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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 11:56
Les mots doivent être traduits en actes, déclare le chef de l’ONU

J’ai signé la pétition d’AVAAZ

qui relaie l’appel urgent à un cessez-le-feu mondial lancé par

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU,

Elle a déjà recueilli près de 2 millions de signatures.

Je vous invite à la signer également et à la faire connaître.


SIGNER

*****

« L'appel à un cessez-le-feu mondial résonne dans le monde entier. L'appel a été approuvé par un nombre croissant d'États membres, quelques 70 à ce jour, par des partenaires régionaux, des acteurs non étatiques, des réseaux et organisations de la société civile et par tous les Messagers de la paix des Nations Unies et Défenseurs des objectifs de développement durable », a noté M. Guterres lors d’une conférence de presse virtuelle pour présenter une mise à jour sur l’impact de cet appel à un cessez-le-feu.

« Des chefs religieux - y compris le pape François - ont ajouté leur voix morale en faveur d'un cessez-le-feu mondial, tout comme des citoyens à travers une mobilisation populaire en ligne », a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a surtout noté qu’un nombre important de belligérants ont entendu l'appel, notamment au Cameroun, en République centrafricaine, en Colombie, en Libye, au Myanmar, aux Philippines, au Soudan du Sud, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen.

Mais le Secrétaire général a admis qu’il y avait « une énorme distance entre les déclarations et les actes ».

« Les difficultés de mise en œuvre sont énormes, car les conflits se sont multipliés depuis des années, la méfiance est profonde », a-t-il ajouté. « Nous savons que tout gain initial est fragile et facilement réversible ».

Des conflits se sont intensifiés

Le chef de l’ONU a noté que dans bon nombre des situations les plus critiques, aucune interruption des combats n’a été constatée et certains conflits se sont même intensifiés.

Dans ce contexte, le Secrétaire général juge nécessaire de solides efforts diplomatiques pour relever ces défis. « Pour faire taire les armes, nous devons élever les voix pour la paix », a-t-il dit.

Il a précisé que ses Représentants spéciaux et Envoyés spéciaux, et dans certaines circonstances, les Coordonnateurs résidents, sont en contact avec des belligérants pour obtenir un cessez-le-feu sur le terrain.

Il a pris pour exemple les efforts diplomatiques faits au Yémen, en Syrie, en Libye et en Afghanistan.

« Dans toutes ces circonstances extrêmement difficiles, je lance un appel spécial à tous les pays qui ont une influence sur les belligérants pour qu’ils fassent tout leur possible pour que le cessez-le-feu devienne réalitéJ'appelle tous ceux qui peuvent faire la différence à faire la différence : exhorter et faire pression sur les combattants du monde entier pour qu'ils déposent leurs armes ». a conclu le Secrétaire général.

 

****

« La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien

que se faire la guerre est une folie »

par António Guterres

Le monde entier affronte aujourd’hui un ennemi commun : le COVID-19.

Le virus n’épargne aucune nationalité, communauté ou religion. Il attaque tout le monde sur son passage, implacablement.

Pendant ce temps, les conflits armés continuent de faire rage dans le monde.

Ce sont les personnes les plus vulnérables – les femmes et les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes marginalisées et déplacées – qui paient le tribut le plus lourd.

Ces mêmes personnes courent également le plus grand risque de subir des pertes dévastatrices à cause du COVID-19.

N’oublions pas que dans les pays ravagés par la guerre, les systèmes de santé se sont effondrés.

Les professionnels de santé, qui étaient déjà peu nombreux, ont souvent été pris pour cibles.

Les réfugiés et toutes les personnes déplacées par des conflits violents sont doublement vulnérables.

La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie.

Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde.

C’est la raison pour laquelle j’appelle aujourd’hui à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde.

L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies.

A vous qui êtes en guerre, je dis :

Renoncez aux hostilités.

Laissez de côté la méfiance et l’animosité.

Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes.

C’est essentiel…

Pour pouvoir établir des couloirs d’aide humanitaire qui sauveront des vies.

Pour reprendre le dialogue et donner une chance à la diplomatie.

Pour ramener l’espoir dans certains des lieux les plus vulnérables face au COVID-19.

Inspirons-nous des coalitions qui prennent forme et des dialogues qui se nouent lentement entre des parties rivales pour permettre des approches conjointes face au COVID-19. Mais il faut en faire beaucoup plus.

Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde.

Cela commence par l’arrêt des combats. Partout. Tout de suite.

C’est ce dont nous tous, membres de la famille humaine, avons besoin. Aujourd’hui plus que jamais.

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4 avril 2020 6 04 /04 /avril /2020 15:44
Pandémie, pandémies….
Pandémie, pandémies….
Pandémie, pandémies….

Le rappel de quelques grandes pandémies qui ont marqué l'Histoire n'est pas inutile. Encore faut-il ne pas oublier de souligner le contexte -ô combien différent- des époques concernées : niveau de vie, connaissances scientifiques, techniques et médicales, modes et vitesse de communication, type de gouvernance….

Il serait par exemple intéressant d'analyser ce qui s'est passé :

  • à Byzance (Constantinople), avec la « peste de Justinien », qui a connu 18 épisodes ou résurgences entre 541 et 750 et qui a touché toutes les régions de l’ancien Empire romain ;
  • à Lyon, en 1564, avec la peste qui a fait 50 000 victimes, et dont Ambroise Paré, le père de la chirurgie moderne, a raconté les effets : une ville à l’abandon, manquant de tout, de nourriture, de soins, de charité… ;
  • à la fin de la Première Guerre mondiale, avec la grippe espagnole, responsable de 25 à 50 millions de morts, soit plus que les combats de la guerre !

En tant que maire de Cordes, je suis sensible à l’histoire de la « peste noire » qui a frappé la cité et ses environs au 14ème siècle. Elle est remarquablement racontée par ce texte de Maurice Diéval, dont je vous recommande la lecture. Vous y verrez en particulier que des mesures prophylactiques, parfois étonnantes, avaient déjà été mises en place.

La peste noire et ses remèdes,

par Maurice Diéval, Président des Amis de Cordes et du Comtat cordais 

Les épidémies de peste connues dans l’histoire n’épargnèrent pas Cordes. Elles débutèrent au 14ème siècle, puis réapparurent en 1564, en 1587 « année de la grande contagion », en 1593-1594 et de 1629 à 1632.

La prévention et les soins émanèrent des pouvoirs politique, médical et religieux. A chaque fois, les consuls prirent des mesures de protection de la population et engagèrent des hommes de l’art : « directeurs de la santé », médecins, « chirurgiens des infects », « parfumeurs », « désinfecteurs », religieux. Ils promulguèrent des « règlements de police sanitaire » (dont celui du 9 août 1652)

La peste noire, réputée pour avoir exterminé près de la moitié de la population européenne, soit entre 20 et 30 millions de personnes, prit les hommes au dépourvu, car ils avaient oublié "ce fléau des Dieux".

« Elle arriva d’Asie par les routes maritimes de la soie et terrestres. Douze galères génoises parties en novembre 1347 de Constantinople, atteintes de la peste firent escale à Messine d’où le mal se diffusa dans les îles voisines puis à Gênes et à Marseille.

Au cours des années 1348 à 1350 la maladie envahit la France entière, en suivant les axes routiers et fluviaux ; elle épargna les régions montagneuses mais ravagea les villes commerçantes et les zones peuplées. »

La maladie fit des ravages, au point de vider la ville de Cordes de ses habitants. On conçoit l’état d’affolement d’une population ainsi décimée. Aucune mesure n’a été efficace, toute résistance au fléau a été vaine, la plupart des familles ont eu à déplorer la perte de quelqu’un des leurs, ceux qui ont conservé la santé ont presque tous abandonné leurs maisons. La ville est déserte, le deuil est partout.

Quelle ressource reste -t-il ?

Le Ciel ! La piété était exacerbée en temps de peste. Le corps médical, mis en danger, implorait ses saints patrons : Cosme et Damien. Quantité de chapelles, sculptures, colonnes, fresques, tableaux et ex-voto de toutes sortes furent offerts aux deux saints protecteurs de la peste : Saint-Sébastien et Saint-Roch. C’est ainsi que naquit le « vœu du Saint-Crucifix », le 31 octobre 1631.

Les catholiques organisèrent des pèlerinages pour conjurer la colère divine.

Les « flagellants », adeptes de la pénitence et de la flagellation en public, firent leur apparition.

Pour préserver les vêtements.

« Si vous ne pouvez changer de vêtements tous les jours étendez ceux que vous avez portés la veille, toute la nuit, dans un endroit bien aéré.

Avant de les revêtir, des précautions supplémentaires s'imposent : on se fera porter une échauffette pleine de charbons ardents sur lesquels on jettera de l'encens, de la myrrhe, des roses, du serpolet, de la marjolaine, du bois d'aloès, des clous de girofles, du genièvre et autres choses odoriférantes et sur les fumées qui s'en dégagent on agitera en tous sens ses habits ».

Conseils pour les déplacements

« On peut se risquer hors de la maison, pourvu que l'on soit muni de deux ustensiles : la pomme de senteur et le massapan, à base d’agrumes et de vinaigre »

Dès la fin du XIVème siècle, une ordonnance médicale contre la peste bubonique, rédigée par Maître Chrétien « médecin espécial du roy nostre sire après les oppinions de tous les physiciens et médecins et conclusions d’yceulx », propose à la fois des mesures préventives, la description des symptômes précurseurs et des conseils d’hygiène.

L’un d’entre eux, Charles de Lorme, premier médecin de Louis XIII imagina le fameux costume protecteur, ancêtre des tenues chirurgicales !

« Le nez long d’un demi pied (16cm) en forme de bec, rempli de parfums n’a que deux trous, un de chaque côté à l’endroit des ouvertures du nez naturel ; mais cela peut suffire pour la respiration et pour porter avec l’air qu’on respire l’impression des drogues renfermées plus avant le bec.

 Sous le manteau, on porte des bottines, faites de maroquin (cuir de bouc et de chèvre) du levant, des culottes de peau unie qui s’attachent aux dites bottines et une chemisette de peau unie, dont on renferme le bas dans les culottes, le chapeau et les gants sont aussi de même peau... des bésicles sur les yeux. »

Le cuir constituait, sans doute, une carapace efficace contre les puces.

Les traitements

Trois corps de spécialistes participaient au traitement des malades : les médecins, les chirurgiens, les apothicaires. Un personnel paramédical gravitait autour d’eux : garçons- chirurgiens, aide-apothicaires, infirmiers. Les docteurs en médecine étaient à la tête de la hiérarchie soignante. C’est à eux que les municipalités s’adressaient dès les premières menaces du mal pour le diagnostic, l’ordonnance des soins et l’organisation sanitaire générale.

Au XIVème et au XVème siècle, à la rumeur d’une épidémie voisine, les autorités se taisaient pour ne pas effrayer les populations mais petit à petit, elles en vinrent à prendre des mesures draconiennes : isolement des suspects, hospitalisation des malades, signalisation par des croix des lieux atteints, nettoyage des rues, désinfection par le feu, parfumage des maisons, des rues, enterrements de nuit dans des fosses communes dans lesquelles la chaux et le feu exterminaient les cadavres, surveillance des déplacements par des patentes pour les marchandises et des billets de santé pour les humains, généralisation des mises en quarantaine pour les denrées et les convalescents...

Les produits désinfectés étaient marqués au fer, le courrier percé par une sorte de gaufrier muni de pointes acérées était placé au-dessus de feux d’encens, myrrhe, romarin, aloès, pin, laurier, genièvre etc. Le soufre, la chaux, le tabac, le vinaigre apparaissaient comme de bons préservatifs. Il fallait porter sur la bouche une éponge imprégnée du vinaigre "des 4 voleurs" composé, outre de vinaigre blanc, d’absinthe, genièvre, marjolaine, sauge, clou de girofle, romarin et camphre.

Le parfumage joua un rôle essentiel dans la prévention comme dans les soins.

Les apothicaires et médecins composèrent des potions et remèdes pour tenter de prévenir, soigner et éradiquer ce terrible mal. Les remèdes se sont limités aux bézoards à base de bave de crapaud ou de sang de vipère. Ce traitement était largement utilisé mais évidemment inefficace.

Issu de la littérature médicale arabe et persane, le bézoard est mentionné dans les écrits médicaux européens depuis le XVe siècle notamment par les écrits de Dioscoride . Les guérisseurs se servaient de nombreuses plantes riches en opium, les thériaques. Elles étaient utilisées pour diminuer les douleurs et les diarrhées.

La « thériaque » était un mélange complexe et secret d’une soixantaine d’ingrédients, préparée une fois par an en place publique : l’opium y tenait sans doute une bonne place à côté des multiples plantes pour la plupart odoriférantes.

Le seul « traitement efficace » était les purges et les saignées qui permettaient, à défaut de guérir les personnes, d'abréger leurs souffrances. 

La crapaudine.

« On dit que l’on trouve quelquefois dans la tête des plus vieux et plus gros crapauds une petite pierre blanche ou d’autre couleur, qu’on appelle ordinairement crapaudine ou pierre de crapaud… On prétend qu’étant broyées et prises par la bouche elles soient capables de résister à la peste et autres maladies malignes. »    Nicolas LEMERY – Docteur en médecine- Académie royale des Sciences.

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 17:53
Dessin Gerlach's Jugendbucherei - 1900

Dessin Gerlach's Jugendbucherei - 1900

 

Billet d'humeur


     Un article récent nous rappelle que l’équipage d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, c’est-à-dire de missiles nucléaires, lorsqu’il est en plongée pour deux mois, est totalement isolé de l’extérieur. Toutes les communications sont volontairement coupées, à l’exception bien entendu d’un ordre de tir éventuel.


     Ceci signifie, en ces temps de virus, que s’il a embarqué avant le début de la pandémie, l’équipage ne sait rien de son existence !


     Mais ce que l’article ne dit pas, c’est ce qui se passerait en cas d’embarquement d’un membre de l’équipage qui soit « porteur sain » du virus.


     Que faire dans ce cas ? Va-t-on laisser mourir dans leur confinement total les membres de l’équipage ou bien les rapatrier en interrompant la permanence nucléaire ?


    Dans tous les cas, impossible de renvoyer en plongée un tel sous-marin, la fine fleur de notre dissuasion nucléaire, qui est elle-même, selon l’acte de foi officiel, « la garantie absolue de notre sécurité », « la clef de voûte de notre politique de défense ».


     Et nous voilà alors privés de toute défense par un simple virus.


   Un simple virus terrassant le dragon nucléaire ! Tout est dit de l’absurdité de notre dépendance à la bombe atomique.

 

Bernard Norlain,

Vice-Président d'IDN. 

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1 avril 2020 3 01 /04 /avril /2020 16:22
Malgré le confinement, la continuité
Malgré le confinement, la continuité

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 09:51
IDN au temps du coronavirus

     Dans la situation actuelle de pandémie du coronavirus, l’association que je préside, IDN (Initiatives pour le désarmement Nucléaire) est contrainte de suspendre toutes ses activités impliquant des rencontres et des rassemblements. Ainsi les projections de films et vidéos suivies de discussions à Paris, Lyon, Bordeaux ont été annulées. De même, la conférence internationale sur le thème du climat et des armes nucléaires prévue le 18 juin 2020 a été reportée à la fin de l’année.

 

     Mais cela ne signifie pas que IDN arrête de fonctionner et d’œuvrer pour le désarmement nucléaire, bien au contraire ! Et d’abord pour la simple et bonne raison que cette crise constitue la démonstration de ce pourquoi nous nous battons tous ensemble. En effet, la menace virale que nous connaissons actuellement montre bien l’inanité de l’arme nucléaire pour faire face aux menaces que nous devons et devrons affronter : cyberattaques, dérèglement climatique, terrorisme, conflits intra-étatiques ou hybrides, utilisation non-éthique de l’intelligence artificielle etc…

 

     Pour IDN, c’est le moment au contraire d’intensifier notre action. Nous le ferons en utilisant tous les moyens que permettent internet et la numérisation de la communication : newsletter, revue de presse, réseaux sociaux, événements virtuels. Dans ce cadre, nous allons  proposer des débats collectifs en direct, avec ou sans vision préalable d’un film. La Lettre publiée le 26 mars est plus précisément centrée sur la crise actuelle.

 

     Nous vous invitons à nous exprimer vos avis, questions et suggestions sur ces textes et ceux de ce site.

 

     Le virus s’attaque aux poumons pas aux neurones. Profitons-en !

 

 

Paul Quilès, Président d’IDN

 

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Billet d’humeur

 

     Dans un discours martial, le chef d’Etat-major des armées a déclaré en substance « pour protéger la France, cela passe d’abord par la préservation de nos capacités pour garantir la dissuasion nucléaire ».

 

     Le regard rivé sur la ligne bleue de la stratosphère dans l’attente de missiles intercontinentaux, il n’a pas vu le coronavirus surgir sur ses arrières. Qu’à cela ne tienne, nous sommes prêts à vitrifier la planète. Ils ne passeront pas. Plus jamais ça !

 

     Et pourtant, le coronavirus est partout. Heureusement, le service santé des armées va contribuer à la lutte contre cette agression imprévue. Mais le service de santé des armées, réduit à sa plus simple expression pour cause de coupes budgétaires, n’en peut plus : hôpitaux militaires fermés – dont son fleuron, l’hôpital du Val de Grâce –, personnels médicaux supprimés. Il aura fallu presque dix jours pour monter un hôpital de campagne de trente lits.

 

     Pendant que l’on déverse des dizaines de milliards dans une arme obsolète et criminelle, on ne voit pas les vraies menaces de notre temps. Un virus contre le champignon atomique… qui l’eût cru ?

 

     Une « nano-bombe » contre LA bombe. Où est l’urgence ?

 

 Bernard Norlain,  Vice-Président d’IDN

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 18:37
Le temps du virus, le temps de la polémique, le temps de la réflexion

Vous avez certainement noté comme moi le grand désarroi de nos compatriotes devant le flot d’informations de toutes natures et parfois contradictoires, de mises en garde, de débats souvent confus, de polémiques, de prévisions, dont ils sont abreuvés depuis le début du confinement.

Le monde est en souffrance, mais ce que nous subissons dans nos pays développés est peu de chose en comparaison de ce que ne manqueront pas d’endurer de très nombreux pays sur les cinq continents. Je pense par exemple à la crise sanitaire colossale qui s’annonce en Afghanistan, avec les flots de réfugiés qui reviennent d’Iran (62 000 entre le 15 et le 21 mars), à la situation tragique de la bande de Gaza, à la catastrophe humanitaire sans précédent qui menace les pays africains qui commencent à être atteints par la pandémie (souvent pas d’eau courante, un système sanitaire rudimentaire, un mode de vie incompatible avec l’idée même de confinement…)

Il va falloir naturellement essayer de comprendre les raisons de l’impréparation des dirigeants et des sociétés devant une telle pandémie.

- Voir la prévision de Bill Gates il y a 5 ans

- Se souvenir de la « grippe espagnole » de 1918 (50 millions de morts)

En France, cette impréparation s’est traduite par le manque de masques, de vêtements de protection, de kits pour tests de contamination, de respirateurs à oxygène, de lits de soins intensifs… Mais il est trop tôt pour faire sereinement ce travail aujourd’hui, compte tenu du climat angoissé dans lequel nous baignons.

Il va falloir aussi nous préparer à une réflexion sur ce que j’appelle « le « monde qui vient », qui risque d’être profondément affecté par les dégâts liés à cette pandémie : remise en question du modèle économique, des priorités, du rôle de l’Etat (le retour de « l’Etat providence » ?), du fonctionnement même de la démocratie (pour les pays qui ont la chance d’en bénéficier)

En attendant, il faut se féliciter des signes de solidarité au sein de la société française qui se multiplient, au sein des familles, entre voisins, entre générations ainsi qu’à l’égard du système de santé et des soignants. J’apprécie beaucoup à cet égard les applaudissements à 20 h aux fenêtres des villes, qui expriment, de façon moins superficielle qu'on le croit, leur envie de lien social.

Pour terminer, je regrette que les médias se soient montrés aussi discrets sur cette information : « l’ONU, qui avait lancé un appel à arrêter les combats face au Covid-19, a salué la proclamation de cessez-le feu aux Philippines, au Cameroun, au Yémen et en Syrie. ». Il n’est pas si fréquent qu’un appel de l’ONU à la paix soit suivi d’effet !

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29 mars 2020 7 29 /03 /mars /2020 15:27
Malgré le virus....rions un peu!
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22 "Corona blagues"......pour détendre les confiné(e)s

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 19:13
Incroyable : la prévision de Bill Gates il y a 5 ans !

 

C’était en mars 2015 et Bill Gates disait :

 « La prochaine épidémie ? Nous ne sommes pas prêts »

 

     En 2014, le monde a évité une terrible épidémie mondiale du virus Ebola grâce à des milliers de travailleurs de la santé désintéressés - plus, honnêtement, grâce à beaucoup chance. Avec du recul, nous savons ce que nous aurions dû faire mieux.

     Il est donc maintenant temps, demandait Bill Gates il y a 5 ans, de mettre toutes nos bonnes idées en pratique, de la planification de recherche de vaccins à la formation des agents de santé. Et il insistait : « il n'y a pas lieu de paniquer... mais nous devons nous y mettre. »

     Cette courte vidéo (8’36) mérite vraiment d’être regardée

pour comprendre à quel point la gouvernance mondiale

et celle des Etats ont été jusqu'ici incapables

de répondre aux vrais enjeux du futur.

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23 mars 2020 1 23 /03 /mars /2020 10:46
​​​​​​​Après le déni, le repli national, Donald Trump a fermé unilatéralement les frontières américaines. Le leadership américain s’est évaporé. © AFP / Lars Hagberg / AFP

​​​​​​​Après le déni, le repli national, Donald Trump a fermé unilatéralement les frontières américaines. Le leadership américain s’est évaporé. © AFP / Lars Hagberg / AFP

Dans cette très pertinente analyse, Pierre Haski montre comment la crise du Covid-19 a révélé les faiblesses des sociétés les plus avancées d’Occident, en Europe et aux États-Unis et comment la Chine et d’autres puissances s’engouffrent dans le vide laissé par les Occidentaux.

ECOUTER Pierre Haski sur France Inter 

(3 minutes)

**********

Le coronavirus, révélateur du déclin de l’Occident

Alors que 169 pays sont touchés par le coronavirus sur tous les continents, la plus grande surprise aux yeux du monde est l’effondrement de l’Occident. Personne, aussi bien les habitants des pays occidentaux eux-mêmes, que ceux du monde émergent ou en voie de développement… personne n’aurait pu croire possibles, il y a seulement quelques semaines, les scènes auxquelles on assiste actuellement dans le nord de l’Italie, l’Est de la France, ou encore dans les hôpitaux de New York ; même s’agissant d’un phénomène sans précédent, mais pas tout à fait inattendu après plusieurs alertes épidémiologiques récentes.

Les pays occidentaux ont les meilleurs médecins -ils le montrent quotidiennement-, des systèmes de santé sophistiqués, des hôpitaux de classe internationale… Et pourtant, ils ont été bousculés par l’arrivée du Covid-19 : pénurie de masques et d’équipements de protection, tests impossibles parce que l’industrie pharmaceutique a trop délocalisé, des cafouillages dans les prises de décision malgré la virulence de l’épidémie en Chine quelques semaines plus tôt, et une impossible coordination internationale, même en Europe où elle semblait naturelle.

L’Occident est tombé de son piédestal ; sa suprématie qui reposait en partie sur l’image de sociétés performantes, de technologies avancées et de gouvernements plus transparents qu’ailleurs, en a pris un coup. Après la vieille Europe, ce sont les États-Unis qui, gagnés à leur tour par la course folle du virus, révèlent au grand jour le dysfonctionnement de l’administration Trump. Au lieu de leadership, l’Amérique de Trump a d’abord choisi le déni, puis le repli nationaliste, et elle compte ses masques comme n’importe quel pays au monde qui découvre ses vulnérabilités et ses impasses.

Cette situation a déjà un impact. D’abord parce que d’autres puissances se sont engouffrées dans le vide laissé par un Occident en état de sidération. Très durement touchée, l’Italie reçoit une aide médicale de Chine, de Russie, et même de Cuba. Et cette aide contraste cruellement avec l’incapacité de l’Europe à lui porter assistance. Ca laissera des traces, évidemment.

Tout se passe comme si le déclin de l’Occident comme ensemble cohérent, qui a surmonté avec succès le défi de la guerre froide, et créé des normes qui se sont diffusées dans le monde, était aujourd’hui visible à l’œil nu, plus encore qu’avec son éclipse au Moyen Orient. .

Les Chinois se sont passionnés il y a quelques années pour les études sur le déclin des grands empires, pour y trouver quelques signes de l’affaiblissement de celui qui a dominé le XX° siècle. Ils risquent de voir dans ce virus, pourtant parti de chez eux et qu’ils ont initialement caché au monde, le signe que leur heure est arrivée. C’est en tous cas le sens du tapis de propagande en provenance de Pékin.

Il est évidemment trop tôt pour prédire à quel rythme et dans quel état nous sortirons de cette crise, et quelles leçons les Occidentaux en tireront. L’une de celles-ci devrait néanmoins être l’humilité : descendre de son piédestal peut avoir des vertus, à condition de reconnaître qu’une page d’histoire se tourne.

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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 16:56

    La crise du Coronavirus, qui s'est déclenchée avec une poignée de mains à Wuhan (Chine), doit nous interpeller sur le véritable sens de la mondialisation.


    C'est ce qu'explique avec beaucoup clarté Bertrand Badieprofesseur des universités à Sciences Po Paris, spécialiste de la mondialisation dans cette interview donnée à France Inter.

   

      Il y fait apparaître en particulier:

- le caractère déterminant des "microstratégies" des 7,5 milliards d'habitants de la planète;

- l'importance majeure des enjeux sociaux et notamment de la sécurité humaine, à mettre en rapport avec la sécurité politico-militaire qui absorbe 2000 milliards d'euros chaque année;

- la nécessité de prendre conscience que ce sont plus les "foyers de faiblesse" que les concentrations de pouvoir et de force qui gouvernent le monde.

 

     S'agissant de la position du Président de la République dans la dernière période, il considère que la formule répétée "quoi qu'il en coûte" témoigne de sa part d'une sorte de redécouverte du social. A suivre....

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

    cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez