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26 mai 2012 6 26 /05 /mai /2012 16:47

Afghanistan.jpgL'annonce de François Hollande concernant le retour d'une partie des troupes françaises d'Afghanistan fin 2012 donne lieu
à des commentaires polémiques

et même fantaisistes de la part de la droite.

J'ai eu l'occasion de réagir fermement
à ces propos lors d'une émission de RMC.

Pour écouter, cliquer ici
(RMC: 25/05- Carrément Brunet

à partir de 7'10)

Une relecture de mes réflexions sur ce sujet depuis des années permet de juger du caractère brouillon de la politique de la droite, alignée en permanence sur la stratégie
changeante et erratique des Etats-Unis.

Voir notamment ici

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 10:08
  
    Pour François Hollande, le sommet de l’OTAN à Chicago, qui va réunir dimanche et lundi au plus haut niveau les responsables des 28 pays de l’Alliance Atlantique sera particulièrement important. 

       Je souhaite que cette rencontre lui donne l’occasion de faire entendre une voix nouvelle de la France sur plusieurs dossiers essentiels qui concernent la sécurité internationale.
     
L’Afghanistan
            Contrairement à ce qu’on entend depuis quelques jours, le retrait des troupes françaises d’Afghanistan ne sera pas le sujet le plus complexe de l’ordre du jour très fourni de ce sommet.
            En effet, le départ des 3400 militaires français d’Afghanistan fin 2012 –auquel s’est engagé François Hollande- ne devrait pas poser de problème majeur à l’OTAN, puisque notre contingent représente moins de 3% de la coalition internationale.
            Quant aux Etats-Unis, qui ont prévu d’engager un retrait à hauteur de 30 000 hommes par an, ils auraient mauvaise grâce à faire des commentaires désobligeants. La question n’est donc pas de savoir si la France risque d’être dénoncée comme « rompant la solidarité atlantique », d’autant plus que les Pays Bas et le Canada ont déjà retiré leur contingent !
            La question n’est pas non plus de nature technique (difficultés et coût des opérations d’évacuation du matériel), puisque ce n’est qu’à partir de 2013 que les aéroports de Kaboul et de Bagram risquent d’être embouteillés par le retrait américain.
            La vraie question est celle de la situation de l’Afghanistan après 2014, lorsque toutes les troupes de l’OTAN s’en seront retirées. Tant qu’une conférence internationale associant les principaux pays concernés par le conflit afghan (Pakistan, Inde, Chine, Russie, Etats-Unis…) n’aura pas été organisée (voir ma proposition sur ce blog), le pays continuera à vivre dans un climat de confusion permanente, malgré une aide internationale considérable (4,1 milliards de dollars par an, dont 100 millions pour la France).
            Après 10 ans de guerre, scandés par des changements de stratégie et de justification de notre présence dans ce territoire, après des politiques brouillonnes, contradictoires, inefficaces et coûteuses (humainement et financièrement), il était temps de tourner la page.
            Il faudra cependant que les pays occidentaux acceptent aussi de « s'interroger sur le phénomène de développement des Etats faillis (….) où se développent tous les cancers, terrorisme, trafics en tous genres, criminalité organisée. Il est en effet illusoire de penser que ces menaces puissent se traiter uniquement à coup d'opérations militaires qui ont montré leurs limites » (Jean-Pierre Maulny, directeur-adjoint de l’IRIS) 
    
Les armes nucléaires tactiques en Europe
            Ces armes nucléaires  de courte portée sont destinées à frapper le front des forces conventionnelles ennemies et leurs infrastructures. Le débat devrait porter sur l’opportunité de retirer les 180 bombes nucléaires tactiques américaines (« bombes à gravité » obsolètes et sans intérêt opérationnel), qui sont toujours entreposées sur le territoire de cinq pays membres de l’OTAN : Büchel en Allemagne, Kleine Brogel en Belgique, Volkel aux Pays-Bas, Aviano (base américaine) et Ghedi-Torre en Italie, Incirlik (base américaine) en Turquie.
            Sur les 28 membres de l'OTAN, 14 sont en faveur du retrait, 10 ne feront pas d'actions de blocage, trois (Hongrie, Lituanie, France) s'opposent à cette mesure.
            L'attitude très négative adoptée par la France jusqu’ici, sous l’impulsion de N. Sarkozy, est paradoxale, quand on sait que la France a toujours œuvré dans le sens d’une plus grande coopération internationale. En refusant ce qui apparaît comme une large volonté multilatérale, elle va à l'encontre de cette position.
            De plus, cet armement n’a aucun avenir, pour des raisons :
            - techniques, parce qu’il faudrait moderniser les bases accueillant ces armes, afin d’éviter des risques d'accident ou d’action terroriste ;
            - économiques, parce que la Belgique et l'Allemagne sont dans l'obligation d'acheter de nouveaux bombardiers, très coûteux, pour lesquels ces pays ne sont pas prêts à engager la dépense ;
            - politiques, parce que l’opinion publique est très favorable à ce retrait en Allemagne, en Belgique et en Norvège.
            Deux organisations internationales influentes ont lancé des appels en ce sens, auxquelles je me suis associé. C’est le cas du mouvement « Global Zero »[1] et du réseau ELN[2], qui vient de rendre public un texte signé par 45 personnalités européennes.
            Si la France, en rupture avec la politique suivie par N. Sarkozy, appuyait la demande des pays favorables, au sein de l’OTAN,  au retrait d’Europe des armes nucléaires tactiques américaines (ANT), cela marquerait une sorte de renaissance de la diplomatie de la France en matière de désarmement. De plus, l’axe franco-allemand serait renforcé, notamment dans le domaine de la défense.           
    
La défense antimissile
            Cette question fait partie des obsessions américaines depuis au moins 30 ans. On se souvient par exemple du projet pharaonique d’IDS (« Initiative de Défense Stratégique », plus connue sous le nom de « guerre des étoiles ») voulu par Ronald Reagan.
            Cette idée, abandonnée, d’un bouclier de protection des Etats-Unis contre toute attaque de missile balistique est revenue sous une forme édulcorée, mais toujours coûteuse. Pourtant, l’intérêt d’une défense anti missile, en complément ou en substitution de la dissuasion, fait toujours l’objet de débats, sans même parler de la réalité de la menace, qui n’est toujours pas clairement définie!
            Le projet de défense anti missile prévu par l’OTAN concerne les Etats –Unis, mais aussi la « protection des territoires et des populations des pays européens de l’Alliance ». Au sommet de Chicago, il est prévu, sur la demande des Etats-Unis, de déclarer une première capacité opérationnelle dite « intérimaire » du système, sur la base des capacités américaines, qui sont les seules existantes pour l’instant.
            Il est politiquement préoccupant que l’Europe reconnaisse ainsi qu’elle dépend pour sa protection d’un système purement américain. De plus, il apparaît clairement qu’une participation européenne et notamment française aux programmes d’alerte et d’interception est impossible à financer dans l’avenir proche.
            Tout au plus, il pourrait être envisageable, dès lors que les pays européens auront retrouvé des marges de manœuvre budgétaires, qu’une contribution collective européenne soit proposée, à condition qu’elle soit liée à une pleine participation des Européens aux programmes industriels et aux décisions.
            L’autre problème majeur que pose ce projet concerne la relation avec la Russie, qui se sent menacée et qui demande des garanties, au minimum par le biais d’échanges d’informations techniques, que le système ne sera pas dirigé contre eux. Dès lors que ces garanties ne limitent pas la liberté d’action des Européens, il n’y a pas de raison de les leur refuser. S’il est réélu, il semble d’ailleurs probable que Barack Obama envisage d’accorder à la Russie des garanties de ce type.
            En se prononçant plus fermement pour une politique de défense anti-missile compatible avec le maintien de bonnes relations avec la Russie, la France contribuerait à un environnement de sécurité favorable au développement des relations entre l’Union européenne et son voisinage oriental. Elle préserverait également les chances d’une coopération avec la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU. 
  
**********
            Une position claire et nouvelle de la France lors des débats de ce sommet de Chicago pourrait ainsi donner le départ d’une diplomatie plus engagée de notre pays en faveur de la paix et du désarmement, conforme au message de François Hollande dans sa campagne, lorsqu’il affirmait « Je veux porter haut la voix et les valeurs de la France dans le monde ».

[1] Créé en décembre 2008, Global Zero est le plus important mouvement international pour l’élimination des armes nucléaires. Soutenu par plus de 450 000 citoyens, Global Zero est appuyé par 300 personnalités, dont Richard Burt, négociateur en chef américain du traité de désarmement START 1, Malcolm Rifkind, ancien ministre britannique des affaires étrangères, Michel Rocard, le général Norlain ou Hans Blix. Le Président Barack Obama et le Secrétaire Général des Nations Unies Ban Ki-moon apportent également leur soutien à ce mouvement.
 
[2] ELN (European Leadership Network) est composé d’anciens responsables européens de la défense et des affaires étrangères, parmi lesquels on retrouve notamment Javier Solana, ancien secrétaire général de l’OTAN, Margaret Becket, ancienne ministre britannique des affaires étrangères, Volker Rühe, ancien ministre allemand de la défense, Massimo D’Alema, ancien premier ministre italien…..
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 15:28

 

cordes-sur-ciel.jpg

Cordes-sur-Ciel,
Grand Site de Midi-Pyrénées,
a été choisi et filmé pour une série
consacrée aux 40 villages de France,
parmi les plus beaux et les plus riches en patrimoine historique.
Ce film de 26' sera diffusé
sur ARTE :
le vendredi 18 mai 2012 à 18h00.


Regarder aussi le spot TV de la Région Midi-Pyrénées

 

Présentation du film:
     "Cette année nous allons découvrir quarante villages en France, durant 26’, parmi les plus beaux et les plus riches en patrimoine historique. Partir à leur découverte c'est ouvrir les portes de notre imaginaire et remonter le temps et l'Histoire... Certains sont devenus des lieux mythiques et d'autres se singularisent par leur position géographique ou par
un événement historique exceptionnel.
     C’est en compagnie de notre guide, Emmanuel Laborde et de son compagnon de voyage, le drone, que nous traversons la France. Cet outil technologique exceptionnel, s'inscrit comme un élément de narration à part entière. (....)
     Le
drone permet de filmer chaque village sous des angles surprenants, avec, grâce à sa caméra embarquée, des prises de vues étonnantes, d'une grande fluidité et créant des effets de surprise. Chaque village se révèle ainsi sous des angles inédits autant que spectaculaires.
      Sans jamais céder au folklore, Emmanuel,
avec son drone, nous fait découvrir les coulisses du village, dévoilent l’âme du lieu. Il rencontre des habitants, des historiens, des conteurs. Tous passionnés par leur village, au détour d’une ruelle, sur une place, ils nous en racontent l'architecture, les fêtes et traditions, les légendes et mystères, la faune et de la flore.

     Entre découverte et connaissance, cette nouvelle série va surprendre, émerveiller, donner du plaisir. Autant par le fond que par la forme, elle offre une vision originale et séduisante des villages de France."

 

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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 14:41

    Interviews de Paul Quilès
   

* sur France Inter (5')
Inter Treize du 10 mai 2012

* sur CFM Radio (11')
Le Mag 81


**********


2 photos (moins connues) de la soirée du 10 mai 1981

à la Bastille
Mitterrand à toi de jouerPQ--MR-et-le-JDD--en-N-et-B-.jpg
Voir aussi l'album

 

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Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 10:43
FM 1à maiFH
Interview de Paul Quilès
sur France 3 Sud
à la suite de l'élection de
François Hollande

Visionner
 
 
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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 16:52

Quilès VienneIntervention de Paul Quilès
au
Comité préparatoire de la conférence d’examen
du TNP (Traité de non prolifération),
qui s'est tenu à Vienne le 2 mai 2012
 

 

      

     Il y a 22 ans, le Mur de Berlin tombait. Cet évènement majeur, suivi du démantèlement du bloc soviétique, mettait fin à la bipolarisation du monde et marquait une rupture majeure sur la scène internationale.           

 

      Pourtant, aucune nouvelle doctrine de sécurité n’a véritablement émergé de cette mutation géopolitique profonde. Force est de constater, par exemple, que la dissuasion nucléaire - qui consiste à exposer son adversaire à un risque de destruction massive - reste le pilier des politiques de défense de la France et la Grande-Bretagne.

 

         Hier, le contrôle des armes nucléaires symbolisait la volonté de maintenir un équilibre –même fragile- entre les blocs de l’Est et de l’Ouest.

 

         Hier, une certaine pertinence stratégique des armes nucléaires pouvait se concevoir.

 

         Aujourd’hui, les menaces auxquelles nous devions faire face sont à ranger au nombre des peurs du passé et la théorie de la dissuasion nucléaire n’est plus adaptée au monde en mouvement de ce début de 21ème siècle. Aujourd’hui, c’est l’existence même des armes nucléaires, couplée au risque de prolifération et de terrorisme nucléaire, qui constitue paradoxalement la plus grande menace.

 

         C’est plus par le multilatéralisme et les traités (comme le TNP) qu’on  combattra la prolifération nucléaire que par la dissuasion. De plus, établir un lien entre la possession de l’arme nucléaire et « le statut de grande puissance », comme on l’entend souvent, peut inciter certains pays à tenter de s’en équiper, alors que le but du TNP[1], ratifié par la quasi-totalité des membres de l’ONU (189), est au contraire d’aller vers une disparition des armes nucléaires.

 

         Aujourd’hui, la nouvelle donne internationale et son lot d’instabilités politiques profondes plaident pour faire de l’élimination des armes nucléaires le fer de lance d’une nouvelle doctrine de sécurité internationale.

 

         Malgré cela, le maintien des armes nucléaires n’est pas vraiment mis en cause, avec des formulations quasi incantatoires et peu de questionnements. Tout en les présentant à leurs peuples comme une garantie absolue de sécurité, les gouvernements des Etats dotés de l’arme nucléaire continuent à considérer leurs arsenaux comme un outil de prestige. En les possédant, ils ont le sentiment de détenir un statut de grande puissance.

 

         La nouvelle génération croit au contraire en un monde dans lequel la promotion du désarmement nucléaire confère plus de pouvoir politique et de prestige que la possession d’arsenaux surdimensionnés, dangereux et coûteux. C’est précisément parce qu’elle peut s’affranchir des inquiétudes passées que cette génération qui n’a pas connu la Guerre froide est capable de trouver un langage nouveau et de proposer une nouvelle démarche.

 

         Elle ne croit pas en la stabilité éternelle des Etats dotés de l’arme nucléaire. Elle a compris que les armes nucléaires dont elle hérite ne l’aideront pas à répondre aux désordres du monde du 21ème siècle : le terrorisme, la crise économique et financière, la pollution et le réchauffement climatique, la pauvreté, les épidémies… Elle s’indigne d’entendre parler de coupes budgétaires qui affectent les dépenses sociales, alors qu’elle sait que la charge financière globale des arsenaux dépasse 700 milliards d’euros pour la prochaine décennie.

 

         Faire évoluer les mentalités est un devoir stratégique et moral commun. Pour la première fois depuis des décennies, cette thématique trouve un écho auprès des jeunes. Comme eux et pour eux, je soutiens l’appel de Global Zero en faveur des premières négociations multilatérales de l’histoire pour l’élimination progressive et contrôlée des armes nucléaires. Les chefs d’Etats européens doivent s’engager à prendre part à ces négociations pour faire de la Guerre Froide un vestige du passé et ainsi laisser en héritage un monde sans armes nucléaires.   

 

       Pour ce qui concerne mon pays, la France, je crois qu’il pourrait contribuer au désarmement nucléaire en prenant un certain nombre de mesures (de préférence conjointement avec les autres pays membres de l’Union européenne).

        

       1.   Reconnaître expressément que l’arme nucléaire a perdu la fonction fondamentale qu’elle exerçait pendant la guerre froide dès lors que l’Europe n’est plus exposée à une menace d’agression massive.

 

         Dans le discours français actuel, l’arme nucléaire est « l’ultime garantie de l’indépendance nationale de la France et de son autonomie de décision stratégique ». Or, il est évident que, dans le monde d’aujourd’hui, il serait illusoire de vouloir fonder la sécurité de la France principalement sur la détention de l’arme nucléaire. Cette sécurité repose surtout à présent sur l’appartenance de notre pays à l’Union européenne et, au-delà, sur son insertion dans un réseau d’alliances, d’accords et de relations d’interdépendance qui garantissent la stabilité de son environnement.

 

         A cet égard, il est regrettable que le concept stratégique adopté par l’OTAN à Lisbonne en novembre 2010 ait conservé la formule selon laquelle « la garantie suprême de la sécurité des Alliés est apportée par les forces nucléaires stratégiques de l’Alliance ». Même si l’arme nucléaire joue un rôle dans la sécurité globale des Alliés, on ne peut plus considérer à présent que ce rôle est « suprême ». Il n’est tout au plus que complémentaire d’autres dispositifs non-nucléaires de sécurité militaires ou politiques. L’OTAN n’est plus, s’il elle l’a jamais été, sous la menace permanente d’une agression qui ne pourrait être conjurée que par le maintien en alerte d’un arsenal nucléaire considérable et son assignation à des cibles désignées.

 

 

      2.  Redéfinir en conséquence le rôle de l’arme nucléaire dans la stratégie de sécurité nationale.

 

         L’hypothèse d’une agression massive contre les intérêts vitaux de la France par des moyens classiques est devenue improbable. Seule une attaque menée avec des armes de destruction massive (en pratique une attaque nucléaire) justifierait, dans la situation présente, une riposte nucléaire. L’arsenal nucléaire de la France ne dissuade donc de fait que les agresseurs éventuels qui choisiraient d’avoir recours contre elle à l’arme nucléaire.

 

         Les armes biologiques et chimiques ne paraissent pas actuellement pouvoir exercer des effets de destruction comparables à l’arme nucléaire. Il n’en reste pas moins que le nucléaire pourrait encore garder la capacité de dissuader d’éventuels agresseurs d’employer de telles armes, tant qu’elles n’ont pas été éliminées sous contrôle international. En ce qui concerne l’arme chimique, le désarmement a considérablement progressé. Seul le Moyen Orient  pose encore problème, du fait de l’existence de l’arme israélienne. En matière de désarmement biologique, pratiquement tout reste à faire, en partie à cause de réticences américaines.

 

         Il serait en tout état de cause conforme à la réalité stratégique actuelle que la France cesse de déclarer qu’elle se réserve la possibilité (en application de son droit de légitime défense prévu par l’article 51 de la Charte des Nations Unies) d’avoir recours à l’arme nucléaire contre toute attaque menaçant ses intérêts vitaux, quelle que soit la forme de cette attaque. En réalité, la menace d’emploi de l’arme nucléaire ne peut être crédible que si elle est uniquement destinée à dissuader un éventuel agresseur d’employer des armes de destruction massive, c’est-à-dire en pratique, dans la situation actuelle, des armes nucléaires.

 

 

     3.  Examiner la possibilité de souscrire à un engagement de non usage en premier de l’arme nucléaire.

 

         Cet engagement n’a pas été pris du temps de la guerre froide en raison de la supériorité du Pacte de Varsovie dans le domaine des armements conventionnels. La nouvelle situation stratégique pourrait permettre un changement de doctrine à cet égard.

 

         Le processus actuel de revue de la « posture de dissuasion et de défense de l’OTAN » pourrait en être l’occasion. L’hypothèse d’une offensive conventionnelle massive dirigée contre les pays européens est devenue invraisemblable et le seul argument qui pourrait justifier le maintien d’une capacité nucléaire dans les forces de l’Alliance est l’existence des forces nucléaires, tactiques et stratégiques russes. Dans ces conditions, l’Alliance devrait déclarer que le seul but (« sole purpose ») des armes nucléaires est de dissuader un éventuel agresseur d’employer à son encontre des armes nucléaires. Les puissances nucléaires de l’Alliance, et en particulier la France, doivent corrélativement prendre un engagement de non-usage en premier de l’arme nucléaire.

 

 

     4.    Renforcer les « assurances négatives de sécurité » données aux pays non nucléaires.

 

         La France pourrait envisager d’accéder à la demande des pays non nucléaires tendant au renforcement des « assurances négatives de sécurité » qui leur sont données par les pays nucléaires.

 

         Il est vrai que, le 6 avril 1995, la France a donné, conjointement avec les autres puissances nucléaires reconnues au sens du TNP, l’assurance aux Etats non nucléaires parties au TNP qu’elle n’utiliserait pas d’arme nucléaire contre eux, sauf en cas d’invasion ou toute autre attaque contre elle, contre un pays allié ou contre un Etat dont elle s’est engagée à défendre la sécurité, dès lors que cette invasion ou attaque seraient menées en alliance ou en association avec un Etat nucléaire.

 

         Il semble qu’il serait plus conforme aux réalités actuelles de donner à cet engagement une forme moins restrictive. La France pourrait s’engager, comme l’ont fait les Etats-Unis, à ne pas employer son armement nucléaire contre les Etats non-nucléaires parties au TNP et qui en respectent les obligations. Une réserve pourrait éventuellement être faite concernant l’éventuel recours par un Etat non-nucléaire à des armes biologiques ou chimiques.

 

 

    5.   Accepter explicitement la perspective d’un monde libre d’armes nucléaires.

 

         La France pourrait, à l’instar du Royaume Uni, se rallier explicitement à la perspective d’un monde sans armes nucléaires, à une double condition :

 

- la mise en œuvre d’un processus vérifié et ordonné de réduction, jusqu’à leur élimination, des arsenaux nucléaires existants détenus par toutes les puissances nucléaires ;

 

- le renforcement du régime de non prolifération de manière à empêcher, au besoin par la contrainte, toute apparition d’un nouvel État nucléaire.

 

 

     6.    Améliorer la transparence des arsenaux existants.

 

         La France pourrait, également à l’exemple du Royaume Uni, s’engager dans une politique de transparence accrue concernant le niveau et la nature de ses propres arsenaux nucléaires. Les deux pays pourraient engager les autres puissances nucléaires à faire de même.

 

 

      7.    Accepter des contraintes négociées sur le niveau et la nature des armements nucléaires détenus par la France.

 

         Compte tenu de la disproportion entre les arsenaux nucléaires détenus par la Russie et les États‑Unis d’une part[2] et les autres puissances nucléaires d’autre part, il est difficile d’envisager à ce stade que la France entre dans une négociation de désarmement nucléaire. Une réduction négociée des armements nucléaires français supposerait que la Russie et les États‑Unis aient réduit leur nombre de têtes nucléaires de toute nature à un niveau de l’ordre d’un millier.

 

         La France pourrait toutefois s’engager, au besoin par traité, à geler le niveau de son armement, en réduisant l’ampleur des modernisations en cours (missile M 51), voire en les remettant en cause (tête nucléaire océanique) ou encore en renonçant à la composante aérienne de ses forces nucléaires.

 

              

   8.    Se prononcer en faveur d’une négociation américano‑russe sur l’élimination des armes nucléaires tactiques.

 

         La France pourrait appuyer la demande des pays favorables, au sein de l’OTAN, au retrait d’Europe des quelque 180 armes tactiques américaines actuellement destinées à armer des avions de combat européens. Ce retrait pourrait être conditionné à l’acceptation par la Russie d’une négociation avec les États‑Unis sur un processus de désarmement nucléaire qui engloberait les armes tactiques.        

 

         La proposition faite par certains de retirer dans un premier temps les armes nucléaires tactiques américaines d’Europe peut être une sorte de « porte d’entrée » dans l’incontournable négociation multilatérale sans laquelle le désarment nucléaire ne se fera pas. (Voir à ce propos la position du mouvement « Global Zero », que j’approuve et dont j’ai signé l’appel)

 

 

       9.      Organiser une démarche européenne auprès des États‑Unis pour leur demander instamment de ratifier le traité TICE d’interdiction des essais nucléaires.

 

         En faire un thème majeur des discussions transatlantiques. Il se pourrait d’ailleurs que, s’il était réélu, le Président Obama reprenne ses démarches auprès du Sénat américain pour qu’il accepte de ratifier le TICE.

 

 

   10.     Encourager, dans un cadre européen, l’ouverture immédiate de négociations sur l’institution d’une zone dénucléarisée au Moyen Orient.

 

         Le principe de ces négociations a été accepté lors de la conférence d’examen du TNP de 1995. Il a été réaffirmé lors de la conférence d’examen de 2010. Il est essentiel à la consolidation du régime de non-prolifération que ces décisions soient suivies d’effets.

 

 

   11.     Faire pression, dans un cadre européen, sur les pays (notamment le Pakistan) qui s’opposent à l’ouverture immédiate de négociations sur un traité d’arrêt de la production de matières fissiles à des fins militaires.

 

         Promouvoir dans ce contexte l’idée d’une internationalisation du cycle du combustible nucléaire.

 

 

                                                   ******************

 

         Naturellement, ces propositions n’engagent que moi, mais j’espère pouvoir convaincre les nouveaux responsables de la politique française….après le 6 mai prochain !


[1] TNP : Traité de Non Prolifération, signé le 1er juillet 1968. La conférence d’examen du TNP du 28 mai 2010 a élaboré un plan d’action sur les 3 volets du traité (désarmement, non prolifération, nucléaire civil) et prévu une réunion en 2012 sur la création au Moyen-Orient d’une  ZEAN (Zone Exempte d’Armes Nucléaires).

[2] La Russie et les États‑Unis détiennent plus de 95 % des arsenaux existants.

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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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6 mai 2012 7 06 /05 /mai /2012 16:05
Bastille-81.jpgUne interview de Paul Quilès sur la fête de la Bastille,
qui vient d'être mis en ligne

 

Extrait:


      Place de la Bastille, des projecteurs, des barrières métalliques et des chapiteaux ont été installés dès hier. Au Parti socialiste, le bruit circule depuis quelques jours que c'est là, comme au soir du 10 mai 1981 après l'annonce de la victoire de François Mitterrand, que pourrait se fêter celle de François Hollande.

 

"Paul Quilès, vous étiez en 1981 le directeur de campagne de François Mitterrand. A l'époque, savait-on déjà dès le début du week-end qu'une fête aurait lieu place de la Bastille en cas de victoire ?

     

      Non, la préparation de la fête à la Bastille s'est faite beaucoup plus discrètement en 1981. Les choses se sont passées de la manière suivante : un peu avant 18 h 30, Jérôme Jaffré, de la Sofres, m'informe que Mitterrand sera élu, que les fourchettes sont telles qu'il n'y a plus aucun risque que la tendance s'inverse. Juste après, je préviens Mitterrand, qui est à Château-Chinon, à l'hôtel du Vieux-Morvan. Il reste impassible, me demande de ne pas m'emballer, du Mitterrand tout craché. Autour de moi, il y a Lionel Jospin, Laurent Fabius, Jacques Attali et quelques autres. Certains pleurent."  (......)

                                                                                             Lire l'interview

 

 

 

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Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 15:24
Capitole.jpgFH.jpg     
     
En rentrant hier soir du beau meeting de Toulouse sur la place du Capitole, j'avais en mémoire les images de ferveur de cette foule joyeuse qui espère fêter dimanche la victoire de François Hollande, annonciatrice du changement tant attendu.

     Les plus jeunes, qui ont entendu les anciens raconter "leur" 10 mai, voudraient à leur tour pouvoir vivre "leur" 6 mai. 
C'est ce que je leur souhaite....et que je nous souhaite à tous.

    
En "avant goût" de ce moment que nous attendons tant, voici quelques réflexions sur le sens de la victoire du 10 mai 1981, qui formaient la conclusion du livre que j'ai écrit l'an dernier avec Béatrice Marre ("On a repris la Bastille").
                                                                 
        10-mai.jpg        "Dans l’esprit de plusieurs générations, le 10 mai 1981 demeurera sans conteste une référence historique et la date d’une journée mémorable. Tous ceux qui ont participé à la liesse populaire de la « soirée de la Bastille » qui l’a conclue en garderont un souvenir ému.
 
            Les jeunes qui venaient d’accéder à l’âge de voter se souviendront du formidable enthousiasme de la fête et de leur espérance que cette victoire permette, comme le disait le slogan des socialistes, de « changer la vie ».
 
            La joie des militants de gauche, qui s’étaient battus pendant tant d’années, faisait plaisir à voir. Ils avaient presque fini par douter que la droite puisse être battue, en intériorisant la formule de Jacques Chirac, qui ironisait sur la gauche « excellent critique musical….mais demande-t-on à un critique musical de diriger un orchestre ? »
 
            Les plus anciens se souviendront de leur émotion en réalisant que la dernière grande victoire de la gauche remontait à 1936, 45 ans en arrière ! Je revois encore ce vieil homme, quelques jours plus tard, qui faisait ses courses sur le marché Maison Blanche, dans mon 13ème arrondissement. Il me reconnaît, s’arrête et se met à me raconter sa soirée du 10 mai : « Vous savez, je suis veuf, je vis seul dans mon HLM. Dimanche soir, je préparais mon dîner dans la cuisine, quand j’ai entendu à la radio, à 20h, que Mitterrand avait gagné. Alors, je me suis assis et j’ai pleuré. J’ai pleuré de bonheur, parce que, rendez vous compte, j’attendais ça depuis 36 ! Alors  je me suis dit : ’’maintenant, tu peux mourir’’ »
 
            Bien sûr, certains ne manquent pas de mettre en parallèle les espérances soulevées par cette victoire et les désillusions de certaines périodes de la gauche au pouvoir. Il n’est pas de mon intention de réaliser ici l’inventaire des erreurs ou des insuffisances qui ont marqué les deux septennats de François Mitterrand.
 
                Beaucoup a été dit à ce sujet et, si certaines critiques me paraissent fondées, d’autres ne sont pas empreintes de la nécessaire honnêteté qui consiste à replacer les évènements et les actes dans le contexte de l’époque. Force est de constater en effet que certains oublis, voire quelques réécritures de l’Histoire, empêchent parfois de comprendre pourquoi et comment, le 10 mai 1981, François Mitterrand est devenu Président de la République, alors que tant de forces s’opposaient à lui et que sa stratégie était contestée, y compris dans le camp de la gauche*
 
            Quel que soit le jugement que l’on porte sur le bilan de l’action de François Mitterrand, personne ne peut nier que la victoire du seul président de gauche élu jusqu’ici par les Français et l’action de ses gouvernements ont marqué la France de la fin du XXème siècle.
 
            On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a considérablement bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, toujours dominée par l'hyper puissance américaine, a vu se renforcer l’influence de nouveaux acteurs. Le mur de Berlin est tombé depuis plus de 20 ans. Récemment, d’autres craquements se sont fait entendre, avec les révolutions qui ont embrasé le monde arabe. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives religieuses et le terrorisme mondialisé. En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué.
   
            En dépit de ces changements, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense notamment au rôle qu’il attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.
 
            Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si les difficultés économiques et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin. 
    
            Quant à la méthode qui fut celle de François Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, elle me semble totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent de rassembler (les socialistes, la gauche, les Français). Son dernier message aux socialistes ** résonne encore à mes oreilles : « Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut ».
 
            Aujourd’hui, je suis étonné et souvent attristé de voir à quel point la gauche semble avoir du mal à s’inspirer de cette stratégie, qui n’a pourtant pas perdu de sa pertinence.  En 2011, comme il y a 30 ans, la France a besoin d’espoir et nos concitoyens sont en attente de véritables changements.
 
            Ils supportent en effet de moins en moins les injustices criantes de cette société et ils voient bien que la jeunesse est en panne d’avenir, que les classes moyennes sont désemparées, que la précarité s’accroît, que la laïcité est contestée, que la voix de la France est affaiblie et parfois inaudible.
 
            Pour autant, leur volonté de sanctionner la droite et le pouvoir en place risque de ne pas suffire à la gauche pour l’emporter. Ses divisions entretiennent la confusion, la focalisation sur les combats de personnes accroit la défiance et l’absence de plateforme commune portant une alternative décourage les couches populaires, laissant le champ libre à des idéologies inquiétantes. 
 
            Avec nos alliés écologistes et toutes les forces vives de la gauche, nous devons convaincre de notre capacité à transformer en profondeur la société, les conditions de vie et notre mode de développement. D’où la nécessité du rassemblement, sans lequel aucune victoire électorale n’est possible. D’où l’urgence aussi de la formulation d’une véritable alternative de pensée et de gouvernement.
 
            Même si le contexte politique a évolué, les « fondamentaux » de la stratégie de François Mitterrand me semblent être encore aujourd’hui les conditions de la réussite pour la gauche : le choix des personnes ne doit pas précéder l’élaboration du projet ; les sondages ne doivent pas être la boussole des décisions ; le rassemblement de la gauche doit être recherché en permanence. L’élection de François Mitterrand a également fait la preuve éclatante que ce n’est pas la popularité qui fait l’élection….mais la victoire qui rend populaire !
 
            Celles et ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité. C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs, qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, semblant parfois froid et distant, avait la capacité rare de mobiliser et d’entraîner les hommes.
 
            Je souhaite que les responsables politiques de la gauche sachent s'inspirer de la leçon du 10 mai 1981, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays. Alors, peut-être, une grande fête populaire sera donnée le 6 mai 2012, mais cette fois…..place de la République ! "

* Le 8 mai 1981, dans l’avion qui nous ramenait du dernier meeting de campagne à Nantes, alors que je lui disais : « Je suis convaincu que vous allez gagner dimanche », François Mitterrand, sans contester ma prévision, me répondit, très ému: « Vous rendez-vous compte de ce que cela signifiera, cette victoire, avec toutes les forces qui étaient coalisées contre nous ? C’est incroyable. »
 
** Ce message de François Mitterrand aux socialistes a été délivré au cours du congrès du PS de Liévin des 18, 19 et 20 novembre 1994.
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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 07:55

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                    Tribune de Paul Quilès publiée sur le site du Monde.fr


          Par bien des aspects, la campagne pour l’élection présidentielle à laquelle nous assistons présente des similitudes avec celle de 1981, qui vit l’affrontement entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand.
    

 

            Pour ne prendre que l’exemple du climat de l’entre 2 tours, je retrouve la même tactique de la droite, qui consiste à agiter les peurs, à lancer des rumeurs, à multiplier les attaques personnelles. En 1981, il s’agissait surtout de faire croire que François Mitterrand était « prisonnier des communistes ». C’était depuis des années la rengaine de la droite, qui allait jusqu’à affirmer que les chars russes étaient braqués sur Paris. Michel Poniatowski, ministre de l’intérieur, n’avait pas hésité à dire : « Ce qui nous sépare du régime de protectorat militaire, c'est une élection et 300 kilomètres ».

      

            Le ridicule de tels excès, dont le principe est que « plus c'est gros, plus ça frappe », peut faire sourire, sauf que nous assistons aujourd’hui à la mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et ses amis de l’UMP des mêmes recettes, faisant toujours appel au triptyque « peurs, rumeurs, attaques personnelles ».

  

             Prenons par exemple le thème mis soudainement en avant par le président sortant pour draguer les électeurs du FN : le vote des immigrés.

 

                 Que disait Nicolas Sarkozy en 2001, dans son livre (« Libre ») ? «A partir du moment où les étrangers non communautaires paient des impôts, où ils respectent nos lois, où ils vivent sous notre territoire depuis un temps minimum, par exemple de cinq années, je ne vois pas au nom de quelle logique nous pourrions les empêcher de donner une appréciation sur la façon dont est organisé leur cadre de vie quotidien.» Il se souvenait probablement que, depuis le traité de Maastricht (septembre 1992), les ressortissants de l’Union européenne avaient le droit de vote aux élections européennes et municipales.

 

                 Et en 2005, alors qu’il était ministre de l’Intérieur, que disait-il ? « J'ai considéré que le droit de vote aux seules municipales, pour des étrangers présents depuis dix ans sur le territoire national, respectant nos lois, payant leurs impôts et ayant des papiers était une question qui devait être ouverte. En ce qui me concerne, j'y suis favorable».

 

                 En 2008, le voilà qui récidive et se déclare « intellectuellement favorable à ce droit », en regrettant qu’il n’y ait « pas de majorité pour le faire passer ». Il avait alors certainement noté que, dans 12 pays européens, les étrangers non membres de l’Union européenne pouvaient voter[1],

  

             Comment ose-t-il alors, avec un culot sans pareil, affirmer aujourd’hui : « Je crois depuis longtemps que le droit de voter et le droit d’être élu (…) demeure un droit attaché à la nationalité française » ? Ah bon, « depuis longtemps » ! Plutôt depuis le soir du 1er tour…..

      

            A l’évidence, ses contradictions, voire ses mensonges ne le gênent pas et, tel un boxeur acculé dans les cordes, il se démène et va continuer à le faire, en n’hésitant pas à porter des coups en dessous de la ceinture, comme on l’a vu depuis quelques jours. Il faut souhaiter que l’arbitre, en l’occurrence le peuple français, saura sanctionner son attitude.

 

                Cet exemple -parmi beaucoup d’autres- des dérapages de Nicolas Sarkozy confirme la véritable nature de ce qu’il faut bien appeler le sarkozysme. Entendons-nous bien, il ne s’agit pas d’un système de pensée ou d’une idéologie, même s’il emprunte pas mal de ses idées au libéralisme. Le sarkozysme est avant tout un comportement, dont les caractéristiques sont : l’opportunisme permanent, le mouvement, incessant et désordonné (une annonce chasse l’autre, au gré des situations), la contradiction assumée (il prétend être « hors système » et parler au nom du peuple….alors qu’il baigne dans le monde de l’argent), l’utilisation d’une technique qui consiste à opposer les Français entre eux.

      

            Quoi d’étonnant dans ces conditions de constater le désamour des Français à l’égard de ce président, qui a manqué de respect à leur égard comme à l’égard de l’Etat, de la fonction présidentielle, de la laïcité, de la démocratie et de l’image même de la France ? Il est difficile d’aimer quelqu’un qui ne vous respecte pas.

      

            Le 6 mai sera l’occasion pour les Français de permettre la mise en œuvre d’une nouvelle politique avec François Hollande, mais aussi de faire payer à Nicolas Sarkozy le prix de son irrespect, en fermant ce qui restera la parenthèse du sarkozysme.   


[1] avec les mêmes dispositions que celles proposées par François Hollande.

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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 16:33

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      Dans leur affolement, sentant le sol se dérober sous leurs pieds, N. Sarkozy et l’UMP ont adopté la tactique mortifère de la « terre brûlée » et on voit mieux maintenant à quoi ressemblerait notre pays si le cauchemar d’une réélection de N. Sarkozy se produisait.

 

      Non contents de déverser des tombereaux d’injures, de calomnies et de mensonges sur François Hollande, ils se sont lancés dans une quête désespérée des voix du FN. Non seulement cette course à l’extrême droite est indécente, mais je suis convaincu qu’elle sera inefficace. La liste des réactions négatives de responsables de droite et du centre s’allonge chaque jour un peu plus et elle vient de s’enrichir de celle d’une personnalité dont la prise de position est sans ambigüité.

     

      Jugez plutôt :

    

      "Présomption de légitime défense ? C'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! Il [N. Sarkozy] perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit ! C'est comme dans le bunker de 1945." (François Pinault, homme d’affaires, proche de J. Chirac)

     

      N. Sarkozy a voulu nous faire croire qu’il était allé à Fukushima, qu’il avait assisté à la chute du mur de Berlin. Il va bientôt pouvoir se convaincre qu’il a vécu le naufrage du Titanic, tant les nombreux départs de ceux qui quittent le navire semblent annoncer le naufrage imminent!

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez