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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 14:18
Voici le message que j'ai adressé hier à 
Jean-Marie Darmian, maire de Créon (Gironde), à l'occasion de la plantation d'un "arbre de la laïcité" dans sa commune le 19 juin 2010
 
   Cher Jean-Marie,
   Je suis désolé de ne pas être auprès de toi et de Philippe Madrelle* demain, pour la plantation à Créon de "l'arbre de la laïcité". La présence de mon ami Guy Georges, grand militant de la laïcité, manifestera le soutien de notre club Gauche Avenir à ce que nous considérons comme un combat essentiel de la République.
   Vivant au Pays de Jaurès et ayant occupé le siège de député de sa circonscription pendant 14 ans, je suis particulièrement sensible à cette valeur que le père de la "République laïque, démocratique et sociale" définissait comme consubstantielle à la démocratie.
   Pour Jaurès, pas de "laïcité positive", pas d'"engagement porté par l'espérance" réservé aux croyants, comme le proclamait N.Sarkozy dans son discours de Latran! Il faut se souvenir de son intervention du 21 janvier 1910 à la Chambre des députés ("Pour la laïque"): "Ce serait la véritable abdication de la société civile, qui proclamerait que l'Eglise seule est capable de donner à la conscience quelque lumière, à l'enseignement quelque hauteur et à la vie quelque noblesse".
   Alors que les atteintes à la laïcité de l'Etat se multiplient, que la tentation du communautarisme se fait de plus en plus vive, il est important que les citoyens réagissent. C'est l'objet de cette initiative que nous avons prise d'inciter à planter "l'arbre de la laïcité" dans des milliers de communes françaises.
   Je félicite le maire de Créon d'être le premier à le faire en ce 19 juin, jour anniversaire du grand mouvement issu du Serment de Vincennes, qui, il y a 50 ans, vit 25 000 délégués, représentant près de 11 millions de pétitionnaires se rassembler contre la loi Debré.
    Très amicalement.
Paul Quilès
______________________________________________________________
* Président du Conseil général de Gironde
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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 10:48

     Deux options avaient été soumises au vote des militants socialistes lors de la consultation du 1er octobre 2009 et ceux-ci avaient clairement préféré celle qui faisait le choix de « primaires dans le cadre d’un rassemblement des forces de gauche autour d’une plateforme commune ». 

  

   Le texte proposé au vote des sections socialistes dans quelques jours n’est pas conforme à ce message des militants, car il entérine l’organisation de primaires pour désigner le candidat du seul  PS et non celui d’un large rassemblement de la gauche et de l’écologie. 

 

C'est pourquoi, avec d'autres membres

du Conseil National du PS,

nous proposons d’en revenir à la logique voulue

par le vote militant du 1er octobre 2009

et nous demandons:

 

   1- que la direction nationale du PS prenne les contacts nécessaires avec nos partenaires, dans le but d’élaborer une plateforme commune et d’engager des discussions afin d’évaluer la possibilité d’une candidature de rassemblement désignée par des primaires. 

  

   2- qu’un bilan de l’action entreprise et des contacts réalisés soit présenté en fin d’année 2010.

 

   3- qu'au cas où il serait constaté à cette échéance qu’il faille désigner un candidat des seuls socialistes, des primaires internes au PS soient alors organisées.

 

 

 Pourquoi nous refusons le texte proposé par le Conseil National

du PS du 8 juin 2010

 

Nous considérons qu'il ne représente pas  un atout pour la victoire en 2012, mais plutôt un risque et cela, pour 4 raisons:

 

   • Il s'agit de primaires socialo-socialistes et non des primaires pour un candidat de large rassemblement à gauche.

   • Elles acceptent sans nuance la présidentialisation et elles renforcent la personnalisation de la politique.

   • Elles conduisent à l’effacement des partis et à une dépolitisation accélérée.

   • On peut craindre un vote sous influence.

 

1- Ce projet n’est pas conforme au message prioritairement émis par les militants socialistes lors du vote du 1er octobre 2009.

   Deux options avaient alors été soumises au vote et les militants avaient clairement préféré celle qui faisait le choix de « primaires dans le cadre d’un rassemblement des forces de gauche autour d’une plateforme commune». Ce n’est absolument pas ce qui est maintenant présenté avec l’organisation de primaires pour désigner le seul candidat PS et non pour départager des candidats issus de différentes familles de la gauche et de l’écologie.

   Il ne s’agit plus de créer une mobilisation citoyenne pour réussir l’union mais de mettre en place une machine qui dévitalisera le PS, dont les adhérents seront dépossédés du choix de celle ou celui qui les représentera dans le combat politique majeur.

 

2- Ce projet renforce l’acceptation de la présidentialisation de la Vème République.  

   La composition du « corps électoral » des primaires, ouvert à tous ceux qui veulent soutenir le candidat socialiste, est supposée conférer à celui-ci une légitimité supérieure à celle qu’il aurait par le vote des seuls militants. Mais il se trouve que le programme et le projet seront, eux, arrêtés par une « convention extraordinaire » du PS, donc par les seuls militants socialistes.

   Il est donc clair que le programme et le projet ne s’imposeront pas au candidat retenu…..qui pourra faire valoir que ses positions auront été validées par un nombre bien plus conséquent de Français que les thèses du PS ! On bascule ainsi dans une présidentialisation de notre vie interne et même de la vie politique au sein de la gauche.

   A l’opposé de cette démarche, qui se limite au choix du candidat à la présidentielle, un large débat avec les militants associatifs et syndicaux sur les choix programmatiques permettrait de mieux prendre en compte leurs attentes et leurs idées et contribuerait à redonner force au débat politique.

   Il n’est pas inutile de rappeler que nos valeurs privilégient la délibération collective sur le fond par rapport au casting destiné à choisir celui ou celle à qui on confierait les arbitrages essentiels. Si nous sommes naturellement obligés de « faire avec » les institutions actuelles, il ne faut pas en devenir prisonnier, d’autant que nous disons vouloir les transformer en profondeur et redonner un pouvoir effectif au Parlement.

 

3- Ce projet conduit à l’effacement des partis et à une dépolitisation accélérée

   Il est prévu que le candidat pourra s’exonérer sur tel ou tel point du projet voté, en présentant ses propres options. Or, un programme est nécessairement un équilibre, un compromis entre différents points de vue et des revendications diverses, permettant à chacun d’adhérer à la vision d’ensemble. La politique a justement pour fonction d’assurer cette cohérence et ce rassemblement.Permettre au candidat, s’appuyant sur le vote de personnes n’ayant pas participé aux débats programmatiques, de changer des éléments majeurs de cet équilibre revient à remettre en cause la ligne du PS, son unité et sa capacité à gagner.

   Cette logique risque de porter un coup fatal aux partis et à leur rôle essentiel d’élaboration collective et d’éducation populaire, politique et civique. La formation politique n’est pas un luxe superflu. Elle prépare les adhérents des partis à inscrire leur pensée et leurs analyses dans une réflexion historique, dans une vision globale et collective, construite autour de valeurs.

   Il est frappant de constater que les pays ou des primaires sont organisées sont aussi ceux où les débats idéologiques sont faibles, les clivages gauche /droite estompés, au point d’ailleurs qu’aux Etats- Unis et en Italie (cités comme modèles), il n’y a pas ou plus de parti socialiste ! Est-ce cela que nous voulons ? Est-ce que cela permettrait la victoire de la gauche en 2012? Certainement pas. La gauche ne gagnera que rassemblée et sur la base d’une alternative politique claire.

 

4- Une élection qui risque d’être sous influence

   Il n’est pas certain que le candidat sorte de cette procédure aussi renforcé qu’on l’annonce.

En effet, bien des dérives et des manipulations sont possibles, à partir du moment où les seules contraintes pour voter sont le paiement d’une somme symbolique d’un euro et la signature d’une vague « déclaration de principe (via un émargement) s’engageant à soutenir les valeurs de la gauche ».

   Ce risque est réel, dans la mesure où ce type de désignation est très sensible à l’opinion dominante, aux modes éphémères, à l’air du temps, aux commentaires des médias, sans même parler du poids des sondages….habilement commandés et publiés.

   Ceux qui ont les yeux rivés sur le sondages feraient bien de regarder de près certaines analyses comme celle publiée par "le Parisien" du 4 juin 2010 ( sondage CSA). Ce sondage est clair: 71% des sympathisants socialistes participeraient à ces primaires, ainsi que 20 à 25% des électeurs de droite et même 30% des électeurs d’extrême droite !!

   Il est facile de montrer qu’un candidat pourrait ainsi être élu contre la volonté de l’électorat de gauche. On imagine ce que serait alors les graves conséquences politiques qu’entraînerait un tel cas de figure (voir sur ce blog 2 hypothèses, sur la base du sondage CSA)

.

Pour conclure, ces primaires présentent des risques sérieux.

 

    La comparaison avec l’élection d’Obama est sommaire. C’est le programme, le « Changer » d’Obama qui a fait sa victoire et non les primaires. D’ailleurs, Mac Cain a lui aussi été désigné par des primaires! C’est la capacité des deux principaux rivaux démocrates (Hilary Clinton et Barack Obama) à se rassembler qui a été déterminante et a permis une campagne de terrain. La clef du succès, c’est donc bien la stratégie de rassemblement et le contenu du projet, de la plateforme législative et gouvernementale.  

 

Le meilleur candidat est celui qui assurera le mieux le rassemblement de toutes les forces de gauche, qui portera avec force la plateforme commune et sera capable ensuite de présenter une vision d’avenir de la France, de l’Europe et du monde. Or, le préalable de la recherche de l’union et d’un accord législatif n’existe pas dans les propositions soumises au vote.

 

   A supposer qu’il ne soit pas possible d’avancer vers une candidature de large rassemblement de la gauche et des écologistes, il faut pour le moins oeuvrer à la réalisation d’un manifeste, d’une plateforme législative commune, avant la désignation de tout candidat à la présidentielle. Le calendrier retenu jette l’éponge un peu vite et ne présente la participation éventuelle d’autres forces à ces primaires que comme un ralliement à la procédure décidée unilatéralement par le PS, ce qui n’a guère de chance de convaincre nos partenaires.

   Tout devrait donc être fait d’ici l’été 2011 pour assurer l’établissement d’une plateforme législative avec nos partenaires de gauche et écologistes, évaluer avec eux s’ils souhaitent différentes candidatures à la présidentielle ou s’il est possible de se mettre d’accord sur une candidature de large rassemblement. Dans ce cas seulement, des primaires peuvent avoir un sens. Ce n’est malheureusement pas cette voie qui est proposée au vote des militants socialistes. 

 

De plus, des primaires strictement socialistes, telles qu’elles sont envisagées, seront soit jouées d’avance, soit source de tensions supplémentaires

 

   En effet, s’il s’agit de choisir le seul candidat du PS, le mode de désignation le plus efficace est celui qui permet le rassemblement des socialistes et donc qui limite les tensions autres que la légitime compétition autour des atouts des uns et des autres. Il n’est pas utile de tenter de séduire le plus grand nombre de sympathisants occasionnels à 1 euro.

   Si un candidat s’impose de fait, les primaires strictement socialistes tourneront au plébiscite; elles ne serviront à rien et mobiliseront peu. Si, par contre, le jeu est ouvert entre les candidats et le résultat serré, il sera difficile de recoller les morceaux au sein de l’électorat socialiste comme de réussir le rassemblement de toute la gauche.

   L’organisation de primaires strictement socialistes peut accroître les tensions internes (conflits de légitimité, critique du corps électoral et de sa représentativité, sincérité du scrutin, litiges…...) et compliquer les relations avec nos partenaires, qui risquent de ressentir comme du débauchage l’appel à tous les citoyens « de gauche » à participer à « nos » primaires !

 

Et dans tous les cas, elle accélèrera l’effacement des partis dans notre vie politique. De Gaulle, en instituant la Vème République, voulait faire disparaitre les partis. Ne lui donnons pas raison.  

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Published by Paul Quilès - dans Primaires
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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 14:51

Sarkozy-Latran-copie-1.jpgAujourd’hui, la laïcité est bafouée. Le club Gauche Avenir dénonce ces reculs, appelle à un réengagement de toutes les forces laïques et républicaines et sollicite la mobilisation des partis de gauche et écologistes, conformément à son "manifeste du 10 octobre "  (lire le manifeste)

 

    Gauche Avenir, à l'origine de l'action "Aux arbres citoyens", appelle tous les laïques de France à se rassembler dans leur commune et à organiser la plantation d'un "arbre de la laïcité", comme nos ancêtres plantèrent un arbre de la liberté en des moments cruciaux de notre histoire, en 1792 et en 1848.

 

Cette opération sera officiellement lancée le 19 juin par le Maire et Conseiller Général de Créon (Gironde) où, après une rencontre-citoyenne le matin, consacrée à "l'avenir de l'école républicaine et laïque", le Président du Conseil Général de Gironde plantera symboliquement le premier "arbre de la laïcité" sur une place de la commune.

 

   Ainsi sera ouverte la période de préparatifs qui conduiront le 11 décembre, dans toutes les communes qui le souhaiteront, à la plantation de milliers d'arbres comme celui de Créon, pour rappeler l'attachement de notre France à la laïcité de la République. Dès à présent, des initiatives en ce sens sont engagées dans 65 départements, dont Paris.

 

                   Deux dates symboliques

 
- le 19 juin, date anniversaire du Serment que prêtèrent, à Vincennes, il y a cinquante ans, 25 000 délégués de tous les départements, représentant près de 11 millions de pétitionnaires contre la loi du 31 décembre 1959, dite loi Debré. En décidant de financer sur fonds publics les établissements privés d'enseignement, la loi ouvrait, dans l'édifice laïque de l'Etat, la voie au communautarisme social, ethnique, religieux qui divise de plus en plus la société.
- le 11 décembre, jour anniversaire de la publication au Journal Officiel  de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, "clef de voûte de la laïcité" selon l'expression de la Cour Européenne des Droits de l'Homme : loi dont la valeur constitutionnelle est aujourd'hui menacée.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 22:39

Lors du Conseil National du PS du 8 juin, il n'a malheureusement pas été possible de s'exprimer séparément sur les différents sujets en discussion:

les primaires, le non-cumul des mandats, l'organisation des congrès et

l'application de la parité, du renouvellement et de la diversité.

Un vote unique a été demandé et cela m'a conduit, bien que favorable à certaines dispositions proposées, notamment en ce qui concerne

le non-cumul,

à voter contre le texte,

en raison de mon opposition au projet d'organisation de primaires ouvertes.

Vous trouverez ci-après l'explication

de ma position.

 

********** 

Les primaires ouvertes, un pari intenable

 

            En 2000, j’ai été un des rares responsables socialistes à critiquer publiquement le changement imposé par L. Jospin (quinquennat et inversion du calendrier électoral). J’avais mis en garde contre le double danger dans lequel il nous enfermait : idéologique (le renforcement du présidentialisme, aspect le plus inacceptable du fonctionnement de la Vème république), la perte automatique des élections législatives, en cas d’échec  à la présidentielle. C’est malheureusement ce qui s’est passé et nombre de ceux qui se sont tus à l’époque regrettent aujourd’hui de n’avoir rien dit. 

            C’est pourquoi, comme d’autres j’espère,  je n’ai pas l’intention de rester silencieux devant une des dispositions proposées pour « rénover » le PS. La volonté à nouveau affichée par le Parti socialiste de se rénover n’est certes pas critiquable. Encore faudrait-il que les propositions qui sont faites soient à la mesure des intentions proclamées.  

            Affirmer que ces « primaires ouvertes » seraient un moyen de « mettre en mouvement la société française », de « donner aux citoyens la possibilité de peser sur l’histoire et le destin de notre pays », de se dégager des « états majors politiques, médiatiques et des instituts de sondage », alors qu’actuellement les citoyens et les militants « jouent jusqu’à la fin un rôle passif de spectateur, convoqués aux urnes lorsque la bataille est jouée et achevée »[1]….est pour le moins excessif et décalé !  

            Dire que ces primaires seraient « une méthode pour sortir enfin de l’ambigüité institutionnelle entretenue jusqu’ici par la Vème République »[2] est étrange, alors que ce processus tend à entretenir  ce qu’un éditorialiste appelle « la folie présidentielle » !  

            Quand, de plus, il est clairement expliqué que ces primaires seront une occasion de choisir par ce vote « projet, candidat, alliances »[3] (et un premier texte parlait même des « équipes » du candidat), on imagine la confusion qui peut s’emparer des électeurs de gauche !  

            Car ces primaires auront à l’évidence l’objectif de départager des candidats socialistes (les partenaires n’en veulent pas), sans qu’il ait été tenté de définir ce que pourraient être les grands axes d’une politique de gauche, à mettre en œuvre par un gouvernement issu des 2 victoires en mai et juin 2012. C’était pourtant le mandat que les militants socialistes avaient donné lors de la consultation du 1er octobre 2009 (option 1-2).

           Le risque est donc de crisper un peu plus les différentes composantes de la gauche et de l’écologie, à l’opposé de la démarche proposée par un certain nombre de responsables de gauche, qui consisterait à organiser des Etats généraux où seront débattues et élaborées les grandes orientations d'une politique de gauche et écologique pour la France. Il est en effet essentiel de chercher les convergences les plus ambitieuses, sans toutefois nier les différences d’approche, voire les désaccords. Le rassemblement  tirera sa force et sa crédibilité de ce que nous pourrons faire ensemble, de ce qui fera accord, de nos engagements communs. Il les tirera aussi de notre capacité à gérer les différences, à reconnaitre des désaccords.  

            C'est ainsi que l'on redonnera de la vigueur à notre démocratie, qui ne saurait être réduite à des choix de personnes. Les institutions de la Vème République et l’hyper-présidentialisation du quinquennat de Nicolas Sarkozy veulent nous enfermer dans ce piège, mais nous ne sommes pas obligés d’y tomber !

 

            Or, l'idée des primaires socialistes ouvertes, non seulement esquive la question du rassemblement de la gauche, qui ne peut se faire sans débat préalable sur les idées, mais elle suggère que le choix d'un candidat fera office d'arbitrage sur la ligne politique et les grands axes du programme.  

            Ceci est un leurre, d'autant plus que cet arbitrage pourrait bien être fait par l'électorat de droite, comme le montre de façon indiscutable le sondage CSA publié dans le Parisien du 4 juin. On y découvre en effet que 71% des sympathisants socialistes et 43% de "l'ensemble des Français" iraient voter.....ce qui signifie que 20 à  25% des électeurs de droite participeraient à ces primaires socialistes et même plus de 30% des électeurs du Front National!! Chacun imagine bien ce que pèserait dans ces conditions l'obligation qui serait faite aux votants de "soutenir les valeurs de la gauche"....  

            Sur la base de ce sondage, voici 2 cas de figure, avec 2 candidats (A et B), qui montrent la situation politiquement intenable créée par un candidat élu de justesse…contre la volonté de l’électorat de gauche !

 

Candidat

A

B

Electeurs de gauche

(65% du corps électoral des primaires)

55%

45%

Autres électeurs

(35% du corps électoral des primaires)

40%

60%

Résultat

49,7%

50,3%

 

Candidat

A

B

Electeurs de gauche

60%

40%

Autres électeurs

30%

70%

Résultat

49,5%

50,5%

 


[1]  Extraits du rapport de la Commission de la rénovation

[2]  Idem

[3]  Idem

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Published by Paul Quilès - dans Primaires
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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 11:16

Avez-vous entendu parler de la préparation des "Etats généraux du service public"?

    Probablement pas, parce que cette démarche sérieuse ne passionne pas les médias pour l'instant, dans la mesure où elle ne cherche pas à s'imposer par un de ces coups d'éclat si fréquents dans la vie politico-médiatique.

    Et pourtant, il s'agit bien d'une initiative exceptionnelle, puisque pas moins de 36 organisations -partis, syndicats, associations,...- travaillent depuis 6 mois, au niveau national et dans 39 comités locaux, à la préparation de ces Etats Généraux.

    Dans les réunions, les comités, les colloques, on parle des besoins à satisfaire (eau, transports, matières premières, édacation, santé...) et de la façon d'y parvenir. On rappelle que les Français sont attachés à leurs services publics et qu'ils ont conscience que la politique suivie par le gouvernement tend à en réduire le cadre, les missions et les moyens. On analyse de quelle façon la crise actuelle est utilisée pour accentuer cette évolution, qui porte tort à la solidarité, à la cohésion sociale et à l'aménagement du territoire. On s'interroge sur des questions essentielles comme celles du financement, du niveau de mise en oeuvre et de gestion (décentralisée ou nationale), de l'intervention des usagers.....

    Sur tous ces sujets, des nuances existent dans les analyses et les solutions proposées par les uns et les autres, mais il y a indiscutablement une forte volonté de définir un socle commun sur lequel la gauche pourra se retrouver. Il s'agira bien entendu de rassembler les défenseurs du service public dans les nombreux combats en cours et à venir, mais aussi et surtout de préparer ce que pourrait être le projet de la gauche au pouvoir.

*************************

    Cette démarche est cohérente avec la proposition que nous venons de faire aux responsables des partis de gauche et de l'écologie (voir sur ce blog: "D'abord les idées"), pour que soient organisés des Etats généraux où seront débattues et élaborées les grandes orientations d'une politique de gauche et écologique pour la France. Il est en effet essentiel de chercher les convergences les plus ambitieuses, sans toutefois nier les différences d’approche, voire les désaccords. Le rassemblement  tirera sa force et sa crédibilité de ce que nous pourrons faire ensemble, de ce qui fera accord, de nos engagements communs. Il les tirera aussi de notre capacité à gérer les différences, à reconnaitre des désaccords.

    C'est ainsi que l'on redonnera de la vigueur à notre démocratie, qui ne saurait être réduite à des choix de personnes. Les institutions de la Vème République et l’hyper-présidentialisation du quinquennat de Nicolas Sarkozy veulent nous enfermer dans ce piège, mais nous ne sommes pas obligés d’y tomber !

    A cet égard, l'idée de "primaires socialistes ouvertes" ne me paraît pas, dans sa forme actuelle, éviter ce piège. Non seulement elle esquive la question du rassemblement de la gauche, qui ne peut se faire sans débat préalable sur les idées, mais elle suggère que le choix d'un candidat fera office d'arbitrage sur la ligne politique et les grands axes du programme.

    Ceci est un leurre, d'autant plus que cet arbitrage pourrait bien être fait par l'électorat de droite, comme le montre de façon indiscutable le sondage CSA publié avant hier*. On y découvre en effet que 71% des sympathisants socialistes et 43% de "l'ensemble des Français" iraient voter.....ce qui signifie que 20 à  25% des électeurs de droite participeraient à ces primaires socialistes et même plus de 30% des électeurs du Front National!! Chacun imagine bien ce que pèserait dans ces conditions l'obligation qui serait faite aux votants de "soutenir les valeurs de la gauche"....

    J'aurai l'occasion de revenir sur cette initiative qui, loin des grandes proclamations auxquelles elle a donné lieu ( "sortir de l'ambigüité institutionnelle", "reprendre pied dans la société", "donner aux citoyens la possibilité de peser sur l'histoire"......  ), risque de se révéler une très mauvaise opération pour l'ensemble de la gauche.

___________________________________________________________________________

* Voir le Parisien du 4 juin 2010 et le détail de l'enquête CSA

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 10:46

Gaza.jpgDevant le fiasco de l'opération israélienne contre la "flotille de la paix" qui voulait forcer le blocus de Gaza, l'indignation est générale et à la mesure de la faute commise: violation des lois internationales, nombreuses victimes civiles, stupidité de l'opération elle même, incapacité à anticiper les conséquences de l'acte.

    Loin d'affaiblir le Hamas, elle le renforce, en affaiblissant la position de Mahmoud Abbas, qui avait accepté le principe de pourparlers avec les Israéliens; elle coupe Israël de son seul allié dans la région, la Turquie; elle handicape l'action de Barak Obama, favorable à la reprise du dialogue; elle détériore un peu plus l'image d'Israël dans le monde.....

   Ce matin (jeudi 3 juin) sur Sud Radio (écouter l'interview), j'ai rappelé ce que vivaient, dans un territoire dévasté par l'intervention militaire de janvier 2009, 1 million et demi de Gazaouis (dont 50% d'enfants) du fait de ce blocus inhumain, qui dure depuis 3 ans et comment cette situation ne pouvait que renforcer l'extrêmisme. Qu'Israël souhaite assurer sa sécurité, quoi de plus normal, mais cela ne peut justifier l'utilisation de méthodes condamnables et d'ailleurs condamnées par la Communauté internationale (voir par exemple le rapport de septembre 2009 du juge Richard Goldstone commandé par les Nations Unies).

    L'impunité dont bénéficie l'Etat hébreux depuis trop longtemps devient insupportable. Stephane Hessel, co-auteur de la Déclaration universelle des droits de l'homme et ancien déporté, la juge même "scandaleuse", en regrettant que les Etats Unis et l'Europe ne soient pas plus fermes dans la condamnation de ces excès.

    Comme je l'ai déjà écrit sur ce blog l'an dernier("Conflit Israël-Palestine: que peut-on espérer?"), si la Communauté internationale (en réalité, essentiellement les Etats Unis et l'Europe) ne prend pas une initiative forte* à la mesure de la gravité de l'enjeu, l'engrenage catastrophique se poursuivra, avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer, pour le Moyen Orient dans son ensemble, mais aussi pour la paix dans le monde.

 

 

* "L’Union européenne pourrait prendre une initiative véritablement à la mesure de la gravité de l’enjeu, en saisissant le Conseil de sécurité de l’ONU du contenu de l’accord de Genève et en l’invitant à établir à brefs délais un mandat international provisoire dans des frontières correspondant à celles attribuées au futur Etat palestinien par l’accord de Genève.

   Le Conseil de sécurité devrait ensuite déployer rapidement à l’intérieur de ces frontières et autour des colonies juives une force d’interposition crédible, dont le commandement pourrait être confié aux Etats‑Unis.

  Parallèlement, le Conseil de sécurité devrait intervenir et   convoquer une conférence internationale chargée d’élaborer, en accord avec les parties israélienne et palestinienne, un règlement définitif de paix sur la base des clauses de l’accord de Genève. Ce règlement de paix serait accompagné d’un accord général de sécurité associant l’ensemble des pays de la région. Il devrait être complété et appuyé par un vaste plan de reconstruction économique sous l’égide notamment des Etats-Unis et de l’Union européenne. La prospérité économique sera en effet le meilleur garant de la consolidation de la paix."

(Extrait de l'intervention de Paul Quilès, au colloque de Berlin: "les voies de la paix pour le Moyen Orient"- 13 mai 2004)

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 09:04
Faites connaissance avec Paul Quilès

   Né le 27 janvier 1942 à Saint-Denis du Sig (Algérie)
 

   Ancien élève de l’Ecole Polytechnique (promotion 1961)

  

  - Ingénieur, de 1964 à 1978   

 -  Député de Paris (13ème arrondissement)- élu en mars 1978, réélu en juin 1981, mars 1986 et juin 1988    

 - Directeur de la campagne présidentielle de François Mitterrand-  1981

- Conseiller de Paris, de 1983 à 1992

- Ministre de l’Urbanisme et du Logement – Septembre 1983 – Juillet 1984

- Ministre de l’Urbanisme, du Logement et des Transports – Juillet 1984 – Septembre 1985

- Ministre de la Défense – Septembre 1985 – Mars 1986

- Ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Espace – Mai 1988 – Mai 1991

- Ministre de l’Equipement, du Logement, des Transports et de l’Espace – Mai 1991 – Avril 1992

- Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique – Avril 1992 – Mars 1993

- Député du Tarn, 1ère circonscription Albi-Carmaux – élu en mars 1993, réélu en juin 1997, réélu en juin 2002

- Président de la Commission de la Défense et des Forces Armées de l’Assemblée Nationale - Juin 1997 - Juin 2002

- Président de la mission parlementaire d'information sur le Rwanda- 1998

- Vice-président de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale-2004-2007

- Président de la mission parlementaire d'information "Energie et géopolitique" -2006

- Responsable national auprès du 1er Secrétaire du PS, chargé des questions de stratégie et de défense- 1995- 2008

- Président de la Communauté de Communes du Cordais et du Causse (4 C)

- Maire de Cordes sur Ciel (Tarn) – élu en juin 1995, réélu en mars 2001, en mars 2008 et en mars 2014

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe! (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)
- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 15:46

Vingt personnalités* appartenant aux différentes sensibilités de la gauche viennent de faire parvenir aux  dirigeants des partis de gauche une adresse,

par courrier, leur demandant

 la tenue d'Etats Généraux de la gauche

et la constitution immédiate d'un comité pour les organiser.

 

    Ils sollicitent, de plus, une rencontre avec ces dirigeants afin non seulement de leur présenter cette demande mais aussi de recueillir leurs réactions et avis sur la démarche proposée. 
   

    Cette initiative prolonge l'appel de Gauche 2012, dont la variété des origines des signataires témoigne de l’intérêt croissant des militants de gauche et écologistes pour ces Etats généraux, pour un rassemblement sur un manifeste commun, pour le préalable accordé aux idées et aux propositions avant tout choix de candidatures.
 
* Jean AUROUX (ancien ministre), Jean-Paul BACHY (président de la Région Champagne Ardenne), Etienne BUTZBACH (maire de Belfort, MRC), Gérard CHARASSE (député de l’Allier, PRG), Augustin DUMAY (violoniste), Maxime DUMONT (responsable syndical, CFDT), Jacques DURON (responsable syndical, UNSA),  Daniel FONTAINE (maire d’Aubagne, PCF), Caroline FOUREST (essayiste), Eric GAUTIER (président du Conseil général des Deux-Sèvres, PS), Daniel GOLDBERG (député de Seine Saint Denis, PS), Rémi LEFEBVRE (universitaire), Jérôme LAMBERT (député de la Charente, PS), Marie-Noëlle LIENEMANN (ancienne ministre), Alain LIPIETZ (Les Verts), Jean MICHEL (député du Puy de Dôme, PS), Stéphane PEU (vice président de l’agglomération Plaine Commune -Saint Denis, PCF), Paul QUILES (ancien ministre), Lucile SCHMID (Europe Ecologie), Emile ZUCCARELLI (maire de Bastia, PRG).

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Published by Paul Quilès - dans Gauche Avenir
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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 10:05

Sarko-foot.jpgEuro-2016.jpgJe ne résiste pas au plaisir de publier ce message humoristique que m'adresse un ami, particulièrement attentif à la communication présidentielle!
 

                                     **************
Bonjour Paul,
Tu as vu que notre président avait mouillé la chemise pour emporter le morceau? Le championnat d'Europe de foot en France en 2016!
Tu te rends compte: 15000 emplois pour construire des stades ....
Trop fort le mec!
Si ce n'était pas "joué" d'avance, il m'étonnerait quand même qu'il se soit déplacé.
15000 emplois d'accord, mais va falloir faire des charters de ... turcs, et autres maçons "bronzés" que Besson expulse aujourd'hui, car s'ils ont des truelles, ils n'ont pas de papiers!
15000 emplois d'ici 2016: bravo, mais nos journalistes annonçaient en fin du même journal que Pôle emploi avait enregistré 15700 chômeurs pour le seul mois d'avril 2010......
Déjà un match nul....complètement nul.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 09:50

retraite-60-ans.jpg     Passons sur l’amnésie du Figaro qui titrait hier en 1ère page : « Sarkozy dénonce l’héritage Mitterrand » et en sous-titre : « La France aurait moins de problèmes si son prédécesseur s'était abstenu d’abaisser l'âge légal de la retraite » !

    Auraient-ils déjà oublié que J. Chirac a été Président de la République pendant 12 ans avant l’arrivée de N. Sarkozy à l’Elysée ? Quelle ingratitude, surtout si l’on se souvient que ce dernier a été son ministre à plusieurs reprises…

    Mais venons en plutôt au fond de cette étonnante et tardive mise en cause. 

    Petit rappel : lors de la campagne présidentielle de 1981, François Mitterrand avait présenté aux Français 110 propositions, précises et touchant à tous les domaines de la vie nationale et internationale. Même si ce programme date d’il y a près de 30 ans et si le monde a connu beaucoup de bouleversements depuis, il est intéressant de constater qu’il s’agissait d’engagements cohérents, correspondant à des besoins forts de la société française et clairement exprimés. La plupart de ces engagements ont été respectés.

    Tel a bien été le cas de la proposition 82 (« Le droit à la retraite à taux plein à partir de 60 ans »), qui a trouvé sa traduction dans l’ordonnance du 26 mars 1982 fixant l'âge légal de la retraite à 60 ans à partir du 1er avril 1983.  

    Il est cocasse que le Président actuel mette en cause celui qui a respecté ses engagements de 1981, alors que lui-même n’hésite pas à contredire ce qu’il déclarait lui-même il y a 2 ans : "Je dis que je ne le ferai pas. Je n'en ai jamais parlé au pays. Et cela compte pour moi. Je n'ai pas de mandat pour cela".

    Encore plus cocasse….et assez incroyable, le même N. Sarkozy avait assuré en janvier 1993 que son parti, le RPR, n'avait «pas l’intention, bien sûr, de remettre en cause la retraite à 60 ans….Nous avons toujours été pour la retraite à 60 ans…J’ai voté pour le RMI et pour la retraite à 60 ans, que les choses soient claires».

    Que les choses soient claires : j’allais le dire !!

 

    Quant à savoir comment faire pour que la France ait, selon sa formule  « moins de problèmes », N. Sarkozy devrait plutôt s’interroger sur la succession des erreurs et, parfois même, des fautes, qu’il aurait pu éviter depuis 3 ans. Nous aurons certainement l’occasion d’y revenir…. 

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     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez