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15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 11:37
Dernier discours.....
Dernier discours.....
Dernier discours.....
Dernier discours.....

      J'ai fait mon dernier discours (très modeste!) en tant qu'élu de Cordes et du pays cordais devant les enfants de notre école pour la commémoration du 10ème anniversaire de son inauguration. 

 

      Cette intervention, très symbolique, a été l'occasion pour moi de dire ma fierté d'avoir voulu il y a plus de 10 ans la construction de ce bâtiment, qui a été l'objet des compliments des enseignants, des parents, des enfants et des professionnels. Le phénomène est assez rare pour être mentionné!

 

      L'école bioclimatique de Cordes a matérialisé la volonté des élus de mener un projet HQE (Haute Qualité Environnementale), avec une approche de développement durable. Et cela, avec la volonté d'agir, qui va bien au-delà des formules générales et sans application concrète......

 

Voir la brochure de présentation de l'école

 

Dernier discours.....

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 18:52
La dernière séance.....

     La dernière réunion du conseil municipal de la mandature s’est tenue le 6 mars 2020. Elle a clos une période de 25 ans, au cours de laquelle j'ai conduit 4 équipes qui ont contribué activement à la gestion et au développement de Cordes sur Ciel.

     A la fin de la séance, Renée Gautier, élue elle aussi dans ces 4 équipes et responsable appréciée dans plusieurs postes, a tenu à s’exprimer., pour décrire le souvenir qu’elle gardera de cette époque et de la relation qui s’est nouée entre nous.

     Après l'avoir remerciée pour ses propos, qui m'ont beaucoup ému, j'ai retracé brièvement les événements qui m'ont amené à devenir maire de Cordes sur Ciel et à m’attacher aussi fortement à cette belle cité.

 

LIRE l'intervention de Renée Gautier et ECOUTER ma réaction
                                                                                                           

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14 mars 2020 6 14 /03 /mars /2020 10:16
Interview de Paul Quilès dans l'Obs

 

 

Que pensez-vous du discours d’Emmanuel Macron qui évoque un possible élargissement de la dissuasion nucléaire française au cadre européen ?

 

Martial et hautain : je ne suis pas étonné du mauvais accueil que lui ont fait nos partenaires. Sa proposition dénote un sens très français de la sécurité européenne : au lieu de rechercher d’éventuelles convergences, Emmanuel Macron affirme, seul, l’inflexibilité de sa doctrine nucléaire. Voilà qui n’invite pas à une discussion entre égaux. En outre, ce discours est en contradiction avec les engagements de la France à l’égard  du Traité de non-prolifération nucléaire. Lors de la dernière conférence du TNP, notre pays avait réaffirmé sans équivoque son objectif de participer à l’élimination complète des armes nucléaires, et de réduire leur importance dans les concepts et doctrines militaires et de sécurité. Tout en feignant un attachement au multilatéralisme, Emmanuel Macron piétine en réalité le seul instrument adopté par la quasi-totalité des Etats.

 

N’est-il pas utile de poser les contours d’une défense nucléaire européenne ?

 

Il est inutile de tenter de le faire sans définir dans un premier temps nos intérêts communs et les menaces potentielles qui pèsent sur l’Union européenne. Sont-elles les mêmes pour le Portugal, la France et les pays baltes ? La vérité est que la plupart des pays européens continuent de compter sur le parapluie nucléaire américain, et que personne, y compris Emmanuel Macron, ne remet en cause l’existence des 190 armes nucléaires tactiques américaines stationnées en Europe, toutes obsolètes…mais en cours de modernisation pour les rendre utilisables dans une bataille nucléaire !

 

Votre dernier ouvrage s’intitule « L’illusion nucléaire ». Macron en serait-il victime ?

 

Le principe qui fonde la dissuasion nucléaire, la « destruction mutuelle assurée », suppose que votre adversaire ne vous fera pas de mal par peur de destructions sur son propre sol. En soi, c’est déjà absurde : on laisse entre les mains du président cette alternative d’être soit génocidaire, soit suicidaire ! Et l’évolution récente des doctrines nucléaires est extrêmement inquiétante. A la fin de la Guerre froide, l’arme nucléaire devait se limiter à un rôle fondamentalement politique et il était alors impensable de répliquer à une attaque conventionnelle par une attaque nucléaire. Avec la réduction de la puissance des armes et l‘accroissement de leur précision, les puissances nucléaires laissent désormais ouverte cette possibilité. Selon William Perry, l’ancien secrétaire d’Etat de Bill Clinton, l’éventualité d’une catastrophe nucléaire est plus élevée aujourd’hui qu’à n’importe quel moment de la Guerre froide. En France, le nucléaire militaire, qui coûtera désormais 6 milliards d’euros par an au contribuable, est devenu une religion, un dogme que nul ne doit discuter. Ce non-sens est permis par l’absence totale de débat public sur la question.

 

Propos recueillis par Timothée Vilars

 

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 15:47
Nous avons recréé des camps de concentration

C'est ce que s'exclame Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial auprès de l'ONU sur la question du droit à l'alimentation dans le monde et qui est vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l'Homme des Nations-Unies depuis 2009.

 

*********
 

Dans le cadre d’une mission pour l’ONU, il s’est rendu au camp de réfugiés de Moria. Il décrit* la situation dramatique d’un camp dans un état sanitaire effroyable. Ce camp est divisé en deux parties : d’un côté, le camp « officiel » au sein duquel plusieurs familles partagent les mêmes containers pour s’abriter. De l’autre, un « hot spot », véritable bidonville où se côtoient réfugiés, serpents et rats au milieu d’abris insalubres et fragiles, construits sur des amas d’immondices. Ziegler insiste sur la situation mentale alarmante des enfants du camp. En effet, les mineurs font l’objet d’un suivi particulier de la part de MSF qui a mis en place une cellule de pédopsychiatrie pour tenter de « détourner la volonté de suicide des enfants et adolescents ». A ce jour, c’est l’unique disposition de ce type mise en œuvre par MSF dans le monde.

 

L’« hypocrisie » des Etats européens face à la réalité

 

Selon Ziegler, faire stagner cette crise humanitaire permettrait in fine à l’Europe de décourager toute traversée de migrants en direction de l’île de Lesbos. Créer une situation de précarité totale servirait alors de « repoussoir ». Cette stratégie s’avèrerait néanmoins inefficace car, quelles que soient les informations transmises sur la situation du camp, l’île apparaitrait toujours comme une meilleure alternative à la vie sous les bombes ou la menace d’attentats quotidiens.

Par ces pratiques, l’Europe violerait quotidiennement le Droit. Le droit à l’alimentation d’abord, avec la distribution de nourriture peu nutritive et souvent avariée qui reste trop restreinte face aux besoins, engendrant alors des violences. Ensuite, la Convention des droits de l’enfant en s’abstenant de prendre en charge la scolarité des enfants malgré la présence de 35 % de femmes et d’enfants de moins de 10 ans parmi les 18 000 occupants du camp. Enfin, c’est le droit d’asile qui est mis à mal avec les interventions maritimes de FRONTEX, de l’OTAN et des garde-côtes (grecques et turques) visant à empêcher les embarcations de migrants d’atteindre les rives européennes. Ainsi est également bafouée la Convention relative au statut des réfugiés et, selon Ziegler, les « valeurs sur lesquelles l’Europe est fondée ».

 

Préconisations pour répondre à la crise : une prise de conscience à plusieurs niveaux

 

Niveau national grec : 

- afin d’éviter tout détournement et tout risque de corruption il propose un contrôle sur l’utilisation des fonds européens dédiés à l’aide alimentaire du camp jusqu’alors administré par l’armée grecque ; - une volonté politique réelle pour faire parvenir l’aide nécessaire à l’île de Lesbos, ce qui est logistiquement réalisable en comparaison aux efforts mis en place pour satisfaire l’afflux touristique sur les autres îles grecques.

 

Niveau européen :

- fermer les « hot spots » et créer des conditions d’accueils adéquates pour permettre une répartition efficace des réfugiés au niveau européen selon le PIB de chaque pays et ainsi, une prise en charge commune ; 

- pousser les pays réfractaires à l’accueil de réfugiés (notamment la Hongrie et la Pologne) en suspendant les aides européennes qui leur sont destinées (63 milliards €/an) ; 

- faire évoluer l’analyse administrative de la demande d’asile : l’octroi du droit à l’asile devrait s’effectuer sur la base unique de la provenance géographique des demandeurs. Il est en effet plus facile de prouver que l’on fuit une zone de danger permanent plutôt que de faire la preuve des violences ou/et persécutions subies.

 

Niveau individuel : le besoin d’un réveil des consciences est nécessaire pour que les citoyens européens puissent s’emparer de cette crise qui devrait encore s’aggraver. Il souligne également l’importance de dépasser le « silence glacé des médias ». La littérature pourrait y remédier.

 

Synthèse de l’interview de Jean Ziegler réalisée le 23 janvier 2020 par Camille Pigella pour le magazine hebdomadaire suisse L’Illustré, suite à la parution de son ouvrage « Lesbos, la honte de l’Europe ».          

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8 mars 2020 7 08 /03 /mars /2020 17:50
Virus, 49-3, Turquie, Lesourne
Virus, 49-3, Turquie, Lesourne
Virus, 49-3, Turquie, Lesourne

Je vous recommande la lecture de cette excellente 

chronique de Bruno Frappat dans La Croix,

qui analyse les réactions de notre société face aux désordres

qu'elle traverse en ce moment. 

 

*****

"Tout se détraque"

 

     Virus

 

     Ce serait un exercice délicat et, à la fois, gratuit et cruel, et même de mauvais goût, que de se demander si l’épidémie de virus actuellement à l’œuvre sur terre n’avait pas, comme toute chose, un bon côté. Et pourtant, à ce stade, si l’on affecte un instant d’oublier les dégâts humains, la comptabilité horrible des décès et la souffrance physique et psychique des personnes malades, il y a des effets bénéfiques à constater. L’irruption et l’installation de ce satané virus au nom imprononçable fait subir à l’humanité entière un choc mental globalisé. C’est comme un coup de tonnerre dans un ciel serein qui serait venu mettre un terme à des ambitions économiques, industrielles et même géopolitiques démesurées. Le virus est une petite machine à remettre les choses en place et à ramener nos ambitions à un juste niveau. Quand tout est menacé de s’arrêter, tout devient relatif.

 

     À force de forcer la nature et de la plier à nos volontés impérialistes nous l’avons poussée en quelque sorte à se venger de la seule manière qu’elle a su inventer. Nous rêvions de « sobriété », elle nous l’impose. Nous condamnions les incessantes allées et venues des marchandises et des hommes, elle les entrave. Nous aspirions à un usage raisonné de la terre et des eaux. La raison nous tombe du ciel. Le virus n’est pas seulement entré dans les corps, il est en train d’affaiblir les têtes. La panique se répand partout : et si tout allait se bloquer ? Si tous les progrès de la technique et des sciences allaient devoir s’humilier devant l’avancée de cet animalcule invisible à l’œil et qui, tuant statistiquement relativement peu, induisait une loterie sinistre dans nos existences jusque-là obsédées par la dépense, la consommation, le « toujours plus » qui condamnaient la planète, à terme rapproché ?

 

     Le virus, s’il disparaît – et comment ne pas souhaiter sa rapide éradication sous les coups de la médecine et du civisme de chacun ? –, aura au moins servi à nous faire mieux prendre conscience de la fragilité vaine de nos agitations, de nos investissements, de notre quête nerveuse de la plus-value et du dividende, de notre contribution au saccage universel.

 

     En attendant il est là, bien installé, efficace, sournois et tranquille. Il fait perdre confiance en toutes choses, il meule nos consciences et érode nos élans. La tentation autarcique de l’enfermement s’installe peu à peu. Bientôt on ne descendra dans la rue que sur la pointe des pieds et on s’effarouchera à l’idée de monter dans un autobus où d’autres emmitouflés éprouveront les mêmes angoisses que nous.

 

     Évidemment des tas de gens cherchent à nous protéger et le font avec un dévouement admirable et une réelle compétence. Mais, comme d’habitude, il y a, en France en tout cas, le cortège habituel des grincheux qui trouvent que l’on n’en fait pas assez, que l’on n’a pas anticipé, qu’il manque des masques et des produits pour se nettoyer les mains, que les hôpitaux sont mal équipés pour accueillir tous ceux qui vont débarquer. Le virus aura eu aussi, malheureusement, cet effet de vérifier une fois de plus que dans la compétition mondiale pour la défiance, la France tient son rang, avec une égale ardeur dans la négativité.

 

      49-3

 

    Pendant ce temps, la politique continue à son rythme chaotique, perlé de polémiques inutiles et d’historiettes. Le dernier épisode en date est celui du fameux 49-3. Cet article de la Constitution permet de faire adopter sans vote de l’Assemblée nationale des lois que celle-ci refuse soit d’examiner, soit d’approuver. Tout le monde, à droite et à gauche, a toujours trouvé très pratique ce dispositif quand il servait les desseins du pouvoir du moment. Il était de bonne guerre, en ces temps où le virus de la désagrégation du lien démocratique est à l’œuvre, que le pouvoir use de ce procédé, peu glorieux mais autorisé, pour surmonter les embûches mises sur sa route par des oppositions déchaînées.

 

     On ignore combien de milliers de pages ont été consacrées à imprimer, pour chaque député, les dizaines de milliers d’amendements déposés en vain, puisque même pas examinés, sur la réforme des retraites, comme on ignore le coût de cette affaire, de cette guerre picrocholine. On gardera en mémoire les cris d’orfraie poussés par les opposants lorsque, après avoir érigé des obstacles infranchissables, elle est montée sur ses grands chevaux pour dénoncer le procédé antidémocratique, et même « totalitaire », a-t-on entendu du côté des Insoumis, dont on sait qu’ils n’ont peur ni des mots ni des abus de langage. Totalitaire ! Et pourquoi pas nazi, ou stalinien ? Macron-Pol Pot même combat. Nous avions donc un Goebbels à Matignon et ne le savions pas ?

 

     Donc, le virus courant dans la campagne, la France des élus continuait à aller sur son erre, comme si de rien n’était, poussant devant soi une loi incompréhensible pour le futur retraité moyen et pour celui qui l’est déjà. On aurait dit une équipe de pêcheurs dépenaillés se disputant sur un rivage au moment de tirer une barcasse au sec. Et se traitant, de chaque côté, de tous les noms, sans s’apercevoir qu’à l’horizon noir montaient les nuées et les vagues d’une tragédie appelée Coronavirus.

 

      Turquie

 

     Une image nous obsède : celle des garde-côtes grecs tentant à coups rageurs de piques et de gaffes de couler un canot pneumatique empli de migrants venus de la Turquie voisine par décision du satrape local, l’illustre Erdogan, sympathique islamiste à la tête de ce pays qu’on baptisait jadis l’homme malade de l’Europe et qui l’est redevenu par les voix de son peuple. L’esquif s’éloignant finalement, les garde-côtes décidèrent de tirer quelques coups de feu qui, heureusement, ratèrent leur cible et finirent dans l’eau. Une scène d’époque.

 

      Lesourne

 

     Partout la déraison et la dérision semblent l’emporter. Un homme aura tenté de consacrer sa longue vie, jusqu’à ses quatre-vingt-onze ans, à essayer de démêler sur toutes choses, par l’analyse, les faits et les fantasmes, les passions et la rationalité, les causes et les effets. Il est mort cette semaine, un peu oublié, négligé des médias. Celui qui a quitté la nef des fous qu’est notre monde s’appelait Jacques Lesourne. C’était un homme d’étude et sérieux. Il aura dirigé brièvement, d’une main tolérante, durant trois ans, de 1991 à 1994, le journal Le Monde, où nous l’aurons connu, secondé et aimé.

 

     On ne saurait lui en vouloir d’être parti d’un monde qui ne tourne plus rond.

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4 mars 2020 3 04 /03 /mars /2020 17:44

Idlib: six associations et mouvements lancent un appel

Combien encore de victimes innocentes pour qu’enfin les armes se taisent ?

 

 La situation humanitaire dans la « poche d’Idlib » vire au cauchemar : 900.000 déplacés, expulsés de leurs terres et de leurs villages par la progression de l’armée syrienne lancée à la reconquête de tout le territoire national, s’entassent dans une ville qui n’accueillait auparavant que 150.000 habitants.
 Dans la région, trois millions de personnes survivent dans des conditions catastrophiques sur un territoire scellé au sud et à l’est par les troupes syriennes, à l’ouest par la mer, au nord par le mur infranchissable érigé par la Turquie. Personne ne veut arrêter les combats, personne ne veut déposer les armes si près de la « victoire ». Le mot est dérisoire : quelle « victoire » sur un champ de ruines, sur des milliers et des milliers de morts, sur les droits de l’homme bafoués, sur la dignité humaine piétinée ? 

Le monde entier laisse faire, l’Europe – aux portes de laquelle cette crise, « la plus grave du XXIe siècle » selon l’une des ONG encore présentes sur le territoire, se déploie – détourne le regard. 

Or, le temps presse, des hommes, des femmes, des enfants sont en danger : des hommes, des femmes et des enfants pour qui l’Europe, une fois de plus, reste le seul secours, le seul recours.
N’attendons pas que cette humanité n’ait plus d’autre issue que la fuite, s’écrase au pieds du mur que la Turquie a érigé, se noie dans la Méditerranée-cimetière.
 Il est donc urgent d’appeler toutes les parties en présence, singulièrement la Syrie, la Turquie et la Russie, à :

- cesser de violer le droit international humanitaire et le droit international des droits humains, notamment en traitant de manière appropriée et distincte, en application des Conventions de Genève, les civils et les combattants, déplacés internes et réfugiés, en créant ou recréant des corridors humanitaires permettant de protéger les civils, en veillant à ne pas faire des infrastructures civiles des cibles délibérées ;

- se réunir sous l’égide des Nations-Unies pour organiser la protection des populations civiles et négocier une issue politique au conflit qui dure depuis trop longtemps. 

Que le nom d’Idlib ne vienne pas allonger la triste liste des villes-martyr de l’indifférence et de l’indignité. Aujourd’hui, tous citoyens d’Idlib ! 

 

Pax Christi France, CCFD-Terre Solidaire, ACAT-France, Centre d’Etudes et Recherches Sociales (CERAS), Secours Catholique-Caritas France, Semaines Sociales de France (SSF).

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1 mars 2020 7 01 /03 /mars /2020 11:57
Guerre d’Afghanistan: l'échec
Guerre d’Afghanistan: l'échec

Depuis le milieu des années 2000, je ne cesse de dénoncer

la stratégie inefficace et même suicidaire des Américains en Afghanistan.

Voir les nombreux textes que j'ai publiés

et les interviews que j'ai données à ce sujet 

*****

Je vous recommande également la lecture de cette excellente analyse, qui montre comment l’intervention américaine en Afghanistan a mis des années à apparaître pour ce qu’elle était: une aventure militaire coûteuse et sans issue

Guerre d’Afghanistan: dix-huit ans d’échecs

Par Adrien Jaulmes, correspondant du Figaro à Washington

Entre hubris militaire, objectifs mal définis et stratégie incohérente, la guerre d’Afghanistan ressemble depuis le début à une longue liste d’erreurs à ne pas commettre.

Commencée avec une déconcertante facilité dans les semaines qui suivent les attentats du 11 septembre 2001, l’intervention américaine en Afghanistan s’est transformée au fil des années en la plus longue guerre jamais livrée par les États-Unis dans leur histoire. Le dicton sur l’Afghanistan, facile à envahir, coûteux à gouverner, difficile à quitter, s’est une fois de plus vérifié. Après les Britanniques au XIXe siècle, les Soviétiques au XXe, les Américains tentent au XXIe de s’extraire d’une profonde ornière stratégique.

Considérée à ses débuts comme une guerre juste, par comparaison avec l’invasion de l’Irak de 2003, menée avec un vaste soutien international et notamment européen, au départ soutenue par une partie non négligeable des Afghans, l’intervention américaine en Afghanistan a mis du temps à apparaître pour ce qu’elle était: une aventure militaire coûteuse et sans issue.

Mais s’il est facile de voir avec le recul les erreurs commises par les Américains, c’est peut-être une fois de plus la nature même du pays qui a fait dérailler l’intervention occidentale. Menée dans un pays au relief et au climat brutaux, et où les jeux politiques sont particulièrement complexes, la guerre a fini par acquérir une dynamique propre.

L’un des ressorts profonds du conflit a été activé pratiquement dès les premières semaines de l’intervention. L’opération «Enduring Freedom», lancée après les attentats de New York et de Washington en 2001, inclut dans ses objectifs le régime des talibans sans avoir trop réfléchi aux conséquences sur la politique intérieure afghane. Coupables d’avoir abrité l’organisation d’Oussama Ben Laden, et d’avoir refusé de livrer le terroriste saoudien, les talibans sont à l’époque mis dans le même sac qu’al-Qaida. Les bombardiers lourds américains qui balayent le régime taliban fournissent aux rebelles afghans de l’Alliance du Nord, sur le point d’être défaits, l’occasion de reprendre l’avantage et le contrôle du pays.

Lors de la grande Loya Jirga de l’été 2002, qui jette les bases de la reconstruction institutionnelle de l’Afghanistan, ni les talibans, ni les représentants des puissantes tribus pachtounes du Sud et de l’Est, qui fournissaient le gros des recrues à leur mouvement, ne sont représentés. Le processus politique a aussi pour conséquences de favoriser le retour des seigneurs de la guerre, les chefs corrompus et brutaux des factions qui avaient mis le pays en coupe réglée après le retrait soviétique et pendant la guerre civile qui avait suivi, et contre lesquels le mouvement des talibans avait été créé.

Les élections organisées par la suite, celle de Hamid Karzaï, comme président du nouvel État afghan, et celle d’un Parlement démocratique à Kaboul, ne parviendront jamais à compenser ce manque de légitimité du gouvernement dans les provinces pachtounes.

Les troupes étrangères, d’abord américaines, puis d’autres pays de l’OTAN qui se déploient en Afghanistan dans les années qui suivent, sont supposées aider à la stabilisation d’un pays qui n’a connu que la guerre depuis l’invasion soviétique de 1979. Mais la présence de ces contingents nourrit peu à peu la méfiance et le ressentiment dans un pays traditionnellement méfiant envers les ingérences étrangères.

Tous ces facteurs, le déséquilibre politique créé en faveur de factions afghanes minoritaires, le retour des chefs de guerre, et la présence de troupes étrangères, ont ainsi favorisé la reconstitution du mouvement des talibans.

L’environnement régional y est aussi favorable. Le Pakistan voisin, qui considère comme son intérêt vital l’existence d’un régime ami à Kaboul, laisse comme à l’époque de la guerre contre les Soviétiques son territoire servir de base arrière au mouvement taliban. Allié nominal des États-Unis, Islamabad devient aussi celui des adversaires des Américains, compliquant encore une situation qui échappe vite à tout contrôle.

Le développement de l’insurrection de talibans dans les années 2006-2008 conduit à une deuxième série d’erreurs. Les Américains, qui doivent faire face au même moment à un soulèvement généralisé en Irak, ne prennent pas tout de suite la mesure du problème, et ne mesurent pas la perte rapide de contrôle du gouvernement afghan dans les campagnes et les provinces du Sud et de l’Est. Quand ils réagissent, c’est en comptant sur leur supériorité militaire écrasante pour venir à bout d’une insurrection dont les causes sont avant tout politiques.

Le conflit, qui voit la première intervention militaire de l’Otan en dehors de l’Europe, s’internationalise en même temps qu’il s’étend. La Force de sécurité internationale en Afghanistan, qui se déploie dans l’est et le sud du pays, ne parvient pourtant pas à enrayer l’expansion de l’insurrection. Le mouvement taliban a lui aussi évolué, et a adopté des techniques de combat modernes. Leurs nouvelles armes, l’attentat suicide et l’engin explosif improvisé, permettent d’infliger des pertes aux armées occidentales et de compenser le déséquilibre technologique.

La guerre devient aussi une guerre intra-afghane. À mesure que les pertes augmentent dans les contingents internationaux, des voix s’élèvent en faveur de la transmission aux Afghans de la responsabilité de la sécurité du pays. Mais les efforts d’entraînement et d’équipement de l’armée afghane sont minés par la corruption et la trahison.

Des doutes finissent par apparaître sur la stratégie en Afghanistan, mais n’aident pas à définir de nouveaux objectifs clairs. Obama, élu en 2008, envoie après une longue tergiversation 30 000 soldats supplémentaires, mais fixe en même temps la date de leur retrait pour 2011. Deux généraux, Stanley McChrystal puis David Petraeus, le gourou de la doctrine de guerre contre-insurrectionnelle, se succèdent à la tête de ce corps expéditionnaire renforcé qui atteint presque 110 000 soldats. Mais leurs offensives ne parviennent pas non plus à briser militairement les talibans.

Début 2011 sont pris les premiers contacts avec les talibans. Mais les négociations se heurtent à plusieurs revendications incompatibles. Les talibans réclament le retrait des troupes américaines comme préalable et refusent de négocier avec le gouvernement de Kaboul ; les Américains veulent un cessez-le-feu avant d’envisager la réduction de leurs forces, et que le gouvernement afghan soit associé au processus. Quant aux autorités de Kaboul, elles craignent un accord qui se ferait sans elles et appellent à des négociations directes. L’apparition en Afghanistan d’une branche de l’État islamique, qui se heurte militairement aux talibans, vient encore compliquer la situation.

Donald Trump en 2016, lui aussi décidé à se retirer d’Afghanistan, se voit forcer la main par ses généraux qui le convainquent de ne pas le faire avant d’avoir obtenu un avantage militaire sur le terrain. Mais en 2018, Trump finit par s’affranchir de l’opinion des militaires. Zalmay Khalilzad, ancien ambassadeur à Kaboul, est chargé de jeter les nouvelles bases d’un accord: les Américains acceptent le principe d’un retrait de leurs troupes, si en contrepartie les talibans s’engagent à empêcher le terrorisme international d’opérer depuis le sol afghan, et à participer à un dialogue national avec les autres parties afghanes.

L’accord signé à Doha est la première fois que les Américains et les talibans s’accordent sur les principes de bases d’une paix négociée. La guerre d’Afghanistan est loin d’être terminée mais les erreurs stratégiques initiales, à défaut d’être réglées, semblent avoir été comprises. Ni les Américains ni les talibans ne considèrent plus une victoire militaire comme possible. Même si ce constat n’est pas suffisant pour parvenir à la paix, il représente une étape indispensable.

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23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 11:55
Idlib : une catastrophe humanitaire sans précédent

Une catastrophe humanitaire sans précédent depuis la seconde Guerre mondiale se prépare actuellement à Idlib, au nord-ouest de la Syrie et cela dans l’indifférence générale et dans le silence coupable de la communauté internationale. L’appel de l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, qui a mis en garde l'ONU contre un "péril imminent d'escalade" en Syrie, n’a pas été suivi d’effet.

Même en France, patrie des Droits de l’Homme, il faut tendre l’oreille pour entendre une voie officielle s’indigner et faire des propositions susceptibles d’éviter cette catastrophe, dont les 2 interviews qui suivent montrent bien les conséquences et notamment les risques…y compris pour les pays européens.

**********

Quelle est la situation humanitaire à Idleb ?

La situation est actuellement catastrophique. C'est une catastrophe humanitaire qu'on n'a jamais vue depuis la Deuxième Guerre mondiale. On a à peu près 800 000 personnes dans la région d'Idleb qui cherchent un refuge et qui ne le trouvent pas. Suite aux derniers bombardements, beaucoup de gens ont quitté ces zones pour fuir.

Au Sud, il y a le régime et son allié russe, les Turcs au Nord. Est-il vrai que le régime bombarde les hôpitaux ?

Oui, je confirme. Je suis en contact avec mes collègues sur place, moi-même j'ai fait presque 30 allers-retours. Avant-hier, deux hôpitaux ont été bombardés.

À Idlib, il y a presque 80 centres médicaux et hôpitaux qui ont été bombardés ces derniers mois.

Cela se répète à chaque opération militaire. On n'épargne pas les hôpitaux, on ne respecte pas les droits de l'Homme, la convention de Genève pour épargner ces centres médicaux.

La communauté internationale est-elle impuissante face à cette crise ?

Malheureusement oui. Elle n'est pas à la hauteur. L'aide humanitaire n'est pas à la hauteur des besoins sur le terrain. On a vu des enfants morts de froid et de faim. On a lancé plusieurs fois des appels pour cesser le feu, ne pas bombarder les civils, les hôpitaux.

Quelle est votre réaction face à ce qui se passe aujourd’hui dans la province syrienne d’Idlib ?

Je suis effaré, scandalisé, atterré devant ce drame humain et devant l’indifférence généralisée du monde occidental en particulier. Encore aujourd’hui, deux hôpitaux ont été détruits, dont une maternité. La population fuit devant l’avancée des troupes de Bachar al-Assad et les bombardements russes. Ces personnes manquent de tout, nous sommes en plein hiver, il neige aussi dans cette région. Il y a trois jours, une petite fille est morte dans les bras de son père après avoir fait trois kilomètres pour essayer de rejoindre un hôpital à Afrine. On est dans un drame humanitaire d’une très très grande ampleur. Je demande véritablement à ce qu’il y ait une "safe zone", une zone de sécurité avec non-survol aérien pour permettre la prise en charge humanitaire de cette population sinon nous allons vers un drame terrible. Et nous reverrons la crise migratoire de 2015-2016. Parmi ces réfugiés, il y aura forcément aussi des rebelles extrémistes qui tenteront de passer et de se mettre en sécurité.

Vous parlez d’indifférence des pays occidentaux. Comment expliquez-vous ce silence que vous dénoncez ?

Je crois que la vraie raison de cette hypocrisie totale c’est de se dire qu’en prenant la province de Idlib, la guerre en Syrie sera terminée (…) Et donc en fin de compte, après ces neuf années d’absence de solution politique, on a l’impression que les pays occidentaux regardent ailleurs pour que ça se termine au plus vite, peu importe le prix du sang à payer sur la population syrienne qui aura été martyrisée durant ces neuf années, parce que rien ne lui aura été épargné (…) Durant ces neuf années, toutes les ONG ont condamné les bombardements, demandé une intervention car ce sont des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et il n’y a jamais eu autre chose que des principes. Mais ce dont je me suis rendu compte durant toutes ces années, c’est qu’en fait le droit humanitaire international dépend essentiellement de celui qui est le plus fort. Et aujourd’hui, il faut bien l’avouer, le plus fort c’est Vladimir Poutine.

Avez-vous encore des contacts réguliers avec des équipes médicales sur place ?

Tous les jours. Et quand cette petite fille est morte de froid dans les bras de son père, j’ai reçu à ce moment-là le texte de ce médecin syrien qui nous accuse (…) Ça nous met en question, véritablement, sur nos propres principes des droits de l’homme, de l’humanitaire. Qu’est-ce que ça veut dire aujourd’hui ? Puisqu’on laisse mourir comme ça, jour après jour, des populations entières.

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21 février 2020 5 21 /02 /février /2020 07:46
Tonton, reviens...

Vu dans les rues d'Albi hier.


Belle réaction devant le climat glauque et déprimant

dans lequel baigne la vie politique actuelle!

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 15:53
Algérie, nouvelle indépendance
   

 

Chère Amie, Cher Ami,


J’ai le plaisir de vous inviter
au prochain diner-débat sur le thème

 

« Algérie, nouvelle indépendance »

 

mardi 3 mars 2020

à 20 h

 

En espérant votre présence, je vous adresse toutes mes amitiés,


Paul Quilès
Président de Démocraties

 

Invité : Jean-Pierre Filiu

 

Jean-Pierre Filiu, historien et arabisant, est professeur des universités à Sciences Po Paris, après avoir été professeur invité dans les universités de Columbia et de Georgetown (Etats-Unis). Il est spécialiste du monde arabe et du Moyen Orient.

 

Depuis le 22 février 2019 des foules de femmes et d’hommes manifestent chaque semaine en Algérie pour reprendre leur destin en main. Cette contestation populaire et non violente, dénommée Hirak, qui a obtenu la démission du Président Bouteflika, aspire à la refonte sur des bases démocratiques du système politique.
La vague de fond qui traverse l’Algérie vers une nouvelle indépendance, tournant la page de l’après 1962, aura à coup sûr des répercussions profondes sur la société algérienne. Elle appelle une analyse de fond que Jean Pierre Filiu nous aidera à réaliser.

 

 

Inscription au dîner-débat
au plus tard le 25 février 2020

 

 

 Le dîner-débat se tiendra :

au restaurant du Cercle Universitaire

12, rue Clément 75006 Paris (métro:Mabillon)

4ème étage code ascenseur : 1 2 3 4

 

Participation :

Adhérents : 40 euros

Non-adhérents : 45 euros
Etudiants et jeunes de moins de 25 ans : 20 euros.

 

Vous pouvez payer votre inscription :

  • soit en nous informant de votre inscription par mail à association.democraties@gmail.com, et en remettant un chèque à l'entrée du restaurant avant le débat;
  • soit par chéque libellé à l'ordre de Démocraties envoyé à Démocraties 23 rue d'Alleray 75015 Paris.

 

 

Le club DEMOCRATIES a vocation à accueillir celles et ceux qui partagent les idéaux de la démocratie, et à promouvoir les valeurs de l’Etat républicain. A travers ses débats il entend analyser les mouvements sociaux, culturels et politiques et ouvrir ainsi les grands dossiers de la France et du monde contemporain.

 

 

DEMOCRATIES
23 rue d'Alleray 75015 Paris
association.democraties@gmail.com

 http://www.democraties.fr/

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© 2019 DEMOCRATIES

 

 

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

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        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez