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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:13

    Ce qui se passe depuis 2 mois dans le monde arabe - et peut-être bientôt dans d’autres régions du monde- constitue un évènement de première grandeur. On va probablement s’apercevoir assez vite que nous sommes en train de vivre un moment charnière de l’Histoire, une sorte de basculement, comme celui qui a suivi la chute du Mur de Berlin en 1989.

    La succession d’erreurs et de silences de notre diplomatie pendant cette période n’est pas seulement le signe d’une improvisation coupable du pouvoir politique, qui a discrédité la France aux yeux du monde arabe. Ce qui est en cause me semble plus profond. Il s’agit du discours de la diplomatie française et des actes internationaux que pose notre pays.
    S’agissant du discours, je pense que la France doit tenir, comme l’a souhaité François Mitterrand au soir du 10 mai 1981, « le langage que des centaines de millions d’hommes sur la terre…..ont appris à aimer d’elle »*. Ce langage, il doit être tenu chaque fois que les droits de l’Homme sont bafoués à travers le monde, sans concession et sans distinguer les faibles et les puissants, sans fermer les yeux lorsque des affaires commerciales le commandent. Il doit être tenu à l’ONU et en particulier au Conseil de sécurité, instance suprême dotée du pouvoir d'adopter des sanctions ou d'autoriser le recours à la force lorsque sont commises des violations massives des droits de l'Homme.

    S’agissant des actes, je considère que deux décisions fortes permettraient de redresser l’image de la France :

- un inventaire devrait être fait des rapports que nous entretenons avec les pouvoirs qui violent systématiquement les droits de l’Homme ;

- une charte devrait définir des « règles de dignité » dans nos relations avec les Etats. Elles concerneraient notamment les contrats économiques, les ventes d’armes, les accords de coopération et de défense, les conventions d’extradition, les rapports du Président de la République et de son gouvernement avec leurs homologues étrangers.

    C’est ainsi, en ne sombrant pas dans cette « realpolitik » qu’on invoque si souvent au nom du réalisme et de la prise en compte exclusive des rapports de force, que l’on ne trahira pas la « déclaration universelle des droits de l’Homme », qui devrait rester la boussole de la politique française dans le monde.

 

La France et la Libye

    Le comportement de la France à l’égard de Kadhafi est un exemple de ce qu’il faut éviter. Khadafi est un dictateur fou, chacun le sait. Au pouvoir depuis 42 ans, assis sur un magot pétrolier, dont il profite abondamment, lui et sa famille, il a longtemps effrayé les pays occidentaux par ses frasques, ses changement de pied, ses menaces. Ce tyran manipulateur ne s’est pas privé d’utiliser et de soutenir le terrorisme, finançant des groupes révolutionnaires sur plusieurs continents, faisant organiser des attentats sanglants contre des avions de lignes**.

    Cela, tout le monde le sait. Mais, voilà, la Libye regorge de pétrole et de gaz*** et elle a beaucoup d’argent et il faut savoir parfois fermer les yeux, disent les diplomaties occidentales, pour expliquer ce qu’il faut bien appeler de la complaisance à l’égard d’un dangereux dictateur.

   Vient alors le traumatisme du 11 septembre 2001, suivi, un an plus tard, de l’invasion de l’Irak par les Américains. Kadhafi, craignant de subir le sort de Saddam Hussein, fait volte face. Il se présente comme un faiseur de paix et comme un rempart contre l’islamisme. Il va même jusqu’à annoncer qu’il renonce à se doter d’armes nucléaires. Rien de tel pour plaire aux Etats-Unis de Georges Bush, qui lui décernent une sorte de brevet de respectabilité !

    Cela ne l’empêche de continuer à suivre ses penchants terroristes et de pratiquer la « prise d’otages d’Etat », en faisant condamner sept infirmières bulgares et un médecin palestinien, tous innocents, après les avoir retenus pendant des années. La mise en scène de leur libération par Nicolas Sarkozy en 2007 est l’occasion de vendre la fable du « changement » de Kadhafi. Un parlementaire de droite, aujourd’hui ministre et compagnon de la ministre française des affaires étrangères, ose même faire croire que « c’est un autre homme et qu’il lit…Montesquieu ! »

    Plus ridicule encore, on assiste à l’accueil fastueux du dictateur libyen à Paris, en remerciement pour la libération des infirmières bulgares. Le voici qui plante sa tente à deux pas de l’Elysée pour y bivouaquer. Les défenseurs des droits de l’Homme se frottent les yeux, incrédules…

    Et, pendant ce temps, les ventes d’armes continuent, sans la moindre transparence, puisqu’il faut attendre les révélations du fils de Kadhafi pour connaître la teneur des juteux contrats passés entre la France et la Libye.

 

    La diplomatie française, incapable de comprendre les évènements de Tunisie, d’Egypte et de Libye, vient de traverser une triste séquence, qui m’amène à penser qu’il faut un changement profond, si nous voulons redevenir  fiers de notre pays. Un changement dans le discours et surtout dans les actes.

                                                      

                                           ***** 

Petit rappel: Contrairement à ce que j’ai entendu à France Inter, qui recevait J.L. Bianco ce matin, les relations entre la France et la Libye se sont dégradées rapidement après la tentative de rapprochement pour régler le conflit tchadien (rencontre entre F. Mitterrand et Kadhafi en Crète, en 1984). Il n’a pas fallu attendre pour cela les attentats de Lockerbie et du DC 10 d’UTA, 5 ans plus tard. Je rappelle en effet que, le 16 février 1986, alors que j’étais Ministre de la défense, j’ai fait bombarder et détruire l’aérodrome libyen de Ouadi Doum, construit par Kadhafi en territoire tchadien, pour l’empêcher de poursuivre sa progression au Tchad, pays qui avait un accord de défense avec la France.

 

 * François Mitterrand, à Château Chinon, dans son premier discours de Président de la République, le 10 mai 1981.

** Attentat contre le Boeing 747 de la Pan Am (21 décembre 1988) à Lockerbie: 270 morts. Attentat contre le DC 10 d’UTA (19 septembre 1989) au Niger : 170 morts. Ces attentats ont fait suite au bombardement du palais de Kadhafi à Tripoli par les Américains .

*** Les réserves de pétrole de la Libye sont les plus importantes d’Afrique. 

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15 février 2011 2 15 /02 /février /2011 09:39

Sarko-TF1.JPGJe ne reprendrai pas la somme des critiques, au demeurant justifiées, auxquelles a donné lieu l’émission indigeste de Nicolas Sarkozy de l’autre soir sur TF 1 (« Paroles de Français »), mais, avec quelques jours de recul, je m’interroge.

         Comment se fait-il que l’on ait si peu souligné à quel point ce type de prestation dénote d’une dérive évidente de nos institutions ? Car c'est bien d’un fonctionnement quasi-monarchique qu’il s’agit ici: le monarque parle de tout et surtout de n’importe quoi, il a réponse à tout, il fait croire qu’il agit sur tous les sujets de la vie des Français, des plus graves aux plus futiles, des plus généraux aux plus particuliers. Et personne ne semble plus s’en étonner, tant cette attitude est en quelque sorte passée dans les mœurs !

         L’étonnant est que le Président, fasciné par sa propre audace, semble finir par se convaincre lui –même de l’efficacité de son discours, de la pertinence de ses analyses, de l’efficacité de ses réponses. Peu lui importe les contradictions, peu lui importe les approximations de cette logomachie…Il sait que, dans le buzz médiatique, ce qui compte, c’est d’être vu et entendu, souvent et en parlant de tout. Un bruit couvre l’autre, une émission télévisée ou une déclaration soigneusement mise en scène fait oublier la précédente.

         Si l’on veut sortir de cette hyper-présidence hyper-médiatisée, il va bien falloir se décider à poser les bases d’une réforme qui ramène d’abord  les prérogatives du Président de la République aux fonctions normales qui devraient être les siennes dans une vraie démocratie. Est-il incongru de rappeler qu’il existe un Premier ministre, chef du gouvernement, dont le rôle effacé en dit long sur la réalité de ce régime ?

         Il faudra aussi permettre aux instances de contrôle –en tout premier lieu, au Parlement- de réguler l’action de l’exécutif, faute de quoi la concentration du pouvoir dans les mains du président-monarque va devenir insupportable.

         Combien de temps encore les Français accepteront-ils ce système, qui s’éloigne de plus en plus d’une véritable démocratie dans laquelle le peuple a son mot à dire ? Le climat actuel fait d’affaires, de scandales, de dysfonctionnements, de crispations, d’affrontements, sans parler de l’angoisse du lendemain que ressent un nombre élevé de nos concitoyens……tout cela devrait inciter ceux qui gouvernent la France à redonner la parole au peuple*.

         Je sais, les élections nationales sont dans 15 mois. Je sais, le contexte n’a rien à voir avec celui des révolutions arabes, mais ce qui vient de se passer dans ces pays (et que personne n’avait prévu !) devrait faire réfléchir ceux qui s’obstinent, contre vents et marées, à exaspérer nos concitoyens avec cette façon autocratique de gérer les affaires de la France.

 

* Lire ou relire « 18 mois chrono », qui raconte comment la dissolution de l’Assemblée nationale peut redonner de la vigueur au débat politique.

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 17:54

Dans le cadre d'un débat sur

"Quelle sécurité mondiale pour le XXIe siècle ?",

l'Humanité Dimanche a publié

un article de Paul Quilès,

sous le titre:

"L'engagement de l'OTAN en Afghanistan est une impasse

Pour le lire....... cliquer ici

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 22:40

Egypte.jpgTous les regards de l’actualité se portent naturellement vers la Tunisie et l’Egypte. De nombreuses analyses sont formulées pour tenter de comprendre ce qui vient de se passer, mais on ne l’a pas assez dit, la révolte des Tunisiens et des Egyptiens ne trouve pas seulement son explication dans le rejet de régimes autoritaires. Elle doit aussi beaucoup au caractère insupportable des inégalités sociales dans ces pays.

 

    Si les grands responsables politiques occidentaux se trouvent aujourd’hui face à des équations qu’ils peinent à résoudre, c’est qu’ils ont manqué de clairvoyance, en négligeant les aspirations des peuples à la liberté et à la justice, en sous estimant leur capacité à faire éclater leur colère, en refusant de voir que les inégalités dans le monde et à l’intérieur de nombreux pays devenaient littéralement insupportables.

 

    A cet égard, trois informations récentes et de nature apparemment différente méritent d’être méditées:

  - Le forum de Davos, lieu de rencontre des « grands » du monde capitaliste et des élites « globalisées », s’est inquiété du caractère « profondément inégalitaire » de la croissance mondiale.

  - En France, les dernières statistiques font apparaître que le salaire moyen réel n’a augmenté que de 0,3% en 2010, ce qui a entraîné une baisse de pouvoir d’achat pour les classes moyennes, compte tenu des nombreuses hausses de dépenses incompressibles qu’elles subissent. On est loin des promesses du candidat qui annonçait en 2007 « une augmentation du pouvoir d’achat de ceux qui travaillent » !

  - Selon une enquête du Wall Street Journal, les rémunérations des 25 plus grands établissements de la cote américaine ont distribué 135 milliards de dollars (+5,7% sur un an) en 2010. Les PDG des banques ont été les premiers à bénéficier du retour des paies mirobolantes ; par exemple, celle du patron de Goldman Sachs est passée de 600.000 à 2 millions de dollars, à quoi s'ajoute un bonus 12,6 millions de dollars……La crise financière et les vœux de modération des bonus sont décidément déjà loin des préoccupations des banques !

 

    Faudra-t-il s’étonner demain que de nouvelles explosions sociales et politiques surviennent à travers le monde ?          

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 11:03

sud-radio.pngPaul Quilès s'exprime sur:

la révolution égyptienne,

le retrait des troupes d'Afghanistan,

la sécurité,

les primaires socialistes

et le rassemblement de la gauche......

 

Pour écouter l'interview de Paul Quilès par Michel Cardoze

sur Sud Radio (2 février),

cliquer ici

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 14:00

Afghanistan.jpg Intervention de Paul Quilès

lors du colloque du 31 janvier 2011

 « Quelle sécurité en Europe et dans le monde après le sommet de Lisbonne ? »

 

Contrairement à ce que l’on a beaucoup entendu, le sommet de Lisbonne n’a pas été un grand succès 

      Certes, le Président Obama, aux prises avec de sérieuses difficultés en politique intérieure, a pu y montrer au public américain qu’il était soutenu par les Européens sur toutes les grandes questions de sécurité : Afghanistan, défense antimissile, nouveau partenariat avec la Russie.  

       Les nouveaux membres de l’Est ont été rassurés sur la pérennité de l’engagement américain en Europe. Le nouveau concept stratégique adopté à Lisbonne réaffirme la pertinence de l’article V du Traité de l’Atlantique nord, selon lequel chacun des pays membres de l’Alliance doit porter assistance à tout autre pays membre au cas où il serait victime d’une agression. 

         Parallèlement, la Russie a été reconnue comme un partenaire de premier plan. Elle a obtenu  d’être associée à un futur système de protection du territoire européen contre des tirs de missiles balistiques.    

        Quant aux pays d’Europe occidentale, ils ont pu annoncer à leurs opinions publiques à la fois un maintien de la protection américaine contre les aléas du monde de l’après-guerre froide, une réforme de l’OTAN pour alléger le poids des dépenses militaires et une perspective de désengagement progressif d’Afghanistan.

 

Pourtant, cette convergence affichée d’intérêts n’améliore pas fondamentalement les données de la sécurité internationale.

        Concernant par exemple l’Europe de la défense, sa nécessité est proclamée dans les textes de Lisbonne, mais aucun des blocages qui l’empêchent de progresser réellement n’est levé, à commencer par l’opposition de la Turquie, motivée par le conflit chypriote.  

        Concernant la défense antimissile, rien n’est dit sur la possibilité pour l’Europe de dépasser le rôle de sous-traitant d’un système conçu et produit aux Etats-Unis. On n’a pas abordé non plus l’hypothèse d’y associer la Russie, sans que les Européens se trouvent de fait placés sous un condominium russo-américain. 

        Concernant surtout l’Afghanistan, le projet de désengagement progressif solennellement annoncé à Lisbonne manque de crédibilité. L’armée américaine, qui se trouve empêtrée  dans un conflit, désormais plus long que celui du Vietnam[1], s’obstine à rechercher une solution militaire au conflit, pendant que l’idée du retrait rencontre un soutien de plus en plus large dans les opinions publiques européennes.

 

Quel est l’objectif proclamé pour l’Afghanistan? 

        Il s’agit de transférer aux Afghans la responsabilité de leur sécurité à l’échéance de la fin 2014.    Dans l’immédiat, les 150 000 hommes de la coalition occidentale sous commandement américain ont pour tâche de pacifier les provinces une à une, avant de rendre aux autorités afghanes le pouvoir civil et militaire.  

        Grâce à un programme de formation et d’équipement, l’armée afghane et la police doivent être en mesure de lutter par elles-mêmes contre l’insurrection.  

        Les forces de combat de l’OTAN doivent se désengager progressivement d’ici fin 2014. Rien n’est décidé quant au maintien en réserve d’un contingent significatif de l’OTAN au-delà de cette date.

 

Quelle est la réalité du pouvoir afghan ? 

        Le Président Karzai cherche à démontrer sa volonté de réconciliation nationale. Il se déclare prêt à rechercher un accord avec des groupes de l’insurrection, dès lors qu’ils renonceraient à la lutte armée, qu’ils refuseraient tout contact avec le terrorisme international et qu’ils accepteraient la Constitution. 

        Le problème est que ce pouvoir, sur lequel la coalition occidentale entend s’appuyer, est un pouvoir politique fragile. Il est contesté à Kaboul même, où les attentats ne cessent pas.  

        Son élection a été entachée de fraudes massives. Il a échoué à faire élire au Parlement un grand nombre de ses partisans pachtounes et ne semble donc pas y disposer de majorité, puisque ce sont les autres ethnies qui sont majoritaires. 

        L’administration afghane elle-même est dénuée de moyens malgré l’aide internationale et elle est largement impuissante face au pouvoir des chefs de guerre et de l’insurrection. Elle est, comme le pouvoir politique, profondément corrompue et mêlée à la production de drogue. N’oublions pas que l’Afghanistan est aujourd’hui à l’origine de 95% de l’opium produit dans le monde.

 

Comment un tel pouvoir serait-il capable de se substituer

 à la présence occidentale en 3 ans ? 

        Le projet de l’OTAN implique de mettre sur pied dès cette année une armée afghane et une police dont les effectifs atteindraient respectivement 172 000 et 134 000 hommes.

        Cet objectif semble totalement irréaliste, quand on sait que le taux de désertion dans les forces de sécurité afghanes est de l’ordre de 20 % chaque année !

 

L’impasse semble donc totale. 

       Les objectifs et la stratégie de l’OTAN n’ont cessé de varier depuis 9 ans, la lutte contre le terrorisme –justification de l’intervention militaire en 2001- n’est plus la raison principale de la présence des Occidentaux en Afghanistan (même si elle occupe encore beaucoup de place dans les discours politiques). 

       Les crispations entre voisins régionaux (Pakistan, Inde) restent toujours aussi fortes.
       Les dépenses sont monstrueuses (pour la France, 460 M €, mais pour les Etats-Unis, 350 Mds $ ….1000 Mds $ pour Irak+ Afghanistan!). 

       Le nombre de victimes a augmenté de façon considérable : 711 soldats de l’OTAN en 2010….contre 521 en 2009 ; 810 soldats afghans ; 1292 policiers ; environ 2500 civils. En ajoutant le nombre d’insurgés tués, on arrive à plus de 10 000 morts en 2010. 

        Désormais, la plupart des experts de l’Afghanistan et nombre d’officiers américains et européens reconnaissent qu’une victoire militaire est impossible. 

        Malgré ce constat pessimiste et de plus en plus partagé, N. Sarkozy continue à défendre la vision américaine de cette stratégie sans avenir, en espérant faire croire que le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN lui a permis d’être associé à sa définition.

 

Le risque de cette situation pour les Occidentaux et pas seulement pour les Américains. 

        La présence d’une troupe occidentale si nombreuse dans un pays musulman, au service d’un pouvoir largement discrédité, avec des objectifs peu réalistes et des stratégies floues, donne un crédit apparent à la thèse de la « guerre des civilisations ». 

        Elle alimente à l’évidence la propagande des fondamentalistes, qui la présentent comme une sorte de « croisade contre le monde musulman ».

 

Devant cette impasse, d’autres choix s’imposent. 

        La France, en qualité de membre permanent du Conseil de sécurité, pourrait prendre une initiative de règlement politique du conflit, en liaison avec ses partenaires européens. Je pense par exemple à la proposition d’une conférence qui réunirait les pays voisins de l’Afghanistan, les pays détenant un siège permanent au sien du Conseil de sécurité et les pays membres de l’Union européenne et de l’Alliance atlantique (de manière à associer la Turquie).  

        Cette conférence aurait pour tâche d’établir un statut international de l’Afghanistan qui en ferait un État neutre, dont les autorités, issues d’un processus négocié de réconciliation nationale, s’engageraient à n’apporter aucun soutien, sous aucune forme, au terrorisme international.  

        Seul ce règlement, qui prévoirait un retrait total des troupes étrangères à l’exception d’un volume limité et contrôlé d’assistance militaire technique, serait de nature à rassurer à la fois le Pakistan, l’Inde, l’Iran, la Chine et la Russie, qui ont chacun un intérêt direct dans l’évolution de la situation afghane.  

        Il devrait en particulier comporter un engagement du Pakistan de cesser de soutenir les mouvements islamistes pachtounes, en échange d’une reconnaissance par l’Afghanistan de la frontière pakistano-afghane actuelle.

 

Pour proposer un tel plan, la France doit retrouver sa liberté d’action et sa crédibilité et se dissocier de la politique actuellement menée.

        Il lui faut donc retirer son contingent d’Afghanistan. Ce retrait militaire et cette initiative de règlement politique devraient s’accompagner d’un plus grand engagement civil. Des offres ambitieuses peuvent être faites, dans le cadre de l’ONU, pour accroître l’aide au développement en faveur de l’Afghanistan. Car le véritable retour à la paix ne viendra qu’avec le développement économique et social et la satisfaction des besoins de base de la population afghane. 

        Je pense que le retrait français devrait être immédiatement annoncé. Sa mise en œuvre pourrait être coordonnée avec le désengagement des forces de combat occidentales, par exemple en même temps que les premiers retraits des troupes américaines, prévus pour juillet 2011.

  

        Ainsi, la France renouerait avec l’inspiration du « plan d’action pour l’Afghanistan » présenté en octobre 2001 par Hubert Védrine.  Elle ne ferait que respecter les deux principes de base des relations internationales, inscrits dans la Charte des Nations unies : le règlement pacifique des conflits et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.


[1] Et plus long que l’aventure des Soviétiques en Afghanistan !

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 20:20

Paul Quilès participera au colloque

organisé au Sénat

le lundi 31 janvier

par Michelle DEMESSINE,

 sénatrice du Nord, ancienne ministre,

autour du thème:

Quelle sécurité en Europe et dans le monde? Nouveau concept stratégique de l’OTAN, défense européenne, Afghanistan

 

Participeront également à ce colloque:
- Général Vincent Desportes, directeur de la collection « Stratégies et doctrines » et enseignant de Stratégie à HEC et à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris
- Alain Joxe, directeur d'études à l'école des Hautes Etudes en Sciences Sociales
- Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques
- Bruno Tertrais, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique
- Jacques Fath, responsable des Relations internationales du PCF
- Arielle Denis, co-présidente du Mouvement de la Paix
- Kate Hudson, présidente de l’ONG britannique « Campagne pour le désarmement nucléaire »

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 12:29

Solaire.jpgDepuis quelques mois, malgré les engagements du Grenelle de l'environnement, le gouvernement s’attaque au développement du solaire photovoltaïque. Les défenseurs de cette filière, indispensable pour diversifier les sources de production d’énergie et créer des « emplois verts », s’inquiètent à juste titre des arguments étranges utilisés par les pouvoirs publics.

 

    Pour comprendre les enjeux de ce dossier, je vous invite à consulter 2 documents : 

 

    - La lettre ouverte au Président de la République -publiée par le Monde- de Benoit Praderie, chef d’entreprise dans le photovoltaïque et conseiller du commerce extérieur de la France, qui s’indigne des contradictions de la politique française dans ce domaine. Il rappelle notamment les discours présidentiels incantatoires, depuis le «Il faut plus d’industrie française, plus d’innovation, plus d’entrepreneurs », « Il faut une politique française qui innove et trace l’avenir», jusqu’au célèbre «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs»…..    Lire la lettre  

 

    - L’analyse de David Guinard, Directeur Général de Photosol, sur le site enerzine.com

" Une grande partie de l'argumentation……repose sur une affirmation simple : l'explosion du photovoltaïque en France fait peser sur le portefeuille des Français un risque majeur. On n'explique pas pour quelle raison ce risque n'a pas été identifié ni par l'Allemagne (avec son marché photovoltaïque 40 fois plus développé), ni par l'Espagne (12 fois plus développé), ni par le Japon, (10 fois plus développé), ni par les Etats-Unis (6 fois plus développé), ni par l'Italie (4 fois plus développé), ni par la République Tchèque (2 fois plus développé), ni par la Belgique (1,5 fois plus développé). Il convient donc de remettre un peu en perspective cette assertion et d'en étudier plus précisément les tenants et les aboutissants."   (….)

    " En conclusion, les critères sur lesquels se fondent la plupart des détracteurs de l’énergie photovoltaïque ……sont faux et tendent à occulter aussi bien les avantages économiques du solaire photovoltaïque que les incertitudes majeures et les enjeux colossaux, auxquels l’industrie nucléaire (et indirectement les contribuables français) vont devoir faire face dans les 10 années qui viennent."   Lire l’article

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Published by Paul Quilès - dans Energie et environnement
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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 20:01

Pour écouter le discours de Paul Quilès, présentant les projets de Cordes

et notamment

la construction de nouveaux logements sociaux,

cliquer ici

(CFM Radio)

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15 janvier 2011 6 15 /01 /janvier /2011 21:39

Tunisie.jpgAlors que tout le monde s'étonne de la discrétion -pour ne pas dire plus- des autorités françaises à propos de la révolution tunisienne, il est incroyable que notre gouvernement n'ait trouvé rien de plus approprié et d'utile à dire au peuple tunisien, réprimé dans le sang......qu'on va aider les forces de sécurité du dictateur, précisément responsables d'exactions tragiques!

     Si vous n'avez pas entendu les propos effrayants de la ministre française des affaires étrangères, au moment même où le peuple tunisien se soulève pour renverser Ben Ali, voici son intervention:

                            cliquer ici

 

 

 

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez