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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 16:49

Mali.jpg

 

            Parmi les nombreux sujets de préoccupation liés à la situation internationale (Syrie, Iran, Soudan, Corée du Nord….), ce qui se passe au Mali ne semble pas passionner l’opinion française. Et pourtant, les risques sont grands, suite au putsch militaire contre le président Touré, qui a provoqué l’effondrement politique du pays, sa division en deux parties et une grande liberté d’action pour les groupes islamistes.

            Malgré les efforts de la CEDEAO[1], qui ont permis le rétablissement d’un précaire pouvoir civil dans le sud, on est loin d’un retour à la normale. Seule une mobilisation internationale forte, rapide et coordonnée peut permettre à la région de retrouver une stabilité régionale déjà bien érodée.

 

Un putsch aux conséquences lourdes

            Le 22 mars dernier, un groupe de militaire dirigé par le capitaine Sanogo prenait le pouvoir à Bamako. Selon ce dernier, le putsch avait pour but de préserver l’intégrité territoriale du pays, menacée par la rébellion touareg.

            Son effet fut parfaitement contraire : en moins de deux semaines, les forces du MNLA[2] se sont emparées de la moitié nord du pays.

            Sur ce territoire, sont alors rapidement sortis au grand jour des groupes islamistes radicaux liés à Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et concurrents du MNLA. Un de ces groupes, Ansar dine, contrôle ainsi Tombouctou, où il recruterait des combattants ; un deuxième, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a pris en otage sept diplomates algériens.

 

Une situation instable

            Au sud, le pouvoir confisqué par les putschistes a été redonné aux autorités civiles sous la pression de la CEDEAO. L’ancien président Touré ayant démissionné, le pouvoir a été confié au président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, investi président vendredi dernier. L’accord prévoit que le futur premier ministre aura les pleins pouvoirs pour composer avec les différents mouvements armés.

            Au nord, le MNLA s’est arrêté de son propre chef aux portes de Mopti, au centre du pays. Il tente probablement de contrôler désormais le territoire conquis, disputé par les groupes islamistes. Au-delà d’AQMI, d’Ansar dine et du Mujao, on parle aussi de la présence du groupe Boko haram, connu pour ses attentats antichrétiens dans le nord du Nigéria, à plus de 1500 km de là.

 

Des risques majeurs pour la région

            Si aucune issue n’est trouvée à la partition actuelle du pays, les touaregs du MNLA tenteront sûrement de conserver leur territoire, déclaré indépendant sous le nom d’Azawad. Une force militaire de la CEDEAO est à l’étude ; elle aurait pour but de rétablir l’autorité de l’État malien dans le nord du pays, ce qui sera d’autant plus difficile sans légitimité électorale. Une tentative de conquête du sud du Mali par le MNLA ou un autre putsch militaire, même si ces hypothèses sont moins probables, ne sont pas à exclure.

            Au-delà des frontières maliennes, le risque est grand de voir s’établir un vaste sanctuaire pour les groupes islamistes radicaux s’étendant de la Mauritanie au Nigéria. AQMI a fait école et les groupes qui lui sont affiliés, implantés localement, sont autant de risques de déstabilisation pour les pays ouest-africains, d’autant plus que les capacités militaires comme la légitimité démocratique de nombreux gouvernements de la région sont limitées.

 

Quelle action internationale est possible ?

            Si le Mali s’effondrait et avec lui la région ouest-africaine, les conséquences seraient catastrophiques pour les populations africaines. Devant un tel risque, la mobilisation internationale doit être forte et coordonnée.

            Un accord doit impérativement être trouvé entre le nouveau pouvoir civil et le MNLA. Cet accord pourrait prévoir à la fois un calendrier électoral national et un calendrier référendaire d’autonomisation du nord. Afin de garantir la mise en place de cet accord, le Conseil de sécurité de l’ONU devrait appuyer la constitution d’une force militaire régionale. Cette force, contrôlée par la CEDEAO ou l’Union africaine, aurait pour mission de rétablir le Mali dans ses frontières et d’empêcher le développement de groupes islamistes radicaux, locaux ou internationalistes.

            La France s’honorerait à favoriser toute action allant dans ce sens. Elle pourrait ainsi organiser à Paris une conférence d’entente entre les autorités civiles de Bamako et le MNLA, proposer un texte au Conseil de sécurité invitant au déploiement d’une force militaire de la CEDEAO et soutenir ces deux initiatives dans un cadre diplomatique multilatéral.

            Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie.


[1] Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

[2]Mouvement national de libération de l’Azawad 

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 11:03

FlyerNumerique-reduit---Copie.jpg         

       Nucléaire, un mensonge français
          Réflexions sur le désarmement nucléaire

    

 Un livre de Paul Quilès,
publié aux Editions Charles Léopold Mayer,

38 rue Saint Sabin- 75011 Paris

                        http://www.eclm.fr/

 

96 pages, 10€



Pour commander le livre,

    envoyer un mail à

                                       diffusion@eclm.fr    

 

                   

          Ce livre se veut un appel à la réflexion, au débat et à l’action. Certains trouveront probablement la démarche inutile, voire dangereuse. Pensez donc : mettre en cause « le consensus français » sur l’importance de la dissuasion nucléaire, cette « assurance vie », « garantie ultime de notre sécurité » et de nos « intérêts vitaux » !

            Je me suis efforcé de montrer que le climat qu’entretient l’utilisation de ces termes est démobilisateur, parce qu’il rend le débat sur ce sujet quasiment impossible, en dehors des cercles d’experts, militaires ou civils. L’invocation permanente du prétendu consensus sur l’intérêt de l’armement nucléaire anesthésie les politiques et les commentateurs, si bien que le caractère vital des enjeux en cause n’apparaît plus.

            Qui s’interroge pour savoir à quoi sert vraiment cette « arme de non emploi » ? Cette justification d’une arme, présentée comme efficace et même « morale », parce qu’elle ne doit pas servir (le non emploi), fait la terrible impasse du cas où elle serait mise en œuvre. Les conséquences terrifiantes ne sont jamais évoquées, pour la bonne raison que les théoriciens de la dissuasion proclament qu’il faut rester flou sur les cibles et sur les effets d’un bombardement nucléaire.

            Parce que je crois connaître le sujet, que j’ai eu l’occasion d’aborder à plusieurs reprises dans mes diverses fonctions politiques et parce que j’ai moi-même évolué dans mon approche, je ne peux me satisfaire de ce qui entoure la question de l’armement nucléaire: des silences, des approximations, des contre vérités, des slogans, des arguments d’autorité….qui constituent ce que j’appelle « un mensonge français ».

            Je suis heureux de constater que de nombreuses voix et, parmi elles, celles de personnalités internationales éminentes, s’élèvent pour défendre l’idée du désarmement nucléaire. J’ai souhaité présenter brièvement en annexe le cadre d’action des mouvements auxquels elles se rattachent. Leurs prises de position et leurs engagements sont un espoir pour les générations à venir, qui ne peuvent se satisfaire d’un héritage qu’elles contestent, comme l’affirment avec pertinence les trois jeunes étudiants qui ont bien voulu préfacer ce livre.   
                                                   

                                                                                       Paul Quilès

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 17:31

planete.jpgConnaissez-vous ces chiffres inquiétants?

 

Avec le rythme de croissance actuel,

le monde aura besoin en 2030:
- de 30% de nourriture en plus;
- de 45% d'énergie en plus;
- de 30% d'eau potable en plus.

Autant dire qu'il va falloir engager et conduire

de profondes évolutions au niveau mondial

pour éviter des catastrophes.

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:25
antimanuel.jpg            En commande en cliquant sur ce lien
 
       Ce livre de Renaud Chenu* et Jean-Laurent Lastelle**, qui se veut une sorte de manuel pratique pour décoder la "novlangue "des politiques, propose une réhabilitation des mots de la gauche.... contre les maux de droite.
 
     "Idéologue", "Archaïque", "Concret", "Fraudeurs", "Légitime", "Pragmatisme", "Prise d’otage"..… ou encore "Utopie", "Egalité", "Travail", "Conflit"…..
     
     Chaque jour les hommes et les partis politiques, à travers leurs interventions, communiqués ou propositions abreuvent le citoyen d’une novlangue censée lui offrir une grille de lecture de la réalité. Or, ces mots, souvent utilisés indifféremment par la gauche et par la droite, ont un sens bien précis et véhiculent souvent une seule et même idéologie : celle de la pensée néo-libérale. Il est temps remettre les mots de la politique à leur bonne place !
     
      Rédigé par une vingtaine de contributeurs, cet abécédaire pratique détricote "les mots de la droite" pour mieux "re-tricoter" ceux que la gauche a parfois oubliés. Une véritable œuvre de salut public pour lutter contre la paresse intellectuelle, la résignation linguistique ou tout simplement l'opportunisme qui pousse trop souvent les progressistes à adopter un vocabulaire réactionnaire. 
     
      Le ton est grinçant, ne recule pas devant un certain humour, parce que le vocabulaire pseudo-gestionnaire que la politique nous impose depuis 30 ans est risible et qu’il est salutaire de s’en moquer. En même temps le propos est profondément sérieux car les mots et la manière dont ils ont emprisonné la politique sont essentiels.
____________________________________________________________________
 
* Renaud Chenu est journaliste et un des responsables de Gauche Avenir, un club de réflexion et de débat qui réunit des personnalités issues de diverses sensibilités de la gauche.
** Jean-Laurent Lastelle est président de L’Assaut, un « laboratoire d’idées » de gauche composé essentiellement de jeunes d’une trentaine d’années (fonctionnaires, avocats, universitaires, salariés du secteur privé… )

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 18:17

Cette tribune a été publiée sur le site de l'Express

        

       Les responsables politiques et les commentateurs donnent parfois l’impression de découvrir que l’élection présidentielle au suffrage universel, telle qu’elle existe en France depuis 50 ans, comporte 2 tours. Malheureusement, les stratégies des uns et les commentaires des autres oublient trop souvent que chacun de ces 2 tours induit des comportements différents de l’électorat. En outre, il est imprudent de faire des projections sans tenir compte de l’influence que peut avoir la campagne du 1er tour sur le résultat du second. 

 

           

        La règle, telle qu’on a pu la vérifier à huit reprises sous la Vème République, est que le 1er tour donne aux électeurs la possibilité de faire un choix. Ils le font à partir de leurs préférences politiques, de ce qu’ils sélectionnent dans le flot des programmes et des mesures annoncées, mais aussi en se laissant convaincre par les images que donnent d’eux-mêmes les candidats.

 

           

        Au contraire, le second tour est un duel frontal, où le gagnant est celui qui rassemble non seulement ses partisans, mais aussi ceux qui, ne retrouvant pas leur choix du 1er tour, rejettent son concurrent.

 

           

         Pour que la gauche l’emporte le 6 mai, comme je le souhaite, il paraît essentiel que ses principaux candidats se conforment à cette règle. Le résultat du second tour dépendra beaucoup de la volonté de François Hollande et de Jean-Luc Mélenchon de tenir compte, dès maintenant, dans leurs comportements, dans leurs discours et dans leurs actes, de trois contraintes.

 

           

        1- Le 1er tour exacerbe les différences, puisque tous les candidats, qui se trouvent en concurrence, y compris dans leur propre camp, s’efforcent naturellement de faire le maximum de voix. Parler de "vote utile" entraîne des crispations dangereuses et semble donc inutile, sauf à prendre le risque de déconsidérer ceux dont on sollicitera demain le soutien.

 

           

         2- Le report des voix de gauche sur François Hollande au second tour sera d’autant plus facile que les deux principaux candidats montreront que, malgré leurs différences, ils sont "compatibles". Jean-Luc Mélenchon devra par exemple éviter de "mordre le trait" en se laissant emporter par son tempérament de tribun talentueux. Quant à François Hollande, il devra susciter l’enthousiasme, en explicitant avec clarté et fermeté les grands thèmes qui sont des "marqueurs" de la gauche (pouvoir d’achat, services publics, démocratie, lutte contre les excès de la finance, solidarité internationale….)

 

           

      3- La perspective d’un accord législatif devrait être réaffirmée. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon incarnent deux sensibilités –et même deux traditions- de la gauche, qui se retrouveront dans la future majorité et dans le gouvernement qui en découlera. Au-delà des différences -qui seront encore largement mises en avant jusqu’au 22 avril- il existe de fortes convergences entre les programmes des partis de gauche. C’est ce qu’a montré le club Gauche Avenir, en mettant en évidence 15 thèmes et 76 mesures qui peuvent constituer le socle d’une plateforme de gouvernement pour 2012-2017 et la base du programme des candidats de gauche aux élections législatives des 10 et 17 juin.

 

           

       Encore une remarque à l’attention de ceux qui s’inquiètent du risque de voir une partie de l’électorat centriste ne pas voter pour François Hollande le 6 mai, parce qu’il serait "trop marqué à gauche". Je leur rappellerai la 2èmepartie de la règle : "Au second tour, on élimine". Directeur de la campagne gagnante de François Mitterrand en 1981, je me souviens que son score au soir du 10 mai a été nettement renforcé par l’apport des électeurs gaullistes qui souhaitaient avant tout l’échec de Valéry Giscard d’Estaing !

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 16:25
 explosion nucléaire       Voici plusieurs initiatives que j’ai prises concernant l’importante (bien que peu médiatique) question du désarmement nucléaire : 
  • Je participerai à 2 réunions dans les prochains jours:
-  le 5 avril, à Nancy, débat autour du thème « l’armement nucléaire en questions »
- le 2 mai, à Vienne (Autriche), au siège de l’ONU, table ronde dans le cadre du « Comité préparatoire de la conférence du Traité de Non Prolifération » 
  • Je publierai prochainement un livre à ce sujet, que je vous présenterai sur ce blog.
    En attendant, je vous recommande de lire ce texte admirable d’Albert Camus, alors journaliste à Combat* et qui dit son effroi et son inquiétude, au surlendemain du bombardement atomique d’Hiroshima (et à la veille de celui de Nagasaki!). 
Editorial de Combat  [1]
(8 août 1945) 
            Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.
            En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner.
            Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu'elles sont, annoncées au monde pour que l'homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d'une littérature pittoresque ou humoristique, c'est ce qui n'est pas supportable.
            Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu'une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d'être définitive. On offre sans doute à l'humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d'une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.
            Au reste, il est d'autres raisons d'accueillir avec réserve le roman d'anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l'Agence Reuter annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam[2], remarquer qu'il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.
            Qu'on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d'Hiroshima et par l'effet de l'intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d'une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d'une véritable société internationale, où les grandes puissances n'auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l'intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.
            Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené. Ce n'est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l'ordre de choisir définitivement entre l'enfer et la raison. 
[1] Journal clandestin lié à la Résistance pendant l’occupation allemande. Camus y entre sans doute dés 1942. Le 24 Août 1944 paraît le premier numéro diffusé librement. Combat devient quotidien à la libération. Essayiste et romancier célèbre depuis Le Mythe de Sisyphe (1942) et L’Etranger (1942), Camus en sera le principal éditorialiste en 1944-1945.
 
[2] La Conférence de Potsdam (17 Juillet-2 Août 1945) avait défini les zones d’influence respectives des Russes et des Américains après la défaite allemande : elle avait notamment entériné la présence des Soviétiques en Allemagne de l’est (Koenigsberg) et placé la Turquie (donc les Dardanelles) sous influence américaine. 
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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 09:47

     Alors que l'on semble parfois découvrir le phénomène des délocalisations et que l'on s'inquiète de ses effets ravageurs sur notre économie et sur l'emploi,

il est stimulant de retrouver ce que disait Jean Jaurès

il y a plus d'un siècle à ce propos.

Impressionnant!

    

     "De plus en plus, selon la loi d'essaimage du capital, les grands industriels français fondent à l'étranger des établissements rivaux des nôtres: les raffineurs de Paris ont créé des raffineries en Egypte, les grands patrons de Roubaix ont créé des tissages dans la Russie occidentale, les industriels lyonnais, eux aussi, exportent leur industrie.  (....)

     Il y a là une expropriation évidente de la main-d’œuvre française, et si, au moment où nos capitaux vont stimuler au loin, contre nous, la concurrence universelle, nous n’accroissions pas aussi notre force interne de production, il y aurait rupture d’équilibre". (…)
Article dans La revue de Paris (1er avril 1898)

 

    

     "Ce que ne nous ne voulons pas, c’est que le capital international aille chercher la main-d’œuvre sur les marchés où elle est le plus avilie, humiliée, dépréciée, pour la jeter sans contrôle et sans réglementation sur le marché français et pour amener partout dans le monde les salaires au niveau des pays où ils sont le plus bas."   (....)

Intervention à la Chambre des députés (17 février 1894)

 

 

Extraits de l'excellent petit livre de Jean-Pierre Fourré:

"Moi, Jaurès, candidat en 2012..."


couverture-Jaures.jpg

Voir le site de Jaurès candidat

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 19:33

fait-divers.jpg            Il fait beau, la France passe à l’heure d’été, le plan Ecarlate est levé après la fin de la traque du tueur de Toulouse et Montauban, la campagne présidentielle reprend…..Bientôt, le drame qui a bouleversé le pays pendant une semaine et endeuillé tant de familles pourrait être ramené à un fait divers tragique, s’il ne suscitait pas une réflexion en profondeur sur l’état de notre société, sur son fonctionnement et sur les graves problèmes qui la traversent.

 

            Certes, l’ambiance électorale, avec ses excès et ses caricatures, ne facilite pas la tâche. Nombreux sont ceux, aussi bien dans la sphère politique que dans le monde médiatique, qui n’ont pas résisté à la tentation d’utiliser l’évènement à des fins politiciennes. Et l’on a tout mélangé, le terrorisme, l’islamisme, le communautarisme ….en oubliant (ou en évitant) d’analyser les raisons qui ont conduit un jeune à devenir un psychopathe fanatique.   

          

             Au delà de la responsabilité pénale gravissime de l'auteur de ces crimes, au delà de l'immense douleur qui nous bouleverse, au delà même de la lutte incessante contre le terrorisme, les responsables politiques se doivent en effet d'analyser à fond toutes les conséquences de cette tragédie. Y avait-il une fatalité à ce que ce jeune, décrit comme un délinquant de droit commun, se transforme en criminel embrigadé dans le terrorisme international? Il faut s'interroger, en évitant les simplismes, pour savoir quelles politiques (sociale, carcérale, de prévention, de répression...) pourraient éviter de mettre en danger à ce point la sécurité des citoyens.

 

            Vu sous cet angle, le drame constitue une sorte de révélateur de plusieurs grands débats que notre société n’a pas été capable jusqu’ici de traiter sereinement : les sources de la violence, la sécurité des Français, la religion et la laïcité…. Je n’aurai pas la prétention de les aborder ici en quelques lignes, mais je souhaite qu’une fois passée la période électorale, le nouveau président de la République sache créer le climat propice à ce que ces questions soient abordées à l’écart des anathèmes, des simplifications outrancières et des coups à vocation médiatique, assénés chaque fois que l’émotion et la peur prennent le dessus sur la raison.

 

            S’agissant de l’intervention policière et des polémiques qui ont suivi, je pense disposer, de par mes responsabilités passées, de certaines connaissances me permettant de formuler un avis, mais je ne le ferai pas. Je ne mêlerai pas ma voix à celles des commentateurs, experts auto- proclamés ou anciens fonctionnaires ayant eu à connaître ce domaine, qui n’ont pas hésité à parler de façon imprudente. J’ai du respect pour ceux qui risquent leur vie et qui exercent leur mission périlleuse dans des conditions difficiles et parfois extrêmes. Je sais l’angoisse des responsables qui doivent prendre des décisions fortes dans l’urgence, en étant conscients qu’ils peuvent se tromper.

 

             J’ignore s’il y a eu des « failles » dans l’opération, pour reprendre une expression largement utilisée depuis quelques jours, mais, de grâce, qu’on n’apporte pas les réponses avant d’avoir posé les bonnes questions –auxquelles il faudra naturellement répondre, y compris avec l’aide d’une commission d’enquête - et surtout sachons donner du temps au temps.

 

            Il faut sortir du climat dans lequel nous avons baigné pendant plusieurs jours, avec cette déferlante d’informations, parfois non vérifiées, de commentaires exaltés et dévidés en continu, sans la moindre retenue. J’ai suivi dans le détail les reportages qui ont rendu compte des évènements relatifs à cette abominable série de tueries et j’ai trouvé insupportable l’incapacité de certains médias et de plusieurs responsables politiques à se taire ou, au moins, à modérer leurs propos. Dans la débauche des récits médiatiques, j’ai noté par exemple une propension incroyable des commentateurs à parler sans savoir, à faire des hypothèses gratuites et en tirer des leçons, à accuser sans preuves.

 

            La chasse à l’homme en direct a été le "clou" des reportages. L’obsession de prévoir avant les autres, sans attendre de connaître la vérité des faits, a conduit à présenter et à largement commenter des scénarios imaginaires. Pire encore, il ne semble pas que l’on ait pesé le risque que pouvait représenter le fait que les informations diffusées, vraies ou fausses, auraient pu (au moins au début de la traque) être entendues à la radio par le tueur et orienter son comportement !

 

            Je suis certain de ne pas être seul à juger durement cette pénible séquence politico médiatique, qui s’est ajoutée à la profonde tristesse que nous avons tous ressentie. La décence à l’égard des victimes et des familles aurait dû imposer un devoir de modération. Cela s’appelle tout simplement le respect. Un mot à méditer dans une société où le souci exacerbé de la transparence et de l’instantanéité conduit trop souvent à des excès très regrettables. 
            

               Voir aussi sur les sites de Mediapart et de terra eco 

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 17:52

JauresACarmaux   Jean Pierre Fourré, ancien vice-président de l’Assemblée Nationale. s'est mis dans la tête de faire revivre la pensée de Jaurès à l'occasion de la campagne électorale actuelle, où son nom est souvent évoqué.
 

   Il pense en effet que ceux qui le citent à tort et à travers feraient mieux de savoir de quoi (et de qui) ils parlent! Il considère que leur filiation sera seulement reconnue par la fidélité aux principes de Jean Jaurès pour une société réellement démocratique.

 

   C'est avec cette idée qu'il a écrit un petit livre intitulé "Moi, Jaurès, candidat en 2012", qui contient 30 thèmes-propositions, qui sont autant d’adresses aux candidats. Au travers d’extraits de nombreux articles, discours, livres, interventions à la Chambre des députés, Jean-Pierre Fourré présente idées et propositions de Jean Jaurès sur des thèmes toujours d’actualité (le racisme, Dieu, la laïcité, l’immigration économique, l’éveil des peuples du monde, la patrie…).
 

     

       A quelques semaines de l’élection présidentielle et alors que les candidats présentent leurs propositions, la "contribution" de Jean Jaurès aux débats n'est pas inutile.

 

Jean-Pierre Fourré, qui s’est auto-proclamé avec humour

directeur de campagne de cet inattendu candidat,

animera un débat

vendredi 23 mars à 20h30,

à Carmaux,

Maison de la citoyenneté, 26 avenue Bouloc Torcatis.
Vous y êtes cordialement invités.


Lire sur le site de la Dépêche du Midi

 

     Rappelons qu'en 2009, pour la commémoration du 150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans toute la France et en particulier dans le Carmausin. C’est dans ce cadre que, sur le site de Cap’ Découverte, l'association Gauche Avenir a organisé, devant 500 personnes, la projection du film du spectacle "Ils ont tué Jaurès", suivie d’un débat.
    Le 1er mai 2010 nous avons accueilli, toujours sur ce site, un spectacle intitulé "La dernière journée de Jean Jaurès- Paris 1914", dans lequel Jean-Pierre Fourré jouait le rôle de Jean Jaurès. 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 15:49

colombierL'expérience unique de théâtre menée au Colombier

(aux Cabannes, près de Cordes)

va se poursuivre,

avec une nouvelle équipe et de nouvelles perspectives.

Ecouter l'interview de Paul Quilès sur CFM Radio

Voir aussi le site de Cordes sur Ciel

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez