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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 20:23

Azawad.jpg
         Le danger djihadiste est réel au Mali, mais il ne doit pas faire oublier la réalité de ce pays et notamment celle du Nord Mali, l’Azawad.

   

        Dans cette région, vaste comme la France, vivent 1,2 million de Touaregs, dont les revendications ont été étouffées par les agissements des mouvements terroristes. Il est vrai que le mouvement de libération de l’Azawad, le MNLA, avait fait jonction avec les groupes jihadistes, notamment Ansar Dine, pour combattre contre l’armée malienne et la repousser vers le sud.


       La rupture est intervenue en juin 2012, lorsque les exactions de ces groupes et leur détermination à faire applique la « charia » sont devenues insupportables.


       Aujourd’hui, les risques sont grands pour les populations du Nord, si l’on en croit cette interview de l’écrivain touareg Moussa Ag Assarid.

                                          Lire l’interview

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 23:36

Mali-2.jpg     Depuis l’annonce de l’intervention militaire française au Mali, les commentaires mélangent allègrement quatre problèmes que cette opération serait censée résoudre : l’intégrité de l’Etat malien, la sécurité des 6000 ressortissants français,  le sort de nos otages, la lutte contre le terrorisme islamiste.

 

     
       Essayons d’y voir clair. 
La communauté internationale s’est mobilisée contre le danger que représente l’influence grandissante de cette forme de terrorisme dans certaines zones du monde et on ne peut que s’en réjouir. Cette prise de conscience me semble malheureusement tardive, s’agissant du Mali. Déjà, le 14 avril 2012, j’attirai l’attention sur « les risques d’un Mali effondré » (voir ci-après) et je proposai une action internationale rapide, en concluant : «Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie. »


      Huit mois plus tard, le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a finalement adopté la résolution  2085, qui « autorise le déploiement d’une force internationale au Mali », la MISMA.


      Cette résolution précise que « l’opération sera conduite avec des troupes combattantes exclusivement africaines et une forte mobilisation de l’Union européenne sur les plans financier et logistique » (voir communiqué du Quai d’Orsay). Elle demande aussi aux Etats membres de l’ONU « de fournir un appui, coordonné à la MISMA, en étroite coordination avec celle-ci et avec les autorités maliennes, notamment sous la forme de formations militaires, de fourniture de matériel, de renseignement, d’appui logistique et de tout type d’aide nécessaire pour réduire la menace posée par des organisations terroristes… »


      L’inquiétude du gouvernement malien devant la percée des combattants islamistes vers le Sud l’a amené à demander une accélération de l’aide internationale. A l’évidence, les Etats africains de la CEDEAO n’étaient pas prêts et c’est dans ces conditions que la France vient de faire intervenir ses forces militaires.


     Espérons que cette opération sera efficace, mais il faudra que l’on précise bien lequel ou lesquels des quatre problèmes que j’évoquais en commençant elle est censée résoudre.


    Il me semble également indispensable, de façon à éviter toute ambigüité, que le Conseil de sécurité donne un mandat explicite  à la France, puisque, malgré les soutiens (verbaux) des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de l’Allemagne, et en l’absence regrettable de l’Union Européenne, la France risque de se retrouver seule à faire face à une situation particulièrement complexe. 

                                                    Voir aussi sur le site de MEDIAPART 

                                                    
                          Lire également: Que va-t-il se passer au Nord du Mali
_______________________________________________________________________

 

Mali           

                        Les risques d’un Mali effondré 
                               (publié le 14 avril 2012)

 


     Parmi les nombreux sujets de préoccupation liés à la situation internationale (Syrie, Iran, Soudan, Corée du Nord….), ce qui se passe au Mali ne semble pas passionner l’opinion française. Et pourtant, les risques sont grands, suite au putsch militaire contre le président Touré, qui a provoqué l’effondrement politique du pays, sa division en deux parties et une grande liberté d’action pour les groupes islamistes.

 

      Malgré les efforts de la CEDEAO[1], qui ont permis le rétablissement d’un précaire pouvoir civil dans le sud, on est loin d’un retour à la normale. Seule une mobilisation internationale forte, rapide et coordonnée peut permettre à la région de retrouver une stabilité régionale déjà bien érodée.

 

Un putsch aux conséquences lourdes

 

     Le 22 mars dernier, un groupe de militaire dirigé par le capitaine Sanogo prenait le pouvoir à Bamako. Selon ce dernier, le putsch avait pour but de préserver l’intégrité territoriale du pays, menacée par la rébellion touareg.

 

    Son effet fut parfaitement contraire : en moins de deux semaines, les forces du MNLA[2]se sont emparées de la moitié nord du pays.

 

    Sur ce territoire, sont alors rapidement sortis au grand jour des groupes islamistes radicaux liés à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et concurrents du MNLA. Un de ces groupes, Ansar dine, contrôle ainsi Tombouctou, où il recruterait des combattants ; un deuxième, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a pris en otage sept diplomates algériens.

 

Une situation instable

 

    Au sud, le pouvoir confisqué par les putschistes a été redonné aux autorités civiles sous la pression de la CEDEAO. L’ancien président Touré ayant démissionné, le pouvoir a été confié au président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, investi président vendredi dernier. L’accord prévoit que le futur premier ministre aura les pleins pouvoirs pour composer avec les différents mouvements armés.

 

     Au nord, le MNLA s’est arrêté de son propre chef aux portes de Mopti, au centre du pays. Il tente probablement de contrôler désormais le territoire conquis, disputé par les groupes islamistes. Au-delà d’AQMI, d’Ansar dine et du Mujao, on parle aussi de la présence du groupe Boko haram, connu pour ses attentats antichrétiens dans le nord du Nigéria, à plus de 1500 km de là.

 

Des risques majeurs pour la région

 

    Si aucune issue n’est trouvée à la partition actuelle du pays, les touaregs du MNLA tenteront sûrement de conserver leur territoire, déclaré indépendant sous le nom d’Azawad. Une force militaire de la CEDEAO est à l’étude ; elle aurait pour but de rétablir l’autorité de l’État malien dans le nord du pays, ce qui sera d’autant plus difficile sans légitimité électorale. Une tentative de conquête du sud du Mali par le MNLA ou un autre putsch militaire, même si ces hypothèses sont moins probables, ne sont pas à exclure.

 

     Au-delà des frontières maliennes, le risque est grand de voir s’établir un vaste sanctuaire pour les groupes islamistes radicaux s’étendant de la Mauritanie au Nigéria. AQMI a fait école et les groupes qui lui sont affiliés, implantés localement, sont autant de risques de déstabilisation pour les pays ouest-africains, d’autant plus que les capacités militaires comme la légitimité démocratique de nombreux gouvernements de la région sont limitées.

 

Quelle action internationale est possible ?

 

     Si le Mali s’effondrait et avec lui la région ouest-africaine, les conséquences seraient catastrophiques pour les populations africaines. Devant un tel risque, la mobilisation internationale doit être forte et coordonnée.

 

    Un accord doit impérativement être trouvé entre le nouveau pouvoir civil et le MNLA. Cet accord pourrait prévoir à la fois un calendrier électoral national et un calendrier référendaire d’autonomisation du nord. Afin de garantir la mise en place de cet accord, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait appuyer la constitution d’une force militaire régionale. Cette force, contrôlée par la CEDEAO ou l’Union africaine, aurait pour mission de rétablir le Mali dans ses frontières et d’empêcher le développement de groupes islamistes radicaux, locaux ou internationalistes.

 

      La France s’honorerait à favoriser toute action allant dans ce sens. Elle pourrait ainsi organiser à Paris une conférence d’entente entre les autorités civiles de Bamako et le MNLA, proposer un texte au Conseil de sécurité invitant au déploiement d’une force militaire de la CEDEAO et soutenir ces deux initiatives dans un cadre diplomatique multilatéral.

 

      Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie.

                                                      Paul Quilès


[1]Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

[2]Mouvement national de libération de l’Azawad  

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 23:47

 FrancoisMiterrand-PaulQuiles3.jpg

    En ce jour d'anniversaire
de la disparition de François Mitterrand,
je relis un texte que j'ai écrit il y a quelques années.
Il me semble toujours pertinent.......

 

       "Qu'on ait aimé ou pas l'homme qu'il fut, force est de reconnaître qu'il laissera une trace dans l'histoire de notre pays.

 

       François Mitterrand ne nourrissait aucune illusion sur les ressorts profonds de la nature humaine en politique. Il ne serait donc pas surpris d'entendre ceux de ses "amis" qui l'ont tant dénigré, surtout vers la fin, lui rendre aujourd'hui de vibrants hommages et se réclamer de sa filiation. Il sourirait certainement -et les apprécierait à leur juste mesure- en lisant les commentaires parfois élogieux de certains de ses adversaires, qui, après l'avoir durement combattu, reconnaissent aujourd'hui les qualités de l'homme politique et la valeur de ses enseignements.

 

       Le bilan des deux septennats de François Mitterrand est contrasté. Les responsables politiques ont naturellement tendance à le juger sans faire totalement abstraction de leurs engagements partisans. Quant aux commentateurs, il n'est pas évident qu'ils disposent encore d'assez de recul pour juger sereinement de cette tranche d'histoire.

 

       On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, de plus en plus dominée par l'hyperpuissance américaine, a vu également l'influence de certains acteurs se renforcer. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives islamistes et le terrorisme mondialisé.

 

       En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué…même si les changements dans ce domaine sont probablement moins forts qu'on semble parfois le croire. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs supportent de moins en moins le carcan de la Vème République, que François Mitterrand avait malheureusement accepté et qui rend aujourd'hui le débat politique au sein des institutions trop fréquemment décalé par rapport aux réalités vécues par les citoyens.

 

      Pour autant, en dépit de ces évolutions, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense essentiellement au rôle que celui-ci attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

 

     Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si la crise et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin.

 

      Quant à la méthode qui fut celle de Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, personne ne peut nier qu'elle reste totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent du rassemblement (des socialistes, de la gauche, des Français).

 

     Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité.

 

     C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, qui pouvait parfois apparaître froid et distant, avait la capacité rare de savoir mobiliser et entraîner les hommes. Souhaitons que d'autres responsables politiques sachent s'inspirer de cette leçon, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays."

 

                                             ****************

      " L'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude." (François Mitterrand , dans « Ma part de vérité »)

      " L’homme politique s’exprime d’abord par ses actes ; c’est d’eux dont il est comptable ; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son oeuvre d’action." (François Mitterrand , dans « Mémoire à deux voix », avec Elie Wiesel)

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 12:55
2013.jpg        
        En général, nous n’avons que peu de prise et d’influence sur le destin individuel de celles et ceux à qui, en début d’année, nous souhaitons bonheur, santé, réussite….

       
      Pourtant, ce moment peut être une occasion de réfléchir au sens de notre action, personnelle et collective. C’est ce que je fais depuis des années et, en relisant ces réflexions, je me suis dit qu’elles étaient encore pertinentes pour l’année 2013. Jugez plutôt:
        
       . " Avec Martin Luther King, considérons que l’espoir, c’est de monter la première marche quand on ne voit pas tout l’escalier" (2008)
        . "Comme Gramsci, si l’on est pessimiste par la raison, il faut avoir l’optimisme de la volonté" (2009)
        . "Sachons nous indigner et ne pas nous résigner, ainsi que le recommande Stéphane Hessel" (2011)
        . "Considérons, comme Vaclav Havel, qu’avoir de l’espoir, ce n’est pas croire que les choses vont se passer bien, mais c’est croire qu’elles auront du sens" (2012)
              
       Franchement, en cette période troublée et de doute que nous vivons, je ne sais pas quoi rajouter. Si, si…..je vous souhaite une bonne année 2013 et tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite !!
                
       Bien cordialement.
                                                  Paul Quilès
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 10:32

 

   Ignorance-et-indifference-copie-1.JPG

 

     En 2013, je ne vous souhaite ni ignorance,  ni indifférence ! Je vous souhaite par contre d’avoir l’énergie et la volonté de participer à tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. 
                             Paul Quilès 
  

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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 10:53

Bravo à François Morel, qui,

dans son billet  de ce matin sur France Inter

("Défendons les riches, taxons les pauvres"),

réussit, avec son humour dévastateur,

à faire passer quelques fortes vérités

sur la richesse et la pauvreté.

Comme on dit, mieux vaut en rire....

Ecouter

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 22:59

J'ai été stupéfait de constater le déferlement de bêtise
-bien exploité médiatiquement-
qui a entouré la prétendue "fin du monde".
J'ai trouvé cela pénible
et ça m'a rappelé
cette pertinente remarque:

etre-con.jpg

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 00:23

Afghanistan.jpg   Enfin, les derniers combattants français sont rentrés d’Afghanistan ! Chacun s’en réjouit, mais il ne faut pas oublier qu’il reste encore sur place 1500 soldats, pour des tâches de formation et de logistique, auxquels s’ajoutent des médecins militaires. C’est un peu plus que la présence française en 2007, avant la décision de N. Sarkozy de suivre les demandes américaines de lutte renforcée contre les insurgés, qui porta le nombre des militaires français à prés de 4000.

 

      La satisfaction de voir ce retrait des troupes combattantes –que je demande depuis des années- devenir effectif, ne doit pas interdire de réfléchir à ce qui s’est passé depuis 11 ans en Afghanistan. Je me suis exprimé à ce sujet à de très nombreuses reprises et je ne vais pas détailler ici la liste des erreurs commises par ce qu’on a appelé la « coalition internationale », qui n’était en fait que l’expression militaire de la volonté des Etats-Unis. Force est de constater que la stratégie américaine, qui a changé au gré des choix des présidents et des chefs militaires, n’a jamais été mise en cause par les « alliés » et notamment par la France.

 

    Jusqu’en 2003, nous avons, avec raison, considéré que la reconstruction de l’Afghanistan était d’abord une tâche civile. Puis nous nous sommes laissé entraîner dans une opération militaire otanienne sur la totalité du territoire afghan. Ensuite, comme le souhaitaient les États-Unis, nous avons progressivement accru notre engagement, en souscrivant à chaque fois aux changements de stratégie décidés par les présidents Bush et Obama.

 

    Les arguments utilisés n’ont pas cessé non plus de varier, lorsqu’il s’est agi de justifier la présence d’une force internationale (l’ISAF), dont les effectifs, composé pour les 2/3 d’Américains,  ont atteint 150 000 hommes. A la conférence de Bonn (5 décembre 2001), on avait fixé trois objectifs : reconstruire l’Afghanistan, le démocratiser, le développer économiquement. Puis on a parlé de l’éradication du terrorisme, de la défense des droits des femmes, de la lutte contre l’illettrisme….

 

     Comment ne pas voir aujourd’hui que, malgré les 500 milliards de dollars dépensés, malgré l’engagement de soldats courageux, dont beaucoup ont perdu la vie, l’insécurité est toujours présente sur une bonne partie du territoire afghan, la corruption et la production de drogue continuent à gangréner le fonctionnement politique et social du pays ! Il est malheureusement reconnu que l’Afghanistan n’aura probablement pas la capacité de se gérer de façon autonome et apaisée fin 2014, lorsque la plus grande partie des effectifs militaires occidentaux auront quitté le pays.

 

    Finalement, l’aveuglement des Américains et de leurs alliés sur les causes profondes de la guerre d’Afghanistan a conduit à ce qu’il faut bien appeler un échec. Ainsi que je l’ai proposé il y a 2 ans, une autre voie était possible, celle qui consistait à réunir les pays voisins de l’Afghanistan, les pays détenant un siège permanent au sein du Conseil de sécurité et les membres de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique. Cette conférence aurait eu pour tâche d’établir un statut international de l’Afghanistan, pour en faire un État neutre, dont les autorités, issues d’un processus négocié de réconciliation nationale, se seraient engagées à n’apporter aucun soutien au terrorisme international. Un tel règlement aurait été de nature à rassurer à la fois le Pakistan, l’Inde, l’Iran, la Chine et la Russie, qui ont chacun un intérêt direct dans l’évolution de l’Afghanistan. Il pourrait devenir pertinent si la situation se dégrade après le départ de l’ISAF.

 

     Cette guerre a fait également apparaître l’inexistence de l’Europe et son incapacité à donner corps à une stratégie commune face à des évènements internationaux de cette ampleur. Il faut dire que l’Union Européenne n’a pas su (ou voulu) se doter de capacités propres d’analyse et d’action face aux menaces. On attend toujours ce Livre Blanc européen de la défense, que je demande inlassablement depuis 12 ans. Espérons qu’il sortira du sommet des chefs d’Etat sur la défense qu’on nous annonce pour….fin 2013.

 

    Mais, que de temps perdu ! Il devient urgent de clarifier la relation entre OTAN et défense européenne, de définir les réponses de l’Union Européenne face aux désordres du monde : réponses politiques et diplomatiques, réponses militaires si c’est nécessaire, dans le cadre des décisions du Conseil de sécurité. Il faut affirmer que l’OTAN doit rester une alliance militaire et pas politico-militaire. L’Europe, quant à elle, doit avoir ses propres propositions sur la sécurité mondiale, sur la paix au Moyen-Orient, sur la lutte contre le terrorisme ….Elle doit devenir une puissance au service de la paix.

 

    Le Livre Blanc français de la défense, en cours de rédaction, ne constituera qu’une réponse partielle à ce besoin. Il est par ailleurs regrettable que la question de la dissuasion nucléaire ait été exclue, dès le départ, de la réflexion. Je reviendrai prochainement plus en détail sur cet « oubli », significatif d’une volonté française d’empêcher le débat sur un thème majeur de la sécurité mondiale.

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16 décembre 2012 7 16 /12 /décembre /2012 16:43
     LogoGA.jpg A l’initiative du club Gauche Avenir, plus de 200 militants et responsables socialistes, écologistes, membres du Front de gauche, associatifs et syndicalistes se sont réunis mercredi 12 décembre à Paris pour débattre du redressement économique et de la relance de la croissance, du redressement industriel et des alternatives au « rapport Gallois ».
  
          Le succès de cette rencontre a montré que, malgré les différences et parfois les oppositions qui se manifestent au sein de la gauche, de tels débats unitaires, débarrassés des enjeux de stratégie de parti, peuvent être utiles pour faire apparaître des convergences fortes, base possible d’un rassemblement.
 
Le compte rendu des débats et l’enregistrement vidéo des interventions seront prochainement publiés sur le site de Gauche Avenir.

************
Voici l'
intervention que j'ai faite à l’ouverture de la réunion, pour en préciser
le cadre et les objectifs.
  
            Avec le retour de la gauche aux responsabilités, le club Gauche Avenir demeure, cinq ans après sa création, un des rares lieux de discussion entre les diverses composantes de la gauche politique, syndicale et associative.
 
            Déjà en février de cette année, Gauche Avenir avait analysé les propositions des différents partis de gauche, en s’inspirant également des conclusions des quatre assemblées des gauches que le club avait organisées en 2011 (logement, énergie, éducation, démocratie).
          
          Le résultat avait été peu médiatisé et pourtant, il était impressionnant, puisque 15 thèmes et 76 mesures avaient été identifiés, qui pouvaient constituer le socle d’une plate-forme pour un gouvernement de gauche.  
           
       Nous avions aussi, lors du colloque du 8 février 2012, traité des 5 ruptures nécessaires pour « sortir de la crise et aider la gauche à bâtir une Europe nouvelle ».
          
        En relisant ces propositions et ces analyses, je me suis dit que, finalement, tout (ou presque) avait été dit à cette occasion. Notre colloque d’aujourd’hui serait-il donc inutile ?
        
        Au contraire, il me paraît indispensable, parce que la situation de notre pays est grave ; celle de l'Europe est alarmante ; le bilan de 10 ans de droite est sans appel. La gauche ne doit donc pas se tromper de chemin et de stratégie. Les conséquences sociales et économiques seraient terribles et les conséquences politiques le seraient tout autant.
    
        C’est bien parce que la France demeure confrontée à de sérieuses difficultés et parce que nous avons la conviction que rien ne pourra durablement changer sans l’appui de toutes les forces de gauche que nous continuons notre combat pour l’unité.
 
            La situation est compliquée, puisque ce n’est qu’une partie de la gauche qui est au gouvernement et que la politique suivie suscite de sérieuses interrogations.
 
           On ne peut pas pour autant se contenter de jugements définitifs, qui poussent à la confrontation brutale au sein de la gauche. L’intérêt de cette rencontre avec des responsables politiques de toute la gauche et des économistes est justement d’éviter les préalables liés aux stratégies des partis et d’engager le débat.
 
            Le débat doit être mené avec force, sérieux, toujours en privilégiant ce qui rassemble, ce qui permet de vrais progrès, en respectant l'identité et les choix de chacun.
 
            Les questions ne manquent pas et, au cours des 2 tables rondes qui vont suivre, les intervenants s’interrogeront par exemple sur les questions suivantes :
     - Le prix du travail, la réforme des prélèvements sociaux
     - Quelles formes doit prendre l'intervention publique?
     - Quel rôle pour les salariés?
     - Comment prévenir la désindustrialisation en cours?
     - Que doit-on retenir du rapport Gallois?
     - Quelle stratégie promouvoir en Europe?
    - Comment peut-on engager une planification industrielle, en particulier pour la transition énergétique?
 
            Nous ne pensons pas, comme tentent de le faire croire la droite ou les instances européennes et internationales, qu'une seule politique est possible. Nous ne croyons pas au fameux slogan des libéraux : TINA (« There Is No Alternative »). Suivre leurs conseils risque de nous mener aux pires impasses et reculs, comme on l’observe ailleurs en Europe.
 
            Nous jugeons indispensable de promouvoir d'autres choix que ceux-là. Nous estimons aussi qu'il est possible de rassembler une majorité à gauche pour les faire avancer et de préparer une alternative.
 
            L’objet de cette Assemblée des Gauches et des écologistes, organisée par le club Gauche Avenir, est précisément de contribuer à tracer cette voie nouvelle.
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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 20:00

 

La paix au Moyen Orient
passe aussi par le désarmement nucléaire 

 

par Paul Quilès* et Bernard Norlain**


(Tribune publiée par Le Figaro du 11 décembre 2012)

 

Dans une terrible indifférence, la conférence sur la création d’une
« zone exempte d’armes nucléaires » au Moyen Orient,
qui devait se tenir à Helsinki à la fin de l’année,
vient d’être annulée et reportée sine die par les États-Unis.
C’était pourtant là une occasion forte d’aider à la recherche de la paix
et de la stabilité de la région.

 

       En 2010, la Conférence des États parties du TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) avait prévu d’organiser en 2012 un sommet où devaient se rencontrer l’ensemble des pays du Moyen Orient. L’enjeu, visionnaire et pragmatique, était d’établir une zone libre de toute arme nucléaire dans la région, comme il en existe déjà en Afrique, en Asie centrale, en Amérique latine ou encore en Asie du sud-est.

 

       Soutenue par les Nations unies et l’Agence internationale à l’énergie atomique, un tel processus visait à mettre autour d’une même table les pays arabes, Israël et l’Iran et à faire usage de la diplomatie pour trouver des réponses à la question particulièrement sensible du nucléaire militaire dans la région.

 

         L’argumentation développée par les Américains pour annuler cette conférence, qui n’a fait l’objet d’aucun commentaire significatif, paraît tout à fait aberrante : les conditions de stabilité régionale ne seraient pas suffisantes. Or, la conférence prévue à Helsinki devait précisément être un moyen pour contribuer à la stabilité régionale ; elle devait en être le vecteur et non la conséquence. Dans une région chroniquement instable, il est absurde de poser la stabilité comme précondition, sauf, bien entendu, si l’on ne souhaite pas favoriser la diplomatie dans ce domaine.

 

       Helsinki, où est né l’OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe) pendant la Guerre froide, devait être un nouveau symbole de dialogue entre pays ennemis, afin de favoriser la coopération plutôt que la confrontation et de contrer la fuite en avant d’un autre âge que constitue la course aux armements nucléaires.

 

       Au Moyen Orient, en proie aux appétits de domination régionale, la question est des plus urgentes. Le développement nucléaire iranien continue de tendre les relations entre les acteurs régionaux. Le principal dirigeant israélien, dont la majorité pourrait être reconduite en janvier 2013, continue à parler de frappe aérienne contre l’Iran et certains pays arabes, Arabie saoudite en tête, n’excluent pas de développer leurs propres programmes nucléaires militaires pour contrer Téhéran.

 

      Bien sûr, il n’est pas évident d’imaginer les représentants d’Israël et de l’Iran autour d’une même table : un État qui ne reconnait pas disposer d’un arsenal nucléaire et un autre qui réfute sa tentative d’en constituer un. C’est pourtant le moment de se souvenir de la fameuse phrase de Sénèque : "Ce n'est pas parce que c'est difficile que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que c'est difficile " !

 

      La voie d’une nucléarisation militaire régionale serait désastreuse et celle d’une attaque israélienne tout à fait hasardeuse. La diplomatie entre les différentes parties devrait impérativement prévaloir sur ces deux dangereuses perspectives. L’annulation de la conférence d’Helsinki est une terrible occasion manquée, qui pourrait être lourde de conséquences pour l’avenir de la région.

 

     Inquiet de ces développements, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a appelé à la tenue du sommet début 2013. Mais il est à craindre que les agendas des uns et des autres ne coïncident pas avec sa proposition et qu’elle ne devienne qu’un vœu pieu. Pourtant, plus qu’une nécessité, cette conférence est indispensable pour éviter de nouvelles confrontations militaires ou l’établissement de puissances nucléaires dans la région la plus instable de la planète. La France et l’Europe s’honoreraient en exigeant sa tenue dans les plus brefs délais.  

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* Paul Quilès a été ministre de la défense et président de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale.

**Bernard Norlain est général (en retraite) de l’Armée de l’air. Il a été commandant de la Force aérienne de combat.

Tous deux sont signataires de l’appel de « Global Zero » pour un désarmement nucléaire multilatéral.

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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez