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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 17:58

election-presidentielle.jpg       Le premier acte de la séquence électorale dans laquelle nous baignons depuis de longs mois va se terminer. Espérons que les Français sauront comprendre l’importance de leur vote de ce dimanche, qui doit permettre l’indispensable confrontation au second tour entre le Président sortant et le candidat de la gauche.

 

      Ce sont bien en effet deux visions inconciliables qui s’affronteront alors dans les débats concernant les principaux domaines de la vie publique : la politique économique et sociale, l’exercice du pouvoir, le fonctionnement de la démocratie, les relations internationales.

 

      Il sera difficile aux Français de croire les paroles et les promesses de N. Sarkozy, tant le bilan de ses cinq années à l’Elysée, fait d’échecs, de contradictions et de mensonges, plaide contre lui.

 

      Mais, au-delà de cette évidence, le Président sortant va se trouver confronté aux retombées de son comportement, que je résumerai d’un mot : l’irrespect.

      - Irrespect des Français. La liste des engagements non tenus dans tous les secteurs de leur vie quotidienne (emploi, pouvoir d’achat, retraites, éducation, santé..) est impressionnante.

      - Irrespect de l’Etat, qu’il a abaissé par des pratiques éloignées de la tradition républicaine.

      - Irrespect de la fonction présidentielle, trop souvent polluée par une agitation désordonnée à finalité médiatique.

      - Irrespect de la démocratie, par son mépris des corps intermédiaires et sa conduite autoritaire de la politique du pays, qui a dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement.

      - Irrespect de l’image de la France, humiliée par ses compromissions avec des dictatures et par les tristes débats sur l’identité nationale et l’immigration.

 

      Quoi d’étonnant dans ces conditions de constater le désamour des Français à l’égard de N. Sarkozy? Il est difficile d’aimer quelqu’un qui ne vous respecte pas.

 

**************

Je participerai à une réunion publique de soutien à notre candidat

Mercredi 25 Avril 2012 à 20h30

Atrium - 81 rue des Bons Raisins

à Rueil-Malmaison

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 15:51
COUV NUCLEAIRE PRINT modifié-1
Pour votre information, je signerai mon livre
"Nucléaire, un mensonge français"
samedi 21 avril, de 9h à 12h
à la Maison de la presse
2 place de la Bouteillerie
81170- Cordes sur Ciel


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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 09:31
    FH-Carmaux.jpgFrançois Hollande était ce lundi à Carmaux sur les terres de Jaurès. Une occasion pour lui de rappeler le message de celui qui a marqué l'histoire de la gauche en France et de redire sa volonté d'être fidèle à ses valeurs.
    
    Député de Carmaux à 3 reprises, j'y ai été très sensible et j'ai retrouvé lors de cette visite et de ce meeting la ferveur de ces femmes et de ces hommes qui attendent avec impatience le changement, en le reliant à l'histoire de la gauche. 
     
      Ce n'est donc pas un hasard si François Hollande s'est également référé à François Mitterrand, venu 2 fois à Carmaux * et qui avait dit qu'il fallait "toujours revenir à Jaurès". Dans son discours, il a  rappelé les propos de l'ancien Président de la République, qui décrivait ainsi la pensée de Jaurès:
     
      « Elle est une espérance, mais jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (…) Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel. C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires ».
     
       Cette référence à Jaurès n'est pas un signe d'une quelconque nostalgie mais l'affirmation d'une volonté d'être fidèle à la pensée d' un homme exceptionnel qui a marqué l’histoire de la gauche par sa pensée et par son action. Jaurès reste une référence, un inspirateur, dont les valeurs se situent aux antipodes de celles de N. Sarkozy, qui avait pourtant essayé de le récupérer en le citant 32 fois dans son discours de Toulouse le 12 avril 2007...mais qui l'a "oublié" dans son discours de la Concorde il y a quelques jours.
 
        Les défis du monde auxquels Jaurès était confronté s’appelaient : la paix, l’unité de la gauche, la laïcité, la justice, les droits sociaux, les institutions de la République. Un siècle plus tard, les mêmes défis, sous d’autres formes, sont devant nous:
- la lutte contre les inégalités et contre la précarité, que la crise déclenchée par les errements du capitalisme financier a accentuées ;
- les efforts pour faire progresser l’indispensable rassemblement de la gauche;
- le renforcement de la démocratie, affaiblie aujourd’hui par une évolution des institutions vers une sorte de "monarchie républicaine";
- la défense de la laïcité;
- la recherche de "l’arbitrage international" dans les conflits, pour éviter le fléau de la guerre, qui doit rester notre objectif en matière de politique internationale.
 

       Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui, c’est s’inspirer de son exemple dans les combats que doit mener la gauche. C'est ce à quoi François Hollande s'est engagé à Carmaux**. Cela est de bon augure, non seulement pour le 22 avril et le 6 mai, mais aussi pour la politique que conduira la gauche quand elle arrivera au pouvoir.
________________________________________
* François Mitterrand a commencé à Carmaux sa campagne de 1981, dont j'étais le directeur. Il y est retourné en 1992, après un sommet franco-espagnol que j'avais organisé à Albi, en tant que ministre de l'intérieur. Bien que malade, il avait insisté pour venir à Carmaux, où il avait prononcé un discours particulièrement émouvant.  
** Retrouvez ci-dessous la vidéo du discours de François Hollande à Carmaux
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Published by Paul Quilès - dans Jaurès
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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:49

Mali.jpg

 

            Parmi les nombreux sujets de préoccupation liés à la situation internationale (Syrie, Iran, Soudan, Corée du Nord….), ce qui se passe au Mali ne semble pas passionner l’opinion française. Et pourtant, les risques sont grands, suite au putsch militaire contre le président Touré, qui a provoqué l’effondrement politique du pays, sa division en deux parties et une grande liberté d’action pour les groupes islamistes.

            Malgré les efforts de la CEDEAO[1], qui ont permis le rétablissement d’un précaire pouvoir civil dans le sud, on est loin d’un retour à la normale. Seule une mobilisation internationale forte, rapide et coordonnée peut permettre à la région de retrouver une stabilité régionale déjà bien érodée.

 

Un putsch aux conséquences lourdes

            Le 22 mars dernier, un groupe de militaire dirigé par le capitaine Sanogo prenait le pouvoir à Bamako. Selon ce dernier, le putsch avait pour but de préserver l’intégrité territoriale du pays, menacée par la rébellion touareg.

            Son effet fut parfaitement contraire : en moins de deux semaines, les forces du MNLA[2] se sont emparées de la moitié nord du pays.

            Sur ce territoire, sont alors rapidement sortis au grand jour des groupes islamistes radicaux liés à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et concurrents du MNLA. Un de ces groupes, Ansar dine, contrôle ainsi Tombouctou, où il recruterait des combattants ; un deuxième, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a pris en otage sept diplomates algériens.

 

Une situation instable

            Au sud, le pouvoir confisqué par les putschistes a été redonné aux autorités civiles sous la pression de la CEDEAO. L’ancien président Touré ayant démissionné, le pouvoir a été confié au président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, investi président vendredi dernier. L’accord prévoit que le futur premier ministre aura les pleins pouvoirs pour composer avec les différents mouvements armés.

            Au nord, le MNLA s’est arrêté de son propre chef aux portes de Mopti, au centre du pays. Il tente probablement de contrôler désormais le territoire conquis, disputé par les groupes islamistes. Au-delà d’AQMI, d’Ansar dine et du Mujao, on parle aussi de la présence du groupe Boko haram, connu pour ses attentats antichrétiens dans le nord du Nigéria, à plus de 1500 km de là.

 

Des risques majeurs pour la région

            Si aucune issue n’est trouvée à la partition actuelle du pays, les touaregs du MNLA tenteront sûrement de conserver leur territoire, déclaré indépendant sous le nom d’Azawad. Une force militaire de la CEDEAO est à l’étude ; elle aurait pour but de rétablir l’autorité de l’État malien dans le nord du pays, ce qui sera d’autant plus difficile sans légitimité électorale. Une tentative de conquête du sud du Mali par le MNLA ou un autre putsch militaire, même si ces hypothèses sont moins probables, ne sont pas à exclure.

            Au-delà des frontières maliennes, le risque est grand de voir s’établir un vaste sanctuaire pour les groupes islamistes radicaux s’étendant de la Mauritanie au Nigéria. AQMI a fait école et les groupes qui lui sont affiliés, implantés localement, sont autant de risques de déstabilisation pour les pays ouest-africains, d’autant plus que les capacités militaires comme la légitimité démocratique de nombreux gouvernements de la région sont limitées.

 

Quelle action internationale est possible ?

            Si le Mali s’effondrait et avec lui la région ouest-africaine, les conséquences seraient catastrophiques pour les populations africaines. Devant un tel risque, la mobilisation internationale doit être forte et coordonnée.

            Un accord doit impérativement être trouvé entre le nouveau pouvoir civil et le MNLA. Cet accord pourrait prévoir à la fois un calendrier électoral national et un calendrier référendaire d’autonomisation du nord. Afin de garantir la mise en place de cet accord, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait appuyer la constitution d’une force militaire régionale. Cette force, contrôlée par la CEDEAO ou l’Union africaine, aurait pour mission de rétablir le Mali dans ses frontières et d’empêcher le développement de groupes islamistes radicaux, locaux ou internationalistes.

            La France s’honorerait à favoriser toute action allant dans ce sens. Elle pourrait ainsi organiser à Paris une conférence d’entente entre les autorités civiles de Bamako et le MNLA, proposer un texte au Conseil de sécurité invitant au déploiement d’une force militaire de la CEDEAO et soutenir ces deux initiatives dans un cadre diplomatique multilatéral.

            Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie.


[1] Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

[2]Mouvement national de libération de l’Azawad 

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 11:03

FlyerNumerique-reduit---Copie.jpg         

       Nucléaire, un mensonge français
          Réflexions sur le désarmement nucléaire

    

 Un livre de Paul Quilès,
publié aux Editions Charles Léopold Mayer,

38 rue Saint Sabin- 75011 Paris

                        http://www.eclm.fr/

 

96 pages, 10€



Pour commander le livre,

    envoyer un mail à

                                       diffusion@eclm.fr    

 

                   

          Ce livre se veut un appel à la réflexion, au débat et à l’action. Certains trouveront probablement la démarche inutile, voire dangereuse. Pensez donc : mettre en cause « le consensus français » sur l’importance de la dissuasion nucléaire, cette « assurance vie », « garantie ultime de notre sécurité » et de nos « intérêts vitaux » !

            Je me suis efforcé de montrer que le climat qu’entretient l’utilisation de ces termes est démobilisateur, parce qu’il rend le débat sur ce sujet quasiment impossible, en dehors des cercles d’experts, militaires ou civils. L’invocation permanente du prétendu consensus sur l’intérêt de l’armement nucléaire anesthésie les politiques et les commentateurs, si bien que le caractère vital des enjeux en cause n’apparaît plus.

            Qui s’interroge pour savoir à quoi sert vraiment cette « arme de non emploi » ? Cette justification d’une arme, présentée comme efficace et même « morale », parce qu’elle ne doit pas servir (le non emploi), fait la terrible impasse du cas où elle serait mise en œuvre. Les conséquences terrifiantes ne sont jamais évoquées, pour la bonne raison que les théoriciens de la dissuasion proclament qu’il faut rester flou sur les cibles et sur les effets d’un bombardement nucléaire.

            Parce que je crois connaître le sujet, que j’ai eu l’occasion d’aborder à plusieurs reprises dans mes diverses fonctions politiques et parce que j’ai moi-même évolué dans mon approche, je ne peux me satisfaire de ce qui entoure la question de l’armement nucléaire: des silences, des approximations, des contre vérités, des slogans, des arguments d’autorité….qui constituent ce que j’appelle « un mensonge français ».

            Je suis heureux de constater que de nombreuses voix et, parmi elles, celles de personnalités internationales éminentes, s’élèvent pour défendre l’idée du désarmement nucléaire. J’ai souhaité présenter brièvement en annexe le cadre d’action des mouvements auxquels elles se rattachent. Leurs prises de position et leurs engagements sont un espoir pour les générations à venir, qui ne peuvent se satisfaire d’un héritage qu’elles contestent, comme l’affirment avec pertinence les trois jeunes étudiants qui ont bien voulu préfacer ce livre.   
                                                   

                                                                                       Paul Quilès

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:31

planete.jpgConnaissez-vous ces chiffres inquiétants?

 

Avec le rythme de croissance actuel,

le monde aura besoin en 2030:
- de 30% de nourriture en plus;
- de 45% d'énergie en plus;
- de 30% d'eau potable en plus.

Autant dire qu'il va falloir engager et conduire

de profondes évolutions au niveau mondial

pour éviter des catastrophes.

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:25
antimanuel.jpg            En commande en cliquant sur ce lien
 
       Ce livre de Renaud Chenu* et Jean-Laurent Lastelle**, qui se veut une sorte de manuel pratique pour décoder la "novlangue "des politiques, propose une réhabilitation des mots de la gauche.... contre les maux de droite.
 
     "Idéologue", "Archaïque", "Concret", "Fraudeurs", "Légitime", "Pragmatisme", "Prise d’otage"..… ou encore "Utopie", "Egalité", "Travail", "Conflit"…..
     
     Chaque jour les hommes et les partis politiques, à travers leurs interventions, communiqués ou propositions abreuvent le citoyen d’une novlangue censée lui offrir une grille de lecture de la réalité. Or, ces mots, souvent utilisés indifféremment par la gauche et par la droite, ont un sens bien précis et véhiculent souvent une seule et même idéologie : celle de la pensée néo-libérale. Il est temps remettre les mots de la politique à leur bonne place !
     
      Rédigé par une vingtaine de contributeurs, cet abécédaire pratique détricote "les mots de la droite" pour mieux "re-tricoter" ceux que la gauche a parfois oubliés. Une véritable œuvre de salut public pour lutter contre la paresse intellectuelle, la résignation linguistique ou tout simplement l'opportunisme qui pousse trop souvent les progressistes à adopter un vocabulaire réactionnaire. 
     
      Le ton est grinçant, ne recule pas devant un certain humour, parce que le vocabulaire pseudo-gestionnaire que la politique nous impose depuis 30 ans est risible et qu’il est salutaire de s’en moquer. En même temps le propos est profondément sérieux car les mots et la manière dont ils ont emprisonné la politique sont essentiels.
____________________________________________________________________
 
* Renaud Chenu est journaliste et un des responsables de Gauche Avenir, un club de réflexion et de débat qui réunit des personnalités issues de diverses sensibilités de la gauche.
** Jean-Laurent Lastelle est président de L’Assaut, un « laboratoire d’idées » de gauche composé essentiellement de jeunes d’une trentaine d’années (fonctionnaires, avocats, universitaires, salariés du secteur privé… )

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 18:17

Cette tribune a été publiée sur le site de l'Express

        

       Les responsables politiques et les commentateurs donnent parfois l’impression de découvrir que l’élection présidentielle au suffrage universel, telle qu’elle existe en France depuis 50 ans, comporte 2 tours. Malheureusement, les stratégies des uns et les commentaires des autres oublient trop souvent que chacun de ces 2 tours induit des comportements différents de l’électorat. En outre, il est imprudent de faire des projections sans tenir compte de l’influence que peut avoir la campagne du 1er tour sur le résultat du second. 

 

           

        La règle, telle qu’on a pu la vérifier à huit reprises sous la Vème République, est que le 1er tour donne aux électeurs la possibilité de faire un choix. Ils le font à partir de leurs préférences politiques, de ce qu’ils sélectionnent dans le flot des programmes et des mesures annoncées, mais aussi en se laissant convaincre par les images que donnent d’eux-mêmes les candidats.

 

           

        Au contraire, le second tour est un duel frontal, où le gagnant est celui qui rassemble non seulement ses partisans, mais aussi ceux qui, ne retrouvant pas leur choix du 1er tour, rejettent son concurrent.

 

           

         Pour que la gauche l’emporte le 6 mai, comme je le souhaite, il paraît essentiel que ses principaux candidats se conforment à cette règle. Le résultat du second tour dépendra beaucoup de la volonté de François Hollande et de Jean-Luc Mélenchon de tenir compte, dès maintenant, dans leurs comportements, dans leurs discours et dans leurs actes, de trois contraintes.

 

           

        1- Le 1er tour exacerbe les différences, puisque tous les candidats, qui se trouvent en concurrence, y compris dans leur propre camp, s’efforcent naturellement de faire le maximum de voix. Parler de "vote utile" entraîne des crispations dangereuses et semble donc inutile, sauf à prendre le risque de déconsidérer ceux dont on sollicitera demain le soutien.

 

           

         2- Le report des voix de gauche sur François Hollande au second tour sera d’autant plus facile que les deux principaux candidats montreront que, malgré leurs différences, ils sont "compatibles". Jean-Luc Mélenchon devra par exemple éviter de "mordre le trait" en se laissant emporter par son tempérament de tribun talentueux. Quant à François Hollande, il devra susciter l’enthousiasme, en explicitant avec clarté et fermeté les grands thèmes qui sont des "marqueurs" de la gauche (pouvoir d’achat, services publics, démocratie, lutte contre les excès de la finance, solidarité internationale….)

 

           

      3- La perspective d’un accord législatif devrait être réaffirmée. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon incarnent deux sensibilités –et même deux traditions- de la gauche, qui se retrouveront dans la future majorité et dans le gouvernement qui en découlera. Au-delà des différences -qui seront encore largement mises en avant jusqu’au 22 avril- il existe de fortes convergences entre les programmes des partis de gauche. C’est ce qu’a montré le club Gauche Avenir, en mettant en évidence 15 thèmes et 76 mesures qui peuvent constituer le socle d’une plateforme de gouvernement pour 2012-2017 et la base du programme des candidats de gauche aux élections législatives des 10 et 17 juin.

 

           

       Encore une remarque à l’attention de ceux qui s’inquiètent du risque de voir une partie de l’électorat centriste ne pas voter pour François Hollande le 6 mai, parce qu’il serait "trop marqué à gauche". Je leur rappellerai la 2èmepartie de la règle : "Au second tour, on élimine". Directeur de la campagne gagnante de François Mitterrand en 1981, je me souviens que son score au soir du 10 mai a été nettement renforcé par l’apport des électeurs gaullistes qui souhaitaient avant tout l’échec de Valéry Giscard d’Estaing !

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 16:25
 explosion nucléaire       Voici plusieurs initiatives que j’ai prises concernant l’importante (bien que peu médiatique) question du désarmement nucléaire : 
  • Je participerai à 2 réunions dans les prochains jours:
-  le 5 avril, à Nancy, débat autour du thème « l’armement nucléaire en questions »
- le 2 mai, à Vienne (Autriche), au siège de l’ONU, table ronde dans le cadre du « Comité préparatoire de la conférence du Traité de Non Prolifération » 
  • Je publierai prochainement un livre à ce sujet, que je vous présenterai sur ce blog.
    En attendant, je vous recommande de lire ce texte admirable d’Albert Camus, alors journaliste à Combat* et qui dit son effroi et son inquiétude, au surlendemain du bombardement atomique d’Hiroshima (et à la veille de celui de Nagasaki!). 
Editorial de Combat  [1]
(8 août 1945) 
            Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.
            En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.
            Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.
            Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.
            Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam[2], remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.
            Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.
            Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. 
[1] Journal clandestin lié à la Résistance pendant l’occupation allemande. Camus y entre sans doute dés 1942. Le 24 Août 1944 paraît le premier numéro diffusé librement. Combat devient quotidien à la libération. Essayiste et romancier célèbre depuis Le Mythe de Sisyphe (1942) et L’Etranger (1942), Camus en sera le principal éditorialiste en 1944-1945.
 
[2] La Conférence de Potsdam (17 Juillet-2 Août 1945) avait défini les zones d’influence respectives des Russes et des Américains après la défaite allemande : elle avait notamment entériné la présence des Soviétiques en Allemagne de l’est (Koenigsberg) et placé la Turquie (donc les Dardanelles) sous influence américaine. 
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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 09:47

     Alors que l'on semble parfois découvrir le phénomène des délocalisations et que l'on s'inquiète de ses effets ravageurs sur notre économie et sur l'emploi,

il est stimulant de retrouver ce que disait Jean Jaurès

il y a plus d'un siècle à ce propos.

Impressionnant!

    

     "De plus en plus, selon la loi d'essaimage du capital, les grands industriels français fondent à l'étranger des établissements rivaux des nôtres: les raffineurs de Paris ont créé des raffineries en Egypte, les grands patrons de Roubaix ont créé des tissages dans la Russie occidentale, les industriels lyonnais, eux aussi, exportent leur industrie.  (....)

     Il y a là une expropriation évidente de la main-d’œuvre française, et si, au moment où nos capitaux vont stimuler au loin, contre nous, la concurrence universelle, nous n’accroissions pas aussi notre force interne de production, il y aurait rupture d’équilibre". (…)
Article dans La revue de Paris (1er avril 1898)

 

    

     "Ce que ne nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas."   (....)

Intervention à la Chambre des députés (17 février 1894)

 

 

Extraits de l'excellent petit livre de Jean-Pierre Fourré:

"Moi, Jaurès, candidat en 2012..."


couverture-Jaures.jpg

Voir le site de Jaurès candidat

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez