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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 11:01
L'honneur de la République

      Le 10 juillet reste une date mémorable  dans l’histoire de la République.

 

      C'est en effet le 10 juillet 1940, au cours de la réunion de la Chambre des députés et du Sénat, dans le Grand Casino de Vichy, que 80 parlementaires, parmi 649 présents*, votèrent contre l'attribution des pleins pouvoirs au maréchal Pétain, président du Conseil.

 

      Parmi les plus connus ayant dit non, il y avait: Vincent Auriol (1884-1966), Léon Blum (1872-1950), Félix Gouin (1884-1977), Joseph Paul-Boncour (1873-1972), Paul Ramadier (1888-1961)

 

      Certains payèrent leur engagement au prix du sang. Deux d'entre eux furent assassinés : François Camel et Marx Dormoy. Dix furent envoyés en déportation, dont cinq ne revinrent jamais : Claude Jordery, Augustin Malroux, Lionel de Moustier, Joseph-Paul Rambaud, Isidore Thivrier.

 

       Il faut rendre hommage à ces 80 parlementaires courageux et lucides qui surent dire non. Ils furent l'honneur de la République.

 

_________________________________________________________________

* Les deux Chambres comptaient 907 parlementaires au début de 1940 et l’assemblée était donc loin d'être au complet, puisque les parlementaires communistes avaient été déchus de leurs mandats, que certains parlementaires étaient mobilisés et que d’autres avaient embarqué sur le paquebot Massilia pour aller en Afrique du Nord organiser la poursuite de la lutte.

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 18:20
Avant le sommet de l'OTAN

                              COMMUNIQUE de l'association IDN*

 

 

Demain, 8 juillet, va s’ouvrir à Varsovie le sommet de l’OTAN, où se retrouveront les chefs d’Etats des 28 pays membres. Ce sommet revêt une importance particulière, car il devrait décider de la nature des relations entre l’OTAN et la Russie.

 

Depuis le dernier sommet au Pays de Galles, l’OTAN s’est engagée dans une stratégie de riposte aux manœuvres russes, afin d’affirmer sa volonté d’assurer la sécurité collective de l’espace euro-atlantique, ce qui constitue sa vocation historique. Il s’agit de donner un gage de « réassurance » aux pays européens de l’est légitimement inquiets de l’activisme militaire russe.

 

Cette stratégie se révèle à terme stérile. Elle entraîne l’OTAN et la Russie dans une spirale de confrontations dangereuses, sans ouvrir de perspective de règlement. Aussi la nécessité de l’ouverture d’un dialogue se fait de plus en plus pressante. La réactivation du Conseil OTAN-Russie en avril dernier a constitué un premier pas. Mais c’est au cours du sommet de Varsovie que seront fixées les orientations stratégiques de l’OTAN.

 

La présence d’armes nucléaires sur le théâtre européen donne à ce débat une dimension particulière. L’OTAN dispose en effet, sous commandement américain, d’armes nucléaires tactiques stationnées dans cinq pays de l’OTAN. Ces armes en l’état actuel n’ont aucune efficacité opérationnelle, mais face à la gesticulation nucléaire du Président Poutine et aux déclarations de certains officiels russes, la tentation est forte de répondre par un renforcement du rôle du nucléaire dans la doctrine de l’OTAN. Une telle réponse est illusoire et dangereuse.

 

IDN souhaite que la France pèse au cours de ce sommet en faveur d’une position équilibrée de la stratégie de l’OTAN vis-à-vis de la Russie, entre fermeté et dialogue, notamment :

 

  • en soutenant la réactivation du Conseil OTAN-Russie et en lui redonnant un rôle opérationnel ;

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Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) a pour but d’œuvrer à l’élimination des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l’édification d’un monde plus sûr. Son action s’inscrit dans une réflexion plus générale sur les enjeux stratégiques de ce début de 21ème siècle et sur la capacité de la France à assurer sa sécurité tout en continuant à peser sur la marche du monde. IDN a été fondée par Paul Quilès (ancien ministre de la Défense), Bernard Norlain (Général-2S) et Jean-Marie Collin (Expert).

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 23:12
Avec Michel Rocard, le soir du 10 mai 1981, place de la Bastille

Avec Michel Rocard, le soir du 10 mai 1981, place de la Bastille

Michel Rocard a indiscutablement marqué l'histoire de la gauche. C'était un homme convaincu, passionné, avec un goût prononcé pour le débat.

 

J'avais de l'estime pour lui, même si j'ai combattu sa ligne politique, lorsqu'il a souhaité porter les couleurs de la gauche à l'élection présidentielle de 1981.

 

Son affrontement avec François Mitterrand, au delà des aspects personnels, tenait principalement à une différence de vision stratégique, notamment à l'égard de l'union de la gauche..

 

Cela n'a pas empêché qu'il soit pendant 3 ans son Premier Ministre (1988-1991). J'ai alors fait partie de son gouvernenent en tant que ministre de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace et je lui sais gré d'avoir soutenu ma démarche de concertation, qui a permis la grande "réforme des PTT", qui a pu être votée sans passage en force, malgré une absence de majorité parlementaire.

 

J'ai aussi apprécié qu'il accepte récemment de participer au Comité de parrainage de l'association IDN, que je préside et dont l'objet est de convaincre les Français, particulièrement les parlementaires et le gouvernement, du danger et de l'inutilité de l'armement nucléaire.

 

******

Voir le reportage de France 3 Midi-Pyrénées

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2 juillet 2016 6 02 /07 /juillet /2016 11:36
Cordes en été: des dates à retenir
Cordes en été: des dates à retenir
Cordes en été: des dates à retenir
Cordes en été: des dates à retenir

 

 

 

  • 27 juillet au 4 août: "Le ciel sur Cordes"en partenariat avec le CNES et Arianespace (5ème édition)

 

Cordes en été: des dates à retenir
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30 juin 2016 4 30 /06 /juin /2016 11:35
Brexit: mes réponses à des questions

Ma récente analyse des conséquences du Brexit sur la position des Britanniques à l'égard de la dissuasion nucléaire a amené un de mes lecteurs à poser 3 questions.


Voici mes réponses:

 

1) La question nucléaire a été évacuée des attendus du Brexit

 

Bien entendu, ce sujet a été évacué des attendus du Brexit et pas seulement celui-ci ! On voit bien, dans la confusion qui a suivi le résultat du vote des Britanniques, que David Cameron (tout comme les promoteurs du Brexit) n’avaient pas conscience des risques, nombreux et divers, que cette décision faisait courir à leur pays et à l’Europe.

 

2) Paragraphe 4 "un certain prestige international": je reste sceptique, ne voyant pas pourquoi.

 

Si le Royaume-Uni décide d’abandonner sa  force de dissuasion, il pourra s’en servir comme une force politique, afin d’apparaître au plan  international comme une grande nation responsable et pour gagner en respectabilité.  Ce “prestige” lui serait conféré par le fait d’être la première nation nucléaire – autorisée par le TNP à avoir la bombe  -  qui décide de l’abandonner.

Londres ne pourra dans ces conditions que se rallier aux thèses développées dans différentes instances internationales  ayant trait aux  dangers et aux risques liés à ces armes. La Grande Bretagne sera alors fidèle à la formule de Margaret Beckett, ministre britannique des Affaires étrangères (25 juin 2007): "Pour ce qui est de susciter ce nouvel élan en faveur du désarmement nucléaire mondial, je veux que le Royaume-Uni soit au premier plan de la réflexion comme des actions à mener. Qu’il soit, pour ainsi dire, un laboratoire du désarmement"

 
3) Paragraphe 8 "impact diplomatique : pressions de plus en plus fortes de la part de pays opposés à l'armement nucléaire", à savoir?
 
La fin de la dissuasion nucléaire britannique aurait trois conséquences:
 
- D’abord, les gouvernements et organisations non gouvernementales favorables au désarmement nucléaire en Europe ne manqueraient pas de renouveler leurs pressions en faveur de gestes de la part de la France, dont le territoire resterait le seul en Europe sur lequel serait déployées des armes nucléaires. Cela se traduirait en particulier par des demandes d’abandon de la composante aéroportée, en parallèle de celui avec l’abandon des armes nucléaires tactiques américaines entreposées en Europe.
 
- Ensuite, la fin du nucléaire britannique mettrait fin aux espoirs de certains de pouvoir créer une “culture européenne” de la dissuasion.
 
- Enfin, il est probable qu’un débat serait lancé en France sur l’utilité de disposer d’une force de dissuasion alors qu’un allié, de puissance comparable, fonderait sa défense sur un système non-nucléaire.
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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 16:12
Brexit nucléaire ?

Beaucoup a été dit, écrit, commenté à propos de la décision de la majorité du peuple britannique de quitter l’Union Européenne. Il est par contre étrange que l’impact de cet évènement sur la force nucléaire de la Grande Bretagne n’ait pas encore été évoqué.

 

J’ai de la peine à imaginer que le Premier ministre David Cameron, instigateur imprudent du référendum, n’ait pas réfléchi à toutes les conséquences en série de ce vote négatif. C’est ainsi que l’indépendance de l’Ecosse, clairement revendiquée par la première ministre de l’Ecosse, Nicola Sturgeon (« le peuple écossais voit son avenir dans le cadre de l'Union européenne »), ne semble pas une hypothèse fantaisiste. En effet, dans le nouveau contexte, tout porte à croire que les Ecossais, qui ont voté non en septembre 2014 lors du premier référendum par peur d’une récession économique en cas d’indépendance, feront le choix contraire pour intégrer le marché économique européen.

 

Les Britanniques seraient alors dans l’obligation, dans les années qui suivront, de rapatrier leur arsenal nucléaire, actuellement basé à Faslane, à 40 Km de Glasgow. Le problème pour eux  est qu’ils ne disposent d’aucune base sous-marine nucléaire « de rechange ». Pour construire une telle base, il leur faudrait investir plusieurs dizaines de milliards de livres dans des travaux d’infrastructure. Le poids de ces dépenses, qui s’ajouteraient au programme de modernisation des armements nucléaires, estimé à 41 milliards de livres, serait insupportable pour le budget britannique.

 

Il n’est pas impossible, dans ces conditions, que se dégage une majorité politique en Grande Bretagne choisissant l’abandon progressif de l’arsenal nucléaire. Cette voie, qui ferait disparaître le pays de la scène des puissances nucléaires, lui permettrait de retrouver un certain prestige international.

 

Mais cet évènement pourrait également avoir une influence sur la posture nucléaire de la France, une France qui s’accroche au concept de dissuasion et envisage une modernisation coûteuse de ses forces nucléaires. De très nombreuses décisions doivent être prises en ce sens dans les prochaines années. Il est certain qu’une diminution - voire un arrêt - de la dissuasion nucléaire britannique aurait un triple impact sur la force de frappe française :

 

- impact budgétaire : la remise en cause du traité de coopération sur le programme de simulation des essais nucléaires (projet Epure, Traité de Lancaster House) entraînerait une nouvelle augmentation du coût et un net ralentissement de ce programme, qui a pour but de moderniser les futures ogives nucléaires.

 

- impact sur la crédibilité des ogives : la perte de savoir-faire et de maîtrise de la capacité scientifique qui en découlerait pourrait remettre en cause la sécurité et le fonctionnement des ogives nucléaires.

 

- impact diplomatique : devenant la seule puissance nucléaire au sein de l’Union Européenne, la France pourrait être l’objet de pressions politiques de plus en plus fortes de la part des pays opposés à l’armement nucléaire.

 

Les responsables politiques devront aussi tenir compte de l’évolution du contexte international, qui pourrait se traduire, dans quelques mois, par le vote à l’Assemblée générale des Nations-Unies d’une résolution lançant la négociation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires.

 

Il est à souhaiter que cette situation nouvelle fasse réfléchir en France ceux qui s’arc- boutent sur des concepts anciens et qui refusent tout débat sur la pertinence de l’armement nucléaire.

 

Si j’avais été un électeur britannique, je n’aurais certainement pas voté pour le Brexit, malgré les nombreuses et graves insuffisances du fonctionnement actuel de l’Union européenne. Par contre, militant pour le désarmement nucléaire et analysant l’effet que pourrait avoir le Brexit sur le nucléaire militaire, j’ai tendance à reprendre le proverbe qui dit « A quelque chose malheur est bon » !

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense

Président d'IDN

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 15:24
Visite au pays des sous-marins nucléaires

Invité il y a quelques jours par l'Université européenne de la paix à Brest, je suis intervenu sur le thème de la dissuasion nucléaire.

 

Cette rencontre, à deux pas de l'Ile Longue, base des SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d'Engins), a été pour moi une occasion de redire la nécessité d'engager un vrai débat sur ce sujet majeur, trop souvent occulté en France, comme je l'explique fréquemment sur ce blog, dans les médias, avec le soutien de l'association IDN

 

Regarder le reportage de France 3 Bretagne (1'54)

 

Lire l'article du magazine "Le Peuple breton"

Visite au pays des sous-marins nucléaires
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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 11:27
Les « scoops de l’épouvante »

Cette excellente tribune de Hasna Hussein [1],

 dont j’approuve totalement. les termes,

a été publiée par Le Monde, sous le titre 

Terrorisme : assez avec les « scoops de l’épouvante »

 

Les experts médiatiques doivent cesser de reproduire sans critique, à la télévision, le matériau des djihadistes, faute de quoi ils ne font que s’en faire les porte-parole, avertit Hasna Hussein, sociologue des médias.

 

Un couple de fonctionnaires du ministère de l’intérieur, dont un policier, a été assassiné dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 juin à leur domicile de Magnanville (Yvelines). Cet attentat a été perpétré au nom de l’organisation Etat islamique (EI) par Larossi Abballa, un individu condamné en 2013 pour association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes.

 

La couverture médiatique de ce double meurtre vient confirmer le rôle négatif joué par les médias audiovisuels et principalement par les chaînes d’information en continu, ainsi que par certains journalistes et « experts » du djihad en France dans le relais et le traitement de l’information.

 

Peu de temps après ces assassinats, ces « experts » se sont empressés de diffuser sur les réseaux sociaux des détails mis en ligne par l’auteur des crimes lui-même, contribuant ainsi à élargir de façon exponentielle l’assiette du public réceptif (l’auteur venait tout juste de créer son compte sur Twitter) de quelques dizaines ou de centaines de ses amis sur Facebook à plusieurs centaines de milliers.

 

Semer la terreur

 

Depuis, ces chaînes d’information et la presse diffusent ces détails qui ne font que répondre à l’objectif principal de ce genre d’attaque : semer la terreur au sein de la société française.

 

Ce n’est pas sur le fait de relayer l’information au sujet de l’assassinat du couple de Magnanville que nous mettons l’accent ici, mais sur le fait de livrer les détails morbides du modus operandi de l’individu, comme se sont plu à le faire certains observateurs, commentant le live Facebook utilisé par le criminel comme on commente un match de foot en direct.

 

Il est indigne de partager sur les réseaux sociaux des informations relatives à la mise en ligne de la vidéo de ces assassinats, comme par exemple des photos des victimes ou de l’auteur se mettant en scène sur un réseau social, de reprendre les détails du contenu de son message de revendication, de son appel au meurtre au nom du djihad, de ses interrogations sur le sort à réserver à l’enfant de 3 ans du couple assassiné ou d’autres menaces que cet individu a pu proférer.

 

Des détails qui ont été « likés », « retweetés », partagés ou repris par plusieurs centaines d’internautes, voire par plusieurs milliers, ainsi que par de nombreux médias audiovisuels et écrits français. Ces détails ont également suscité une forme de curiosité morbide chez d’autres internautes, confinant dans certains cas à la fascination, les incitant à retrouver le contenu original posté par l’assaillant.

 

Inversion des valeurs

 

Le scoop de l’épouvante recherché, grâce à la diffusion de ce genre d’information brutale, par certains « experts » du djihad, et par les médias les relayant, contribue à catalyser l’angoisse et la terreur des Français.

 

Dépourvus de tout esprit critique et éthique dans leur traitement de l’actualité du djihad, ces « experts » se posent en purs et simples relais de la parole belliqueuse à travers leurs comptes Facebook ou Twitter. Ils semblent ne rechercher que le scoop ou le buzz de leurs propres profils de réseaux sociaux, sans jamais apporter la plus-value des sciences humaines et sociales ou même d’un travail journalistique conscient et conséquent : le traitement critique.

 

Or, rapporter des faits n’est pas, en l’espèce, suffisant. Donner le matériau djihadiste brut sans déconstruire les soubassements de la propagande, ou sans aucune mise à distance, n’est ni professionnel ni responsable. On voudrait ici nous faire croire que, sur un tel sujet, la (prétendue) neutralité est souhaitable et que toute manifestation d’indignation ou de condamnation est déjà un manque d’objectivité. Inversion des valeurs…

 

Faire le récit du déroulé d’images du criminel après son acte, depuis le pavillon de ses victimes, ou bien les capter et les rediffuser, manque au plus élémentaire des devoirs éthique et déontologique.

 

Pas le moindre esprit critique

 

On peut aussi se demander si les relais médiatiques ayant diffusé en boucle des images d’un Abaaoud ou d’un Merah souriants face à la caméra n’ont pas contribué à une sorte d’« héroïsation » – fût-ce d’un héros négatif, pour reprendre l’expression de Farhad Khosrokhavar – de ces personnages qui, précisément, recherchaient cette exposition médiatique.

 

Le porte-parole de l’EI, Abou Mohammed Al-Adnani, a prononcé récemment un nouveau discours sur le thème « Ils tuent et se font tuer », appelant les sympathisants de son organisation terroriste à commettre des attentats pendant le mois sacré du ramadan.

 

L’enregistrement audio, qui a été diffusé par l’entreprise de production de l’EI, Al-Forqân, et mis en ligne depuis le début du mois de juin, est uniquement en langue arabe. Depuis, les « experts » du djihad se sont, encore une fois et dans un souci de faire croître leur notoriété, précipités sur les médias audiovisuels français pour reproduire le message, toujours sans le moindre esprit critique ! Ce moment où l’expert devient un porte-parole du porte-parole !

 

Le propagandiste du IIIe Reich, Joseph Goebbels, disait : « Nous ne parlons pas pour dire quelque chose, mais pour obtenir un certain effet. » Effet réussi quand des « experts », cherchant également à conserver un statut privilégié auprès de leur réseau d’informateurs, se gardent bien de les froisser en évitant soigneusement de démonter, de critiquer ou même d’analyser la propagande djihadiste.

 

Failles du système médiatique

 

Ces « experts » semblent faire tout pour ne pas susciter la colère de leurs centaines de contacts numériques sympathisants de l’EI. Dans le numéro 8 de son magazine francophone, Dar Al-Islam, paru en novembre 2015, l’EI prend la défense d’un « pauvre » « expert » malmené pour avoir affirmé, sur Twitter, la « force » et la légitimité « islamique » de l’EI.

 

Voilà comment les membres d’une organisation terroriste ou ses sympathisants, considérés comme idiots ou psychopathes, s’appuient ironiquement sur les failles du système médiatique contemporain, sur la course à l’info et à l’« expertise », tout autant que sur l’inconséquence analytique et critique de certains « experts », pour faire la promotion de leurs basses œuvres. Le pire est de faire passer cela pour de la neutralité ou de l’objectivité.


[1] Hasna Hussein est sociologue des médias, chercheuse associée à l’Observatoire des radicalisations (EHESS-FMSH, Paris) et au Centre Emile Durkheim (Bordeaux). Elle est également membre du conseil scientifique du Centre d’action et de lutte contre la radicalisation des individus (Capri).

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 07:24
L'OTAN fait-elle de la Russie son adversaire principal?

Tribune que j'ai signée

dans l'Humanité du 9 juin 2016

sous le titre "Avancer vers une solution politique durable"

 

Lire aussi mon intervention sur le site d'ELN:

"Planning for Warsaw, waiting for the next US President"

 

      Née pour combattre une menace soviétique qui avait disparu, l’OTAN s’est attribué en 2010 deux missions principales : la gestion des crises partout dans le monde et la constitution d’un réseau de partenariats avec de multiples pays, parfois lointains.

 

     Du point de vue militaire, la gestion des crises était au centre des préoccupations. L’OTAN s’est ainsi engagée dans une mission de « stabilisation » sur le théâtre afghan. Cette mission de combat, qui a mobilisé jusqu’à une centaine de milliers d’hommes, est aujourd’hui achevée, l’OTAN n’assurant plus qu’une mission d’entraînement et de soutien des forces afghanes.

 

     Le bilan de cet engagement est plus que médiocre : en l’absence de tout dialogue national sérieux, l’Afghanistan n’a pas retrouvé la paix ; ses perspectives de développement sont quasi-nulles ; sa dépendance à l’égard de l’économie de la drogue est considérable.

 

     Par ailleurs, ajoutant au malaise de l’OTAN, Obama avait annoncé dès 2011 un « pivot »  des priorités de la défense américaine vers l’Asie. C’est alors qu’est survenue au printemps 2014 la crise ukrainienne. Le soulagement était perceptible dans les états-majors de l’Alliance, qui pouvait se présenter à nouveau comme l’ultime protection, y compris nucléaire, de l’Europe contre la Russie. Les États-Unis annonçaient un certain renforcement de leur présence militaire européenne.

 

      Parallèlement, l’OTAN développait son rôle de soutien pour les opérations antiterroristes de ses membres, renforçant par là même la militarisation d’une lutte qui devrait au contraire faire d’abord appel aux ressources de la diplomatie, du renseignement et de la police. Elle poursuivait sa politique d’élargissement, avec l’ambition d’acquérir une hégémonie stratégique sur le continent européen.

 

     Il est à craindre que, lors du prochain sommet de l’OTAN à Varsovie, toutes ces tendances soient confirmées et amplifiées: accroissement des capacités de la Force de réaction rapide, consolidation des huit nouveaux états-majors à l’Est, déploiement de trois unités multinationales aux frontières polonaises, installation d’un site de défense antimissile en Pologne, adhésion du Monténégro pour montrer que « la porte reste ouverte » à d’autres…

 

      Ce n’est certainement pas de cette façon que l’OTAN facilitera le dialogue avec la Russie, qu’elle déclare pourtant souhaiter. Il ne suffit pas d’annoncer, comme le fait le Secrétaire général de l’OTAN, une reprise des travaux du Conseil OTAN-Russie. Encore faudrait-il donner une substance à ces travaux, par exemple dans le domaine de la défense antimissile et du désarmement nucléaire.

 

      Au-delà des décisions de l’OTAN, le dialogue entre Ukrainiens, Russes et Occidentaux, dans le cadre de l’OSCE, est par ailleurs essentiel. C’est la seule voie qui permettra d’avancer vers une solution politique durable.

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense,

Président de l’association IDN

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6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 16:09

On s'en souvient, Cordes a été élu "Village préféré des Français" en 2014.

 

Deux ans plus tard, le magazine Détours en France vient d'éditer un numéro Hors Série qui présente les villages en compétition pour l'édition 2016.

 
On y lit aussi un reportage, accompagné de superbes photos du village préféré 2014: Cordes sur Ciel (voir ci-après).
 
Il y a 2 ans: Cordes village préféré des Français !
Il y a 2 ans: Cordes village préféré des Français !
Il y a 2 ans: Cordes village préféré des Français !
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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez