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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 15:40

        printemps-arabe.jpg Extraits de la tribune de Paul Quilès publiée par le site MEDIAPART

          "Les bouleversements que connaît le monde arabe depuis six mois placent la France et l’Europe devant des responsabilités inédites, mais les actions menées jusqu’à présent ne paraissent pas à la hauteur de ce défi historique.

            En effet, la Tunisie et l’Egypte sont entrées dans une période de transition aux difficultés et aux risques considérables : baisse sensible de la production (près de 8 % en Tunisie), chute dramatique des recettes du tourisme, afflux des réfugiés de Libye, crise des paiements extérieurs. Quelles initiatives les Européens ont-ils pris pour aider ces pays à faire face à la seule urgence ? Le G8 a bien annoncé un « paquet financier » de 40 milliards de dollars, mais il s’agit pour l’essentiel de prêts à des pays déjà lourdement endettés. (....)

            En Libye, les incertitudes demeurent, en raison du risque d’enlisement, conséquence de deux erreurs : une mise en œuvre tardive de la zone d’exclusion aérienne et un transfert de l’essentiel de la gestion de l’intervention à l’OTAN. Le résultat est jusqu’à présent mitigé : beaucoup d’actions militaires aériennes, trop peu d’initiatives politiques et des objectifs de paix peu lisibles, alors qu’ils devraient être clairement exposés par les pays de la coalition, de manière à rallier l’ensemble des Libyens à une solution démocratique durable.

            L’OTAN étant d’abord par nature une organisation militaire, c’est aux gouvernements de la coalition qu’il revient de tracer les voies d’une paix qui ne pourra être que l’œuvre des Libyens eux-mêmes.  (....)

            La situation est également dramatique en Syrie. L’opposition à la dictature des clans alaouites fédérés par Bachar el Assad et le parti Baas semble résolue, mais elle ne parvient pas à mobiliser suffisamment le peuple syrien pour transformer à son profit le rapport des forces. Une part significative de la classe moyenne sunnite et surtout les minorités chrétiennes et druzes restent hésitantes. L’opposition est divisée. Une partie appelle au dialogue et accepte l’idée de réformes démocratiques progressives, une autre a choisi la confrontation. Les évènements semblent lui donner raison. Le régime a en effet décidé de réduire toute opposition au silence par le recours systématique à la force armée sous la forme la plus brutale, en encerclant les quartiers protestataires, dont il coupe les communications avec le monde extérieur et en déployant des tireurs embusqués pour terroriser les manifestants.

            Ces méthodes barbares, qui ont fait plus d’un millier de morts depuis mars, sont inacceptables. Il est urgent d’y mettre fin et d’exiger du régime syrien les changements politiques profonds qu’attend son propre peuple. (....)

            Cette lutte, comme celle des peuples tunisien et égyptien, a des dimensions qui s’étendent à l’ensemble de la région. Ses échos sont en particulier perceptibles en Palestine, face à un gouvernement israélien muré dans son refus de toute concession réelle. N’oublions pas en effet, dans notre soutien au printemps arabe, que la création d’un État palestinien souverain, aux côtés d’Israël, fait aussi partie des enjeux de ce vaste mouvement démocratique."

 

Lire la tribune sur le site MEDIAPART

                                        

                                            ****

Ecouter l'interview de Paul Quilès:

la répression en Syrie

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 17:17

images-1-.jpgAvec 40 personnalités de multiples horizons,

j'ai signé

"un appel à défendre l'existence de l'Humanité,

vitale pour le débat politique,

social et culturel national".

 

Lire les raisons de mon soutien

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 17:04

logo-Progres.jpgJ'ai animé une réunion dans l'Ain,

à l'invitation des élus

et de la Fédération socialiste,

sur le thème:

"mai 1981-mai 2012: les conditions de la victoire".
Lire l'article du Progrès

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Published by Paul Quilès - dans Toujours d'actualité
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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 15:38
TTF-copie-1.jpgChaque jour, les besoins financiers du monde apparaissent plus colossaux : déficits consécutifs à la crise financière, besoins liés à l’adaptation au changement climatique, lutte contre l’extrême pauvreté…. Les solutions apportées se révèlent souvent des palliatifs ou des réponses provisoires, à tel point que les inégalités continuent à se creuser de façon insupportable et que, même en Europe, des pays se trouvent en danger et des peuples se soulèvent.
     En attendant que des remèdes plus fondamentaux s’attaquent à la racine du mal, c'est-à-dire à un système financier international abandonné à ses pulsions et capable de faire plonger à nouveau l’économie mondiale dans la tourmente, il existe un instrument dont on parle trop peu. Ou plutôt, on en parle…..mais on ne fait rien !
     Je veux parler de la « taxe sur les transactions financières » (TTF), qui pourrait dégager des ressources financières considérables. L’idée n’est pas neuve, puisqu’elle avait été lancée par l’économiste Keynes dans les années 30, afin de lutter contre la spéculation boursière. Elle fut reprise en 1978 par le professeur Tobin, qui proposa d’instaurer une taxe sur les transactions internationales sur le marché des devises, avec comme principal objectif, là encore, de limiter les envies de spéculer des acteurs financiers.
     Tous ceux qui eurent le malheur de reprendre cette proposition, pourtant émise par un homme peu suspect de vouloir combattre le libéralisme économique, se virent traités par les milieux financiers et politiques de droite d’irresponsables et de démagogues. Il se trouve que la crise mondiale que nous traversons depuis plusieurs années a remis sur le devant de la scène l’idée d’une taxation, à un très faible taux (0,05%), de l’ensemble des transactions financières réalisées sur les marchés financiers.
     Il y a quelques mois, début mars 2011, le Parlement européen a même voté un vœu favorable à cette réforme. Plus récemment encore, la semaine dernière, une initiative conjointe du PS français et du SPD allemand a permis l’examen par les 2 parlements nationaux d’un projet de résolution européenne de taxation des transactions financières.
     Cette dernière proposition a malheureusement fait long feu. En Allemagne, dans la confusion la plus totale, la majorité de droite a refusé de voter le texte au motif qu’il était « irresponsable » et qu’il reprenait « le chemin de la lutte des classes » (sic !), alors qu’Angela Merkel et son ministre des finances disaient y être favorables…En France, le texte a été voté, malgré une utilisation politicienne du projet, présenté par l’UMP comme lié à « l’action de N. Sarkozy », mais on sait que ce vote sera sans lendemain, car les arguments sont toujours les mêmes dans les milieux politiques liés au système financier international.
     On agite à nouveau les mêmes arguments éculés et pourtant réfutés[1], autour du thème du « risque de casser le système des paiements internationaux ». On fait mine de le proposer au niveau mondial (G20), alors qu’on sait bien que les Etats-Unis, le Canada, le Japon et la plupart des pays émergents sont réticents et que c’est au niveau européen que le système est le plus pertinent dans un premier temps. 
Les besoins
     Il est difficile d’ignorer que les besoins de financement mondiaux n’ont jamais été aussi énormes. Une étude datant d’avril 2010[2] fait état d’une somme de 710 milliards de $ (chiffre qui s’est accru depuis, du fait de l’accentuation de la crise dans de nombreux pays), se décomposant en :
  - Financement des déficits budgétaires provoqués par la crise financière dans les pays développés : 360 milliards $
  - Financement de l’atténuation des changements climatiques et des adaptations nécessaires dans les pays en développement : 170 milliards $
  -  Ressources annuelles additionnelles nécessaires de 2012 à 2014 pour atteindre les « Objectifs de développement du millénaire »[3], que les 192 États membres de l’ONU se sont engagés à  atteindre d’ici 2015: 180 milliards $. 
L’apport de la TTF
     D’après les instituts de recherche économique, la taxe, appliquée à hauteur de 0,05% sur les transactions financières englobant toutes les transactions boursières et non boursières, pourrait rapporter 200 milliard € à l’échelle européenne et 650 milliards si elle était appliquée au niveau mondial.
     On voit donc bien, que, sans être une solution magique, la TFF satisferait en partie les besoins mondiaux de financement. Les atermoiements auxquels donnent lieu les échanges verbaux, les promesses non tenues, les échanges d’arguments de mauvaise foi au sein des instances internationales sont insupportables. Il faut espérer qu’une mobilisation politique et citoyenne, tant au niveau français qu’au niveau européen, permettra de faire aboutir ce projet, dont les principaux objectifs sont majeurs, puisqu’il s’agit :
  -  de désarmer la spéculation financière internationale ;
  -  de dégager des ressources nouvelles pour répondre à des besoins mondiaux vitaux ;
  - de faire payer le secteur financier, en grande partie responsable de la crise financière, pour participer à la redistribution des richesses au niveau mondial.
 
 

[3] Il s’agit, entre autres, de réduire de moitié du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, d’assurer l’éducation primaire pour tous, d’améliorer la santé maternelle, de réduire la mortalité infantile, de combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies.
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13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 18:49

            secheresse.jpg           Le caractère largement urbain de notre société tend à faire oublier l’importance des phénomènes qui affectent le monde agricole. Ceux-ci se rappellent parfois brutalement à nous. Ainsi, l’actualité récente s’est focalisée sur les risques liés à la « bactérie allemande », qui ont déclenché des réactions erratiques, tant chez les consommateurs que chez les décideurs et qui ont causé des pertes considérables aux agriculteurs européens, surtout espagnols, mais aussi français.

 

            On a par contre moins insisté sur les effets de la sécheresse historique que traverse notre pays et dont souffrent cruellement nos agriculteurs. Les quelques pluies annoncées ne suffiront pas, pas plus que les mesures annoncées par les pouvoirs publics. Il s’agit essentiellement de mesures portant sur des aides indirectes (remboursement étalé des emprunts, exonérations fiscales….), dont le montant est d’ailleurs flou : 500 millions € pour N. Sarkozy et …. 1 milliard € pour F. Fillion !

 

            Elles n’apporteront pas aux éleveurs les moyens de surmonter les difficultés considérables qu’ils vont rencontrer, du fait notamment de la hausse des prix du fourrage. Par ailleurs, aucune mesure n’est envisagée pour empêcher la spéculation sur les prix des céréales, qui ont déjà augmenté de 50 à 100% en un an, ce qui affectera les éleveurs mais aussi les consommateurs, en raison de l’inflation que cela entraînera. Ce phénomène sera accentué par les catastrophes climatiques qui se sont produites à travers le monde (sécheresse en Chine, tornades et inondations aux Etats-Unis, tsunami au Japon….) et qui ont réduit les surfaces de culture.

               

              Cette crise, qui rappelle pour la France les grandes sécheresses de 1923 et 1976, doit nous interpeler. Elle nous suggère notamment :

     - de donner un sens à la solidarité indispensable en pareille circonstance (entre tous les consommateurs d’eau, entre éleveurs et céréaliers). C’est à l’Etat de prendre les décisions qui concrétisent cette solidarité à l’égard des agriculteurs, quand elle ne se manifeste pas « naturellement ».

     - de réfléchir aux conséquences des évolutions climatiques qui s’annoncent et aux mesures à  mettre en oeuvre pour ne pas être pris au dépourvu (création par exemple de retenues et de stockages d’eau)

     - d’être attentif aux « délocalisations agricoles » qui semblent se préparer, avec des opérations engagées par des investisseurs qui achètent des terres en Afrique du Nord et dans le sud de l’Espagne, pour produire de façon plus sûre et à bas prix. Le risque ne doit pas être sous estimé pour nos productions agricoles. Je pense en particulier à mon département, le Tarn, qui fait partie des 62 départements touchés par la sécheresse et à la région Midi-Pyrénées, dans laquelle le secteur agro alimentaire est le premier employeur.

 

Ecouter l'interview de Paul Quilès

"la sécheresse et les agriculteurs"

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 16:57

     Je vous recommande cette interview de Régis Debray sur France Inter.

     Commentant son dernier livre "Du bon usage des catastrophes" au micro de Patrick Cohen, Régis Debray nous livre sa vision de la société contemporaine et fustige les "pensées magiques" et les "prophètes de malheur".

     Intellectuellement très stimulant dans la période actuelle!
                  Pour regarder la vidéo, cliquer ici

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 15:04

Tour d'horizon des grands thèmes

de l'actualité avec Paul Quilès 

(interview sur la radio "R d'autan")

- la réaction de la communauté internationale face à la répression en Syrie....écouter
- une ressource financière importante
dont on parle peu: la TTF ("Taxe sur les Transactions Financières")....écouter
- la gauche et la préparation de l'échéance de 2012.....écouter
- le drame de la sécheresse, en particulier dans le Tarn....écouter
- la vie à Cordes sur ciel et dans le Pays cordais......écouter

 

Pour écouter l'ensemble de l'interview

cliquer ici

(attendre 15" avant l'ouverture du fichier audio)

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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 11:08

Colette.jpgVous ne connaissiez peut-être pas Colette Réavaille, mais je voudrais vous parler de cette femme de 86 ans, dont la disparition m'a beaucoup touché, comme les nombreux témoignages que j'ai entendus hier au cours d'une cérémonie émouvante à Carmaux.

Voici comment, pour ma part, j'ai rendu hommage à cette amie, simple militante, dont la vie a été ce que Jean Jaurès appelait "une vie vivante, sincère et pleine".

                            *****

     "Au delà de la souffrance affective douloureuse que nous ressentons tous devant la disparition d'un être cher s'en ajoute une autre, non moins aigüe, celle de déplorer la disparition d'une personnalité hors du commun. Ce fort sentiment de vide, cette absence lourde témoignent rétrospectivement de la rayonnante présence de Colette.
      Difficile de parler d’elle à l’imparfait, tant elle est encore présente auprès de nous.
     Difficile de se départir d’une émotion intense dans un tel moment de communion.
      Difficile de résumer sa vie en quelques phrases. Je vais quand même essayer de le faire, modestement, convaincu que je ne pourrai évoquer qu’une partie de sa très riche personnalité.

      Colette, c’était d’abord une incroyable énergie. Incroyable pas seulement du fait de son âge. Bien des jeunes pourraient lui envier son insatiable curiosité, qui touchait à tous les domaines, son enthousiasme permanent, son esprit d’entreprise. Autant de traits si bien résumés par le titre même de son association (« De quoi j’me mêle »)….c’est à dire : je m’intéresse à tout ce qui fait la vie, pour comprendre, pour débattre, pour expliquer, pour agir…
      Colette, c’était une femme de convictions. Des convictions fortes et pas seulement, comme on le voit trop souvent des mots, contredits par les actes,. Toute jeune, elle montrera son courage dans son engagement dans la Résistance. Puis, jusqu’à la fin, elle affichera un engagement politique sans faille, au service d’un socialisme humaniste, fidèle au message du grand Jaurès.
       Colette, c’était un caractère aimable, souriant, une bonne humeur permanente et cela malgré les épreuves de la vie, qu’elle a traversées avec beaucoup de dignité.
       Colette, c’était la fidélité en amitié. Bien précieux, parce que rare. Une amitié dont je m’honorais et qu’elle me manifestait fréquemment.
     La disparition de Colette est une perte pour sa famille et ses 7 enfants, auxquels elle tenait tant, pour ses amis, qui l’aimaient et l’admiraient beaucoup, mais aussi pour Carmaux, cette ville à laquelle elle était attachée et qui va découvrir que, plus que d’autres peut-être, elle est irremplaçable. En tout cas, Colette laissera ici non seulement des souvenirs, mais une leçon de vie, pour nous tous et surtout pour les jeunes, qui peuvent s’inspirer de tels exemples.
         C’est pour cela que j’ai pensé lui rendre un dernier hommage en lisant quelques extraits du remarquable « discours à la jeunesse » prononcé par Jean Jaurès devant les lycéens d’Albi le 30 juillet 1903. Il n’a pas pris une ride et il correspond, vous allez l’entendre, tellement bien aux convictions, aux valeurs et à l’engagement de Colette !

 

" C’est une grande joie pour moi de me retrouver en ce lycée d’Albi et d’y reprendre un instant la parole. Grande joie nuancée d’un peu de mélancolie ; car lorsqu’on revient à de longs intervalles, on mesure soudain ce que l’insensible fuite des jours a ôté de nous pour le donner au passé. Le temps nous avait dérobés à nous-mêmes, parcelle à parcelle, et tout à coup c’est un gros bloc de notre vie que nous voyons loin de nous. La longue fourmilière des minutes emportant chacune un grain chemine silencieusement, et un beau soir le grenier est vide.
 Mais qu’importe que le temps nous retire notre force peu à peu, s’il l’utilise obscurément pour des œuvres vastes en qui survit quelque chose de nous?     (…….)
 Oui, les hommes qui ont confiance en l’homme (…) sont résignés d’avance à ne voir qu’une réalisation incomplète de leur vaste idéal, qui lui-même sera dépassé ; ou plutôt ils se félicitent que toutes les possibilités humaines ne se manifestent point dans les limites étroites de leur vie. (…)
 Et ils affirment, avec une certitude qui ne fléchit pas, qu’il vaut la peine de penser et d’agir, que l’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu. L’histoire enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir.
 Dans notre France moderne, qu’est-ce donc que la République ? C’est un grand acte de confiance. Instituer la République, c’est proclamer que des millions d’hommes sauront tracer eux-mêmes la règle commune de leur action ; qu’ils sauront concilier la liberté et la loi, le mouvement et l’ordre ; qu’ils sauront se combattre sans se déchirer ; que leurs divisions n’iront pas jusqu’à une fureur chronique de guerre civile, et qu’ils ne chercheront jamais dans une dictature même passagère une trêve funeste et un lâche repos. Instituer la République, c’est proclamer que les citoyens des grandes nations modernes, obligés de suffire par un travail constant aux nécessités de la vie privée et domestique, auront cependant assez de temps et de liberté d’esprit pour s’occuper de la chose commune. (….)
 Rien n’est plus menteur que le vieil adage pessimiste et réactionnaire de l’Ecclésiaste désabusé : “ Il n’y rien de nouveau sous le soleil ”. Le soleil lui-même a été jadis une nouveauté, et la terre fut une nouveauté, et l’homme fut une nouveauté. L’histoire humaine n’est qu’un effort incessant d’invention, et la perpétuelle évolution est une perpétuelle création.(……)
 Surtout, qu’on ne nous accuse point d’abaisser et d’énerver les courages. L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement.
 Le courage, aujourd’hui, ce n’est pas de maintenir sur le monde la sombre nuée de la Guerre, nuée terrible, mais dormante, dont on peut toujours se flatter qu’elle éclatera sur d’autres. Le courage, ce n’est pas de laisser aux mains de la force la solution des conflits que la raison peut résoudre ; car le courage est l’exaltation de l’homme, et cela en est l’abdication.
 Le courage pour vous tous, courage de toutes les heures, c’est de supporter sans fléchir les épreuves de tout ordre, physiques et morales, que prodigue la vie. Le courage, c’est de ne pas livrer sa volonté au hasard des impressions et des forces ; c’est de garder dans les lassitudes inévitables l’habitude du travail et de l’action. Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de le bien faire, quel qu’il soit ; c’est de ne pas se rebuter du détail minutieux ou monotone ; c’est de devenir, autant que l’on peut, un technicien accompli ; c’est d’accepter et de comprendre cette loi de la spécialisation du travail qui est la condition de l’action utile, et cependant de ménager à son regard, à son esprit, quelques échappées vers le vaste monde et des perspectives plus étendues.
 Le courage, c’est d’être tout ensemble, et quel que soit le métier, un praticien et un philosophe. Le courage, c’est de comprendre sa propre vie, de la préciser, de l’approfondir, de l’établir et de la coordonner cependant à la vie générale. Le courage, c’est de surveiller exactement sa machine à filer ou à tisser, pour qu’aucun fil ne se casse, et de préparer cependant un ordre social plus vaste et plus fraternel où la machine sera la servante commune des travailleurs libérés. Le courage, c’est d’accepter les conditions nouvelles que la vie fait à la science et à l’art, d’accueillir, d’explorer la complexité presque infinie des faits et des détails, et cependant d’éclairer cette réalité énorme et confuse par des idées générales, de l’organiser et de la soulever par la beauté sacrée des formes et des rythmes.
 Le courage, c’est de dominer ses propres fautes, d’en souffrir mais de n’en pas être accablé et de continuer son chemin.
 Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense.
 Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
 Ah ! vraiment, comme notre conception de la vie est pauvre, comme notre science de vivre est courte, si nous croyons que, la guerre abolie, les occasions manqueront aux hommes d’exercer et d’éprouver leur courage (…)
 Et vous, jeunes gens, vous voulez que votre vie soit vivante, sincère et pleine. C’est pourquoi je vous ai dit, comme à des hommes, quelques-unes des choses que je portais en moi."

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Lire aussi l'article de la Dépêche du Midi

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 19:05
nucleaire-Merkel.jpg     Angela Merkel vient de décider d’arrêter la production allemande d’électricité nucléaire en 2022.  Quand une mesure de cette importance est prise, on est en droit de se demander quelle en est la raison, surtout lorsqu’elle représente, comme c’est le cas ici, une volte face flagrante par rapport aux positions précédemment exprimées par la Chancelière.
     Il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre que cette décision répond d’abord à des considérations de nature politique, disons plutôt politiciennes. Il s’agit en effet pour Angela Merkel de limiter les risques électoraux que court son parti, du fait de la progression des Verts, dopés par l’émotion engendrée par la catastrophe nucléaire de Fukushima.
     Au-delà de ces considérations, il me semble utile de s’interroger sur les conditions dans lesquelles cette « sortie du nucléaire » a été décidée. Au moins 3 points méritent réflexion :
    - le programme de remplacement à mettre en œuvre dans les 10 prochaines années est-il clairement identifié par le gouvernement allemand et accepté par la population (développement rapide des énergies renouvelables, modification des modes de consommation, évolution des réseaux de distribution….) ?
    - les objectifs d’émissions de carbone fixés au niveau européen seront-ils tenus ?
    - les Allemands comptent-ils sur les importations d’électricité française (produite à 75% par des centrales nucléaires !), pour combler des déficits passagers ? Etonnant....lorsque l'on sait qu’il arrive à la France d’importer de l’électricité d’Allemagne, lors de périodes de pointe de consommation!
     En posant ces questions, je ne souhaite pas me situer dans ces catégories réductrices - les « pro », les «anti », les "responsables", les "rêveurs"-, qui conduisent trop souvent à empêcher toute discussion en profondeur. Ces questions légitimes (et bien d’autres encore) font partie d’un débat qui doit avoir lieu de façon non partisane et en dépassant les postures émotionnelles, en évitant la manipulation des chiffres, en ne mélangeant pas les problèmes techniques, économiques et politiques.
    Depuis 40 ans, au cours de ma vie d’ingénieur dans le secteur de l’énergie, dans mes responsabilités syndicales, politiques, d’élu et de ministre, je me suis toujours battu contre les positions extrêmes qui ont conduit à une dépendance excessive à l’égard du nucléaire et à une sous estimation des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Je l’ai fait de façon raisonnée, convaincu que, sur un dossier aussi crucial pour nos sociétés, une information sérieuse, objective et, si nécessaire, contradictoire est le préalable indispensable à un débat public, sans lequel il n’est pas possible d’envisager des réponses acceptables par nos concitoyens.
     C’est précisément pour cela que je me retrouve dans la démarche du club Gauche Avenir, qui propose aux forces de gauche et de l’écologie de définir, pour plusieurs grands thèmes, le « socle » sur lequel pourra se construire un projet et un programme de gouvernement.
     En ce qui concerne l’énergie, chacun voit bien qu’il y a des nuances et parfois des divergences entre les différents partis de gauche, mais s’ils veulent gouverner ensemble et être crédibles aux yeux des Français, ils ont le devoir de définir ce « socle », c'est-à-dire les analyses et les propositions qu’ils ont en commun.
     Le 18 juin, une journée de travail sera consacrée à ce thème de la politique énergétique, en présence de responsables politiques et d’experts. Pour en savoir plus, cliquez ici.
     La réunion sera publique et nous publierons le compte-rendu des débats, comme nous l’avons fait pour la 1ère assemblée des gauches et des écologistes sur le logement.
     Lire aussi sur ce blog:  "pour une nouvelle politique de l'énergie"
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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:48

Affiche campagne 1    Alors que les afrontements et les conflits de personnes risquent de se développer dans les prochains mois, il peut être utile pour la gauche de réfléchir aux conditions qui ont permis la victoire historique du 10 mai 1981.

    Je sais bien que certains ironisent en parlant de nostalgie. Ils ont tort; ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ni tristesse, ni mélancolie, ni crispation sur le passé, encore moins embellissement d'un bilan, qui a connu des ombres et pas seulement des lumières.

    Ce serait par contre une erreur de ne pas admetre la pertinence actuelle de stratégies gagnantes éprouvées. 

    On entend dire qu'il s'agissait alors d'une "autre époque" et il est vrai que le monde a beaucoup bougé depuis ce qu'on a appelé "les années Mitterrand". La scène internationale, toujours dominée par l'hyper puissance américaine, a vu se renforcer l’influence de nouveaux acteurs. Le mur de Berlin est tombé depuis plus de 20 ans. Récemment, d’autres craquements se sont fait entendre, avec les révolutions qui ont embrasé le monde arabe. La mondialisation des échanges est devenue un enjeu majeur des relations entre Etats. Des lignes nouvelles de fracture sont apparues, sous les coups de boutoir des extrémismes, qui se manifestent avec plus de vigueur, notamment à travers les dérives religieuses et le terrorisme mondialisé. En France aussi, la vie politique, les rapports de force, les débats ont évolué.   
    Pour autant, en dépit de ces changements, il est des enseignements de la vie publique de François Mitterrand qui perdurent. Je pense notamment au rôle qu’il attribuait dans la conduite de son action à la volonté et à la méthode. Quant aux « fondamentaux » de sa stratégie, ils sont encore aujourd’hui les conditions de la réussite pour la gauche : le choix des personnes ne doit pas précéder l’élaboration du projet ; les sondages ne doivent pas être la boussole des décisions ; le rassemblement de la gauche doit être recherché en permanence. L’élection de François Mitterrand a également fait la preuve éclatante que ce n’est pas la popularité qui fait l’élection….mais la victoire qui rend populaire !

    Depuis un mois, au cours des nombreuses occasions* où j'ai parlé de cet évènement historique et unique pour la gauche sous la Vème République, j'ai pu constater que mon analyse et ma conviction étaient largement partagées.

    La forte attente qui se manifeste dans notre pays n'est pas celle d'une alternance, fruit du rejet du pouvoir en place et imprudemment promise par les faux prophètes, mais bien l'espoir d'une véritable alternance politique. En 2012, comme en 1981, l'objectif de la gauche doit être de "changer la vie". Les mois qui viennent seront déterminants pour donner un contenu crédible et "durable" à cet espoir.
________________________________________________________________

* L'ensemble de ces évènements est évoqué sur ce blog:

cliquer ici 

   - audiovisuel (Public Sénat, France 3 Midi-Pyrénées, France Inter),

   - presse (Sud Ouest, l'Express, l'Humanité, Métro, la Voix du Midi, la Montagne, l'Union),

   - réunions-débats (Paris, Evreux,  Lognes, Clermont Ferrand, Millau, Macon, Châlons en Champagne),

   - publication du livre "On a repris la Bastille"

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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez