Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:24
Capitole.jpgFH.jpg     
     
En rentrant hier soir du beau meeting de Toulouse sur la place du Capitole, j'avais en mémoire les images de ferveur de cette foule joyeuse qui espère fêter dimanche la victoire de François Hollande, annonciatrice du changement tant attendu.

     Les plus jeunes, qui ont entendu les anciens raconter "leur" 10 mai, voudraient à leur tour pouvoir vivre "leur" 6 mai. 
C'est ce que je leur souhaite....et que je nous souhaite à tous.

    
En "avant goût" de ce moment que nous attendons tant, voici quelques réflexions sur le sens de la victoire du 10 mai 1981, qui formaient la conclusion du livre que j'ai écrit l'an dernier avec Béatrice Marre ("On a repris la Bastille").
                                                                 
        10-mai.jpg        "Dans l’esprit de plusieurs générations, le 10 mai 1981 demeurera sans conteste une référence historique et la date d’une journée mémorable. Tous ceux qui ont participé à la liesse populaire de la « soirée de la Bastille » qui l’a conclue en garderont un souvenir ému.
 
            Les jeunes qui venaient d’accéder à l’âge de voter se souviendront du formidable enthousiasme de la fête et de leur espérance que cette victoire permette, comme le disait le slogan des socialistes, de « changer la vie ».
 
            La joie des militants de gauche, qui s’étaient battus pendant tant d’années, faisait plaisir à voir. Ils avaient presque fini par douter que la droite puisse être battue, en intériorisant la formule de Jacques Chirac, qui ironisait sur la gauche « excellent critique musical….mais demande-t-on à un critique musical de diriger un orchestre ? »
 
            Les plus anciens se souviendront de leur émotion en réalisant que la dernière grande victoire de la gauche remontait à 1936, 45 ans en arrière ! Je revois encore ce vieil homme, quelques jours plus tard, qui faisait ses courses sur le marché Maison Blanche, dans mon 13ème arrondissement. Il me reconnaît, s’arrête et se met à me raconter sa soirée du 10 mai : « Vous savez, je suis veuf, je vis seul dans mon HLM. Dimanche soir, je préparais mon dîner dans la cuisine, quand j’ai entendu à la radio, à 20h, que Mitterrand avait gagné. Alors, je me suis assis et j’ai pleuré. J’ai pleuré de bonheur, parce que, rendez vous compte, j’attendais ça depuis 36 ! Alors  je me suis dit : ’’maintenant, tu peux mourir’’ »
 
            Bien sûr, certains ne manquent pas de mettre en parallèle les espérances soulevées par cette victoire et les désillusions de certaines périodes de la gauche au pouvoir. Il n’est pas de mon intention de réaliser ici l’inventaire des erreurs ou des insuffisances qui ont marqué les deux septennats de François Mitterrand.
 
                Beaucoup a été dit à ce sujet et, si certaines critiques me paraissent fondées, d’autres ne sont pas empreintes de la nécessaire honnêteté qui consiste à replacer les évènements et les actes dans le contexte de l’époque. Force est de constater en effet que certains oublis, voire quelques réécritures de l’Histoire, empêchent parfois de comprendre pourquoi et comment, le 10 mai 1981, François Mitterrand est devenu Président de la République, alors que tant de forces s’opposaient à lui et que sa stratégie était contestée, y compris dans le camp de la gauche*
 
            Quel que soit le jugement que l’on porte sur le bilan de l’action de François Mitterrand, personne ne peut nier que la victoire du seul président de gauche élu jusqu’ici par les Français et l’action de ses gouvernements ont marqué la France de la fin du XXème siècle.
 
            On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a considérablement bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, toujours dominée par l'hyper puissance américaine, a vu se renforcer l’influence de nouveaux acteurs. Le mur de Berlin est tombé depuis plus de 20 ans. Récemment, d’autres craquements se sont fait entendre, avec les révolutions qui ont embrasé le monde arabe. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives religieuses et le terrorisme mondialisé. En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué.
   
            En dépit de ces changements, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense notamment au rôle qu’il attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.
 
            Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si les difficultés économiques et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin. 
    
            Quant à la méthode qui fut celle de François Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, elle me semble totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent de rassembler (les socialistes, la gauche, les Français). Son dernier message aux socialistes ** résonne encore à mes oreilles : « Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut ».
 
            Aujourd’hui, je suis étonné et souvent attristé de voir à quel point la gauche semble avoir du mal à s’inspirer de cette stratégie, qui n’a pourtant pas perdu de sa pertinence.  En 2011, comme il y a 30 ans, la France a besoin d’espoir et nos concitoyens sont en attente de véritables changements.
 
            Ils supportent en effet de moins en moins les injustices criantes de cette société et ils voient bien que la jeunesse est en panne d’avenir, que les classes moyennes sont désemparées, que la précarité s’accroît, que la laïcité est contestée, que la voix de la France est affaiblie et parfois inaudible.
 
            Pour autant, leur volonté de sanctionner la droite et le pouvoir en place risque de ne pas suffire à la gauche pour l’emporter. Ses divisions entretiennent la confusion, la focalisation sur les combats de personnes accroit la défiance et l’absence de plateforme commune portant une alternative décourage les couches populaires, laissant le champ libre à des idéologies inquiétantes. 
 
            Avec nos alliés écologistes et toutes les forces vives de la gauche, nous devons convaincre de notre capacité à transformer en profondeur la société, les conditions de vie et notre mode de développement. D’où la nécessité du rassemblement, sans lequel aucune victoire électorale n’est possible. D’où l’urgence aussi de la formulation d’une véritable alternative de pensée et de gouvernement.
 
            Même si le contexte politique a évolué, les « fondamentaux » de la stratégie de François Mitterrand me semblent être encore aujourd’hui les conditions de la réussite pour la gauche : le choix des personnes ne doit pas précéder l’élaboration du projet ; les sondages ne doivent pas être la boussole des décisions ; le rassemblement de la gauche doit être recherché en permanence. L’élection de François Mitterrand a également fait la preuve éclatante que ce n’est pas la popularité qui fait l’élection….mais la victoire qui rend populaire !
 
            Celles et ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité. C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs, qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, semblant parfois froid et distant, avait la capacité rare de mobiliser et d’entraîner les hommes.
 
            Je souhaite que les responsables politiques de la gauche sachent s'inspirer de la leçon du 10 mai 1981, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays. Alors, peut-être, une grande fête populaire sera donnée le 6 mai 2012, mais cette fois…..place de la République ! "

* Le 8 mai 1981, dans l’avion qui nous ramenait du dernier meeting de campagne à Nantes, alors que je lui disais : « Je suis convaincu que vous allez gagner dimanche », François Mitterrand, sans contester ma prévision, me répondit, très ému: « Vous rendez-vous compte de ce que cela signifiera, cette victoire, avec toutes les forces qui étaient coalisées contre nous ? C’est incroyable. »
 
** Ce message de François Mitterrand aux socialistes a été délivré au cours du congrès du PS de Liévin des 18, 19 et 20 novembre 1994.
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 07:55

                       Sarkozy.jpg


                    Tribune de Paul Quilès publiée sur le site du Monde.fr


          Par bien des aspects, la campagne pour l’élection présidentielle à laquelle nous assistons présente des similitudes avec celle de 1981, qui vit l’affrontement entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.
    

 

            Pour ne prendre que l’exemple du climat de l’entre 2 tours, je retrouve la même tactique de la droite, qui consiste à agiter les peurs, à lancer des rumeurs, à multiplier les attaques personnelles. En 1981, il s’agissait surtout de faire croire que François Mitterrand était « prisonnier des communistes ». C’était depuis des années la rengaine de la droite, qui allait jusqu’à affirmer que les chars russes étaient braqués sur Paris. Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur, n’avait pas hésité à dire : « Ce qui nous sépare du régime de protectorat militaire, c'est une élection et 300 kilomètres ».

      

            Le ridicule de tels excès, dont le principe est que « plus c'est gros, plus ça frappe », peut faire sourire, sauf que nous assistons aujourd’hui à la mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et ses amis de l’UMP des mêmes recettes, faisant toujours appel au triptyque « peurs, rumeurs, attaques personnelles ».

  

             Prenons par exemple le thème mis soudainement en avant par le président sortant pour draguer les électeurs du FN : le vote des immigrés.

 

                 Que disait Nicolas Sarkozy en 2001, dans son livre (« Libre ») ? «A partir du moment où les étrangers non communautaires paient des impôts, où ils respectent nos lois, où ils vivent sous notre territoire depuis un temps minimum, par exemple de cinq années, je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher de donner une appréciation sur la façon dont est organisé leur cadre de vie quotidien.» Il se souvenait probablement que, depuis le traité de Maastricht (septembre 1992), les ressortissants de l’Union européenne avaient le droit de vote aux élections européennes et municipales.

 

                 Et en 2005, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, que disait-il ? « J'ai considéré que le droit de vote aux seules municipales, pour des étrangers présents depuis dix ans sur le territoire national, respectant nos lois, payant leurs impôts et ayant des papiers était une question qui devait être ouverte. En ce qui me concerne, j'y suis favorable».

 

                 En 2008, le voilà qui récidive et se déclare « intellectuellement favorable à ce droit », en regrettant qu’il n’y ait « pas de majorité pour le faire passer ». Il avait alors certainement noté que, dans 12 pays européens, les étrangers non membres de l’Union européenne pouvaient voter[1],

  

             Comment ose-t-il alors, avec un culot sans pareil, affirmer aujourd’hui : « Je crois depuis longtemps que le droit de voter et le droit d’être élu (…) demeure un droit attaché à la nationalité française » ? Ah bon, « depuis longtemps » ! Plutôt depuis le soir du 1er tour…..

      

            A l’évidence, ses contradictions, voire ses mensonges ne le gênent pas et, tel un boxeur acculé dans les cordes, il se démène et va continuer à le faire, en n’hésitant pas à porter des coups en dessous de la ceinture, comme on l’a vu depuis quelques jours. Il faut souhaiter que l’arbitre, en l’occurrence le peuple français, saura sanctionner son attitude.

 

                Cet exemple -parmi beaucoup d’autres- des dérapages de Nicolas Sarkozy confirme la véritable nature de ce qu’il faut bien appeler le sarkozysme. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’un système de pensée ou d’une idéologie, même s’il emprunte pas mal de ses idées au libéralisme. Le sarkozysme est avant tout un comportement, dont les caractéristiques sont : l’opportunisme permanent, le mouvement, incessant et désordonné (une annonce chasse l’autre, au gré des situations), la contradiction assumée (il prétend être « hors système » et parler au nom du peuple….alors qu’il baigne dans le monde de l’argent), l’utilisation d’une technique qui consiste à opposer les Français entre eux.

      

            Quoi d’étonnant dans ces conditions de constater le désamour des Français à l’égard de ce président, qui a manqué de respect à leur égard comme à l’égard de l’Etat, de la fonction présidentielle, de la laïcité, de la démocratie et de l’image même de la France ? Il est difficile d’aimer quelqu’un qui ne vous respecte pas.

      

            Le 6 mai sera l’occasion pour les Français de permettre la mise en œuvre d’une nouvelle politique avec François Hollande, mais aussi de faire payer à Nicolas Sarkozy le prix de son irrespect, en fermant ce qui restera la parenthèse du sarkozysme.   


[1] avec les mêmes dispositions que celles proposées par François Hollande.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:33

titanic1Fukushimamur-berlin-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

      Dans leur affolement, sentant le sol se dérober sous leurs pieds, N. Sarkozy et l’UMP ont adopté la tactique mortifère de la « terre brûlée » et on voit mieux maintenant à quoi ressemblerait notre pays si le cauchemar d’une réélection de N. Sarkozy se produisait.

 

      Non contents de déverser des tombereaux d’injures, de calomnies et de mensonges sur François Hollande, ils se sont lancés dans une quête désespérée des voix du FN. Non seulement cette course à l’extrême droite est indécente, mais je suis convaincu qu’elle sera inefficace. La liste des réactions négatives de responsables de droite et du centre s’allonge chaque jour un peu plus et elle vient de s’enrichir de celle d’une personnalité dont la prise de position est sans ambigüité.

     

      Jugez plutôt :

    

      "Présomption de légitime défense ? C'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! Il [N. Sarkozy] perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker de 1945." (François Pinault, homme d’affaires, proche de J. Chirac)

     

      N. Sarkozy a voulu nous faire croire qu’il était allé à Fukushima, qu’il avait assisté à la chute du mur de Berlin. Il va bientôt pouvoir se convaincre qu’il a vécu le naufrage du Titanic, tant les nombreux départs de ceux qui quittent le navire semblent annoncer le naufrage imminent!

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 14:37

On-a-repris-la-Bastille medium    "On a repris la Bastille!"

 

Il y a un an, la Fondation Jean-Jaurès publiait
un récit inédit

 

       de Paul Quilès et de Béatrice Marre

 

  relatant la victoire de

François Mitterrand

  au soir du 10 mai 1981.

 

             Une (re)lecture particulièrement savoureuse,

                   à l'approche de l'élection présidentielle

 
Voir le site de la Fondation                  Voir sur ce blog

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
commenter cet article
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:09

COUV NUCLEAIRE PRINT modifié-1Retrouvez l' interview que j'ai donnée

à Jean-Marie Collin,

sur son blog "Alternatives Internationales"

à propos de mon livre

"Nucléaire, un mensonge français",

en cliquant ici

 

Voir aussi sur ce blog

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 21:53

       Les leaders de l'UMP, qui ont passé la soirée électorale à tenter de cacher leur déception et leur désarroi par une incroyable agressivité, n'ont certainement pas compris que les Français venaient d'infliger un double camouflet au Président sortant :

        - en ne le mettant pas en tête des candidats du 1er tour, évènement inédit sous la Vème République !

        -  en votant abondamment pour la candidate qui a le mieux défendu les valeurs qu’il n’a cessé lui même de promouvoir. Je pense bien sûr à la façon de plus en plus caricaturale avec laquelle il a développé tout au long de la campagne ses thèmes favoris (lutte contre l’immigration, sécurité)

 

       Dimanche soir, dès les premiers résultats annoncés, l’état major de l’UMP et N. Sarkozy se sont déchaînés et ont immédiatement adopté un ton aux relents xénophobes, en mettant en avant et sans retenue des thèmes censés leur attirer les faveurs des électeurs du FN : vote des immigrés, burqa, viande halal, contrôle de l’immigration…

    

      Cette quête désespérée des voix du FN est indécente, mais elle sera certainement peu efficace sur le plan électoral, parce qu’elle ignore le caractère protestataire et anti- Sarkozy d’une grande partie de cet électorat.

     

     L'enjeu du vote du 6 mai sera donc double. Il s'agira à la fois:

     -   de vaincre la droite, pour permettre la mise en oeuvre d'une nouvelle politique;
     -  et de fermer la parenthèse du sarkozysme, qui, plus qu'une idéologie, est un comportement , un m
ouvement  désordonné, un opportunisme permanent, qui se nourrit de mensonges et  de contradictions grossières et qui oppose les Français entre eux .

    

      Le 6 mai, il faudra faire payer à Sarkozy le prix de son irrespect (voir sur ce blog): irrespect des Français, irrespect de l’Etat, irrespect de la fonction présidentielle, irrespect de la démocratie, irrespect de l’image de la France.

 

      Encore 12 jours, pour expliquer et pour convaincre, 12 jours pour rassembler la gauche, les républicains et les démocrates écoeurés par le sarkozysme, 12 jours pour préparer non seulement l'alternance, mais aussi l'alternative qu'attendent une majorité de nos concitoyens.

                         Je participerai à une réunion publique de soutien

                                                     à François Hollande

 

       Mercredi 25 Avril 2012 à 20h30 

      à Rueil-Malmaison
      Atrium - 81 rue des Bons Raisins

        

       Voir le compte rendu de la réunion

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 18:42

      Je partage totalement l'opinion de Dominique Quinio dans son éditorial de La Croix à propos de l'intention affichée par des médias de publier des estimations des résultats du 1er tour dimanche avant 20H.
    Voici donc ce texte, bien venu pour dénoncer  certains errements de notre société tendant à privilégier l'urgence, l'impatience, le bruit et finalement le superficiel.

                                                          ______________

 "Pourquoi tant de hâte ? Pourquoi faudrait-il connaître le vainqueur de l’élection présidentielle 2012 avant même d’aller voter ? Ce n’est plus la course à l’Élysée, mais à celui qui annoncera avant les autres le nom des deux finalistes. Déjà les sondages, pendant la campagne (tout en précisant bien n’être qu’un arrêt sur image de l’électorat à un moment donné), semblaient écrire à l’avance le scénario. Voilà qu’il faudrait rendre publiques les estimations de résultats avant la clôture des derniers bureaux de vote. Une telle pratique, illégale, n’aurait sans doute pas d’effet sur le score final, mais quelle désinvolture, quel mépris à l’égard des votants du soir ! Comme si leurs bulletins, au fond, n’avaient aucune importance. Et, sans craindre la contradiction, ceux-là mêmes qui bousculeront les règles se désoleront si le pourcentage des abstentionnistes est élevé, si les Français se détournent de leur « devoir électoral ». Par respect du temps solennel du vote, La Croix ne donnera les estimations des résultats du premier tour qu’à partir de 20 heures, sur son site la-croix.com et dans ses éditions papier les plus tardives.

    

 Mais cette accélération forcenée du tempo ne concerne pas seulement la journée de dimanche. Depuis longtemps, on a élaboré des hypothèses sur les reports des voix des candidats battus pour le second tour ; des noms de premiers ministres potentiels ont été cités ; des organigrammes de gouvernement esquissés. On imagine déjà les stratégies des partis pour les législatives de juin. Et on ne manquera pas, au lendemain du 6 mai, de dresser la liste des candidats à l’élection de 2017 !

Ne brûlons pas les étapes. Osons faire l’éloge de la lenteur, dans un monde politique et médiatique devenu tellement frénétique. La maturation d’un projet et sa mise en œuvre demandent du temps long. Les effets d’une mesure ne se jugent pas en quelques semaines et l’on sait le délai qu’il y a entre l’élaboration d’une loi, son adoption et la sortie des décrets d’application. L’intérêt pour la politique ne s’arrête pas aux jours de l’élection ; celle-ci est une course d’élan décomposée en plusieurs mouvements. Précipiter le rythme, désynchroniser les séquences, brouiller les temps, c’est risquer d’aller moins loin, moins haut, et moins vite, au bout du compte…"

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 17:58

election-presidentielle.jpg       Le premier acte de la séquence électorale dans laquelle nous baignons depuis de longs mois va se terminer. Espérons que les Français sauront comprendre l’importance de leur vote de ce dimanche, qui doit permettre l’indispensable confrontation au second tour entre le Président sortant et le candidat de la gauche.

 

      Ce sont bien en effet deux visions inconciliables qui s’affronteront alors dans les débats concernant les principaux domaines de la vie publique : la politique économique et sociale, l’exercice du pouvoir, le fonctionnement de la démocratie, les relations internationales.

 

      Il sera difficile aux Français de croire les paroles et les promesses de N. Sarkozy, tant le bilan de ses cinq années à l’Elysée, fait d’échecs, de contradictions et de mensonges, plaide contre lui.

 

      Mais, au-delà de cette évidence, le Président sortant va se trouver confronté aux retombées de son comportement, que je résumerai d’un mot : l’irrespect.

      - Irrespect des Français. La liste des engagements non tenus dans tous les secteurs de leur vie quotidienne (emploi, pouvoir d’achat, retraites, éducation, santé..) est impressionnante.

      - Irrespect de l’Etat, qu’il a abaissé par des pratiques éloignées de la tradition républicaine.

      - Irrespect de la fonction présidentielle, trop souvent polluée par une agitation désordonnée à finalité médiatique.

      - Irrespect de la démocratie, par son mépris des corps intermédiaires et sa conduite autoritaire de la politique du pays, qui a dévalorisé le rôle du gouvernement et du Parlement.

      - Irrespect de l’image de la France, humiliée par ses compromissions avec des dictatures et par les tristes débats sur l’identité nationale et l’immigration.

 

      Quoi d’étonnant dans ces conditions de constater le désamour des Français à l’égard de N. Sarkozy? Il est difficile d’aimer quelqu’un qui ne vous respecte pas.

 

**************

Je participerai à une réunion publique de soutien à notre candidat

Mercredi 25 Avril 2012 à 20h30

Atrium - 81 rue des Bons Raisins

à Rueil-Malmaison

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 15:51
COUV NUCLEAIRE PRINT modifié-1
Pour votre information, je signerai mon livre
"Nucléaire, un mensonge français"
samedi 21 avril, de 9h à 12h
à la Maison de la presse
2 place de la Bouteillerie
81170- Cordes sur Ciel


Voir sur ce blog
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 09:31
    FH-Carmaux.jpgFrançois Hollande était ce lundi à Carmaux sur les terres de Jaurès. Une occasion pour lui de rappeler le message de celui qui a marqué l'histoire de la gauche en France et de redire sa volonté d'être fidèle à ses valeurs.
    
    Député de Carmaux à 3 reprises, j'y ai été très sensible et j'ai retrouvé lors de cette visite et de ce meeting la ferveur de ces femmes et de ces hommes qui attendent avec impatience le changement, en le reliant à l'histoire de la gauche. 
     
      Ce n'est donc pas un hasard si François Hollande s'est également référé à François Mitterrand, venu 2 fois à Carmaux * et qui avait dit qu'il fallait "toujours revenir à Jaurès". Dans son discours, il a  rappelé les propos de l'ancien Président de la République, qui décrivait ainsi la pensée de Jaurès:
     
      « Elle est une espérance, mais jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (…) Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel. C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires ».
     
       Cette référence à Jaurès n'est pas un signe d'une quelconque nostalgie mais l'affirmation d'une volonté d'être fidèle à la pensée d' un homme exceptionnel qui a marqué l’histoire de la gauche par sa pensée et par son action. Jaurès reste une référence, un inspirateur, dont les valeurs se situent aux antipodes de celles de N. Sarkozy, qui avait pourtant essayé de le récupérer en le citant 32 fois dans son discours de Toulouse le 12 avril 2007...mais qui l'a "oublié" dans son discours de la Concorde il y a quelques jours.
 
        Les défis du monde auxquels Jaurès était confronté s’appelaient : la paix, l’unité de la gauche, la laïcité, la justice, les droits sociaux, les institutions de la République. Un siècle plus tard, les mêmes défis, sous d’autres formes, sont devant nous:
- la lutte contre les inégalités et contre la précarité, que la crise déclenchée par les errements du capitalisme financier a accentuées ;
- les efforts pour faire progresser l’indispensable rassemblement de la gauche;
- le renforcement de la démocratie, affaiblie aujourd’hui par une évolution des institutions vers une sorte de "monarchie républicaine";
- la défense de la laïcité;
- la recherche de "l’arbitrage international" dans les conflits, pour éviter le fléau de la guerre, qui doit rester notre objectif en matière de politique internationale.
 

       Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui, c’est s’inspirer de son exemple dans les combats que doit mener la gauche. C'est ce à quoi François Hollande s'est engagé à Carmaux**. Cela est de bon augure, non seulement pour le 22 avril et le 6 mai, mais aussi pour la politique que conduira la gauche quand elle arrivera au pouvoir.
________________________________________
* François Mitterrand a commencé à Carmaux sa campagne de 1981, dont j'étais le directeur. Il y est retourné en 1992, après un sommet franco-espagnol que j'avais organisé à Albi, en tant que ministre de l'intérieur. Bien que malade, il avait insisté pour venir à Carmaux, où il avait prononcé un discours particulièrement émouvant.  
** Retrouvez ci-dessous la vidéo du discours de François Hollande à Carmaux
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez