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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 19:05

Un article de la Dépêche du Midi

sur la production d'électricité photovoltaïque par la nouvelle école bioclimatique de Cordes.

panneaux-solaires-ecole.jpg

"C'est parti. Depuis la semaine dernière, l'école de la communauté de communes du Cordais produit de l'électricité. Une énergie qui part dans le réseau EDF"

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27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 11:20

Cet appel a été publié par

Le Monde daté du 28 avril 2010.

Je l'ai signé avec 18 autres personnalités issues des différentes composantes de la gauche:

 

Jean AUROUX (ancien ministre), Jean-Paul BACHY (président de la Région Champagne Ardenne), Etienne BUTZBACH (maire de Belfort), Gérard CHARASSE (député de l’Allier), Augustin DUMAY (violoniste), Maxime DUMONT (responsable syndical, CFDT), Jacques DURON (responsable syndical, UNSA),  Daniel FONTAINE (maire d’Aubagne), Caroline FOUREST (essayiste), Eric GAUTIER (président du Conseil général des Deux-Sèvres), Daniel GOLDBERG (député de Seine- Saint Denis), Rémi LEFEBVRE (universitaire), Jérôme LAMBERT (député de la Charente), Marie-Noëlle LIENEMANN (ancienne ministre), Alain LIPIETZ (les Verts), Jean MICHEL (député du Puy de Dôme), Stéphane PEU (vice président de la communauté d’agglomération de Plaine Commune), Paul QUILES (ancien ministre), Lucile SCHMID (Europe Ecologie)  

 

******************************** 

            Oui, un espoir est né depuis la belle victoire de la gauche et des écologistes aux élections régionales : celui de mettre fin à la politique actuelle de la droite, dont les dégâts deviennent insupportables à un nombre de plus en plus grand de Français.

 

            Malgré une abstention et un doute politique alarmants qui touchent d’abord les milieux populaires et les jeunes, il devient clair que nos concitoyens souhaitent un changement radical, qui doit notamment prendre la forme d’un nouveau modèle de développement. L’urgence sociale et environnementale, la crise, avec ses graves conséquences, rendent indispensables des transformations profondes de la société et des conditions de vie des Français. A deux ans de l’élection présidentielle et des élections législatives qui suivront, le temps presse pour imaginer les contours de ce modèle et organiser un passage à l’acte économique, écologique et social.

 

             Pour être  au rendez-vous de cette attente, la gauche et les écologistes doivent non seulement préparer l’alternance, mais aussi proposer une véritable alternative. Pour cela, deux exigences s’imposent à eux : celle du rassemblement de l’ensemble des forces de gauche et écologistes, sans lequel aucune victoire électorale n’est possible, celle de la formulation d’une véritable alternative de pensée et de gouvernement.

 

Réussir le rassemblement

            L’idée du rassemblement a fait du chemin, comme celle d’accords législatifs ou d’une plateforme commune avant la prochaine élection présidentielle. L’unité est largement défendue mais il faut maintenant passer aux actes, sous peine de réduire la politique à de l’incantation.

 

            C’est pourquoi nous estimons essentiel de définir, ensemble, les moyens d’aboutir au nécessaire rassemblement pour l’alternative. Ensemble, c'est-à-dire, au-delà des partis, avec celles et ceux qui, engagés dans les syndicats, les associations, la vie citoyenne, constituent les forces vives de la gauche et de l’écologie.

           

            Nous refusons d’être prisonniers des institutions actuelles de la Vème République, qui tendent à réduire la démocratie à des choix de personnes. Tout montre les faiblesses et les dangers de cette hyper présidentialisation, tant pour le pays que pour la gauche. C’est par un projet et des propositions de changements réels que l’on pourra mobiliser largement les électeurs et les citoyens. C’est en donnant au travail des idées la place qui doit être la sienne –première- qu’on pourra ramener vers les urnes tous ceux qui ne croient plus à l’exemplarité et à la sincérité de leurs dirigeants. C’est aussi la seule manière de créer une dynamique entre les élections présidentielle et législatives qui permette de dépasser la seule logique du fait majoritaire présidentiel.

 

            Aussi, nous considérons que toute dynamique unitaire doit partir de l’établissement d’un manifeste, d’orientations partagées, d’une base commune en vue d’une nouvelle majorité législative et gouvernementale.

 

Des Etats Généraux maintenant !

            Dans cet esprit, nous, militants, responsables issus de différentes sensibilités de la gauche et de l’écologie, lançons une adresse pour la tenue d’Etats Généraux en vue d’un rassemblement pour l’alternative. Au cours de cette confrontation large et constructive, seront débattues et élaborées les grandes orientations d’une politique de gauche et écologique pour la France, qui devront s’inscrire dans une vision de long terme. Il ne s’agit en rien de nier les différences, voire les désaccords, mais de clarifier quel peut être le socle commun d’une action transformatrice et de privilégier la coopération à la stricte concurrence entre les diverses cultures. L’éducation, les modes de production et la création d’emploi dans un modèle qui préserve l’avenir des hommes et de la planète, la place du travail, les choix en faveur d’une société fondée sur la solidarité et la confiance, sont les principaux thèmes qui sont devant nous.

 

            Pour préparer ces Etats Généraux, il faut un lieu de rencontre. C’est pourquoi nous demandons la constitution immédiate d’un « Comité de préparation des Etats généraux », qui en précisera la forme, l’organisation et les finalités et qui pourra également valoriser les initiatives associatives ou locales, dans la perspective d’un manifeste commun pour 2012.

 

            Le temps n’est pas à choisir un ou des candidats à la présidentielle et à se focaliser sur leur mode de désignation. Notre adresse –qui peut être signée sur le site http://gauche2012.org/  est un appel à tous ceux qui veulent être acteurs de ce mouvement d’unité, hors duquel il ne peut y avoir ni rénovation ni reconquête. Telle est aujourd’hui l’urgence absolue pour la gauche. 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 11:20

France-3.jpgPaul Quilès a été l'invité ce dimanche

du journal télévisé de France 3 Sud.
Pour regarder,

cliquer ici ,

puis sélectionner

"19-20 Midi-Pyrénées; 25/04/2010"

Les interventions se trouvent à

2'10, 7'15, 12'45, 17'00

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 13:32

cordes.jpgLe nouveau site Internet

http://www.cordessurciel.org/ ,

 pour mieux communiquer sur la vie à Cordes sur ciel, sur les activités et sur les projets.  

 

Ecole photo DépêcheDébut de la production d'électricité

à partir des panneaux solaires

de la nouvelle école bioclimatique.

Pour voir le reportage de France 3,

cliquer ici

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 08:00

nucl-aire.jpgLe désarmement nucléaire, une nécessité pour lutter contre la prolifération

 

La prise de position que j'exprime dans ce texte a donné lieu à une tribune publiée dans Le Figaro du 

20 avril ("Désarmer et lutter contre la prolifération") 

et à une interview sur le site de terraeco.net

("Que la France accepte la perspective d'un monde sans arme nucléaire" )

 

         La stratégie de dissuasion nucléaire était, par excellence, l’instrument de l’équilibre militaire entre l’Est et l’Ouest dans la période de la guerre froide. La question de sa pertinence se pose dès lors que la confrontation des blocs a pris fin. L’état des risques et des menaces n’a en effet aujourd’hui plus rien de commun avec ce qu’il était dans la période de la guerre froide. Les nouvelles menaces de type terroriste ne peuvent, quant à elles, être contrecarrées par la menace d’emploi de l’arme nucléaire ; elles se situent  dans les « angles morts » de la dissuasion.

 

Le compromis du TNP

         La prolifération nucléaire constitue, en revanche, le principal risque pour la sécurité du monde. Jusqu’à présent, elle a pu être endiguée grâce aux dispositifs mis en place sur le fondement du Traité de non prolifération (TNP)[1], mais le bilan de sa mise en œuvre est mitigé, notamment parce que trois puissances nucléaires de fait      -Israël, l’Inde et le Pakistan- n’y participent pas. Ce traité repose sur un compromis global entre les États dotés de l’arme nucléaire et les États non dotés de cette arme, qui vise à en atténuer le caractère discriminatoire[2].

        C’est ainsi qu’à l’obligation des pays non nucléaires de ne pas acquérir l’arme nucléaire (article II) correspond une double obligation à la charge des pays nucléaires :

- respecter le droit des pays non nucléaires à l’usage pacifique de l’énergie nucléaire (article IV) ;

- mener « de bonne foi » des négociations de désarmement nucléaire (article VI)

         Le renforcement des garanties qu’offre le TNP implique dès lors des progrès en matière de désarmement nucléaire.

         La reconnaissance du droit des pays non nucléaires au développement des usages pacifiques de l’énergie nucléaire soulève cependant de grandes difficultés. Les technologies nucléaires civiles et militaires présentent en effet un large tronc commun et l’ensemble complexe de règles internationales instituées n’a pas mis un terme aux craintes de prolifération. Des soupçons d’activités illicites ont pesé sur plusieurs pays signataires (Corée du Nord, Irak, Syrie, Iran).

         En outre, des pays disposant d’un savoir faire important dans le domaine nucléaire civil comme l’Égypte, l’Algérie, la Syrie ou le Brésil s’opposent à l’extension du système de vérification mis en œuvre par l’AIEA[3]. Ils estiment ne pas être tenus d’accepter des mesures de vérification contraignantes tant que les Etats dotés d’armes nucléaires ne s’acquittent pas de leurs obligations de désarmement.

 

L’évolution des Etats- Unis

         C’est en considération de cette nouvelle situation stratégique que le Président Obama a lancé[4] un appel en faveur d’un « monde sans armes nucléaires » et proposé un ensemble de mesures concrètes.

         Ses propositions ont reçu une première concrétisation avec le nouvel accord START de réduction des armements nucléaires stratégiques qui vient d’être signé par la Russie et les États‑Unis le 8 avril à Prague. L’importance de cet accord ne réside pas dans les limites qu’il impose, puisque les plafonds fixés ne sont pas très éloignés du niveau atteint par les arsenaux des deux puissances[5]. Sa portée réside surtout dans les mesures de vérification et d’information mutuelle qu’il prévoit et qui sont de nature à renforcer la confiance et la transparence sans lesquelles la dynamique de désarmement ne saurait être maintenue. Pour que l’accord marque un réel progrès, il est essentiel que les présidents américain et russe obtiennent sa ratification rapide et s’engagent à de nouvelles réductions, non seulement dans le domaine des armes stratégiques mais aussi dans celui des armes tactiques[6].

         Des incertitudes subsistent cependant sur les prochaines initiatives du Président Obama. Quelle forme précise aura l’engagement que viennent de prendre les États-Unis de ne pas menacer les pays non nucléaires respectant le TNP d’un emploi de l’arme nucléaire ? Ceux-ci s’engageront‑ ils de tout leur poids dans la négociation d’un traité « cut off » d’interdiction vérifiée de la production de matières fissiles à usage militaire ? On peut par ailleurs craindre que le Sénat américain persiste dans son refus de ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), bloquant ainsi son entrée en vigueur.

         Le bilan de l’administration Obama en matière de désarmement risque dès lors d’être insuffisant pour garantir le succès de la conférence d’examen du TNP, qui doit se tenir au siège des Nations Unies du 3 au 28 mai. L’enjeu de cette conférence est pourtant capital, puisqu’il s’agit de prévenir une crise du régime de non prolifération.  

         Parallèlement, les décisions prises au cours du sommet mondial sur la sécurité nucléaire des 12 et 13 avril pour mieux coordonner les efforts nationaux de lutte contre les détournements de matières fissiles à des fins illicites ne pourront donner les résultats attendus que si les pays non nucléaires y coopèrent pleinement. Cette coopération dépendra elle‑même des engagements pris par les pays nucléaires dans le domaine du désarmement.

 

Quel rôle pour la France ?

         Dans cette situation indécise, la France ne doit pas rester inerte. Elle pourrait par exemple, conjointement avec les autres pays membres de l’Union européenne, prendre des initiatives, afin de prolonger la dynamique engagée par le Président Obama :

1-  Reconnaître que l’arme nucléaire a perdu la fonction fondamentale qu’elle exerçait pendant la guerre froide, dès lors que la France (et l’Europe) ne sont plus exposées à une menace d’agression massive. Le discours français sur la dissuasion ne peut rester immuable, alors que la situation stratégique a changé du tout au tout.

2-  Redéfinir en conséquence le rôle de l’arme nucléaire dans la stratégie de sécurité nationale. Selon le discours officiel, la dissuasion nucléaire est la « garantie ultime de l’indépendance nationale et de l’autonomie de décision» de la France. A l’évidence, cette garantie ne pourrait être mise en œuvre que dans l’hypothèse, devenue improbable, d’une agression massive contre les intérêts vitaux du pays. Seule une attaque menée avec des armes de destruction massive justifierait une riposte nucléaire. L’arsenal de la France ne dissuade donc de fait qu’une agression nucléaire. La détermination de son volume sur la base du principe de « stricte suffisance » devrait être révisée à la baisse, dans la mesure où sont confirmées la réduction des arsenaux des autres puissances nucléaires et la fiabilité du régime international de non prolifération.

3-   Examiner la possibilité de souscrire à un engagement de non usage en premier de l’arme nucléaire, ce qui n’a pas été possible du temps de la guerre froide en raison de la supériorité du Pacte de Varsovie dans le domaine des armements conventionnels.

4-   Accéder à la demande des pays non nucléaires tendant au renforcement des « assurances négatives de sécurité » données par les pays nucléaires. Il s’agirait de s’engager, sous la forme d’un instrument juridique international, à ne pas user de l’arme nucléaire contre un pays non nucléaire.

5-   Accepter explicitement la perspective d’un monde sans armes nucléaires à une double condition : la mise en œuvre d’un processus vérifié et ordonné de réduction de tous les arsenaux nucléaires existants jusqu’à leur élimination et le renforcement du régime de non prolifération, afin d’empêcher toute apparition d’un nouvel État nucléaire, au besoin par la contrainte.

6-   Améliorer la transparence des arsenaux existants, en s’engageant, à l’exemple du Royaume Uni, dans une politique de transparence accrue concernant le niveau et la nature de ses propres arsenaux nucléaires.

7-   Accepter des contraintes négociées sur le niveau et la nature des armements nucléaires détenus par la France. Compte tenu de la disproportion entre les différents arsenaux nucléaires[7], la France ne peut pas aujourd'hui entrer dans une négociation de désarmement nucléaire. Elle pourrait toutefois accepter, au besoin par traité, de geler le niveau de son armement, en réduisant l’ampleur des modernisations en cours.

8-   Proposer à l’OTAN que le nouveau « concept stratégique » en discussion intègre la nécessité d’une négociation américano‑russe sur l’élimination des armes nucléaires tactiques[8].

9-   Organiser une démarche européenne auprès des États‑Unis pour leur demander instamment de ratifier le traité TICE d’interdiction des essais nucléaires. En faire un thème majeur des discussions transatlantiques.

10-  Demander, dans un cadre européen, l’ouverture immédiate de négociations sur l’institution d’une zone dénucléarisée au Moyen Orient.

 

         C’est ainsi, grâce à des efforts simultanés pour lutter contre la prolifération et pour promouvoir le désarmement nucléaire que prendra tout son sens la résolution 1887 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui affirme vouloir « créer les conditions pour un monde sans armes nucléaires, conformément aux objectifs énoncés dans le Traité sur la non prolifération des armes nucléaires ».

________________________________________________________________________________

 

[1] Ce traité, à l’origine essentiellement conçu pour écarter toute éventualité d’armement nucléaire allemand, est devenu quasi‑universel dans les années 1990 (la France l’a ratifié en 1992). Il a été prorogé pour une durée indéfinie en 1995.

[2] Le TNP est discriminatoire, dans la mesure où il reconnaît à cinq pays un droit à l’armement nucléaire qu’il refuse aux autres signataires. C’est la raison pour laquelle la France a longtemps refusé d’y adhérer.

[3] AIEA : Agence internationale de l’Energie atomique

[4] Discours de B. Obama à Prague le 5 avril 2009

[5] en raison notamment des règles de comptage des têtes nucléaires, les bombes et les missiles transportés par chaque bombardier étant comptés comme une seule tête.

[6] Le nombre d’armes tactiques détenu par la Russie se situerait entre  5500 et 6500, contre un millier pour les États-Unis.

[7] La Russie et les États‑Unis détiennent plus de 95 % des arsenaux existants

[8] La France pourrait appuyer la demande de quatre pays (Allemagne, Pays‑Bas, Belgique et Norvège) tendant au retrait d’Europe des 200 à 300 armes tactiques américaines actuellement destinées à armer des avions de combat européens.

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 17:49

nuage-cendres-volcan.jpgUn contre temps peut avoir du bon !

Une fois passée la contrariété passagère, l’impossibilité de prendre l’avion en raison du nuage de cendres islandaises m’a permis de profiter d’une belle journée de printemps ensoleillée à Cordes et d’écrire ces quelques lignes que m’inspire l’évènement.
   Je veux parler bien entendu de l’éruption aussi soudaine qu’imprévue d’un volcan lointain, qui vient perturber non seulement les vols de passagers notamment en Europe, mais aussi nombre d’activités tributaires de ce mode de transport. Tout comme les tsunamis, les tremblements de terre, les ouragans, les tempêtes, cet évènement révèle nos faiblesses (mode de construction, mode de vie….) et notre excessive confiance dans la capacité de l’Homme à maîtriser les forces « naturelles » de la planète.
   Il nous rappelle également que la nature n’est pas aussi douce qu’une imagerie un peu niaise le suggère parfois. Depuis la nuit des temps, l’Homme a dû se battre pour s’imposer face à des espèces prédatrices, à des aléas climatiques, à des catastrophes naturelles. Pour contrer les excès d’un développement destructeur de certains équilibres écologiques, il ne peut donc être question d’un quelconque « retour » à la nature -qui serait «naturellement » bonne- mais plutôt de la dompter, de la protéger et d’éviter de créer de nouveaux dérèglements qui viendraient détruire le nécessaire équilibre entre l’Homme et son environnement. Pour cela, des actions fortes et continues sont indispensables et il faut en convaincre tous les acteurs que sont les décideurs politiques, les industriels et les citoyens, à la fois consommateurs et pollueurs. On pu constater, tant à Copenhague qu’à Grenelle, que ce n’était pas simple !
   Le catastrophisme développé par certains (qui prétendent aider de la sorte à la prise de conscience de l’étendue du problème) peut conduire au contraire à créer ce que l’historien Jacques Le Goff appelle des « transes et des cauchemars ». Il dénonce à ce propos ce qu’il appelle « l’écologie millénariste » et il demande que l’on n’oublie pas que « l’excès dans la malédiction peut aller à l’encontre de son objet.».
   Dans le même esprit, je regrette que l’important débat sur la nécessaire évolution du mode de développement et de consommation soit trop souvent réduit à des affrontements caricaturaux de slogans (la croissance/la décroissance) ou des batailles de chiffres. Reprenant encore Jacques Le Goff, je pense que « les critiques énoncées posément et rationnellement justifiées sont les plus efficaces ».

 

   A propos de nuages, avez-vous lu les récents articles qui expliquent les conséquences très matérielles des « mondes virtuels » créés par Internet ? A travers le monde, le « nuage numérique » est stocké dans pas moins de 45 millions de centres de données (les « data centers ») ! Il s’agit des données informatiques échangées sur Internet, c'est-à-dire les mails, les documents, les photos des particuliers et des entreprises du monde entier. Leur stockage, sans réel contrôle, dans une multiplicité de centres de traitement, va bientôt poser la question de la confidentialité, mais c’est dès maintenant le problème énergétique qui est soulevé. A titre d’exemple, les centres de données européens consomment 40 milliards de KWh par an et ce chiffre doit doubler d’ici 2012 ; aux Etats- Unis, la croissance de leur consommation représente chaque année l’équivalent de la production de 2 grosses centrales électriques !
   Alors que la « dématérialisation » de nombreuses activités grâce à Internet a été considérée à juste titre comme favorable à l’environnement, il va falloir dans ce domaine aussi faire de sérieux efforts d’économie d’énergie pour que le bilan reste positif. Cela concernera les industriels, les fournisseurs de services....sans oublier les internautes, qu'ils soient particuliers ou professionnels, qui ne sont certainement pas encore sensibilisés à cette pollution environnementale.  

   Ce paradoxe, qui touche toutes les innovations (on l’a encore vu avec les agro carburants), prouvera à ceux qui en douteraient qu’il n’existe pas de solution miracle pour répondre aux formidables défis du développement durable .

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 16:28

jaures03.jpgLe 1er mai prochain, à 20 heures 30,

Gauche Avenir Tarn vous invite à assister à un spectacle-café concert créé

par l’Association « Mots en Scène »:

LA DERNIERE JOURNEE DE JEAN JAURES 

PARIS 1914
à la Maison de la Musique, sur le site de

Cap’ Découverte (près de Carmaux)*

 

   En 2009, pour la commémoration du 150ème anniversaire de la naissance de Jean Jaurès, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans toute la France et en particulier dans le Carmausin.
   C’est dans ce cadre, que sur le site de  Cap’ Découverte, devant 500 personnes, Gauche Avenir Tarn a organisé la projection du film du spectacle "Ils ont tué Jaurès", suivie d’un débat. Ce spectacle, créé en août 1994, à l’occasion de la commémoration du 80ème anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, avait attiré, à l’époque, plus de 40 000 spectateurs.(
voir sur ce blog )
   Tout ceci témoigne d’une grande émotion et réceptivité à l’histoire et au message de Jaurès, tant il est vrai que la pensée et l’action du grand tribun socialiste restent d’actualité, qu’il s’agisse de ses combats pour les droits des plus défavorisés, pour la paix dans le monde ou pour l’unité de la gauche.


   "La dernière journée de Jean Jaurès" n’est ni reconstitution historique, ni une biographie. Elle a été imaginée sur le mode d’un café concert replaçant l’assassinat de Jaurès dans le mouvement littéraire et artistique de l’année 1914.
   Ainsi, le Café du Croissant revisité devient pendant une heure point de rencontres du théâtre, de la poésie, de la chanson, du cinéma, de la presse alors que sur Paris résonnent déjà les bruits de la première guerre mondiale.
   Et devant le public accueilli comme des consommateurs de café, vont se succéder Feydeau, le Grand Guignol, une chanteuse de rue, Apollinaire, pendant que défileront sur l’écran du cinéma les actualités de l’époque.
   Spectacle à la fois grave et léger, musical et dansant, drôle ou émouvant, " La dernière journée de Jean Jaurès" peut être vu comme un simple divertissement, mais aussi comme un témoignage sur l’un des moments les plus dramatiques de notre histoire.
   Constamment rythmée par les interventions de Jean Jaurès dans les grands combats qu’il mène sans relâche pour la justice et la paix, cette création est soutenue par 11 acteurs en costume d’époque, tour à tour chanteurs, danseurs, comédiens, ou chœur antique qui vous emporteront sur la vague du temps, un 31 Juillet 1914, au Café du Croissant , à Paris.
   Le rôle de Jean Jaurès est joué par Jean-Pierre Fourré, ancien vice-président de l’Assemblée Nationale.


« La dernière Journée de Jean Jaurès- Paris 1914 » est une coproduction « Mots en Scène » et Ville de Lognes avec le soutien du Conseil Général de Seine et Marne. Il a été représenté à plusieurs reprises en région parisienne, dont le Café du Croissant où fut assassiné Jean Jaurès.

____________________________________________________________________________________

*  Le nombre de places étant limité, il est préférable de s’inscrire avant le 26 avril
 Entrées : 10€ - Scolaires, étudiants, chômeurs 5 €
 Envoyez vos chèques à Gauche Avenir 81, Mairie de Cagnac les Mines,
 Place du 8 mai 1945 - 81130 CAGNAC LES MINES
 Contact :
ga81@orange.fr,

 ou par téléphone au 06 35 90 50 51

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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 15:06

jeu-de-la-mort-copie-1.jpgSur le site de Marianne.fr, Marie Noëlle Lienemann répond à Christophe Nick pour dire son rejet de la téléréalité mais aussi pour dénoncer les méthodes utilisées par le réalisateur:

 

"Je n’ai pas l’intention de polémiquer avec M.Nick qui par la véhémence de ses critiques et le côté péremptoire de ses affirmations, souvent quasiment injurieuses, rend difficile un débat de fond. Il prouve, s’il en était besoin, que la violence peut aussi être considérée comme une forme d'argumentation... par ceux qui prétendent dénoncer les ressorts de la violence!

Oui, il nous faut méditer sur la téléréalité et l’absence de résistance aux autorités et en particulier à celles du pouvoir médiatique"

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 10:27

J'ai signé l'appel lancé par des économistes, des intellectuels et des responsables
de différents partis de gauche, intitulé

"Faire entendre les exigences citoyennes

sur les retraites".
Je vous invite à faire de même.


"Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver.
Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote…) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes.
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen – niveau de la retraite par rapport au salaire- passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.
Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin".......
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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 18:56

   Je viens de relire avec intérêt cette "lettre aux Français", écrite par Maurice Allais, le seul prix Nobel d'économie français et publiée par Marianne le 5 décembre 2009. Son analyse de la crise actuelle et de ses causes est d'une remarquable clarté. 

   Elle a été accueillie dans une quasi indifférence. Il est vrai que celui qui se définit comme "libéral et socialiste" a de quoi se mettre tout le monde à dos!

   Par sa dénonciation des responsables économiques et par les solutions qu'il propose, ce texte mérite pourtant d'être lu et médité.

___________________________________________________________________

 

" Le point de vue que j’exprime est celui d’un théoricien à la fois libéral et socialiste. Les deux notions sont indissociables dans mon esprit, car leur opposition m’apparaît fausse, artificielle. L’idéal socialiste consiste à s’intéresser à l’équité de la redistribution des richesses, tandis que les libéraux véritables se préoccupent de l’efficacité de la production de cette même richesse. Ils constituent à mes yeux deux aspects complémentaires d’une même doctrine. Et c’est précisément à ce titre de libéral que je m’autorise à critiquer les positions répétées des grandes instances internationales en faveur d’un libre-échangisme appliqué aveuglément.

 

Le fondement de la crise : l’organisation du commerce mondial

La récente réunion du G20 a de nouveau proclamé sa dénonciation du « protectionnisme » , dénonciation absurde à chaque fois qu’elle se voit exprimée sans nuance, comme cela vient d’être le cas. Nous sommes confrontés à ce que j’ai par le passé nommé “des tabous indiscutés dont les effets pervers se sont multipliés et renforcés au cours des années » (1). Car tout libéraliser, on vient de le vérifier, amène les pires désordres. Inversement, parmi les multiples vérités qui ne sont pas abordées se trouve le fondement réel de l’actuelle crise : l’organisation du commerce mondial, qu’il faut réformer profondément, et prioritairement à l’autre grande réforme également indispensable que sera celle du système bancaire.

Les grands dirigeants de la planète montrent une nouvelle fois leur ignorance de l’économie qui les conduit à confondre deux sortes de protectionnismes : il en existe certains de néfastes, tandis que d’autres sont entièrement justifiés. Dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas. Particulièrement face à des concurrents indiens ou surtout chinois qui, outre leur très faible prix de main-d’œuvre, sont extrêmement compétents et entreprenants.

 

Il faut délocaliser Pascal Lamy !

Mon analyse étant que le chômage actuel est dû à cette libéralisation totale du commerce, la voie prise par le G20 m’apparaît par conséquent nuisible. Elle va se révéler un facteur d’aggravation de la situation sociale. À ce titre, elle constitue une sottise majeure, à partir d’un contresens incroyable. Tout comme le fait d’attribuer la crise de 1929 à des causes protectionnistes constitue un contresens historique. Sa véritable origine se trouvait déjà dans le développement inconsidéré du crédit durant les années qui l’ont précédée. Au contraire, les mesures protectionnistes qui ont été prises, mais après l’arrivée de la crise, ont certainement pu contribuer à mieux la contrôler. Comme je l’ai précédemment indiqué, nous faisons face à une ignorance criminelle. Que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy, ait déclaré : « Aujourd’hui, les leaders du G20 ont clairement indiqué ce qu’ils attendent du cycle de Doha : une conclusion en 2010 » et qu’il ait demandé une accélération de ce processus de libéralisation m’apparaît une méprise monumentale, je la qualifierais même de monstrueuse. Les échanges, contrairement à ce que pense Pascal Lamy, ne doivent pas être considérés comme un objectif en soi, ils ne sont qu’un moyen. Cet homme, qui était en poste à Bruxelles auparavant, commissaire européen au Commerce, ne comprend rien, rien, hélas ! Face à de tels entêtements suicidaires, ma proposition est la suivante : il faut de toute urgence délocaliser Pascal Lamy, un des facteurs majeurs de chômage !

Plus concrètement, les règles à dégager sont d’une simplicité folle : du chômage résultent des délocalisations elles-mêmes dues aux trop grandes différences de salaires… À partir de ce constat, ce qu’il faut entreprendre en devient tellement évident ! Il est indispensable de rétablir une légitime protection. Depuis plus de dix ans, j’ai proposé de recréer des ensembles régionaux plus homogènes, unissant plusieurs pays lorsque ceux-ci présentent de mêmes conditions de revenus, et de mêmes conditions sociales. Chacune de ces « organisations régionales » serait autorisée à se protéger de manière raisonnable contre les écarts de coûts de production assurant des avantages indus a certains pays concurrents, tout en maintenant simultanément en interne, au sein de sa zone, les conditions d’une saine et réelle concurrence entre ses membres associés.

 

Un protectionnisme raisonné et raisonnable

Ma position et le système que je préconise ne constitueraient pas une atteinte aux pays en développement. Actuellement, les grandes entreprises les utilisent pour leurs bas coûts, mais elles partiraient si les salaires y augmentaient trop. Ces pays ont intérêt à adopter mon principe et à s’unir à leurs voisins dotés de niveaux de vie semblables, pour développer à leur tour ensemble un marché interne suffisamment vaste pour soutenir leur production, mais suffisamment équilibré aussi pour que la concurrence interne ne repose pas uniquement sur le maintien de salaires bas. Cela pourrait concerner par exemple plusieurs pays de l’est de l’Union européenne, qui ont été intégrés sans réflexion ni délais préalables suffisants, mais aussi ceux d’Afrique ou d’Amérique latine.

L’absence d’une telle protection apportera la destruction de toute l’activité de chaque pays ayant des revenus plus élevés, c’est-à-dire de toutes les industries de l’Europe de l’Ouest et celles des pays développés. Car il est évident qu’avec le point de vue doctrinaire du G20, toute l’industrie française finira par partir à l’extérieur. Il m’apparaît scandaleux que des entreprises ferment des sites rentables en France ou licencient, tandis qu’elles en ouvrent dans les zones à moindres coûts, comme cela a été le cas dans le secteur des pneumatiques pour automobiles, avec les annonces faites depuis le printemps par Continental et par Michelin. Si aucune limite n’est posée, ce qui va arriver peut d’ores et déjà être annoncé aux Français : une augmentation de la destruction d’emplois, une croissance dramatique du chômage non seulement dans l’industrie, mais tout autant dans l’agriculture et les services.

De ce point de vue, il est vrai que je ne fais pas partie des économistes qui emploient le mot « bulle ». Qu’il y ait des mouvements qui se généralisent, j’en suis d’accord, mais ce terme de « bulle » me semble inapproprié pour décrire le chômage qui résulte des délocalisations. En effet, sa progression revêt un caractère permanent et régulier, depuis maintenant plus de trente ans. L’essentiel du chômage que nous subissons —tout au moins du chômage tel qu’il s’est présenté jusqu’en 2008 — résulte précisément de cette libération inconsidérée du commerce à l’échelle mondiale sans se préoccuper des niveaux de vie. Ce qui se produit est donc autre chose qu’une bulle, mais un phénomène de fond, tout comme l’est la libéralisation des échanges, et la position de Pascal Lamy constitue bien une position sur le fond.

 

Crise et mondialisation sont liées

Les grands dirigeants mondiaux préfèrent, quant à eux, tout ramener à la monnaie, or elle ne représente qu’une partie des causes du problème. Crise et mondialisation : les deux sont liées. Régler seulement le problème monétaire ne suffirait pas, ne réglerait pas le point essentiel qu’est la libéralisation nocive des échanges internationaux, Le gouvernement attribue les conséquences sociales des délocalisations à des causes monétaires, c’est une erreur folle.

Pour ma part, j’ai combattu les délocalisations dans mes dernières publications (2). On connaît donc un peu mon message. Alors que les fondateurs du marché commun européen à six avaient prévu des délais de plusieurs années avant de libéraliser les échanges avec les nouveaux membres accueillis en 1986, nous avons ensuite, ouvert l’Europe sans aucune précaution et sans laisser de protection extérieure face à la concurrence de pays dotés de coûts salariaux si faibles que s’en défendre devenait illusoire. Certains de nos dirigeants, après cela, viennent s’étonner des conséquences !

Si le lecteur voulait bien reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger.

 

Un prix Nobel… téléspectateur

Les commentateurs économiques que je vois s’exprimer régulièrement à la télévision pour analyser les causes de l’actuelle crise sont fréquemment les mêmes qui y venaient auparavant pour analyser la bonne conjoncture avec une parfaite sérénité. Ils n’avaient pas annoncé l’arrivée de la crise, et ils ne proposent pour la plupart d’entre eux rien de sérieux pour en sortir. Mais on les invite encore. Pour ma part, je n’étais pas convié sur les plateaux de télévision quand j’annonçais, et j’écrivais, il y a plus de dix ans, qu’une crise majeure accompagnée d’un chômage incontrôlé allait bientôt se produire, je fais partie de ceux qui n’ont pas été admis à expliquer aux Français ce que sont les origines réelles de la crise alors qu’ils ont été dépossédés de tout pouvoir réel sur leur propre monnaie, au profit des banquiers. Par le passé, j’ai fait transmettre à certaines émissions économiques auxquelles j’assistais en téléspectateur le message que j’étais disposé à venir parler de ce que sont progressivement devenues les banques actuelles, le rôle véritablement dangereux des traders, et pourquoi certaines vérités ne sont pas dites à leur sujet. Aucune réponse, même négative, n’est venue d’aucune chaîne de télévision et ce durant des années.

Cette attitude répétée soulève un problème concernant les grands médias en France : certains experts y sont autorisés et d’autres, interdits. Bien que je sois un expert internationalement reconnu sur les crises économiques, notamment celles de 1929 ou de 1987, ma situation présente peut donc se résumer de la manière suivante : je suis un téléspectateur. Un prix Nobel… téléspectateur. Je me retrouve face à ce qu’affirment les spécialistes régulièrement invités, quant à eux, sur les plateaux de télévision, tels que certains universitaires ou des analystes financiers qui garantissent bien comprendre ce qui se passe et savoir ce qu’il faut faire. Alors qu’en réalité ils ne comprennent rien. Leur situation rejoint celle que j’avais constatée lorsque je m’étais rendu en 1933 aux États-Unis, avec l’objectif d’étudier la crise qui y sévissait, son chômage et ses sans-abri : il y régnait une incompréhension intellectuelle totale. Aujourd’hui également, ces experts se trompent dans leurs explications. Certains se trompent doublement en ignorant leur ignorance, mais d’autres, qui la connaissent et pourtant la dissimulent, trompent ainsi les Français.

Cette ignorance et surtout la volonté de la cacher grâce à certains médias dénotent un pourrissement du débat et de l’intelligence, par le fait d’intérêts particuliers souvent liés à l’argent. Des intérêts qui souhaitent que l’ordre économique actuel, qui fonctionne à leur avantage, perdure tel qu’il est. Parmi eux se trouvent en particulier les multinationales qui sont les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale.

 

Question clé : quelle est la liberté véritable des grands médias ? Je parle de leur liberté par rapport au monde de la finance tout autant qu’aux sphères de la politique.

 

Deuxième question : qui détient de la sorte le pouvoir de décider qu’un expert est ou non autorisé à exprimer un libre commentaire dans la presse ?

 

Dernière question : pourquoi les causes de la crise telles qu’elles sont présentées aux Français par ces personnalités invitées sont-elles souvent le signe d’une profonde incompréhension de la réalité économique ? S’agit-il seulement de leur part d’ignorance ? C’est possible pour un certain nombre d’entre eux, mais pas pour tous. Ceux qui détiennent ce pouvoir de décision nous laissent le choix entre écouter des ignorants ou des trompeurs."

 

Maurice Allais.

_________________

(1) L’Europe en crise. Que faire ?, éditions Clément Juglar. Paris, 2005.

(2) Notamment La crise mondiale aujourd’hui, éditions Clément Juglar, 1999, et la Mondialisation, la destruction des emplois et de la croissance : l’évidence empirique, éditions Clément Juglar, 1999.

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Published by Paul Quilès - dans Politique française
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez