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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 00:02

     explosion-nucleaire.jpg     Il était question du désarmement nucléaire l’autre soir à Albi[1]. Ce ne devait pas être un sujet très médiatique, puisque les médias n’étaient pas là….Pourtant, l’amphithéâtre de la Fac était bondé et, pendant toute la soirée, on a entendu les représentants des partis de gauche exprimer leur point de vue et débattre avec la salle, parfois avec passion, de la paix, de la guerre, de l’armement nucléaire, de l’ONU, de l’OTAN….

     Certains ironisent sur la prétendue inutilité de telles manifestations et le caractère parfois incantatoire de quelques proclamations auxquelles elles donnent lieu. Ils ont tort, car le débat est toujours utile en démocratie, particulièrement lorsque le sujet abordé ne fait pas partie des « figures imposées » par le monde médiatique et auxquelles se plie trop souvent le monde politique.

     Pour ma part, j’ai essayé de replacer la question dans son contexte historique, rappelant l’espoir qu’avait fait naitre la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989 : celui de la fin de la course aux armements[2]et de l’ouverture d’une période favorable à la paix et au développement de la démocratie. Espoir déçu, lorsqu’on observe la succession impressionnante de conflits qui ont ravagé le monde depuis 22 ans : Serbie, Kosovo, Rwanda, Tchétchénie, Irak, Géorgie, Afghanistan, Israël/Palestine, Soudan, Région des Grands Lacs…..

     J’ai souligné que, plus que jamais dans la période de grave crise que traverse le monde, il va falloir que les gouvernants sachent faire preuve :

- de leur capacité à apporter des réponses claires à des populations inquiètes et de plus en plus excédées par les inégalités et les injustices, afin d’éviter qu’elles écoutent, comme en d’autres temps, les sirènes de la démagogie et de l’autoritarisme ;

-  d’une grande prudence dans les relations internationales ;

- d’une ferme volonté d’explorer toutes les voies qui apaisent les conflits : l’aide au développement, le soutien à la démocratie, le désarmement.

     Concernant ce dernier point, j’ai constaté que, malgré des avancées réelles en termes de réduction des arsenaux nucléaires[3], le processus de désarmement avançait trop lentement et que de nombreux blocages subsistaient.

     En particulier, la question de la pertinence de la dissuasion nucléaire devrait se poser, dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. Cette stratégie était, par excellence, l’instrument de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest, mais l’état des risques et des menaces n’a aujourd’hui plus rien de commun avec ce qu’il était dans la période de la Guerre froide.

     Par contre, les principales menaces pour la sécurité du monde sont celles du terrorisme et de la prolifération nucléaire, qui appellent d’autres réponses que l’armement nucléaire (application du TNP[4], contrôle de la production d’uranium enrichi et de Pu, création de ZEAN[5], mise en vigueur du traité d’interdiction des essais nucléaires, convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire….)

 

     Le désarmement nucléaire est donc une nécessité, non seulement parce que cette arme est inutile et coûteuse (100 milliards $/an, pour les 9 pays détenteurs de l'arme nucléaire), mais aussi parce qu’elle est dangereuse. On sait en effet maintenant qu’au cours de la Guerre froide, son emploi a été envisagé à une vingtaine d’occasions et qu’à 2 reprises (crise de Cuba en 1962, guerre du Kippour en 1973), il s’en est fallu de peu que des frappes nucléaires soient mises en œuvre !

     Le désarmement nucléaire ne se réalisera effectivement que si les pays nucléaires –dont la France, trop timide jusqu’ici- engagent des démarches multilatérales, se fixent des étapes et acceptent la mise en place de systèmes de garantie et de vérification.

     Il faudra aussi que les opinions publiques, seules capables d’influencer les décideurs (les politiques, mais aussi le lobby militaro- industriel …qui conseille les politiques), se mobilisent, ce qui suppose que soient dénoncés les « faux consensus », notamment sur « l’assurance-vie » que représenterait l’armement nucléaire.

     C’est parce que je suis convaincu de la nécessité de cette action que j’approuve la démarche de Global Zero (lire mon discours à Los Angeles ) et celle d’ELN, réseau de personnalités européennes qui agissent en ce sens.
    
C’est aussi pour cette raison que j’ai rejoint il y a 2 ans les « maires pour la paix » . Ce réseau, qui comprend une centaine de communes en France   et qui en rassemble 5000 au niveau mondial, a comme objectif de promouvoir une « culture de paix » et de relayer les campagnes internationales en faveur d’un monde sans arme nucléaire.
________________________________________________________


[1] Réunion publique à l’invitation de l’Appel des Cent, du COT et du MAN, animée par Patrice Bouveret, Directeur de l’Observatoire des armements.

[2] Le nombre de têtes nucléaires a triplé en 30 ans, entre 1960 et 1990.

[3] Les arsenaux nucléaires sont passés en 20 ans de 70 000 armes à 23 000….ce qui représente encore l’équivalent de 450 000 bombes d’Hiroshima !

[4] Traité de Non Prolifération

[5] Il existe actuellement 6 ZEAN (Zones Exemptes d’Armes Nucléaires). Une réunion des signataires du TNP doit se tenir en 2012 pour examiner la faisabilité d’une ZEAN au Moyen Orient (voir « le danger du nucléaire au Moyen-Orient » )

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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 10:24

conseil-securite-copie-4.jpgCette tribune  
de Paul Quilès, ancien ministre et Alexandra Novosseloff,
chercheur-associée au Centre Thucydide de l’Université Paris-Panthéon-Assas,
auteurs de « Face aux désordres du monde » (2005),
    vient d'être publiée sur le site Le Monde.fr

               
          Trop souvent, le débat public se réduit à des caricatures destinées à nourrir des affrontements simplistes, à agiter des peurs et à discréditer des adversaires. C’est ce qu’on observe en ce moment avec la controverse sur le droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Essayons d’y voir clair et revenons d’abord sur l’origine de ce droit.
           Le système des Nations Unies, créé à San Francisco en 1945, repose sur le préalable de l’accord entre les grandes puissances. L’ONU n’aurait jamais existé si sa Charte n’avait pas contenu des dispositions permettant la légitime défense en cas d’attaque (article 51), mais aussi un droit de veto pour les cinq grandes puissances (article 27). La règle de l’unanimité ainsi instaurée évitait à l’une de ces puissances (USA, URSS, Chine, Royaume-Uni, France) de se retrouver engagée dans une action contre son gré, ce qui constituait une sorte de soupape de sécurité empêchant une escalade susceptible de faire exploser l’ensemble du système. 
            Le droit de veto a souvent été critiqué, non pas en tant que tel, mais plutôt pour l’usage abusif qui en a été fait, à l’encontre de l’esprit de son instauration, rappelé par Clement Attlee, le Premier Ministre britannique de l’époque[1]: « A San Francisco, (...) nous considérions tous le droit de veto comme quelque chose dont il ne serait fait usage en dernier ressort que dans des cas exceptionnels où les grandes puissances pourraient se trouver en conflit. Nous ne l’avons jamais conçu comme un expédient dont il serait fait constamment usage toutes les fois qu’une puissance déterminée ne serait pas complètement d’accord avec les autres »
            De fait, ce droit a été utilisé 272 fois entre 1946 et 1989 et seulement 28 fois depuis 1990, dont 17 fois par les Etats-Unis (presqu’exclusivement sur la question palestinienne), 6 fois par la Fédération de Russie et 5 fois par la Chine, jamais par le Royaume-Uni ou la France. Cette utilisation de plus en plus parcimonieuse a conduit certains à proposer la limitation de son usage, par exemple « lorsque des intérêts vitaux sont véritablement en jeu » et son interdiction « en cas de génocide ou de violation massive des droits de l’homme »[2]. Cette mise en avant de freins possibles à l’utilisation de ce droit élude la question de sa suppression, qui nécessiterait un accord de la part de ses détenteurs. Elle permet d’éviter un débat qui aurait à l’évidence de grandes chances de bloquer la réforme du Conseil de sécurité, toujours en discussion depuis maintenant vingt ans. De plus, il faut bien reconnaître que la menace du veto reste un outil diplomatique non négligeable dans la négociation des résolutions du Conseil. 
            Plus que le droit de veto, c’est l’élargissement du Conseil de sécurité qui constitue la question majeure. Comment donner à cet organe une meilleure représentativité et donc une plus grande légitimité et une plus grande autorité auprès de tous les Etats ? L’objectif est de mieux prévenir les crises et les conflits et de réduire la fracture entre les pays du Nord et ceux du Sud. La concrétisation de cette réforme bute sur la nécessité de trouver une formule alliant efficacité, rapidité, représentativité, légitimité et transparence. Il semble acquis que les grands pays émergents y soient représentés de manière permanente (Inde, Brésil), que l’Afrique ait deux sièges (mais celle-ci ne parvient toujours pas à se mettre d’accord sur leur nom[3]). Les gros contributeurs financiers (le Japon et l’Allemagne, anciens « Etats ennemis ») doivent également avoir leur siège permanent. Ces dispositions porteraient le nombre des membres permanents à 11 et feraient passer le Conseil de sécurité de 15 à 21 membres.
            Dans ce contexte, l’idée d’un siège pour l’Europe au Conseil de sécurité a été avancée, pour à la fois régler ce qui constituerait alors une surreprésentation des Européens (France, Royaume-Uni, Allemagne) au Conseil et pour renforcer la politique étrangère commune. Mais une telle idée n’aura pas de sens tant que les pays européens ne seront pas en mesure d’adopter rapidement des positions communes, tant qu’il n’existera pas d’instances de décision reconnues par l’ensemble des pays européens. Force est de constater qu’on en est encore loin. Il suffit de relire l’article 34 du Traité de Lisbonne, pour voir à quel point la pratique des Etats est éloignée des engagements pris [4], ce qu’a cruellement confirmé la cacophonie européenne au moment du conflit libyen! Notons aussi que, dans l’hypothèse –improbable – de création d’un tel siège, l’Union européenne serait la seule entité, au sein du Conseil de sécurité, à devoir se mettre d’accord à 27 avant de pouvoir se prononcer ou de prendre une décision. Autant dire que l’Union européenne serait désavantagée face à des partenaires du Conseil, dont les processus décisionnels nationaux seraient beaucoup plus rapides.
            Ces quelques réflexions ont pour seule ambition de montrer que, même dans les périodes électorales, il n’est pas interdit de prendre un peu de hauteur et de sortir d’une certaine paresse intellectuelle.  
_______________________________________________________________
[1]  Discours aux Communes (23 octobre 1946).
[2]  Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement, "Un monde plus sûr : Notre affaire à tous", A/59/565 (2 décembre 2004), §256.
[3] L’Egypte défend sa candidature au nom de la représentation des pays d’Afrique du Nord et des pays musulmans.
[4] Extraits de l’article 34 (ex- article 19 du TUE) : « Au sein des organisations internationales et lors des conférences internationales auxquelles tous les États membres ne participent pas, ceux qui y participent défendent les positions de l'Union» ; « Les États membres qui sont aussi membres du Conseil de sécurité des Nations unies se concerteront et tiendront les autres États membres ainsi que le haut représentant pleinement informés. Les États membres qui sont membres du Conseil de sécurité défendront, dans l'exercice de leurs fonctions, les positions et les intérêts de l'Union, sans préjudice des responsabilités qui leur incombent en vertu des dispositions de la charte des Nations unies. »
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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:15

       la--cit--.jpg Le club Gauche Avenir a initié, dès le printemps 2010, l’opération « l’arbre de la Laïcité », incitant les collectivités locales et les citoyens à planter un  arbre  pour témoigner de leur attachement à cette valeur essentielle de notre République. 

          Déjà en octobre 2009, Gauche Avenir avait organisé un forum, à l’issue duquel furent publiés un « livre noir de la laïcité » et un manifeste interpellant l’ensemble des forces de gauche et républicaines,  afin qu’elles reprennent avec force le combat laïque. En effet, plus que jamais la laïcité doit être défendue, sans devoir y accoler un quelconque adjectif visant la plupart du temps à en atténuer ou à en détourner le sens.

            Il est fondamental de ne pas laisser s’installer le dévoiement de ce principe et son instrumentalisation comme arme de division ou de stigmatisation de certains de nos concitoyens. L’actuel Président de la République a laissé se dégrader la situation dans notre pays, multipliant les déclarations inacceptables et les décisions gouvernementales régressives. C’est le cas avec des choix budgétaires favorables à l’enseignement privé au détriment de l’école publique, avec les mesures qui conduisent à la marchandisation et à la privatisation des services publics, notamment la santé et l’enseignement.  

              De telles entorses à la laïcité organisent le communautarisme de la société et compromettent l’unité de la Nation. Il faut ajouter à cela la publication du pseudo « code de la Laïcité et de la liberté religieuse » et la demande faite aux préfets de réunir dans chaque département une «  conférence départementale de la Laïcité et des libertés religieuses ». Les termes choisis témoignent de la remise en cause de l’idée même de laïcité. Les lois de 1905 et les républicains n’ont jamais voulu faire référence à la liberté religieuse mais à la liberté de conscience, qui est universelle ! Ces entorses marqueront le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

           Il est urgent de mobiliser largement les Français, pour que notre République retrouve ses fondamentaux, en particulier la neutralité de l’Etat et la Laïcité.

        C’est pourquoi le Club Gauche Avenir 

- demande aux pouvoirs publics que soit immédiatement mise en œuvre la résolution du Sénat, votée au printemps 2011 et instituant le 9 décembre (date du vote de la loi de 1905) comme Journée Nationale de la Laïcité ;

-  demande aux différents candidats de gauche et écologistes  de signer « le manifeste pour la Laïcité » publié à l’issue du Forum regroupant de très nombreuses personnalités politiques, syndicales et associatives convaincues qu’un sursaut  républicain et laïc s’impose ;

-  se félicite du succès croissant de l’initiative «  les arbres de la Laïcité » (déjà engagée dans 75 département et plusieurs centaines de communes) et appelle les élus, les citoyens et associations à amplifier ce mouvement.    

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 14:55

       Devant la montée de la crise économique mondiale, nous nous inquiétons et, à juste titre, nous nous posons des questions sur les conséquences, notamment sociales, qu'elle peut entraîner.
     Mais, au delà de la France, de l'Europe, des pays dits "développpés", il est d'autres crises qui touchent dramatiquement des centaines de millions d'êtres humains. Ne les oublions pas!

   
Voici par exemple le témoignage poignant
d'une militante de l'association
logo-mail2.jpg

 

      Aujourd'hui, 884 millions de personnes dans le monde n'ont pas accès à l’eau potable. Ce chiffre est énorme, et sans doute trop abstrait pour comprendre ce que cela représente dans le quotidien de millions de familles.
     Je reviens d’une mission au Tchad où j'ai rencontré des femmes et des enfants. Pour eux, la corvée d'eau représente :
     -  Plusieurs heures de marche, tous les jours, avec un bidon de 18 litres à porter.
     -  Une eau puisée dans un trou, là où les bêtes viennent aussi s’abreuver.
     -  Des maladies hydriques, des diarrhées qui peuvent s’avérer mortelles.
     Je vous propose de regarder ce diaporama photos , qui rendra plus concret ce chiffre de « 884 millions » et qui vous fera mieux comprendre le combat des équipes humanitaires de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL pour venir en aide à ces millions de personnes privées d'eau potable.
 

     Les solutions existent ! Pour Noël, offrons leur l’essentiel, offrons leur de l’eau potable !    

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:32

                      Nuit de la thermographie à Cordes le 13 décembre 2011
imageIR
               Votre habitation est-elle bien isolée? Quels travaux engager
                                                   en priorité? 

      La soirée du 13 décembre permettra à tous les habitants de la région de Cordes de prendre connaissance du dispositif d'accompagnement et de conseils personnalisés gratuits qui se met en place sur le Pays Cordais pour la réalisation d'économies d'énergie.

     A la suite de cette soirée, dès janvier 2012, des permanences gratuites pour des conseils sur les économies d'énergie, les énergies renouvelables, les aides financières, seront assurées, en partenariat par l'Espace Info Energie du Tarn et l'ADIL du Tarn.

Programme de la soirée

18h30 - 19h30 : Place du Sol Grand, devant l’ancienne école
Présentation du dispositif d’accompagnement - Parcours dans les rues du village avec observation des bâtiments par caméra thermique.

19h30 - 20h : Salle de conférences – Maison Fonpeyrouse (possibilité d’accès en voiture - parking dans la Cité ou sur les Lices)
Echange avec les habitants autour d’un buffet offert par la Communauté de communes du Pays Cordais.

20h - 22h : Présentation du dispositif d'accompagnement des particuliers suivie d'une conférence sur « Comment rénover son habitation sans se tromper ? » par un conseiller de l'Espace Info Energie du Tarn.

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 22:27

                                        Tribune publiée sur le site MEDIAPART

 Il paraît 2012.jpgque Nicolas Sarkozy ne serait pas encore candidat à la prochaine élection présidentielle et qu’il ne faut pas interpréter ses discours comme des propos de campagne. Ah bon ! Que faut-il alors penser de ce flot d’attaques violentes et de positionnements aussi tranchés qu’hasardeux du président sortant depuis quelques jours ?

     Il entend probablement décrédibiliser ses adversaires et faire la preuve (pense-t-il) de son sérieux, de sa cohérence et de ses qualités pour rester à l’Elysée. Et, afin de combler son retard dans l’opinion, il n’hésite pas à en rajouter sur les thèmes susceptibles de plaire à la partie de l’électorat sensible à la démagogie qu’affectionnent le FN et une partie de l’UMP.

     Il n’hésite pas non plus à réécrire l’histoire….y compris la sienne ! C’est ainsi que j’ai eu la surprise, lors de la réception de 2500 maires à l’Elysée, de l’entendre fustiger ceux qui, pendant 30 ans, «ont augmenté sans compter les dépenses publiques de fonctionnement au détriment de l’investissement » et «n’ont cessé d’augmenter le nombre de fonctionnaires ». Mais, Monsieur le Président, avez-vous oublié que vous avez été ministre pendant cette période, à trois reprises (Ministre du budget, de l’Intérieur, des Finances) et que vous avez donc participé, entre 1993 et 2007, aux actions prétendument irresponsables que vous dénoncez ? Il est vrai que ce n’est pas la première fois que vous êtes frappé d’amnésie….

     Une campagne présidentielle peut être l’occasion d’éclairer les Français sur les orientations et les choix qu’on leur propose, à condition que l’affrontement démocratique ne se confonde pas avec un combat confus, où l’on assène avec culot des fausses évidences, présentées comme des antidotes à des peurs que l’on attise par ailleurs. C’est en tout cas l’image qu’a donnée le chef de l'État, qui, selon la presse, «a sorti l'artillerie lourde pour pilonner l'accord entre le PS et les Verts sur la diminution de la part du nucléaire dans la production d'électricité en France

     Je suis sûr que, dans la campagne qui commence, nos concitoyens attendent de vrais débats et qu’ils ne se satisferont pas d’entendre chaque jour des perroquets savants leur réciter des slogans réducteurs et des formules à l’emporte pièce. Par exemple, parmi les questions qui engagent l’avenir, les réponses à la grave crise actuelle et le choix du modèle de développement sont des sujets qui ne devraient pas être traités avec les approximations de ce début de campagne.

     Il n’est pas certain d’ailleurs que l’élection présidentielle soit le meilleur moyen pour vérifier la nécessaire adhésion populaire que nécessiteront les décisions fortes à prendre dans ces deux domaines. Ici, le recours au référendum, précédé par une phase d’information intense et objective, serait certainement une voie plus adaptée. J’en ai déjà parlé, mais j'aurai l’occasion d’y revenir. 

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 11:10

     DM     
     Loin de l’ivresse si fréquente dans les cercles du pouvoir, Danielle Mitterrand a su rester elle-même tout au long de sa vie. Une vie faite d’engagements tenaces au service de causes et de luttes qu’elle défendait avec conviction et sincérité.

 

      Militante avant tout, elle n’était pas adepte du « politiquement correct ». Elle ne s’encombrait pas toujours de « préoccupations diplomatiques », ce qui a pu parfois la faire passer, à tort, pour naïve.

 

      Je garderai un souvenir fort de cette femme simple, chaleureuse et généreuse, qui ne se voyait pas comme « première dame de France », mais qui aurait aimé être, à sa façon, « la première militante de France ».

                                                                     
                                                                              Paul Quilès
 


     Voir mon interview
sur le site du Journal du dimanche

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 07:29

Cette tribune de Paul Quilès a été publiée par
Le Figaro du 17 novembre 2011
 

 

  Lire également l'exellente tribune de Julien Théron

"Israël-Iran: une confrontation armée inévitable?"

 

 

     nucleaire-Iran.jpgIl est rare que la sagesse des dirigeants des nations soit le principal moteur de l’Histoire. Et pourtant, le recours à cette vertu serait aujourd’hui indispensable pour éviter un redoutable embrasement du Moyen Orient. Bien sûr, ce n’est pas la première fois que cette partie du monde se trouve confrontée à conflit régional. Mais, cette fois-ci, la situation est inquiétante, compte tenu de deux facteurs particulièrement aggravants : les instabilités politiques intérieures des principaux acteurs et la nucléarisation rampante de la région.

     Le plus à craindre, c’est la tentation –malheureusement fréquente- qu’ont les gouvernements en difficulté d’agiter le chiffon rouge du conflit avec les voisins et de s’engager dans un conflit armé quand ils veulent faire taire des troubles politiques intérieurs et « reprendre la main ». Les pays européens en savent quelque chose, puisqu’ils s’en sont quasiment fait une spécialité pendant mille ans, jusqu’à l’émergence de l’Union européenne.

     L’histoire du Moyen Orient est intimement liée à la politique intérieure et à la géopolitique régionale. On pense bien sûr au « bloc » israélo-palestinien, mais cela concerne également l’Égypte, où le président Sadate a été assassiné après avoir signé la paix avec Israël, la Jordanie, où l’importance de la population palestinienne est ressentie comme une menace par les vieilles familles jordaniennes, ou encore le Liban, où le Hezbollah a disséminé son arsenal sur le territoire national en invoquant le risque d’une attaque israélienne.

     Jusqu’ici, les conflits du Moyen Orient, même les plus violents et les plus meurtriers, ont eu recours à ce que l’on nomme l’armement « conventionnel ». Or, depuis quelque temps, la menace de l’arme nucléaire se fait plus inquiétante. Alors que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) vient de suggérer que l’Iran cherche bel et bien à se doter de cet armement, un vif débat a lieu en Israël, pays doté de la capacité de frappe nucléaire, sur l’opportunité d’une frappe militaire contre les installations de la République islamique. Sauf à considérer que l’évocation de cette menace correspond à de la pure gesticulation diplomatique, le danger est réel de voir la possession de l’arme nucléaire –et, peut-être son utilisation- venir au premier plan des risques qui menacent le Moyen Orient.

     D’un côté, Israël, qui n’a jamais été bavard sur ses capacités nucléaires et qui n’est pas signataire du TNP (Traité de Non Prolifération), applique la « doctrine Begin », qui consiste à empêcher ses adversaires régionaux de se doter d’armes atomiques, comme il l’a déjà fait en Irak en 1981 et apparemment en Syrie en 2007.

    De l’autre, le gouvernement iranien, qui a dû affronter l’importante « vague verte » de contestation de la jeunesse après les élections de 2009, ne se prive jamais d’utiliser le « danger sioniste » pour tenter de retrouver une popularité largement érodée. Il le fait avec d’autant plus d’assurance qu’il semble bien que le dossier nucléaire fasse l’objet d’un assez large consensus en Iran.

     Entre les deux se trouve la Syrie, alliée à l’Iran, dont on soupçonne qu’elle s’est intéressée encore récemment au développement d’un programme nucléaire militaire. La révolte populaire qui s’y manifeste pourrait bien se muer en révolution armée par l’émergence de groupes de déserteurs offensifs, dont certains, appelant à ce qu’on les fournisse en armes et munitions, opèreraient depuis la Turquie. Suspendue de la Ligue arabe, isolée, Damas a menacé les Occidentaux en cas d’intervention armée sur son territoire.

     Une intervention israélienne en Iran aurait donc des conséquences incalculables, dans ce contexte alliant instabilité interne et instabilité régionale.

     La voie de la sagesse, à l’inverse de celle dans laquelle semble vouloir s’engager les protagonistes de la région, consisterait à faire du Moyen Orient une « zone exempte d’armes nucléaires » (ZEAN) et, plus généralement, d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs. Les précédents existent, puisqu’entre 1961 et 2009, pas moins de six ZEAN se sont volontairement imposées une telle restriction, destinée à assurer leur stabilité au travers de traités spécifiques : Amérique latine et Caraïbes, Pacifique Sud, Asie du Sud- Est, Asie centrale, Afrique, Antarctique. Pourquoi le Moyen Orient ne suivrait pas cet exemple vertueux, plutôt que de s’adonner à une course aux armements nucléaires aussi suicidaire qu’absurde, menaçant sa sécurité bien plus qu’elle ne l’assure ?

     Cette vision peut sembler excessivement optimiste, dans la mesure où elle suppose que les leaders de la région retrouvent la raison et travaillent plus à préparer la paix que les futurs évènements belliqueux qui entraîneraient un nouveau cercle infernal de représailles sans fin. Mais sans doute le printemps arabe offre-t-il une chance de porter au pouvoir des gouvernements sensibles aux aspirations de leurs peuples et donc désireux d’un nouveau climat de paix et de sécurité dans la région.

     Cette vision d’un Moyen-Orient libéré du spectre des armes de destruction massive prendrait tout son sens si les cinq « Etats dotés de l’arme nucléaire » -Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande Bretagne- reconnus comme tels dans le TNP et qui sont également ceux dont l’influence est forte au Moyen Orient, la demandaient avec détermination. Il leur suffirait pour cela de s’engager sérieusement à mettre en œuvre la déclaration sur le Moyen-Orient adoptée dans le cadre de la dernière conférence d’examen du TNP. Ce texte prévoit l’organisation par le Secrétaire général des Nations unies « en consultation avec les Etats de la région », d’une conférence sur la création d’une « Zone exempte d’armes de destruction massive et de leurs vecteurs » au Moyen-Orient dès 2012.

     Pour être crédibles, il faudra bien sûr qu’ils donnent l’exemple en relançant les négociations de désarmement nucléaire, comme l’article VI du TNP leur en fait obligation. Rappelons que cet article, indissociable des autres dispositions du Traité, prescrit aux Etats nucléaires de « poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire ». En auront-ils la volonté ?

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Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 15:30

I Humour

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 18:28

11 novembre   Voir les réactions à ce texte sur le site de MEDIAPART

  Nicolas Sarkozy n’est pas superstitieux ! Se souvient-il qu’en 1981, Valéry Giscard d’Estaing a voulu faire disparaître la commémoration du 8 mai 1945, date de la fin de la 2ème guerre mondiale ? Il s’agissait pour lui, disait-il, de tourner la page de l’affrontement avec l’Allemagne.

   Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette initiative ne fut pas couronnée de succès, puisque, 2 jours après le 8 mai 1981, les Français élisaient François Mitterrand président de la République…qui avait promis qu’il maintiendrait la commémoration du 8 mai!

     Ce rappel devrait faire réfléchir Nicolas Sarkozy, qui vient d’annoncer son intention de faire disparaître la spécificité du 11 novembre, en rassemblant ce jour là les commémorations de toutes les guerres auxquels les Français ont participé. Drôle d’idée que de vouloir ainsi gommer l’histoire de chacun de ces conflits, qui ne peut se confondre avec un autre.

     J’ai pu le vérifier ce matin, à Cordes, où nous avons célébré, comme chaque année, l’anniversaire de l’armistice de 1918. L’émotion était grande dans le public, lorsque les élèves du collège ont lu les lettres de « Poilus » racontant leurs souffrances et les horreurs de cette boucherie que fut « la Grande Guerre ». Je me disais alors que, s’il y a une justification à cette commémoration, c’est bien celle de raviver le souvenir d’un évènement fort de l’histoire de notre pays, pour éviter qu’il disparaisse de notre mémoire collective.

     C’est pour cela que j’ai rappelé devant les participants à la cérémonie que cette guerre, avec ses 20 millions de morts, ne fut pas –contrairement à ce que pensait mon grand père- la «der des ders » et que jamais autant de conflits meurtriers n’avaient déchiré la planète qu’au cours de ce 20ème siècle.

     La SDN (Société des Nations) n’a pas su empêcher la montée des régimes autoritaires et le Traité de Versailles a contribué à attiser l’animosité entre Allemands et Français.

     Après la tragédie de la 2ème guerre mondiale, tout aussi meurtrière et qui vit l’utilisation de l’arme nucléaire, l’ONU s’est efforcée de s’interposer et de pacifier les relations entre les Etats. Force est de constater cependant qu’elle n’a que trop rarement réussi à empêcher les guerres qui ont ravagé la seconde moitié du 20ème siècle.

     La chute du mur de Berlin en 1989 a fait naître un instant l’espoir que la fin de l’affrontement entre les blocs de l’Est et de l’Ouest allait ouvrir une période favorable à la paix et au développement de la démocratie. La liste des conflits sanglants qui se sont déroulés depuis 22 ans * -et qui n’ont pas épargné l’Europe- montre, s’il en était besoin, que le chemin de la paix est encore long et semé de beaucoup d’obstacles.

     Plus que jamais, dans la période de grave crise que traverse le monde, il va falloir que les gouvernants sachent faire preuve d’une grande prudence dans les relations internationales, alliée à une ferme volonté d’explorer toutes les voies qui apaisent les conflits : celle de l’aide au développement, celle du soutien à la démocratie, celle du désarmement**. Ils devront aussi montrer leur capacité à apporter des réponses claires à des populations inquiètes et de plus en plus excédées par les inégalités et les injustices, afin d’éviter qu’elles écoutent, comme en d’autres temps, les sirènes de la démagogie et de l’autoritarisme.
_______________________________________________________

 

* Serbie, Kosovo, Rwanda, Tchétchénie, Géorgie, Irak, Afghanistan, Israël/Palestine, Soudan, Région des grands lacs…….

** Les arsenaux nucléaires contiennent 22 600 têtes (dont 95% aux Etats-Unis et en Russie), ce qui correspond à 450 000 bombes d’Hiroshima; les dépenses militaires mondiales ont doublé depuis 10 ans et représentent 1630 milliards de dollars. 

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Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez