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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 10:26

    Quilès, Rocard, Juquin avec le JDD    Comme chaque année, me reviennent en mémoire tous les instants de cette journée exceptionnelle. Il faut dire que je les ai vécus, comme directeur de la campagne de François Mitterrand, avec une intensité et une émotion particulières.

 

   Je pense notamment à ma conversation téléphonique avec François Mitterrand vers 18h30, pour lui annoncer que les sondages "sortie des urnes"

le donnaient gagnant.

 

    Je pense aussi, bien sûr, à la fantastique fête que j'ai organisée place de la Bastille

en ce soir du 10 mai 1981 .

 

    Afin que ces beaux souvenirs ne se transforment pas en nostalgie, il faut que la gauche n'oublie pas

 le message fort de François Mitterrand*,

 toujours d'actualité:

FM 1à mai

 « Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu’elle reste elle-même. Qu’elle n’oublie pas que sa famille, c’est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n’y a pas de salut. » 

 

Souhaitons que pour le 30ème anniversaire de la victoire du 10 mai, dans un an, la gauche fasse la preuve qu'elle n'a pas oublié son message et que, par son rassemblement, elle se prépare à  donner une traduction concrète à l'espérance de millions de Français.

 

Message aux socialistes lors du Congrès du PS de Liévin (18, 19 et 20 novembre 1994)

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5 mai 2010 3 05 /05 /mai /2010 16:32
Ecole photo DépêcheAu moment précis où les plus hautes autorités de l'Etat s'intéressaient à la façon d'éviter la violence à l'école,
j'inaugurais la nouvelle école bioclimatique
de Cordes sur ciel.
Il m'a semblé intéressant et même symbolique à cette occasion de montrer dans mon discours que certains bâtiments favorisent le "vivre ensemble".
Dans cette nouvelle école, le confort, l'agrément de vie, les équipements modernes, les préoccupations écologiques ne sont pas un luxe ou un effet de mode. Ce sont autant d'éléments qui facilitent la pédagogie et contribuent à former des enfants moins enclins à la violence si souvent présente dans notre société.
Voir aussi sur ce blog:
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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 21:51

Ce texte de Rémi Lefebvre,

Professeur de sciences politiques à l’université Lille 2

et membre du Conseil politique de Gauche Avenir,

est le résumé d'un article publié

dans Le Monde diplomatique (mai 2010).

 

     « Nous pensons que s’il y a peu de candidats aux primaires du PS, entre quatre et cinq, nous pouvons faire un scrutin à deux tours sans difficulté. En revanche, s’il y a un grand nombre de candidats, nous ne voudrions pas passer des mois à porter une dizaine de candidatures. Ce serait peu lisible, incompréhensible (…) Nous ferons, avant l’été 2011, une sorte de préqualification[i]»

 

     Dans un passé pas si lointain, le député et secrétaire national du PS à la rénovation, M. Arnaud Montebourg, prônait la suppression de l’élection présidentielle au suffrage universel direct. Le 13 avril, il a remis un rapport sur l'organisation de primaires aux instances du parti.

      Les militants socialistes seront appelés à l’approuver par vote, le 20 mai prochain. Dès l'été 2011, ce processus doit permettre de désigner le candidat socialiste – et peut-être celui d’une partie de la gauche – à l’élection présidentielle de 2012. Pour la première fois, ces primaires « ouvertes et populaires » concerneront tout le corps électoral. Pour y prendre part, il suffira d’être inscrit sur les listes électorales, de s’acquitter d’une cotisation volontaire destinée à leur autofinancement et de signer une déclaration marquant son adhésion aux « valeurs de gauche ».

     Pour ses promoteurs, ce nouveau mode de désignation offre un moyen efficace de trancher la question lancinante du « leadership » – nouveau mot fétiche du discours socialiste et médiatique – de « déverrouiller » un parti miné par les divisions et d’élargir la base de légitimité du futur candidat. Présentée par les médias comme une forme de « démocratisation » – puisqu’elle donne aux sympathisants un rôle qui relevait jusque là du monopole des adhérents –, cette nouvelle procédure consacre en fait la dépolitisation du débat public et la dévaluation du militantisme.

     Selon toute évidence, la procédure départagera des leaders avant de trancher des options idéologiques ou programmatiques. Elle entérine la délégitimation d’une forme héritée du mouvement ouvrier, le parti, qui, renvoyé à une forme d’archaïsme, est voué à ne plus être à l’avenir qu’une machine électorale. Le PS se conforme ainsi, jusque dans son fonctionnement interne, à la présidentialisation du régime de la Cinquième République – renforcée par M. Nicolas Sarkozy – qu’il cherchait jadis à subvertir. La personnalisation de la vie politique, donnée jugée intangible, est de fait avalisée par les socialistes comme l’horizon indépassable de la démocratie – à l’instar de l’économie de marché.

     Comment les primaires se sont-elles imposées comme « la » solution procédurale à la « crise » que traverserait le PS ? C’est la conjonction de l’activisme d’une coalition  – associant outsiders du jeu interne, le think tank Terra nova et une partie de la presse de centre gauche – ainsi que la lente décomposition organisationnelle du parti, sa désidéologisation et son incapacité à se « rénover » qui ont rendu possible, pensable et « incontournable » ce nouveau mode de désignation.

     Les primaires renforcent une tendance qui s’était déjà manifestée au PS lors de l’élection de 2007, marquée par un premier glissement vers la « démocratie d’opinion » et l’affaiblissement des logiques partisanes. Consacrée « présidentiable » par les médias, Mme Ségolène Royal avait largement contourné le parti, disqualifiant son « appareil » et ses « éléphants » et s’imposant dans l’opinion, avant d’être investie par les militants qui avaient entériné le verdict des sondages. S’émancipant alors significativement de leur tradition historique, ceux-ci choisirent la porte-parole qui optimisait le mieux leurs chances collectives de victoire et non celle qui incarnait leur préférence programmatique ou idéologique. Mme Royal fut ainsi désignée sans avoir conquis préalablement le leadership au sein de son parti (à l’inverse d’un François Mitterrand ou d’un Lionel Jospin) ni exercé de responsabilités éminentes en son sein.

(….)

     Le PS est l’héritier lointain d’une tradition issue du mouvement ouvrier qui valorise la légitimité militante. Celle-ci renvoyait à l’idée d’avant-garde théorisée par le marxisme qui fut longtemps une des matrices idéologiques du socialisme français. Dans cette perspective, le parti est un outil d’émancipation, aux avant-postes de la société. Il l’éclaire, la structure, l’encadre, la politise, donne aux dominés « la science de leur malheur ,» pour reprendre l’expression de Fernand Pelloutier[ii]. Ce modèle, le PS ne l’a jamais historiquement pleinement incarné, mais il constituait une fiction nécessaire.

     C’est cette conception du parti comme creuset politique, lieu de délibération, d’éducation de mobilisation qui est aujourd’hui démonétisée. Le militant est en quelque sorte dépossédé de ses prérogatives traditionnelles. A quoi bon militer dans un parti politique si rien ne distingue le militant du sympathisant ? Si les frontières du dedans et du dehors du parti disparaissent ? Si l’opinion tend à faire le parti (ou le défaire) et si les médias font l’élection ?

     Incapables de se « rénover », les socialistes installent et légitiment l’idée que le PS lui-même est dépassé, qu’on peut en faire l’économie. Plus : si on ne peut  le changer, pourquoi ne pas le liquider ? 



[i] Arnaud Montebourg, France Inter, 13 avril 2010.

[ii] Une des grandes figures du syndicalisme au XIXe siècle, qui a développé les Bourses du travail. 

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 21:03

     Absent-isme.jpg     Ils étaient donc une vingtaine, cette nuit, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, à s’intéresser au débat, suivi d’un vote, sur le prêt à la Grèce.

     Seulement 20 sur 577 ! Probablement parce que les 557 autres pensaient qu’il s’agissait d’un "petit sujet" et que, de toute façon, ce que disent les députés importe peu….

    "Petit sujet", il est vrai, que l’avenir d’un pays ami, membre de l’Union Européenne, étranglé par la spéculation internationale, à la suite de la gestion calamiteuse  d’un gouvernement de droite….

     "Petit sujet" que de savoir comment va réagir le peuple grec, à qui l’on administre une cure d’amaigrissement sans précédent ….

     "Petit sujet" que de s’interroger sur l’attitude de l’Europe devant pareil drame….

 

 

     Depuis des années, je ne cesse de dénoncer ce désintérêt du Parlement, censé être « la voix de la France » à l’égard de questions sérieuses.

    Ainsi, le 15 janvier 2009, je m’indignais de voir que plus de 500 députés avaient « séché » le débat sur l’intervention israélienne à Gaza (lire) , alors que l’opinion du monde entier et les médias s’inquiétaient de la montée des passions à la suite de ces affrontements sanglants.

     Il y a 10 ans, j’avais déjà analysé* les raisons et les conséquences de ce fonctionnement désastreux de nos institutions et j’avais formulé des propositions pour y remédier. La plupart d'entre elles sont encore malheureusement d’actualité.

     La plus évidente de ces mesures consiste à mettre fin à ce que le constitutionnaliste Guy Carcassonne appelle, dans un excellent article (lire), une « plaie » et une « absurde exception française »: le cumul des mandats.

     J’ai, à de multiples reprises regretté les mauvais arguments qu’utilisent trop de parlementaires et de responsables des partis politiques pour refuser cette mesure de salubrité démocratique. Tant qu’elle ne sera pas adoptée, le Parlement restera une chambre d’enregistrement ou un théâtre d’ombres et nos concitoyens se détourneront un peu plus de la vie politique et de ceux qui l’animent. Certains peuvent s’en satisfaire. Pas moi. 


* Dans un livre écrit avec Ivan Levaï : « Les 577, des députés, pour quoi faire ? »

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 15:50

B-r-govoy-copie-2.jpgIl y a 17 ans aujourd'hui, Pierre Bérégovoy disparaissait dans des conditions tragiques.

J'ai eu l'occasion de lui rendre hommage sur ce blog (lire). Je vous propose aussi ce beau texte qu'un ami me rappelle opportunément. Il s'agit du message adressé par François Mitterrand en avril 1995 à l'association Pierre Bérégovoy :

 

"Il est juste et nécessaire d'entretenir, comme vous le faites, le souvenir que chacun garde de lui. Pour beaucoup, c'est la reconnaissance de sa valeur qui s'est imposée trop tardivement, mêlée à un attachement profond dont a témoigné et témoigne encore l'émotion sincère qui n'a pas quitté les cœurs depuis deux ans.

Pour certains, dont je suis, c'est le souvenir d'un ami pudique, fidèle et généreux. Son regard exigeant, son sourire ne nous ont pas quittés. Tous se souviennent du militant sincère et désintéressé, de l'homme politique compétent et vigoureux qui a mis toute son énergie et sa vie même au service de la nation, d'une France forte, reconnue et généreuse.

Il a consacré toute son énergie à convaincre ses concitoyens que la justice sociale doit être le but de toute action politique et qu'elle ne peut être construite que sur une économie solide, moderne et transparente. Il savait que ce sont d'abord les plus modestes qui paient les illusions de la facilité."

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 19:05

Un article de la Dépêche du Midi

sur la production d'électricité photovoltaïque par la nouvelle école bioclimatique de Cordes.

panneaux-solaires-ecole.jpg

"C'est parti. Depuis la semaine dernière, l'école de la communauté de communes du Cordais produit de l'électricité. Une énergie qui part dans le réseau EDF"

....... Lire la suite

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 11:20

Cet appel a été publié par

Le Monde daté du 28 avril 2010.

Je l'ai signé avec 18 autres personnalités issues des différentes composantes de la gauche:

 

Jean AUROUX (ancien ministre), Jean-Paul BACHY (président de la Région Champagne Ardenne), Etienne BUTZBACH (maire de Belfort), Gérard CHARASSE (député de l’Allier), Augustin DUMAY (violoniste), Maxime DUMONT (responsable syndical, CFDT), Jacques DURON (responsable syndical, UNSA),  Daniel FONTAINE (maire d’Aubagne), Caroline FOUREST (essayiste), Eric GAUTIER (président du Conseil général des Deux-Sèvres), Daniel GOLDBERG (député de Seine- Saint Denis), Rémi LEFEBVRE (universitaire), Jérôme LAMBERT (député de la Charente), Marie-Noëlle LIENEMANN (ancienne ministre), Alain LIPIETZ (les Verts), Jean MICHEL (député du Puy de Dôme), Stéphane PEU (vice président de la communauté d’agglomération de Plaine Commune), Paul QUILES (ancien ministre), Lucile SCHMID (Europe Ecologie)  

 

******************************** 

            Oui, un espoir est né depuis la belle victoire de la gauche et des écologistes aux élections régionales : celui de mettre fin à la politique actuelle de la droite, dont les dégâts deviennent insupportables à un nombre de plus en plus grand de Français.

 

            Malgré une abstention et un doute politique alarmants qui touchent d’abord les milieux populaires et les jeunes, il devient clair que nos concitoyens souhaitent un changement radical, qui doit notamment prendre la forme d’un nouveau modèle de développement. L’urgence sociale et environnementale, la crise, avec ses graves conséquences, rendent indispensables des transformations profondes de la société et des conditions de vie des Français. A deux ans de l’élection présidentielle et des élections législatives qui suivront, le temps presse pour imaginer les contours de ce modèle et organiser un passage à l’acte économique, écologique et social.

 

             Pour être  au rendez-vous de cette attente, la gauche et les écologistes doivent non seulement préparer l’alternance, mais aussi proposer une véritable alternative. Pour cela, deux exigences s’imposent à eux : celle du rassemblement de l’ensemble des forces de gauche et écologistes, sans lequel aucune victoire électorale n’est possible, celle de la formulation d’une véritable alternative de pensée et de gouvernement.

 

Réussir le rassemblement

            L’idée du rassemblement a fait du chemin, comme celle d’accords législatifs ou d’une plateforme commune avant la prochaine élection présidentielle. L’unité est largement défendue mais il faut maintenant passer aux actes, sous peine de réduire la politique à de l’incantation.

 

            C’est pourquoi nous estimons essentiel de définir, ensemble, les moyens d’aboutir au nécessaire rassemblement pour l’alternative. Ensemble, c'est-à-dire, au-delà des partis, avec celles et ceux qui, engagés dans les syndicats, les associations, la vie citoyenne, constituent les forces vives de la gauche et de l’écologie.

           

            Nous refusons d’être prisonniers des institutions actuelles de la Vème République, qui tendent à réduire la démocratie à des choix de personnes. Tout montre les faiblesses et les dangers de cette hyper présidentialisation, tant pour le pays que pour la gauche. C’est par un projet et des propositions de changements réels que l’on pourra mobiliser largement les électeurs et les citoyens. C’est en donnant au travail des idées la place qui doit être la sienne –première- qu’on pourra ramener vers les urnes tous ceux qui ne croient plus à l’exemplarité et à la sincérité de leurs dirigeants. C’est aussi la seule manière de créer une dynamique entre les élections présidentielle et législatives qui permette de dépasser la seule logique du fait majoritaire présidentiel.

 

            Aussi, nous considérons que toute dynamique unitaire doit partir de l’établissement d’un manifeste, d’orientations partagées, d’une base commune en vue d’une nouvelle majorité législative et gouvernementale.

 

Des Etats Généraux maintenant !

            Dans cet esprit, nous, militants, responsables issus de différentes sensibilités de la gauche et de l’écologie, lançons une adresse pour la tenue d’Etats Généraux en vue d’un rassemblement pour l’alternative. Au cours de cette confrontation large et constructive, seront débattues et élaborées les grandes orientations d’une politique de gauche et écologique pour la France, qui devront s’inscrire dans une vision de long terme. Il ne s’agit en rien de nier les différences, voire les désaccords, mais de clarifier quel peut être le socle commun d’une action transformatrice et de privilégier la coopération à la stricte concurrence entre les diverses cultures. L’éducation, les modes de production et la création d’emploi dans un modèle qui préserve l’avenir des hommes et de la planète, la place du travail, les choix en faveur d’une société fondée sur la solidarité et la confiance, sont les principaux thèmes qui sont devant nous.

 

            Pour préparer ces Etats Généraux, il faut un lieu de rencontre. C’est pourquoi nous demandons la constitution immédiate d’un « Comité de préparation des Etats généraux », qui en précisera la forme, l’organisation et les finalités et qui pourra également valoriser les initiatives associatives ou locales, dans la perspective d’un manifeste commun pour 2012.

 

            Le temps n’est pas à choisir un ou des candidats à la présidentielle et à se focaliser sur leur mode de désignation. Notre adresse –qui peut être signée sur le site http://gauche2012.org/  est un appel à tous ceux qui veulent être acteurs de ce mouvement d’unité, hors duquel il ne peut y avoir ni rénovation ni reconquête. Telle est aujourd’hui l’urgence absolue pour la gauche. 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 11:20

France-3.jpgPaul Quilès a été l'invité ce dimanche

du journal télévisé de France 3 Sud.
Pour regarder,

cliquer ici ,

puis sélectionner

"19-20 Midi-Pyrénées; 25/04/2010"

Les interventions se trouvent à

2'10, 7'15, 12'45, 17'00

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Published by Paul Quilès - dans Médias
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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 13:32

cordes.jpgLe nouveau site Internet

http://www.cordessurciel.org/ ,

 pour mieux communiquer sur la vie à Cordes sur ciel, sur les activités et sur les projets.  

 

Ecole photo DépêcheDébut de la production d'électricité

à partir des panneaux solaires

de la nouvelle école bioclimatique.

Pour voir le reportage de France 3,

cliquer ici

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:00

nucl-aire.jpgLe désarmement nucléaire, une nécessité pour lutter contre la prolifération

 

La prise de position que j'exprime dans ce texte a donné lieu à une tribune publiée dans Le Figaro du 

20 avril ("Désarmer et lutter contre la prolifération") 

et à une interview sur le site de terraeco.net

("Que la France accepte la perspective d'un monde sans arme nucléaire" )

 

         La stratégie de dissuasion nucléaire était, par excellence, l’instrument de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest dans la période de la guerre froide. La question de sa pertinence se pose dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. L’état des risques et des menaces n’a en effet aujourd’hui plus rien de commun avec ce qu’il était dans la période de la guerre froide. Les nouvelles menaces de type terroriste ne peuvent, quant à elles, être contrecarrées par la menace d’emploi de l’arme nucléaire ; elles se situent  dans les « angles morts » de la dissuasion.

 

Le compromis du TNP

         La prolifération nucléaire constitue, en revanche, le principal risque pour la sécurité du monde. Jusqu’à présent, elle a pu être endiguée grâce aux dispositifs mis en place sur le fondement du Traité de non prolifération (TNP)[1], mais le bilan de sa mise en œuvre est mitigé, notamment parce que trois puissances nucléaires de fait      -Israël, l’Inde et le Pakistan- n’y participent pas. Ce traité repose sur un compromis global entre les États dotés de l’arme nucléaire et les États non dotés de cette arme, qui vise à en atténuer le caractère discriminatoire[2].

        C’est ainsi qu’à l’obligation des pays non nucléaires de ne pas acquérir l’arme nucléaire (article II) correspond une double obligation à la charge des pays nucléaires :

- respecter le droit des pays non nucléaires à l’usage pacifique de l’énergie nucléaire (article IV) ;

- mener « de bonne foi » des négociations de désarmement nucléaire (article VI)

         Le renforcement des garanties qu’offre le TNP implique dès lors des progrès en matière de désarmement nucléaire.

         La reconnaissance du droit des pays non nucléaires au développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire soulève cependant de grandes difficultés. Les technologies nucléaires civiles et militaires présentent en effet un large tronc commun et l’ensemble complexe de règles internationales instituées n’a pas mis un terme aux craintes de prolifération. Des soupçons d’activités illicites ont pesé sur plusieurs pays signataires (Corée du Nord, Irak, Syrie, Iran).

         En outre, des pays disposant d’un savoir faire important dans le domaine nucléaire civil comme l’Égypte, l’Algérie, la Syrie ou le Brésil s’opposent à l’extension du système de vérification mis en œuvre par l’AIEA[3]. Ils estiment ne pas être tenus d’accepter des mesures de vérification contraignantes tant que les Etats dotés d’armes nucléaires ne s’acquittent pas de leurs obligations de désarmement.

 

L’évolution des Etats- Unis

         C’est en considération de cette nouvelle situation stratégique que le Président Obama a lancé[4] un appel en faveur d’un « monde sans armes nucléaires » et proposé un ensemble de mesures concrètes.

         Ses propositions ont reçu une première concrétisation avec le nouvel accord START de réduction des armements nucléaires stratégiques qui vient d’être signé par la Russie et les États‑Unis le 8 avril à Prague. L’importance de cet accord ne réside pas dans les limites qu’il impose, puisque les plafonds fixés ne sont pas très éloignés du niveau atteint par les arsenaux des deux puissances[5]. Sa portée réside surtout dans les mesures de vérification et d’information mutuelle qu’il prévoit et qui sont de nature à renforcer la confiance et la transparence sans lesquelles la dynamique de désarmement ne saurait être maintenue. Pour que l’accord marque un réel progrès, il est essentiel que les présidents américain et russe obtiennent sa ratification rapide et s’engagent à de nouvelles réductions, non seulement dans le domaine des armes stratégiques mais aussi dans celui des armes tactiques[6].

         Des incertitudes subsistent cependant sur les prochaines initiatives du Président Obama. Quelle forme précise aura l’engagement que viennent de prendre les États-Unis de ne pas menacer les pays non nucléaires respectant le TNP d’un emploi de l’arme nucléaire ? Ceux-ci s’engageront‑ ils de tout leur poids dans la négociation d’un traité « cut off » d’interdiction vérifiée de la production de matières fissiles à usage militaire ? On peut par ailleurs craindre que le Sénat américain persiste dans son refus de ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), bloquant ainsi son entrée en vigueur.

         Le bilan de l’administration Obama en matière de désarmement risque dès lors d’être insuffisant pour garantir le succès de la conférence d’examen du TNP, qui doit se tenir au siège des Nations Unies du 3 au 28 mai. L’enjeu de cette conférence est pourtant capital, puisqu’il s’agit de prévenir une crise du régime de non prolifération.  

         Parallèlement, les décisions prises au cours du sommet mondial sur la sécurité nucléaire des 12 et 13 avril pour mieux coordonner les efforts nationaux de lutte contre les détournements de matières fissiles à des fins illicites ne pourront donner les résultats attendus que si les pays non nucléaires y coopèrent pleinement. Cette coopération dépendra elle‑même des engagements pris par les pays nucléaires dans le domaine du désarmement.

 

Quel rôle pour la France ?

         Dans cette situation indécise, la France ne doit pas rester inerte. Elle pourrait par exemple, conjointement avec les autres pays membres de l’Union européenne, prendre des initiatives, afin de prolonger la dynamique engagée par le Président Obama :

1-  Reconnaître que l’arme nucléaire a perdu la fonction fondamentale qu’elle exerçait pendant la guerre froide, dès lors que la France (et l’Europe) ne sont plus exposées à une menace d’agression massive. Le discours français sur la dissuasion ne peut rester immuable, alors que la situation stratégique a changé du tout au tout.

2-  Redéfinir en conséquence le rôle de l’arme nucléaire dans la stratégie de sécurité nationale. Selon le discours officiel, la dissuasion nucléaire est la « garantie ultime de l’indépendance nationale et de l’autonomie de décision» de la France. A l’évidence, cette garantie ne pourrait être mise en œuvre que dans l’hypothèse, devenue improbable, d’une agression massive contre les intérêts vitaux du pays. Seule une attaque menée avec des armes de destruction massive justifierait une riposte nucléaire. L’arsenal de la France ne dissuade donc de fait qu’une agression nucléaire. La détermination de son volume sur la base du principe de « stricte suffisance » devrait être révisée à la baisse, dans la mesure où sont confirmées la réduction des arsenaux des autres puissances nucléaires et la fiabilité du régime international de non prolifération.

3-   Examiner la possibilité de souscrire à un engagement de non usage en premier de l’arme nucléaire, ce qui n’a pas été possible du temps de la guerre froide en raison de la supériorité du Pacte de Varsovie dans le domaine des armements conventionnels.

4-   Accéder à la demande des pays non nucléaires tendant au renforcement des « assurances négatives de sécurité » données par les pays nucléaires. Il s’agirait de s’engager, sous la forme d’un instrument juridique international, à ne pas user de l’arme nucléaire contre un pays non nucléaire.

5-   Accepter explicitement la perspective d’un monde sans armes nucléaires à une double condition : la mise en œuvre d’un processus vérifié et ordonné de réduction de tous les arsenaux nucléaires existants jusqu’à leur élimination et le renforcement du régime de non prolifération, afin d’empêcher toute apparition d’un nouvel État nucléaire, au besoin par la contrainte.

6-   Améliorer la transparence des arsenaux existants, en s’engageant, à l’exemple du Royaume Uni, dans une politique de transparence accrue concernant le niveau et la nature de ses propres arsenaux nucléaires.

7-   Accepter des contraintes négociées sur le niveau et la nature des armements nucléaires détenus par la France. Compte tenu de la disproportion entre les différents arsenaux nucléaires[7], la France ne peut pas aujourd'hui entrer dans une négociation de désarmement nucléaire. Elle pourrait toutefois accepter, au besoin par traité, de geler le niveau de son armement, en réduisant l’ampleur des modernisations en cours.

8-   Proposer à l’OTAN que le nouveau « concept stratégique » en discussion intègre la nécessité d’une négociation américano‑russe sur l’élimination des armes nucléaires tactiques[8].

9-   Organiser une démarche européenne auprès des États‑Unis pour leur demander instamment de ratifier le traité TICE d’interdiction des essais nucléaires. En faire un thème majeur des discussions transatlantiques.

10-  Demander, dans un cadre européen, l’ouverture immédiate de négociations sur l’institution d’une zone dénucléarisée au Moyen Orient.

 

         C’est ainsi, grâce à des efforts simultanés pour lutter contre la prolifération et pour promouvoir le désarmement nucléaire que prendra tout son sens la résolution 1887 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui affirme vouloir « créer les conditions pour un monde sans armes nucléaires, conformément aux objectifs énoncés dans le Traité sur la non prolifération des armes nucléaires ».

________________________________________________________________________________

 

[1] Ce traité, à l’origine essentiellement conçu pour écarter toute éventualité d’armement nucléaire allemand, est devenu quasi‑universel dans les années 1990 (la France l’a ratifié en 1992). Il a été prorogé pour une durée indéfinie en 1995.

[2] Le TNP est discriminatoire, dans la mesure où il reconnaît à cinq pays un droit à l’armement nucléaire qu’il refuse aux autres signataires. C’est la raison pour laquelle la France a longtemps refusé d’y adhérer.

[3] AIEA : Agence internationale de l’Energie atomique

[4] Discours de B. Obama à Prague le 5 avril 2009

[5] en raison notamment des règles de comptage des têtes nucléaires, les bombes et les missiles transportés par chaque bombardier étant comptés comme une seule tête.

[6] Le nombre d’armes tactiques détenu par la Russie se situerait entre  5500 et 6500, contre un millier pour les États-Unis.

[7] La Russie et les États‑Unis détiennent plus de 95 % des arsenaux existants

[8] La France pourrait appuyer la demande de quatre pays (Allemagne, Pays‑Bas, Belgique et Norvège) tendant au retrait d’Europe des 200 à 300 armes tactiques américaines actuellement destinées à armer des avions de combat européens.

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Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez