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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 17:16

Pourquoi parler des questions internationales? Comment en parler? Pour dire quoi? C'est à ces questions que je me suis efforcé de répondre lors de la Convention du PS sur

"la nouvelle donne internationale et européenne".

Mon intervention, assez brève, s'est inspirée du texte de référence plus détaillé qu'on trouvera ci-après.

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Intervention  à la  Convention PS sur les questions internationales

du 9 octobre 2010

 

            Le 6 mai 2012, c’est dans un peu plus de 18 mois. Il nous reste donc 18 mois d’explication, de dénonciation, de proposition, pour convaincre les Français qu’il faut changer de politique et de président.

          Même si cela ne fait pas partie de nos thèmes favoris et que nous pensons trop souvent que ce n’est pas « porteur », il faudra aborder les questions internationales plus souvent que nous l’avons fait depuis quelque temps.

 

I- En parler : pourquoi ?

 

            Le début du texte de cette Convention décrit assez bien les 3 raisons qui doivent nous amener à intervenir plus fortement sur ce thème : l’influence des enjeux mondiaux sur les questions nationales, l’ampleur de la crise qui n’affecte pas seulement l’économie, l’attitude de N. Sarkozy à l’égard de la politique étrangère.

           D’une façon générale, le texte a le mérite de donner des clés pour mieux appréhender les problèmes mondiaux de ce début du 21ème siècle et de préciser la façon dont nous pensons pouvoir y répondre. En tant que socialistes, nous avons le devoir, à partir de nos valeurs, de présenter notre vision du monde et du rôle que nous entendons jouer. En tant que futur parti de gouvernement, nous devons dire clairement ce que nous proposons aux Français.

           La tâche n’est pas simple, parce que nos concitoyens ont, à l’égard de ces dossiers, une attitude qui oscille entre le désintérêt, l’incompréhension et la peur, ce qui se comprend, quand on sait la masse des soucis quotidiens qui les assaillent, la complexité des questions internationales (multiples crises, bouleversements géo politiques, multiplicité des acteurs…) et la somme des désordres mondiaux ! Cela a de quoi inquiéter les plus optimistes d’entre nous.

               Soyons lucides : notre monde ne va pas bien.

Le 20ème siècle a été marqué par des drames effroyables : deux guerres mondiales, dont la deuxième a vu l’utilisation de l’arme nucléaire, des dictatures sanguinaires, des génocides (arménien, juif, cambodgien, rwandais), des catastrophes environnementales comme celles de Bhopal et de  Tchernobyl.

 Le 21ème siècle ne s’annonce pas plus apaisé : la prolifération d’armes de destruction massive, le terrorisme international, qui instrumentalise la religion et se nourrit de l’exacerbation de certaines contestations, les extrémismes religieux, ethniques ou politiques, la criminalité organisée, les épidémies, la pollution grandissante, une crise économique qui n’en finit pas……

 

II- En parler : comment ?

 

Il nous faut donc parler de politique internationale, mais, pour nous socialistes, ce  ne peut pas être une façon de détourner l’attention de nos concitoyens de leurs soucis quotidiens ou de leurs inquiétudes devant l’avenir. Bien au contraire ! Pour certains, comme N. Sarkozy, le traitement des questions internationales est trop souvent l’occasion de manipulation, d’enfumage et de récupération. On va le voir de façon éclatante pendant un an, avec la présidence française du G20, puis du G8. Les grands discours et les vœux pieux masquent une idéologie, celle du renoncement et de la soumission à ce qui est présenté comme un ordre mondial complexe et difficile à faire bouger.

Selon cette vision étriquée, le fonctionnement du système international n’est que la perpétuation d’une certaine hégémonie occidentale sous l’égide des États-Unis. La France ne devrait avoir pour ambition que de faire fructifier ses atouts, tels que la possession de forces nucléaires, pour jouer un rôle diplomatique mondial et exercer une influence de premier plan au sein de l’Union européenne. Elle pourrait alors espérer exercer un rayonnement auquel elle ne pourrait plus prétendre par ses seuls moyens.

            C’est une vision du monde dépassée, parce que les pays occidentaux doivent, de manière croissante, tenir compte des intérêts et des aspirations des puissances émergentes et du monde en développement. Le Président Obama lui-même en a tiré les conséquences dans sa récente « stratégie de sécurité nationale », en affirmant que « les fardeaux du nouveau siècle ne sauraient peser sur les seules épaules américaines » et que l’intérêt des États-Unis leur commande de contribuer à l’instauration d’un ordre mondial où seraient pleinement reconnus « les droits et les responsabilités de toutes les nations souveraines ».

            On voit que la conception du système international de N. Sarkozy est plus proche de celle de George W. Bush que de celle de Barack Obama. Or c’est précisément cette politique qui a conduit les États-Unis dans les impasses dont le Président Obama peine à les sortir, comme en Irak et en Afghanistan.

 

III- En parler : pour dire quoi ?

 

             Dire que notre vision n’est pas celle de N. Sarkozy ne suffit pas.

           - Il faut être capable de faire le lien entre nos analyses, nos propositions et les valeurs qui fondent la tradition internationaliste, à laquelle nous sommes attachés : la solidarité, la réduction des inégalités, le règlement politique des conflits grâce à l’arbitrage international, l’utilisation mesurée de la force en dernier ressort……

- Il faut aussi montrer aux Français comment les grands sujets de politique internationale -la guerre, le terrorisme international, le sous développement, les délocalisations, la pollution….- peuvent avoir des retombées, positives ou négatives, sur leur vie et sur leur avenir.

- Il faut enfin éviter de se limiter à un catalogue de bonnes intentions. Nous devons  trier et hiérarchiser nos thèmes d’intervention, afin d’être audibles, convaincants et efficaces. Je prendrai quelques exemples, parmi les préoccupations majeures de la période :

 

              1- Le terrorisme international

            Plutôt que d’affoler la population, mieux vaut d’abord expliquer qu’il s’agit d’une forme nouvelle d’affrontement (guerre asymétrique, différente des conflits entre 2 armées ou 2 pays), qu’on ne peut naturellement pas aborder avec des réponses militaires classiques.

La priorité demeure de résoudre, avant tout par des solutions politiques, les conflits qui déstabilisent le monde musulman. Le règlement de l’ensemble des conflits régionaux, de l’Irak à la Palestine et de la Tchétchénie au Cachemire, enlèverait aux terroristes une bonne partie de leur raison d’être et du soutien dont ils bénéficient souvent auprès des populations locales.

La lutte antiterroriste est un combat de l’ombre, qu'il faut mener sans faiblir et qui ne être conduit par un seul Etat. Il doit s’appuyer sur un système international de coopération et de coordination (police, renseignement,…), pour tarir les sources – financières, militaires, humaines – du terrorisme, neutraliser les liens et les réseaux qui le nourrissent, modifier l'environnement qui lui a permis de prospérer.

   Parallèlement, il faut favoriser le dialogue entre les cultures. Le monde musulman doit avoir le sentiment qu’il est traité avec équité et qu’il n’est plus dominé de l’extérieur. L’opinion arabe doit sentir que l’Occident cherche une issue juste au problème israélo-palestinien.

Enfin, c’est un combat pour la diversité, la compréhension entre les cultures, le développement et l’éducation, seuls véritables moyens pour lutter durablement contre l’extrémisme, l’intolérance et le racisme.

 

               2- La construction de la paix

Ce thème est au cœur du message internationaliste des socialistes. Il faut rappeler que la construction de la paix passe par:

            - la prévention et l’anticipation, qui nécessitent d’analyser sérieusement l’état du monde, ses dysfonctionnements, les motivations des acteurs de la scène internationale ;

- l’intervention, qui doit être menée, lorsqu’elle devient inévitable, non pas de manière disproportionnée et même décalée, mais sur décision du Conseil de sécurité de l’ONU.

            - la consolidation de la paix, qui a pour objectif d’éviter qu’un pays ne retombe dans la crise. Cela nécessite un engagement de très long terme de la communauté internationale, pour remettre sur pied des pays et des économies dévastés par la guerre.

            Le rôle des Nations-Unies est central et nous avons raison de dire qu’une réforme de l’ONU est indispensable, notamment en élargissant la composition du Conseil de sécurité, pour faire avancer le multilatéralisme, c’est à dire la gestion collective des grands problèmes de la planète. L’ONU retrouverait alors auprès de tous les Etats, même les plus puissants, une plus grande légitimité et une plus grande autorité. La prévention des crises et des conflits serait améliorée. La fracture entre les pays du Nord et ceux du Sud serait réduite et les aspects sociaux et environnementaux du développement mieux pris en compte.

Malheureusement, le pouvoir actuel, qui transforme les armées françaises en une force de projection de plus en plus tournée vers les expéditions lointaines décidées au sein de l’OTAN, délaisse les responsabilités qui incombent à la France et à l’Europe dans le maintien de la paix sous l’égide de l’ONU. Les conflits donnant lieu à des crises humanitaires sont pourtant nombreux dans le monde, particulièrement en Afrique. La crise économique mondiale aggrave les risques de troubles sociaux et d’instabilité politique dans de nombreuses régions. Des missions de l’ONU sont déployées dans les pays connaissant des crises graves, mais les pays développés y participent peu ; ces missions travaillent avec de faibles moyens et elles ont du mal à exercer leur mandat dans toute son ampleur.

Il faut que l’Union européenne examine les moyens de mieux contribuer aux efforts de maintien de la paix de l’ONU ou d’organisations régionales comme l’OUA. Cette réflexion doit englober les questions militaires :

-  Comme le montre des drames comme celui du Rwanda, c’est souvent l’absence de troupes de maintien de la paix formées et disposant d’un mandat robuste qui explique les échecs de l’ONU dans les crises humanitaires. Il aurait suffi, au début du génocide rwandais, d’un contingent de quelques milliers d’hommes suffisamment formés et armés pour mettre un terme aux massacres.

- Aujourd’hui des conflits provoquent de véritables catastrophes humanitaires en République démocratique du Congo, dans le prolongement des massacres massifs des années 90 que vient de dénoncer l’ONU. Il est regrettable que l’Union européenne reste passive devant de telles situations et qu’elle ait refusé en 2008 de répondre positivement à l’ONU, qui lui demandait d’apporter un renfort limité de troupes performantes à sa Mission pour le Congo.

- La sécession probable du Sud Soudan pourrait également donner lieu à des violences d’ampleur majeure, mais aucune mesure n’est envisagée pour renforcer la Mission de l’ONU dans le pays.

LaFrance, membre permanent du Conseil de sécurité, s’honorerait à proposer à l’Union Européenne l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique d’appui aux efforts de maintien de la paix de l’ONU.

 

3- Le désarmement

 La maîtrise du désarmement constitue un mécanisme efficace au service de la paix et de la sécurité. Encore faut-il qu’il règne un climat de confiance entre les Etats et dans les rapports internationaux. Ceci implique que l’ONU soit capable de décider et de donner des garanties de sécurité en cas d’agression aux pays qui décideraient de réduire leur armement.

           - Comment agir? Par exemple, en incitant les Etats à signer des accords de réduction des armements conventionnels au niveau régional. On peut aussi penser à taxer les ventes d’armes ou encore à limiter les achats d’armement en fonction du niveau de développement des Etats. De manière générale, il faudrait un véritable traité, avec des sanctions en cas de violation, qui encadrerait cette activité et qui interdirait le commerce des armes quand elles sont utilisées contre les droits de l’homme, dans les zones de tension ou si elles permettaient à un pays de mener une guerre d’agression.

           - Le cas de l’armement nucléaire devrait faire l’objet de toute notre attention. Ce que l’on appelle la dissuasion nucléaire était l’instrument principal de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest dans la période de la guerre froide. La pertinence de cette stratégie se pose dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. En effet, les risques et les menaces n’ont plus rien de commun avec ce qu’elles étaient dans cette période. Dans la conjoncture actuelle, les scénarios dans lesquels la Russie ou la Chine s’en prendraient aux intérêts vitaux d’une puissance occidentale sont parfaitement improbables. Quant aux menaces qui trouvent leur origine dans des conflits locaux, elles ne peuvent pas être contrecarrées par la menace d’emploi de l’arme nucléaire. La prolifération représente sans doute aujourd’hui la plus grave menace pour la sécurité internationale. Elle ne pourra être efficacement combattue qu’en renforçant le régime du Traité de non prolifération, ce qui implique d’en accepter sincèrement les trois piliers : non accès des pays « non dotés de l’arme nucléaire » à cette arme, libre accès de tous les pays aux technologies nucléaires pacifiques et désarmement nucléaire des pays « dotés de l’arme nucléaire ».

           C’est en considération de cette nouvelle situation stratégique que le Président Obama a lancé, dans son discours de Prague du 5 avril 2009, un appel en faveur d’un « monde sans armes nucléaires ». Il a proposé un ensemble de mesures concrètes pour atteindre cet objectif. Cette démarche, que nous devons soutenir, a jusqu’à présent conduit à des succès partiels, mais significatifs, comme la reprise de la dynamique du désarmement entre les États-Unis et la Russie.

           La position de N. Sarkozy sur ce sujet est regrettable. En opposant le « monde virtuel » du désarmement au « monde réel » du monopole de l’arme nucléaire, réservé à quelques pays, il isole la France des négociations internationales sur la non prolifération et le désarmement et, en dernière analyse, il affaiblit la légitimité de sa stratégie de dissuasion.

                                                      

                                          **********

           Sur d’autres sujets qui sont également d’une extrême importance pour la marche du monde et sur lesquels nous pouvons clairement marquer notre spécificité, je me contenterai d’évoquer rapidement quelques idées :

 

 Les relations économiques internationales

N’oublions pas que la répartition inéquitable des richesses à l’échelle de la planète entraîne de graves conséquences sur l’environnement et qu’elle accentue l’écart entre pays riches et pauvres, alors que le revenu mondial a régulièrement augmenté. La moitié de la population du globe vit avec moins de 2 $ par jour et près de 30 % souffre de malnutrition !

Ce qu’on appelle les « objectifs de développement du Millénaire » attend toujours les financements à la hauteur des défis : l’éradication de l’extrême pauvreté et de la faim, l’éducation primaire pour tous, l’élimination des discriminations à l’égard des femmes, la réduction de la mortalité infantile et de la mortalité lors des accouchements, la lutte contre le sida et les autres pandémies….

Nous devons aussi demander une annulation substantielle de la dette multilatérale des pays les plus pauvres. Cette mesure trouverait sa contrepartie dans l'essor des échanges commerciaux entre pays développés et pays en développement.

Répétons que la taxation des mouvements financiers internationaux pour décourager les mouvements spéculatifs réduirait la vulnérabilité de ces pays au risque et qu’elle leur donnerait les moyens de s’insérer par eux-mêmes dans les échanges internationaux.

Enfin, il faut à l’évidence repenser le rôle des institutions financières et commerciales multilatérales et la représentation des Etats membres au sein du FMI et de la Banque Mondiale.

 

L’environnement

C’est devenu une banalité de souligner les risques de la crise énergétique et climatique qui nous menace, mais on voit bien qu’il y a un fossé entre les mots et les actes. Il y a eu la démarche de Kyoto, timide mais encourageante, puis ça a été l’échec de la conférence de Copenhague.

Pour ralentir le réchauffement de la planète, il faudrait une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre de la part des plus gros pollueurs (les Etats-Unis, la Chine, l’Inde).  Il est évident qu’on ne peut pas compter pour cela sur le seul marché, pas plus que sur les décideurs, qui sont obsédés par le court terme et par le seul rendement des investissements et qui tablent sur une croissance sans fin et sur un environnement économique immuable.  

Pour prendre les mesures courageuses qui s’imposent, nous devons défendre avec force l’idée de créer une  Organisation mondiale de l’environnement (ONUE), qui aiderait cette évolution en permettant de mieux coordonner l’ensemble des actions.

 

L’Afghanistan

Alors que les opérations militaires ont commencé il y a exactement 9 ans, nous devons montrer que la France ne peut pas se contenter de suivre aveuglément une stratégie à laquelle nous ne sommes nullement associés et qui conduit à un échec programmé.

Je me félicite que mes amendements au texte de cette Convention aient été retenus ; ils rendent notre position plus claire et plus ferme.

 

Voilà donc quelques idées à mettre en avant et qui peuvent aider à renforcer

notre crédibilité en matière de politique internationale.

Si nous sommes cohérents avec nos valeurs, simples dans nos explications (sans tomber dans la caricature) et concrets dans nos propositions, nous pourrons vaincre ce que j’évoquais en commençant, à savoir le désintérêt, l’incompréhension et la peur qui caractérisent l’attitude de nos concitoyens à l’égard des questions internationales.
            Encore 18 mois pour montrer aux Français nos différences avec la politique de N. Sarkozy et pour les convaincre d'élire le 6 mai 2012 un président de la République de gauche, dont ils seront fiers.

Fiers de l’image qu'il donnera de la France

et surtout fiers de l’action qu’il mènera dans le monde.

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 07:00

Essai-couverture--Resolution-de-l-ecran-.jpg

 Un livre de Paul Quilès, Marie-Noëlle Lienemann

et Renaud Chenu

 

Une fiction politique haletante, une plongée dans les arcanes du pouvoir!

 

     C'est dans un climat épouvantable, que certains qualifient de "guerre civile", que Nicolas Sarkozy, pris à la gorge de toutes parts, décide de dissoudre l’Assemblée Nationale, afin de détourner l’attention des Français des sérieux problèmes auxquels il est confronté (retraites, expulsions de Roms, services publics en difficulté…).

    En France, dans une atmosphère tendue, à laquelle contribuent également de graves évènements internationaux, une lutte acharnée s’engage  entre la droite et la gauche.

    Il ne reste que dix-huit mois avant l’élection présidentielle. Dix-huit mois pour agir. Dix-huit mois pour séduire. Dix-huit mois pour convaincre…

 

Sortie en librairie le 21 octobre....

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Pourquoi et comment nous avons écrit ce livre

 

            En imaginant cette fiction, nous avons voulu montrer que la prochaine élection présidentielle n'est pas jouée d'avance, d'autant que les temps sont troublés, que la France vit un profond malaise et que l'avenir est incertain. Nous avons souhaité attirer l’attention de la gauche sur les risques de la division et du manque de préparation collective en vue de 2012. Ces "18 mois" mettent en lumière certains enjeux essentiels, comme la capacité de répondre aux attentes populaires. Nous avons également fait apparaître des plans et des stratégies possibles de la droite, que les responsables de gauche auraient tort de sous-estimer.  

           Ce récit imaginaire n’est pas le scénario dont nous rêvons pour la gauche et pour la France….encore que le résultat final ne nous déplairait pas ! De même, nous ne souhaitons en aucune façon l’occurrence de plusieurs événements que nous avons imaginés pour le besoin du scénario (crises nationales et internationales…), encore qu’ils paraissent parfois assez crédibles.  

            Nous avons tenté de faire entrer le lecteur dans les coulisses de ce monde assez secret où les responsables confrontent leurs réactions à l’actualité et aux crises. C’est là qu’ils préparent les grandes et les petites décisions politiques. C’est là aussi qu’ils s’affrontent dans ce qu’on appelle «la lutte pour le pouvoir». Nous demeurons convaincus que le pouvoir ne saurait être confisqué, même par les responsables politiques et les élus ! Et savoir, c’est déjà un peu… pouvoir !

                  La leçon, la morale de cette fiction, pleine de rebondissements, est un plaidoyer pour le rassemblement de la gauche et des écologistes, clé de la victoire en 2012. Comme animateurs du club Gauche Avenir, nous proposons pour cela la tenue d’États Généraux, qui permettraient la convergence des analyses et des programmes, faisant passer le débat sur les idées avant la confrontation des personnes et des ambitions.

            Nous avons écrit à visage découvert, contrairement la démarche fréquemment adoptée par des responsables politiques ou des journalistes, qui préfèrent écrire sous pseudonyme, lorsqu’il est question de sujets sensibles. 

            Nous nous sommes efforcés de rester proches des réalités de la vie politique, telles que nous les connaissons et que nous les avons imaginées pour la période qui va de septembre 2010 à mai 2012. D’ores et déjà, plusieurs évènements survenus depuis la fin de l’écriture du livre (24 août 2010) confirment la justesse de nos choix. Par exemple : la dégradation du climat politique et social en France, la chute de popularité de N. Sarkozy, les avances de certaines familles de la droite au Front national, l’évolution des risques internationaux (Afghanistan, Iran, Corée du Nord, terrorisme…), le procès de J. Chirac….. 

            Nous avons dit tout haut :   

 - ce que nous savons sur la vie politique….. mais aussi sur la personnalité de nombreux acteurs de la vie politique française ;

- ce que certains pensent tout bas….à droite comme à gauche ;

- ce que certains souhaitent….sans oser le dire ;

- ce que d’autres craignent…..sans oser l’avouer.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 08:54

Manif.jpg    Après chaque manifestation contre la réforme des retraites, le gouvernement se croit désormais obligé d'afficher des chiffres très en retrait par rapport à ceux qu'annoncent les organisations syndicales.

    Cette polémique est d'un bien faible intérêt, quand on constate la mobilisation qui ne faiblit pas et le nombre élevé de cortèges dans tout le pays.

   Couplée au discours intransigeant de N.Sarkozy et de F.Fillon, elle a peu de chance de calmer l'inquiétude d'une grande majorité de Français.

 

Pour écouter l'interview de Paul Quilès

sur France 3 Sud après la manifestation d'Albi,

cliquer ici

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 18:46

Comment doit s'exercer la vigilance des pouvoirs publics face au risque terroriste? Faut-il communiquer?

 

Cette question est sérieuse et ne saurait s'accommoder d'approximations, de polémiques ou de manipulations.

 

- Pour écouter l'interview de Paul Quilès sur RMC à ce sujet.....

Cliquer ici 

30/09- Bourdin & Co-8h-9h (entre 4'20 et 7')

 

- Pour consulter le rapport présenté en décembre 2001,

après les attentats du 11 septembre

par Paul Quilès,

alors Président de la commission de la défense de l'Assemblée nationale

 33 propositions pour améliorer la lutte contre le terrorisme...... 

 Lire le rapport

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 10:18

    On trouvera ci-après la réponse d'Eric Besson au courrier que je lui ai adressé et que j'ai publié sur ce blog.

    Elle appelle de ma part 3 commentaires:

- ma lettre ne concerne pas les CRA ("centres de rétention administrative") qu'évoque E. Besson;

- contrairement à son affirmation, les socialistes ne remettent pas en cause le principe de l'existence de "zones d'attente";

- il ne répond pas à mon objection fondamentale, à savoir que les "zones d’attente" créées en 1992 avaient comme objectif une régulation des flux migratoires protectrice des droits individuels, alors que la politique de la droite consiste à les multiplier et à les utiliser de façon extensive!

 

    Quant au "débat serein" sur l'immigration qu'il dit souhaiter, il aura du mal à ne pas reconnaître qu'il a été lourdement pollué par les regrettables initiatives du Président de la République au cours des derniers mois.

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Monsieur le Ministre,

 

L'échange avec Manuel VALLS que vous évoquez fut bref. C'est sans doute l'explication du malentendu qui vous a conduit à m'écrire. 

Mais vous trouverez beaucoup d'autres traces de propos similaires que j'ai tenus et davantage explicités dans d'autres émissions ou d'autres débats parlementaires. Les socialistes ne cessent de remettre en cause les centres de rétention administrative, l'existence de chambres familiales dans les CRA, ou l'existence de zones d'attente. 

J'ai donc eu l'occasion, à plusieurs reprises, d'indiquer que je considérais moi que ces mesures avaient été de vraies avancées démocratiques mais qu'il fallait être cohérent : une mesure protectrice des libertés individuelles et du droit des étrangers en situation irrégulière sous un gouvernement ne devenait pas liberticide sous un autre. 

Je suis donc navré si mes propos trop rapides ont pu être mal interprétés. Pour le reste vous avez raison : la politique migratoire que je conduis au nom du Gouvernement mérite un « nécessaire débat » le plus serein possible. 

 

Bien cordialement à vous

Eric BESSON

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 07:51
Au cours de l'émission "Mots croisés" de France 2 du 27 septembre, le ministre E.Besson a cru bon de déformer la position des socialistes sur les "zones d'attente", que j'ai créées en 1992.
Ayant été mis en cause personnellement, j'ai jugé utile de faire la mise au point suivante dans un courrier que je viens de lui adresser.
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                                    Monsieur le Ministre, 

 

            Le 27 septembre 2010, lors de votre débat avec Manuel Valls sur France 2 dans l’émission « Mots croisés », vous avez cru bon, pour mieux défendre votre projet de loi sur l’immigration, de dénigrer l’action des socialistes.

 
            Libre à vous de régler ainsi vos comptes avec vos anciens amis, mais je ne peux accepter de vous laisser déformer la position des socialistes sur les « zones d’attente », que j’ai créées en 1992, lorsque j’étais ministre de l’intérieur.

 

            Ayant été nommément mis en cause dans votre intervention, je me fais un devoir de vous rappeler qu’il n’existait à l’époque aucune base légale prévoyant le maintien à la frontière des étrangers demandeurs d’asile, la rétention administrative étant régie par l’article 35 bis de l’ordonnance du 2 novembre 1945.

 

            Vos propos font preuve d’une grave méconnaissance des réalités des politiques de contrôle des flux migratoires conduites à la fin des années 80 et au début de la décennie 90, alors que l’Europe en général -et la France en particulier- voyait s’accroître le nombre des demandeurs d’asile à ses frontières. L’instauration des zones d’attente a permis de répondre à cette  difficile situation.

 

            La loi du 6 juillet 1992, que j’ai préparée après une large concertation avec les associations et les organisations concernées, fait intervenir une autorité juridictionnelle. Je suis fier que la France ait été le premier Etat de l’Union Européenne à se doter d’un tel dispositif, qui, par la suite, a servi de modèle à de nombreux pays européens.

 

            Par ailleurs, je me permets de vous faire remarquer que les « zones d’attente » créées en 1992 avaient comme objectif une régulation des flux migratoires protectrice des droits individuels, alors que la politique de la droite consiste à les multiplier et à les utiliser de façon extensive.

 

            Ceci n’ayant pas été expliqué au cours de l’émission télévisée, je pense utile de rendre publique cette mise au point, afin que de telles polémiques ne viennent pas polluer le nécessaire débat sur votre politique de l’immigration, dans laquelle, vous l’imaginez, je ne me retrouve pas.

 

            Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments distingués. 

                                                                                             

                                                           Paul Quilès

                                                                ancien ministre de l'intérieur  

 

Eric Besson

Ministre de l’immigration, de l’intégration,

de l’identité nationale et du développement solidaire

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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 11:36

LCP.jpg

 

Débat animé par Franz-Olivier Giesbert dans l'émission "Parlez-moi d'ailleurs" de la chaîne de télévision parlementaire (LCP) sur le thème de la guerre en Afghanistan, avec:

 

+ Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense, ancien Président de la Commission de la Défense,
+ Yves Fromion, député UMP du Cher et membre de la Commission de la Défense,
+ Chekeba Hachemi, ancienne diplomate afghane
+ Olivier Weber, journaliste et auteur de "Le Faucon afghan : un voyage au pays des Talibans"

 

Voir la présentation de l'émission et les dates de diffusion

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23 septembre 2010 4 23 /09 /septembre /2010 08:48

rue89-logo.gif    "Après l'enlèvement au Niger de sept employés d'Areva et Vinci (dont cinq Français), la perspective d'une opération militaire est évoquée. Al Qaida au Maghreb Islamique a mis en garde la France contre toute intervention au Niger. A Paris, par ailleurs, le risque d'attentats est agité par les autorités.

     Dans ce contexte, Paul Quilès, ancien ministre socialiste de la Défense, appelle à la prudence et déconseille les « coups de menton ». " (.....)

Lire la suite de l'interview sur le site Rue89

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 08:17

 

Dossier-3568--Resolution-de-l-ecran-.JPG    On le voit chaque jour, les délocalisations se traduisent en France par de fortes disparitions d’emplois. Elles sont en général motivées par l’avantage que représente le bas niveau des salaires (voir sur ce blog) dans les pays d’accueil. Il se trouve que ce « handicap » peut parfois être compensé par la bonne image que confère à une région une opération d’aménagement du territoire.  

    C’est la réflexion que m’a inspirée un récent article* annonçant que la société CCA International recrutait 40 collaborateurs à Carmaux. Il faut savoir que cette société s’est précisément implantée dans la cité minière il y a 8 ans, parce que j’avais mis en avant le projet d’aménagement de Cap’ Découverte pour obtenir une décision positive.  

    Comme le rappelle** Jean Padilla, ancien maire de Cagnac les mines, « c’est parce que Bernard Caïazzo, PDG de l'entreprise à cette époque, y a vu une preuve du dynamisme de cette région qu’il a décidé cette implantation, alors qu’elle était en concurrence avec d’autres sites potentiels. »  

    Le succès est là, puisque cette entreprise, est aujourd’hui, avec 510 salariés, le 1er employeur de la cité minière et le 2ème employeur privé du département du Tarn, après le groupe Fabre ! 

    Il y a quelques années, j’ai consacré beaucoup de temps, d’énergie et d’enthousiasme au projet de Cap’ Découverte, destiné à aménager le site de la mine à ciel ouvert de Carmaux. Avec le recul et l’atténuation des querelles politiciennes, on distingue mieux, à travers cet exemple, ce qu’il a apporté à une région affectée par l’arrêt de l’exploitation charbonnière. Alors que l’emploi reste la préoccupation première de nos concitoyens, je me félicite qu’un tel projet d’aménagement ait entraîné un changement d’image, qui a favorisé la création d’emplois.  

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* Dépêche du Midi (5/9/2010)

** Dépêche du Midi (17/9/2010)

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 16:15

France InterA la suite de l'enlèvement

de cinq Français au Niger,

probablement par AQMI

(Al Qaida au Maghreb Islamique),

Paul Quilès

répond aux questions de France Inter,

au cours du journal de 13h.
Pour écouter, cliquer ici

(durée: 5' 45'')

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez