Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 11:02

      cordes-header


      Le 22 mai 2006, le Conseil municipal de Cordes a décidé d’élaborer un Agenda 21. Pendant plusieurs mois, une concertation avec les habitants a été organisée, pour fixer des objectifs communs en matière de développement durable,  établir un programme à long terme et définir des priorités d'action.

     La brochure éditée et largement diffusée en janvier 2008 présentait un programme de 81 actions. 
      Nous avons fait le point sur la réalisation de celles qui ont été engagées au cours des dernières années par la commune, la communauté de communes, les associations et les particuliers, en les rapportant aux chapitres de notre Agenda 21.
     Comme on peut le voir dans le document "Bilan et perspectivesla commune de Cordes a bien avancé depuis 5 ans pour répondre aux objectifs fixés : mieux accueillir, renforcer la solidarité, préserver l’environnement, économiser l’énergie.

                                                 ****************
      Il est intéressant de noter que le toit de la nouvelle école intercommunale, équipé de panneaux photovoltaïques a produit en 2011 près de 15 000 Kwh, revendus à EDF, ce qui a réduit de 90%  la facture énergétique de l’école !
   

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
commenter cet article
15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 15:28

concordia.jpg
Comme celui du Titanic, le commandant du Concordia affirmait que son bâtiment était totalement sûr !

 

AAA.jpg
Comme elles l’ont prouvé en notant « triple A » la banque Lehman Brothers, quelques semaines avant le déclenchement du scandale des « subprimes », les agences de notation sont infaillibles !

  

Sarkozy.jpg

Comme toujours depuis 5 ans, Nicolas Sarkozy ne se trompe pas, ne se contredit pas, fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait !

     
 
On pourrait ironiser sans fin sur ces discours mensongers, s’ils ne mettaient pas en cause la vie des hommes et des femmes.

     De telles attitudes font penser à celles de ces mauvais prestidigitateurs qui ratent tous leurs coups ou de ces astrologues qui se trompent toujours …. ce qui n’est pas grave, puisqu’ils se nourrissent d’une certaine crédulité populaire et qu’ils ont donc le droit de raconter n’importe quoi.  

     S’agissant des agences de notation, les conséquences sont autrement plus graves et il est ahurissant :

     - que leur pouvoir exorbitant ne soit pas contesté ;

     - que l’on ne s’interroge pas sur les raisons de leurs graves erreurs ;

     - que l’on n’exige pas de ces organismes qu’ils communiquent publiquement et explicitement les raisons de leur jugement.

     Quant aux responsables gouvernementaux, il va bien falloir qu’ils expliquent, sans recourir à la langue de bois, comment ils ont pu affirmer successivement :

     - que la France conserverait sa note « triple A »,

     - puis que tout serait fait pour la conserver

     - et maintenant que la perte de cette note n’est pas une catastrophe !

     Tant que des réponses ne seront pas apportées à ces questions, la « dégradation » dont on nous rebat les oreilles ne sera pas tant la dégradation de la France que celle du discours politique.

    La gauche, pour accéder au pouvoir, devra convaincre les Français qu’au-delà de la nécessaire dénonciation de l’attitude pathétique de la droite, elle est capable d’apporter des réponses aux maux qui minent la société française, qui s’appellent : inégalités, désindustrialisation, autoritarisme…

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 13:12

    FrancoisMiterrand-PaulQuiles3.jpg Il est beaucoup question de François Mitterrand depuis quelque temps et les éloges pleuvent de toutes parts ! Je ne m'en plaindrai pas, même si je comprends assez bien les raisons de cet engouement....
     Pour manifester ma reconnaissance à l'homme qui a rendu possible la venue -si improbable et si contestée à l'époque- de la gauche au pouvoir, j’ai écrit cette tribune, publiée par Le Monde en 2006. Elle me semble ne pas avoir perdu de sa pertinence aujourd’hui. La voici.

                                                  

                                                      ****************

     "Dix ans après la disparition de François Mitterrand, les témoignages et les rétrospectives sur le seul président de gauche élu par les Français sous la Vème République affluent. Cela ne doit pas surprendre. Qu'on ait aimé ou pas l'homme qu'il fut, force est en effet de reconnaître qu'il laissera une trace dans l'histoire de notre pays.

 

     François Mitterrand ne nourrissait aucune illusion sur les ressorts profonds de la nature humaine en politique. Il ne serait donc pas surpris d'entendre ceux de ses "amis" qui l'ont tant dénigré, surtout vers la fin, lui rendre aujourd'hui de vibrants hommages et se réclamer de sa filiation. Il sourirait certainement -et les apprécierait à leur juste mesure- en lisant les commentaires parfois élogieux de certains de ses adversaires, qui, après l'avoir durement combattu, reconnaissent aujourd'hui les qualités de l'homme politique et la valeur de ses enseignements.

 

     Le bilan des deux septennats de François Mitterrand est contrasté. Les responsables politiques ont naturellement tendance à le juger sans faire totalement abstraction de leurs engagements partisans. Quant aux commentateurs, il n'est pas évident qu'ils disposent encore d'assez de recul pour juger sereinement de cette tranche d'histoire.

 

     On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, de plus en plus dominée par l'hyperpuissance américaine, a vu également l'influence de certains acteurs se renforcer. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives islamistes et le terrorisme mondialisé.

 

     En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué…même si les changements dans ce domaine sont probablement moins forts qu'on semble parfois le croire. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs supportent de moins en moins le carcan de la Vème République, que François Mitterrand avait malheureusement accepté et qui rend aujourd'hui le débat politique au sein des institutions trop fréquemment décalé par rapport aux réalités vécues par les citoyens.

 

     Pour autant, en dépit de ces évolutions, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense essentiellement au rôle que celui-ci attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

 

     Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si la crise et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin.

 

     Quant à la méthode qui fut celle de Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, personne ne peut nier qu'elle reste totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent du rassemblement (des socialistes, de la gauche, des Français).

 

     Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité.

 

     C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, qui pouvait parfois apparaître froid et distant, avait la capacité rare de savoir mobiliser et entraîner les hommes. Souhaitons que d'autres responsables politiques sachent s'inspirer de cette leçon, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays."

                                                               

                                                          ****************  

    L'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude." (François Mitterrand , dans « Ma part de vérité »)

     " L’homme politique s’exprime d’abord par ses actes ; c’est d’eux dont il est comptable ; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son oeuvre d’action." (François Mitterrand , dans « Mémoire à deux voix », avec Elie Wiesel)

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
commenter cet article
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 09:29

Noël 2011Ecoutez les voeux de Paul Quilès sur CFM Radio

                                      * Quel bilan tirer des évènements de 2011?
                                      * Que souhaiter pour 2012?

                                      * Les prochaines échéances électorales

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
commenter cet article
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 09:57

TTF-copie-1
      De qui se moque-t-on? Voici que le Président-candidat enfourche un "nouveau" cheval de bataille: l'instauration d'une "taxe sur les transactions financières", connu depuis longtemps sous le nom de "taxe Tobin".
     Il faut se souvenir comment cette idée de bon sens, que je défends depuis longtemps -voir par exemple sur ce blog: TTF, des atermoiements coupables ou ma tribune publiée par Marianne: Taxe Tobin, qu'est-ce qu'on attend? - était pourfendue par la droite et par N.Sarkozy lui même.
     Il suffit de relire sa déclaration de 1999, opportunément rappelée par le site Rue89:

    «L'affaire de la taxe Tobin est une absurdité [...].Si nous le faisons en France, on va encore le payer de dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

    Ce que vous ne comprenez pas, c'est que le monde a changé, le monde est devenu un village. A chaque fois que nous pénalisons la création de richesse sur notre territoire, nous favorisons la création de richesse chez les autres [...]. Réveillez-vous, le monde a changé ! »
    ATTAC a bien raison de parler d'un "bluff indécent". Décidemment, ce début de campagne présidentielle ne favorise pas les débats sérieux, c'est le moins que l'on puisse dire. A force de vouloir échapper à son bilan, le Président-candidat ne cesse de se contredire....une façon comme une autre de faire croire qu'il a "changé"!

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 11:21
            explosion nucléaireCette tribune a été publiée sur le site de l'Express
         
           « On peut tout prouver, si les mots dont on se sert ne sont pas clairement définis ». Cette affirmation du philosophe Alain éclaire d’une lumière crue certains affrontements qui scandent la vie politique. En évitant de définir les mots, en les rattachant à des concepts eux-mêmes mal définis, en ne précisant pas le contexte dans lequel on les utilise, effectivement, « on peut tout prouver ». C’est ce qui se passe par exemple lorsque l’on aborde les questions de défense, sujet majeur dans un monde dangereux, instable et surarmé.          
            Autrefois, c’est à dire avant novembre 1989, date de la chute du Mur de Berlin, la stratégie de dissuasion nucléaire était, par excellence, l’instrument de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest. La question de sa pertinence aurait dû se poser dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. L’état des risques et des menaces n’a en effet aujourd’hui plus rien de commun avec ce qu’il était dans la période de la guerre froide. Les scénarios dans lesquels la Russie ou la Chine s’en prendraient aux intérêts vitaux d’une puissance occidentale sont, dans la conjoncture actuelle, parfaitement improbables. Quant aux menaces qui trouvent leur origine dans des conflits locaux, elles ne peuvent être contrecarrées par la menace d’emploi de l’arme nucléaire et se situent en conséquence dans les « angles morts » de la dissuasion. Les menaces terroristes relèvent de cette catégorie. 
            La prolifération nucléaire constitue, en revanche, le principal risque pour la sécurité du monde, mais c’est plus par le multilatéralisme et les traités (comme le TNP[1]) qu’on la combattra que par la dissuasion nucléaire. De plus, établir un lien entre la possession de l’arme nucléaire et « le statut de grande puissance », comme on l’entend souvent, peut inciter certains pays à tenter de s’en équiper, alors que le but du TNP, ratifié par la quasi-totalité des membres de l’ONU (189), est au contraire d’aller vers une disparition des armes nucléaires. 
            Comment peut-on alors, loin de ces considérations, répéter sans sourciller que la dissuasion nucléaire est une sorte d’« assurance vie » ou qu’elle « garantit l’intégrité de notre pays » ? En réalité, le débat sur de telles affirmations n’a pas lieu, pour la bonne raison que celles-ci ne sont pas soumises à un questionnement public, au-delà des échanges au sein des cercles d’initiés. Normal, nous dit-on, elles font l’objet d’un consensus. Ce fameux consensus (mot clé de la démonstration) est d’autant plus facile à invoquer qu’on n’en a jamais vérifié sérieusement l’existence, et qu’on ne sait pas sur quoi il porte exactement. Comme il n’y a jamais eu de débat, précédé par une information sérieuse et encore moins de consultation des Français, la boucle est ainsi bouclée. Selon l’expression populaire, « circulez, il n’y a rien à voir ». 
            Ceux qui, sans même s’opposer frontalement au concept, souhaitent en parler et examiner la pertinence de certains choix sont vite traités d’incompétents, d’irresponsables, de démagogues, voire de mauvais Français. Quitte à courir ce risque, j’affirme qu’il ne faut pas avoir peur de traiter ces questions publiquement, en commençant, comme le suggérait le philosophe Alain, par définir clairement le sens des mots.           
            Je ne prendrai qu’un exemple pour illustrer mon propos : celui de la « Force aérienne stratégique », qui représente 15% de la dissuasion française[2]. Historiquement, c’est la première à avoir été créée en 1964, en raison de la simplicité de mise en œuvre du vecteur (un bombardier Mirage IVA) et de l’arme (la bombe AN-11). Aujourd’hui, 2 escadrons assurent 24h sur 24 l’alerte nucléaire avec le Rafale F3 ou le Mirage 2000K3 et le missile ASMP-A (capable de parcourir, une fois tiré à haute altitude une distance de 500 Km et de 100 Km à basse altitude), chargé d’une ogive nucléaire de 100 à 300 Kt !  
            A quoi est censée servir cette force ? On nous dit, dans un langage assez hermétique, qu’elle offrirait « les alternatives, les complémentarités et les capacités d’adaptation » pour le chef de l’Etat[3], car elle permettrait d’être « visible et donc démonstrative ». En clair, il s’agit d’une sorte de parade nucléaire avant ce que le Président Sarkozy appelle un « avertissement nucléaire ». Le rôle de la composante aérienne serait donc de parader, d’impressionner un adversaire !
            Pour essayer de comprendre ce que cela signifie, il faut imaginer une flotte de bombardiers nucléaires décollant, avec toute la logistique nécessaire (ravitaillement en vol, chasseurs accompagnant le convoi pour le protéger, transmissions des données….), puis tournoyant dans le ciel face à l’ennemi, pendant que des discussions diplomatiques se déroulent en parallèle, avant de recevoir enfin l’ordre de tir[4] ! Au-delà de l’aspect manifestement peu crédible de ce scénario, on voit bien que l’existence même de la composante aérienne[5]décrédibilise la dissuasion, en suggérant que, pour faire reculer un adversaire, les SNLE et leurs missiles ne seraient pas assez dissuasifs !
            De plus, on ne voit pas contre qui cette composante pourrait être utilisée, sachant que sa conception en fait une arme de proximité géographique. Sans doute est-ce pour cette raison que, faute d’ennemi proche et d'intérêt militaire, les Britanniques ont abandonné leur composante aéroportée en 1997 et les Américains ont retiré la plus grande partie de leurs bombes B-61 stationnées en Europe.
            Cet exemple montre que, si l’on veut bien s’éloigner du discours officiel, il y a place pour des débats, qui doivent dépasser le cadre étriqué du monde passé et prendre en compte les évolutions positives du monde et les nouvelles aspirations au désarmement nucléaire de la Communauté internationale.
[1]  TNP : Traité de Non Prolifération, signé le 1er juillet 1968. La conférence d’examen du TNP du 28 mai 2010 a élaboré un plan d’action sur les 3 volets du traité (désarmement, non prolifération, nucléaire civil) et prévu une réunion en 2012 sur la création au Moyen-Orient d’une  ZEAN (Zone Exempte d’Armes Nucléaires).
[2]  La force principale de la dissuasion française consiste en 4 SNLE (Sous marins Nucléaires Lance Engins). Cette composante océanique permet à la France de frapper en premier un adversaire étatique comme de répondre avec certitude à son attaque. Ces SNLE, en cours de modernisation, seront dotés chacun à l’horizon 2015 de 16 nouveaux missiles M51 (d’une portée de 9000 kms) et de nouvelles ogives nucléaires (TNO) d’une puissance de 100 Kt. De quoi dissuader tout adversaire situé sur n’importe quel point du globe. Une frappe d’un seul missile (avec 6 ogives au maximum) provoquerait des dégâts incommensurables, si l’on se souvient des 200 000 morts d’Hiroshima consécutifs à l’explosion d’une bombe….. de 15KT.
[3] Le décret du 14 janvier 1964 définit le rôle exclusif du Président de la République quant à l’engagement de l’arme nucléaire.
[4]  Une frappe nucléaire avec une ogive de 300 KT serait équivalente à 20 fois celle d’Hiroshima.
[5]  Il y a 20 ans, on nous assurait qu’il fallait absolument 3 composantes (océanique, aérienne, terrestre….soit une par armée !) pour garantir la crédibilité de la dissuasion française. La composante terrestre (missiles du plateau d’Albion, Pluton, Hadès) a été démantelée au début des années 90. Aujourd’hui, les théoriciens du nucléaire affirment avec la même force que la dissuasion nécessite 2 composantes.
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:36

    Sans-titre.jpg    

     Ne relisez surtout pas les lettres et les cartes que vous avez écrites les années précédentes pour souhaiter vos « meilleurs vœux ».

      C'est ce que je viens de faire et j'hésite à philosopher à nouveau sur le monde qui nous entoure et sur ce qui nous attend au cours de l'année qui va commencer. Jugez plutôt.

     

    Début 2008, je me demandais avec inquiétude « comment éviter le désenchantement qui nous guette ».

 

         En 2009, je proposais que « malgré les nuages qui obscurcissent l’horizon, nous sachions cultiver l’optimisme….celui dont parlait Gramsci, qui se sentait pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté ».

   

     En 2010, je souhaitais que « la prise de conscience réelle des désordres du monde…se traduise par des actes forts des décideurs ».  

   

    Début 2011, j’en appelais, à la suite de Stéphane Hessel, à « l’indignation, préférable à la petite musique de la résignation, à laquelle trop de responsables ou de commentateurs nous invitent »

    

      Que pourrais-je dire de plus à l'aube de cette année 2012, dont nous espérons qu'elle nous apportera tant de changements ? Peut-être affirmer, avec Vaclav Havel, qui vient de nous quitter, que : « Avoir de l’espoir, ce n’est pas croire que les choses vont se passer bien, mais c’est croire qu’elles auront du sens »

    

     Finalement, c’est bien cette façon d’espérer, individuellement et collectivement, qui donne envie d’avoir des projets, d’aimer, d’agir et, tout simplement, de vivre. Voila donc ce que je vous souhaite pour 2012, en toute simplicité, mais avec sincérité.             

      

     Bien amicalement.  

                                  

                                         Paul Quilès                                                               

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
commenter cet article
30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 11:02

soldats-tues-en-Afgha.jpg  Avec les 2 légionnaires qui viennent d’être tués en Afghanistan, cela fait 78 morts de soldats français depuis le début de cette guerre et 26 pour la seule année 2011. Au total, les forces de l'OTAN ont déploré la mort de 563 soldats en 2011.

 

     Au delà de ce bilan morbide, la gravité de l’évènement tient au fait que le tir qui a entraîné la mort provient d’un soldat de l’armée afghane[1]. Ce drame survient après d’autres récents "incidents" de même nature et il contribue à faire douter de la crédibilité de la démarche américaine –reprise sans nuance par N.Sarkozy- pour sortir du bourbier afghan. Je rappelle en effet que c’est cette armée que l’OTAN prétend former, afin qu’elle prenne un jour la relève des forces occidentales pour assurer la sécurité du pays !

 

    Les plus lucides des observateurs, y compris aux Etats-Unis, répètent inlassablement que cette guerre n’est pas gagnable et soulignent l’étonnante succession des arguments avancés depuis 10 ans pour justifier le lourd engagement humain et financier qu’elle représente : la lutte contre le terrorisme international, la défense des Droits de l’Homme, la promotion de la démocratie, la reconstruction du pays…

 

     Ces tentatives de justification ont accompagné des stratégies différentes, qui ont pour la plupart sous estimé le caractère très particulier de l’Afghanistan, de son histoire, de sa sociologie, de sa culture et surtout des enjeux régionaux dont il fait l’objet (lire mon analyse du 28 juillet 2010).

    

    Voila pourquoi cette mission impossible est malheureusement en train d’échouer ( écouter ma réaction sur RTL ce matin).

 

                                                  ************

        La fin de l’année étant propice à l’établissement de bilans, j’ai pu constater que je me suis exprimé une cinquantaine de fois sur ce blog à propos de l’Afghanistan, dont plus de 30 fois par des textes de fond et des interviews. Si vous voulez en savoir plus….cliquez ici


[1] Le fait que cet homme soit peut-être un rebelle « infiltré » ne change rien à la démonstration de la faible fiabilité de l’armée nationale afghane.       

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 13:31

Kim il-SungNous sommes le 20 décembre 2011 et les médias commentent les informations suivantes : le Président de Corée du Nord, Kim Jong-Il vient de mourir, son fils Kim Jong-Un lui succède et un missile vient d’être tiré par la Corée du Nord.

 

 Or, il y a 16 mois, était publié aux éditions J.C.Gawsewitch un livre de politique fiction (« 18 mois chrono »), que j'avais écrit avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu. Nous n'étions pas loin de la réalité! Jugez plutôt:


Extrait  du chapitre 15  (Ultimes manœuvres)     

   (….)   L’actualité va lui [Nicolas Sarkozy] donner une nouvelle occasion de s’intéresser à la scène internationale. Le lundi 26 décembre 2011, en ce lendemain de Noël, une dépêche de l’agence Reuters laisse entendre que le Président nord-coréen, Kim Jong-il, serait décédé. La transparence n’étant pas le fort du régime de Pyongyang, il est probable que le décès date de plusieurs jours et que la discrétion de l’annonce est destinée à organiser la succession en coulisse. L’information ne surprend pas les chancelleries, qui savaient depuis plusieurs années que Kim Jong-il était malade, mais ce qui les inquiète beaucoup plus, c’est d’apprendre par les services secrets sud coréens qu’une lutte ouverte pour le pouvoir s’est engagée entre le parti communiste et l’armée.

 

      Kim.jpg Le Président nord coréen avait désigné comme successeur son plus jeune fils, Kim Jong-un, âgé de 28 ans. Il avait écarté de la succession ses deux frères aînés, l’un pour être devenu la risée de tout le monde en se faisant refouler du Japon, où il voulait visiter Disneyland, - il avait essayé d’entrer avec un faux passeport dominicain. Quant à l’autre, il était trop efféminé au goût de Kim Jong-il….. Le problème est que dans ce pays d’héritage confucéen, le respect vient avec l’âge et il est clair que le jeune Kim Jong-un ne pourra exercer le pouvoir que pour la façade.

 

         L’inquiétude touche naturellement les pays les plus concernés par ces évènements, en premier lieu les voisins -la Corée du Sud, la Chine, la Russie, le Japon- mais aussi les Etats-Unis, toujours très présents dans cette zone et qui ont tenté à plusieurs reprises d’échanger l’abandon par la Corée du Nord de ses projets nucléaires contre une aide économique. Chacun sent bien le risque d’un acte irresponsable au cours d’une lutte pour le pouvoir dans ce pays très pauvre, au développement entravé par un régime autoritaire et caricatural, mais qui dispose de l’arme nucléaire.

 

     missile-coree.jpgEt c’est bien ce qui se produit en ce 28 décembre, lorsqu’un missile nord coréen s’abîme dans la mer du Japon. Erreur ? Provocation ? L’émotion est considérable dans le monde.         (….)

           

         Juré, nous ne sommes pour rien dans le décès du « Cher leader » Nord Coréen ! Juré, ce n’est pas nous qui avons suggéré de lancer un missile pour « célébrer » l’évènement ! Désolé, nous nous sommes trompés de quelques jours dans la date de la mort de Kim Jong-Il…...On ne peut quand même pas tout prévoir !

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 00:30
jaures-discours.jpg   Lors de la réunion d’Albi sur le désarmement nucléaire, j’ai affirmé que je me sentais naturellement plus proche de Jaurès que de Clausewitz, qui considérait que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Même si cette formule du célèbre stratège date du début du 19ème siècle décrit bien ce qu’est encore aujourd’hui, trop souvent, la réalité des relations entre les Etats, elle oublie que la guerre est toujours un échec des hommes.
 
      C’est pour cela que je préfère me référer à l’œuvre et à l’action inlassable de Jaurès en faveur de la paix et de « l’arbitrage international », qui prit corps dans la SDN, malheureusement incapable d’empêcher la montée des régimes autoritaires, puis dans l’ONU, après la 2 ème guerre mondiale.
 
     Jaurès n’était pas ce que l’on appelle de façon parfois réductrice un « pacifiste », comme le montre son livre « l’Armée nouvelle » , qui donna lieu à de nombreux débats. Mais celui qui disait que « le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel »[1] et qui considérait l’idéal comme la boussole permanente de l’action savait qu’il ne faut pas oublier la nécessaire prise en compte des réalités, sans pour autant tomber dans l’opportunisme, voire dans le cynisme.
 
     Certes, les réalités du monde d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes que celles d’il y a un siècle et les dangers ne sont pas de même nature. Encore faudrait-il en parler et ne pas considérer que les questions internationales et de défense sont trop sérieuses pour faire l’objet de débat public ou même parlementaire. On se contente de considérer que la Vème République donne tous pouvoirs au Président de la République dans ce domaine[2] et qu’il n’y a donc pas lieu de consulter le peuple sur ces questions présentées comme complexes. Et comme on n’en parle pas, on se contente d’affirmer « qu’il y a un large consensus », en s’appuyant même sur des enquêtes d’opinion dont la validité est douteuse, puisqu’il n’y a ni information préalable ni débat contradictoire.
 
      Ce climat n’est pas nouveau et Jaurès regrettait déjà que les partis politiques ne s’intéressent à ces questions que « par le biais de la vision électorale », allant même jusqu’à reprocher aux socialistes une attitude qui « se borne le plus souvent à une opposition générale sans précision et sans effet ».
 
      Et quand il s’adressait au peuple, Jaurès savait trouver les mots pour leur parler de l’état du monde, des dangers de la guerre et de la nécessité de la paix. Je ne résiste pas au plaisir de citer à ce propos quelques lignes d’Alain Decaux[3], reprenant un remarquable texte de Jean Guéhenno, son prédécesseur à l’Académie Française, qui, adolescent, avait assisté au sein d’une immense foule à la visite de Jaurès à Fougères, où se déroulait une grève ouvrière particulièrement dure :
 
      « L’accent du sud-ouest martelait ses phrases. L’éloquence était à la fois classique et populaire. Jaurès était le familier des orateurs antiques et, en même temps, il côtoyait chaque jour les souffrances du peuple. Ce jour-là, il ne parla pas aux grévistes de Fougères de leurs épreuves. Ceux-ci ne les connaissaient que trop. Mais il leur dit qu’ils n’avaient pas le droit d’être vaincus, parce que leur combat n’était pas le leur seulement, mais celui de tous. A ces gens courbés dans la servitude, il parla de leur fierté. Il leur dit que tous –oui, tous-, portaient en eux un monde. Comme il a su se souvenir, Jean Guéhenno ! Ecoutons-le :    
      ‘‘Et puis, sa voix se fit plus grave. Il évoqua tous les malheurs que subissaient les hommes, les terres ensanglantées, la guerre qui, comme une nuée, montait vers l’horizon et roulait vers nous, un univers furieux que, seuls, pouvaient exorciser notre bon sens et notre volonté. Alors seulement, vers la fin de son discours, il nous nomma de ce nom plus chargé de tendresse : « camarades » et, pour la première fois, j’eus le pressentiment de notre vrai destin.’’ »   
 
[1] Discours à la jeunesse (Albi, 30 juillet 1903)
[2] Dans sa conférence de presse du 31 janvier 1964, le général de Gaulle affirme que « l’autorité indivisible de l’Etat est déléguée tout entière au Président de la République ». Le 14 janvier 1964, de façon étonnante, c’est un décret qui avait précisé le rôle exclusif du Président de la République quant à l’usage de la force de frappe.
[3] Alain Decaux m’a aidé dans la préparation du spectacle « ils ont tué Jaurès » , que j’ai organisé et qui a été présenté à Carmaux à l’occasion du 80ème anniversaire de la mort de Jaurès (voir aussi ce lien). Le texte est extrait de l’éditorial d’Alain Decaux dans la brochure de présentation du spectacle.        
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez