas mépriser le peuple en réservant la belle langue aux élites.

 

      Mais la grandeur de Jaurès, c’était probablement d’agir, car qu’est-ce que la parole sans l’acte ? Et Jaurès n’a cessé d’agir : pour la paix, contre la guerre ; pour l’unité des socialistes ; pour la défense des plus humbles ; pour la justice (son combat pour la réhabilitation de Dreyfus). Comme il agissait, il était critiqué, détesté. Nul ne fut plus que Jaurès l’objet d’un tel dénigrement, d’une telle haine. Il ne faut pas l’oublier, car, avec le temps, on a parfois tendance à donner de lui une image consensuelle, presque « bonhomme », alors qu’il était un homme au tempérament fort, un lutteur déterminé à défendre à tout prix ses convictions.

 

       Il en fut d’ailleurs la victime le 31 juillet 1914. Ce jour là, son assassin pensait tuer tout ce qu’il représentait. Près d'un siècle plus tard, sa mémoire reste bien vivante, son message de paix reste toujours actuel. Sa pensée porte l’espoir, plus que jamais.

 

        Laissons le dernier mot à François Mitterrand, qui parlait si bien de Jaurès :

 

      « Sa pensée est une espérance, mais elle n’est jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (…) Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel.

 

      C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires »

. ________________________________________________________________

* D'après un discours que j'ai prononcé à Carmaux le 31 juillet 2006

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 07:45

Si vous avez l'occasion de venir à Cordes cet été,

 

ne manquez pas:

 

 

- Le 42 ème festival de musique, "Musique sur ciel",

 

du 20 au 25 juillet

 

     Présentation du festival

 

      Voir le programme

 

Et, chaque jour, au cœur de la cité de Cordes,

 

      les Impromptus

(durée : 20 mn, suivies d’une discussion avec les artistes)

 

       Ces courts intermèdes musicaux offerts dans l’espace public sont destinés à surprendre le public au détour d’une rue, d’un parc, d’un monument. Leur forme favorise la proximité avec le public. Les Impromptus symbolisent l’ouverture de Musique sur Ciel, l’accessibilité au répertoire classique, la convivialité, la surprise…

 

- Le Ciel sur Cordes

 

du 20 juillet au 10 août

                                            

      Avec le CNES, l’ESA, Planète Sciences Midi-Pyrénées, Ariane Espace et la Cité de l’Espace. Jean-François Clervoy, spationaute français et Jean-Yves Le Gall, Président du CNES seront présents pour l’inauguration le lundi 29 juillet et le journaliste Michel Chevalet animera une partie de la soirée.

     Vous retrouverez également des animations dans les rues de Cordes sur plusieurs journées et une exposition de maquettes au Musée d’Art Moderne et Contemporain.

                                                  Voir le programme

                                                   ***

   Et ce que vous avez déjà manqué........

 

- Le Comité du Grand Fauconnier a invité

 

"Les Chevaliers de la Table Ronde" à Cordes

 

les 13 14 juillet

 

                   

 

- L'inauguration du nouvel Office de tourisme

 

                                   

        La Maison Gaugiran, siège de l'Office de tourisme

La Halle de Cordes

La Halle de Cordes

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 10:06
      Une récente étude de la Royal Statistical Society révèle l'immense écart entre ce que les Britanniques pensent de leur pays et la réalité reflétée par les statistiques officielles. Elle s'interroge sur les raisons de cet écart et sur la responsabilité des médias et des responsables politiques à cet égard.
 
      Cette étude concerne les Britanniques.....mais est-on bien sûr que certaines remarques ne concerneraient pas aussi les Français?
 

      " S'il n'est pas étonnant que les gens portent parfois un regard quelque peu biaisé sur certaines questions, le gouffre qui sépare leurs perceptions de la réalité n'en est pas moins monumental. Cet écart a de lourdes conséquences sur le plan politique.

      On peut par exemple citer le fait que les Britanniques donnent en moyenne une estimation du taux de grossesse chez les adolescentes 25 fois supérieure à la réalité. Une vaste majorité pensent également que la délinquance augmente ou reste constante alors que les chiffres officiels révèlent une diminution de 53% entre 1995 et 2012. Les gens surestiment aussi la fraude aux allocations sociales qu'ils croient 34 fois plus élevée que la réalité. Dans leur esprit, la fraude représente 24% de la facture totale alors que ce chiffre ne concerne que 0,7% des cas. Quand on leur demande de choisir quelle mesure permettrait de dégager le plus d' économies, un tiers des participants opte pour une limitation des prestations sociales à environ 30 000 euros. Ils sont deux fois moins nombreux à choisir l'allongement de l'âge de la retraite à 66 ans pour les hommes comme pour les femmes. Et pourtant, en réalité le plafonnement des prestations sociales ne rapporterait qu'un peu plus de 335 millions d'euros contre environ 5,7 milliards d'euros (soit presque 20 fois plus) pour l'allongement de l'âge de la retraite.

      Plus d'un quart des personnes interrogées placent l'aide internationale parmi les deux ou trois premiers postes du budget. Ils sont encore plus nombreux à mettre ce poste de dépense avant les retraites ou l'éducation qui représentent respectivement un montant 74 fois et 51 fois plus élevé. En moyenne, les Britanniques pensent que les musulmans représentent 24% de la population alors qu'ils ne sont en réalité que 5%. Le nombre d'immigrés est également estimé à un niveau deux ou trois fois supérieur à la réalité.

Cynisme endémique

      Il est tentant d'attribuer cette situation aux authentiques mensonges que véhiculent les médias et les responsables politiques, et de se rappeler la formule de l'écrivain sénateur, Al Franken, à propos des mensonges et des menteurs qui mentent. Ce ne sont pas les exemples qui manquent. Des ministres comme Iain Duncan Smith et Jeremy Hunt – sans parler de Harriet Harman avant eux – ont régulièrement été rappelés à l'ordre par leurs propres services statistiques après avoir diffusé des informations trompeuses ou franchement fausses. Pendant ce temps, les innombrables manquements des journaux et des chaînes de télévision en matière de recoupement de l'information alimentent quotidiennement les pages de sites comme l'incontournable fullfact.org.

      Ce n'est pourtant qu'une partie du problème. Cela fait longtemps que le public ne croit plus un mot prononcé par un responsable politique. Et c'est peut-être là une des causes profondes du problème. Les chiffres de l'économie et de la délinquance font l'objet – à juste titre – d'une méfiance endémique. Ce cynisme est tellement répandu que même les études les plus sérieuses sont suspectées de sortir tout droit de l'imagination de leurs auteurs.

      Le véritable problème n'est pas la malhonnêteté mais l'omission. Les journalistes parlent de délinquance et de fraude aux allocations sans donner de contexte ou d'ordre de référence. Et il n'y a pas que les tabloïds de centre-droit. Les médias de gauche et centre-gauche s'émeuvent de la fréquence des violences domestiques sans jamais rappeler que ces incidents – aussi terribles soient-ils – ont diminué de 69% au cours des vingt dernières années.

Anecdotes individuelles

      Les statisticiens de la Royal Statistical Society ont naturellement plaidé pour une meilleure pédagogie autour de leur science, notamment dans les écoles. Cela serait certainement une bonne chose mais je ne pense pas que ce soit le cœur du problème. Ce n'est pas que les gens ne connaissent pas la différence entre une moyenne et une valeur médiane ou pensent qu'un intervalle de confiance est ce dont a besoin un joueur de tennis entre deux jeux. Le problème n'est pas que les gens ne comprennent pas les statistiques, c'est qu'on ne les leur donne pas. Résultat, notre vision de la société est constituée d'anecdotes individuelles et de faits divers, comme si nous la regardions constamment à travers un long tube étroit qui ne nous permet de voir que des fragments et jamais l'ensemble du tableau. Nous faisons alors appel à nos biais cognitifs et heuristiques pour combler les vides.

      Nous n'avons pas besoin d'une meilleure compréhension des statistiques mais d'une meilleure compréhension des médias et des sciences politiques. Les responsables politiques et les médias déplorent régulièrement le cynisme du public et le manque d'engagement citoyen. L'étude d'aujourd'hui montre qu'au contraire, le public n'est pas assez cynique. Le problème n'est pas le scepticisme des gens mais leur crédulité. Si les responsables politiques veulent vraiment inciter les Britanniques à participer à la démocratie, la solution est simple. Commencez par nous dire la vérité, toute la vérité."

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 22:25

         Cette excellente tribune de Cécile Alduy a été publiée dans le quotidien Le Monde. Elle analyse avec beaucoup de pertinence le discours du Front National.

 

         A lire pour mieux comprendre le danger de ce mouvement et mieux définir la stratégie pour le combattre.

.

           Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, au Parlement européen à Strasbourg le 2 juillet.

 

Mythologie du discours frontiste

 

         "Paroles, paroles, paroles..." Marine Le Pen aime chanter ce tube de Dalida pour dénoncer les promesses de vent de ses adversaires politiques. Pourtant, s'il est bien un parti qui, faute de mandat exécutif, existe avant tout comme discours, c'est le Front national. Car tout autant qu'un groupe politique, c'est un système de communication global – des hommes mais aussi des mots –, qui explique son succès.

 

         Dès la fin des années 1970, les leaders du parti, s'inspirant du théoricien socialiste Antonio Gramsci, se lancent explicitement dans une bataille sémantique. Or un retour sur quarante ans de parole frontiste révèle une remarquable stabilité des structures profondes de ce discours extrême. Au-delà des effets de surface – néologismes et calembours du patriarche, humour policé de la fille –, ce sont les mêmes mythes ancestraux que propage le Front national depuis sa création en 1972 : décadence, nostalgie d'un âge d'or révolu, théorie du complot et appel au chef messianique trament un récit national d'une efficacité redoutable.  (....)

 

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez