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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 18:03
HLM.jpg
Je suis co-signataire de cet appel au Président de la République,
parce que je considère que 
«Le logement social, un bien de première nécessité,
doit retrouver, dès le début 2013, un taux de TVA réduit.
Il y a urgence sociale et urgence économique.»


Premiers signataires:
Emmanuelle Cosse (EELV), vice-présidente de la région Ile-de-France en charge du logement
Daniel Goldberg (PS), député
Pierre Laurent (PCF), sénateur, secrétaire national
Marie-Noëlle Lienemann (PS), sénatrice, ancienne ministre du logement
Marianne Louis (PS), maire-adjointe d’Evry (Essonne), conseillère régionale
Stéphane Peu (PCF), maire-adjoint de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), président de Plaine commune habitat
Jean-Vincent Placé (EELV), sénateur, président du groupe écologiste
Paul Quilès (PS), ancien ministre de l’équipement et du logement

                                                     ***********
        La construction de logements dans notre pays connaît une chute importante. Cette situation est alarmante, car elle va accroître la crise du logement et le chômage, en particulier dans le secteur du bâtiment. La crise vient de loin. Le secteur de l’immobilier a été anormalement dopé pendant des années par la droite, à coup d’avantages fiscaux coûteux, destinés prioritairement aux propriétaires investisseurs, distribués sans contreparties réelles en termes de loyer. Le nombre de propriétaires occupants n’a quasiment pas évolué, tandis que la rente foncière d’une minorité s’est considérablement accrue, encourageant une hausse excessive des prix.
     
     Cette politique a aggravé les difficultés des Français : augmentation de la part du revenu consacrée aux dépenses de logement, allongement et accroissement de l’endettement des accédants, hémorragie de l’accession sociale et production orientée vers les logements de standing plutôt qu’accessibles au plus grand nombre. Enfin, cette politique a coûté cher au budget de l’Etat et contribué aux déficits publics, alors même que l’aide à la pierre pour la construction de logements HLM diminuait d’année en année.
     
      L’écart entre les prix de vente et les revenus des Français est si important qu’il asphyxie le marché, tant dans le neuf que dans l’ancien, et rend de plus en plus aléatoire l’accès à un logement pour les classes populaires et moyennes. La réduction des déficits publics imposait une remise en cause des niches fiscales et ne pouvait qu’amener, en 2011, à l’extinction du dispositif Scellier et à un resserrement du prêt à taux zéro. Mais en dépit de cet abandon, ces dispositifs fiscaux sont un véritable boulet laissé en héritage pour neuf ans. Plus de 2,5 milliards d’euros sont bloqués au budget 2013 pour assurer les engagements déjà pris concernant les crédits d’impôts “ TEPA ” pour le logement et l’avantage Scellier.
    
      Le gouvernement précédent n’a pas donné au mouvement HLM les moyens de répondre aux besoins des Français.Prélèvement sur les organismes, passage de la TVA de 5,5% à 7%, poursuite de la baisse des crédits d’aide à la pierre : ces mesures ont porté un rude coup au mouvement HLM et remis en cause ses capacités à produire un nombre suffisant de logements comme à rénover le parc existant. Elles ont contribué au renchérissement des loyers du parc neuf.
     
      De la programmation à la réalisation, il faut trois ans pour construire un logement. Si on ne peut naturellement pas reprocher à l’actuel gouvernement les mauvais résultats de 2012 et la crise de plus en plus criante du logement, celui-ci est désormais comptable de réussir la relance qui s’impose.
     
      La priorité absolue doit être accordée à une production soutenue et croissante de logements sociaux. Car là sont les besoins et là se trouvent les leviers d’une reprise rapide. Tous les experts s’accordent à juger que la construction de logements HLM constitue une opportunité efficace d’action contra-cyclique face à la crise.
     
      Le gouvernement Ayrault et la ministre du logement, Cécile Duflot, ont pris des premières décisions positives : encadrement des loyers à la relocation, mise à disposition gratuite de terrains publics pour des logements sociaux, durcissement de la loi SRU par le passage à 25% du taux minimal de logements locatifs sociaux, suppression du prélèvement sur certains organismes HLM, légère augmentation des aides à la pierre. Pour atteindre effectivement l’objectif présidentiel d’une production annuelle de 150 000 logements sociaux, il est nécessaire d’aller plus loin et d’assurer dans le temps les conditions financières de production du logement social.
     
      La décision de passer la TVA de 5,5% à 10% pour la construction des logements sociaux et la rénovation des bâtiments aurait des effets catastrophiques sur la reprise de la construction et l’amélioration de l’offre de logement, alors même que le coût du logement en France, en location ou en accession, représente un poids considérable dans le pouvoir d’achat des ménages et leur mobilité.
     
      Décider d’instaurer un taux réduit de TVA pour le logement social (5,5 % en 2013 et 5% en 2014) est une nécessité. Depuis plus de 20 ans, le financement des logements sociaux est structurellement assuré par des prêts de la Caisse des dépôts adossés au Livret A, ainsi que par ce taux réduit de TVA, qui vient en lieu et place d’un haut niveau de subvention d’Etat. Changer la donne constitue une fragilisation majeure, dont les premières victimes seront les millions de Français qui cherchent à se loger dignement dans des conditions financières acceptables.
     
      Si, jusqu’à maintenant, bailleurs et collectivités locales ont tant bien que mal réussi à   “ faire face ”, il n’existe plus de marges de manœuvre.En effet, ces dernières années, le financement des logements sociaux a été largement assuré par une montée en puissance des subventions des collectivités locales, qui ont en fait compensé le désengagement budgétaire de l’Etat. Mais leurs finances ne leur permettent pas d’aller plus loin. De leur côté, les organismes HLM ont mobilisé une part accrue de leurs fonds propres, largement acquis à travers le loyer des locataires. Ceux-ci ne sont pas inépuisables et ne suffisent plus à assurer la programmation du neuf et la réhabilitation du parc ancien. Sans compter que la réduction des financements a eu pour conséquence une augmentation du niveau des loyers des logements neufs, bien trop élevés au regard du niveau de vie des demandeurs de logement.
     
      Le logement social, un bien de première nécessité, doit retrouver, dès le début 2013, un taux de TVA réduit. Il y a urgence sociale et urgence économique.Les groupes de gauche et les écologistes au Sénat et à l’Assemblée nationale ont déposé des amendements dans ce sens lors des débats budgétaires. Le gouvernement ne les a pas entendus et il a été prévu qu’un taux de 10% de TVA sera appliqué au logement social en 2014.
     
      En responsabilité, nous affirmons avec force qu’on ne peut laisser le taux de TVA du logement social doubler en 3 ans. La reprise de la construction de logements, particulièrement dans le secteur HLM, ne pourra s’effectuer sans un coup d’accélérateur majeur et un taux de TVA réduit reconnaissant sa participation à la satisfaction d’un besoin de première nécessité. C’est une mesure anti-crise essentielle, en raison de ses effets sur la régulation des prix, la reconquête du pouvoir d’achat et la création d’emplois durables et non délocalisables. C’est aussi un soutien aux entreprises du bâtiment.
     
      Issus de toutes les forces politiques de gauche et écologistes qui ont concouru à l’élection de François Hollande et à une majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat, nous appelons solennellement à ce que soit engagé cet effort prioritaire et immédiat en faveur du logement social. Il s’agit de répondre aux attentes majeures d’un très grand nombre de foyers et de contribuer, par la relance de l’activité, à la lutte pour l’emploi.
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Vous pouvez signer en ligne la pétition pour la TVA dans le logement social à 5% ici: http://logementsocialtvareduite.fr/
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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 12:14

Absent-isme.jpg
Je suis souvent intervenu sur les graves inconvénients
du cumul des mandats
(voir sur ce blog). 

Il faut en finir avec cette "exception française"!

Ecouter à ce sujet
mon interview sur Sud Radio
(16 janvier 2013)

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Published by Paul Quilès - dans Cumul des mandats
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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 10:08

Cordes-neige-2.JPG
Merveilleuse image de Cordes sous la neige ce matin....

même si ce n'est pas très pratique

pour la vie quotidienne des habitants (et du maire!)


**************
Si vous vous intéressez à ce qui se passe à Cordes, vous trouverez le
bilan et les perpectives de l'activité municipale dans l'intervention que j'ai prononcée à l'occasion des voeux pour 2013....  LIRE

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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 20:23

Azawad.jpg
         Le danger djihadiste est réel au Mali, mais il ne doit pas faire oublier la réalité de ce pays et notamment celle du Nord Mali, l’Azawad.

   

        Dans cette région, vaste comme la France, vivent 1,2 million de Touaregs, dont les revendications ont été étouffées par les agissements des mouvements terroristes. Il est vrai que le mouvement de libération de l’Azawad, le MNLA, avait fait jonction avec les groupes jihadistes, notamment Ansar Dine, pour combattre contre l’armée malienne et la repousser vers le sud.


       La rupture est intervenue en juin 2012, lorsque les exactions de ces groupes et leur détermination à faire applique la « charia » sont devenues insupportables.


       Aujourd’hui, les risques sont grands pour les populations du Nord, si l’on en croit cette interview de l’écrivain touareg Moussa Ag Assarid.

                                          Lire l’interview

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 23:36

Mali-2.jpg     Depuis l’annonce de l’intervention militaire française au Mali, les commentaires mélangent allègrement quatre problèmes que cette opération serait censée résoudre : l’intégrité de l’Etat malien, la sécurité des 6000 ressortissants français,  le sort de nos otages, la lutte contre le terrorisme islamiste.

 

     
       Essayons d’y voir clair. 
La communauté internationale s’est mobilisée contre le danger que représente l’influence grandissante de cette forme de terrorisme dans certaines zones du monde et on ne peut que s’en réjouir. Cette prise de conscience me semble malheureusement tardive, s’agissant du Mali. Déjà, le 14 avril 2012, j’attirai l’attention sur « les risques d’un Mali effondré » (voir ci-après) et je proposai une action internationale rapide, en concluant : «Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie. »


      Huit mois plus tard, le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a finalement adopté la résolution  2085, qui « autorise le déploiement d’une force internationale au Mali », la MISMA.


      Cette résolution précise que « l’opération sera conduite avec des troupes combattantes exclusivement africaines et une forte mobilisation de l’Union européenne sur les plans financier et logistique » (voir communiqué du Quai d’Orsay). Elle demande aussi aux Etats membres de l’ONU « de fournir un appui, coordonné à la MISMA, en étroite coordination avec celle-ci et avec les autorités maliennes, notamment sous la forme de formations militaires, de fourniture de matériel, de renseignement, d’appui logistique et de tout type d’aide nécessaire pour réduire la menace posée par des organisations terroristes… »


      L’inquiétude du gouvernement malien devant la percée des combattants islamistes vers le Sud l’a amené à demander une accélération de l’aide internationale. A l’évidence, les Etats africains de la CEDEAO n’étaient pas prêts et c’est dans ces conditions que la France vient de faire intervenir ses forces militaires.


     Espérons que cette opération sera efficace, mais il faudra que l’on précise bien lequel ou lesquels des quatre problèmes que j’évoquais en commençant elle est censée résoudre.


    Il me semble également indispensable, de façon à éviter toute ambigüité, que le Conseil de sécurité donne un mandat explicite  à la France, puisque, malgré les soutiens (verbaux) des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de l’Allemagne, et en l’absence regrettable de l’Union Européenne, la France risque de se retrouver seule à faire face à une situation particulièrement complexe. 

                                                    Voir aussi sur le site de MEDIAPART 

                                                    
                          Lire également: Que va-t-il se passer au Nord du Mali
_______________________________________________________________________

 

Mali           

                        Les risques d’un Mali effondré 
                               (publié le 14 avril 2012)

 


     Parmi les nombreux sujets de préoccupation liés à la situation internationale (Syrie, Iran, Soudan, Corée du Nord….), ce qui se passe au Mali ne semble pas passionner l’opinion française. Et pourtant, les risques sont grands, suite au putsch militaire contre le président Touré, qui a provoqué l’effondrement politique du pays, sa division en deux parties et une grande liberté d’action pour les groupes islamistes.

 

      Malgré les efforts de la CEDEAO[1], qui ont permis le rétablissement d’un précaire pouvoir civil dans le sud, on est loin d’un retour à la normale. Seule une mobilisation internationale forte, rapide et coordonnée peut permettre à la région de retrouver une stabilité régionale déjà bien érodée.

 

Un putsch aux conséquences lourdes

 

     Le 22 mars dernier, un groupe de militaire dirigé par le capitaine Sanogo prenait le pouvoir à Bamako. Selon ce dernier, le putsch avait pour but de préserver l’intégrité territoriale du pays, menacée par la rébellion touareg.

 

    Son effet fut parfaitement contraire : en moins de deux semaines, les forces du MNLA[2]se sont emparées de la moitié nord du pays.

 

    Sur ce territoire, sont alors rapidement sortis au grand jour des groupes islamistes radicaux liés à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et concurrents du MNLA. Un de ces groupes, Ansar dine, contrôle ainsi Tombouctou, où il recruterait des combattants ; un deuxième, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a pris en otage sept diplomates algériens.

 

Une situation instable

 

    Au sud, le pouvoir confisqué par les putschistes a été redonné aux autorités civiles sous la pression de la CEDEAO. L’ancien président Touré ayant démissionné, le pouvoir a été confié au président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, investi président vendredi dernier. L’accord prévoit que le futur premier ministre aura les pleins pouvoirs pour composer avec les différents mouvements armés.

 

     Au nord, le MNLA s’est arrêté de son propre chef aux portes de Mopti, au centre du pays. Il tente probablement de contrôler désormais le territoire conquis, disputé par les groupes islamistes. Au-delà d’AQMI, d’Ansar dine et du Mujao, on parle aussi de la présence du groupe Boko haram, connu pour ses attentats antichrétiens dans le nord du Nigéria, à plus de 1500 km de là.

 

Des risques majeurs pour la région

 

    Si aucune issue n’est trouvée à la partition actuelle du pays, les touaregs du MNLA tenteront sûrement de conserver leur territoire, déclaré indépendant sous le nom d’Azawad. Une force militaire de la CEDEAO est à l’étude ; elle aurait pour but de rétablir l’autorité de l’État malien dans le nord du pays, ce qui sera d’autant plus difficile sans légitimité électorale. Une tentative de conquête du sud du Mali par le MNLA ou un autre putsch militaire, même si ces hypothèses sont moins probables, ne sont pas à exclure.

 

     Au-delà des frontières maliennes, le risque est grand de voir s’établir un vaste sanctuaire pour les groupes islamistes radicaux s’étendant de la Mauritanie au Nigéria. AQMI a fait école et les groupes qui lui sont affiliés, implantés localement, sont autant de risques de déstabilisation pour les pays ouest-africains, d’autant plus que les capacités militaires comme la légitimité démocratique de nombreux gouvernements de la région sont limitées.

 

Quelle action internationale est possible ?

 

     Si le Mali s’effondrait et avec lui la région ouest-africaine, les conséquences seraient catastrophiques pour les populations africaines. Devant un tel risque, la mobilisation internationale doit être forte et coordonnée.

 

    Un accord doit impérativement être trouvé entre le nouveau pouvoir civil et le MNLA. Cet accord pourrait prévoir à la fois un calendrier électoral national et un calendrier référendaire d’autonomisation du nord. Afin de garantir la mise en place de cet accord, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait appuyer la constitution d’une force militaire régionale. Cette force, contrôlée par la CEDEAO ou l’Union africaine, aurait pour mission de rétablir le Mali dans ses frontières et d’empêcher le développement de groupes islamistes radicaux, locaux ou internationalistes.

 

      La France s’honorerait à favoriser toute action allant dans ce sens. Elle pourrait ainsi organiser à Paris une conférence d’entente entre les autorités civiles de Bamako et le MNLA, proposer un texte au Conseil de sécurité invitant au déploiement d’une force militaire de la CEDEAO et soutenir ces deux initiatives dans un cadre diplomatique multilatéral.

 

      Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie.

                                                      Paul Quilès


[1]Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

[2]Mouvement national de libération de l’Azawad  

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 23:47

 FrancoisMiterrand-PaulQuiles3.jpg

    En ce jour d'anniversaire
de la disparition de François Mitterrand,
je relis un texte que j'ai écrit il y a quelques années.
Il me semble toujours pertinent.......

 

       "Qu'on ait aimé ou pas l'homme qu'il fut, force est de reconnaître qu'il laissera une trace dans l'histoire de notre pays.

 

       François Mitterrand ne nourrissait aucune illusion sur les ressorts profonds de la nature humaine en politique. Il ne serait donc pas surpris d'entendre ceux de ses "amis" qui l'ont tant dénigré, surtout vers la fin, lui rendre aujourd'hui de vibrants hommages et se réclamer de sa filiation. Il sourirait certainement -et les apprécierait à leur juste mesure- en lisant les commentaires parfois élogieux de certains de ses adversaires, qui, après l'avoir durement combattu, reconnaissent aujourd'hui les qualités de l'homme politique et la valeur de ses enseignements.

 

       Le bilan des deux septennats de François Mitterrand est contrasté. Les responsables politiques ont naturellement tendance à le juger sans faire totalement abstraction de leurs engagements partisans. Quant aux commentateurs, il n'est pas évident qu'ils disposent encore d'assez de recul pour juger sereinement de cette tranche d'histoire.

 

       On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, de plus en plus dominée par l'hyperpuissance américaine, a vu également l'influence de certains acteurs se renforcer. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives islamistes et le terrorisme mondialisé.

 

       En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué…même si les changements dans ce domaine sont probablement moins forts qu'on semble parfois le croire. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs supportent de moins en moins le carcan de la Vème République, que François Mitterrand avait malheureusement accepté et qui rend aujourd'hui le débat politique au sein des institutions trop fréquemment décalé par rapport aux réalités vécues par les citoyens.

 

      Pour autant, en dépit de ces évolutions, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense essentiellement au rôle que celui-ci attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

 

     Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si la crise et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin.

 

      Quant à la méthode qui fut celle de Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, personne ne peut nier qu'elle reste totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent du rassemblement (des socialistes, de la gauche, des Français).

 

     Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité.

 

     C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, qui pouvait parfois apparaître froid et distant, avait la capacité rare de savoir mobiliser et entraîner les hommes. Souhaitons que d'autres responsables politiques sachent s'inspirer de cette leçon, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays."

 

                                             ****************

      " L'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude." (François Mitterrand , dans « Ma part de vérité »)

      " L’homme politique s’exprime d’abord par ses actes ; c’est d’eux dont il est comptable ; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son oeuvre d’action." (François Mitterrand , dans « Mémoire à deux voix », avec Elie Wiesel)

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 12:55
2013.jpg        
        En général, nous n’avons que peu de prise et d’influence sur le destin individuel de celles et ceux à qui, en début d’année, nous souhaitons bonheur, santé, réussite….

       
      Pourtant, ce moment peut être une occasion de réfléchir au sens de notre action, personnelle et collective. C’est ce que je fais depuis des années et, en relisant ces réflexions, je me suis dit qu’elles étaient encore pertinentes pour l’année 2013. Jugez plutôt:
        
       . " Avec Martin Luther King, considérons que l’espoir, c’est de monter la première marche quand on ne voit pas tout l’escalier" (2008)
        . "Comme Gramsci, si l’on est pessimiste par la raison, il faut avoir l’optimisme de la volonté" (2009)
        . "Sachons nous indigner et ne pas nous résigner, ainsi que le recommande Stéphane Hessel" (2011)
        . "Considérons, comme Vaclav Havel, qu’avoir de l’espoir, ce n’est pas croire que les choses vont se passer bien, mais c’est croire qu’elles auront du sens" (2012)
              
       Franchement, en cette période troublée et de doute que nous vivons, je ne sais pas quoi rajouter. Si, si…..je vous souhaite une bonne année 2013 et tous mes vœux de bonheur, de santé et de réussite !!
                
       Bien cordialement.
                                                  Paul Quilès
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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 10:32

 

   Ignorance-et-indifference-copie-1.JPG

 

     En 2013, je ne vous souhaite ni ignorance,  ni indifférence ! Je vous souhaite par contre d’avoir l’énergie et la volonté de participer à tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. 
                             Paul Quilès 
  

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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28 décembre 2012 5 28 /12 /décembre /2012 10:53

Bravo à François Morel, qui,

dans son billet  de ce matin sur France Inter

("Défendons les riches, taxons les pauvres"),

réussit, avec son humour dévastateur,

à faire passer quelques fortes vérités

sur la richesse et la pauvreté.

Comme on dit, mieux vaut en rire....

Ecouter

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 22:59

J'ai été stupéfait de constater le déferlement de bêtise
-bien exploité médiatiquement-
qui a entouré la prétendue "fin du monde".
J'ai trouvé cela pénible
et ça m'a rappelé
cette pertinente remarque:

etre-con.jpg

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CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez