Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 09:29

Noël 2011Ecoutez les voeux de Paul Quilès sur CFM Radio

                                      * Quel bilan tirer des évènements de 2011?
                                      * Que souhaiter pour 2012?

                                      * Les prochaines échéances électorales

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
commenter cet article
7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 09:57

TTF-copie-1
      De qui se moque-t-on? Voici que le Président-candidat enfourche un "nouveau" cheval de bataille: l'instauration d'une "taxe sur les transactions financières", connu depuis longtemps sous le nom de "taxe Tobin".
     Il faut se souvenir comment cette idée de bon sens, que je défends depuis longtemps -voir par exemple sur ce blog: TTF, des atermoiements coupables ou ma tribune publiée par Marianne: Taxe Tobin, qu'est-ce qu'on attend? - était pourfendue par la droite et par N.Sarkozy lui même.
     Il suffit de relire sa déclaration de 1999, opportunément rappelée par le site Rue89:

    «L'affaire de la taxe Tobin est une absurdité [...].Si nous le faisons en France, on va encore le payer de dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

    Ce que vous ne comprenez pas, c'est que le monde a changé, le monde est devenu un village. A chaque fois que nous pénalisons la création de richesse sur notre territoire, nous favorisons la création de richesse chez les autres [...]. Réveillez-vous, le monde a changé ! »
    ATTAC a bien raison de parler d'un "bluff indécent". Décidemment, ce début de campagne présidentielle ne favorise pas les débats sérieux, c'est le moins que l'on puisse dire. A force de vouloir échapper à son bilan, le Président-candidat ne cesse de se contredire....une façon comme une autre de faire croire qu'il a "changé"!

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Politique française
commenter cet article
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 11:21
            explosion nucléaireCette tribune a été publiée sur le site de l'Express
         
           « On peut tout prouver, si les mots dont on se sert ne sont pas clairement définis ». Cette affirmation du philosophe Alain éclaire d’une lumière crue certains affrontements qui scandent la vie politique. En évitant de définir les mots, en les rattachant à des concepts eux-mêmes mal définis, en ne précisant pas le contexte dans lequel on les utilise, effectivement, « on peut tout prouver ». C’est ce qui se passe par exemple lorsque l’on aborde les questions de défense, sujet majeur dans un monde dangereux, instable et surarmé.          
            Autrefois, c’est à dire avant novembre 1989, date de la chute du Mur de Berlin, la stratégie de dissuasion nucléaire était, par excellence, l’instrument de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest. La question de sa pertinence aurait dû se poser dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. L’état des risques et des menaces n’a en effet aujourd’hui plus rien de commun avec ce qu’il était dans la période de la guerre froide. Les scénarios dans lesquels la Russie ou la Chine s’en prendraient aux intérêts vitaux d’une puissance occidentale sont, dans la conjoncture actuelle, parfaitement improbables. Quant aux menaces qui trouvent leur origine dans des conflits locaux, elles ne peuvent être contrecarrées par la menace d’emploi de l’arme nucléaire et se situent en conséquence dans les « angles morts » de la dissuasion. Les menaces terroristes relèvent de cette catégorie. 
            La prolifération nucléaire constitue, en revanche, le principal risque pour la sécurité du monde, mais c’est plus par le multilatéralisme et les traités (comme le TNP[1]) qu’on la combattra que par la dissuasion nucléaire. De plus, établir un lien entre la possession de l’arme nucléaire et « le statut de grande puissance », comme on l’entend souvent, peut inciter certains pays à tenter de s’en équiper, alors que le but du TNP, ratifié par la quasi-totalité des membres de l’ONU (189), est au contraire d’aller vers une disparition des armes nucléaires. 
            Comment peut-on alors, loin de ces considérations, répéter sans sourciller que la dissuasion nucléaire est une sorte d’« assurance vie » ou qu’elle « garantit l’intégrité de notre pays » ? En réalité, le débat sur de telles affirmations n’a pas lieu, pour la bonne raison que celles-ci ne sont pas soumises à un questionnement public, au-delà des échanges au sein des cercles d’initiés. Normal, nous dit-on, elles font l’objet d’un consensus. Ce fameux consensus (mot clé de la démonstration) est d’autant plus facile à invoquer qu’on n’en a jamais vérifié sérieusement l’existence, et qu’on ne sait pas sur quoi il porte exactement. Comme il n’y a jamais eu de débat, précédé par une information sérieuse et encore moins de consultation des Français, la boucle est ainsi bouclée. Selon l’expression populaire, « circulez, il n’y a rien à voir ». 
            Ceux qui, sans même s’opposer frontalement au concept, souhaitent en parler et examiner la pertinence de certains choix sont vite traités d’incompétents, d’irresponsables, de démagogues, voire de mauvais Français. Quitte à courir ce risque, j’affirme qu’il ne faut pas avoir peur de traiter ces questions publiquement, en commençant, comme le suggérait le philosophe Alain, par définir clairement le sens des mots.           
            Je ne prendrai qu’un exemple pour illustrer mon propos : celui de la « Force aérienne stratégique », qui représente 15% de la dissuasion française[2]. Historiquement, c’est la première à avoir été créée en 1964, en raison de la simplicité de mise en œuvre du vecteur (un bombardier Mirage IVA) et de l’arme (la bombe AN-11). Aujourd’hui, 2 escadrons assurent 24h sur 24 l’alerte nucléaire avec le Rafale F3 ou le Mirage 2000K3 et le missile ASMP-A (capable de parcourir, une fois tiré à haute altitude une distance de 500 Km et de 100 Km à basse altitude), chargé d’une ogive nucléaire de 100 à 300 Kt !  
            A quoi est censée servir cette force ? On nous dit, dans un langage assez hermétique, qu’elle offrirait « les alternatives, les complémentarités et les capacités d’adaptation » pour le chef de l’Etat[3], car elle permettrait d’être « visible et donc démonstrative ». En clair, il s’agit d’une sorte de parade nucléaire avant ce que le Président Sarkozy appelle un « avertissement nucléaire ». Le rôle de la composante aérienne serait donc de parader, d’impressionner un adversaire !
            Pour essayer de comprendre ce que cela signifie, il faut imaginer une flotte de bombardiers nucléaires décollant, avec toute la logistique nécessaire (ravitaillement en vol, chasseurs accompagnant le convoi pour le protéger, transmissions des données….), puis tournoyant dans le ciel face à l’ennemi, pendant que des discussions diplomatiques se déroulent en parallèle, avant de recevoir enfin l’ordre de tir[4] ! Au-delà de l’aspect manifestement peu crédible de ce scénario, on voit bien que l’existence même de la composante aérienne[5]décrédibilise la dissuasion, en suggérant que, pour faire reculer un adversaire, les SNLE et leurs missiles ne seraient pas assez dissuasifs !
            De plus, on ne voit pas contre qui cette composante pourrait être utilisée, sachant que sa conception en fait une arme de proximité géographique. Sans doute est-ce pour cette raison que, faute d’ennemi proche et d'intérêt militaire, les Britanniques ont abandonné leur composante aéroportée en 1997 et les Américains ont retiré la plus grande partie de leurs bombes B-61 stationnées en Europe.
            Cet exemple montre que, si l’on veut bien s’éloigner du discours officiel, il y a place pour des débats, qui doivent dépasser le cadre étriqué du monde passé et prendre en compte les évolutions positives du monde et les nouvelles aspirations au désarmement nucléaire de la Communauté internationale.
[1]  TNP : Traité de Non Prolifération, signé le 1er juillet 1968. La conférence d’examen du TNP du 28 mai 2010 a élaboré un plan d’action sur les 3 volets du traité (désarmement, non prolifération, nucléaire civil) et prévu une réunion en 2012 sur la création au Moyen-Orient d’une  ZEAN (Zone Exempte d’Armes Nucléaires).
[2]  La force principale de la dissuasion française consiste en 4 SNLE (Sous marins Nucléaires Lance Engins). Cette composante océanique permet à la France de frapper en premier un adversaire étatique comme de répondre avec certitude à son attaque. Ces SNLE, en cours de modernisation, seront dotés chacun à l’horizon 2015 de 16 nouveaux missiles M51 (d’une portée de 9000 kms) et de nouvelles ogives nucléaires (TNO) d’une puissance de 100 Kt. De quoi dissuader tout adversaire situé sur n’importe quel point du globe. Une frappe d’un seul missile (avec 6 ogives au maximum) provoquerait des dégâts incommensurables, si l’on se souvient des 200 000 morts d’Hiroshima consécutifs à l’explosion d’une bombe….. de 15KT.
[3] Le décret du 14 janvier 1964 définit le rôle exclusif du Président de la République quant à l’engagement de l’arme nucléaire.
[4]  Une frappe nucléaire avec une ogive de 300 KT serait équivalente à 20 fois celle d’Hiroshima.
[5]  Il y a 20 ans, on nous assurait qu’il fallait absolument 3 composantes (océanique, aérienne, terrestre….soit une par armée !) pour garantir la crédibilité de la dissuasion française. La composante terrestre (missiles du plateau d’Albion, Pluton, Hadès) a été démantelée au début des années 90. Aujourd’hui, les théoriciens du nucléaire affirment avec la même force que la dissuasion nécessite 2 composantes.
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:36

    Sans-titre.jpg    

     Ne relisez surtout pas les lettres et les cartes que vous avez écrites les années précédentes pour souhaiter vos « meilleurs vœux ».

      C'est ce que je viens de faire et j'hésite à philosopher à nouveau sur le monde qui nous entoure et sur ce qui nous attend au cours de l'année qui va commencer. Jugez plutôt.

     

    Début 2008, je me demandais avec inquiétude « comment éviter le désenchantement qui nous guette ».

 

         En 2009, je proposais que « malgré les nuages qui obscurcissent l’horizon, nous sachions cultiver l’optimisme….celui dont parlait Gramsci, qui se sentait pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté ».

   

     En 2010, je souhaitais que « la prise de conscience réelle des désordres du monde…se traduise par des actes forts des décideurs ».  

   

    Début 2011, j’en appelais, à la suite de Stéphane Hessel, à « l’indignation, préférable à la petite musique de la résignation, à laquelle trop de responsables ou de commentateurs nous invitent »

    

      Que pourrais-je dire de plus à l'aube de cette année 2012, dont nous espérons qu'elle nous apportera tant de changements ? Peut-être affirmer, avec Vaclav Havel, qui vient de nous quitter, que : « Avoir de l’espoir, ce n’est pas croire que les choses vont se passer bien, mais c’est croire qu’elles auront du sens »

    

     Finalement, c’est bien cette façon d’espérer, individuellement et collectivement, qui donne envie d’avoir des projets, d’aimer, d’agir et, tout simplement, de vivre. Voila donc ce que je vous souhaite pour 2012, en toute simplicité, mais avec sincérité.             

      

     Bien amicalement.  

                                  

                                         Paul Quilès                                                               

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
commenter cet article
30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 11:02

soldats-tues-en-Afgha.jpg  Avec les 2 légionnaires qui viennent d’être tués en Afghanistan, cela fait 78 morts de soldats français depuis le début de cette guerre et 26 pour la seule année 2011. Au total, les forces de l'OTAN ont déploré la mort de 563 soldats en 2011.

 

     Au delà de ce bilan morbide, la gravité de l’évènement tient au fait que le tir qui a entraîné la mort provient d’un soldat de l’armée afghane[1]. Ce drame survient après d’autres récents "incidents" de même nature et il contribue à faire douter de la crédibilité de la démarche américaine –reprise sans nuance par N.Sarkozy- pour sortir du bourbier afghan. Je rappelle en effet que c’est cette armée que l’OTAN prétend former, afin qu’elle prenne un jour la relève des forces occidentales pour assurer la sécurité du pays !

 

    Les plus lucides des observateurs, y compris aux Etats-Unis, répètent inlassablement que cette guerre n’est pas gagnable et soulignent l’étonnante succession des arguments avancés depuis 10 ans pour justifier le lourd engagement humain et financier qu’elle représente : la lutte contre le terrorisme international, la défense des Droits de l’Homme, la promotion de la démocratie, la reconstruction du pays…

 

     Ces tentatives de justification ont accompagné des stratégies différentes, qui ont pour la plupart sous estimé le caractère très particulier de l’Afghanistan, de son histoire, de sa sociologie, de sa culture et surtout des enjeux régionaux dont il fait l’objet (lire mon analyse du 28 juillet 2010).

    

    Voila pourquoi cette mission impossible est malheureusement en train d’échouer ( écouter ma réaction sur RTL ce matin).

 

                                                  ************

        La fin de l’année étant propice à l’établissement de bilans, j’ai pu constater que je me suis exprimé une cinquantaine de fois sur ce blog à propos de l’Afghanistan, dont plus de 30 fois par des textes de fond et des interviews. Si vous voulez en savoir plus….cliquez ici


[1] Le fait que cet homme soit peut-être un rebelle « infiltré » ne change rien à la démonstration de la faible fiabilité de l’armée nationale afghane.       

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 13:31

Kim il-SungNous sommes le 20 décembre 2011 et les médias commentent les informations suivantes : le Président de Corée du Nord, Kim Jong-Il vient de mourir, son fils Kim Jong-Un lui succède et un missile vient d’être tiré par la Corée du Nord.

 

 Or, il y a 16 mois, était publié aux éditions J.C.Gawsewitch un livre de politique fiction (« 18 mois chrono »), que j'avais écrit avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu. Nous n'étions pas loin de la réalité! Jugez plutôt:


Extrait  du chapitre 15  (Ultimes manœuvres)     

   (….)   L’actualité va lui [Nicolas Sarkozy] donner une nouvelle occasion de s’intéresser à la scène internationale. Le lundi 26 décembre 2011, en ce lendemain de Noël, une dépêche de l’agence Reuters laisse entendre que le Président nord-coréen, Kim Jong-il, serait décédé. La transparence n’étant pas le fort du régime de Pyongyang, il est probable que le décès date de plusieurs jours et que la discrétion de l’annonce est destinée à organiser la succession en coulisse. L’information ne surprend pas les chancelleries, qui savaient depuis plusieurs années que Kim Jong-il était malade, mais ce qui les inquiète beaucoup plus, c’est d’apprendre par les services secrets sud coréens qu’une lutte ouverte pour le pouvoir s’est engagée entre le parti communiste et l’armée.

 

      Kim.jpg Le Président nord coréen avait désigné comme successeur son plus jeune fils, Kim Jong-un, âgé de 28 ans. Il avait écarté de la succession ses deux frères aînés, l’un pour être devenu la risée de tout le monde en se faisant refouler du Japon, où il voulait visiter Disneyland, - il avait essayé d’entrer avec un faux passeport dominicain. Quant à l’autre, il était trop efféminé au goût de Kim Jong-il….. Le problème est que dans ce pays d’héritage confucéen, le respect vient avec l’âge et il est clair que le jeune Kim Jong-un ne pourra exercer le pouvoir que pour la façade.

 

         L’inquiétude touche naturellement les pays les plus concernés par ces évènements, en premier lieu les voisins -la Corée du Sud, la Chine, la Russie, le Japon- mais aussi les Etats-Unis, toujours très présents dans cette zone et qui ont tenté à plusieurs reprises d’échanger l’abandon par la Corée du Nord de ses projets nucléaires contre une aide économique. Chacun sent bien le risque d’un acte irresponsable au cours d’une lutte pour le pouvoir dans ce pays très pauvre, au développement entravé par un régime autoritaire et caricatural, mais qui dispose de l’arme nucléaire.

 

     missile-coree.jpgEt c’est bien ce qui se produit en ce 28 décembre, lorsqu’un missile nord coréen s’abîme dans la mer du Japon. Erreur ? Provocation ? L’émotion est considérable dans le monde.         (….)

           

         Juré, nous ne sommes pour rien dans le décès du « Cher leader » Nord Coréen ! Juré, ce n’est pas nous qui avons suggéré de lancer un missile pour « célébrer » l’évènement ! Désolé, nous nous sommes trompés de quelques jours dans la date de la mort de Kim Jong-Il…...On ne peut quand même pas tout prévoir !

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 00:30
jaures-discours.jpg   Lors de la réunion d’Albi sur le désarmement nucléaire, j’ai affirmé que je me sentais naturellement plus proche de Jaurès que de Clausewitz, qui considérait que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens ». Même si cette formule du célèbre stratège date du début du 19ème siècle décrit bien ce qu’est encore aujourd’hui, trop souvent, la réalité des relations entre les Etats, elle oublie que la guerre est toujours un échec des hommes.
 
      C’est pour cela que je préfère me référer à l’œuvre et à l’action inlassable de Jaurès en faveur de la paix et de « l’arbitrage international », qui prit corps dans la SDN, malheureusement incapable d’empêcher la montée des régimes autoritaires, puis dans l’ONU, après la 2 ème guerre mondiale.
 
     Jaurès n’était pas ce que l’on appelle de façon parfois réductrice un « pacifiste », comme le montre son livre « l’Armée nouvelle » , qui donna lieu à de nombreux débats. Mais celui qui disait que « le courage, c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel »[1] et qui considérait l’idéal comme la boussole permanente de l’action savait qu’il ne faut pas oublier la nécessaire prise en compte des réalités, sans pour autant tomber dans l’opportunisme, voire dans le cynisme.
 
     Certes, les réalités du monde d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes que celles d’il y a un siècle et les dangers ne sont pas de même nature. Encore faudrait-il en parler et ne pas considérer que les questions internationales et de défense sont trop sérieuses pour faire l’objet de débat public ou même parlementaire. On se contente de considérer que la Vème République donne tous pouvoirs au Président de la République dans ce domaine[2] et qu’il n’y a donc pas lieu de consulter le peuple sur ces questions présentées comme complexes. Et comme on n’en parle pas, on se contente d’affirmer « qu’il y a un large consensus », en s’appuyant même sur des enquêtes d’opinion dont la validité est douteuse, puisqu’il n’y a ni information préalable ni débat contradictoire.
 
      Ce climat n’est pas nouveau et Jaurès regrettait déjà que les partis politiques ne s’intéressent à ces questions que « par le biais de la vision électorale », allant même jusqu’à reprocher aux socialistes une attitude qui « se borne le plus souvent à une opposition générale sans précision et sans effet ».
 
      Et quand il s’adressait au peuple, Jaurès savait trouver les mots pour leur parler de l’état du monde, des dangers de la guerre et de la nécessité de la paix. Je ne résiste pas au plaisir de citer à ce propos quelques lignes d’Alain Decaux[3], reprenant un remarquable texte de Jean Guéhenno, son prédécesseur à l’Académie Française, qui, adolescent, avait assisté au sein d’une immense foule à la visite de Jaurès à Fougères, où se déroulait une grève ouvrière particulièrement dure :
 
      « L’accent du sud-ouest martelait ses phrases. L’éloquence était à la fois classique et populaire. Jaurès était le familier des orateurs antiques et, en même temps, il côtoyait chaque jour les souffrances du peuple. Ce jour-là, il ne parla pas aux grévistes de Fougères de leurs épreuves. Ceux-ci ne les connaissaient que trop. Mais il leur dit qu’ils n’avaient pas le droit d’être vaincus, parce que leur combat n’était pas le leur seulement, mais celui de tous. A ces gens courbés dans la servitude, il parla de leur fierté. Il leur dit que tous –oui, tous-, portaient en eux un monde. Comme il a su se souvenir, Jean Guéhenno ! Ecoutons-le :    
      ‘‘Et puis, sa voix se fit plus grave. Il évoqua tous les malheurs que subissaient les hommes, les terres ensanglantées, la guerre qui, comme une nuée, montait vers l’horizon et roulait vers nous, un univers furieux que, seuls, pouvaient exorciser notre bon sens et notre volonté. Alors seulement, vers la fin de son discours, il nous nomma de ce nom plus chargé de tendresse : « camarades » et, pour la première fois, j’eus le pressentiment de notre vrai destin.’’ »   
 
[1] Discours à la jeunesse (Albi, 30 juillet 1903)
[2] Dans sa conférence de presse du 31 janvier 1964, le général de Gaulle affirme que « l’autorité indivisible de l’Etat est déléguée tout entière au Président de la République ». Le 14 janvier 1964, de façon étonnante, c’est un décret qui avait précisé le rôle exclusif du Président de la République quant à l’usage de la force de frappe.
[3] Alain Decaux m’a aidé dans la préparation du spectacle « ils ont tué Jaurès » , que j’ai organisé et qui a été présenté à Carmaux à l’occasion du 80ème anniversaire de la mort de Jaurès (voir aussi ce lien). Le texte est extrait de l’éditorial d’Alain Decaux dans la brochure de présentation du spectacle.        
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 00:02

     explosion-nucleaire.jpg     Il était question du désarmement nucléaire l’autre soir à Albi[1]. Ce ne devait pas être un sujet très médiatique, puisque les médias n’étaient pas là….Pourtant, l’amphithéâtre de la Fac était bondé et, pendant toute la soirée, on a entendu les représentants des partis de gauche exprimer leur point de vue et débattre avec la salle, parfois avec passion, de la paix, de la guerre, de l’armement nucléaire, de l’ONU, de l’OTAN….

     Certains ironisent sur la prétendue inutilité de telles manifestations et le caractère parfois incantatoire de quelques proclamations auxquelles elles donnent lieu. Ils ont tort, car le débat est toujours utile en démocratie, particulièrement lorsque le sujet abordé ne fait pas partie des « figures imposées » par le monde médiatique et auxquelles se plie trop souvent le monde politique.

     Pour ma part, j’ai essayé de replacer la question dans son contexte historique, rappelant l’espoir qu’avait fait naitre la chute du Mur de Berlin le 9 novembre 1989 : celui de la fin de la course aux armements[2]et de l’ouverture d’une période favorable à la paix et au développement de la démocratie. Espoir déçu, lorsqu’on observe la succession impressionnante de conflits qui ont ravagé le monde depuis 22 ans : Serbie, Kosovo, Rwanda, Tchétchénie, Irak, Géorgie, Afghanistan, Israël/Palestine, Soudan, Région des Grands Lacs…..

     J’ai souligné que, plus que jamais dans la période de grave crise que traverse le monde, il va falloir que les gouvernants sachent faire preuve :

- de leur capacité à apporter des réponses claires à des populations inquiètes et de plus en plus excédées par les inégalités et les injustices, afin d’éviter qu’elles écoutent, comme en d’autres temps, les sirènes de la démagogie et de l’autoritarisme ;

-  d’une grande prudence dans les relations internationales ;

- d’une ferme volonté d’explorer toutes les voies qui apaisent les conflits : l’aide au développement, le soutien à la démocratie, le désarmement.

     Concernant ce dernier point, j’ai constaté que, malgré des avancées réelles en termes de réduction des arsenaux nucléaires[3], le processus de désarmement avançait trop lentement et que de nombreux blocages subsistaient.

     En particulier, la question de la pertinence de la dissuasion nucléaire devrait se poser, dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. Cette stratégie était, par excellence, l’instrument de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest, mais l’état des risques et des menaces n’a aujourd’hui plus rien de commun avec ce qu’il était dans la période de la Guerre froide.

     Par contre, les principales menaces pour la sécurité du monde sont celles du terrorisme et de la prolifération nucléaire, qui appellent d’autres réponses que l’armement nucléaire (application du TNP[4], contrôle de la production d’uranium enrichi et de Pu, création de ZEAN[5], mise en vigueur du traité d’interdiction des essais nucléaires, convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire….)

 

     Le désarmement nucléaire est donc une nécessité, non seulement parce que cette arme est inutile et coûteuse (100 milliards $/an, pour les 9 pays détenteurs de l'arme nucléaire), mais aussi parce qu’elle est dangereuse. On sait en effet maintenant qu’au cours de la Guerre froide, son emploi a été envisagé à une vingtaine d’occasions et qu’à 2 reprises (crise de Cuba en 1962, guerre du Kippour en 1973), il s’en est fallu de peu que des frappes nucléaires soient mises en œuvre !

     Le désarmement nucléaire ne se réalisera effectivement que si les pays nucléaires –dont la France, trop timide jusqu’ici- engagent des démarches multilatérales, se fixent des étapes et acceptent la mise en place de systèmes de garantie et de vérification.

     Il faudra aussi que les opinions publiques, seules capables d’influencer les décideurs (les politiques, mais aussi le lobby militaro- industriel …qui conseille les politiques), se mobilisent, ce qui suppose que soient dénoncés les « faux consensus », notamment sur « l’assurance-vie » que représenterait l’armement nucléaire.

     C’est parce que je suis convaincu de la nécessité de cette action que j’approuve la démarche de Global Zero (lire mon discours à Los Angeles ) et celle d’ELN, réseau de personnalités européennes qui agissent en ce sens.
    
C’est aussi pour cette raison que j’ai rejoint il y a 2 ans les « maires pour la paix » . Ce réseau, qui comprend une centaine de communes en France   et qui en rassemble 5000 au niveau mondial, a comme objectif de promouvoir une « culture de paix » et de relayer les campagnes internationales en faveur d’un monde sans arme nucléaire.
________________________________________________________


[1] Réunion publique à l’invitation de l’Appel des Cent, du COT et du MAN, animée par Patrice Bouveret, Directeur de l’Observatoire des armements.

[2] Le nombre de têtes nucléaires a triplé en 30 ans, entre 1960 et 1990.

[3] Les arsenaux nucléaires sont passés en 20 ans de 70 000 armes à 23 000….ce qui représente encore l’équivalent de 450 000 bombes d’Hiroshima !

[4] Traité de Non Prolifération

[5] Il existe actuellement 6 ZEAN (Zones Exemptes d’Armes Nucléaires). Une réunion des signataires du TNP doit se tenir en 2012 pour examiner la faisabilité d’une ZEAN au Moyen Orient (voir « le danger du nucléaire au Moyen-Orient » )

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 10:24

conseil-securite-copie-4.jpgCette tribune  
de Paul Quilès, ancien ministre et Alexandra Novosseloff,
chercheur-associée au Centre Thucydide de l’Université Paris-Panthéon-Assas,
auteurs de « Face aux désordres du monde » (2005),
    vient d'être publiée sur le site Le Monde.fr

               
          Trop souvent, le débat public se réduit à des caricatures destinées à nourrir des affrontements simplistes, à agiter des peurs et à discréditer des adversaires. C’est ce qu’on observe en ce moment avec la controverse sur le droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU. Essayons d’y voir clair et revenons d’abord sur l’origine de ce droit.
           Le système des Nations Unies, créé à San Francisco en 1945, repose sur le préalable de l’accord entre les grandes puissances. L’ONU n’aurait jamais existé si sa Charte n’avait pas contenu des dispositions permettant la légitime défense en cas d’attaque (article 51), mais aussi un droit de veto pour les cinq grandes puissances (article 27). La règle de l’unanimité ainsi instaurée évitait à l’une de ces puissances (USA, URSS, Chine, Royaume-Uni, France) de se retrouver engagée dans une action contre son gré, ce qui constituait une sorte de soupape de sécurité empêchant une escalade susceptible de faire exploser l’ensemble du système. 
            Le droit de veto a souvent été critiqué, non pas en tant que tel, mais plutôt pour l’usage abusif qui en a été fait, à l’encontre de l’esprit de son instauration, rappelé par Clement Attlee, le Premier Ministre britannique de l’époque[1]: « A San Francisco, (...) nous considérions tous le droit de veto comme quelque chose dont il ne serait fait usage en dernier ressort que dans des cas exceptionnels où les grandes puissances pourraient se trouver en conflit. Nous ne l’avons jamais conçu comme un expédient dont il serait fait constamment usage toutes les fois qu’une puissance déterminée ne serait pas complètement d’accord avec les autres »
            De fait, ce droit a été utilisé 272 fois entre 1946 et 1989 et seulement 28 fois depuis 1990, dont 17 fois par les Etats-Unis (presqu’exclusivement sur la question palestinienne), 6 fois par la Fédération de Russie et 5 fois par la Chine, jamais par le Royaume-Uni ou la France. Cette utilisation de plus en plus parcimonieuse a conduit certains à proposer la limitation de son usage, par exemple « lorsque des intérêts vitaux sont véritablement en jeu » et son interdiction « en cas de génocide ou de violation massive des droits de l’homme »[2]. Cette mise en avant de freins possibles à l’utilisation de ce droit élude la question de sa suppression, qui nécessiterait un accord de la part de ses détenteurs. Elle permet d’éviter un débat qui aurait à l’évidence de grandes chances de bloquer la réforme du Conseil de sécurité, toujours en discussion depuis maintenant vingt ans. De plus, il faut bien reconnaître que la menace du veto reste un outil diplomatique non négligeable dans la négociation des résolutions du Conseil. 
            Plus que le droit de veto, c’est l’élargissement du Conseil de sécurité qui constitue la question majeure. Comment donner à cet organe une meilleure représentativité et donc une plus grande légitimité et une plus grande autorité auprès de tous les Etats ? L’objectif est de mieux prévenir les crises et les conflits et de réduire la fracture entre les pays du Nord et ceux du Sud. La concrétisation de cette réforme bute sur la nécessité de trouver une formule alliant efficacité, rapidité, représentativité, légitimité et transparence. Il semble acquis que les grands pays émergents y soient représentés de manière permanente (Inde, Brésil), que l’Afrique ait deux sièges (mais celle-ci ne parvient toujours pas à se mettre d’accord sur leur nom[3]). Les gros contributeurs financiers (le Japon et l’Allemagne, anciens « Etats ennemis ») doivent également avoir leur siège permanent. Ces dispositions porteraient le nombre des membres permanents à 11 et feraient passer le Conseil de sécurité de 15 à 21 membres.
            Dans ce contexte, l’idée d’un siège pour l’Europe au Conseil de sécurité a été avancée, pour à la fois régler ce qui constituerait alors une surreprésentation des Européens (France, Royaume-Uni, Allemagne) au Conseil et pour renforcer la politique étrangère commune. Mais une telle idée n’aura pas de sens tant que les pays européens ne seront pas en mesure d’adopter rapidement des positions communes, tant qu’il n’existera pas d’instances de décision reconnues par l’ensemble des pays européens. Force est de constater qu’on en est encore loin. Il suffit de relire l’article 34 du Traité de Lisbonne, pour voir à quel point la pratique des Etats est éloignée des engagements pris [4], ce qu’a cruellement confirmé la cacophonie européenne au moment du conflit libyen! Notons aussi que, dans l’hypothèse –improbable – de création d’un tel siège, l’Union européenne serait la seule entité, au sein du Conseil de sécurité, à devoir se mettre d’accord à 27 avant de pouvoir se prononcer ou de prendre une décision. Autant dire que l’Union européenne serait désavantagée face à des partenaires du Conseil, dont les processus décisionnels nationaux seraient beaucoup plus rapides.
            Ces quelques réflexions ont pour seule ambition de montrer que, même dans les périodes électorales, il n’est pas interdit de prendre un peu de hauteur et de sortir d’une certaine paresse intellectuelle.  
_______________________________________________________________
[1]  Discours aux Communes (23 octobre 1946).
[2]  Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement, "Un monde plus sûr : Notre affaire à tous", A/59/565 (2 décembre 2004), §256.
[3] L’Egypte défend sa candidature au nom de la représentation des pays d’Afrique du Nord et des pays musulmans.
[4] Extraits de l’article 34 (ex- article 19 du TUE) : « Au sein des organisations internationales et lors des conférences internationales auxquelles tous les États membres ne participent pas, ceux qui y participent défendent les positions de l'Union» ; « Les États membres qui sont aussi membres du Conseil de sécurité des Nations unies se concerteront et tiendront les autres États membres ainsi que le haut représentant pleinement informés. Les États membres qui sont membres du Conseil de sécurité défendront, dans l'exercice de leurs fonctions, les positions et les intérêts de l'Union, sans préjudice des responsabilités qui leur incombent en vertu des dispositions de la charte des Nations unies. »
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 15:15

       la--cit--.jpg Le club Gauche Avenir a initié, dès le printemps 2010, l’opération « l’arbre de la Laïcité », incitant les collectivités locales et les citoyens à planter un  arbre  pour témoigner de leur attachement à cette valeur essentielle de notre République. 

          Déjà en octobre 2009, Gauche Avenir avait organisé un forum, à l’issue duquel furent publiés un « livre noir de la laïcité » et un manifeste interpellant l’ensemble des forces de gauche et républicaines,  afin qu’elles reprennent avec force le combat laïque. En effet, plus que jamais la laïcité doit être défendue, sans devoir y accoler un quelconque adjectif visant la plupart du temps à en atténuer ou à en détourner le sens.

            Il est fondamental de ne pas laisser s’installer le dévoiement de ce principe et son instrumentalisation comme arme de division ou de stigmatisation de certains de nos concitoyens. L’actuel Président de la République a laissé se dégrader la situation dans notre pays, multipliant les déclarations inacceptables et les décisions gouvernementales régressives. C’est le cas avec des choix budgétaires favorables à l’enseignement privé au détriment de l’école publique, avec les mesures qui conduisent à la marchandisation et à la privatisation des services publics, notamment la santé et l’enseignement.  

              De telles entorses à la laïcité organisent le communautarisme de la société et compromettent l’unité de la Nation. Il faut ajouter à cela la publication du pseudo « code de la Laïcité et de la liberté religieuse » et la demande faite aux préfets de réunir dans chaque département une «  conférence départementale de la Laïcité et des libertés religieuses ». Les termes choisis témoignent de la remise en cause de l’idée même de laïcité. Les lois de 1905 et les républicains n’ont jamais voulu faire référence à la liberté religieuse mais à la liberté de conscience, qui est universelle ! Ces entorses marqueront le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

           Il est urgent de mobiliser largement les Français, pour que notre République retrouve ses fondamentaux, en particulier la neutralité de l’Etat et la Laïcité.

        C’est pourquoi le Club Gauche Avenir 

- demande aux pouvoirs publics que soit immédiatement mise en œuvre la résolution du Sénat, votée au printemps 2011 et instituant le 9 décembre (date du vote de la loi de 1905) comme Journée Nationale de la Laïcité ;

-  demande aux différents candidats de gauche et écologistes  de signer « le manifeste pour la Laïcité » publié à l’issue du Forum regroupant de très nombreuses personnalités politiques, syndicales et associatives convaincues qu’un sursaut  républicain et laïc s’impose ;

-  se félicite du succès croissant de l’initiative «  les arbres de la Laïcité » (déjà engagée dans 75 département et plusieurs centaines de communes) et appelle les élus, les citoyens et associations à amplifier ce mouvement.    

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez