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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 16:54

Invalides.jpg    

Tribune également publiée sur le site MEDIAPART

 

     La grande cérémonie religieuse et militaire organisée aux Invalides en l’honneur des 7 soldats français tombés ces derniers jours en Afghanistan a ravivé en moi plusieurs sentiments.

     J’ai naturellement été très ému, en pensant à la peine des familles et des camarades de ces jeunes. Des souvenirs d’enfance me sont revenus : l’angoisse de notre famille, alors que mon père, officier, combattait en Indochine, dans une guerre aux objectifs flous, qui n’intéressait personne, ni le monde politique, ni les médias. J’ai en mémoire la colère de ma mère devant cette indifférence et ma tristesse lorsque j’apprenais la mort du père d’un ami.

     Au-delà de l’émotion, comment ne pas s’interroger et se demander: pour quoi, pour quelle cause sont-ils morts ? Selon la formule consacrée, ils sont « morts pour la France ». C’est ce qu’on a entendu à plusieurs reprises au cours de la cérémonie, mais les propos ronflants ne suffisent pas. Ceux dont on nous dit qu’ils « remplissent leur mission au service de la liberté » ont besoin de comprendre le sens réel de cette mission. Tout comme les Français, ils veulent savoir pourquoi la France continue à participer à cette guerre ingagnable, aux objectifs de plus en plus confus.

     En près de 10 ans, ils auront tout entendu à ce sujet. Rappelons qu’au départ, l’intervention militaire a été autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU, en réplique aux attentats du 11 septembre 2001 commis par Al Qaïda, organisation terroriste soutenue par le régime des Talibans afghans.

     Une fois ceux-ci chassés de Kaboul, la justification de la présence des troupes internationales, organisées autour de l’OTAN (en réalité, autour des Américains), a connu des fortunes diverses.

      Pour le Président G. Bush, cette guerre s’insérait dans le projet des néo- conservateurs américains  de « Grand Moyen- Orient », qui prétendait « apporter la démocratie » à une zone allant du Maroc à l’Afghanistan….y compris par la force. On a pu en vérifier la pertinence de cette stratégie avec l’échec irakien !

     La finalité de la guerre d’Afghanistan a été le plus souvent présentée comme une façon de lutter contre le terrorisme international incarné par Al Qaïda et Ben Laden. On a même entendu un ministre français affirmer sérieusement que l’on éviterait ainsi « les attentats dans le métro parisien »….Pourtant, on savait bien, avant même la disparition de Ben Laden, que la présence d’Al Qaïda se limitait à quelques centaines de combattants localisés dans les zones tribales entre l’Afghanistan et le Pakistan et que l’on n’avait pas besoin de déployer 150 000 hommes pour les traquer. Et l’on s’est empressé de tout mélanger : Al Qaïda, le terrorisme, les Talibans (eux-mêmes très divers).
     Après avoir évoqué la défense du droit des femmes, la lutte contre l’illettrisme, on a justifié la présence militaire par la nécessaire reconstruction du pays….et il est vrai que l’Afghanistan en a sérieusement besoin. On se prend d’ailleurs à rêver à ce qu’il aurait été possible de faire en consacrant à cette tâche une faible partie des centaines de milliards de dollars que représentent les dépenses militaires depuis 10 ans. J’avais suggéré en décembre 2001, après la défaite du régime taliban, que les Américains mettent en place une sorte de « plan Marshall », comme ils l’avaient fait avec bonheur pour aider à la reconstruction de l’Europe après la 2ème guerre mondiale. Je me souviens de la réaction négative de Colin Powell, alors secrétaire d’Etat des Etats- Unis, obnubilé par l’objectif de la continuation de la lutte anti-terroriste.

     Aujourd’hui, le discours a encore évolué et les plus lucides reconnaissent que, malgré quelques améliorations, la situation en Afghanistan s’est plutôt dégradée, notamment sur le plan de la sécurité. Et ils ajoutent : « Nous ne pouvons donc pas partir. Ce serait livrer le pays aux talibans(1)». Ce type de justification m’amène à faire remarquer que, malheureusement,  nombre de pays à travers le monde souffrent eux aussi de sous-développement, qu’ils sont sous la férule de dictateurs, qu’ils ne respectent pas les droits de l’Homme et que ce n’est pas pour autant que nous y envoyons nos troupes. C’est bien parce qu’il y a eu les attentats du 11 septembre que l’on s’est intéressé aux souffrances du peuple afghan et il ne faudrait pas aujourd’hui faire croire que les nobles objectifs rappelés lors de la cérémonie des Invalides – une intervention « pour la liberté », « contre la tyrannie », « pour les droits de l’Homme »- étaient la justification initiale de l’intervention militaire .

     Dans ce pays, déchiré par 30 ans de conflits et soumis aux pressions concurrentes de ses puissants voisins, la seule issue raisonnable ne peut être que politique et internationale. La France disposerait d’une plus grande liberté de parole et d’action pour proposer une telle solution (2), si elle mettait fin à sa participation militaire à une guerre aussi inefficace que coûteuse financièrement (plus de 400 milliards de dollars) et humainement (près de 10 000 morts en 2010). Il est malheureusement à craindre que la subordination de notre pays aux décisions américaines, qui s’est renforcée depuis sa réintégration dans le commandement intégré de l’OTAN, ne réduise à peu de chose sa marge d’initiative.


1- Je constate en passant que cela n’a pas empêché le gouvernement afghan et les Américains de prendre des contacts avec certaines de ces organisations…..

2- Solution que j’ai déjà eu l’occasion de développer (voir sur ce blog)

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 09:36
     Le 6 avril 2011, à l'initiative du club Gauche Avenir, 25 responsables, élus, syndicalistes et intellectuels ont proposé que se tiennent des «assemblées des gauches et des écologistes», réunissant des responsables et des militants des diverses sensibilités de la gauche et de l’écologie, afin de permettre :

      - une confrontation constructive entre les différents points de vue sur les changements qu’une gauche rassemblée devra engager dès son arrivée au pouvoir.

      - l’élaboration de propositions unitaires ambitieuses, sans nier les désaccords, mais qui devront clarifier le socle commun d’une action transformatrice, en privilégiant la coopération et en dépassant la stricte concurrence entre les diverses cultures.

             

     Les deux premières assemblées se sont tenues les 6 mai et 18 juin 2011, sur des sujets au cœur des préoccupations des Français : le logement, l’énergie. Nous avons travaillé à partir de l’étude des programmes. Puis, pendant près de 6 heures pour chaque assemblée, des débats se sont déroulés entre des représentants des partis, de syndicalistes, de militants associatifs et d’experts.

             

      Vous trouverez les 2 documents de synthèse, issus de ces travaux et de ces débats, en cliquant sur:

                

              Logement                    Energie     

             

      Ces documents seront présentés aux partis de gauche, en espérant qu’ils y consacreront autant d’intérêt qu’aux questions de partage du pouvoir (qui reste à conquérir!) et aux batailles d’égos.
    

      Nous tiendrons à la rentrée deux nouvelles assemblées, sur l’éducation et les institutions.

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 08:46

Egypte-copie-1.jpgIntervention de Paul Quilès lors

de la rencontre franco-égyptienne*

(Le Caire, mardi 12 juillet 2011)

  

    Je suis heureux de participer à cette rencontre qui va permettre d’échanger, d’essayer de se comprendre et de mieux comprendre ce qui se passe en Egypte et surtout de parler de l’avenir.

   Elle contribuera en tout cas à éviter les malentendus et à tirer un trait sur les erreurs du gouvernement français pendant des années dans ses relations avec  l’Egypte comme avec les pays du sud de la Méditerranée. Il faut dire que, comme la plupart des gouvernements occidentaux, il était obsédé par le risque de l’islamisme politique, au point de soutenir les régimes les plus autoritaires et corrompus. S’ajoutait à cette analyse sommaire l’influence de la thèse des néo conservateurs américains (Bush) sur l’incompatibilité du monde arabe, de la démocratie et de l’Islam. Ici, comme en Tunisie, en attendant que d’autres pays du monde arabe se joignent à vous, la preuve est faite que ces présupposés étaient faux.   

    Il y a moins de 6 mois, le peuple égyptien se soulevait. On a parlé d’explosion. Ancien ingénieur dans le secteur pétrolier, je sais qu’une explosion ne se produit que si 3 éléments sont présents : le combustible, l’air (l’oxygène), l’étincelle.

   Ici, il s’est agi :

- des éléments objectifs (la situation économique et sociale : des inégalités fortes, 50% de la population qui vit avec moins de 2$/jour, le pillage des richesses par une oligarchie, l'arrivée de nombreux jeunes à l’âge adulte)= le combustible

- du climat créé par le désenclavement de l’opinion publique grâce aux nouvelles technologies de communication, qui a manifesté son rejet de cette situation= l’oxygène.

- de la violence répressive du pouvoir= l’étincelle    

    18 jours plus tard, le 11 février, avec le départ d’Hosni Moubarak, une nouvelle période commence. Une période de crise « La crise est ce qui sépare le vieux du neuf » a dit Gramsci.....mais personne n’a dit ni vérifié que le neuf sortait spontanément et rapidement du vieux !

    Justement, en Egypte, c’est précisément quoi, la crise, 5 mois après l’explosion ? On parle de révolution et je sais que c’est une préoccupation forte des Egyptiens, en particulier des jeunes. A-t-elle eu lieu ? Est-elle en cours ? J’ai lu que, lors de la manifestation de vendredi dernier, un jeune pharmacien avait dit : «Le CSFA (Conseil Suprême des Forces Armées) n'est pas convaincu que nous avons fait une révolution ; ça l'a arrangé de se débarrasser de Gamal Moubarak (fils de l'ex-président, qui se préparait à lui succéder), mais maintenant, il ne veut pas aller plus loin. On va lui montrer que la révolution, c'est comme un train : soit on monte dedans, soit on le laisse passer, mais si on veut se dresser sur son passage, on se fait écraser »

    La vraie question est de savoir quel est ou quel devrait être le contenu de cette révolution et, comme toujours en pareille circonstance, il est légitime de se demander s'il ne serait pas préférable de se contenter de quelques réformes, de peur que l’on détruise sans être capable de reconstruire, de peur aussi que des forces extrémistes viennent récupérer la révolution et briser l’espérance populaire. Vieux débat et débat récurent en France ! Dans une belle synthèse, le grand socialiste que fut Jean Jaurès avait théorisé ce qu’il appelait « l’évolution révolutionnaire », en disant que« les réformes ne doivent pas être seulement des adoucissants. Elles doivent être des préparations. Ainsi, elles prennent un caractère et une efficacité révolutionnaire » 

    On ne saura que plus tard s’il s’est agi vraiment d’une révolution. Ce qui est certain, c’est qu’il y a un lien dialectique entre « changement de régime » et « changement de société » (le titre de la table ronde). Ce sont des changements dans la société qui ont catalysé l’explosion dont je parlais en commençant et qui conduira obligatoirement à un changement de régime (même s’il y a des freins aujourd’hui….ce qui n’est pas surprenant). Ce changement de régime influera lui-même fortement sur la société et il entraînera en retour des changements dans la société…..ce qui ne veut pas dire un changement de société. En tout cas, pas tout de suite, car il restera des contradictions entre les différentes parties du peuple (classes ? communautés ?) et des aspirations, des attentes ne pourront pas être satisfaites rapidement. 

     Nous avons connu ces interrogations en France, même s’il s’agissait d’une autre époque, d’un autre contexte (1936, 1981). Il est toujours utile de se replonger dans le passé, non par nostalgie (le monde a changé), mais pour tirer des enseignements et s’inspirer de ce qui a réussi et pour ne pas répéter les mêmes erreurs. « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir » (François Mitterrand)

    Directeur de campagne de François Mitterrand en 1981, je viens d’écrire un livre sur la victoire du 10 mai 1981 et je me suis replongé à cette occasion dans cette période. J’ai retrouvé des éléments que j’avais un peu oubliés.

Avant le 10 mai :

     - un climat économique, social, politique, international : un chômage multiplié par 4 en 7 ans, une inflation à 14%, un système audiovisuel aux ordres, des dérives quasi monarchiques, des "affaires"…
    - une très forte attente ("changer la vie ")

    - le sentiment qu’une autre période allait s’ouvrir.

     Après le 10 mai :

    - la  fuite des capitaux (1milliard de F en quelques jours, chute de la Bourse, panique…)

    - l'inaction du 1er ministre (Barre) pendant 10 jours coûte 5 milliards de $ pour soutenir le franc (1/3 des réserves françaises en devises)

    - la violence de l’affrontement droite/gauche (ministère de la justice traité de "comité de défense des assassins", parce que la peine de mort était abolie)

    - l'obstruction parlementaire (4 longs mois pour promulguer la loi sur les nationalisations)

    Des réformes considérables ont été engagées (sociales, économiques, culturelles, libertés), mais on a buté sur une mauvaise estimation de la possibilité de relance économique, en raison d’une surestimation des capacités de l’appareil productif français (en mauvais état). 70% de l’argent distribué en réformes sociales a été consacré à l’achat de biens venant de l’étranger ….d’où la nécessité de ralentir les réformes au bout de 18 mois, ce qui a cristallisé le mécontentement.

    Plusieurs leçons peuvent être tirées de cette période, pour la France. A vous de dire si, malgré les différences de contexte, elles sont pertinentes pour votre pays :

- il faut clairement annoncer les objectifs, parce que l’attente de changement est forte et bien mesurer le rythme, l’intensité et le contenu des réformes (sociales, économiques, politiques) ;

- il faut essayer de prévoir les réactions des tenants de l’ordre ancien et imaginer la meilleure façon de les contrer ;

- il faut travailler en permanence à l’unité des forces réformatrices et passer les compromis nécessaires entre alliés ;

- le changement ne peut se mettre en œuvre sans l’existence et le soutien des organisations qui incarnent le mouvement populaire (partis, syndicats….). Il ne faut pas céder à l’illusion des réseaux sociaux, qui sont des amplificateurs, voire des déclencheurs (et peuvent provoquer ce que j'ai appelé "l'explosion"), mais qui ne sont pas les acteurs du changement. 

 

    Pour terminer, je poserai quelques questions à nos amis égyptiens, pour que nous comprenions mieux la situation:

- considérez-vous qu’il s’agit d’une révolution ?

- pourquoi une partie de la population n’est pas satisfaite ?

- quelles sont les forces organisées (partis, syndicats) qui peuvent favoriser la transition vers un régime plus démocratique et stable?

- que penser du rôle du CSFA (Conseil Supérieur des Forces Armées) et des ambiguïtés qui entourent son action ?

- quels sont les objectifs réels des Frères musulmans, devenus PLJ (Parti pour la Liberté et la Justice)? 

 

    Ces interrogations, fondamentales dans la période actuelle, conditionnent grandement l’avenir de votre pays. Seuls vous pouvez trouver les réponses à ces questions, seuls vous en avez l’immense responsabilité. Sachez cependant que les Français s’intéressent à votre combat. Ils vous regardent et ils sont impressionnés par cette extraordinaire vigueur populaire. Ils sont à vos côtés et ils espèrent que vos choix feront renaître cette Égypte forte, juste, libre et démocratique à laquelle vous aspirez.

 

       Lire aussi sur L'EXPRESS.FR:

"la place Tahrir et le pouvoir militaire se méfient l'un de l'autre"

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* Rencontre organisée par l'IRIS, le CEDEJ et l'Université du Caire

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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 08:04

Pour écouter l'interview de Paul Quilès

sur Europe 1

cliquer ici

 (entre 35'50 et 39'10)

 

    Depuis le début de l'année, 17 soldats français sont morts en Afghanistan....69 depuis le début de la guerre!

     Alors que N. Sarkozy vient de dire qu'il faut "savoir finir une guerre", il serait temps qu'on arrête de nous raconter n'importe quoi sur les raisons de la prolongation de la présence française dans ce conflit.
    Je l'ai souvent dit, la France aurait dû annoncer et engager depuis longtemps le retrait de ses troupes d’Afghanistan. Tous les observateurs et les acteurs, militaires et civils, y compris américains, savent en effet que cette guerre ingagnable est une impasse.

 

Lire à ce sujet sur ce blog:  

"Une triple confirmation" (23 juin 2011)

 "Nous pensons à eux" (30 juin 2011)

"La France doit retirer ses troupes d'Afghanistan"  (31 janvier 2011)    

"L'Afghanistan.... encore!" (11 septembre 2010)

 

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 11:36

Paul Quilès participera
à la 3ème Rencontre franco-égyptienne,

organisée par l'IRIS, l'Université du Caire

et le CEDEJ
qui se déroulera au Caire, mardi 12 juillet
autour du thème:
"Quelles transitions pour l'Egypte?
Dynamiques, enjeux, acteurs."

 

 

Thèmes abordés:
Changement de régime ou changement de société ?

Le départ précipité de Hosni Moubarak a surpris la plupart des observateurs et des acteurs politiques. La mise en place du Conseil suprême des forces armées pour assurer la transition politique, la réponse des citoyens égyptiens au référendum du 19 mars sur les amendements constitutionnels sont des éléments qui interrogent sur la nature réelle des changements en Egypte. Y a-t-il, ou non, une véritable modification de régime ? Les nouvelles forces politiques sont-elles de taille à réellement influencer l’évolution des relations entre l’Etat et la société ? 

La gouvernance économique

Au moment où d’importantes évolutions politiques se cristallisent, la question de la gouvernance économique est centrale : aussi bien dans les pratiques strictement internes que dans les relations bilatérales ou multilatérales, nombre d’habitus vont devoir elles aussi évoluer : le pillage des ressources nationales, le manque de transparence dans l’attribution de certains marchés ne sont plus acceptables. Les règles qui régissent nos rapports depuis de nombreuses années ont marqué leurs limites, il s’agit donc de les modifier. Quels objectifs se fixer ? Quels instruments politiques et juridiques mettre en œuvre et sur quel rythme ? 

L’Egypte au centre d’un Moyen-Orient en transformation

La révolution en Egypte en ôtant tout caractère d’exception à la révolution tunisienne a certainement eu un effet d’entrainement sur les mouvements de contestation en Libye et en Syrie. Dans quelle mesure a-t-elle fait de l’Egypte une référence en matière de transformation politique et va-t-elle renforcer son poids et sa capacité d’influence à l’échelon régional ?  Comment l’Egypte perçoit-elle les transformations en cours et à venir au Moyen-Orient (Syrie, Israël / Palestine) et en Afrique du Nord (Libye) et quel rôle peut-elle désormais jouer aux niveaux arabe, méditerranéen et africain ? Les changements politiques internes en Egypte la prédisposent-t-elle à se donner une ambition de puissance émergente et à agir plus activement au niveau international et multilatéral ? 

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2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 20:58

     Lire le commentaire dans Le Parisien et sur TF1

 

     Depuis 2 ans, je n’ai pas cessé de pointer les risques que le système de primaires retenu pour désigner le candidat à l’élection présidentielle pouvait faire courir au PS et à la gauche toute entière (voir sur ce blog).    

     Ces risques sont loin d’être écartés, si j’en juge par l’attitude d’un candidat se précipitant sur les micros et les caméras pour demander la modification du calendrier de dépôt des candidatures. Officiellement, il feint, en interprétant le nouveau cours du procès de Dominique Strauss-Kahn, de croire possible le retour de celui-ci sur la scène électorale de 2012. En réalité, il est aisé de voir que la suite de la procédure judiciaire reste encore incertaine et que les faits, même s’ils ne sont pas qualifiés de « crime », ne disparaîtront pas par enchantement.    

     Tous les (vrais) amis de DSK savent bien que sa principale tâche, si une issue heureuse permet de mettre fin à l’accusation, consistera à reprendre pied dans sa vie personnelle après cette épreuve douloureuse. Il lui faudra ensuite, s’il souhaite revenir à la vie publique, refaire son image dans l’opinion et cela prendra plus que quelques semaines!   

     La demande d'un report de la date de fin de dépôt des candidatures aux primaires socialistes n’est donc qu’une manœuvre visant à attirer les faveurs d’un électorat qui pourrait encore croire (contre toute vraisemblance) au retour dans la compétition de celui en qui ils avaient mis leurs espoirs. Ce n’est rien d’autre qu’une forme un peu indécente d’électoralisme. Il faut espérer que les 3 mois de campagne qui viennent ne nous réserveront pas d’autres mauvaises surprises de ce genre.

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     Lire aussi sur ce blog:  "les conséquences de l'affaire"

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 09:49

    otages.jpg     Il n’est pas question de bouder son plaisir, au moment où les 2 journalistes de France 3 et leurs accompagnateurs afghans viennent d’être libérés, après 547 jours de captivité ! Je partage naturellement la joie de leurs proches et de leurs amis, mais, qu’ils ne m’en veuillent pas, je souhaiterais qu’en cet instant heureux, on ait aussi une pensée pour les familles des 63 militaires français tués dans la guerre d’Afghanistan.   

    Je sais qu’elles se demandent à juste titre pour quelle cause ces soldats sont morts et elles ont raison, car cette guerre menée depuis 10 ans, est ingagnable de l’avis de tous les experts militaires et civils. C’est une guerre aux objectifs flous, qui ont changé au gré des fluctuations de la politique américaine : guerre contre le terrorisme, guerre pour défendre la démocratie, guerre pour permettre la reconstruction du pays….

     N'oublions pas non plus les dizaines de milliers de victimes afghanes. Après plus de 30 ans de guerre, les Afghans sont en droit d'espérer une solution de paix durable.

    J’ai souvent expliqué pourquoi la France aurait dû, depuis longtemps, arrêter de participer à cette guerre. On voit bien aujourd’hui, avec la décision de Barak Obama de commencer à retirer une partie des 100 000 soldats américains, imitée de façon précipitée par N. Sarkozy, que le règlement du conflit passera obligatoirement par des solutions politiques et des négociations internationales, associant notamment les pays voisins de l’Afghanistan. Dommage que notre pays n’ait pas pris plus tôt des initiatives pour favoriser cette évolution !

    Je voudrais enfin que nous pensions aussi aux 9 autres Français retenus en otage à travers le monde. Puisqu’il semble que la mobilisation de l’opinion publique française a joué un rôle (même mineur) dans l’issue heureuse à laquelle nous venons d’assister, il me semble qu’on devrait également, pour ces 9 otages, rappeler leur nom chaque jour sur toutes les chaînes de télévision et dire que « nous pensons à eux ».

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Pour écouter l'intervention de Paul Quilès sur BFM TV

cliquer ici

(entre 3'50 et 6'25)

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 15:32

 

Paul Quilès invité de RTL soir:

écouter l'interview

  

Afghanistan.jpg

Communiqué de Paul Quilès

 

   "La France aurait dû annoncer et engager depuis longtemps le retrait de ses troupes d’Afghanistan. Tous les observateurs et les acteurs, militaires et civils, y compris américains, savent en effet que cette guerre ingagnable est une impasse.
   L’annonce faite ce matin par l’Elysée de façon précipitée et qui veut faire croire à une concertation avec Barak Obama, ne trompe personne. La décision française, en contradiction avec le discours jusqu’ici officiel, est une triple confirmation :
     - confirmation de l’alignement sans condition de la France sur les décisions de Washington. On voit bien que le retour de notre pays dans le commandement intégré de l’OTAN ne lui a pas donné le moindre poids dans les processus de décision.
     - confirmation des erreurs commises dans l’appréciation de la situation de l’Afghanistan et dans la fixation des objectifs de guerre : lutte contre le terrorisme, stabilisation de Kaboul, aide à la reconstruction, mise en place d’un régime démocratique…. La stratégie de l’OTAN n’a cessé de fluctuer depuis 9 ans au gré des variations de la politique américaine.
     - confirmation de la terrible absence de l’Europe, qui aurait pourtant pu jouer un rôle, non seulement militaire (la défense européenne est malheureusement devenue un article de discours),  mais aussi sur le plan politique et diplomatique, car la seule issue d’un retour à la paix en Afghanistan est aujourd’hui politique et internationale."

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Lire aussi sur ce blog:    

"La France doit retirer ses troupes d'Afghanistan"

(31 janvier 2011)    

"L'Afghanistan.... encore!" (11 septembre 2010)

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 12:16
LCP.jpg

 

Débat sur la chaîne parlementaire

"la Libye, une guerre au dessus de nos moyens?"   

 

Pour regarder le débat,

cliquer ici  

 

 

Invités:
+ Paul Quilès, ancien ministre PS de la Défense

+ Bernard Valero, porte-parole du Quai d’Orsay

+ François Heisbourg, conseiller spécial du président de la Fondation pour la recherche stratégique

+ Jean-Dominique Merchet, journaliste à Marianne, spécialiste des questions militaires

 

     "L’intervention de la coalition contre les troupes de Mouammar Kadhafi a été déclenchée le 19 mars dernier. Alors que les modalités de l’intervention en Libye sont mises en cause par Pékin et Moscou, qui reprochent à l’alliance de ne plus se limiter à la protection des civils mais de vouloir la chute du régime, sur le front, les rebelles prennent l’ascendant sur les troupes du Colonel. En visite à Alger, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a reconnu "que les résolutions de l’ONU ne demandent pas le départ de Mouammar Kadhafi", tout en ajoutant : "Mais nous nous le demandons."

    Au même moment, Saïf Al-Islam Kadhafi, fils de Mouammar, a déclaré que son clan était prêt à accepter des élections dans les trois mois à venir, sous le contrôle d’observateurs internationaux. La coalition acceptera-t-elle de céder à ce qui ressemblerait à un compromis de la part du clan Kadhafi ? Doit-on craindre un enlisement du conflit ? Quel est le coût réel de cette guerre pour l’Hexagone ?"          

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 15:52

Marianne-2.jpg

 

"Depuis la crise, l'instauration d'une taxe sur les transactions financières est de nouveau à l'ordre du jour. Pourtant elle n'a pas encore été mise en place. Paul Quilès revient sur ce mécanisme qui pourrait, selon lui, désarmer la spéculation financière et permettre une redistribution des richesses à l'échelle mondiale."   

 

Lire la tribune sur le site Marianne 2

 

Lire également sur ce blog

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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez