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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 18:26

Paul Quilès sur le plateau de France 3 Alpes © France 3 Alpes

 

A l'occasion de mon passage à Grenoble

 

pour une réunion publique,

 

j'ai résumé en 4 minutes ma position

 

concernant l'armement nucléaire

 

sur le plateau de France 3 Alpes.

 


Visionner la vidéo 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 09:06

Cette tribune de Jean-Marie Collin*,

auteur avec Bernard Norlain et moi

du livre "Arrêtez la bombe",

a été publiée sur le site du Huffington Post

 

      Ce dimanche 5 mai à 9H30, un tir de missile balistique M51 est effectué par le sous-marin Le Vigilant à partir de la baie d’Audierne (Finistère). Quelques minutes après son lancement, celui-ci s’autodétruit en plein vol. Cet essai raté devrait amener à ouvrir une réflexion sur la modernisation de l’arsenal nucléaire et sur le bon fonctionnement de cette force.

 

      Si la France a toujours affirmé ne jamais avoir participé à une course aux armements pendant la Guerre froide, force est de constater qu’elle ne cesse de moderniser ses forces nucléaires depuis 15 ans. Tel est le cas de la composante aéroportée, qui a vu l’arrivée d‘avions Rafale F3, de missiles de croisières ASMP-A et d’une nouvelle ogive nucléaire (la Tête Nucléaire Aéroportée). La Force océanique n’est évidemment pas en reste, avec de nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins[1] (SNLE) et les missiles M45, dont le remplacement par le M51 est déjà en cours.

 

      L’évidence de cette modernisation apparaît au grand jour avec l’échec du tir du M51, dont la portée serait supérieure à 8 000 km et la précision inférieure au demi-kilomètre. Son coût est proche des 142 millions €, ogives nucléaires non incluses et non de 120 millions €, chiffre souvent avancé ces derniers jours. Les dépenses liées au choix de ce missile sont importantes. Elles comprennent le développement du missile et du système de mise en œuvre à la base opérationnelle de l’Ile Longue (5,7 milliards €) et le coût de réalisation des 3 lots de 16 missiles (plus une douzaine pour les tests) destinés aux SNLE (2,8 milliards €).

 

      La course à la modernisation va se poursuivre, avec la mise en œuvre de deux autres versions de ce missile d’ici 2020 : le M51.2, qui emportera la nouvelle Tête Nucléaire Océanique, d’une puissance de 100 Kt[2], puis le M51.3, qui disposera d’un troisième étage « pour des performances accrues ». Ce dernier développement semble avoir été encouragé par les experts et les industriels, dans la mesure où il assure la pérennité des bureaux d’études de ce secteur de l’aérospatiale.

 

      Cette politique de modernisation vient une nouvelle fois d’être décriée par de nombreux Etats à l’ONU en cette fin avril à la conférence du Traité de non prolifération nucléaire (TNP). Ils estiment - à juste titre - que cette course à la qualité est contraire à l’esprit du Traité de Non Prolifération (TNP), qu’elle ne respecte pas la mesure n°3 du Document final de la Conférence d’examen de 2010 du TNP : « les États dotés d’armes nucléaires se doivent de redoubler d’efforts pour réduire et, à terme, éliminer tous les types d’armes nucléaires ». Ils considèrent que cette politique risque d’encourager d’autres pays à acquérir ce type d’armement.

 

      Actuellement, le SNLE Le Terrible assure le bon fonctionnement de la dissuasion nucléaire. Il est prêt à tirer une salve de M51, si l’ordre présidentiel lui en était donné. L’échec du 5 mai devrait pourtant faire réfléchir les adeptes de cette force, car c’est bien la fiabilité du M51 qui est remise en cause, puisque le tir a été réalisé avec un missile fabriqué en série… L’hypothèse de l’inefficacité des missiles actuellement en dotation ne peut être totalement exclue dans un jeu où l’on fait toute confiance à la technique. L’attitude qui consiste à vouloir faire reposer notre défense sur une croyance fait penser à celle des stratèges militaires dans les années 1930 avec la fameuse ligne Maginot.

 

      Oui, le TNP donne le droit à la France de posséder l’arme nucléaire, mais il ne lui reconnaît pas le droit de la conserver éternellement. Au contraire, son objectif est le désarmement nucléaire[3]. Ce raté balistique pourrait être pour la France l’occasion d’une réflexion en profondeur. En 2010, elle s’est engagée devant 189 Etats membres du TNP « à faire un rapport en 2014 »  sur des mesures concrètes sur le désarmement nucléaire. En gelant ce programme M51, à la fiabilité remise en cause, elle respecterait sa parole. De même, les parlementaires pourraient jouer pleinement leur rôle en s’interrogeant sur la politique de dissuasion nucléaire - absente du récent Livre Blanc – à quelques mois de l’élaboration de la Loi de programmation militaire.

 

* Analyste défense et Directeur pour la France du réseau international des Parlementaires pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement

_____________________________________________________

[1] Le prix unitaire d’un SNLE est de 4,282 milliards €

[2] La bombe d’Hiroshima avait une puissance de 15 Kt

[3] Article VI du TNP

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 22:17

                            L'armée de l'Air américaine a retiré à 17 officiers chargés du contrôle de missiles nucléaires intercontinentaux (ICBM) leur certification après une mauvaise évaluation de leurs capacités à mener des opérations de lancement, a affirmé un porte-parole de l'US Air Force.

      

        Une information inquiétante! "L'armée de l'Air américaine a retiré à 17 officiers chargés du contrôle de missiles nucléaires intercontinentaux (ICBM) leur certification après une mauvaise évaluation de leurs capacités à mener des opérations de lancement, a affirmé un porte-parole de l'US Air Force."

 

                         Lire la dépêche sur le site du Parisien

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 18:17

Couverture livre (finale)

Au cours des prochains jours, je participerai à 6 réunions

sur le désarmement nucléaire,

notamment autour du livre "Arrêtez la bombe!":

  • mardi 14 mai: Châteauneuf-en-Thymerais (Eure et Loir), à l'invitation de la Fédération Environnement Eure et Loir
  • mercredi 15 mai: Grenoble (Isère), à l'invitation du Mouvement de la paix
  • jeudi 23 mai: Mons (Belgique), colloque international ("Entre secret et transparence, guerre, paix et démocratie")
  • jeudi 23 mai: Choisy le Roi (Val de Marne), à l'invitation de la municipalité
  • dimanche 26 mai: Palaiseau (Essonne), salon du livre polytechnicien
  • mardi 28 mai: Albi (Tarn), débat avec Jean-Marie Muller
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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 16:23

 On-a-repris-la-Bastille_medium.jpg

     Si, ce soir, vers 20h, vous voulez revivre

(ou, pour les plus jeunes, découvrir)

les moments forts d'il y a 32 ans,

lisez le petit livre que j'ai écrit avec Béatrice Marre

("On a repris la Bastille-10 mai 1981"),

disponible en cliquant ici

 

    Pour voir quelques photos de la soirée du 

10 mai 1981 et de la campagne

              de François Mitterrand .....cliquez ici 

 

 

Introduction du livre

 

            "Soudain, le tonnerre gronde et le vent se lève. L’immense foule joyeuse et multicolore accueille les premières gouttes de pluie dans la bonne humeur, mais commence à refluer vers des abris, desserrant l’étreinte qu’elle exerçait dangereusement sur « l’enclos ».
              Le matériel électrique n’est pas étanche et il faut éviter les courts circuits. C’est pourquoi Huguette Bouchardeau se dépêche de conclure rapidement son intervention, comme nous le lui avons demandé.
            Il est environ minuit et l'incroyable fête de la Bastille va bientôt se terminer. Elle deviendra un symbole pour plusieurs générations, parce qu’elle a été aussi, d’une certaine manière, un évènement politique.
             Pourtant, s’il a souvent été évoqué, le véritable moment d’Histoire qu’ont représenté ces instants d’intense liesse populaire n’a jamais été narré dans ses détails. Que s’est-il exactement passé ce soir-là? Pourquoi la Bastille ? Quand la décision d’organiser sur cette place une fête le 10 mai 1981 à 20h a-t-elle été prise? Quels en ont été les acteurs ?
            Alors que nous allons célébrer le 30èmeanniversaire de l’élection du seul président de la République de gauche qu’ait connu jusqu’ici la Vème République, nous nous  proposons de répondre à ces questions et de décrire ces moments exceptionnels par le menu. Il se trouve que tous deux, l’un comme directeur de la campagne de François Mitterrand, l’autre comme responsable des grands évènements, nous connaissons bien la genèse de l’opération et sa mise en œuvre.
            De la Bastille, on se souvient d’images joyeuses, de slogans souvent drôles et parfois peu aimables pour le Président sortant, pour son premier ministre et pour quelques journalistes, de visages radieux malgré la pluie, les gouttes d’eau se mêlant aux larmes de joie.  
            Mais en reconstituant l’histoire et le déroulement de ce rassemblement populaire sans précédent depuis mai 1968 et en réécoutant les acteurs directs ou les simples témoins, nous nous sommes replongés dans la réalité de l’époque. De nombreux détails, apparemment sans importance, souligne le chemin parcouru en 30 ans dans le mode de vie et l’état d’esprit du pays. En 1981, pas de téléphone portable, pas d’Internet, trois chaînes de télévision seulement. Plus important, la trop faible place des femmes dans la société.
            Outre l'opportunité de livrer un récit inédit, ce livre nous offre aussi l’occasion d’apporter notre contribution à la nécessaire réflexion de la gauche d’aujourd’hui. Ses responsables auraient tort de négliger les leçons de l’histoire de la gauche et des moments forts qu’elle a traversés. Ce n’est pas céder à la nostalgie que d’admettre la pertinence actuelle de stratégies gagnantes éprouvées. "

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 10:14

            siteon0

 

Tribune de Paul Quilès*

 

       L’objet d’un Livre Blanc de la défense est de définir à la fois les menaces auxquelles notre pays risque d’avoir à faire face et les moyens qu’il choisit de se donner pour y répondre. Il était nécessaire d’en rédiger un nouveau, dans la mesure où le précédent, celui de 2008, n’était plus pertinent du fait des décalages entre les ambitions affichées et la réalité de l’outil actuel de défense.

 

       De plus, le monde a bougé et des évènements nouveaux doivent être pris en considération : le « printemps arabe », la crise économique et financière, l’évolution de l’implication militaire américaine dans le monde.

 

       A la suite de la publication de ce document, rédigé par une commission de 46 experts et représentants de l’Etat, les commentaires ont surtout porté sur la réduction des objectifs assignés à la défense française et aux ambitions de la France en la matière. L’accent a été mis sur la diminution des moyens conventionnels, en particulier pour ce qui concerne les programmes d’armement et les effectifs, qui doivent à nouveau diminuer : 24 000 en moins d’ici 2019.

 

       Il se trouve que, dans le même temps, aucune inflexion n’a été apportée au dispositif de soutien et de modernisation de l’armement nucléaire. Ce thème avait d’ailleurs été évacué des débats de la Commission du livre blanc par la lettre de cadrage du Président de la République.

 

       Et pourtant, sans même remettre en cause le principe de la dissuasion nucléaire (sur lequel je vais revenir), il aurait été utile de ne pas se priver de certaines économies dans ce domaine. On aurait pu, par exemple, remettre en cause la force nucléaire aéroportée, qui représente 15% de la dissuasion nucléaire française et dont l’utilité est très sujette à caution, comme l’ont remarqué les Britanniques, qui l’ont abandonnée en 1997. On dégagerait ainsi les moyens financiers qui permettraient d’éviter les saignées prévues dans les effectifs, dangereuses pour l’efficacité du dispositif d’intervention et on pourrait développer les moyens de renseignement devenus indispensables dans des conflits tels que celui du Mali.

 

       De façon plus générale, je regrette que la réflexion menée par la commission du Livre Blanc n’ait pas pu aborder un sujet, pourtant essentiel mais qui semble interdit de débat, celui de la pertinence de l’arme nucléaire dans notre stratégie de défense.

 

       Rappelons-nous. Il y a un peu plus de 23 ans, le Mur de Berlin tombait. Cet évènement majeur, suivi du démantèlement du bloc soviétique, mettait fin à la bipolarisation du monde et marquait une vraie rupture sur la scène internationale. Pourtant, aucune nouvelle doctrine de sécurité n’a véritablement émergé de cette mutation géopolitique profonde. Pour ce qui concerne la France, la dissuasion nucléaire - qui consiste à exposer son adversaire à un risque de destruction massive - reste le pilier de sa politique de défense.

 

       Hier, le contrôle des armes nucléaires symbolisait la volonté de maintenir un équilibre –même fragile- entre les blocs de l’Est et de l’Ouest et une certaine pertinence stratégique des armes nucléaires pouvait se concevoir.

 

       Aujourd’hui, les menaces de l’époque de la Guerre froide sont à ranger au nombre des peurs du passé et la théorie de la dissuasion nucléaire n’est plus adaptée au monde en mouvement de ce début de 21ème siècle. C’est l’existence même des armes nucléaires, couplée au risque de prolifération et de terrorisme nucléaire, qui constitue paradoxalement la plus grande menace.

 

       La nouvelle donne internationale et son lot d’instabilités politiques profondes plaident pour faire de l’élimination des armes nucléaires le fer de lance d’une nouvelle doctrine de sécurité internationale. C’est plus par le multilatéralisme et les traités comme le TNP[1] qu’on combattra la prolifération nucléaire que par la dissuasion. De plus, en présentant les arsenaux nucléaires comme un outil de prestige et en établissant un lien entre la possession de l’arme nucléaire et « le statut de grande puissance », on incite certains pays à s’en équiper, alors que le but du TNP, ratifié par la quasi-totalité des membres de l’ONU (189), est d’aller vers une disparition de ces armes[2].

 

       La nouvelle génération ne croit pas en la stabilité éternelle des Etats dotés de l’arme nucléaire. Elle a compris que les armes nucléaires dont elle hérite ne l’aideront pas à répondre aux désordres du monde du 21ème siècle : le terrorisme, la crise économique et financière, la pollution et le réchauffement climatique, la pauvreté, les épidémies… Elle s’indigne d’entendre parler de coupes budgétaires qui affectent les dépenses sociales, alors qu’elle sait que la charge financière globale des arsenaux doit dépasser 700 milliards d’euros pour la prochaine décennie. Elle croit au contraire en un monde dans lequel la promotion du désarmement nucléaire confère plus de pouvoir politique et de prestige que la possession d’arsenaux surdimensionnés, dangereux et coûteux.

__________________________________________________________________

* Auteur, avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin, du livre « Arrêtez la bombe ! », publié aux éditions du Cherche Midi.

[1]  TNP : Traité de Non Prolifération, signé le 1er juillet 1968.

[2]  Article VI du TNP

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 10:16

                                                      france allemagne

"L'amitié franco-allemande ne doit pas empêcher

le débat sur l'austérité"

 

(Interview d'Emmanuel Maurel, dont je partage pleinement l'analyse)

 

      Le Parti socialiste doit entériner, mardi 30 avril, le texte qui servira de feuille de route lors de sa convention sur la politique européenne, le 16 juin. Le document, notamment préparé par Jean-Christophe Cambadélis, vice-président du Parti socialiste européen, critique l'Europe de droite et a suscité le débat sur la politique de l'Allemagne. Mais il ne satisfait pas Emmanuel Maurel, vice-président du conseil régional d'Ile-de-France et issu de l'aile gauche du PS.

 

Pourquoi proposez-vous un texte qui vient concurrencer celui de la direction du parti ?

      Nous avons la volonté de pointer un certain nombre de désaccords sur la politique européenne et nous voulons qu'ils soient arbitrés par les militants. Je me réjouis des évolutions récentes au PS, qui font qu'aujourd'hui tout le monde a pris conscience de la nécessité de construire un rapport de force en Europe et de contester les politiques d'austérité. Le président de la République nous avait d'ailleurs invités à élaborer une tension amicale avec la droite allemande. Mais, malgré ces progrès, il reste des divergences entre nous.

 

Sur quels points n'êtes-vous pas d'accord avec le courant majoritaire du parti ?

      Nous voulons que quatre propositions figurent dans notre résolution. Dans une période de quasi récession comme la nôtre, il faut suspendre le pacte de stabilité budgétaire. Les résultats au niveau européen ne produisent pas les effets escomptés, et au contraire le chômage de masse augmente. Deuxième point, le budget communautaire est en baisse. Il ajoute de l'austérité au niveau communautaire, là où il y en a déjà au niveau des Etats membres. Nous demandons que le PS prenne une vraie initiative afin que ce budget en peau de chagrin ne soit pas accepté.

Nous voulons également que soit refusé le traité transatlantique actuellement en négociation. L'Europe est un peu l'idiot du village planétaire, le seul continent à ne pas protéger ses industries, au moment où tout le monde le fait. Enfin, il faut une politique monétaire plus souple par rapport à un euro largement surévalué. Il faut mettre fin à la politique de l'euro cher qui nous défavorise. La mise en place de cette stratégie passe par un rapport de force. Nous voulons que les militants se prononcent là-dessus pour être sûrs que le PS nous entende.

 

Une première version du document préparé au PS voyait Angela Merkel en "chancelière de l'austérité" et critiquait son "intransigeance égoïste". Auriez-vous pu signer ce texte ?

      Il faut arrêter d'être hypocrite. Nous devons mettre en place une stratégie de confrontation au niveau européen avec la droite et les conservateurs, qu'ils soient anglais, allemands ou polonais. Les formules n'étaient pas forcément adroites, mais il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt : Mme Merkel est aujourd'hui la chef de la droite européenne, ou en tout cas un de ses principaux dirigeants. Les attaques ad hominem n'ont aucun intérêt, en revanche, ce qui compte, c'est la volonté du rapport de force politique. On essaie de faire passer pour un affront diplomatique ce qui n'est qu'une évidence politique. A savoir que la gauche s'oppose à la droite. C'est quand même fou qu'on arrive à en faire un drame. Dans une démocratie, il y a plusieurs camps en présence. Dans le respect des personnes, une confrontation démocratique s'exerce. Personne ne remet en cause l'amitié entre les peuples. Mais l'amitié franco-allemande ne doit pas empêcher de mener le débat sur l'austérité. Le vrai débat aujourd'hui en Europe, c'est : austérité, stop ou encore ?

 

Les appels à ne pas stigmatiser Mme Merkel sont venus aussi des rangs du Parti socialiste...

      Il y a un peu de surjeu du côté de la droite française, qui pousse des cris d'orfraie, et un surjeu aussi dans nos rangs. Ce n'était pas très opportun que le ministre de l'intérieur critique le président de l'Assemblée nationale. Tout ça brouille le message. Le PS joue son rôle de force politique majeure qui fait des propositions et s'engage. Il faut que chacun reste à sa place.

 

Vous parlez de confrontation avec la droite européenne. Sous quelle forme ?

      Il est temps de se remettre autour de la table pour renégocier le rythme de réduction des déficits publics imposé par la Commission, pour réinterroger le dogme des 3 %, qui n'a aucune valeur économique, et pour tenir compte du cycle économique qui n'est pas bon. La croissance est atone, le chômage explose au niveau européen, la priorité, c'est l'emploi. Le calendrier de la réduction des déficits publics n'est pas la priorité.

 

Vous n'êtes pas les seuls à dénoncer l'austérité en Europe. Jean-Luc Mélenchon appelle à manifester le 5 mai contre la rigueur. Pourquoi ne pas vous joindre à lui ?

      Aujourd'hui à gauche, il y a de plus en plus de militants et de responsables qui sont partisans d'une inflexion de la politique économique. Mais la manifestation du 5 mai a un caractère différent. Le mot d'ordre initial, lancé par Jean-Luc Mélenchon, évoquait un "coup de balai" pour stigmatiser les dirigeants socialistes qui ne feraient pas leur travail. Je m'inscris en faux par rapport à ça. Je suis fier des socialistes et de mes camarades au gouvernement qui essayent de transformer le pays. Cela n'empêche pas qu'on ait des débats ou des divergences. Le problème n'est pas de mettre un coup de balai, mais plutôt de changer de braquet, de mettre un coup de barre à gauche. La manifestation de dimanche n'est pas constructive pour la gauche. Elle porte des slogans de défiance, de dénigrement. Face à une droite qui se radicalise, face à une extrême droite qui est très puissante, on ne peut paslaisser s'instaurer l'idée de deux gauches dans le pays. Il faut être unitaire.

 

LE MONDE 30.04.2013 Nicolas Chapuis

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:52

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

      

      Avant d’aller demain matin, comme chaque 1er mai, à la rencontre de mes amis syndicalistes de Carmaux, j’aurai une pensée pour Pierre Bérégovoy, mort dans des circonstances tragiques il y exactement 20 ans, le 1er mai 1993.  

     

       Pierre était un ami. C’était aussi un camarade socialiste et le chef du gouvernement dans lequel je fus ministre de l’intérieur. C’est dire si sa mort brutale m’a affecté.

 

       Je souhaite qu’on se souvienne de l’homme qu’il a été et de son parcours exceptionnel: celui du syndicaliste ouvrier, devenu militant politique, puis responsable au plus haut niveau, avant de devenir ministre puis premier ministre.

   

        Qu’il ait commis des erreurs, c’est probable, mais qui n’en commet pas dans l’action politique ? Cela ne saurait pour autant justifier les campagnes haineuses dont il fut l’objet de la part de ses adversaires politiques et son honneur " jeté aux chiens", pour reprendre la formule de François Mitterrand lors des obsèques de Pierre Bérégovoy à Nevers.

 

       Il n’avait pas supporté la violence de cette mise en cause et je me souviens de sa tristesse lorsque certains "amis" se sont éloignés de lui, au moment où il avait besoin de soutien.

 

       Je me souviens aussi de sa réaction indignée, lorsque, ministre de l’intérieur, je l’ai informé des "révélations" qui allaient être publiées sur le prêt sans intérêt qui lui avait été consenti.

 

       Je me souviens de son écoeurement après cette séance pénible du Comité Directeur du PS à la Maison de la chimie, quelques semaines après les  élections législatives. Il s’agissait de tirer les leçons de la sévère défaite de la gauche et certains responsables socialistes avaient préféré le prendre comme bouc émissaire en le présentant comme responsable principal de l’échec.

 

       Je me souviens enfin de ce soir, quelques jours avant son suicide, où il est venu me voir dans mon bureau à l’Assemblée Nationale. Il était totalement déprimé et ne cessait de répéter : « Paul, franchement, est-ce que tu crois qu’on a mérité ça ? ». Je me suis dit plus tard que ce devait être un message : "ça" c’était probablement ce qu’il subissait et le sentiment d’être abandonné par ses "amis". 

 

      Alors, depuis ce jour, je sais qu’il faut utiliser avec beaucoup de discernement le beau mot d’ "ami".

 

*********************

 

Message adressé par François Mitterrand en avril 1995

à l'association des amis de Pierre Bérégovoy

 

      "Il est juste et nécessaire d'entretenir, comme vous le faites, le souvenir que chacun garde de lui. Pour beaucoup, c'est la reconnaissance de sa valeur qui s'est imposée trop tardivement, mêlée à un attachement profond dont a témoigné et témoigne encore l'émotion sincère qui n'a pas quitté les cœurs depuis deux ans.

 

      Pour certains, dont je suis, c'est le souvenir d'un ami pudique, fidèle et généreux. Son regard exigeant, son sourire ne nous ont pas quittés. Tous se souviennent du militant sincère et désintéressé, de l'homme politique compétent et vigoureux qui a mis toute son énergie et sa vie même au service de la nation, d'une France forte, reconnue et généreuse.

 

      Il a consacré toute son énergie à convaincre ses concitoyens que la justice sociale doit être le but de toute action politique et qu'elle ne peut être construite que sur une économie solide, moderne et transparente. Il savait que ce sont d'abord les plus modestes qui paient les illusions de la facilité."

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Published by Paul Quilès - dans Bérégovoy Personnel Politique française
28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 09:21

   

      Lors de la réunion de préparation  de la Convention nationale du PS sur l’Europe, le courant « Maintenant La Gauche » a proposé un texte et 12 propositions clefs pour réussir l’indispensable et urgente réorientation de l’Union européenne.

 

Europe : le sursaut

 

      Nos concitoyens sont inquiets. Le chômage et la précarité explosent, le pouvoir d’achat baisse. Un climat de défiance à l’endroit de l’Europe s’est installé. Celle-ci est assimilée aux politiques d’austérité que des institutions non démocratiques imposent aux Etats. Parce que nous sommes profondément pro-européens, nous ne pouvons pas nous satisfaire de son orientation actuelle.

 

     La construction européenne est victime de dérives néo-libérales et technocratiques qui ont affaibli notre continent, exacerbé les inégalités, remis systématiquement en cause un modèle social acquis de haute lutte par les mouvements ouvrier et progressistes, démantelé les capacités d’intervention de la puissance publique, réduit le périmètre des services publics, désormais soumis comme le reste de l’économie à la concurrence et la loi du marché.

 

       Les peuples eux aussi sont mis en concurrence, plongés de plus en plus dans une austérité inacceptable et dangereuse, alors même qu’aucune solidarité effective, aucun projet commun, aucune perspective de progrès partagé ne donne sens à ce qui doit être la grande ambition progressiste du 21eme siècle. L’intégration politique fait du surplace.

 

      Les  principes démocratiques de base sur lesquels l’Europe s’est fondée sont également remis en cause : la troïka, qui impose l’austérité à une grande partie de l’Europe, sans aucune légitimité, sans rendre de comptes à quiconque, en est l’illustration la plus criante.

 

      La faiblesse persistante de la croissance, l’accumulation de dettes publiques, la désindustrialisation globale, la domination de la finance sur l’économie réelle ne tombent pas du ciel ; elles sont la conséquence de choix économiques et politiques impulsés par les conservateurs et les libéraux, et que les sociaux-démocrates ont eux-mêmes parfois accompagnés.

 

      Les remèdes libéraux étaient censés renforcer notre continent dans la mondialisation : ils ont contribué à l’affaiblir.

 

      On nous avait promis l’Europe prospère, elle est austère. On attendait l’Europe démocratique, elle continue à être oligarchique. Quant à l’Europe sociale, elle n’est même plus évoquée !

 

      Une alternative n’est pas seulement souhaitable, elle est également possible. Mais pour réussir, il est indispensable que le combat européen que nous menons ne soit pas qu’un combat feutré, diplomatique, mais un combat assumé, politiquement, par notre gouvernement, par notre Président, par notre Parti. François Hollande  se dit prêt à une « tension amicale » avec la droite allemande. Mais il est clair qu’il est essentiel, aujourd’hui de construire ce rapport de force politique, au niveau des gouvernements, des institutions européennes mais aussi des partis politiques.

 

     Nous pouvons nous appuyer sur des critiques convergentes et de plus en plus incontestables contre les politiques d’austérité. Les peuples en premier lieu, mais aussi désormais, le FMI, l’OCDE, le BIT, des économistes de toutes origines ou plus récemment le commissaire général à l’investissement, Louis Gallois, tous pointent la nécessité d’une relance coordonnée en Europe. Ailleurs, certains pays ont osé franchir le pas comme les Etats-Unis ou le Japon, qui refont ainsi surface. Et pour cause, leurs dirigeants ont pris à bras le corps les difficultés économiques privilégiant les politiques volontaristes en faveur du retour de l’activité et de l’emploi plutôt que les restrictions budgétaires persistantes et arbitraires ! Plus récemment encore, c’est le Gouvernement de coalition des Pays-Bas qui a mis un coup d’arrêt à l’austérité sous l’utile pression des partenaires sociaux.

 

      La gauche européenne doit faire la preuve qu’il existe une réelle alternative politique. Si elle ne propose pas au plus vite une réorientation profonde et radicale de la construction européenne, l’unité européenne sera bientôt en danger. C’est d’un véritable sursaut dont l’Europe a besoin.

 

Les 12 points clefs pour réorienter l’Union européenne :

 

1.  La question sociale avant tout ! Un traité social. Vers un Smic européen.

2.  Suspendre le pacte de stabilité  et refuser l’austérité

3.  Liquider la dette indigne. La BCE doit intervenir.

4.  Un véritable plan de relance européen, vite !

5.  Budget européen : non à un compromis au rabais !

6.  Fiscalité : une seule solution, l’harmonisation !

7.  Mettre la BCE au service de l’économie réelle, de la croissance et l’emploi

8.  Mettre fin à l’euro surévalué, intervenir sur la politique de change.

9.  Encadrer le libre-échange, refuser le traité transatlantique.

10. Renouer avec l’ambition industrielle pour un développement durable.

11. Maîtriser l’adversaire sans visage, la finance, dans toute l’Europe.

12. Une Union démocratique, par et pour les citoyens.

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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 18:19

Tribune de Paul Quilès et Benoit Praderie,

 

publiée dans le quotidien Les Echos le 26 avril 2013

 

      La France est un des rares pays européens où la part de l’électricité provenant d’énergies nouvelles et renouvelables (ENR) a diminué entre 1990 et 2011[1]. Notre pays se prive ainsi d’un gisement d’emplois, estimé pour 2030 à plus de 500.000 emplois[2] et d’un formidable filon de croissance et d’innovation.

 

      On sait par ailleurs que l’efficacité énergétique et le développement des ENR, ressources nationales, abondantes et inépuisables, représentent un réel atout pour réduire les importations d’énergies primaires (pétrole, gaz et uranium[3]). Celles-ci représentaient en 2012 la bagatelle de 69 milliards d’euros.

 

      Il faut donc créer de façon urgente les conditions d’un « choc énergétique ».

 

     Le pays s’est lancé fin 2012 dans un débat sur la transition énergétique dont on peut regretter qu’il soit peu audible[4] : organisation confuse, absence de pédagogie, débats territoriaux peu convaincants. C’est dans ces conditions que se poursuit l’asphyxie de la filière photovoltaïque, qui a de graves conséquences sur l’emploi. Les « mesures d’urgence » n’empêchent pas la disparition d’une à trois PME chaque semaine, dans l’indifférence générale. Ce constat est confirmé au plus haut sommet de l’Etat : « moins 15.000 emplois en deux ans »,  a reconnu François Hollande lors de la Conférence Environnementale le 14 septembre dernier. Pire, l’organisation du marché, de plus en plus étouffante, inquiète les quelques PME qui surnagent et désespèrent d’être entendues.

 

      L’objectif récemment revu mais étriqué d’environ 900 MW/an[5] interdit toute ambition industrielle nationale, pendant que des dispositifs règlementaires font vaciller les efforts et les financements. De plus, le maintien d’une procédure d’appels d’offre inefficace et de plus en plus discriminatoire décourage le plus têtu des entrepreneurs, étranglé et dissuadé par la politique tarifaire.

 

      Bien sûr, l’objectif peut sembler louable : limiter le dumping chinois. Mais on se trompe de cible. Le but doit être de produire massivement des kWh « verts » sur le territoire national, garants d’une plus grande indépendance, car il s’agit ici d’un des principaux enjeux de la transition énergétique.

 

      Que pèsent en effet, deux à trois cent millions d’euros de modules chinois importés face aux 69 milliards du déficit énergétique du pays ? L’immense majorité des emplois de la filière proviennent d’abord de l’ingénierie des projets, de la fabrication des composants, de la construction, des logiciels, de la maintenance, tous non délocalisables et à haute valeur ajoutée. Imagine-t-on que la France puisse un jour concurrencer les Chinois dans la fabrication de PC ou de smartphones ? Malheureusement, non. Par contre, nous le faisons dans leurs multiples utilisations (R&D, sociétés de services informatiques, opérateurs, développement d’applications…). Et puis, s’insurge-t-on que les éoliennes d’Areva ou d’Alstom soient fabriquées respectivement en Allemagne et en Espagne. S’émeut-on que les cuves des réacteurs nucléaires EPR actuellement en construction soient fabriquées au Japon ?

 

      Les objectifs 2020 sur lesquels la France s’est engagée vis-à-vis de l’Europe sont pourtant déjà hors de portée. On ne doit donc pas attendre 2014/2015 pour voir s’appliquer les premières mesures du débat sur la transition énergétique. Si pour le solaire par exemple, le moratoire de décembre 2010 a généré, par un simple arrêté, la perte de 15.000 postes, un nouvel arrêté pourrait en recréer au moins 10.000 dans l’année[6]. Au nom de quoi s’en priver, alors que la lutte contre le chômage est considérée par 80% des Français[7] comme la « priorité des priorités ».

 

      Il est temps de prendre rapidement de telles mesures et de fixer un objectif ambitieux et crédible de production d’énergie solaire (au moins 25.000 MW). Avec de la volonté et du courage, un choc énergétique est à portée de main.

 

 

       Paul Quilès est ingénieur, maire de Cordes-sur-Ciel, ancien ministre et ancien député

       Benoit Praderie est ingénieur, entrepreneur et président de la fédération d’associations Planète Eolienne

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[1] « Energie : le retard français. » Alternative Economique, mars 2013.

[2] Etude récente du CIRED (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement) approfondissant les travaux de l’association Negawatt 

[3]  Car, en tenant compte des importations d’uranium, le taux d’indépendance énergétique réel du pays n’est que de 10% environ, loin des chiffres supérieurs à 50% annoncés officiellement.

[4] Sondage IPSOS, déc. 2012 : 4 Français sur 5 n’ont jamais entendu parler du débat national sur la transition énergétique mais 4 Français sur 5 le jugent important.

[5]  C’est ce qu’ont installé l’Allemagne et l’Italie l’année dernière en… 3 semaines !!

[6] Par exemple : abandon des appels d’offres et de l’intégration au bâti, rétablissement d’un tarif simplifié avec 3 niveaux de puissance (0,35 €/kWh jusqu’à 9 kW, 0,15€/kWh jusqu’à 4,5 MW, 0,11€/kWh jusqu’à 10 MW, pas de tarif au delà), révision annuelle (et non plus trimestrielle) des tarifs planifiés sur le long terme (principe allemand du « corridor »), accélération des délais d’instruction, mise en place d’une contribution de 0,5 centime par kWh produit pour financer la R&D.

[7] Sondage IFOP pour Sud-Ouest du 6 avril 2013 

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez