Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:43
FM 1à maiFH
Interview de Paul Quilès
sur France 3 Sud
à la suite de l'élection de
François Hollande

Visionner
 
 
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 16:52

Quilès VienneIntervention de Paul Quilès
au
Comité préparatoire de la conférence d’examen
du TNP (Traité de non prolifération),
qui s'est tenu à Vienne le 2 mai 2012
 

 

      

     Il y a 22 ans, le Mur de Berlin tombait. Cet évènement majeur, suivi du démantèlement du bloc soviétique, mettait fin à la bipolarisation du monde et marquait une rupture majeure sur la scène internationale.           

 

      Pourtant, aucune nouvelle doctrine de sécurité n’a véritablement émergé de cette mutation géopolitique profonde. Force est de constater, par exemple, que la dissuasion nucléaire - qui consiste à exposer son adversaire à un risque de destruction massive - reste le pilier des politiques de défense de la France et la Grande-Bretagne.

 

         Hier, le contrôle des armes nucléaires symbolisait la volonté de maintenir un équilibre –même fragile- entre les blocs de l’Est et de l’Ouest.

 

         Hier, une certaine pertinence stratégique des armes nucléaires pouvait se concevoir.

 

         Aujourd’hui, les menaces auxquelles nous devions faire face sont à ranger au nombre des peurs du passé et la théorie de la dissuasion nucléaire n’est plus adaptée au monde en mouvement de ce début de 21ème siècle. Aujourd’hui, c’est l’existence même des armes nucléaires, couplée au risque de prolifération et de terrorisme nucléaire, qui constitue paradoxalement la plus grande menace.

 

         C’est plus par le multilatéralisme et les traités (comme le TNP) qu’on  combattra la prolifération nucléaire que par la dissuasion. De plus, établir un lien entre la possession de l’arme nucléaire et « le statut de grande puissance », comme on l’entend souvent, peut inciter certains pays à tenter de s’en équiper, alors que le but du TNP[1], ratifié par la quasi-totalité des membres de l’ONU (189), est au contraire d’aller vers une disparition des armes nucléaires.

 

         Aujourd’hui, la nouvelle donne internationale et son lot d’instabilités politiques profondes plaident pour faire de l’élimination des armes nucléaires le fer de lance d’une nouvelle doctrine de sécurité internationale.

 

         Malgré cela, le maintien des armes nucléaires n’est pas vraiment mis en cause, avec des formulations quasi incantatoires et peu de questionnements. Tout en les présentant à leurs peuples comme une garantie absolue de sécurité, les gouvernements des Etats dotés de l’arme nucléaire continuent à considérer leurs arsenaux comme un outil de prestige. En les possédant, ils ont le sentiment de détenir un statut de grande puissance.

 

         La nouvelle génération croit au contraire en un monde dans lequel la promotion du désarmement nucléaire confère plus de pouvoir politique et de prestige que la possession d’arsenaux surdimensionnés, dangereux et coûteux. C’est précisément parce qu’elle peut s’affranchir des inquiétudes passées que cette génération qui n’a pas connu la Guerre froide est capable de trouver un langage nouveau et de proposer une nouvelle démarche.

 

         Elle ne croit pas en la stabilité éternelle des Etats dotés de l’arme nucléaire. Elle a compris que les armes nucléaires dont elle hérite ne l’aideront pas à répondre aux désordres du monde du 21ème siècle : le terrorisme, la crise économique et financière, la pollution et le réchauffement climatique, la pauvreté, les épidémies… Elle s’indigne d’entendre parler de coupes budgétaires qui affectent les dépenses sociales, alors qu’elle sait que la charge financière globale des arsenaux dépasse 700 milliards d’euros pour la prochaine décennie.

 

         Faire évoluer les mentalités est un devoir stratégique et moral commun. Pour la première fois depuis des décennies, cette thématique trouve un écho auprès des jeunes. Comme eux et pour eux, je soutiens l’appel de Global Zero en faveur des premières négociations multilatérales de l’histoire pour l’élimination progressive et contrôlée des armes nucléaires. Les chefs d’Etats européens doivent s’engager à prendre part à ces négociations pour faire de la Guerre Froide un vestige du passé et ainsi laisser en héritage un monde sans armes nucléaires.   

 

       Pour ce qui concerne mon pays, la France, je crois qu’il pourrait contribuer au désarmement nucléaire en prenant un certain nombre de mesures (de préférence conjointement avec les autres pays membres de l’Union européenne).

        

       1.   Reconnaître expressément que l’arme nucléaire a perdu la fonction fondamentale qu’elle exerçait pendant la guerre froide dès lors que l’Europe n’est plus exposée à une menace d’agression massive.

 

         Dans le discours français actuel, l’arme nucléaire est « l’ultime garantie de l’indépendance nationale de la France et de son autonomie de décision stratégique ». Or, il est évident que, dans le monde d’aujourd’hui, il serait illusoire de vouloir fonder la sécurité de la France principalement sur la détention de l’arme nucléaire. Cette sécurité repose surtout à présent sur l’appartenance de notre pays à l’Union européenne et, au-delà, sur son insertion dans un réseau d’alliances, d’accords et de relations d’interdépendance qui garantissent la stabilité de son environnement.

 

         A cet égard, il est regrettable que le concept stratégique adopté par l’OTAN à Lisbonne en novembre 2010 ait conservé la formule selon laquelle « la garantie suprême de la sécurité des Alliés est apportée par les forces nucléaires stratégiques de l’Alliance ». Même si l’arme nucléaire joue un rôle dans la sécurité globale des Alliés, on ne peut plus considérer à présent que ce rôle est « suprême ». Il n’est tout au plus que complémentaire d’autres dispositifs non-nucléaires de sécurité militaires ou politiques. L’OTAN n’est plus, s’il elle l’a jamais été, sous la menace permanente d’une agression qui ne pourrait être conjurée que par le maintien en alerte d’un arsenal nucléaire considérable et son assignation à des cibles désignées.

 

 

      2.  Redéfinir en conséquence le rôle de l’arme nucléaire dans la stratégie de sécurité nationale.

 

         L’hypothèse d’une agression massive contre les intérêts vitaux de la France par des moyens classiques est devenue improbable. Seule une attaque menée avec des armes de destruction massive (en pratique une attaque nucléaire) justifierait, dans la situation présente, une riposte nucléaire. L’arsenal nucléaire de la France ne dissuade donc de fait que les agresseurs éventuels qui choisiraient d’avoir recours contre elle à l’arme nucléaire.

 

         Les armes biologiques et chimiques ne paraissent pas actuellement pouvoir exercer des effets de destruction comparables à l’arme nucléaire. Il n’en reste pas moins que le nucléaire pourrait encore garder la capacité de dissuader d’éventuels agresseurs d’employer de telles armes, tant qu’elles n’ont pas été éliminées sous contrôle international. En ce qui concerne l’arme chimique, le désarmement a considérablement progressé. Seul le Moyen Orient  pose encore problème, du fait de l’existence de l’arme israélienne. En matière de désarmement biologique, pratiquement tout reste à faire, en partie à cause de réticences américaines.

 

         Il serait en tout état de cause conforme à la réalité stratégique actuelle que la France cesse de déclarer qu’elle se réserve la possibilité (en application de son droit de légitime défense prévu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies) d’avoir recours à l’arme nucléaire contre toute attaque menaçant ses intérêts vitaux, quelle que soit la forme de cette attaque. En réalité, la menace d’emploi de l’arme nucléaire ne peut être crédible que si elle est uniquement destinée à dissuader un éventuel agresseur d’employer des armes de destruction massive, c’est-à-dire en pratique, dans la situation actuelle, des armes nucléaires.

 

 

     3.  Examiner la possibilité de souscrire à un engagement de non usage en premier de l’arme nucléaire.

 

         Cet engagement n’a pas été pris du temps de la guerre froide en raison de la supériorité du Pacte de Varsovie dans le domaine des armements conventionnels. La nouvelle situation stratégique pourrait permettre un changement de doctrine à cet égard.

 

         Le processus actuel de revue de la « posture de dissuasion et de défense de l’OTAN » pourrait en être l’occasion. L’hypothèse d’une offensive conventionnelle massive dirigée contre les pays européens est devenue invraisemblable et le seul argument qui pourrait justifier le maintien d’une capacité nucléaire dans les forces de l’Alliance est l’existence des forces nucléaires, tactiques et stratégiques russes. Dans ces conditions, l’Alliance devrait déclarer que le seul but (« sole purpose ») des armes nucléaires est de dissuader un éventuel agresseur d’employer à son encontre des armes nucléaires. Les puissances nucléaires de l’Alliance, et en particulier la France, doivent corrélativement prendre un engagement de non-usage en premier de l’arme nucléaire.

 

 

     4.    Renforcer les « assurances négatives de sécurité » données aux pays non nucléaires.

 

         La France pourrait envisager d’accéder à la demande des pays non nucléaires tendant au renforcement des « assurances négatives de sécurité » qui leur sont données par les pays nucléaires.

 

         Il est vrai que, le 6 avril 1995, la France a donné, conjointement avec les autres puissances nucléaires reconnues au sens du TNP, l’assurance aux Etats non nucléaires parties au TNP qu’elle n’utiliserait pas d’arme nucléaire contre eux, sauf en cas d’invasion ou toute autre attaque contre elle, contre un pays allié ou contre un Etat dont elle s’est engagée à défendre la sécurité, dès lors que cette invasion ou attaque seraient menées en alliance ou en association avec un Etat nucléaire.

 

         Il semble qu’il serait plus conforme aux réalités actuelles de donner à cet engagement une forme moins restrictive. La France pourrait s’engager, comme l’ont fait les Etats-Unis, à ne pas employer son armement nucléaire contre les Etats non-nucléaires parties au TNP et qui en respectent les obligations. Une réserve pourrait éventuellement être faite concernant l’éventuel recours par un Etat non-nucléaire à des armes biologiques ou chimiques.

 

 

    5.   Accepter explicitement la perspective d’un monde libre d’armes nucléaires.

 

         La France pourrait, à l’instar du Royaume Uni, se rallier explicitement à la perspective d’un monde sans armes nucléaires, à une double condition :

 

- la mise en œuvre d’un processus vérifié et ordonné de réduction, jusqu’à leur élimination, des arsenaux nucléaires existants détenus par toutes les puissances nucléaires ;

 

- le renforcement du régime de non prolifération de manière à empêcher, au besoin par la contrainte, toute apparition d’un nouvel État nucléaire.

 

 

     6.    Améliorer la transparence des arsenaux existants.

 

         La France pourrait, également à l’exemple du Royaume Uni, s’engager dans une politique de transparence accrue concernant le niveau et la nature de ses propres arsenaux nucléaires. Les deux pays pourraient engager les autres puissances nucléaires à faire de même.

 

 

      7.    Accepter des contraintes négociées sur le niveau et la nature des armements nucléaires détenus par la France.

 

         Compte tenu de la disproportion entre les arsenaux nucléaires détenus par la Russie et les États‑Unis d’une part[2] et les autres puissances nucléaires d’autre part, il est difficile d’envisager à ce stade que la France entre dans une négociation de désarmement nucléaire. Une réduction négociée des armements nucléaires français supposerait que la Russie et les États‑Unis aient réduit leur nombre de têtes nucléaires de toute nature à un niveau de l’ordre d’un millier.

 

         La France pourrait toutefois s’engager, au besoin par traité, à geler le niveau de son armement, en réduisant l’ampleur des modernisations en cours (missile M 51), voire en les remettant en cause (tête nucléaire océanique) ou encore en renonçant à la composante aérienne de ses forces nucléaires.

 

              

   8.    Se prononcer en faveur d’une négociation américano‑russe sur l’élimination des armes nucléaires tactiques.

 

         La France pourrait appuyer la demande des pays favorables, au sein de l’OTAN, au retrait d’Europe des quelque 180 armes tactiques américaines actuellement destinées à armer des avions de combat européens. Ce retrait pourrait être conditionné à l’acceptation par la Russie d’une négociation avec les États‑Unis sur un processus de désarmement nucléaire qui engloberait les armes tactiques.        

 

         La proposition faite par certains de retirer dans un premier temps les armes nucléaires tactiques américaines d’Europe peut être une sorte de « porte d’entrée » dans l’incontournable négociation multilatérale sans laquelle le désarment nucléaire ne se fera pas. (Voir à ce propos la position du mouvement « Global Zero », que j’approuve et dont j’ai signé l’appel)

 

 

       9.      Organiser une démarche européenne auprès des États‑Unis pour leur demander instamment de ratifier le traité TICE d’interdiction des essais nucléaires.

 

         En faire un thème majeur des discussions transatlantiques. Il se pourrait d’ailleurs que, s’il était réélu, le Président Obama reprenne ses démarches auprès du Sénat américain pour qu’il accepte de ratifier le TICE.

 

 

   10.     Encourager, dans un cadre européen, l’ouverture immédiate de négociations sur l’institution d’une zone dénucléarisée au Moyen Orient.

 

         Le principe de ces négociations a été accepté lors de la conférence d’examen du TNP de 1995. Il a été réaffirmé lors de la conférence d’examen de 2010. Il est essentiel à la consolidation du régime de non-prolifération que ces décisions soient suivies d’effets.

 

 

   11.     Faire pression, dans un cadre européen, sur les pays (notamment le Pakistan) qui s’opposent à l’ouverture immédiate de négociations sur un traité d’arrêt de la production de matières fissiles à des fins militaires.

 

         Promouvoir dans ce contexte l’idée d’une internationalisation du cycle du combustible nucléaire.

 

 

                                                   ******************

 

         Naturellement, ces propositions n’engagent que moi, mais j’espère pouvoir convaincre les nouveaux responsables de la politique française….après le 6 mai prochain !


[1] TNP : Traité de Non Prolifération, signé le 1er juillet 1968. La conférence d’examen du TNP du 28 mai 2010 a élaboré un plan d’action sur les 3 volets du traité (désarmement, non prolifération, nucléaire civil) et prévu une réunion en 2012 sur la création au Moyen-Orient d’une  ZEAN (Zone Exempte d’Armes Nucléaires).

[2] La Russie et les États‑Unis détiennent plus de 95 % des arsenaux existants.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 16:05
Bastille-81.jpgUne interview de Paul Quilès sur la fête de la Bastille,
qui vient d'être mis en ligne

 

Extrait:


      Place de la Bastille, des projecteurs, des barrières métalliques et des chapiteaux ont été installés dès hier. Au Parti socialiste, le bruit circule depuis quelques jours que c'est là, comme au soir du 10 mai 1981 après l'annonce de la victoire de François Mitterrand, que pourrait se fêter celle de François Hollande.

 

"Paul Quilès, vous étiez en 1981 le directeur de campagne de François Mitterrand. A l'époque, savait-on déjà dès le début du week-end qu'une fête aurait lieu place de la Bastille en cas de victoire ?

     

      Non, la préparation de la fête à la Bastille s'est faite beaucoup plus discrètement en 1981. Les choses se sont passées de la manière suivante : un peu avant 18 h 30, Jérôme Jaffré, de la Sofres, m'informe que Mitterrand sera élu, que les fourchettes sont telles qu'il n'y a plus aucun risque que la tendance s'inverse. Juste après, je préviens Mitterrand, qui est à Château-Chinon, à l'hôtel du Vieux-Morvan. Il reste impassible, me demande de ne pas m'emballer, du Mitterrand tout craché. Autour de moi, il y a Lionel Jospin, Laurent Fabius, Jacques Attali et quelques autres. Certains pleurent."  (......)

                                                                                             Lire l'interview

 

 

 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
commenter cet article
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:24
Capitole.jpgFH.jpg     
     
En rentrant hier soir du beau meeting de Toulouse sur la place du Capitole, j'avais en mémoire les images de ferveur de cette foule joyeuse qui espère fêter dimanche la victoire de François Hollande, annonciatrice du changement tant attendu.

     Les plus jeunes, qui ont entendu les anciens raconter "leur" 10 mai, voudraient à leur tour pouvoir vivre "leur" 6 mai. 
C'est ce que je leur souhaite....et que je nous souhaite à tous.

    
En "avant goût" de ce moment que nous attendons tant, voici quelques réflexions sur le sens de la victoire du 10 mai 1981, qui formaient la conclusion du livre que j'ai écrit l'an dernier avec Béatrice Marre ("On a repris la Bastille").
                                                                 
        10-mai.jpg        "Dans l’esprit de plusieurs générations, le 10 mai 1981 demeurera sans conteste une référence historique et la date d’une journée mémorable. Tous ceux qui ont participé à la liesse populaire de la « soirée de la Bastille » qui l’a conclue en garderont un souvenir ému.
 
            Les jeunes qui venaient d’accéder à l’âge de voter se souviendront du formidable enthousiasme de la fête et de leur espérance que cette victoire permette, comme le disait le slogan des socialistes, de « changer la vie ».
 
            La joie des militants de gauche, qui s’étaient battus pendant tant d’années, faisait plaisir à voir. Ils avaient presque fini par douter que la droite puisse être battue, en intériorisant la formule de Jacques Chirac, qui ironisait sur la gauche « excellent critique musical….mais demande-t-on à un critique musical de diriger un orchestre ? »
 
            Les plus anciens se souviendront de leur émotion en réalisant que la dernière grande victoire de la gauche remontait à 1936, 45 ans en arrière ! Je revois encore ce vieil homme, quelques jours plus tard, qui faisait ses courses sur le marché Maison Blanche, dans mon 13ème arrondissement. Il me reconnaît, s’arrête et se met à me raconter sa soirée du 10 mai : « Vous savez, je suis veuf, je vis seul dans mon HLM. Dimanche soir, je préparais mon dîner dans la cuisine, quand j’ai entendu à la radio, à 20h, que Mitterrand avait gagné. Alors, je me suis assis et j’ai pleuré. J’ai pleuré de bonheur, parce que, rendez vous compte, j’attendais ça depuis 36 ! Alors  je me suis dit : ’’maintenant, tu peux mourir’’ »
 
            Bien sûr, certains ne manquent pas de mettre en parallèle les espérances soulevées par cette victoire et les désillusions de certaines périodes de la gauche au pouvoir. Il n’est pas de mon intention de réaliser ici l’inventaire des erreurs ou des insuffisances qui ont marqué les deux septennats de François Mitterrand.
 
                Beaucoup a été dit à ce sujet et, si certaines critiques me paraissent fondées, d’autres ne sont pas empreintes de la nécessaire honnêteté qui consiste à replacer les évènements et les actes dans le contexte de l’époque. Force est de constater en effet que certains oublis, voire quelques réécritures de l’Histoire, empêchent parfois de comprendre pourquoi et comment, le 10 mai 1981, François Mitterrand est devenu Président de la République, alors que tant de forces s’opposaient à lui et que sa stratégie était contestée, y compris dans le camp de la gauche*
 
            Quel que soit le jugement que l’on porte sur le bilan de l’action de François Mitterrand, personne ne peut nier que la victoire du seul président de gauche élu jusqu’ici par les Français et l’action de ses gouvernements ont marqué la France de la fin du XXème siècle.
 
            On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a considérablement bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, toujours dominée par l'hyper puissance américaine, a vu se renforcer l’influence de nouveaux acteurs. Le mur de Berlin est tombé depuis plus de 20 ans. Récemment, d’autres craquements se sont fait entendre, avec les révolutions qui ont embrasé le monde arabe. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives religieuses et le terrorisme mondialisé. En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué.
   
            En dépit de ces changements, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense notamment au rôle qu’il attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.
 
            Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si les difficultés économiques et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin. 
    
            Quant à la méthode qui fut celle de François Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, elle me semble totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent de rassembler (les socialistes, la gauche, les Français). Son dernier message aux socialistes ** résonne encore à mes oreilles : « Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut ».
 
            Aujourd’hui, je suis étonné et souvent attristé de voir à quel point la gauche semble avoir du mal à s’inspirer de cette stratégie, qui n’a pourtant pas perdu de sa pertinence.  En 2011, comme il y a 30 ans, la France a besoin d’espoir et nos concitoyens sont en attente de véritables changements.
 
            Ils supportent en effet de moins en moins les injustices criantes de cette société et ils voient bien que la jeunesse est en panne d’avenir, que les classes moyennes sont désemparées, que la précarité s’accroît, que la laïcité est contestée, que la voix de la France est affaiblie et parfois inaudible.
 
            Pour autant, leur volonté de sanctionner la droite et le pouvoir en place risque de ne pas suffire à la gauche pour l’emporter. Ses divisions entretiennent la confusion, la focalisation sur les combats de personnes accroit la défiance et l’absence de plateforme commune portant une alternative décourage les couches populaires, laissant le champ libre à des idéologies inquiétantes. 
 
            Avec nos alliés écologistes et toutes les forces vives de la gauche, nous devons convaincre de notre capacité à transformer en profondeur la société, les conditions de vie et notre mode de développement. D’où la nécessité du rassemblement, sans lequel aucune victoire électorale n’est possible. D’où l’urgence aussi de la formulation d’une véritable alternative de pensée et de gouvernement.
 
            Même si le contexte politique a évolué, les « fondamentaux » de la stratégie de François Mitterrand me semblent être encore aujourd’hui les conditions de la réussite pour la gauche : le choix des personnes ne doit pas précéder l’élaboration du projet ; les sondages ne doivent pas être la boussole des décisions ; le rassemblement de la gauche doit être recherché en permanence. L’élection de François Mitterrand a également fait la preuve éclatante que ce n’est pas la popularité qui fait l’élection….mais la victoire qui rend populaire !
 
            Celles et ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité. C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs, qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, semblant parfois froid et distant, avait la capacité rare de mobiliser et d’entraîner les hommes.
 
            Je souhaite que les responsables politiques de la gauche sachent s'inspirer de la leçon du 10 mai 1981, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays. Alors, peut-être, une grande fête populaire sera donnée le 6 mai 2012, mais cette fois…..place de la République ! "

* Le 8 mai 1981, dans l’avion qui nous ramenait du dernier meeting de campagne à Nantes, alors que je lui disais : « Je suis convaincu que vous allez gagner dimanche », François Mitterrand, sans contester ma prévision, me répondit, très ému: « Vous rendez-vous compte de ce que cela signifiera, cette victoire, avec toutes les forces qui étaient coalisées contre nous ? C’est incroyable. »
 
** Ce message de François Mitterrand aux socialistes a été délivré au cours du congrès du PS de Liévin des 18, 19 et 20 novembre 1994.
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 07:55

                       Sarkozy.jpg


                    Tribune de Paul Quilès publiée sur le site du Monde.fr


          Par bien des aspects, la campagne pour l’élection présidentielle à laquelle nous assistons présente des similitudes avec celle de 1981, qui vit l’affrontement entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.
    

 

            Pour ne prendre que l’exemple du climat de l’entre 2 tours, je retrouve la même tactique de la droite, qui consiste à agiter les peurs, à lancer des rumeurs, à multiplier les attaques personnelles. En 1981, il s’agissait surtout de faire croire que François Mitterrand était « prisonnier des communistes ». C’était depuis des années la rengaine de la droite, qui allait jusqu’à affirmer que les chars russes étaient braqués sur Paris. Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur, n’avait pas hésité à dire : « Ce qui nous sépare du régime de protectorat militaire, c'est une élection et 300 kilomètres ».

      

            Le ridicule de tels excès, dont le principe est que « plus c'est gros, plus ça frappe », peut faire sourire, sauf que nous assistons aujourd’hui à la mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et ses amis de l’UMP des mêmes recettes, faisant toujours appel au triptyque « peurs, rumeurs, attaques personnelles ».

  

             Prenons par exemple le thème mis soudainement en avant par le président sortant pour draguer les électeurs du FN : le vote des immigrés.

 

                 Que disait Nicolas Sarkozy en 2001, dans son livre (« Libre ») ? «A partir du moment où les étrangers non communautaires paient des impôts, où ils respectent nos lois, où ils vivent sous notre territoire depuis un temps minimum, par exemple de cinq années, je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher de donner une appréciation sur la façon dont est organisé leur cadre de vie quotidien.» Il se souvenait probablement que, depuis le traité de Maastricht (septembre 1992), les ressortissants de l’Union européenne avaient le droit de vote aux élections européennes et municipales.

 

                 Et en 2005, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, que disait-il ? « J'ai considéré que le droit de vote aux seules municipales, pour des étrangers présents depuis dix ans sur le territoire national, respectant nos lois, payant leurs impôts et ayant des papiers était une question qui devait être ouverte. En ce qui me concerne, j'y suis favorable».

 

                 En 2008, le voilà qui récidive et se déclare « intellectuellement favorable à ce droit », en regrettant qu’il n’y ait « pas de majorité pour le faire passer ». Il avait alors certainement noté que, dans 12 pays européens, les étrangers non membres de l’Union européenne pouvaient voter[1],

  

             Comment ose-t-il alors, avec un culot sans pareil, affirmer aujourd’hui : « Je crois depuis longtemps que le droit de voter et le droit d’être élu (…) demeure un droit attaché à la nationalité française » ? Ah bon, « depuis longtemps » ! Plutôt depuis le soir du 1er tour…..

      

            A l’évidence, ses contradictions, voire ses mensonges ne le gênent pas et, tel un boxeur acculé dans les cordes, il se démène et va continuer à le faire, en n’hésitant pas à porter des coups en dessous de la ceinture, comme on l’a vu depuis quelques jours. Il faut souhaiter que l’arbitre, en l’occurrence le peuple français, saura sanctionner son attitude.

 

                Cet exemple -parmi beaucoup d’autres- des dérapages de Nicolas Sarkozy confirme la véritable nature de ce qu’il faut bien appeler le sarkozysme. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’un système de pensée ou d’une idéologie, même s’il emprunte pas mal de ses idées au libéralisme. Le sarkozysme est avant tout un comportement, dont les caractéristiques sont : l’opportunisme permanent, le mouvement, incessant et désordonné (une annonce chasse l’autre, au gré des situations), la contradiction assumée (il prétend être « hors système » et parler au nom du peuple….alors qu’il baigne dans le monde de l’argent), l’utilisation d’une technique qui consiste à opposer les Français entre eux.

      

            Quoi d’étonnant dans ces conditions de constater le désamour des Français à l’égard de ce président, qui a manqué de respect à leur égard comme à l’égard de l’Etat, de la fonction présidentielle, de la laïcité, de la démocratie et de l’image même de la France ? Il est difficile d’aimer quelqu’un qui ne vous respecte pas.

      

            Le 6 mai sera l’occasion pour les Français de permettre la mise en œuvre d’une nouvelle politique avec François Hollande, mais aussi de faire payer à Nicolas Sarkozy le prix de son irrespect, en fermant ce qui restera la parenthèse du sarkozysme.   


[1] avec les mêmes dispositions que celles proposées par François Hollande.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:33

titanic1Fukushimamur-berlin-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

      Dans leur affolement, sentant le sol se dérober sous leurs pieds, N. Sarkozy et l’UMP ont adopté la tactique mortifère de la « terre brûlée » et on voit mieux maintenant à quoi ressemblerait notre pays si le cauchemar d’une réélection de N. Sarkozy se produisait.

 

      Non contents de déverser des tombereaux d’injures, de calomnies et de mensonges sur François Hollande, ils se sont lancés dans une quête désespérée des voix du FN. Non seulement cette course à l’extrême droite est indécente, mais je suis convaincu qu’elle sera inefficace. La liste des réactions négatives de responsables de droite et du centre s’allonge chaque jour un peu plus et elle vient de s’enrichir de celle d’une personnalité dont la prise de position est sans ambigüité.

     

      Jugez plutôt :

    

      "Présomption de légitime défense ? C'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! Il [N. Sarkozy] perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker de 1945." (François Pinault, homme d’affaires, proche de J. Chirac)

     

      N. Sarkozy a voulu nous faire croire qu’il était allé à Fukushima, qu’il avait assisté à la chute du mur de Berlin. Il va bientôt pouvoir se convaincre qu’il a vécu le naufrage du Titanic, tant les nombreux départs de ceux qui quittent le navire semblent annoncer le naufrage imminent!

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 14:37

On-a-repris-la-Bastille medium    "On a repris la Bastille!"

 

Il y a un an, la Fondation Jean-Jaurès publiait
un récit inédit

 

       de Paul Quilès et de Béatrice Marre

 

  relatant la victoire de

François Mitterrand

  au soir du 10 mai 1981.

 

             Une (re)lecture particulièrement savoureuse,

                   à l'approche de l'élection présidentielle

 
Voir le site de la Fondation                  Voir sur ce blog

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
commenter cet article
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:09

COUV NUCLEAIRE PRINT modifié-1Retrouvez l' interview que j'ai donnée

à Jean-Marie Collin,

sur son blog "Alternatives Internationales"

à propos de mon livre

"Nucléaire, un mensonge français",

en cliquant ici

 

Voir aussi sur ce blog

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 21:53

       Les leaders de l'UMP, qui ont passé la soirée électorale à tenter de cacher leur déception et leur désarroi par une incroyable agressivité, n'ont certainement pas compris que les Français venaient d'infliger un double camouflet au Président sortant :

        - en ne le mettant pas en tête des candidats du 1er tour, évènement inédit sous la Vème République !

        -  en votant abondamment pour la candidate qui a le mieux défendu les valeurs qu’il n’a cessé lui même de promouvoir. Je pense bien sûr à la façon de plus en plus caricaturale avec laquelle il a développé tout au long de la campagne ses thèmes favoris (lutte contre l’immigration, sécurité)

 

       Dimanche soir, dès les premiers résultats annoncés, l’état major de l’UMP et N. Sarkozy se sont déchaînés et ont immédiatement adopté un ton aux relents xénophobes, en mettant en avant et sans retenue des thèmes censés leur attirer les faveurs des électeurs du FN : vote des immigrés, burqa, viande halal, contrôle de l’immigration…

    

      Cette quête désespérée des voix du FN est indécente, mais elle sera certainement peu efficace sur le plan électoral, parce qu’elle ignore le caractère protestataire et anti- Sarkozy d’une grande partie de cet électorat.

     

     L'enjeu du vote du 6 mai sera donc double. Il s'agira à la fois:

     -   de vaincre la droite, pour permettre la mise en oeuvre d'une nouvelle politique;
     -  et de fermer la parenthèse du sarkozysme, qui, plus qu'une idéologie, est un comportement , un m
ouvement  désordonné, un opportunisme permanent, qui se nourrit de mensonges et  de contradictions grossières et qui oppose les Français entre eux .

    

      Le 6 mai, il faudra faire payer à Sarkozy le prix de son irrespect (voir sur ce blog): irrespect des Français, irrespect de l’Etat, irrespect de la fonction présidentielle, irrespect de la démocratie, irrespect de l’image de la France.

 

      Encore 12 jours, pour expliquer et pour convaincre, 12 jours pour rassembler la gauche, les républicains et les démocrates écoeurés par le sarkozysme, 12 jours pour préparer non seulement l'alternance, mais aussi l'alternative qu'attendent une majorité de nos concitoyens.

                         Je participerai à une réunion publique de soutien

                                                     à François Hollande

 

       Mercredi 25 Avril 2012 à 20h30 

      à Rueil-Malmaison
      Atrium - 81 rue des Bons Raisins

        

       Voir le compte rendu de la réunion

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:42

      Je partage totalement l'opinion de Dominique Quinio dans son éditorial de La Croix à propos de l'intention affichée par des médias de publier des estimations des résultats du 1er tour dimanche avant 20H.
    Voici donc ce texte, bien venu pour dénoncer  certains errements de notre société tendant à privilégier l'urgence, l'impatience, le bruit et finalement le superficiel.

                                                          ______________

 "Pourquoi tant de hâte ? Pourquoi faudrait-il connaître le vainqueur de l’élection présidentielle 2012 avant même d’aller voter ? Ce n’est plus la course à l’Élysée, mais à celui qui annoncera avant les autres le nom des deux finalistes. Déjà les sondages, pendant la campagne (tout en précisant bien n’être qu’un arrêt sur image de l’électorat à un moment donné), semblaient écrire à l’avance le scénario. Voilà qu’il faudrait rendre publiques les estimations de résultats avant la clôture des derniers bureaux de vote. Une telle pratique, illégale, n’aurait sans doute pas d’effet sur le score final, mais quelle désinvolture, quel mépris à l’égard des votants du soir ! Comme si leurs bulletins, au fond, n’avaient aucune importance. Et, sans craindre la contradiction, ceux-là mêmes qui bousculeront les règles se désoleront si le pourcentage des abstentionnistes est élevé, si les Français se détournent de leur « devoir électoral ». Par respect du temps solennel du vote, La Croix ne donnera les estimations des résultats du premier tour qu’à partir de 20 heures, sur son site la-croix.com et dans ses éditions papier les plus tardives.

    

 Mais cette accélération forcenée du tempo ne concerne pas seulement la journée de dimanche. Depuis longtemps, on a élaboré des hypothèses sur les reports des voix des candidats battus pour le second tour ; des noms de premiers ministres potentiels ont été cités ; des organigrammes de gouvernement esquissés. On imagine déjà les stratégies des partis pour les législatives de juin. Et on ne manquera pas, au lendemain du 6 mai, de dresser la liste des candidats à l’élection de 2017 !

Ne brûlons pas les étapes. Osons faire l’éloge de la lenteur, dans un monde politique et médiatique devenu tellement frénétique. La maturation d’un projet et sa mise en œuvre demandent du temps long. Les effets d’une mesure ne se jugent pas en quelques semaines et l’on sait le délai qu’il y a entre l’élaboration d’une loi, son adoption et la sortie des décrets d’application. L’intérêt pour la politique ne s’arrête pas aux jours de l’élection ; celle-ci est une course d’élan décomposée en plusieurs mouvements. Précipiter le rythme, désynchroniser les séquences, brouiller les temps, c’est risquer d’aller moins loin, moins haut, et moins vite, au bout du compte…"

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez