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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 19:50

Afghanistan.jpg         
       Ecouter les interviews
           de Paul Quilès:

         - sur Europe 1        
         -
sur France Inter

      La mort de 4 soldats français en Afghanistan
est l'occasion pour N. Sarkozy de faire une nouvelle volte face.
     Sous le coup de l'émotion (que je ne lui reprocherai pas, car j'éprouve aussi ce sentiment, en pensant aux hommes, à leurs familles et à leurs camarades), le voici qui annonce un arrêt des opérations de formation de l'armée afghane et qui menace d'un retrait accéléré de notre contingent.
      Pourtant, Il y a 3 ans, il affirmait que la question de notre présence en Afghanistan était "une question qui engage notre sécurité, nos valeurs et notre place dans le monde". Rien de moins....
      Pourtant, le 11 janvier dernier, le ministre de la défense, G.Longuet, affirmait à l'Assemblée nationale que la formation de l'armée afghane était la raison d'être de la présence des soldats français en Afghanistan.
      Après avoir changé à plusieurs reprises de stratégie, le gouvernement français, à la remorque des décisions américaines, ne parvient plus à expliquer ce que nous faisons dans ce pays.
     Je l'ai souvent dit depuis des années: (voir sur ce blog)cette guerre n'est pas gagnable et nous aurions dû depuis longtemps retirer notre contingent, pour avoir la capacité de proposer la seule solution susceptible de définir un avenir pour l'Afghanistan, celle d'une conférence internationale associant toutes les parties prenantes à ce conflit qui n'en finit pas.


       - Interview de Paul Quilès au JdD....cliquer ici

       - Il est également intervenu sur ITélé et BFM TV
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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 09:24

Dans son fameux "discours à la jeunesse", Jean Jaurès raillait la formule du 
"viel adage pessimiste et réactionnaire de l'Ecclésiaste désabusé:
Il n'y a rien de nouveau sous le soleil
"
et il enchainait "L'histoire humaine n'est qu'un effort incessant d'invention".
Ce n'est pas le sentiment que j'ai eu en entendant que le Président-candidat envisageait comme slogan de campagne:
"De toutes les forces de la France".
En effet, regardez bien, vous ne rêvez pas!
Il s'agit bien de l'affiche de campagne du 2 ème tour
de l'élection présidentielle de 1981.
Ah, ce François Mitterrand!Mitterrand Président
Ceux qui cherchent encore des idées pour leur campagne pourront se rapporter utilement à l'album "10 mai 1981" qui se trouve sur ce blog.....

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 11:28


cordes est 32 bp
Je suis parfois surpris quand j'entends des amis
que j'ai un peu perdus de vue me dire:
"Après avoir occupé pendant des années des fonctions importantes, comment peux-tu t'intéresser à la gestion d'une petite commune?"

     Lisez ce texte et vous comprendrez....

D'autres (pas les mêmes!) s'émerveillent:
"Quelle chance tu as de vivre dans ce lieu magique qu'est Cordes sur ciel!"
          Lisez la fin de ce texte et vous comprendrez....

J'ajoute (à destination des premiers) que cette "chance" ne m'éloigne pas de la réflexion politique et parfois de l'action,
comme le montre très régulièrement ce blog
.

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 11:02

      cordes-header


      Le 22 mai 2006, le Conseil municipal de Cordes a décidé d’élaborer un Agenda 21. Pendant plusieurs mois, une concertation avec les habitants a été organisée, pour fixer des objectifs communs en matière de développement durable,  établir un programme à long terme et définir des priorités d'action.

     La brochure éditée et largement diffusée en janvier 2008 présentait un programme de 81 actions. 
      Nous avons fait le point sur la réalisation de celles qui ont été engagées au cours des dernières années par la commune, la communauté de communes, les associations et les particuliers, en les rapportant aux chapitres de notre Agenda 21.
     Comme on peut le voir dans le document "Bilan et perspectivesla commune de Cordes a bien avancé depuis 5 ans pour répondre aux objectifs fixés : mieux accueillir, renforcer la solidarité, préserver l’environnement, économiser l’énergie.

                                                 ****************
      Il est intéressant de noter que le toit de la nouvelle école intercommunale, équipé de panneaux photovoltaïques a produit en 2011 près de 15 000 Kwh, revendus à EDF, ce qui a réduit de 90%  la facture énergétique de l’école !
   

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Published by Paul Quilès - dans Cordes sur Ciel
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 15:28

concordia.jpg
Comme celui du Titanic, le commandant du Concordia affirmait que son bâtiment était totalement sûr !

 

AAA.jpg
Comme elles l’ont prouvé en notant « triple A » la banque Lehman Brothers, quelques semaines avant le déclenchement du scandale des « subprimes », les agences de notation sont infaillibles !

  

Sarkozy.jpg

Comme toujours depuis 5 ans, Nicolas Sarkozy ne se trompe pas, ne se contredit pas, fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait !

     
 
On pourrait ironiser sans fin sur ces discours mensongers, s’ils ne mettaient pas en cause la vie des hommes et des femmes.

     De telles attitudes font penser à celles de ces mauvais prestidigitateurs qui ratent tous leurs coups ou de ces astrologues qui se trompent toujours …. ce qui n’est pas grave, puisqu’ils se nourrissent d’une certaine crédulité populaire et qu’ils ont donc le droit de raconter n’importe quoi.  

     S’agissant des agences de notation, les conséquences sont autrement plus graves et il est ahurissant :

     - que leur pouvoir exorbitant ne soit pas contesté ;

     - que l’on ne s’interroge pas sur les raisons de leurs graves erreurs ;

     - que l’on n’exige pas de ces organismes qu’ils communiquent publiquement et explicitement les raisons de leur jugement.

     Quant aux responsables gouvernementaux, il va bien falloir qu’ils expliquent, sans recourir à la langue de bois, comment ils ont pu affirmer successivement :

     - que la France conserverait sa note « triple A »,

     - puis que tout serait fait pour la conserver

     - et maintenant que la perte de cette note n’est pas une catastrophe !

     Tant que des réponses ne seront pas apportées à ces questions, la « dégradation » dont on nous rebat les oreilles ne sera pas tant la dégradation de la France que celle du discours politique.

    La gauche, pour accéder au pouvoir, devra convaincre les Français qu’au-delà de la nécessaire dénonciation de l’attitude pathétique de la droite, elle est capable d’apporter des réponses aux maux qui minent la société française, qui s’appellent : inégalités, désindustrialisation, autoritarisme…

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 13:12

    FrancoisMiterrand-PaulQuiles3.jpg Il est beaucoup question de François Mitterrand depuis quelque temps et les éloges pleuvent de toutes parts ! Je ne m'en plaindrai pas, même si je comprends assez bien les raisons de cet engouement....
     Pour manifester ma reconnaissance à l'homme qui a rendu possible la venue -si improbable et si contestée à l'époque- de la gauche au pouvoir, j’ai écrit cette tribune, publiée par Le Monde en 2006. Elle me semble ne pas avoir perdu de sa pertinence aujourd’hui. La voici.

                                                  

                                                      ****************

     "Dix ans après la disparition de François Mitterrand, les témoignages et les rétrospectives sur le seul président de gauche élu par les Français sous la Vème République affluent. Cela ne doit pas surprendre. Qu'on ait aimé ou pas l'homme qu'il fut, force est en effet de reconnaître qu'il laissera une trace dans l'histoire de notre pays.

 

     François Mitterrand ne nourrissait aucune illusion sur les ressorts profonds de la nature humaine en politique. Il ne serait donc pas surpris d'entendre ceux de ses "amis" qui l'ont tant dénigré, surtout vers la fin, lui rendre aujourd'hui de vibrants hommages et se réclamer de sa filiation. Il sourirait certainement -et les apprécierait à leur juste mesure- en lisant les commentaires parfois élogieux de certains de ses adversaires, qui, après l'avoir durement combattu, reconnaissent aujourd'hui les qualités de l'homme politique et la valeur de ses enseignements.

 

     Le bilan des deux septennats de François Mitterrand est contrasté. Les responsables politiques ont naturellement tendance à le juger sans faire totalement abstraction de leurs engagements partisans. Quant aux commentateurs, il n'est pas évident qu'ils disposent encore d'assez de recul pour juger sereinement de cette tranche d'histoire.

 

     On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque". Il est vrai que le monde a bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, de plus en plus dominée par l'hyperpuissance américaine, a vu également l'influence de certains acteurs se renforcer. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives islamistes et le terrorisme mondialisé.

 

     En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué…même si les changements dans ce domaine sont probablement moins forts qu'on semble parfois le croire. Ce qui est sûr, c'est que les électeurs supportent de moins en moins le carcan de la Vème République, que François Mitterrand avait malheureusement accepté et qui rend aujourd'hui le débat politique au sein des institutions trop fréquemment décalé par rapport aux réalités vécues par les citoyens.

 

     Pour autant, en dépit de ces évolutions, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense essentiellement au rôle que celui-ci attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode.

 

     Volonté par exemple d'approfondir la construction européenne sans détruire la France, en liaison avec notre partenaire allemand. Volonté de moderniser l'économie de notre pays en l'appuyant sur des secteurs publics forts. Volonté de rechercher la justice sociale, même si la crise et certains manques d'audace n'ont pas permis d'aller assez loin.

 

     Quant à la méthode qui fut celle de Mitterrand et qui a toujours guidé sa démarche, personne ne peut nier qu'elle reste totalement d'actualité: des objectifs politiques clairement définis, une stratégie bien affichée, le souci permanent du rassemblement (des socialistes, de la gauche, des Français).

 

     Ceux qui, comme moi, ont eu la chance de connaître cet homme de près retiendront également un autre trait de sa personnalité, auquel il dut faire appel à de multiples occasions au cours de sa vie: une exceptionnelle capacité de résistance à l'adversité.

 

     C'est sa ténacité et la volonté qu'il manifestait dans l'action, jointes à la clarté de ses objectifs qui expliquent sans doute pourquoi ce personnage au caractère trempé, qui pouvait parfois apparaître froid et distant, avait la capacité rare de savoir mobiliser et entraîner les hommes. Souhaitons que d'autres responsables politiques sachent s'inspirer de cette leçon, pour redonner l'espoir qui manque tant aujourd'hui à notre pays."

                                                               

                                                          ****************  

    L'action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l'incertitude." (François Mitterrand , dans « Ma part de vérité »)

     " L’homme politique s’exprime d’abord par ses actes ; c’est d’eux dont il est comptable ; discours et écrits ne sont que des pièces d’appui au service de son oeuvre d’action." (François Mitterrand , dans « Mémoire à deux voix », avec Elie Wiesel)

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 09:29

Noël 2011Ecoutez les voeux de Paul Quilès sur CFM Radio

                                      * Quel bilan tirer des évènements de 2011?
                                      * Que souhaiter pour 2012?

                                      * Les prochaines échéances électorales

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 09:57

TTF-copie-1
      De qui se moque-t-on? Voici que le Président-candidat enfourche un "nouveau" cheval de bataille: l'instauration d'une "taxe sur les transactions financières", connu depuis longtemps sous le nom de "taxe Tobin".
     Il faut se souvenir comment cette idée de bon sens, que je défends depuis longtemps -voir par exemple sur ce blog: TTF, des atermoiements coupables ou ma tribune publiée par Marianne: Taxe Tobin, qu'est-ce qu'on attend? - était pourfendue par la droite et par N.Sarkozy lui même.
     Il suffit de relire sa déclaration de 1999, opportunément rappelée par le site Rue89:

    «L'affaire de la taxe Tobin est une absurdité [...].Si nous le faisons en France, on va encore le payer de dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires.

    Ce que vous ne comprenez pas, c'est que le monde a changé, le monde est devenu un village. A chaque fois que nous pénalisons la création de richesse sur notre territoire, nous favorisons la création de richesse chez les autres [...]. Réveillez-vous, le monde a changé ! »
    ATTAC a bien raison de parler d'un "bluff indécent". Décidemment, ce début de campagne présidentielle ne favorise pas les débats sérieux, c'est le moins que l'on puisse dire. A force de vouloir échapper à son bilan, le Président-candidat ne cesse de se contredire....une façon comme une autre de faire croire qu'il a "changé"!

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 11:21
            explosion nucléaireCette tribune a été publiée sur le site de l'Express
         
           « On peut tout prouver, si les mots dont on se sert ne sont pas clairement définis ». Cette affirmation du philosophe Alain éclaire d’une lumière crue certains affrontements qui scandent la vie politique. En évitant de définir les mots, en les rattachant à des concepts eux-mêmes mal définis, en ne précisant pas le contexte dans lequel on les utilise, effectivement, « on peut tout prouver ». C’est ce qui se passe par exemple lorsque l’on aborde les questions de défense, sujet majeur dans un monde dangereux, instable et surarmé.          
            Autrefois, c’est à dire avant novembre 1989, date de la chute du Mur de Berlin, la stratégie de dissuasion nucléaire était, par excellence, l’instrument de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest. La question de sa pertinence aurait dû se poser dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. L’état des risques et des menaces n’a en effet aujourd’hui plus rien de commun avec ce qu’il était dans la période de la guerre froide. Les scénarios dans lesquels la Russie ou la Chine s’en prendraient aux intérêts vitaux d’une puissance occidentale sont, dans la conjoncture actuelle, parfaitement improbables. Quant aux menaces qui trouvent leur origine dans des conflits locaux, elles ne peuvent être contrecarrées par la menace d’emploi de l’arme nucléaire et se situent en conséquence dans les « angles morts » de la dissuasion. Les menaces terroristes relèvent de cette catégorie. 
            La prolifération nucléaire constitue, en revanche, le principal risque pour la sécurité du monde, mais c’est plus par le multilatéralisme et les traités (comme le TNP[1]) qu’on la combattra que par la dissuasion nucléaire. De plus, établir un lien entre la possession de l’arme nucléaire et « le statut de grande puissance », comme on l’entend souvent, peut inciter certains pays à tenter de s’en équiper, alors que le but du TNP, ratifié par la quasi-totalité des membres de l’ONU (189), est au contraire d’aller vers une disparition des armes nucléaires. 
            Comment peut-on alors, loin de ces considérations, répéter sans sourciller que la dissuasion nucléaire est une sorte d’« assurance vie » ou qu’elle « garantit l’intégrité de notre pays » ? En réalité, le débat sur de telles affirmations n’a pas lieu, pour la bonne raison que celles-ci ne sont pas soumises à un questionnement public, au-delà des échanges au sein des cercles d’initiés. Normal, nous dit-on, elles font l’objet d’un consensus. Ce fameux consensus (mot clé de la démonstration) est d’autant plus facile à invoquer qu’on n’en a jamais vérifié sérieusement l’existence, et qu’on ne sait pas sur quoi il porte exactement. Comme il n’y a jamais eu de débat, précédé par une information sérieuse et encore moins de consultation des Français, la boucle est ainsi bouclée. Selon l’expression populaire, « circulez, il n’y a rien à voir ». 
            Ceux qui, sans même s’opposer frontalement au concept, souhaitent en parler et examiner la pertinence de certains choix sont vite traités d’incompétents, d’irresponsables, de démagogues, voire de mauvais Français. Quitte à courir ce risque, j’affirme qu’il ne faut pas avoir peur de traiter ces questions publiquement, en commençant, comme le suggérait le philosophe Alain, par définir clairement le sens des mots.           
            Je ne prendrai qu’un exemple pour illustrer mon propos : celui de la « Force aérienne stratégique », qui représente 15% de la dissuasion française[2]. Historiquement, c’est la première à avoir été créée en 1964, en raison de la simplicité de mise en œuvre du vecteur (un bombardier Mirage IVA) et de l’arme (la bombe AN-11). Aujourd’hui, 2 escadrons assurent 24h sur 24 l’alerte nucléaire avec le Rafale F3 ou le Mirage 2000K3 et le missile ASMP-A (capable de parcourir, une fois tiré à haute altitude une distance de 500 Km et de 100 Km à basse altitude), chargé d’une ogive nucléaire de 100 à 300 Kt !  
            A quoi est censée servir cette force ? On nous dit, dans un langage assez hermétique, qu’elle offrirait « les alternatives, les complémentarités et les capacités d’adaptation » pour le chef de l’Etat[3], car elle permettrait d’être « visible et donc démonstrative ». En clair, il s’agit d’une sorte de parade nucléaire avant ce que le Président Sarkozy appelle un « avertissement nucléaire ». Le rôle de la composante aérienne serait donc de parader, d’impressionner un adversaire !
            Pour essayer de comprendre ce que cela signifie, il faut imaginer une flotte de bombardiers nucléaires décollant, avec toute la logistique nécessaire (ravitaillement en vol, chasseurs accompagnant le convoi pour le protéger, transmissions des données….), puis tournoyant dans le ciel face à l’ennemi, pendant que des discussions diplomatiques se déroulent en parallèle, avant de recevoir enfin l’ordre de tir[4] ! Au-delà de l’aspect manifestement peu crédible de ce scénario, on voit bien que l’existence même de la composante aérienne[5]décrédibilise la dissuasion, en suggérant que, pour faire reculer un adversaire, les SNLE et leurs missiles ne seraient pas assez dissuasifs !
            De plus, on ne voit pas contre qui cette composante pourrait être utilisée, sachant que sa conception en fait une arme de proximité géographique. Sans doute est-ce pour cette raison que, faute d’ennemi proche et d'intérêt militaire, les Britanniques ont abandonné leur composante aéroportée en 1997 et les Américains ont retiré la plus grande partie de leurs bombes B-61 stationnées en Europe.
            Cet exemple montre que, si l’on veut bien s’éloigner du discours officiel, il y a place pour des débats, qui doivent dépasser le cadre étriqué du monde passé et prendre en compte les évolutions positives du monde et les nouvelles aspirations au désarmement nucléaire de la Communauté internationale.
[1]  TNP : Traité de Non Prolifération, signé le 1er juillet 1968. La conférence d’examen du TNP du 28 mai 2010 a élaboré un plan d’action sur les 3 volets du traité (désarmement, non prolifération, nucléaire civil) et prévu une réunion en 2012 sur la création au Moyen-Orient d’une  ZEAN (Zone Exempte d’Armes Nucléaires).
[2]  La force principale de la dissuasion française consiste en 4 SNLE (Sous marins Nucléaires Lance Engins). Cette composante océanique permet à la France de frapper en premier un adversaire étatique comme de répondre avec certitude à son attaque. Ces SNLE, en cours de modernisation, seront dotés chacun à l’horizon 2015 de 16 nouveaux missiles M51 (d’une portée de 9000 kms) et de nouvelles ogives nucléaires (TNO) d’une puissance de 100 Kt. De quoi dissuader tout adversaire situé sur n’importe quel point du globe. Une frappe d’un seul missile (avec 6 ogives au maximum) provoquerait des dégâts incommensurables, si l’on se souvient des 200 000 morts d’Hiroshima consécutifs à l’explosion d’une bombe….. de 15KT.
[3] Le décret du 14 janvier 1964 définit le rôle exclusif du Président de la République quant à l’engagement de l’arme nucléaire.
[4]  Une frappe nucléaire avec une ogive de 300 KT serait équivalente à 20 fois celle d’Hiroshima.
[5]  Il y a 20 ans, on nous assurait qu’il fallait absolument 3 composantes (océanique, aérienne, terrestre….soit une par armée !) pour garantir la crédibilité de la dissuasion française. La composante terrestre (missiles du plateau d’Albion, Pluton, Hadès) a été démantelée au début des années 90. Aujourd’hui, les théoriciens du nucléaire affirment avec la même force que la dissuasion nécessite 2 composantes.
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31 décembre 2011 6 31 /12 /décembre /2011 18:36

    Sans-titre.jpg    

     Ne relisez surtout pas les lettres et les cartes que vous avez écrites les années précédentes pour souhaiter vos « meilleurs vœux ».

      C'est ce que je viens de faire et j'hésite à philosopher à nouveau sur le monde qui nous entoure et sur ce qui nous attend au cours de l'année qui va commencer. Jugez plutôt.

     

    Début 2008, je me demandais avec inquiétude « comment éviter le désenchantement qui nous guette ».

 

         En 2009, je proposais que « malgré les nuages qui obscurcissent l’horizon, nous sachions cultiver l’optimisme….celui dont parlait Gramsci, qui se sentait pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté ».

   

     En 2010, je souhaitais que « la prise de conscience réelle des désordres du monde…se traduise par des actes forts des décideurs ».  

   

    Début 2011, j’en appelais, à la suite de Stéphane Hessel, à « l’indignation, préférable à la petite musique de la résignation, à laquelle trop de responsables ou de commentateurs nous invitent »

    

      Que pourrais-je dire de plus à l'aube de cette année 2012, dont nous espérons qu'elle nous apportera tant de changements ? Peut-être affirmer, avec Vaclav Havel, qui vient de nous quitter, que : « Avoir de l’espoir, ce n’est pas croire que les choses vont se passer bien, mais c’est croire qu’elles auront du sens »

    

     Finalement, c’est bien cette façon d’espérer, individuellement et collectivement, qui donne envie d’avoir des projets, d’aimer, d’agir et, tout simplement, de vivre. Voila donc ce que je vous souhaite pour 2012, en toute simplicité, mais avec sincérité.             

      

     Bien amicalement.  

                                  

                                         Paul Quilès                                                               

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CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez