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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 15:58

       Ce texte a également été publié sur le site de Marianne2.fr

 

     Entendons-nous bien : je ne vise pas ici les enquêtes d’opinion générales et celles réalisées pour le compte d’entreprises et d’organismes divers, qui représentent d’ailleurs la source principale du chiffre d’affaires des instituts de sondage. Je veux parler des sondages « prédictifs » concernant les grandes élections nationales.
     Je ne nie pas l’intérêt d’une technique qui peut être utile pour mieux appréhender l’état de l’opinion publique sur des sujets majeurs et d’en hiérarchiser les aspirations. Ce n’est cependant qu’un outil, qu’il faut remettre à sa place, en intégrant les résultats qu’il fournit dans une analyse plus complète de la réalité politique.
     Par contre, lorsqu’il s’agit de « prévoir » le résultat d’une élection 3 mois, 6 mois, 1 an avant la date du scrutin, on tombe véritablement dans le domaine de la pensée magique. Sans être un grand politologue, on sait en effet qu’un sondage réalisé aussi loin de l’échéance ne peut intégrer plusieurs facteurs déterminants, notamment :
    - les conséquences de la campagne électorale proprement dite, qui fait bouger les lignes ;
     - le handicap de celui qui est en tête longtemps à l’avance et qui devient au fil du temps l’objet de toutes les critiques….y compris du monde médiatique, qui résiste rarement à la tentation de brûler ce qu’il a porté au pinacle ;
     - le changement d’attitude de certains électeurs du camp adverse, favorables par effet de mode à un candidat dans les sondages….mais qui retrouvent leur camp quand l’affrontement se radicalise.
      Il n’empêche, on a beau le répéter, rien n’y fait. Presque tous les commentateurs, les partis et les responsables politiques, les candidats potentiels eux-mêmes ont les yeux rivés sur ces indicateurs, qui ne veulent pourtant pas dire grand-chose. Que penserait-on d’un pilote qui conduirait sa voiture avec un tableau de bord donnant des chiffres qu’il sait pertinemment faux et qui déterminerait cependant sa conduite en fonction de ces indications ? de toute façon, l’accident ne serait pas loin !
      Je regrette que les responsables politiques et les médias (et pourquoi pas, les instituts de sondage) ne soient pas plus prudents dans l’exploitation des sondages prédictifs. Je passe sur l’attitude un peu ridicule qui consiste à se gaver de ces chiffres et à s’en flatter lorsqu’ils vous sont favorables et à les rejeter ou à crier à la manipulation lorsqu’ils ne le sont pas.
      La manipulation peut évidemment exister, mais elle serait sans objet si les politiques expliquaient en toute circonstance l’inutilité et la dangerosité de ces prédictions. Combien d’entre eux, qui affirment en public ne pas y croire et ne pas s’en soucier les regardent quand même, comme ceux qui lisent leur horoscope –auquel ils ne croient naturellement pas- en y cherchant un conseil réconfortant !
      Il me semble indispensable à cet égard de rappeler quelques chiffres concernant plusieurs élections présidentielles, oubliés et pourtant particulièrement éclairants pour comprendre les dangers de la « sondomanie ».

 

Election de 1981

                     Octobre 1980              Avril 1981             Mai 1981
                    (sondage IFOP)          (1er tour)            (2ème tour) 
Mitterrand         18%                         25,9%                   51,8%
Giscard             36%                         28,3%                   48,2%
Marchais           16%                         15,3%                     -
Chirac                 8%                         18,0%                     -


Election de 1995

                      Fin janvier 1995               Avril 1995           Mai 1995
                  (sondage IFOP/SOFRES)     (1er tour)          (2ème tour)
Jospin                 15%                                23,3%              47,4%
Balladur              29%*                               18,6%                 -
Chirac                 16%                                 20,8%              52,6%

 

* Ces mêmes sondages indiquaient que 62% des Français pensaient que Balladur ferait un bon président de la République et 65% d’entre eux étaient convaincus qu’il serait élu….

 

Election de 2002

                   Septembre 2001         Avril 2002              Mai 2002
                  (sondage SOFRES)       (1er tour)            (2ème tour)
Jospin                27%                            16,2%                    -
Chirac                26%                            19,9%               82,2%
Le Pen                7%                             16,9%               17,8%
Chevènement     9%                               5,3%                    -

 

Election de 2007

                      Décembre 2006          Avril 2007           Mai 2007 
                        sondage BVA)          (1er tour)            (2ème tour)
Sarkozy                   32%                      31,2%              53,1%
Royal                       35%                      25,9%              46,9%
Bayrou                      8%                       18,6%                 -
Le Pen                      9%                         0,4%                 -

 

          J’espère que ce retour sur le passé, qui se veut un appel à la lucidité, incitera les responsables politiques de la gauche à ne pas fixer leur cap en fonction des indications de cette boussole si peu fiable que sont les sondages prédictifs.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 11:09

imagesCAZMPT5G.jpgDix ans plus tard, on s'interroge encore sur la nature du terrorisme international, sur ses origines, sur ses motivations, sur la façon de le combattre. 

Alors que des documents saisis dans les décombres du palais de Kadhafi font apparaître les dérives de la lutte anti-terroriste mettant en cause les Etats-Unis, la Grande Bretagne (et peut-être la France), il peut être instructif de relire certains documents.

    Je me suis pour ma part souvent exprimé sur ce sujet. Dès le lendemain des attentats du 11 septembre, j'ai décidé, en tant que Président de la Commission de la défense de l'Assemblée nationale, d'engager une réflexion, qui a débouché dès le 12 décembre 2001, sur un rapport. Comme on pourra le constater (lire le rapport), sur les 25 propositions faites, certaines d'entre elles sont encore pertinentes.

                                   

Approximations sur le terrorisme 

                                           Rappel de ma tribune du 11 janvier 2011

            Chaque fois que je parle de terrorisme, je me tiens à l’écart des approximations de ceux qui voudraient apporter des réponses trop simples et univoques à ces questions graves et complexes. 

            Il est naturel de se retrouver dans la compassion générale qui entoure les familles et les proches des victimes de ces actes inhumains. Il est tout aussi naturel qu’un large accord se fasse au sein de la communauté nationale sur l’objectif de lutter contre un fléau qui présente de graves dangers de déstabilisation de notre société.

            Pour autant, il n’est pas question, au nom de ce consensus, d’accepter aveuglément la stratégie déployée ou les moyens de lutte utilisés, par crainte d’être dénoncé comme un mauvais citoyen rompant l’indispensable unité nationale face à de tels évènements.

            Tant que la réalité du terrorisme international ne sera pas clairement et publiquement analysée, à travers ses motivations, ses objectifs, sa diversité et ses contradictions, les réponses sommaires continueront à prospérer, sans convaincre. Au mieux, comme on vient de le voir à l’occasion de l’opération militaire qui a entraîné la mort de 2 jeunes Français, elles mobiliseront une partie de l’opinion, en donnant l’impression de la fermeté et de la détermination.

            Dans le passé, certains promettaient de « terroriser les terroristes » ….. avec le succès que l’on sait. Ceux qui prônent aujourd’hui, avec de males accents, la « guerre contre le terrorisme », en reprenant la malheureuse formule de George Bush, font la même erreur.

            Il ne peut s’agir en effet d’une guerre, dans la mesure où les adversaires ne nous font pas face, que leurs objectifs sont confus, contradictoires et qu’il ne peut être question de négocier une issue avec eux. La lutte contre le terrorisme est un combat de l’ombre, dans la durée, qui fait appel à un grand nombre de moyens, touchant à des domaines divers comme le renseignement, les circuits économiques, la police, la communication, la coopération internationale,  l’armée. Par contre, croire que les seules interventions militaires, même si elles peuvent être parfois utiles, permettront d’éradiquer le terrorisme, est un leurre.

            Il n’y aura pas de réponse sérieuse et efficace sans réflexion en profondeur sur les raisons qui ont favorisé son émergence, sans analyse des facteurs qui entretiennent son développement, surtout dans des pays pauvres et dans ceux où la contestation de l’influence occidentale –notamment celle de la France- est forte.

            C’est dans ce contexte que devrait être reconsidérée l’opportunité de la présence en Afghanistan des troupes françaises, qui participent depuis 9 ans, à une guerre sans fin, aux objectifs flous. Chacun sait maintenant qu’il ne s’agit plus véritablement d’une lutte contre le terrorisme d’Al Qaïda. En revanche, cette participation donne de la France l’image d’un pays impliqué dans un conflit contre le monde musulman, au sein  au sein d’une coalition militaire essentiellement « occidentale ». Pour ma part, je suis donc de plus en plus convaincu que la France devrait rapidement retirer son contingent d’Afghanistan.
   
      Lire aussi sur ce blog:
lutter contre le terrorisme

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 16:18

Une bien belle fable....qui vous rappellera sûrement quelque chose!

    Ane-copie-1.jpgUn homme portant cravate se présenta un jour dans un village. Monté sur une caisse, il cria à qui voulait l’entendre qu’il achèterait cash 100 euros l’unité tous les ânes qu’on lui proposerait. Les paysans le trouvaient bien peu étrange mais son prix était très intéressant et ceux qui topaient avec lui repartaient le portefeuille rebondi, la mine réjouie.   

  Il revint le lendemain et offrit cette fois 150 € par tête, et là encore une grande partie des habitants lui vendirent leurs bêtes. Les jours suivants, il offrit 300 € et ceux qui ne l’avaient pas encore fait vendirent les derniers ânes existants. Constatant qu’il n’en restait plus un seul, il fit savoir qu’il reviendrait les acheter 500 € dans huit jours et il quitta le village.

     Le lendemain, il confia à son associé le troupeau qu’il venait d’acheter et l’envoya dans ce même village avec ordre de revendre les bêtes 400 € l’unité. Face à la possibilité de faire un bénéfice de 100€ dès la semaine suivante, tous les villageois rachetèrent leur âne quatre fois le prix qu’ils l’avaient vendu et pour ce faire, tous empruntèrent.

     Comme il fallait s’y attendre, les deux hommes d’affaire s’en allèrent prendre des vacances méritées dans un paradis fiscal et tous les villageois se retrouvèrent avec des ânes sans valeur, endettés jusqu’au cou, ruinés.

     Les malheureux tentèrent vainement de les revendre pour rembourser leur emprunt. Le cours de l’âne s’effondra. Les animaux furent saisis puis loués à leurs précédents propriétaires par le banquier. Celui-ci pourtant s’en alla pleurer auprès du maire en expliquant que s’il ne rentrait pas dans ses fonds, il serait ruiné lui aussi et devrait exiger le remboursement immédiat de tous les prêts accordés à la commune.

     Pour éviter ce désastre, le Maire, au lieu de donner de l’argent aux habitants du village pour qu’ils paient leurs dettes, le donna au banquier, ami intime et premier adjoint, soit dit en passant. Or celui-ci, après avoir rétabli sa trésorerie, ne fit pas pour autant un trait sur les dettes des villageois ni sur celles de la commune et tous se trouvèrent proches du surendettement.

     Voyant sa note en passe d’être dégradée et pris à la gorge par les taux d’intérêts, la commune demanda l’aide des communes voisines, mais ces dernières lui répondirent qu’elles ne pouvaient en aucun cas l’aider car elles avaient connu les mêmes infortunes.

     Sur les conseils avisés et désintéressés du banquier, toutes décidèrent de réduire leurs dépenses: moins d’argent pour les écoles, pour les programmes sociaux, la voirie, la police municipale... On repoussa l’âge de départ à la retraite, on supprima des postes d’employés communaux, on baissa les salaires et parallèlement on augmenta les impôts. C’était, disait-on, inévitable mais on promit de moraliser ce scandaleux commerce des ânes.

     Cette bien triste histoire prend tout son sel, quand on sait que le banquier et les deux escrocs sont frères et vivent ensemble sur une île des Bermudes, achetée à la sueur de leur front. On les appelle les frères Marchés. Très généreusement, ils ont promis de subventionner la campagne électorale des maires sortants.

     Cette histoire n’est toutefois pas finie car on ignore ce que firent les villageois. Et vous, qu’auriez-vous fait à leur place ? Que ferez-vous?

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 13:30

                                 Le texte qui suit a été publié sur le site MEDIAPART

  Referendum.jpg
Dans une  
récente tribune, j’ai montré comment, sur des sujets importants, la confusion savamment entretenue par les décideurs politiques masque souvent la volonté de dissimuler la vérité. Les subterfuges sont toujours les mêmes: fausses évidences, formules toutes faites, silences, « non dits »…. 

  En prenant l’exemple du nucléaire, j’ai proposé que des méthodes plus démocratiques soient mises en œuvre pour éviter que s’engagent, sans véritable débat, des politiques qui concernent lourdement notre vie et celle des générations à venir. Ma proposition de consulter les Français par référendum a fait l’objet de commentaires pertinents, ce qui m’amène à préciser ici mon idée.  

            Rappelons-nous d’abord que le principe du référendum est inscrit dans la Constitution, à l’article 11 (modifié le 23 juillet 2008). Celui-ci précise notamment que « Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement….. ou sur proposition conjointe des deux Assemblées……. peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent…. ». Dans le cas d’une initiative parlementaire, le référendum  « peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d'une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins d'un an. » 

            Je ne méconnais pas les critiques classiques formulées à l’encontre de ce mode de consultation des citoyens : glissement vers une forme de plébiscite (1969) ; détournement du résultat par une procédure parlementaire (TCE 2005, puis traité de Lisbonne) ; amputation du pouvoir de décision des parlementaires ;  incitation à la démagogie.
            Malgré cela, je suis convaincu qu’il est possible d’utiliser le référendum comme outil de l’expression populaire, à la triple condition :

   -  que l’information préalable soit poussée à l’extrême, pour permettre un véritable débat public, incluant la manifestation de désaccords ;

   -  que le Parlement ne soit pas tenu à l’écart de la démarche ;

   - que la procédure du référendum ne concerne que les questions engageant lourdement l’avenir.           

            L’utilisation de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité constitue précisément une question que cette procédure permettrait d’aborder avec sérieux et responsabilité. L’information et le débat, en toute transparence, sur les avantages, les risques, les coûts, le calendrier, éviteraient certainement les passions excessives et les simplifications abusives.           

            Je propose donc un dispositif  en 4 temps : 

1- Des scénarios*seraient élaborés par un comité d’étude, composé d’experts, qui décrirait de façon précise ces scénarios et en analyserait complètement les conséquences, notamment en termes de coût d’investissement et de consommation, de développement de sources alternatives d’énergie, de calendrier, d’emploi.  

2- Le résultat de ce travail serait communiqué aux Français au cours d’une grande campagne d’information, suivie d’un débat public. 

3- Après ces deux phases, le Parlement serait saisi du dossier. A l’issue des travaux parlementaires, un scénario serait choisi et décliné sous forme d’une proposition de loi à soumettre au référendum. 

4- Les Français seraient alors consultés par référendum sur cette proposition de loi. 

            Une telle démarche, démocratique et transparente, fait appel à l’intelligence et à la responsabilité. Elle est exigeante, loin des facilités qu’autorise l’absence de débat : le « tout ou rien », les slogans creux, les formules magiques, les affirmations péremptoires, les caricatures, les surenchères.  

            En choisissant cette voie, la gauche et les écologistes donneraient un signe fort de leur capacité à associer les Français à une décision importante qui engagera l’avenir.

____________________________________________________________________

 

*  J’ai proposé 3 scénarios

   - scénario 1 : continuation du développement tendanciel actuel de la production d’électricité nucléaire, avec maintien de la construction des réacteurs EPR prévus ; mise en œuvre de la 4ème génération ; continuation de la recherche sur ITER.

    - scénario 2 : arrêt définitif et démantèlement programmé de toutes les centrales nucléaires à partir de 2012, avec l’objectif d’une réduction de l’ordre de 60% de la puissance installée en 2020 ; arrêt de la construction de l’EPR de Flamanville et annulation du projet d’EPR à Penly ; développement d’une activité industrielle pour le démantèlement des installations nucléaires et la réhabilitation des sites.

   - scénario 3 : d’ici 2020, non remplacement des centrales en fin de vie (réacteurs construits entre 1977 et 1985) et réexamen de la situation à ce moment là.

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 21:01

Book.jpg
Que vous soyez un accroc des nouvelles technologies

 

ou qu'elles vous agacent,

 

ne manquez surtout pas ce clip,

 

qui présente un formidable outil de la "révolution technologique":

 

le book

smiley.jpg

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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:41

                                                 Cette tribune a été signée par:    

Etienne Butzbach (maire de Belfort), Gérard Charasse (député de l'Allier), Marie-Noëlle Lienemann (ancienne ministre), Alain Lipietz (ancien député européen), Emmanuel Maurel (secrétaire national du PS), Stéphane Peu (vice-président de la communauté d’agglomération Plaine Commune), Paul Quilès (ancien ministre), Lucile Schmid (membre du Conseil national d’EELV)
 
                                 Elle a été publiée sur le site de Marianne2.fr,

ainsi que sur clui de MEDIAPART

 

     L'été 2011 aura démontré l'irresponsabilité des dirigeants et des acteurs économiques qui avaient préféré renouer les fils d'un système financier condamné plutôt que d'affronter les réalités du monde. 
      La gravité de la crise est désormais perçue par tous. Alors que les dirigeants actuels prétendent colmater les brèches, «moraliser» le système et qu’ils annoncent régulièrement un retour à la normale, ressurgit, tous les 6 mois, un nouveau spectre. Les G20 qu’on prétendait prometteurs se sont succédé, Nicolas Sarkozy a fait des déclarations tonitruantes contre le capitalisme financier et le pouvoir démesuré des marchés, mais le système poursuit ses dérives de plus belle, tandis que se multiplient dans les pays développés le chômage et les mesures d’austérité.
       Face à la menace que pressentent nos concitoyens, il ne faut pas que s’installent durablement la désespérance, le fatalisme, un sentiment d’impuissance collective, un doute de plus en plus marqué à l’égard de la démocratie. A mesure que le temps passe, que les reculs sociaux s’accumulent, l’absence de perspectives positives et d’alternatives politiques réelles risque de miner les capacités de mobilisation, de réactions.
      Là est désormais la grande responsabilité de la gauche, qui doit proposer une voie effective de sortie de crise et l’émergence d’un nouvel espoir pour notre peuple. Il serait illusoire d’imaginer gagner en 2012, en surfant sur le rejet de la politique et de la personnalité de Nicolas Sarkozy et en sous estimant les effets de l’abstention et les tentations populistes. La gauche serait une fois de plus vaincue, si elle se laissait emprisonner dans l’hyperpersonnalisation de la Vème République, négligeant l’essentiel, le rassemblement des forces de gauche et écologistes autour d’un socle commun de propositions, capable de donner du sens aux choix qu’exige la gravité de la situation.  
       Celles et ceux qui se défausseraient de cette exigence majeure ne tarderaient pas à être sanctionnés par nos concitoyens, car nous sentons que pour gagner dans la durée, il faudra plus que des promesses et des idées. Il faudra définir les conditions de leur réalisation et d'un passage à l'acte qui implique l'exemplarité des comportements du pouvoir et l'audace d'un changement de modèle économique, dans le respect du grand principe qui fonde notre modèle français: la lutte contre les inégalités.
      Nous pensons qu’il existe à gauche des convergences, des accords sur des points majeurs, qui constituent un socle sur lequel peuvent être fondées à la fois une riposte commune et une future politique gouvernementale de la gauche. Ce socle doit clairement mettre en évidence les ruptures nécessaires à engager à court comme à moyen terme. Ruptures avec les politiques actuellement suivies, ruptures aussi parfois avec des attitudes passées de la gauche. Il doit tout à la fois fixer les grands objectifs, les grandes lignes qui devront être suivies dans la durée et bien sûr se décliner par des propositions concrètes et immédiates. Dans la période difficile actuelle, il faut éviter de donner le sentiment d’organiser une sorte de concours Lépine des «bonnes solutions» à promouvoir, dans une confusion où nul ne peut clairement retenir ce que la gauche est réellement décidée à entreprendre.
      Nous proposons donc une réunion au sommet des dirigeants de gauche et écologistes pour préparer ce socle commun, ce qui n’interdit pas que se manifestent par ailleurs des nuances, voire des divergences. Sans être exhaustif, il nous parait possible que, sur quelques points majeurs, se réalise un accord susceptible d’éclairer les Français sur nos orientations d’avenir. Par exemple :

 

1-l’affirmation que la crise a surtout des causes structurelles et pas simplement conjoncturelles.
    Il ne s’agit pas d’un simple dérèglement ponctuel du système, d’un phénomène conjoncturel, mais bien d’une crise structurelle du système, dont les racines viennent de la main mise du capitalisme financier sur le monde contemporain. Sans changement profond de logique, sans rupture, il n’y aura pas de solutions durables et de réponses adaptées aux besoins des peuples.
     La crise doit donc être traitée dans sa globalité, par des actions concernant des domaines essentiels tels que la régulation et le contrôle de la finance et des marchés, ou une nouvelle organisation des échanges, pour combattre le dumping social et environnemental.
     Les actions à court terme ne doivent pas, en tout état de causes, handicaper le long terme, en particulier la préoccupation du développement soutenable de l’économie réelle. La priorité doit être de mener une politique de croissance de l’emploi fondée sur la relance de véritables politiques industrielles intégrant pleinement la transition écologique. Cette priorité ne doit, en aucune façon, être sacrifiée sur l’autel de la résorption de la dette, même si l’objectif de maîtrise des déficits doit être pris en compte.

 

2- le refus de faire payer les erreurs et les errements du capitalisme financier par les catégories modestes.
     Celles-ci ont déjà versé un lourd tribut aux politiques libérales : développement de la précarité, chômage, faible évolution des salaires, remise en cause de la protection sociale. Bon nombre de foyers ont de plus en plus de mal à « boucler » leurs budgets.
     L’austérité, c’est les classes populaires et même les classes moyennes  sacrifiées, c’est la fin du contrat social. Elle signifie le refus de pratiquer une relance. C’est pourquoi tout doit être fait pour soutenir le pouvoir d’achat, réduire la précarité, créer des emplois. Il est à noter que, pour être efficaces, certaines mesures n’exigent pas un engagement important de dépenses, puisqu’elles concernent la régulation, les normes, les contrôles (coûts du logement, excès des intermédiaires dans la distribution…)

 

3- l’engagement de mettre en œuvre une juste répartition des richesses.
     Cet engagement, préalable à toute politique de gauche, devra se traduire notamment par l’annonce d’une réforme fiscale d’envergure comprenant: la remise sur pied d’un système progressif d’impôt sur le revenu, la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux, la participation des revenus du capital au financement de la protection sociale, l’augmentation du taux d’imposition des hauts revenus.
     Le temps n’est plus aux demi-mesures, ou même aux taxations ponctuelles des plus riches. C’est une révolution fiscale qu’il faut mettre en œuvre.

 

4- la détermination d’agir pour une réorientation stratégique de l'Europe.
     Le traité de Lisbonne ne pouvait répondre à cette exigence, faute notamment d’engager une véritable avancée démocratique de l’Europe. Il maintenait de fait les insuffisances de l’actuelle construction européenne et de la politique monétaire, la concurrence sans règles et sans limites, les risques de dumping social et fiscal. 
       Même si ce sujet n’est pas le plus simple à traiter à gauche, l’approfondissement de la crise modifie considérablement la donne et légitime a postériori bien des critiques et des craintes exprimées depuis des années par nos concitoyens et qui n’ont pas été entendues par les dirigeants actuels.
      Une nouvelle avancée de la construction européenne ne peut s’établir qu’à travers de nouveaux principes et de nouvelles politiques en matière monétaire, sociale, fiscale, industrielle, d’investissements publics. Il faudra par exemple revoir le fonctionnement de la BCE, inclure dans ses missions la croissance de l’emploi, taxer les transactions financières,  contribuer à la résolution des dettes souveraines par la mise en place d’eurobonds, mettre en place une véritable gouvernance économique de la zone euro avec la définition de politiques industrielles européennes, de grands investissements dans les domaines de l’énergie et des transports. 
     La victoire de la gauche française en 2012 devra s’accompagner d’une feuille de route définissant les éléments clefs d’un nouveau pacte européen. Il faudra en particulier expliquer clairement à nos partenaires que, faute de voir pris en compte la plupart de ces éléments, nous bloquerons le fonctionnement d’un système qui, de jour en jour, éloigne les peuples de la belle ambition européenne. Il s’agira de manifester une volonté, non pas d’engager un repli national, mais de créer un rapport de forces, en alliance avec les autres forces progressistes et écologistes européennes, destiné à permettre une réorientation majeure de l’Europe.
 
5- la volonté de mettre en place de nouveaux outils publics d’intervention.
      S’il est clair qu’une sortie de crise exige une dynamique européenne différente, il serait erroné de faire croire à nos concitoyens que la France ne possède pas des marges de manœuvre propres, lui permettant de reprendre davantage la main sur le pouvoir économique. Grâce à de nouveaux outils publics d’intervention, il sera possible de contrer certaines délocalisations, d’arrêter le démantèlement des services publics, de mettre en œuvre de nouvelles politiques industrielles et un développement économique au service de l’emploi et non de l’accumulation maximale de profits non réinvestis.
    

                                                               *******

    Nombre de ces éléments se retrouvent aujourd’hui dans la rhétorique des partis de gauche et des écologistes. Il est donc tout à fait possible d’affirmer et de hiérarchiser clairement les priorités, de consigner des mesures concrètes à court terme comme des changements plus profonds à inscrire dans la durée. Ce qui manque, c’est la volonté.
     La plupart des animateurs actuels de parti ne prétendent pas vraiment à la candidature présidentielle de 2012. Seront-ils capables de montrer qu’en dépit de la présidentialisation, les partis de gauche ne sont pas rangés au musée et qu’ils conservent le rôle décisif de porter une espérance collective et de préparer les grands changements, en mettant en mouvement les forces vives de la société ? Sans cela, sans détermination, sans l’affirmation d’une réelle volonté de changement,  pour la gauche, rien n’est possible.       

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 08:38

  Kadhafi.jpgAlors que le régime de Kadhafi est sur le point de s'effondrer, il me semble utile de revenir sur un passé récent. Il faut notamment se souvenir dans quelles conditions l'aide internationale a été apportée aux insurgés libyens, d'abord pour leur éviter d'être massacrés, puis pour soutenir leur volonté de se débarasser de la dictature.
   

     Je suggère à ce propos de relire ce que je disais le 3 mai 2011 dans mon analyse ("Libye: quelques enseignements" ), qui traitait des sujets suivants:

     - l'enchaînement des évènements
     - la décision du Conseil de sécurité de l'ONU
     - les relations avec les dictatures
     - l'avenir après les révoltes du monde arabe.
   

     Ce petit retour en arrière évitera peut-être à certains de réécrire l'Histoire!

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 08:24
 lemonde_fr_grd.gifCe texte, qui résume mes réflexions sur "la démocratie et le nucléaire" vient d'être publié sur le site du Monde.fr
 
         « Si l’on interroge les hommes en posant bien les questions, ils découvrent d’eux-mêmes la vérité sur chaque chose ». On ne peut pas dire que, dans nos régimes démocratiques, cette belle recommandation de Platon soit l’obsession des décideurs politiques.
            Si l’objet de la démocratie n’est pas prioritairement de trouver « la vérité sur chaque chose », mais de gérer une communauté humaine avec le souci de l’intérêt collectif, la recherche de ce dernier devrait donc être la principale préoccupation des dirigeants. Or, trop souvent, ceux-ci refusent de s'y confronter vraiment, avec ce souci de « poser bien les questions », par crainte de ne pas savoir gérer les contradictions de leurs mandants, mais aussi par volonté d’imposer leurs propres solutions.
            Sur des sujets importants, qui concernent lourdement notre vie et celle des générations à venir, il arrive que règne une confusion savamment entretenue qui masque en général le choix délibéré de dissimuler la vérité. Ainsi, peuvent être décidées et être mises en œuvre, sans véritable débat, des politiques qui engagent l’avenir.
            Prenons l’exemple du nucléaire. Ce mot évoque de superbes avancées scientifiques et technologiques de l’humanité, mais il renvoie aussi à de terribles souvenirs (les 200 000 morts du bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki, les catastrophes des centrales de Tchernobyl et de Fukushima) et il est associé à de sérieuses inquiétudes : les stocks encore considérables d’armes nucléaires dans une dizaine de pays, les risques de prolifération et de terrorisme nucléaire, les incertitudes sur la sécurité des réacteurs de certaines centrales.
            Curieusement, bien que le développement du nucléaire militaire et celui du nucléaire civil répondent à des préoccupations très différentes, les décideurs politiques recourent aux mêmes subterfuges lorsqu’ils abordent ces questions : fausses évidences, formules toutes faites, silences, "non dits"…. 
 
Le nucléaire militaire 
            Présenté comme une arme de dissuasion, une "arme de non-emploi", il a eu son heure de gloire pendant 40 ans, dans la période qui a vu se mettre en place ce que l’on a appelé "l’équilibre de la terreur" entre l’Est et l’Ouest. Censé garantir la paix, cet équilibre s’est établi à un niveau de plus en plus élevé, se traduisant par une fantastique et dispendieuse course aux armements (y compris avec la volonté de contrôler l’utilisation de l’espace).
             En France, la possession de l’arme nucléaire a été présentée il y a 50 ans comme une façon d’affirmer sa volonté d’indépendance –bien que relative-  à l’égard des Etats-Unis et de l’OTAN. Légitimant en quelque sorte sa participation au « club » des 5 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, seuls détenteurs officiels[1]  de cet armement, elle lui donnait ainsi le sentiment de détenir un statut de grande puissance, aux côtés des Etats-Unis, de l’URSS, de la Chine et de la Grande Bretagne. 
            Chacun voit bien que le monde d’aujourd’hui ne ressemble plus à celui d’hier. Le caractère dissuasif du nucléaire n’est plus évident à soutenir. Qui vise-t-on ? On voit bien qu’il ne peut s’agir de groupes terroristes ; alors, qui? La Chine ? La Russie ? L’Iran ? Tous ceux « qui menaceraient nos intérêts vitaux » est la réponse officielle, qui fait l’impasse sur l’appartenance de la France à l’Europe et à l’OTAN.
            Quant à la prétendue nécessité de posséder l’arme nucléaire pour justifier le « statut de grande puissance », elle ne résiste pas à l’observation des rapports de force actuels entre les grands pays qui influencent le cours du monde. Des puissances nouvelles sont apparues ; elles comptent déjà beaucoup plus que la France dans le concert mondial et cela n’a rien à voir avec la possession d’un armement nucléaire. Malgré les réticences de certains pays (et notamment de la France), la composition du Conseil de sécurité de l’ONU finira bien par tenir compte de cette évolution.
            La mise sur la place publique de ces éléments d’appréciation est nécessaire. Elle amènerait  les responsables politiques à tenir un langage moins réducteur et plus honnête que la simple répétition sans preuve des formules rituelles qui justifient la « force de frappe » française depuis le début des années 60. Alors, se poserait avec plus d’acuité la question de savoir pourquoi la doctrine française évolue si peu et pourquoi notre pays paraît aussi inerte devant les efforts engagés au niveau international dans la perspective d’un "monde sans arme nucléaire". 
 
Le nucléaire civil
            Ici aussi, combien d’approximations et même de mensonges ont été propagés par le discours officiel depuis que cette source de production d’électricité a pris en partie le relais du pétrole dans les années 70 !
            Les mérites de l’utilisation du nucléaire sont connus : coût relativement faible de l’électricité produite, réduction des importations d’hydrocarbures, faible émission de ²gaz à effet de serre². Ses inconvénients le sont tout autant : coût élevé des investissements, complexité du stockage des déchets nucléaires, lourdeur du démantèlement des centrales, risque d’accidents. Mais tant qu’un débat sérieux, étayé par des études approfondies, n’a pas eu lieu, tant que l’expression des contradictions ne dépasse pas le stade d’affrontements caricaturaux et d’échange de slogans, les citoyens ne seront pas en mesure de se faire un avis responsable et de l’exprimer valablement. Et pourtant, il leur faudra assumer les choix qui seront faits, quels qu’en soient les conséquences.
            Il y a 30 ans, j’ai connu à ce sujet une cruelle déception[2]. Après la période des années 1973-1981 qui avait vu les gouvernements de droite imposer sans aucune  transparence le programme accéléré de construction de centrales nucléaires, la gauche avait promis un débat public sur la politique énergétique. Cet indispensable débat se limita malheureusement, à l’automne 1981, à une simple discussion parlementaire, dont les effets furent bien éloignés de la prise de conscience qu’aurait suscitée un véritable débat public.
            Ici encore, comme pour le nucléaire militaire, même si le monde a changé, il est indispensable d’informer les citoyens complètement, contradictoirement si nécessaire et, pourquoi pas, leur demander de s’exprimer. Naturellement, le sujet est complexe et il faut tenter d’éviter l’affrontement entre deux positions irréductibles (les "pro" et les "anti").
            Une récente rencontre[3] a suggéré une démarche, à partir de trois scénarios possibles d’évolution de la place du nucléaire dans la production d’électricité[4] :
            - scénario 1 : continuation du développement tendanciel actuel de la production d’électricité nucléaire, avec maintien de la construction des réacteurs EPR prévus ; mise en œuvre de la 4ème génération ; continuation de la recherche sur ITER.
            - scénario 2 : arrêt définitif et démantèlement programmé de toutes les centrales nucléaires à partir de 2012, avec l’objectif d’une réduction de l’ordre de 60% de la puissance installée en 2020 ; arrêt de la construction de l’EPR de Flamanville et annulation du projet d’EPR à Penly ; développement d’une activité industrielle pour le démantèlement des installations nucléaires et la réhabilitation des sites.
            - scénario 3 : d’ici 2020, non remplacement des centrales en fin de vie (réacteurs construits entre 1977 et 1985) et réexamen de la situation à ce moment là.
            La décision de choisir l’un de ces scénarios n’interviendrait qu’après une phase d’analyse. Elle pourrait être conduite par un comité d’étude, qui aurait à décrire de façon précise les scénarios et à en analyser complètement les conséquences, notamment en termes de coût d’investissement et de consommation, de développement de sources alternatives d’énergie, de calendrier, d’emploi. Le résultat de ce travail serait rendu public et les Français pourraient alors être consultés par référendum et se prononcer de façon claire sur leur préférence.
   
***
            Sur ces deux exemples très différents –nucléaire militaire et nucléaire civil- on voit tout l’intérêt qu’il y aurait pour un bon fonctionnement de notre démocratie à « poser bien les questions », afin que les citoyens puissent lucidement s’exprimer sur des choix qui engagent l’avenir.     
                                                                  
          Ce texte a également été publié sur le site de terraeco.net
[1] Ce sont les EDAN (Etats Dotés de l’Armement Nucléaire), nommément désignés dans le TNP (Traité de Non Prolifération). Ne sont pas signataires de ce traité : Israël, l’Inde, le Pakistan, également détenteurs d’armement nucléaire. 
[2]  Après avoir été pendant 15 ans ingénieur dans le secteur de l’énergie, j’ai été délégué national du PS à l’énergie, puis président de la commission parlementaire chargée de préparer le débat sur l’énergie (été 1981).
[3]  Assemblée des gauches et des écologistes (18 juin 2011). Voir sur ce blog   
[4]  La production d’électricité d’origine nucléaire en France est actuellement assurée par 58 réacteurs nucléaires (réacteurs à uranium enrichi et eau sous pression, REP ou PWR), qui fournissent 76% de l’électricité produite.
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Published by Paul Quilès - dans Réflexions à haute voix
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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 19:01

sud-radio.pngPaul Quilès était l'invité de Sud Radio dans l'émission Sud Info Matin:
- pourquoi la France doit annoncer le départ de ses troupes d'Afghanistan?
- le résultat de la rencontre Sarkozy-Merckel;
- les primaires socialistes, la gauche et la crise.


Pour écouter.... cliquer ici

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Published by Paul Quilès - dans Médias
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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 09:19

     On en reparle! N.Sarkozy et A.Merckel en ont même fait une proposition phare de leur rencontre d'hier. Je veux parler de la "Taxe Tobin", rebaptisée "Taxe sur les transactions financières".
    Pour comprendre pourquoi on en est toujours à des effets d'annonce, alors qu'il y aurait urgence à prendre cette mesure, qui désarmerait la spéculation financière et permettrait un redistribution des richesses à l'échelle mondiale, on peut relire mon analyse ("Taxe Tobin: qu'est-ce qu'on attend?"), publiée également sur Marianne 2 le 21 juin dernier.
   Parmi les mesures susceptibles d'apporter de vraies réponses aux déséquilibres financiers actuels, pourquoi N.Sarkozy n'annonce-t-il pas la taxation des revenus élevés? Je rappelle qu'aux Etats-Unis -pays pourtant peu sensible aux idées socialistes- le président Roosevelt avait porté le taux d'imposition des revenus les plus élevés de 25% à 63% en 1932, à 79% en 1936, à 91% en 1941*. Cette mesure, en réponse à la grave crise de 1929, visait à limiter la rapacité des plus riches et leurs prises de risque insensés....dont on voit à nouveau les effets depuis quelque temps..
    Alors, pourquoi pas en France aujourd'hui? Le Président de la République devrait relire un certain discours, qui disait notamment:

   " L’idée de la toute-puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par aucune intervention politique,..... était une idée folle. Pendant plusieurs décennies, on a donc créé les conditions dans lesquelles l’industrie se trouvait soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme. On a caché les risques toujours plus grands qu’on était obligé de prendre pour obtenir des rendements de plus en plus exorbitants. On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de plus en plus de risques absolument inconsidérés. On a fait semblant de croire qu’en mutualisant les risques on les faisait disparaître. On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de mobiliser l’épargne au profit du développement économique et d’analyser le risque du crédit. On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur. On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation** et les fonds spéculatifs."
   L'auteur de cette pertinente dénonciation d"un système irresponsable" n'était autre que.....N.Sarkozy (Toulon-25 septembre 2008)!!
__________________________________________

* Taux réduit à 30-35% dans la prériode 1980-90, avec les présidents Reagan et Bush.
** On n'a pas assez insisté sur le manque de sérieux (et de contrôle) de ces agences de notation.La fameuse agence "Standard and Poor's "a fait une erreur de 2000 milliards de dollars sur les projections budgétaires  américaines. Rien de moins!

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez