Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 22:25

         Cette excellente tribune de Cécile Alduy a été publiée dans le quotidien Le Monde. Elle analyse avec beaucoup de pertinence le discours du Front National.

 

         A lire pour mieux comprendre le danger de ce mouvement et mieux définir la stratégie pour le combattre.

.

           Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen, au Parlement européen à Strasbourg le 2 juillet.

 

Mythologie du discours frontiste

 

         "Paroles, paroles, paroles..." Marine Le Pen aime chanter ce tube de Dalida pour dénoncer les promesses de vent de ses adversaires politiques. Pourtant, s'il est bien un parti qui, faute de mandat exécutif, existe avant tout comme discours, c'est le Front national. Car tout autant qu'un groupe politique, c'est un système de communication global – des hommes mais aussi des mots –, qui explique son succès.

 

         Dès la fin des années 1970, les leaders du parti, s'inspirant du théoricien socialiste Antonio Gramsci, se lancent explicitement dans une bataille sémantique. Or un retour sur quarante ans de parole frontiste révèle une remarquable stabilité des structures profondes de ce discours extrême. Au-delà des effets de surface – néologismes et calembours du patriarche, humour policé de la fille –, ce sont les mêmes mythes ancestraux que propage le Front national depuis sa création en 1972 : décadence, nostalgie d'un âge d'or révolu, théorie du complot et appel au chef messianique trament un récit national d'une efficacité redoutable.  (....)

 

Lire la tribune

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 17:00

 

 

 

                                                      Interview publiée

                               par le Courrier du Parlement

 

        "Ancien ministre de la Défense puis président de la commission de la Défense nationale de l’Assemblée nationale pendant cinq ans, Paul Quilès a commencé à douter de la pertinence de la dissuasion nucléaire il y a une quinzaine d’années.

 

      Aujourd’hui, il va plus loin, en contestant son utilité même, fruit d’un héritage historique dépassé et du lobby militaro-industriel. Il publie un livre, Arrêtez la bombe, pour justifier sa position en faveur d’une dénucléarisation."

 

Lire l'interview

 

Nucléaire : le livre bombe de Paul Quilès
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 14:30

                                       

       La découverte que le système des écoutes américaines concerne aussi les alliés des Etats-Unis a de quoi nous scandaliser. Mais s'agit-il d'une nouveauté?

 

      Il y a 13 ans, en 2000, alors que je présidais la Commission de la défense de l'Assemblée Nationale, j'avais demandé que soit réalisé un rapport d'information sur le "système Echelon".

 

     La lecture de ce rapport, rédigé par Arthur Paecht, surprendra ceux qui pensent que l'on ignorait les méthodes américaines de renseignement. Il est dommage que certaines préconisations de ce rapport n'aient pas été prises au sérieux à l'époque!

 

     Bonne lecture.

                                                    Paul Quilès

 

Plan du rapport

 

I. - LE SYSTÈME ECHELON : UNE RÉALITÉ DONT LES CONSÉQUENCES SONT DIFFICILES À APPRÉCIER 9

A. Une organisation vraisemblablement détournée de sa FINALITÉ MILITAIRE INITIALE 9

1. Le développement du réseau dans un contexte de guerre froide 9

a) Un pacte initial marqué par le contexte historique 9

b) Un développement spectaculaire qui a suivi celui des technologies 12

c) Un partenariat à plusieurs niveaux 14

2. Un réseau détourné de sa vocation initiale 15

a) La possibilité d'utilisation des écoutes à des fins économiques 15

b) Les réactions des industriels concernés par les écoutes 19

 

B. L'INCERTITUDE SUR LES CAPACITÉS RÉELLES DU SYSTÈME 20

1. La thèse maximaliste 20

a) La vulnérabilité des technologies de l'information 21

b) Le débat sur les capacités techniques du système 23

2. La thèse du scepticisme 24

 

C. LES RAISONS DE LA MÉDIATISATION ACTUELLE 26

1. Les raisons avancées le plus souvent 26

a) La critique de la déviation du système 26

b) La rupture du lien entre les membres du Pacte 27

c) L'influence des groupes de pression américains au nom de la défense des libertés individuelles et de la protection des règles du commerce 27

d) L'intervention du Parlement européen 29

2. Les hypothèses extrêmes 29

a) Les rivalités américaines 29

b) Une possible mystification 30

 

D. LES RÉPONSES DES PAYS EUROPÉENS FACE AUX SYSTÈMES D'INTERCEPTION DES COMMUNICATIONS 31

1. Les réactions officielles à l'existence d'Echelon 31

a) La position du Gouvernement fédéral allemand 31

b) La position des autorités belges 32

c) La position des autorités britanniques 34

d) La position du Gouvernement français 34

2. Les réticences des services de renseignement 36

a) La tradition de coopération bilatérale entre services de renseignement 36

b) Les systèmes nationaux ou multinationaux 38

 

CONCLUSION DE LA PREMIÈRE PARTIE : VERS UNE STRATÉGIE GLOBALE DE CONTRÔLE DE L'INFORMATION ? 39

 

II. - LES MOYENS DE PROTECTION DES SYSTÈMES DE COMMUNICATIONS 41

A. La cryptologie 43

1. L'historique de la cryptographie : une dynamique sans cesse en évolution 43

a) L'utilisation de chiffres alphabétiques 43

b) De la mécanisation à l'utilisation des ordinateurs 44

c) La cryptographie à clés publiques 45

2. Le dilemme de la cryptographie : entre libertés publiques et sécurité nationale 46

a) Les logiciels de chiffrement 47

b) Les systèmes de séquestres et d'authentification 48

 

B. LA SITUATION JURIDIQUE DES INTERCEPTIONS ET DE LA CRYPTOLOGIE 49

1. La réglementation internationale concernant les interceptions des communications 49

a) Un régime international somme toute permissif 49

b) L'absence de réglementation européenne 50

c) Le cas particulier des interceptions légales 52

2. Le renvoi aux dispositifs nationaux 52

a) Le cas des pays européens 52

b) Aux Etats-Unis : une protection réservée aux citoyens américains 53

 

C. LES SYSTÈMES DE SÉCURITÉ DES COMMUNICATIONS EN FRANCE 54

1. L'évolution récente des dispositifs 55

a) La libéralisation de la cryptologie : un nouveau cadre juridique 55

b) Le développement des moyens de confidentialité et d'intégrité 57

c) Les programmes de protection 57

2. Le SGDN et la sécurité des systèmes d'information 59

a) Les missions confiées au SGDN 59

b) Les missions et les moyens de la DCSSI 60

 

III. - LA RÉACTION EUROPÉENNE AU SYSTÈME ECHELON 63

A. L'intérêt exprimé pour la question au sein des instances EUROPÉENNES 63

1. Les travaux du Parlement européen 63

a) Le rapport sur l'état actuel de la surveillance électronique 64

b) Le document sur les techniques permettant de lutter contre les formes d'interception 64

c) L'étude sur la légalité des interceptions 66

d) L'analyse des risques possibles des interceptions et la vulnérabilité du commerce électronique 66

e) La constitution d'une commission parlementaire 67

2. Le silence embarrassé de la Commission 69

 

B. UNE POSITION AMBIGUË 69

1. La mise en oeuvre d'un système de surveillance européen 69

a) Les projets liés à la définition d'intérêts communs 69

b) Les limites à l'élaboration d'un système commun 70

2. Les perspectives ouvertes par la politique européenne de sécurité et de défense 72

 

CONCLUSION GÉNÉRALE 75

1. A partir de quelques certitudes sur Echelon... 75

2. ...Quelles peuvent être des propositions concrètes pour diminuer les risques ? 76

 

EXAMEN EN COMMISSION 79

 

ANNEXE N° 1 87

ANNEXE N° 2 89

 

Présentation du rapport

 

MESDAMES, MESSIEURS,

 

      A la suite de la parution de plusieurs rapports du Parlement européen sur le réseau Echelon et d'interrogations de l'opinion publique reflétées par la presse à l'automne 1999, la Commission de la Défense nationale a décidé, le 29 février dernier, de confier à un de ses membres un rapport d'information sur les « systèmes de surveillance et d'interception électroniques pouvant mettre en cause la sécurité nationale ». La Commission a également décidé d'associer aux activités du rapporteur d'information un groupe de travail dans lequel chaque groupe politique serait représenté1.

 

       Votre Rapporteur a été amené à s'interroger principalement sur plusieurs thèmes de réflexion :

- il a tout d'abord voulu comprendre la nature exacte du réseau Echelon, analyser ses capacités réelles et estimer ses véritables dangers (notamment à l'égard des enjeux de sécurité et d'une utilisation à des fins économiques). A ce titre, il a essayé de comprendre les moyens techniques dont les services de renseignement peuvent disposer pour recueillir l'information, la traiter et la diffuser ;

- il s'est ensuite interrogé sur les raisons de la « médiatisation » actuelle du réseau dit Echelon c'est à dire de l'intérêt subit pour les réseaux d'écoutes. Pour l'expliquer, il a donc cherché à savoir s'il n'y avait pas des raisons complexes s'apparentant par exemple à des manipulations ;

- il a également souhaité comprendre l'attitude des gouvernements occidentaux non membres du pacte fondateur d'Echelon, d'une part à l'égard des réseaux d'interception, d'autre part sur l'éventualité d'une coopération européenne des services d'écoute des communications ;

- enfin, il a cherché quels moyens permettraient de réduire la vulnérabilité des administrations, des services publics, des sociétés et des particuliers aux interceptions de leurs communications. Il s'est ainsi demandé quelle forme pourrait prendre une collaboration permettant aux Etats de l'Union européenne d'adopter une position commune face aux intrusions manifestes qui peuvent léser leurs intérêts.

 

       L'objet de la mission d'information a été considéré comme difficile par tous les interlocuteurs rencontrés par votre Rapporteur, certains se félicitant cependant de l'intervention du Parlement et considérant que tout débat sur un tel sujet était sain. Les difficultés les plus importantes ont concerné les rencontres que votre Rapporteur a souhaité avoir avec les responsables des services de renseignement. En France, le ministère de l'Intérieur a permis à votre Rapporteur de rencontrer deux responsables de la Direction de la sécurité du territoire dont le directeur lui-même et le ministère de la Défense a accepté une audition du directeur général de la sécurité extérieure. De plus, la Délégation générale à l'armement a présenté à votre Rapporteur certains de ses chercheurs dans le domaine des écoutes.

 

      A l'étranger, votre Rapporteur s'est heurté à une fin de non-recevoir de la part des autorités américaines et britanniques.

 

      Il est tout d'abord intéressant de souligner que le refus des Britanniques s'est fondé sur le fait que votre Rapporteur n'était « même pas membre d'une délégation parlementaire chargée du contrôle des services de renseignement ». Cette attitude ne peut que conforter la Commission de la Défense dans l'idée que l'inscription de la proposition de loi visant à la création d'une telle structure à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale est plus que jamais nécessaire.

 

       Aux Etats-Unis, les réticences de l'administration, malgré les relances répétées de notre Ambassade à Washington, sont difficilement compréhensibles. Il a été expliqué qu'il ne s'agissait pas d'une commission d'enquête mais d'une mission d'information venant recueillir l'avis des responsables américains. Le refus de recevoir votre Rapporteur, pris semble-t-il au plus haut niveau après de nombreuses délibérations, a comme conséquence de relancer toutes les suspicions sur le rôle d'Echelon et des Etats-Unis en particulier. Il est d'autant plus surprenant que des responsables ou d'anciens responsables d'agences fédérales se sont exprimés publiquement sur le sujet. L'ensemble des interlocuteurs rencontrés à Washington a d'ailleurs exprimé son incompréhension vis-à-vis de ce refus.

 

       L'objectif du rapport d'information n'a donc pu être, dans un premier stade, que d'apporter des précisions sur les capacités d'un système d'écoutes international nommé Echelon, d'en évaluer les risques à l'égard de la sécurité nationale et de formuler quelques propositions qui visent avant tout à protéger les acteurs français de l'interception de leurs communications. (....)       

Lire le rapport

Ecoutes américaines: pas nouveau....
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 10:02

      Une conférence sur le désarmement nucléaire a été organisée le 28 mai 2013 à la Faculté Champollion d’Albi.


      En présence d'une assemblée fournie, j'ai débattu avec Jean-Marie Muller, porte-parole national du Mouvement pour une Alternative Non Violente.

 

      Voici 2 articles sur cette réunion:

 

* dans la Dépêche du Midi: "Pour que la France s'implique"

 

* sur le site du Diocèse d'Albi: le compte rendu du P. Denis Guiraud

Débat sur le désarmement nucléaire
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 21:12

           En août 1994, le spectacle évènement « ils ont tué Jaurès », présenté sur le site de la mine à ciel ouvert de la Grande Découverte de Carmaux, a rencontré un grand succès.                                           

                                             

      Visionner un extrait du spectacle  

   

    

        Nous avons souhaité recommencer, en donnant à Carmaux un nouveau spectacle intitulé « Jaurès, une voix pour la paix », en avant-première de la commémoration du centenaire de l’assassinat de Jaurès et du début de la première guerre mondiale en 2014. Ce spectacle pourra être repris à cette occasion dans plusieurs villes françaises.

 

      Les représentations auront lieu du 8 au 15 octobre 2013 dans la salle François Mitterrand, ancienne salle de la Verrerie de Carmaux, lieu emblématique des combats de Jean Jaurès il y a un siècle.

   

      Ce spectacle vivant (voir annexe 1*), mis en scène par Claude Moreau, présente l’histoire du grand tribun, assassiné à la veille du déclenchement du premier conflit mondial du XXème siècle.

 

         Il fait revivre, à partir de la tragédie de 1914-1918, l’actualité du message de Jaurès, sur la guerre et sur les causes des conflits qui conduisent parfois à l’affrontement : nationalismes, racisme, exploitation du travail, rivalités économiques…. On y trouve une évocation de son action inlassable pour la paix, pour une Europe unifiée, pour la dignité humaine (voir synopsis en annexe 2*).

_________________________________________________________________

 

* Les annexes 1 et 2 peuvent se lire en bas de l'article publié à ce sujet sur le site de l'Association des Maires du Tarn

Jaurès au Pré Saint Gervais

Jaurès au Pré Saint Gervais

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 11:00
                            Couverture livre (finale)    
   Communiqué de presse  
                                     

       Dans son discours prononcé à Berlin, Barack Obama vient de faire part    de sa volonté de tourner définitivement la page de la Guerre froide, pour que le monde ne vive plus dans la peur de l'anéantissement global. Il a appelé la Russie à poursuivre les efforts prévus par les traités pour réduire les arsenaux nucléaires stratégiques et à engager un mouvement de réduction des armes nucléaires tactiques avec ses alliés de l’OTAN.

 

       Face à cette annonce forte, on ne peut se contenter de reporter le poids de la responsabilité mondiale du désarmement nucléaire uniquement sur la Russie et les Etats-Unis. C’est ce que fait traditionnellement la France, qui continue à moderniser son arsenal nucléaire.

 

       Dans ce contexte, Paul Quilès, Bernard Norlain et Jean-Marie Collin ont décidé de créer l’association " Arrêtez la Bombe" (ALB), du nom de leur dernier ouvrage (Edition Le Cherche-Midi), avec pour objectifs de :

 

- démontrer que l’arme nucléaire et le concept de dissuasion n’ont plus la même pertinence face aux défis du monde actuel;

  - dénoncer la désinformation qui entoure ce sujet et favoriser l’ouverture d’un débat;

           - agir pour le désarmement nucléaire.

 

       L’association mènera ses actions à travers l’organisation de débats, la diffusion d’information et de publications sur les thèmes du désarmement et de la non-prolifération nucléaires en France et dans le monde.

 

« Arrêtez la Bombe » (ALB), association loi de 1901

Siège social : 23 rue d’Alleray- Paris (15ème)

Email : arretezlabombe@yahoo.fr

Retrouvez nos informations sur: https://www.facebook.com/arretez.labombe 

__________________________________________________________________

Paul Quilès a été ministre, notamment de la Défense, président de la commission de la Défense puis vice-président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale. Il est maire de Cordes-sur-Ciel, dans le Tarn, et a signé l’appel de « Global Zero ».

Son blog : http://paul.quiles.over-blog.com/

 

Bernard Norlain est général d’armée aérienne (2S). Il a été chef de cabinet militaire des Premiers ministres Jacques Chirac puis Michel Rocard. Ancien pilote de chasse, il fut à la tête de la force aérienne de combat, puis nommé, par la suite, directeur de l’Institut des hautes études de Défense nationale.

 

Jean-Marie Collin est un consultant indépendant sur les questions de défense et de sécurité internationale et le directeur pour la France du réseau international des Parlementaires pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement (PNND).

Son blog Défense et Géopolitique : http://alternatives-economiques.fr/blogs/collin/

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 16:43

                                                 Une autre Europe est possible

     Il a été souvent question de l’Europe ces derniers jours au Parti socialiste. D’abord à l’occasion d’une rencontre avec les responsables des partis de gauche et progressistes européens, puis lors d’une Convention nationale, qui faisait suite au vote des militants sur un texte et des amendements.

 

      Au cours de ces réunions, j’ai entendu beaucoup de discours émouvants et d’analyses pertinentes (que je fais miennes), mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque quelque chose pour rendre crédible ce souhait d’une « autre Europe ». Emmanuel Maurel a fort bien résumé cette attente dans son discours à la Convention (que vous retrouverez ICI), en s’exclamant « assez de paroles, des actes ! »

 

      La veille, dans le même registre, Jacques Delors avait mis en garde contre une évolution du discours sur l’Europe, qu’il comparait à « la messe sans la foi ». Propos de croyant, mais aussi d’Européen convaincu, désolé de voir le beau projet européen mis en danger par certains choix des dirigeants et par leur incapacité à empêcher la technocratie de prendre le pas sur les décisions politiques.

 

      Il faut lire à ce sujet l’excellente tribune de Thomas Piketty « Changer d’Europe pour surmonter la crise », qui se conclut par un constat et un questionnement : « A partir du moment où l’on a choisi il y a plus de 20 ans de partager notre souveraineté monétaire, nous sommes de fait dans un système fédéral. La question est simple : veut-on aller sans cesse plus loin dans le fédéralisme technocratique ou est-on enfin prêt à miser sur le fédéralisme démocratique ? »

 

      Je ne peux m’empêcher aussi de penser à la terrible prophétie de Pierre Mendès France il y a 56 ans :

 

     « Le projet (.....) tel qu’il nous est présenté, est basé sur le libéralisme classique du XX ème siècle, selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes: soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie, on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique, au sens large du mot, nationale et internationale.»  (Assemblée nationale- 18 janvier 1957).

 

      Il faut espérer que les “14 priorités socialistes pour réorienter l’Europe” proposées par le PS* au Parti Socialiste Européen aideront à une réorientation de l’Europe, qui est devenue indispensable, si nous ne voulons pas que la prophétie de Pierre Mendès France se réalise.

_______________________________________________________________

 

* Parmi ces 14 priorités figurent les messages politiques essentiels qui recoupent les amendements) au texte national de la Convention Europe du PS présentés par le courant Maintenant la Gauche (voir ICI)

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Europe; PS; International
commenter cet article
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 08:52

         Tribune de Paul Quilès et Shlomo Ben Ami *

 

    publiée dans Le Figaro du 19 juin 2013.

 

       Le résultat de l’élection présidentielle iranienne va-t-il permettre de sortir de l’impasse dans laquelle sont enfermées les relations entre l’Iran des mollahs et la communauté internationale ? L’accession à la présidence de la République islamique de Hassan Rohani, qui avait accepté en 2004 de suspendre les activités iraniennes d’enrichissement d’uranium, ouvre-t-elle de nouvelles perspectives et contraindra-t-elle le Guide, Ali Khamenei, à davantage de souplesse dans les négociations ?

 

      Il faut le souhaiter, car l’épreuve de force dure depuis plus de onze ans. Pendant tout ce temps, on a assisté à la répétition incessante du même scénario : des demandes catégoriques des grandes puissances et du Conseil de sécurité de l’ONU suivies d’apparentes concessions iraniennes, bientôt reprises. Puis de nouvelles demandes et de nouveaux faux-fuyants.

 

      Au-delà de cette comédie diplomatique, une réalité semble s’imposer derrière la scène : malgré les contrôles sur les exportations, malgré les actions de contre prolifération, malgré des sanctions financières et commerciales qui ruinent son économie, l’Iran progresse vers son but, qui est de maîtriser le cycle du combustible nucléaire et de produire assez de matière fissile pour pouvoir développer une arme nucléaire lorsqu’il le décidera.

 

Une alternative catastrophique

 

      Faut-il conclure à l’échec de la diplomatie et, comme Nicolas Sarkozy il y a six ans, évoquer, en des termes trop simples, une « alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran » ? Car dans les faits, il n’y a, pour l’ensemble des parties, aucune autre perspective que la négociation. L’enjeu est bien, comme François Hollande l’a souligné le 8 mars dernier à l’occasion de sa rencontre avec Shimon Peres, de « convaincre les autorités iraniennes de prendre les négociations avec le plus grand sérieux et de trouver une issue qui permette de donner toutes les garanties que l’Iran, grand pays, n’a pas à accéder à l’arme nucléaire ».

 

      Pour l’Iran, la poursuite de l’actuelle confrontation est périlleuse : la répression ne suffira pas éternellement à contenir le mécontentement provoqué par la dégradation continue de son économie et la menace d’une action militaire s’alourdit à mesure que le temps passe. Pour les États-Unis, l’Europe et Israël, le recours à la force serait une demi-mesure et un échec sérieux. Une demi-mesure parce que l’action de force retarderait le programme iranien sans l’arrêter (on ne bombarde pas un savoir-faire technologique), un échec sérieux parce qu’elle aggraverait les fractures diplomatiques du monde, multiplierait les dangers et transformerait l’Iran de réprouvé international en victime d’une agression illégale, car non autorisée par l’ONU.

 

Quel compromis ?

 

      Un compromis reste possible. Il reposerait sur les éléments suivants :

-  l’acceptation, une fois la confiance établie sur la nature exclusivement pacifique du programme iranien, d’une capacité d’enrichissement contrôlée, encadrée et plafonnée à un niveau civil, dans la ligne de l’accord proposé par le Brésil et la Turquie en 2010 ;

- l’application du régime renforcé de contrôle de l’AIEA sur tout le territoire de l’Iran ;

- la surveillance stricte des flux d’uranium quelle qu’en soit la forme.

 

       En contrepartie, les sanctions seraient levées progressivement et la coopération dans les applications nucléaires manifestement dépourvues de tout caractère militaire pourrait reprendre progressivement, conformément au TNP (Traité de Non-Prolifération), qui reconnaît le « droit inaliénable » des États non-dotés de l’arme nucléaire à conduire des activités nucléaires pacifiques, « sans discrimination ».

 

      Pour parvenir à une solution de ce type, il faut encore que les stratégies occidentales et iraniennes se rejoignent. L’Iran doit renoncer à se donner une garantie illusoire de sécurité en accédant au « seuil » de l’arme nucléaire. Les États-Unis et l’Europe doivent miser sur le combat politique et diplomatique pour faire évoluer le régime iranien.

 

Une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen Orient

 

      Pour parvenir à cette convergence des stratégies, il nous paraît indispensable d’élargir le champ de la négociation et de poser clairement le problème de l’élimination de toutes les armes de destruction massive du Moyen-Orient.

 

      L’obstination iranienne et les réticences russes et chinoises à l’égard d’une accentuation des pressions et des sanctions s’expliquent aussi par le sentiment que l’Occident pratique à l’égard de l’Iran une politique des « deux poids, deux mesures ». Le refus de reconnaître le problème posé par les capacités nucléaires attribuées à Israël en fait « le secret le plus mal gardé du monde ». Ce n’est que récemment que la question des armes chimiques syriennes a été dramatiquement posée. Mais personne ne parle du refus de l’Égypte d’adhérer à la convention d’interdiction de l’arme chimique, Israël l’ayant signée mais suspendant toujours sa ratification. Or, pour l’Égypte comme pour la Syrie, l’arme chimique semble être considérée comme l’instrument de la « dissuasion du pauvre ».

 

      Le principe d’une conférence internationale sur la négociation d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient a été acté lors du dernier examen de la mise en œuvre du traité de non-prolifération. Son lieu a été fixé (Helsinki) mais sa date a été repoussée à une échéance indéterminée. L’obstacle invoqué pour justifier sa non-tenue est la persistance des tensions régionales et le blocage du processus de paix israélo-palestinien. Cet argument peut sembler étrange, dans la mesure où la finalité de cette rencontre consiste justement à tenter de lever les tensions !

 

Un changement radical d’approche

 

      Il faut reconnaître que la question des activités nucléaires iraniennes n’est qu’un élément de la problématique globale de construction d’une architecture de sécurité et de coopération au Moyen-Orient, qui a été posée dès le début des années 90. C’est ainsi que la conférence de Madrid de 1991 sur la paix entre Israël et les Palestiniens avait permis la constitution d’un groupe de travail israélo-arabe sur le contrôle des armements et la sécurité au Moyen-Orient. Les discussions au sein de ce groupe de travail ont certes achoppé sur la question de la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, Israël considérant que la question du nucléaire ne pouvait être négociée que dans le cadre d’une paix globale. Mais tous les participants reconnaissaient le lien unissant l’ensemble des questions de sécurité dans la région.

 

      La solution du problème iranien ne peut pas être trouvée dans la répétition indéfinie d’une démarche manifestement sans issue. Elle ne passe pas non plus par une nouvelle confrontation armée aux conséquences incalculables. La nouvelle configuration du pouvoir à Téhéran offre à la communauté internationale une chance à saisir sans délai.

 

      Il faut donc un changement radical d’approche, qui suppose que quatre conditions soient remplies :

-  ne plus dissocier les activités nucléaires iraniennes de leur contexte géopolitique;

 

- s’engager véritablement en faveur d’une conférence sur une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient;

 

- ramener Israéliens et Palestiniens à la table des négociations, ce qui implique qu’Israël cesse de préempter un éventuel accord final par la construction de nouvelles implantations;

 

-  et, face au chaos qui menace, parvenir, avec toutes les parties intéressées, à un règlement politique de la crise syrienne.

----------------------------------------------------------------------------

* Paul Quilès est ancien ministre français ; Shlomo Ben Ami est ancien ministre israélien ; tous deux sont signataires de l’appel de Global Zero pour un désarmement nucléaire multilatéral.

Iran : va-t-on sortir de l’impasse ?
Repost 0
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 11:10

    

 

Invité par Martine Aubry, maire de Lille,

 

je serai présent demain

 

à la cérémonie organisée dans sa ville

 

en hommage à Pierre Mauroy.

 

 

Ecouter les enseignements de Pierre Mauroy

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 09:12

Jean-Marie Colin,

 

co-auteur avec le général Bernard Norlain et moi

 

du livre "Arrêtez la bombe!" 

 

s'exprime sur les failles de sécurité

 

concernant la base de sous-marins nucléaires de l'Ile Longue

 

révélées par l'enquête du Télégramme

 

Visionner son interview sur France 3 Bretagne

Sécurité de la base nucléaire de l'Ile Longue
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez