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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 17:44

 

mazarinCette conversation entre Colbert et Mazarin est extraite d'une remarquable pièce de théâtre écrite par Antoine Rault, « le Diable  Rouge ".

Elle montre que les méthodes et l'idéologie du libéralisme puisent finalement leurs racines chez les conseillers ....de Louis XIV!

 

Colbert : Pour  trouver de l’argent, il arrive un moment où tripoter ne suffit plus. J’aimerais que Monsieur le Surintendant m’explique comment on s’y  prend pour dépenser encore quand on est déjà endetté jusqu’au cou…

 

Mazarin : Quand on  est un simple mortel, bien sûr, et qu’on est couvert de dettes, on  va en prison. Mais l’Etat…  L’Etat, lui, c’est différent. On ne peut pas jeter l’Etat en prison.  Alors, il continue, il creuse la dette !  Tous les Etats font ça.

 

Colbert :   Ah  oui ? Vous croyez ? Cependant, il nous faut de l’argent.  Et comment  en trouver quand on a déjà créé tous les impôts imaginables ?

 

Mazarin : On  en crée d’autres.

 

Colbert : Nous ne pouvons pas taxer les pauvres plus qu’ils ne le sont déjà.

 

Mazarin : Oui,  c’est impossible.

 

Colbert : Alors, les  riches ?

 

Mazarin : Les  riches, non plus. Ils ne dépenseraient plus. Un  riche qui  dépense fait vivre des centaines de  pauvres.

 

Colbert : Alors, comment fait-on ? 

 

Mazarin : Colbert, tu raisonnes comme un fromage.......Il y a quantité de gens qui sont entre les deux, ni pauvres, ni riches. Des Français qui  travaillent, rêvant d’être riches et redoutant d’être pauvres !  C’est ceux-là que nous devons taxer, encore plus, toujours plus ! Ceux là ! Plus tu leur prends, plus ils travaillent pour compenser…C’est un réservoir  inépuisable.    

 

**********************************************

  Pour voir l'interprétation de ce dialogue par Claude Rich.....cliquer ici 

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 16:15

Petain.jpgJ’étais hier à Vichy, aux côtés de nombreuses personnalités (le Président du Sénat, le Ministre de l’Intérieur, des parlementaires, des élus locaux…..) pour célébrer le geste des 80 parlementaires qui, il y a 70 ans, « furent l’honneur de la République », en refusant les pleins pouvoirs à Pétain.

Etait présente également la fille d’Augustin Malroux, un des « 80 », député de Carmaux, élu en 1936 dans la circonscription de Jean Jaurès, que j’ai représentée pendant 14 ans à l’Assemblée nationale.

    Autant dire que cette célébration fut empreinte d’émotion. Les discours des responsables politiques, de gauche comme de droite, ont rendu hommage avec justesse au courage de ces hommes et rappelé le contexte particulier de l’époque.

      Souvenons-nous (voir aussi ci-dessous*). En cet après midi du 10 juillet 1940, dans la salle de théâtre du casino de Vichy, les 2 chambres sont réunies en Assemblée nationale pour examiner le projet de loi constitutionnelle de Laval, vice –président du Conseil.

       Il s’agit d’un texte  qui stipule :

« L’Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, à l’effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l’État français. Cette constitution devra garantir les droits du Travail, de la Famille et de la Patrie. Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les assemblées qu’elle aura créées. »

     Aucun débat n’a lieu et le représentant des opposants, Vincent Badie, député de l’Hérault,  est même physiquement empêché de prendre la parole ! Le texte est voté par 569 voix contre 80 (20 abstentions et 176 absents).

    Le lendemain, Pétain déclare assumer les fonctions de chef de l’Etat français, fixe l’étendue de ses fonctions et renvoie les chambres ! Il n’y aura jamais de nouvelle constitution et les actes constitutionnels ne seront pas ratifiés par la nation ni appliqués par de nouvelles assemblées. Autant dire que le vote du 10 juillet a ouvert la voie à un véritable coup d’Etat.

     En se replongeant dans cette période noire de notre histoire, on ne peut pas éviter de se poser la question : comment a-t-il été possible que 80 parlementaires seulement aient refusé la mise à mort de la 3ème République !

    Il est vrai que certains députés et sénateurs n’avaient pas pu voter (les « 27 du  Massilia »**, les 61 parlementaires communistes déchus de leur mandat pour avoir refusé de condamner le pacte germano-soviétique, d’autres étaient prisonniers des Allemands, pris dans l’exode….ou simplement absents parce que physiquement menacés). Il n’en demeure pas moins que, si tous ceux-là avaient pu voter, les défenseurs de la République n’auraient représenté que 20% du Parlement.

     Pour comprendre, il faut se souvenir que les divisions des groupes et des partis politiques -celles de la gauche issue du Front populaire, de la SFIO mais aussi de la droite- étaient très fortes. Des deux côtés, on trouvait à la fois des partisans des solutions autoritaires et des républicains sincères. L’anti sémitisme montait, même à gauche. L’éclatement de la scène politique a donc joué un grand rôle dans cette abdication. On ne peut pas non plus négliger le climat terrible qui régnait alors à Vichy, fait de rumeurs (coup d’Etat militaire), de peur, de pressions et de menaces sur les parlementaires.

     Beaucoup n’ont pas vu, ou voulu voir que la manœuvre à laquelle ils se prêtaient était en réalité sous tendue par une volonté de détruire la République. « Plutôt Hitler que le Front populaire », avaient-ils dit quelques années plus tôt! Et Weygand, dans une note du 28 juin 1940 approuvée par Pétain, qualifiait le régime républicain de « régime de compromissions maçonniques, capitalistes et internationales » et réclamait « un programme nouveau et des hommes nouveaux, capables de mettre en pratique un idéal résumé en quelques mots : Dieu, Patrie, Famille, Travail »

    Chaque période de notre histoire a ses particularités, mais il serait dommage de ne pas méditer quelques leçons de ce tragique évènement.

    Personnellement, j’en tire deux enseignements :

      - Le premier est que la République ne doit pas être considérée comme un acquis définitif. Elle est fragile et il faut en permanence en défendre les valeurs, parce que ses adversaires profitent toujours des périodes troublées pour la remettre en cause, même si leurs attaques se font aujourd’hui plus sournoises.

      - Le deuxième enseignement est que, dans les moments de désarroi national, les incertitudes et les doutes peuvent entraîner une perte des valeurs démocratiques dans les corps intermédiaires que sont les partis. Dans la décomposition de la vie politique qui s’en suit, la recherche de « l’homme providentiel » apparaît alors comme la solution et les institutions démocratiques ne sont plus un rempart contre l’autoritarisme.

      Même si le monde a bien changé depuis 70 ans et si de tels risques peuvent paraître improbables, les responsables politiques devraient s’inspirer des enseignements du 10 juillet 1940 et faire du combat pour les valeurs une priorité de leur action.

    Encore une fois, merci aux « 80 » pour leur geste courageux et à ceux qui, en le commémorant, nous rappellent opportunément que la résistance est un devoir lorsqu’il est porté atteinte aux valeurs et aux principes de la République

 

                                                          

* Quelques dates,

pour mieux comprendre le contexte :

13 mai 1940 : les troupes allemandes attaquent les lignes françaises dans les Ardennes et franchissent la Meuse.

14 juin : entrée des troupes allemandes dans Paris. Le gouvernement et les chambres (Assemblée nationale et Sénat) se replient à Bordeaux.

16 juin : Paul Reynaud démissionne. Le Président de la République, Albert Lebrun, nomme le maréchal Pétain président du Conseil des ministres.

18 juin : appel du général de Gaulle à Londres, où il est arrivé la veille.

19 juin : le gouvernement français décide de partir à Alger avec les chambres, pour se soustraire à l’avance allemande.

21 juin : ce départ est différé à la demande de Laval et sur la foi d’informations mensongères indiquant que les Allemands n’ont pas franchi la Loire. Le paquebot « Massilia »** part néanmoins du Verdon avec 27 parlementaires (dont Pierre Mendès France, Georges Mendel, Jean Zay).

22 juin : l’armistice est signé avec l’Allemagne.

23 juin : Laval entre au gouvernement comme vice-président du Conseil.

2 juillet : transfert du gouvernement français à Vichy.

10 juillet : vote du projet de loi accordant les pleins pouvoirs constitutionnels au gouvernement « sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain »

11 juillet : Pétain s’attribue le titre nouveau de « chef de l’Etat ».

18 octobre : loi instituant un statut des juifs.
24 octobre : Pétain rencontre Hitler à Montoire.

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 18:23

 

 

liberte-egalite.jpg    "Liberté, égalité, fraternité" : telle est la devise nationale …. à laquelle on devrait d’ailleurs ajouter "laïcité".

    Dans les temps troublés que nous traversons, alors que les valeurs qui fondent notre démocratie et le « vivre ensemble » sont chahutées chaque jour un peu plus, nos concitoyens sont particulièrement attentifs aux excès qui portent atteinte au deuxième de ces quatre principes de notre République : l’égalité. Lorsque les difficultés de la vie quotidienne se font de plus en plus oppressantes pour les moins fortunés, que la précarité s’accroît, que l’inquiétude de l’avenir gagne de plus en plus de familles, le spectacle de certaines inégalités devient insupportable.

    Chacun sait bien qu’il n’est pas question d’aligner tous les revenus au nom d’un quelconque égalitarisme, qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais. Par contre, l’affichage très ostentatoire de certaines richesses et de privilèges « légaux » a de quoi scandaliser. Ceux qui gouvernent la France aujourd’hui devraient se souvenir que, dans l’Histoire, la prise de conscience d’inégalités devenues insupportables a souvent été à l’origine de colères populaires, aux conséquences parfois violentes.

    Je ne m’appesantirai pas sur les turpitudes de l’affaire Bettencourt- Woerth, tant celle-ci souligne de façon évidente et caricaturale ces inégalités. Je me contenterai de prendre un exemple particulièrement parlant, au moment où le gouvernement dit vouloir « raboter » les niches fiscales…dont je rappelle qu’il s’agit d’avantages fiscaux concernant 468 domaines, qui font perdre à l’Etat 75 milliards  d’euros. On se doute bien que ces avantages profitent aux plus riches, qui, chacun le sait, sont moins nombreux que les autres! Mais peu de gens savent que 931 d’entre eux se partagent à ce titre 5,3 milliards d’euros, alors que 10 millions de contribuables profitent de 557 millions d’euros* !!

    Ces chiffres énormes montrent en tout cas que l’argent que le Premier ministre recherche, au nom de la rigueur, existe. N'aurait-il pas pu le prendre de ce côté là, plutôt que d'avoir choisi de désorganiser un peu plus les services publics et de couper dans les aides sociales et les subventions, comme il vient de l’annoncer ?

    Je rêve, c’est vrai, j’avais oublié : il est de droite, il a un électorat et des catégories sociales à satisfaire. Attention quand même, car une partie de cet électorat risque de participer à la colère populaire. 

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* chiffres cités dans le rapport de Gilles Carrez, député UMP et Rapporteur général du budget. 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 10:12

Cordes-coquelicots.jpgSi vous comptez venir à Cordes, n'oubliez pas de consulter

- le site de la mairie....cliquez ici

- le site de l'Office du tourisme.....cliquez ici

 

Regardez aussi le film de présentation du Grand Site de Cordes 

 

et

 

les vidéos des célèbres Fêtes médiévales du Grand Fauconnier

vidéo 2008

vidéo 2009

 

Prenez connaissance de

l'Agenda 21 de Cordes,

pour un développement durable

 

A propos du

"contrat de Grand Site Midi Pyrénées",

qui engage Cordes sur ciel

et ses partenaires (Région, Département) 

dans un partenariat jusqu'en 2013   

regardez l'intervention de Paul Quilès

sur France 3 Sud lors de la signature du contrat

 

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 08:36

Voici le texte à partir duquel je suis intervenu lors du Conseil National d'hier, qui portait sur "la rénovation" et notamment sur la question

des"primaires ouvertes" pour désigner un candidat à l'élection présidentielle de 2012.

 

Pour visionner la vidéo de l'intervention,

cliquer ici

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- Notre débat peut sembler très éloigné des préoccupations des Français, de la situation de la France et du monde….Et pourtant, il touche à un sujet essentiel pour tous ceux, dont nous sommes avec une majorité de Français, qui considèrent comme une nécessité absolue le changement (mot qui prend tout son sens, quand on voit où nous en sommes aujourd’hui avec le système sarkoziste) : changement politique, économique, social, institutionnel, des moeurs politiques….


- Ce sujet essentiel, c’est la stratégie à mettre en place pour gagner, pas seulement du fait de l'alternance, mais pour mettre en oeuvre une alternative……Pour durer au pouvoir (ce qui ne sera pas évident, vu l'état probable de la France en 2012 : crise économique, sociale, des valeurs, modèle social endommagé, précarité, individualisme/atomisation de la société ….), il faudra non seulement un bon candidat, à la forte personnalité, mais aussi et surtout un bon projet, mobilisateur, crédible, soutenu par les forces vives de la gauche….

 

- C’est dire qu’il ne faut pas se tromper dans l’ordre des opérations à mener pour mettre en oeuvre une stratégie gagnante (les idées, le projet, les programme, les personnes), parce que la victoire n’est pas certaine, 2 ans avant l’échéance (voir sur ce blog : « Attention aux fausses évidences »).

L’urgence n’est donc pas de se quereller pour savoir comment et à qui répartir le pouvoir demain. L’urgence, qui doit occuper toutes nos pensées et transparaître dans nos propositions et nos actes, c’est le rassemblement de la gauche, autour d’idées et de projets. Il est heureux qu’on ne parle plus du Modem, comme il y a  an, lorsque l’idée des primaires ouvertes a donné lieu à des colloques et des pétitions fort heureusement oubliées aujourd’hui.

 

- Pour rassembler la gauche, il faut aussi et d’abord rassembler le PS. Le résultat du vote des militants le 24 juin aurait pu être un meilleur signe de ce rassemblement, si le texte proposé n’avait pas été boudé par près de ¾ des adhérents (73,8%). On aurait pu souhaiter à cet égard un vote distinct sur chacun des 5 thèmes, assez différents dans leurs objectifs. D’où l’obligation du vote négatif sur l’ensemble, quand on était en désaccord avec une proposition et d’accord sur les 4 autres : cela a été mon cas, puisque je n’ai pas approuvé le texte sur les primaires.

On sait que ce texte est le résultat d’un compromis entre les courants. C’est peut-être pour cela qu’il n’évite pas les ambigüités, qui n’ont pas pu donner lieu à un véritable débat avec les militants.

Là où le débat a pu avoir lieu, les critiques ont porté sur quelques points, que je résume :

 

1- la contradiction entre d’une part les discours (parfois très éloquents) sur la 6ème République, la critique (justifiée) de la présidentialisation du régime et d’autre part un système qui donne une importance majeure au choix d’une personne, dont le projet et le programme pourront prendre beaucoup de libertés avec ce qu’une Convention extraordinaire du PS aura défini quelques mois auparavant. Quant à savoir si l’ensemble de la gauche s’y retrouvera, c’est pour l’instant le mystère, puisqu’aucune procédure n’est prévue pour le vérifier.

 

2- la minoration du rôle des partis politiques, que certains responsables considèrent comme « une forme historiquement dépassée ». Je suis très dubitatif devant certaines prédictions comme celles-ci, extraites des rapports de la commission Montebourg :

« Les primaires pourront féconder le programme du candidat, ainsi conduit à préciser ses choix, ses stratégies, ses objectifs et les moyens pour les atteindre »

« Projet, choix du candidat, alliances : tout est donc lié dans un nouvel ensemble architectural. Nous pourrons utiliser les primaires comme le déclencheur d’un formidable espoir populaire, en reprenant pied dans la société française, tout comme un moyen de moderniser notre parti dans ses pratiques et ses comportements et peut-être….réorganiser ultérieurement l’architecture de la gauche »

 

3- Le risque d’une élection sous influence d’une partie hostile du corps électoral, ce qui pourrait conduire à l'élection d'un candidat avec l’appui d’électeurs de droite (voir mon analyse chiffrée). Pour seulement 1 euro…., pourquoi se priveraient-ils? Les conséquences seraient graves.

 

4- Dernière critique et la plus importante : le système proposé ne correspond pas exactement au choix qu’avaient fait les militants  lors du vote du 1er octobre 2009 ; 69% d’entre eux avaient choisi l’option 2 qui prévoyait «des primaires dans le cadre d’un rassemblement des forces de gauche autour d’une plateforme commune ». On rétorquera que les partenaires n’en veulent pas (ou plus). Ce n’est pas une raison pour se cantonner à la désignation d’un candidat du seul parti socialiste et pour abandonner ce que devrait être une démarche susceptible de créer une véritable mobilisation citoyenne.

 

A supposer qu’il ne soit pas possible d’avancer vers une candidature de large rassemblement de la gauche et des écologistes, il faudrait au moins faire des propositions pour arriver à la réalisation d’un manifeste, d’une plateforme législative commune, avant la désignation de tout candidat à la présidentielle. Le calendrier retenu ne présente la participation éventuelle d’autres forces à ces primaires que comme un ralliement à la procédure décidée unilatéralement par le PS, ce qui a peu de chance de convaincre nos partenaires.

 

Tout devrait donc être fait d’ici l’été 2011 pour assurer l’établissement d’une plateforme législative avec nos partenaires de gauche et écologistes, évaluer avec eux s’ils souhaitent différentes candidatures à la présidentielle ou s’il est possible de se mettre d’accord sur une candidature de large rassemblement. Dans ce cas seulement, des primaires peuvent avoir un sens. C’était l’objet de l’amendement que j'ai présenté avec Marie Noëlle Lienemann et qui a été voté dans plusieurs fédérations et sections. Nous en avons débattu hier soir à la commission des résolutions et je me félicite qu’une partie de ce texte ait été acceptée.

 

- Depuis près de 20 ans, nous avons souvent voulu réformer le PS. Les formules et les promesses ont varié selon les périodes : « nouvelles pratiques », « refondation », « big bang », révolution culturelle »….. avec des résultats incertains et des déceptions.

Cette fois-ci, les militants ont accepté d’engager le chantier de la rénovation. C’est bien, mais il ne faut pas perdre de vue pourquoi et comment. Pour ma part, si j’approuve les 4 autres propositions faites aujourd’hui (non cumul des mandats, parité, renouvellement et diversité, organisation des congrès et des instances, Haute Autorité), je suis obligé de dire que je suis un peu inquiet des conséquences que pourrait avoir le système des primaires socialistes. 

  

- Certains m’ont dit qu’il s’agissait d’un « pari ». Je dois dire que je trouve le mot et l’idée peu adaptés à l’obligation qui est la nôtre aujourd’hui : mettre fin à la politique de Sarkozy, qui détruit une bonne partie du modèle français et qui désespère un nombre de plus en plus grand de nos concitoyens.  

- A 10 mois du 30ème anniversaire du 10 mai 1981, permettez-moi de formuler un vœu, sans aucune nostalgie mais avec espoir : celui que toutes nos décisions, tous nos actes permettent de créer les conditions non seulement d’un retour de la gauche au pouvoir.....mais d'un retour durable afin que nous puissions, comme nous le chantions alors...."changer la vie".

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Published by Paul Quilès - dans Primaires
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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 09:00

 Cette tribune a été publiée sur le site MEDIAPART le 2 juillet 2010 sous le titre: "Rénovation du PS: attention aux fausses évidences"

 

     J’hésite à reparler des primaires socialistes, tant les préoccupations de nos concitoyens, dans le climat délétère actuel, fait de scandales et d’incertitudes pour l’avenir, sont éloignées de cette mécanique aux objectifs confus et contradictoires*. Les militants socialistes eux-mêmes ont manifesté un faible intérêt pour la consultation interne du 24 juin sur le sujet, puisque 34% d’entre eux se sont déplacés et qu’à peine un quart des inscrits a approuvé le texte.

 

      Si je reviens pourtant sur la question, que j’ai déjà largement commentée sur ce  blog, c’est parce qu’elle me semble lourde de risques dans la préparation de la campagne qui devrait conduire la gauche à la victoire en 2012.

 

      Je constate en effet le refus des autres composantes de participer à cette procédure et la priorité donnée à la confrontation (déjà engagée)  entre candidats socialistes, plutôt qu’à l’organisation du nécessaire débat au sein de la gauche sur le projet et le programme, quitte à bien identifier les nuances et même les divergences. De plus, la volonté de réduire à peu de choses le rôle des partis politiques est maintenant affichée sans nuance**.

 

      Or, le combat ne pourra être mené victorieusement que par une forte mobilisation autour d’idées et de projets constituant une alternative à la politique actuelle et largement partagés par les organisations (partis, syndicats, associations…) représentatives des forces vives de la gauche. Cette mobilisation, qui ne peut se confondre avec l’hypothétique enthousiasme populaire que devraient entraîner des « primaires ouvertes », sera indispensable, car le combat risque d’être rude, d’autant plus qu’on connaît l’habileté du camp de la droite à jouer des peurs et à les attiser à son profit au moment du scrutin.

 

      Ceux qui, à gauche et en particulier au PS, agissent comme si la droite, plombée par les « affaires » qui se multiplient, divisée, avec un président à l’image fortement dégradée, n’avait aucune chance de l’emporter en 2012, se trompent. Qu’il me soit permis à cet égard de rafraîchir les mémoires, en faisant remarquer que, jamais depuis 30 ans, les certitudes, voire les évidences formulées 2 ans avant une élection présidentielle n’ont été confirmées par celle-ci. Rappelons-nous :

 

- 1979 : F. Mitterrand se trouve au plus bas dans les sondages, tout comme le PS, dont le Congrès de Metz a concrétisé la défaite de Michel Rocard. La réélection de  V. Giscard d’Estaing semble plus que probable.
..........2 ans plus tard, c’est la victoire de F. Mitterrand, la majorité absolue des socialistes aux législatives et la constitution d’un gouvernement d’union de la gauche.

 
- 1986 : la gauche perd les élections législatives et J. Chirac devient 1er ministre.
...........2 ans plus tard, F .Mitterrand est réélu président de la République.

 


- 1993 : la gauche se voit infliger une lourde défaite aux élections législatives, qui semble la reléguer pour longtemps dans l’opposition. E. Balladur devient 1er ministre.
...........2 ans plus tard, L. Jospin arrive en tête du 1er tour de l’élection présidentielle et atteint un score honorable au 2ème tour, face à J. Chirac.


- 2000 : tout semble réussir au gouvernement de la gauche plurielle, la « dream team », à tel point qu’il modifie la Constitution et instaure le quinquennat, en même temps qu’il inverse le calendrier électoral pour faire du résultat des élections législatives une conséquence quasi automatique de l’élection présidentielle. La victoire de L. Jospin, face à un « candidat vieux et usé », semble certaine.
..........2 ans plus tard, c’est le « tsunami du 21 avril » ; la gauche est absente du 2ème tour de la présidentielle, qui oppose J. Chirac et J.M. Le Pen et, dans la foulée, elle perd les élections  législatives.

 

- 2005 : le référendum voulu par J. Chirac sur le Traité constitutionnel européen est un échec pour lui et pour la droite, qui se trouve « dans le gouffre »***. Le PS prépare l’élection présidentielle en imaginant des primaires réservées aux militants et aux « adhérents à 20 euros ».
.........2 ans plus tard, N. Sarkozy est élu président de la République.

 

      Loin de moi l’idée de tirer une vérité absolue de ce retour sur les élections présidentielles des 30 dernières années et d’en déduire qu’il faudrait être en mauvaise position 2 ans avant l’élection pour l’emporter ! Mon rappel se veut simplement un avertissement à tous ceux qui, les yeux rivés sur les sondages, oublient à quel point la situation politique peut évoluer en 2 ans, surtout à l’approche de cette consultation populaire particulière qu’est l’élection présidentielle. Un tel oubli risquerait de les conduire à se tromper dans le choix et la conduite de leur stratégie et à entraîner une fois de plus la gauche dans l’échec.

__________________________________________________________________________________________

* « Accepter les Primaires c’est s’engager dans une parlementarisation du régime, en faisant de leurs résultats un instrument transparent pour la répartition des circonscriptions pour les législatives dans la perspective d’un contrat de législature. » (Paul Allies, secrétaire national adjoint à la rénovation du PS, lors d’une réunion de militants socialistes à Réalmont, dans le Tarn, le 17 juin)

 

** « Il est après tout normal de voir des militants se raidir devant la cohérence de ce changement. Ils gardent la nostalgie du “parti éclairé”, celui qui a le monopole de la fabrication du programme et de la sélection des candidats. Or cette forme est historiquement dépassée ». (Paul Allies, au cours de la même réunion)

 

*** Dominique de Villepin, à France Inter (29 juin 2010)

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Published by Paul Quilès - dans Primaires
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22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 11:17

Ainsi que je l'ai déjà exprimé, j'appelle à voter contre le projet de "primaires ouvertes "socialo-socialistes soumis aux militants jeudi 24 juin (voir sur ce blog "le danger des primaires ouvertes")

Je vous communique l'excellente analyse que vient de me transmettre un militant socialiste, qui ajoute des arguments très pertinents à ma propre argumentation.

 

   Je dois vous dire que je partage en grande partie votre argumentaire, critiquant avec raison l’organisation de primaires telle que prévue dans le texte national de notre parti. Je ne reviens pas sur les différents points évoqués, mais je voudrais insister au moins sur ceci : 

 

   Méfions-nous des fausses bonnes idées et du mimétisme politique. Commençons peut-être par insister sur le fonctionnement politique propre à chaque Etat-nation, hérité de leur histoire politique singulière. Et celles et ceux qui semblent avoir été séduits par les primaires américaines devraient commencer par y regarder de plus près. Car nul doute que l’organisation des primaires aux Etats-Unis est d’une part très complexe, et d’autre part d’un fonctionnement démocratique à mon avis assez peu satisfaisant. Faut-il donc rappeler que le président des Etats-Unis n’est pas élu au suffrage universel direct, mais par un système de grands électeurs – les délégués -, eux-mêmes élus lors de « caucus » dans les différents Etats ? Et que l’organisation de primaires « ouvertes » ou « fermées » – selon les règles en vigueur d’un Etat à l’autre ! – dans les différents Etats répondaient en partie à ce déficit démocratique de l’élection présidentielle américaine ? Sans compter que le bipartisme est très marqué aux USA, et beaucoup moins chez nous.

 

    Nous devons donc nous réjouir qu’en France, le président de la République soit élu au suffrage universel direct, malgré toutes les critiques possibles sur la présidentialisation du régime politique actuel ! Pourquoi alors s’obstiner à mettre en œuvre des primaires, qui seraient perçues par nos concitoyens que comme une pré-élection présidentielle, mais sans aucune légitimité institutionnelle ? Quoi, qui me ferait croire que les maires – toute obédience politique confondue – joueraient le jeu, et accepteraient l’organisation desdites primaires dans leur mairie ?  Ils dénonceraient une mascarade électorale illégitime et antirépublicaine, et ils auraient en partie raison.

 

    En outre – et cela a déjà été souligné –, si les primaires telles que pensées actuellement devaient s’imposer, cela serait à mon sens la consécration de la fin du militantisme politique et donc des partis et de leurs idéologies, et l’avènement véritable de « la société du spectacle » prophétisée jadis par Guy Debord.  De grâce, ne cédons pas à la facilité du « casting », en lieu et place de la nécessaire refondation des idées et des orientations.

 

     Je crois donc beaucoup plus sage de mettre au placard – pour quelques décennies – le projet des primaires.Faisons confiance aux militants de notre parti – et ne les humilions pas, en les dessaisissant du choix de leur candidat en leur âme et conscience –, qui à l’issue de longs débats et d’une lente maturation des idées et des convictions, se détermineront sur celle ou celui le mieux à même de porter leur projet, mais aussi d’incarner la France.  Et si l’on souhaite véritablement la victoire de la gauche en 2012, rencontrons sans tarder tous les groupements de gauche, en vue de l’élaboration d’une plateforme commune. D’autant que nos alliés politiques sont hostiles auxdites primaires.

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 14:35

carton-rouge.jpgOn l'avait oublié: le football est un sport et aussi un jeu.

Mais oui, vous avez bien lu: un JEU....ce que le dictionnaire définit comme "une activité physique ou intellectuelle non imposée ou gratuite, à laquelle on s'adonne pour se divertir, en tirer un plaisir".

   On est assez loin du pseudo "drame national" qui se joue (un jeu?) sous nos yeux ébahis. On nous abreuve de commentaires sans nuance et souvent ridicules: "la France humiliée", le naufrage, le crépuscule, la honte.....On se vautre dans un feuilleton hallucinant digne de la téléréalité et voici même que le Président de la République, en voyage officiel à Moscou, se croit obligé de commenter l'évènement au cours d'une conférence de presse!

   Je ne vais donc pas en rajouter, sauf pour dire qu'amoureux du sport depuis toujours, à la fois comme pratiquant et spectateur, je regarde avec tristesse cette dérive d'un monde sportif professionnel, rongé par l'argent, le dopage, la starisation. Un jour, c'est la glorification sans mesure de ces nouveaux "héros", vantés comme "un maillon fort de l'identité nationale"; un autre jour, c'est le dénigrement et la déchéance.

   Les empereurs romains pensaient endormir le peuple en lui offrant "du pain et des jeux". La recette n'a pas vraiment changé et les dirigeants devraient s'inquiéter quand il y a moins de pain et que les jeux sont mauvais.

   Certains disent que cette agitation et ces dérives sont un reflet ou un miroir de notre époque, qui, avec l'argent facile, la médiatisation à outrance, la "pipolisation", la banalisation de la vulgarité, engendrerait ce type de situation. Possible....

   J'essaie quand même de me convaincre que cette crise pourrait être finalement salutaire pour faire comprendre la vanité de tous ces ersatz des vraies valeurs que le sport devrait enseigner à la jeunesse: la probité, la solidarité, le plaisir de jouer, le goût de l'effort, le bonheur de vibrer devant le beau spectacle d'une compétition entre sportifs talentueux et enthousiastes.

   On peut rêver......

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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 14:18
Voici le message que j'ai adressé hier à 
Jean-Marie Darmian, maire de Créon (Gironde), à l'occasion de la plantation d'un "arbre de la laïcité" dans sa commune le 19 juin 2010
 
   Cher Jean-Marie,
   Je suis désolé de ne pas être auprès de toi et de Philippe Madrelle* demain, pour la plantation à Créon de "l'arbre de la laïcité". La présence de mon ami Guy Georges, grand militant de la laïcité, manifestera le soutien de notre club Gauche Avenir à ce que nous considérons comme un combat essentiel de la République.
   Vivant au Pays de Jaurès et ayant occupé le siège de député de sa circonscription pendant 14 ans, je suis particulièrement sensible à cette valeur que le père de la "République laïque, démocratique et sociale" définissait comme consubstantielle à la démocratie.
   Pour Jaurès, pas de "laïcité positive", pas d'"engagement porté par l'espérance" réservé aux croyants, comme le proclamait N.Sarkozy dans son discours de Latran! Il faut se souvenir de son intervention du 21 janvier 1910 à la Chambre des députés ("Pour la laïque"): "Ce serait la véritable abdication de la société civile, qui proclamerait que l'Eglise seule est capable de donner à la conscience quelque lumière, à l'enseignement quelque hauteur et à la vie quelque noblesse".
   Alors que les atteintes à la laïcité de l'Etat se multiplient, que la tentation du communautarisme se fait de plus en plus vive, il est important que les citoyens réagissent. C'est l'objet de cette initiative que nous avons prise d'inciter à planter "l'arbre de la laïcité" dans des milliers de communes françaises.
   Je félicite le maire de Créon d'être le premier à le faire en ce 19 juin, jour anniversaire du grand mouvement issu du Serment de Vincennes, qui, il y a 50 ans, vit 25 000 délégués, représentant près de 11 millions de pétitionnaires se rassembler contre la loi Debré.
    Très amicalement.
Paul Quilès
______________________________________________________________
* Président du Conseil général de Gironde
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 10:48

     Deux options avaient été soumises au vote des militants socialistes lors de la consultation du 1er octobre 2009 et ceux-ci avaient clairement préféré celle qui faisait le choix de « primaires dans le cadre d’un rassemblement des forces de gauche autour d’une plateforme commune ». 

  

   Le texte proposé au vote des sections socialistes dans quelques jours n’est pas conforme à ce message des militants, car il entérine l’organisation de primaires pour désigner le candidat du seul  PS et non celui d’un large rassemblement de la gauche et de l’écologie. 

 

C'est pourquoi, avec d'autres membres

du Conseil National du PS,

nous proposons d’en revenir à la logique voulue

par le vote militant du 1er octobre 2009

et nous demandons:

 

   1- que la direction nationale du PS prenne les contacts nécessaires avec nos partenaires, dans le but d’élaborer une plateforme commune et d’engager des discussions afin d’évaluer la possibilité d’une candidature de rassemblement désignée par des primaires. 

  

   2- qu’un bilan de l’action entreprise et des contacts réalisés soit présenté en fin d’année 2010.

 

   3- qu'au cas où il serait constaté à cette échéance qu’il faille désigner un candidat des seuls socialistes, des primaires internes au PS soient alors organisées.

 

 

 Pourquoi nous refusons le texte proposé par le Conseil National

du PS du 8 juin 2010

 

Nous considérons qu'il ne représente pas  un atout pour la victoire en 2012, mais plutôt un risque et cela, pour 4 raisons:

 

   • Il s'agit de primaires socialo-socialistes et non des primaires pour un candidat de large rassemblement à gauche.

   • Elles acceptent sans nuance la présidentialisation et elles renforcent la personnalisation de la politique.

   • Elles conduisent à l’effacement des partis et à une dépolitisation accélérée.

   • On peut craindre un vote sous influence.

 

1- Ce projet n’est pas conforme au message prioritairement émis par les militants socialistes lors du vote du 1er octobre 2009.

   Deux options avaient alors été soumises au vote et les militants avaient clairement préféré celle qui faisait le choix de « primaires dans le cadre d’un rassemblement des forces de gauche autour d’une plateforme commune». Ce n’est absolument pas ce qui est maintenant présenté avec l’organisation de primaires pour désigner le seul candidat PS et non pour départager des candidats issus de différentes familles de la gauche et de l’écologie.

   Il ne s’agit plus de créer une mobilisation citoyenne pour réussir l’union mais de mettre en place une machine qui dévitalisera le PS, dont les adhérents seront dépossédés du choix de celle ou celui qui les représentera dans le combat politique majeur.

 

2- Ce projet renforce l’acceptation de la présidentialisation de la Vème République.  

   La composition du « corps électoral » des primaires, ouvert à tous ceux qui veulent soutenir le candidat socialiste, est supposée conférer à celui-ci une légitimité supérieure à celle qu’il aurait par le vote des seuls militants. Mais il se trouve que le programme et le projet seront, eux, arrêtés par une « convention extraordinaire » du PS, donc par les seuls militants socialistes.

   Il est donc clair que le programme et le projet ne s’imposeront pas au candidat retenu…..qui pourra faire valoir que ses positions auront été validées par un nombre bien plus conséquent de Français que les thèses du PS ! On bascule ainsi dans une présidentialisation de notre vie interne et même de la vie politique au sein de la gauche.

   A l’opposé de cette démarche, qui se limite au choix du candidat à la présidentielle, un large débat avec les militants associatifs et syndicaux sur les choix programmatiques permettrait de mieux prendre en compte leurs attentes et leurs idées et contribuerait à redonner force au débat politique.

   Il n’est pas inutile de rappeler que nos valeurs privilégient la délibération collective sur le fond par rapport au casting destiné à choisir celui ou celle à qui on confierait les arbitrages essentiels. Si nous sommes naturellement obligés de « faire avec » les institutions actuelles, il ne faut pas en devenir prisonnier, d’autant que nous disons vouloir les transformer en profondeur et redonner un pouvoir effectif au Parlement.

 

3- Ce projet conduit à l’effacement des partis et à une dépolitisation accélérée

   Il est prévu que le candidat pourra s’exonérer sur tel ou tel point du projet voté, en présentant ses propres options. Or, un programme est nécessairement un équilibre, un compromis entre différents points de vue et des revendications diverses, permettant à chacun d’adhérer à la vision d’ensemble. La politique a justement pour fonction d’assurer cette cohérence et ce rassemblement.Permettre au candidat, s’appuyant sur le vote de personnes n’ayant pas participé aux débats programmatiques, de changer des éléments majeurs de cet équilibre revient à remettre en cause la ligne du PS, son unité et sa capacité à gagner.

   Cette logique risque de porter un coup fatal aux partis et à leur rôle essentiel d’élaboration collective et d’éducation populaire, politique et civique. La formation politique n’est pas un luxe superflu. Elle prépare les adhérents des partis à inscrire leur pensée et leurs analyses dans une réflexion historique, dans une vision globale et collective, construite autour de valeurs.

   Il est frappant de constater que les pays ou des primaires sont organisées sont aussi ceux où les débats idéologiques sont faibles, les clivages gauche /droite estompés, au point d’ailleurs qu’aux Etats- Unis et en Italie (cités comme modèles), il n’y a pas ou plus de parti socialiste ! Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce que cela permettrait la victoire de la gauche en 2012? Certainement pas. La gauche ne gagnera que rassemblée et sur la base d’une alternative politique claire.

 

4- Une élection qui risque d’être sous influence

   Il n’est pas certain que le candidat sorte de cette procédure aussi renforcé qu’on l’annonce.

En effet, bien des dérives et des manipulations sont possibles, à partir du moment où les seules contraintes pour voter sont le paiement d’une somme symbolique d’un euro et la signature d’une vague « déclaration de principe (via un émargement) s’engageant à soutenir les valeurs de la gauche ».

   Ce risque est réel, dans la mesure où ce type de désignation est très sensible à l’opinion dominante, aux modes éphémères, à l’air du temps, aux commentaires des médias, sans même parler du poids des sondages….habilement commandés et publiés.

   Ceux qui ont les yeux rivés sur le sondages feraient bien de regarder de près certaines analyses comme celle publiée par "le Parisien" du 4 juin 2010 ( sondage CSA). Ce sondage est clair: 71% des sympathisants socialistes participeraient à ces primaires, ainsi que 20 à 25% des électeurs de droite et même 30% des électeurs d’extrême droite !!

   Il est facile de montrer qu’un candidat pourrait ainsi être élu contre la volonté de l’électorat de gauche. On imagine ce que serait alors les graves conséquences politiques qu’entraînerait un tel cas de figure (voir sur ce blog 2 hypothèses, sur la base du sondage CSA)

.

Pour conclure, ces primaires présentent des risques sérieux.

 

    La comparaison avec l’élection d’Obama est sommaire. C’est le programme, le « Changer » d’Obama qui a fait sa victoire et non les primaires. D’ailleurs, Mac Cain a lui aussi été désigné par des primaires! C’est la capacité des deux principaux rivaux démocrates (Hilary Clinton et Barack Obama) à se rassembler qui a été déterminante et a permis une campagne de terrain. La clef du succès, c’est donc bien la stratégie de rassemblement et le contenu du projet, de la plateforme législative et gouvernementale.  

 

Le meilleur candidat est celui qui assurera le mieux le rassemblement de toutes les forces de gauche, qui portera avec force la plateforme commune et sera capable ensuite de présenter une vision d’avenir de la France, de l’Europe et du monde. Or, le préalable de la recherche de l’union et d’un accord législatif n’existe pas dans les propositions soumises au vote.

 

   A supposer qu’il ne soit pas possible d’avancer vers une candidature de large rassemblement de la gauche et des écologistes, il faut pour le moins oeuvrer à la réalisation d’un manifeste, d’une plateforme législative commune, avant la désignation de tout candidat à la présidentielle. Le calendrier retenu jette l’éponge un peu vite et ne présente la participation éventuelle d’autres forces à ces primaires que comme un ralliement à la procédure décidée unilatéralement par le PS, ce qui n’a guère de chance de convaincre nos partenaires.

   Tout devrait donc être fait d’ici l’été 2011 pour assurer l’établissement d’une plateforme législative avec nos partenaires de gauche et écologistes, évaluer avec eux s’ils souhaitent différentes candidatures à la présidentielle ou s’il est possible de se mettre d’accord sur une candidature de large rassemblement. Dans ce cas seulement, des primaires peuvent avoir un sens. Ce n’est malheureusement pas cette voie qui est proposée au vote des militants socialistes. 

 

De plus, des primaires strictement socialistes, telles qu’elles sont envisagées, seront soit jouées d’avance, soit source de tensions supplémentaires

 

   En effet, s’il s’agit de choisir le seul candidat du PS, le mode de désignation le plus efficace est celui qui permet le rassemblement des socialistes et donc qui limite les tensions autres que la légitime compétition autour des atouts des uns et des autres. Il n’est pas utile de tenter de séduire le plus grand nombre de sympathisants occasionnels à 1 euro.

   Si un candidat s’impose de fait, les primaires strictement socialistes tourneront au plébiscite; elles ne serviront à rien et mobiliseront peu. Si, par contre, le jeu est ouvert entre les candidats et le résultat serré, il sera difficile de recoller les morceaux au sein de l’électorat socialiste comme de réussir le rassemblement de toute la gauche.

   L’organisation de primaires strictement socialistes peut accroître les tensions internes (conflits de légitimité, critique du corps électoral et de sa représentativité, sincérité du scrutin, litiges…...) et compliquer les relations avec nos partenaires, qui risquent de ressentir comme du débauchage l’appel à tous les citoyens « de gauche » à participer à « nos » primaires !

 

Et dans tous les cas, elle accélèrera l’effacement des partis dans notre vie politique. De Gaulle, en instituant la Vème République, voulait faire disparaitre les partis. Ne lui donnons pas raison.  

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez