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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 11:53

Au cours d'une émission sur Europe 1
(Europe 1 Soir- Nicolas Poincaré- 22/01/13)

 j'ai à nouveau attiré l'attention sur la nécessité pour la France

de bien fixer les objectifs de sa présence au Mali,

 pour éviter ce qui pourrait conduire à terme à une dérive

sembable à celle qui s'est malheureusement produite
en Afghanistan

au cours des 10 dernières années,

                       sans que les buts (changeants) affichés aient été atteints.

                                           Ecouter l'intervention
                                                  (Amener le curseur sur 84') 

      A propos de l'Aghanistan, pour rafraichir les mémoires, notamment celle d'Hervé Morin,  qui est intervenu dans l'émission d'Europe 1 hier et qui semble avoir oublié les arguments qu'il utilisait pour défendre la présence des troupes françaises en Afghanistan quand il était ministre de la défense de N.Sarkozy, je conseille de relire:

                                          Afghanistan, quelques leçons

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 16:55

Ben-Laden.jpg      Lorsqu’un pays, même démocratique, se trouve engagé dans une opération militaire d’une certaine importance et très médiatisée, les responsables politiques et militaires bâtissent une stratégie de communication qui évite l’utilisation de certains termes, au profit de phrases et d’expressions bien choisies,

       Ce recours à ce que l’on appelle « la communication de guerre » est inévitable, mais si elle ne s’accompagne pas d’une réflexion sérieuse, notamment sur l’origine du conflit et sur la nature et les objectifs des adversaires, on peut commettre des erreurs de diagnostic, conduisant à des erreurs dans la façon de les combattre.

     Hier, lors d’une réunion-débat sur le Mali que j’ai tenue à Albi, j’ai, pu m’apercevoir combien la répétition de formules du genre « les terroristes criminels » ou « les trafiquants criminels » risquait de masquer les vrais enjeux de ce qui se passe au Sahel. Entendons-nous bien, les quatre groupes qui agissent violemment dans cette région utilisent le terrorisme, le crime et les trafics comme méthodes d’action, totalement condamnables, pour atteindre leurs objectifs. Mais c’est précisément les objectifs d’AQMI, d’Ansar Eddine, du Mujao et du MNLA qu’il faut essayer de connaître pour mieux les combattre.

      C’est ce que je me suis efforcé de faire hier. Je me suis également référé au rapport d’information que j’ai présenté à l’Assemblée Nationale après les attentats du 11 septembre 2001 (lire le rapport http://www.assemblee-nationale.fr/11/rap-info/i3460.asp).

      Il contient « 33 propositions pour améliorer la lutte contre le terrorisme », qu’il n’est pas inintéressant de relire, dans le climat actuel. Il analyse aussi l’origine de l’islamisme violent, à partir de l’échec de l'islam politique dans sa stratégie de renversement de gouvernements nationalistes issus de la décolonisation et d'installation au pouvoir de régimes fondamentalistes.

     Voici quelques extraits de ce rapport concernant ce dernier point.


 **************************

Une dérive de l'islamisme politique

     

   « Le terrorisme d'origine islamique n'est pas né le 11 septembre 2001, mais s'inscrit dans une histoire dont les origines remontent aux années 1970.

     Il ne s'agit nullement de questions théoriques : seule une compréhension précise du phénomène permettra de lutter efficacement contre les réseaux d'Al Qaida.

     Pour comprendre la genèse de la crise qui a éclaté au grand jour le 11 septembre 2001, il faut en revenir à deux dates charnières : 1979 et 1990.

* L'année 1979 est déterminante dans la mesure où elle est marquée par la conjonction de trois événements capitaux :

      - en février, elle voit l'arrivée au pouvoir de Khomeyni à Téhéran, donc la prise du pouvoir en Iran par les radicaux chiites. Le succès de la révolution islamique en Iran en 1979 marque la première victoire « militaire » d'un mouvement de cette nature sur le monde occidental : les images des otages de l'ambassade américaine influencent profondément les mouvements islamiques existants, y compris ceux qui appartiennent à la mouvance sunnite ;

      - l'autre événement majeur, au mois de novembre de la même année, a lieu avec la prise de la Grande Mosquée de La Mecque - lieu saint sunnite -, par Jouhaïmane Al-Outaïli. La Grande Mosquée reste entre les mains des rebelles pendant près de trois semaines. Les armées saoudiennes et jordaniennes restant impuissantes, c'est le groupe d'intervention de la gendarmerie nationale française (GIGN) qui fera sortir le groupe de Jouhaïmane des caves et des sous-sols du bâtiment ;

      - l'année 1979 se termine enfin, en décembre, par l'invasion de l'Afghanistan par les troupes soviétiques. Afin d'affaiblir l'empire soviétique, les Etats-Unis conçoivent alors une stratégie destinée à faire de l'Afghanistan le Vietnam de l'Union soviétique, sans perdre une seule goutte de sang américain. A cette fin, les islamistes de tout bord, pro-américains, recrutés et financés par le Pakistan et l'Arabie Saoudite, soutenus par les Etats-Unis, sont envoyés en Afghanistan pour se battre contre l'Armée rouge. On retrouve une alliance ancienne entre l'Amérique et les islamistes que Washington avait considérée comme la meilleure parade contre le marxisme athée et l'avancée du communisme dans le monde musulman.

       En résumé, l'année 1979 représente une date charnière, dans la mesure où c'est à ce moment que l'islamisme radical ne se contente plus de prospérer dans l'ombre des écoles coraniques, mais se transforme en un mouvement politique, victorieux en Iran, mis en échec par les Saoudiens. L'invasion de l'Afghanistan lui permet de devenir également une force de combat. Celle-ci sera bientôt alimentée par tous les agitateurs politiques du monde arabo-musulmans, frustrés voire réprimés par des Etats autoritaires, qui n'auront de cesse de s'en débarrasser en les envoyant en Afghanistan. Telle est notamment l'option choisie par l'Arabie Saoudite, qui voit, de toute façon, d'un mauvais œil le prosélytisme d'Etat de son grand rival chiite, lui préférant la diffusion de sa propre conception rigoriste de l'islam (wahhabisme), via les réseaux d'écoles coraniques qu'elle s'emploie à financer à travers le monde entier.

     Avec l'expulsion des forces américaines et françaises du Liban en 1983, par le Hezbollah soutenu par l'Iran et la Syrie, et notamment la mise en scène d'attaques suicides massives, les islamistes enregistrent une deuxième victoire militaire et idéologique. Les prises d'otages consécutives dopent les mouvements radicaux et les confortent dans leur stratégie de terreur. Mais c'est avec la victoire des Afghans et des volontaires arabes et musulmans du monde entier sur l'Armée rouge que l'islamisme politique enregistre son succès militaire le plus éclatant, qu'il interprète immédiatement en termes idéologiques. Les moudjahidines, que l'on appelait alors en Occident les symboles de la liberté, les combattants de la liberté, se disent en effet que, s'ils ont été capables de défaire l'Armée rouge, a fortiori, ils seraient capables de défaire les gouvernements qui ne respectent pas la Charia, la loi islamique. Forts de leur expérience afghane et de cette conviction, ces hommes retournent alors dans leur pays d'origine - en Algérie, en Egypte et ailleurs - pour tenter de renverser leurs gouvernements.

*  L'année 1990 représente l'autre date charnière dans l'histoire de l'islamisme politique. Saddam Hussein décide brutalement d'envahir le Koweït. Les Etats-Unis, ne pouvant laisser le dirigeant irakien contrôler, en plus du pétrole irakien, le pétrole du Koweït, et menacer par là-même l'Arabie Saoudite, leur vieil allié, militairement aussi bien qu'économiquement, mettent en place une coalition comprenant des Arabes et des Musulmans, afin que la riposte n'apparaisse pas comme une agression chrétienne contre un pays musulman.

      Pour rallier les Arabes, Washington promet alors de créer un Etat palestinien aussitôt la guerre terminée. Les Arabes prennent très au sérieux cet engagement fermement mis en avant. Par ailleurs, pour rallier la coalition, la Syrie exige le droit d'intervenir au Liban contre les forces du Général Aoun. Le feu vert lui est donné. Quant à l'Egypte, la remise de la moitié de sa dette extérieure - 20 milliards de dollars - qu'elle réclamait, lui est accordée. Une fois mise en place, la coalition va défaire Saddam Hussein et le chasser du Koweït. Dès lors, l'armée américaine ne quittera plus l'Arabie Saoudite, où elle a été appelée par le roi Fahd le 8 août 1990. Or, selon les intégristes musulmans, la présence de Juifs et de Chrétiens est inacceptable sur la terre sainte d'Arabie. Les oulémas wahhabites, qui constituent le pilier religieux du régime saoudien, sont allés même plus loin en affirmant qu'un Musulman ne pouvait devenir l'ami d'un Juif ou d'un Chrétien, au risque d'être maudit. Fort de cette exégèse des textes, Ben Laden déclare qu'on ne peut pas mettre en contradiction les enseignements du Prophète, dans le pays même du Prophète.

      La guerre du Golfe ajoute par conséquent un nouveau paramètre dans l'équation de l'islamisme politique : à la dimension fondamentaliste vient s'ajouter un sentiment anti-américain, qui va s'accroître tout au long des années 1990. Né de ce que les islamistes radicaux considèrent comme une trahison de la part du commandeur des croyants que le roi Fahd prétend être, à savoir l'acceptation de l'installation des Etats-Unis dans les lieux saints, il se nourrit en outre de l'échec des Etats-Unis à trouver une solution au problème israélo-palestinien et des conséquences dramatiques de la politique américaine en Irak, l'embargo conduisant à la mort de dizaines de milliers de civils, et notamment des plus faibles.

* Au cours des années 1990, la montée en puissance de l'antiaméricanisme ira de pair avec une exacerbation de la violence des groupes islamistes, qui les coupe de leur base sociale et les marginaliser petit à petit. Les classes moyennes pieuses, qui formaient, avec la jeunesse urbaine pauvre, le terreau de l'islamisme politique, refusent la radicalisation. C'est en ce sens que les plus éminents islamologues comme M. Gilles Kepel ou M. Olivier Roy, ont pu parler d'un échec de l'islam politique dans sa stratégie de renversement de gouvernements nationalistes issus de la décolonisation et d'installation au pouvoir de régimes fondamentalistes.

      Pour certains pays européens, et notamment la France, et pour les Etats-Unis, les conséquences de l'émergence de l'islamisme politique n'en sont pas moins réelles : si l'islam radical a échoué dans ses projets politiques, il se développe en tant que mouvement terroriste, à telle enseigne que, dans un pays comme la France, le terrorisme est considéré comme la menace non militaire prioritaire.

      Au sein de cette mouvance ultra-violente de l'islamisme terroriste, l'organisation créée par Ben Laden va se révéler la plus dangereuse, bénéficiant de l'expérience et de la fortune de son meneur. Fort de son passé de combattant contre l'Armée rouge, fort de la doctrine wahhabite qui interdit la présence des Chrétiens et des Juifs sur tout le territoire de l'Arabie Saoudite, Ben Laden renforce son organisation. Si Al Qaida est créée dès 1988, c'est dans le contexte de radicalisation des années 1990 que cette structure forge sa doctrine, à partir de 1996. Le nom d'Al Qaida se réfère au mot arabe signifiant « la base » : il s'agissait en l'occurrence de la base de données sur laquelle étaient enregistrés tous les moudjahidines venus de tout le monde arabo-musulman combattre en Afghanistan. Al Qaida désigne en fait deux réalités : la base logistique principale existant en Afghanistan, aujourd'hui largement détruite par l'opération américaine et les bases secondaires ; les réseaux, autonomes par rapport à ce noyau central et originel, dispersés à travers le monde.

      En 1998, Ben Laden et ses adjoints ordonnent l'assassinat des Chrétiens américains et des Juifs où qu'ils se trouvent. Ben Laden ordonne ainsi de chasser d'Arabie l'armée américaine, de chasser les Juifs de Jérusalem - le troisième lieu saint de l'Islam - et de supprimer les vexations et l'embargo contre l'Irak. Ainsi, au-delà même de la problématique de l'échec de l'islam politique, la machine de guerre islamique est, elle, bel et bien lancée contre les Etats-Unis avant tout, et leurs alliés incidemment.

      L'attentat contre le World Trade Center, en février 1993, qui fait six morts et un millier de blessés, a été la première opération terroriste menée sur le territoire américain. Cet attentat devait provoquer l'effondrement d'une tour sur l'autre, mais le camion piégé, mal placé, n'a pas fait céder la base des tours. A Ryad, un deuxième attentat contre une petite garnison d'entraîneurs de la garde nationale saoudienne, fait six victimes américaines. En juin 1996, un attentat contre la base militaire de Darran fait dix-neuf victimes parmi les militaires américains et un millier de blessés. L'année 1998 verra la double explosion des ambassades américaines à Nairobi et Dar Es-Salam. En 2000, c'est un bâtiment militaire américain de passage à Aden qui fait l'objet d'un attentat. Enfin, au moment de la fête du millénaire, la police américaine intercepte au Canada un Algérien à bord d'un véhicule chargé de 50 kilos d'explosifs destinés à provoquer une explosion sur l'aéroport de Los Angeles. »

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 16:43

France-3.jpgInvité le 19 janvier dans le journal régional de
France 3 Midi-Pyrénées,

l'ancien ministre de la Défense Paul Quilès
estime que les moyens militaires
ne suffiront pas à régler le problème du Mali.

Regarder l'interview

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 09:44

                              Article publié dans La Dépêche du Midi
                                                     (
19.01.2013 EB)

Jean-Jaures.JPG
      A l'initiative de l'ancien ministre Paul Quilès, un spectacle sera créé pour les 100 ans de la mort du tribun socialiste. La première sera donnée au musée de la mine de Cagnac fin juillet 2013 avant des représentations en 2014 à travers la France.

    

      Jaurès, ses discours, sa pensée, son action contre la guerre et auprès du monde ouvrier: voici une source d'inspiration inépuisable pour les metteurs en scène. Depuis plusieurs semaines, Claude Moreau travaille sur un nouveau spectacle consacré au célèbre député tarnais. Déjà créateur du fameux «Ils ont tué Jaurès» joué sur le site de la Découverte en 1994, le metteur en scène prépare un spectacle dans le cadre du centenaire de la mort du socialiste, assassiné le 31 juillet 1914. La première de «Jaurès, une voix pour la paix» sera donnée en plein air au musée de la mine de Cagnac fin juillet de cette année. Une dizaine de représentations est déjà prévue avant de faire tourner le spectacle à travers la France en 2014, année du centenaire. L'ancien ministre Paul Quilès pilote ce projet qui sera dévoilé le 31 janvier au cours d'une soirée co-organisée avec la Scène nationale d'Albi.

     

      «Ce spectacle est plus modeste que ce que nous avions créé pour les 80 ans de la mort de Jaurès, explique Paul Quilès. Nous aurons des aides publiques et nous recherchons des mécènes privés.» Contrairement à 1994 où Bernard-Pierre Donnadieu incarnait le héros, la nouvelle création fera appel uniquement à des amateurs. Une centaine de bénévoles seront nécessaires pour jouer dans cette évocation de Jaurès et apporter une aide logistique. Le budget pour la création avoisine les 200 000 €. Le spectacle a déjà reçu le soutien de la Mission interministérielle du centenaire de la Première guerre mondiale et de la Fondation Jean-Jaurès.

     «Une fois que le spectacle aura été joué au musée de la mine, on pourra le proposer l'année prochaine à d'autres collectivités à travers la France. On espère qu'il sera joué à Toulouse et même à Paris» indique Paul Quilès. Ce «Jaurès, une voix pour la paix» est écrit par l'auteur Jean-Louis Sagot-Duvauroux. Construit comme un docu-fiction, il mettra en scène une grand-mère et son petit fils qui évoqueront les combats de Jaurès et des faits marquants du XXe siècle. Une association présidée par l'ancien maire de Cagnac Jean Padilla, a été spécialement créée pour porter ce projet. Les répétitions devraient se dérouler en avril et mai avant la grande première fin juillet.

      

       Projection du film sur le spectacle «Ils ont tué Jaurès» donné en 1994 puis présentation de «Jaurès, une voix pour la paix» le jeudi 31 janvier à 20 h 45, à Albi, au cinéma de l'Auditorium du Bon sauveur, avec Claude Moreau, réalisateur et Rémy Pech, historien.

     

        Paul Quilès évoque Cap'Découverte 

     

       Paul Quilès n'a pas manqué d'évoquer la reconversion de la mine carmausine, projet qu'il a porté. «Le travail fait sur la reconversion de la mine a été collectif avec un concours d'idées, un CIAT (ndlr : comité interministériel d'aménagement du territoire), etc. Bien sûr, il fallait quelqu'un qui porte le projet. Mais à l'époque, personne n'était capable de dire ce qu'allait devenir cette mine. Les meilleures idées, c'était une décharge d'ordures ou même un circuit automobile. Si on n'avait rien fait, l'eau serait montée en permanence et aurait fini par inonder des zones urbaines du Carmausin.»

     
Paul Quilès note avec satisfaction la fréquentation en hausse de Cap'Découverte : «J'avais des tas d'idées pour développer le site, comme les éoliennes, dont le maire d'Albi n'a pas voulu. Le photovoltaïque, c'est bien, mais on a trop tardé.» L'ancien ministre égratigne au passage certains élus : «Il y avait les opposants de droite, mais aussi des socialistes heureux de se débarrasser d'un élu qui les gênait et puis quelques élus carmausins pas très courageux…»

      Paul Quilès rappelle enfin être à l'origine de l'installation de deux centres d'appels sur Carmaux : «Cela représente 500 emplois. Le bassin carmausin a été celui qui à l'époque a créé le plus d'emplois dans la région.»

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Published by Paul Quilès - dans Jaurès
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 18:03
HLM.jpg
Je suis co-signataire de cet appel au Président de la République,
parce que je considère que 
«Le logement social, un bien de première nécessité,
doit retrouver, dès le début 2013, un taux de TVA réduit.
Il y a urgence sociale et urgence économique.»


Premiers signataires:
Emmanuelle Cosse (EELV), vice-présidente de la région Ile-de-France en charge du logement
Daniel Goldberg (PS), député
Pierre Laurent (PCF), sénateur, secrétaire national
Marie-Noëlle Lienemann (PS), sénatrice, ancienne ministre du logement
Marianne Louis (PS), maire-adjointe d’Evry (Essonne), conseillère régionale
Stéphane Peu (PCF), maire-adjoint de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), président de Plaine commune habitat
Jean-Vincent Placé (EELV), sénateur, président du groupe écologiste
Paul Quilès (PS), ancien ministre de l’équipement et du logement

                                                     ***********
        La construction de logements dans notre pays connaît une chute importante. Cette situation est alarmante, car elle va accroître la crise du logement et le chômage, en particulier dans le secteur du bâtiment. La crise vient de loin. Le secteur de l’immobilier a été anormalement dopé pendant des années par la droite, à coup d’avantages fiscaux coûteux, destinés prioritairement aux propriétaires investisseurs, distribués sans contreparties réelles en termes de loyer. Le nombre de propriétaires occupants n’a quasiment pas évolué, tandis que la rente foncière d’une minorité s’est considérablement accrue, encourageant une hausse excessive des prix.
     
     Cette politique a aggravé les difficultés des Français : augmentation de la part du revenu consacrée aux dépenses de logement, allongement et accroissement de l’endettement des accédants, hémorragie de l’accession sociale et production orientée vers les logements de standing plutôt qu’accessibles au plus grand nombre. Enfin, cette politique a coûté cher au budget de l’Etat et contribué aux déficits publics, alors même que l’aide à la pierre pour la construction de logements HLM diminuait d’année en année.
     
      L’écart entre les prix de vente et les revenus des Français est si important qu’il asphyxie le marché, tant dans le neuf que dans l’ancien, et rend de plus en plus aléatoire l’accès à un logement pour les classes populaires et moyennes. La réduction des déficits publics imposait une remise en cause des niches fiscales et ne pouvait qu’amener, en 2011, à l’extinction du dispositif Scellier et à un resserrement du prêt à taux zéro. Mais en dépit de cet abandon, ces dispositifs fiscaux sont un véritable boulet laissé en héritage pour neuf ans. Plus de 2,5 milliards d’euros sont bloqués au budget 2013 pour assurer les engagements déjà pris concernant les crédits d’impôts “ TEPA ” pour le logement et l’avantage Scellier.
    
      Le gouvernement précédent n’a pas donné au mouvement HLM les moyens de répondre aux besoins des Français.Prélèvement sur les organismes, passage de la TVA de 5,5% à 7%, poursuite de la baisse des crédits d’aide à la pierre : ces mesures ont porté un rude coup au mouvement HLM et remis en cause ses capacités à produire un nombre suffisant de logements comme à rénover le parc existant. Elles ont contribué au renchérissement des loyers du parc neuf.
     
      De la programmation à la réalisation, il faut trois ans pour construire un logement. Si on ne peut naturellement pas reprocher à l’actuel gouvernement les mauvais résultats de 2012 et la crise de plus en plus criante du logement, celui-ci est désormais comptable de réussir la relance qui s’impose.
     
      La priorité absolue doit être accordée à une production soutenue et croissante de logements sociaux. Car là sont les besoins et là se trouvent les leviers d’une reprise rapide. Tous les experts s’accordent à juger que la construction de logements HLM constitue une opportunité efficace d’action contra-cyclique face à la crise.
     
      Le gouvernement Ayrault et la ministre du logement, Cécile Duflot, ont pris des premières décisions positives : encadrement des loyers à la relocation, mise à disposition gratuite de terrains publics pour des logements sociaux, durcissement de la loi SRU par le passage à 25% du taux minimal de logements locatifs sociaux, suppression du prélèvement sur certains organismes HLM, légère augmentation des aides à la pierre. Pour atteindre effectivement l’objectif présidentiel d’une production annuelle de 150 000 logements sociaux, il est nécessaire d’aller plus loin et d’assurer dans le temps les conditions financières de production du logement social.
     
      La décision de passer la TVA de 5,5% à 10% pour la construction des logements sociaux et la rénovation des bâtiments aurait des effets catastrophiques sur la reprise de la construction et l’amélioration de l’offre de logement, alors même que le coût du logement en France, en location ou en accession, représente un poids considérable dans le pouvoir d’achat des ménages et leur mobilité.
     
      Décider d’instaurer un taux réduit de TVA pour le logement social (5,5 % en 2013 et 5% en 2014) est une nécessité. Depuis plus de 20 ans, le financement des logements sociaux est structurellement assuré par des prêts de la Caisse des dépôts adossés au Livret A, ainsi que par ce taux réduit de TVA, qui vient en lieu et place d’un haut niveau de subvention d’Etat. Changer la donne constitue une fragilisation majeure, dont les premières victimes seront les millions de Français qui cherchent à se loger dignement dans des conditions financières acceptables.
     
      Si, jusqu’à maintenant, bailleurs et collectivités locales ont tant bien que mal réussi à   “ faire face ”, il n’existe plus de marges de manœuvre.En effet, ces dernières années, le financement des logements sociaux a été largement assuré par une montée en puissance des subventions des collectivités locales, qui ont en fait compensé le désengagement budgétaire de l’Etat. Mais leurs finances ne leur permettent pas d’aller plus loin. De leur côté, les organismes HLM ont mobilisé une part accrue de leurs fonds propres, largement acquis à travers le loyer des locataires. Ceux-ci ne sont pas inépuisables et ne suffisent plus à assurer la programmation du neuf et la réhabilitation du parc ancien. Sans compter que la réduction des financements a eu pour conséquence une augmentation du niveau des loyers des logements neufs, bien trop élevés au regard du niveau de vie des demandeurs de logement.
     
      Le logement social, un bien de première nécessité, doit retrouver, dès le début 2013, un taux de TVA réduit. Il y a urgence sociale et urgence économique.Les groupes de gauche et les écologistes au Sénat et à l’Assemblée nationale ont déposé des amendements dans ce sens lors des débats budgétaires. Le gouvernement ne les a pas entendus et il a été prévu qu’un taux de 10% de TVA sera appliqué au logement social en 2014.
     
      En responsabilité, nous affirmons avec force qu’on ne peut laisser le taux de TVA du logement social doubler en 3 ans. La reprise de la construction de logements, particulièrement dans le secteur HLM, ne pourra s’effectuer sans un coup d’accélérateur majeur et un taux de TVA réduit reconnaissant sa participation à la satisfaction d’un besoin de première nécessité. C’est une mesure anti-crise essentielle, en raison de ses effets sur la régulation des prix, la reconquête du pouvoir d’achat et la création d’emplois durables et non délocalisables. C’est aussi un soutien aux entreprises du bâtiment.
     
      Issus de toutes les forces politiques de gauche et écologistes qui ont concouru à l’élection de François Hollande et à une majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat, nous appelons solennellement à ce que soit engagé cet effort prioritaire et immédiat en faveur du logement social. Il s’agit de répondre aux attentes majeures d’un très grand nombre de foyers et de contribuer, par la relance de l’activité, à la lutte pour l’emploi.
________________________________________________________________________
Vous pouvez signer en ligne la pétition pour la TVA dans le logement social à 5% ici: http://logementsocialtvareduite.fr/
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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 12:14

Absent-isme.jpg
Je suis souvent intervenu sur les graves inconvénients
du cumul des mandats
(voir sur ce blog). 

Il faut en finir avec cette "exception française"!

Ecouter à ce sujet
mon interview sur Sud Radio
(16 janvier 2013)

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Published by Paul Quilès - dans Cumul des mandats
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 10:08

Cordes-neige-2.JPG
Merveilleuse image de Cordes sous la neige ce matin....

même si ce n'est pas très pratique

pour la vie quotidienne des habitants (et du maire!)


**************
Si vous vous intéressez à ce qui se passe à Cordes, vous trouverez le
bilan et les perpectives de l'activité municipale dans l'intervention que j'ai prononcée à l'occasion des voeux pour 2013....  LIRE

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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 20:23

Azawad.jpg
         Le danger djihadiste est réel au Mali, mais il ne doit pas faire oublier la réalité de ce pays et notamment celle du Nord Mali, l’Azawad.

   

        Dans cette région, vaste comme la France, vivent 1,2 million de Touaregs, dont les revendications ont été étouffées par les agissements des mouvements terroristes. Il est vrai que le mouvement de libération de l’Azawad, le MNLA, avait fait jonction avec les groupes jihadistes, notamment Ansar Dine, pour combattre contre l’armée malienne et la repousser vers le sud.


       La rupture est intervenue en juin 2012, lorsque les exactions de ces groupes et leur détermination à faire applique la « charia » sont devenues insupportables.


       Aujourd’hui, les risques sont grands pour les populations du Nord, si l’on en croit cette interview de l’écrivain touareg Moussa Ag Assarid.

                                          Lire l’interview

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 23:36

Mali-2.jpg     Depuis l’annonce de l’intervention militaire française au Mali, les commentaires mélangent allègrement quatre problèmes que cette opération serait censée résoudre : l’intégrité de l’Etat malien, la sécurité des 6000 ressortissants français,  le sort de nos otages, la lutte contre le terrorisme islamiste.

 

     
       Essayons d’y voir clair. 
La communauté internationale s’est mobilisée contre le danger que représente l’influence grandissante de cette forme de terrorisme dans certaines zones du monde et on ne peut que s’en réjouir. Cette prise de conscience me semble malheureusement tardive, s’agissant du Mali. Déjà, le 14 avril 2012, j’attirai l’attention sur « les risques d’un Mali effondré » (voir ci-après) et je proposai une action internationale rapide, en concluant : «Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie. »


      Huit mois plus tard, le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a finalement adopté la résolution  2085, qui « autorise le déploiement d’une force internationale au Mali », la MISMA.


      Cette résolution précise que « l’opération sera conduite avec des troupes combattantes exclusivement africaines et une forte mobilisation de l’Union européenne sur les plans financier et logistique » (voir communiqué du Quai d’Orsay). Elle demande aussi aux Etats membres de l’ONU « de fournir un appui, coordonné à la MISMA, en étroite coordination avec celle-ci et avec les autorités maliennes, notamment sous la forme de formations militaires, de fourniture de matériel, de renseignement, d’appui logistique et de tout type d’aide nécessaire pour réduire la menace posée par des organisations terroristes… »


      L’inquiétude du gouvernement malien devant la percée des combattants islamistes vers le Sud l’a amené à demander une accélération de l’aide internationale. A l’évidence, les Etats africains de la CEDEAO n’étaient pas prêts et c’est dans ces conditions que la France vient de faire intervenir ses forces militaires.


     Espérons que cette opération sera efficace, mais il faudra que l’on précise bien lequel ou lesquels des quatre problèmes que j’évoquais en commençant elle est censée résoudre.


    Il me semble également indispensable, de façon à éviter toute ambigüité, que le Conseil de sécurité donne un mandat explicite  à la France, puisque, malgré les soutiens (verbaux) des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de l’Allemagne, et en l’absence regrettable de l’Union Européenne, la France risque de se retrouver seule à faire face à une situation particulièrement complexe. 

                                                    Voir aussi sur le site de MEDIAPART 

                                                    
                          Lire également: Que va-t-il se passer au Nord du Mali
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Mali           

                        Les risques d’un Mali effondré 
                               (publié le 14 avril 2012)

 


     Parmi les nombreux sujets de préoccupation liés à la situation internationale (Syrie, Iran, Soudan, Corée du Nord….), ce qui se passe au Mali ne semble pas passionner l’opinion française. Et pourtant, les risques sont grands, suite au putsch militaire contre le président Touré, qui a provoqué l’effondrement politique du pays, sa division en deux parties et une grande liberté d’action pour les groupes islamistes.

 

      Malgré les efforts de la CEDEAO[1], qui ont permis le rétablissement d’un précaire pouvoir civil dans le sud, on est loin d’un retour à la normale. Seule une mobilisation internationale forte, rapide et coordonnée peut permettre à la région de retrouver une stabilité régionale déjà bien érodée.

 

Un putsch aux conséquences lourdes

 

     Le 22 mars dernier, un groupe de militaire dirigé par le capitaine Sanogo prenait le pouvoir à Bamako. Selon ce dernier, le putsch avait pour but de préserver l’intégrité territoriale du pays, menacée par la rébellion touareg.

 

    Son effet fut parfaitement contraire : en moins de deux semaines, les forces du MNLA[2]se sont emparées de la moitié nord du pays.

 

    Sur ce territoire, sont alors rapidement sortis au grand jour des groupes islamistes radicaux liés à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et concurrents du MNLA. Un de ces groupes, Ansar dine, contrôle ainsi Tombouctou, où il recruterait des combattants ; un deuxième, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a pris en otage sept diplomates algériens.

 

Une situation instable

 

    Au sud, le pouvoir confisqué par les putschistes a été redonné aux autorités civiles sous la pression de la CEDEAO. L’ancien président Touré ayant démissionné, le pouvoir a été confié au président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, investi président vendredi dernier. L’accord prévoit que le futur premier ministre aura les pleins pouvoirs pour composer avec les différents mouvements armés.

 

     Au nord, le MNLA s’est arrêté de son propre chef aux portes de Mopti, au centre du pays. Il tente probablement de contrôler désormais le territoire conquis, disputé par les groupes islamistes. Au-delà d’AQMI, d’Ansar dine et du Mujao, on parle aussi de la présence du groupe Boko haram, connu pour ses attentats antichrétiens dans le nord du Nigéria, à plus de 1500 km de là.

 

Des risques majeurs pour la région

 

    Si aucune issue n’est trouvée à la partition actuelle du pays, les touaregs du MNLA tenteront sûrement de conserver leur territoire, déclaré indépendant sous le nom d’Azawad. Une force militaire de la CEDEAO est à l’étude ; elle aurait pour but de rétablir l’autorité de l’État malien dans le nord du pays, ce qui sera d’autant plus difficile sans légitimité électorale. Une tentative de conquête du sud du Mali par le MNLA ou un autre putsch militaire, même si ces hypothèses sont moins probables, ne sont pas à exclure.

 

     Au-delà des frontières maliennes, le risque est grand de voir s’établir un vaste sanctuaire pour les groupes islamistes radicaux s’étendant de la Mauritanie au Nigéria. AQMI a fait école et les groupes qui lui sont affiliés, implantés localement, sont autant de risques de déstabilisation pour les pays ouest-africains, d’autant plus que les capacités militaires comme la légitimité démocratique de nombreux gouvernements de la région sont limitées.

 

Quelle action internationale est possible ?

 

     Si le Mali s’effondrait et avec lui la région ouest-africaine, les conséquences seraient catastrophiques pour les populations africaines. Devant un tel risque, la mobilisation internationale doit être forte et coordonnée.

 

    Un accord doit impérativement être trouvé entre le nouveau pouvoir civil et le MNLA. Cet accord pourrait prévoir à la fois un calendrier électoral national et un calendrier référendaire d’autonomisation du nord. Afin de garantir la mise en place de cet accord, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait appuyer la constitution d’une force militaire régionale. Cette force, contrôlée par la CEDEAO ou l’Union africaine, aurait pour mission de rétablir le Mali dans ses frontières et d’empêcher le développement de groupes islamistes radicaux, locaux ou internationalistes.

 

      La France s’honorerait à favoriser toute action allant dans ce sens. Elle pourrait ainsi organiser à Paris une conférence d’entente entre les autorités civiles de Bamako et le MNLA, proposer un texte au Conseil de sécurité invitant au déploiement d’une force militaire de la CEDEAO et soutenir ces deux initiatives dans un cadre diplomatique multilatéral.

 

      Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie.

                                                      Paul Quilès


[1]Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

[2]Mouvement national de libération de l’Azawad  

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 23:47

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    En ce jour d'anniversaire
de la disparition de François Mitterrand,
je relis un texte que j'ai écrit il y a quelques années.
Il me semble toujours pertinent.......

 

       "Qu'on ait aimé ou pas l'homme qu'il fut, force est de reconnaître qu'il laissera une trace dans l'histoire de notre pays.

 

       François Mitterrand ne nourrissait aucune illusion sur les ressorts profonds de la nature humaine en politique. Il ne serait donc pas surpris d'entendre ceux de ses "amis" qui l'ont tant dénigré, surtout vers la fin, lui rendre aujourd'hui de vibrants hommages et se réclamer de sa filiation. Il sourirait certainement -et les apprécierait à leur juste mesure- en lisant les commentaires parfois élogieux de certains de ses adversaires, qui, après l'avoir durement combattu, reconnaissent aujourd'hui les qualités de l'homme politique et la valeur de ses enseignements.

 

       Le bilan des deux septennats de François Mitterrand est contrasté. Les responsables politiques ont naturellement tendance à le juger sans faire totalement abstraction de leurs engagements partisans. Quant aux commentateurs, il n'est pas évident qu'ils disposent encore d'assez de recul pour juger sereinement de cette tranche d'histoire.

 

       On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, de plus en plus dominée par l'hyperpuissance américaine, a vu également l'influence de certains acteurs se renforcer. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives islamistes et le terrorisme mondialisé.

 

       En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué…même si les changements dans ce domaine sont probablement moins forts qu'on semble parfois le croire. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs supportent de moins en moins le carcan de la Vème République, que François Mitterrand avait malheureusement accepté et qui rend aujourd'hui le débat politique au sein des institutions trop fréquemment décalé par rapport aux réalités vécues par les citoyens.

 

      Pour autant, en dépit de ces évolutions, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense essentiellement au rôle que celui-ci attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

 

     Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si la crise et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin.

 

      Quant à la méthode qui fut celle de Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, personne ne peut nier qu'elle reste totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent du rassemblement (des socialistes, de la gauche, des Français).

 

     Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité.

 

     C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, qui pouvait parfois apparaître froid et distant, avait la capacité rare de savoir mobiliser et entraîner les hommes. Souhaitons que d'autres responsables politiques sachent s'inspirer de cette leçon, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays."

 

                                             ****************

      " L'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude." (François Mitterrand , dans « Ma part de vérité »)

      " L’homme politique s’exprime d’abord par ses actes ; c’est d’eux dont il est comptable ; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son oeuvre d’action." (François Mitterrand , dans « Mémoire à deux voix », avec Elie Wiesel)

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez