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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 18:50
La dissuasion nucléaire n'est pas un mal nécessaire

      Je suis intervenu à plusieurs reprises sur France Culture au cours de l’émission de Caroline Broué le samedi 9 septembre entre 8h et 9h.

     J'ai parlé principalement de la Corée et de la pertinence du nucléaire dans le monde d’aujourd’hui, mais d’autres sujets ont été évoqués au cours de l’émission.

      Pour réécouter, voici quelques indications:

  •       Mon interview par Caroline Broué.

Cliquer sur “L’invité actu” 

Thèmes:  La Corée, la dissuasion nucléaire (16 minutes)

  •      Mes autres interventions au cours de l’émission.

Cliquer sur "Chroniques/ Les Matins du samedi (Alice Zeniter//Paul Quilès)” 

Thèmes: Le bouleversement politique actuel (1 minute 45)......de 1h12’35 à 1h14’20

Les institutions de la Vème République, la pertinence du nucléaire, l’absence de débat (7 minutes 15)......... de 1h39’45 à 1h47’00

Aspects plus personnels (3 minutes)...........de 1h58’20 à 2h01'20

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6 septembre 2017 3 06 /09 /septembre /2017 17:05
Tir de missile/HANDOUT/AFP

Tir de missile/HANDOUT/AFP

Débat dans le quotidien La Croix autour du thème

"La doctrine de la dissuasion nucléaire est-elle encore pertinente?"

Depuis l’époque de la guerre froide, les États dotés de l’arme nucléaire lui attribuent un rôle de dissuasion. La capacité d’infliger à l’adversaire des dommages inacceptables les protégerait de toute agression d’origine étatique contre leurs intérêts vitaux. Pour ses partisans, la dissuasion nucléaire continue à jouer ce rôle ultime de garantie de sécurité. Pour ses détracteurs, l’arme nucléaire a une fonction déstabilisatrice, et sa prolifération pourrait conduire à la guerre nucléaire.

Interview de  Paul Quilès, 

président d’Initiatives pour le désarmement nucléaire,

ancien ministre de la défense (1985-1986),

ex-président de la commission de la défense de l’Assemblée nationale

      « La dissuasion nucléaire, disait récemment un haut responsable français de la défense, est un concept solide mais flexible. À vrai dire, je n’ai pas bien saisi ce que voulait dire cette formulation. Peut-être s’agissait-il de rappeler que ce concept a changé au moins une dizaine de fois de définition ! Lorsque j’étais ministre de la défense sous François Mitterrand, on parlait d’armes nucléaires stratégiques, préstratégiques et tactiques (armes de champ de bataille). Ni le président, ni moi ne comprenions en quoi une arme préstratégique avait vocation à être dissuasive ou offensive. Aujourd’hui, on parle même de recherches sur des missiles hypersoniques furtifs, dont la vocation n’a rien de défensive.

      L’histoire démontre par ailleurs que l’arme nucléaire pousse à la prolifération. Il suffit de regarder l’accroissement des stocks d’ogives entre les années 1950 et les années 1980 ou encore le nombre de pays possesseurs qui n’a cessé d’augmenter. Durant la Guerre Froide, la bombe n’a nullement empêché de nombreuses guerres par procuration au Moyen-Orient, en Afrique, en Extrême Orient… Le monde a frôlé la catastrophe lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Sans oublier les dizaines d’accidents recensés ou les possibles erreurs d’interprétation. Pour mémoire, en 1983, un satellite soviétique avait confondu la chaleur des rayons du soleil avec celle d’un missile américain, manquant de peu de déclencher un tir de riposte aux conséquences incalculables !

      Les partisans de la dissuasion évoquent l’absence de Troisième Guerre mondiale entre l’URSS et les États-Unis, mais il est impossible de savoir ce qui se serait passé sans l’existence des armes atomiques. Ils parlent aussi de la bombe comme d’une sorte « d’assurance vie » qui offrirait une sécurité en inspirant la terreur à l’ennemi. Or, Israël a été attaqué en 1973 alors que le pays avait rejoint le cercle des États détenteurs. Même chose pour la Grande-Bretagne qui a dû faire face à une offensive de l’Argentine dans l’archipel des Malouines en 1982.

      Les cinq pays officiellement détenteurs de l’arme s’offusquent aujourd’hui de ce que la Corée du Nord développe son programme, en brandissant le Traité de Non-Prolifération nucléaire (TNP), rédigé en réalité pour conserver leur monopole. Ces mêmes pays oublient au passage que l’article 6 dudit traité – qu’ils ne respectent pas ! – les engage au désarmement nucléaire dans de brefs délais.

      Il serait souhaitable de relire les propos de Ronald Reagan, devenu sur le tard un partisan du désarmement. L’ancien président américain avouait dans ses mémoires : « En tant que commandant en chef des forces armées américaines, vous n’avez que 6 minutes pour décider comment réagir à un signal sur un écran radar et s’il faut ou non déclencher l’apocalypse. Qui pourrait faire preuve de raison dans un moment pareil ? »

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Lire l'ensemble du débat sur le site d'IDN

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2 septembre 2017 6 02 /09 /septembre /2017 09:01
Invitation à la projection de "La bombe et nous"

Thème du film:

Dans un monde caractérisé par de nouvelles menaces, les armes nucléaires ne résolvent pas les réels problèmes de sécurité auxquels l’époque nous confronte. En réalité, elles ne font que rendre la situation de plus en plus dangereuse.

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6 août 2017 7 06 /08 /août /2017 10:58
Hiroshima, Nagasaki, un mythe à déconstruire! 
Hiroshima, Nagasaki, un mythe à déconstruire! 
Hiroshima, Nagasaki, un mythe à déconstruire! 

      72 ans plus tard, peut-on oublier ? 

 

      Le 6 août 1945, à 8h15, les Américains lançaient une bombe atomique sur la ville japonaise d’Hiroshima : 95 000 à 166 000 victimes. Trois jours plus tard, le 9 août 1945 à 11h02, ils bombardaient  Nagasaki, à l’aide d’une bombe au plutonium 239 d'une puissance de 20 KT: 60 000 à 80 000 victimes.

      Au-delà du terrible inventaire des victimes et des destructions matérielles de cette première utilisation de l’arme nucléaire, il n’est pas inutile de revenir à nouveau sur ce qui s’est passé : les faits, les mensonges, les conséquences….notamment quant à la signification de l’arme nucléaire dans le monde d’aujourd’hui.

      Je vous recommande à ce propos la lecture d’un texte très argumenté de Ward Wilson, qui conteste la thèse longtemps mise en avant de la capitulation du Japon qui aurait été déclenchée par le bombardement atomique d’Hiroshima.

Ce n'est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler

      Conclusion de Ward Wilson:

      « Notre connaissance d’Hiroshima et de Nagasaki détermine, depuis près de 70 ans, la vision que nous avons des effets du nucléaire. Ces événements constituent, en quelque sort, le socle de toute pensée de dissuasion nucléaire. C’est à cause d’Hiroshima que nous tenons l’arme atomique pour une arme différente des autres, à cause d’Hiroshima que notre vision d’une telle bombe est celle d’une apocalypse à laquelle rien ne peut être comparée. Hiroshima sert d’unité de mesure de la menace nucléaire, une menace qui est pour la première fois énoncée quand Truman évoque la «pluie de destruction» qui va s’abattre sur le Japon. Hiroshima et Nagasaki sont la clé de voûte de l’aura de puissance qui nimbe les armes atomiques et en font des armes d’un poids écrasant dans les relations internationales.

      Mais que penser de tout cela si l’histoire traditionnelle du bombardement d’Hiroshima est remise en cause? Hiroshima est l’épicentre de la pensée atomique. Mais l’histoire que nous nous racontons semble bien éloignée des faits. Que devons-nous penser des armes atomiques si leur premier effet connu —le miracle de la capitulation japonaise— s’avère être un mythe? »        

      Voilà qui devrait faire réfléchir les détenteurs jupitériens de la foudre nucléaire, qui s’obstinent pourtant à refuser de participer aux efforts de la communauté internationale pour interdire les armes nucléaires. Ces quelques pays –dont la France- n’ont pas encore saisi l’occasion de « sortir de l’ancien monde » et continuent malheureusement à pratiquer « la politique de l’autruche », qui consiste à nier une réalité qui  déplaît. 

****************

      Deux  déclarations à méditer :

      - celle du Général Lee Butler, qui fut commandant en chef (1992-94) des Forces aériennes nucléaires des Etats-Unis : 

       « Nous n’avons pas de plus grande responsabilité que de mettre un terme à l’ère nucléaire (….)  Nous ne pouvons continuer de soumettre à un blocage souverain les clés qui nous délivreraient enfin du cauchemar nucléaire.  Nous ne pouvons refuser d’engager les ressources essentielles pour nous délivrer de son emprise, pour réduire les dangers qu’il représente.  Nous ne pouvons rester là, assis, à acquiescer par notre silence aux sermons dépassés des grands prêtres du nucléaire.  Il est temps de réaffirmer la primauté de la conscience individuelle, de redonner voix à la raison et aux intérêts légitimes de l’humanité. » (2 février 1998)

      - celle de Ronald Reagan, qui fut Président des Etats-Unis (1981-89)

       « Vous apprenez que des missiles soviétiques ont été lancés, vous savez que, désormais, plus rien ne peut les arrêter et qu’ils vont détruire une partie de votre pays, beaucoup plus grande que ce que vous pouvez imaginer. Et vous êtes assis là, sachant que tout ce que vous pouvez faire est d’appuyer sur le bouton pour que des Soviétiques meurent aussi, alors que nous serons déjà tous morts. » (1985)

****************

A lire:  Les véritables raisons de la destruction d'Hiroshima  

Tout savoir sur le bombardement d’Hiroshima et Nagasaki  

 

Bombes atomiques, causes et conséquences  (Excellent recueil de documents sur l’utilisation de l’arme nucléaire lors de la seconde guerre mondiale) 

 

Regarder:  Le Japon n'a pas capitulé à cause d'Hiroshima (1’40)

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 22:00
La vulnérabilité des armes nucléaires aux cyberattaques

Tribune publiée dans le quotidien Libération

 

sous le titre "Et si la prochaine cyberattaque ciblait un site nucléaire"

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense

Président d’IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire)

 

 

     Terrorisme, réchauffement climatique, épidémies, flux migratoires et, depuis quelques jours, cyberattaques : ces menaces, présentées comme nouvelles, font de plus en plus la « Une » des médias et suscitent une forte émotion dans l’opinion publique.

 

     Outre le fait que la plupart d’entre elles sont loin d’être nouvelles, la présentation qui est faite de ces menaces ne permet pas toujours de distinguer leur degré de dangerosité.

 

     Prenons l’exemple de la récente cyberattaque par le virus Petya, qualifiée de géante, qui fait suite à d’autres piratages (hackings) de même nature. Ses conséquences planétaires ont de quoi inquiéter : destruction des fichiers informatiques des particuliers, interruption de la production de certaines entreprises, dérèglement de services publics….Et pourtant, le danger pourrait être beaucoup plus grave si de telles attaques visaient des systèmes tels que des équipements ou des armes nucléaires.

 

      Pour comprendre la nature et l’étendue du risque, il faut d’abord essayer de déterminer l’origine de ces actions et leurs motivations. Il peut s’agir d’un individu comme d’un groupe de pirates ou encore d’une vaste organisation aux perspectives géopolitiques. Leurs objectifs sont de 3 ordres :

 

   - La récolte d’information et le rançonnage. L’attaquant souhaite acquérir un ensemble de données en ciblant leur propriétaire ou un individu, une entreprise, un ministère ayant accès à ce réseau d’information. Il peut s’agir d’une variété de données ciblées ou non, qu’il s’agisse de propriété intellectuelle ou d’informations critiques pour une entreprise. La finalité de ces actions, conduites par des individus ou des organisations, est en général d’ordre pécuniaire, par le biais de logiciels de rançon.

 

    - L’espionnage. L’objectif est ici de surveiller et de voler des informations, notamment  confidentielles, ce qui pourrait compromettre la sécurité nationale d’un pays ou tenter de peser sur le cours de sa politique, comme semble l’indiquer l’ingérence électorale russe lors des élections américaines.

 

      - Le sabotage. L’objectif de cette troisième catégorie est de détruire, à l’aide de cyber-armes (cyber weapons). L’illustration la plus manifeste de ce type de cyberattaque, est l’attaque Stuxnet, lancée en 2010 sous l’administration Bush contre le programme nucléaire iranien, à l’aide d’un ver informatique conçu par la NSA pour contaminer et détruire l’usine de centrifugeuses nucléaires de Natanz. Il s’agit de la première arme digitale cyber créée au monde, qui a démontré les capacités de destruction de ces armes de nouvelle génération. En 2007, un test avait déjà été réalisé afin de démontrer la vulnérabilité des systèmes de sécurisation informatique, le test Aurora, conduit sur un générateur massif et hautement sécurisé de diesel. Une expérience aussi concluante qu’inquiétante, qui s’est traduite par la destruction quasi-immédiate du générateur.

 

     Les conséquences des cyberattaques sont donc sérieuses, bien plus qu’un arrêt de production ou qu’une simple panne de métro. On pourrait assister à de véritables drames humains et même à des conflits de nature politique. Il faut donc se protéger ; de nombreuses parades sont développées dans la plupart des pays et notamment en France, au niveau européen et aux Nations-Unies.

 

     Cependant, on ne doit pas faire l’impasse sur l’immense danger que représenterait une cyberattaque menée par un groupe terroriste sur des infrastructures nucléaires ou sur les systèmes de contrôle des armes nucléaires. Un grand nombre de rapports alertent sur les différentes méthodes et techniques de sabotage qui pourraient être employées à cet effet et ils insistent sur la vulnérabilité de tous les logiciels informatiques. C’est dans ce sens que le bureau des Sciences de la défense (comité d’experts du Pentagone) révélait dans un rapport de 2013 que « les armes nucléaires américaines pourraient être vulnérables à des cyberattaques extrêmement sophistiquées ». Il faut noter que le nucléaire civil est également concerné, comme l’a montré la récente attaque du 27 Juin 2017, qui a obligé à repasser les systèmes de contrôle de la centrale de Tchernobyl en mode manuel.

 

     Plus que jamais, ce constat devrait amener les pays « dotés » de l’arme nucléaire et notamment la France à prendre conscience de la lourde responsabilité qu’ils prennent en ne s’associant pas à la rédaction, en cours à l’ONU, d’un traité d’interdiction des armes nucléaires. Il faut souhaiter qu’ils se souviennent de la phrase d’Albert Camus, au lendemain du bombardement d’Hiroshima : « Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ».

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10 juillet 2017 1 10 /07 /juillet /2017 14:17
La politique de l'autruche

Réponses d'IDN au communiqué

publié par le ministère des affaires étrangères

 

    Le traité d’interdiction des armes nucléaires, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies le 7 Juillet 2017, représente une avancée considérable pour la société internationale.

   Il va permettre d’organiser une pression sur les pays détenteurs de l’arme nucléaire pour qu’ils s’engagent dans un réel processus de désarmement multilatéral et progressif.

   Son adoption met dans l’embarras les puissances détentrices de l’arme nucléaire et fragilise leur position.

   La preuve en est dans la faiblesse de la déclaration du gouvernement français, réduite à quelques affirmations contraires aux faits et à des raisonnements fallacieux. Cette politique est celle de l’autruche : nier la réalité qui lui déplait. 

 

   Voici nos réponses.

 

******

 

  • Le communiqué affirme « qu’un grand nombre d’Etats, dotés, possesseurs ou non d’armes nucléaires, (ont décidé) de ne pas participer aux négociations, en Europe et en Asie ».

122 Etats ont approuvé ce Traité, soit 63 % des 193 Etats représentés à l’ONU.  Ce résultat est remarquable, compte tenu des fortes pressions exercées par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France sur leurs alliés, notamment africains.  

  • Le communiqué affirme que « la France n’a pas participé aux négociations de ce traité et elle n’entend pas y adhérer. Ce traité ne nous lie pas et ne crée pas de nouvelles obligations. »

La France devrait sentir l’obligation qui relève à la fois du réalisme et de la morale, celle d’entendre la voix des peuples qui ne veulent plus de la domination du monde par quelques grands Etats, essentiellement occidentaux. Refuser de participer à une négociation voulue par une large majorité d’Etats relève du comportement de l’autruche, la tête enfoncée dans le sable. La France ne veut pas voir que le monde a changé. Peut-être le gouvernement français considère-t-il que seuls sont à prendre en considération les Etats les plus riches « qui ont réussi » et que les autres ne sont rien. Le mépris colonial relève d’un monde ancien.  On aurait aimé que la France respecte l’ONU, clef de voûte de l’architecture internationale de sécurité, et use de son influence afin d’œuvrer pour la paix. Cela aurait été plus conforme au message universaliste qu’elle a l’ambition de promouvoir.

  • Le communiqué affirme que « La dissuasion vise à protéger notre pays de toute agression d’origine étatique contre ses intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne, et quelle qu’en soit la forme ».

Les milieux politico-militaro-industriels qui nous gouvernent psalmodient sans cesse cette phrase comme pour « éloigner le mauvais œil », mais sans apporter la moindre justification rationnelle. Il n’existe pas de système de sécurité infaillible, comme on l’a vu dans l’histoire de notre pays. Ce ne sont plus principalement des affrontements interétatiques qui risquent aujourd’hui de porter atteinte aux intérêts vitaux d’un pays, mais des actions non militaires comme le terrorisme ou les cyberattaques, contre lesquelles l’arme nucléaire est inopérante. Hors du territoire national, l’armée intervient dans des guerres de guérilla où il faut parfois affronter un chaos fait de déplacement de population, d’écroulement économique, social et sanitaire, de famines et de lutte idéologique. Face à cette situation d’une partie de la planète, la menace de l’arme nucléaire est un hochet qui serait dérisoire s’il n’était pas aussi onéreux et aussi dangereux. Quant à la menace bien réelle de prolifération, qui pourrait croire qu’on la combattra efficacement en alimentant la course aux armements nucléaires à laquelle se livrent les puissances détentrices de cette arme ? Proclamer haut et fort que l’arme nucléaire est « notre garantie ultime de sécurité » ne peut qu’encourager les autres pays à se doter de l’arme nucléaire.

  • Le communiqué affirme: « Un traité d’interdiction des armes nucléaires risque à cet égard d’affecter la sécurité de la région euro-atlantique et la stabilité internationale ».

Le principe a déjà été expliqué par Donald Trump : plus les Américains possèderont d’armes, plus ils assureront leur sécurité. Le Père Ubu n’aurait pas renié cette maxime : enlever des armes de destruction massive à des Etats les conduit fatalement à être plus dangereux !

Comment la France peut-elle à la fois augmenter les dépenses consacrées à son armement nucléaire et prétendre qu’elle respecte le TNP, qu’elle a signé et dont l’article 6 stipule : « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire… » ?

  • Le communiqué affirme: « Ce traité est également susceptible de fragiliser le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP)»

On reste dans la même contradiction : il ne faut pas aller vers le désarmement nucléaire pourtant prescrit par le TNP, parce cela reviendrait à s’y conformer et donc à l’affaiblir ! Comprenne qui pourra…

  • Le communiqué affirme: « Le désarmement nucléaire ne se décrète pas, il se construit ».

C’est bien parce que le désarmement se construit qu’il faut mettre en œuvre des propositions concrètes pour progresser dans cette voie. Le traité d’interdiction est une mesure concrète. Beaucoup plus que les discours qui, tout en proclamant la volonté d’aller vers le désarmement, s’accompagnent d’un développement des armements nucléaires et d’une augmentation considérable des budgets qui leur sont consacrés.

  • Le communiqué affirme: « La France demeure pour sa part déterminée à mettre en oeuvre les prochaines étapes concrètes du désarmement nucléaire, conformément à ses engagements au titre du traité sur la non-prolifération des armes ».

La France est donc favorable au désarmement nucléaire et, en même temps, elle double les crédits affectés au développement de son arsenal nucléaire… Quelle hypocrisie !

  • Le communiqué affirme: « Les prochaines étapes prioritaires du désarmement nucléaire sont la négociation d’un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes nucléaires et l’entrée en vigueur rapide du traité d’interdiction complète des essais nucléaires. »

La France possède 50 ans de réserves de matières fissiles. Elle ne court donc aucun risque à soutenir la négociation d’un traité qui en interdise la production aux autres pays. Un traité relatif aux matières fissiles à usage militaire qui serait réellement efficace, prévoirait une transparence et une réduction vérifiée des stocks existants. Mais la France se garde bien de formuler cette proposition.

Quant à l’entrée en vigueur du traité d’interdiction complète des essais nucléaires, elle est bloquée notamment par les Etats-Unis. La France semble s’accommoder de cette situation et n’entreprend pas beaucoup de démarches pour y mettre fin. En tout état de cause, elle peut, comme les autres grandes puissances nucléaires, avoir recours à la simulation pour tester ses nouvelles armes.

  • Le communiqué affirme : « La France a déjà pris des mesures concrètes et substantielles de désarmement nucléaire, notamment en réduisant de moitié son arsenal nucléaire, en arrêtant les essais nucléaires, en ratifiant le traité d’interdiction complète des essais nucléaires, et en fermant de manière irréversible ses installations de production de matières fissiles pour des armes nucléaires. »

Enfin une affirmation exacte… sauf que ces mesures de désarmement nucléaire prises par la France datent de 1998 pour les essais (près de 20 ans) et de 2008 pour la réduction du format des forces nucléaires aéroportées (près de 10 ans). Depuis, la France a décidé de renouveler les deux composantes sous-marines et aéroportées de son armement nucléaire en les dotant de capacités entièrement nouvelles alors même que les équipements de la génération actuelle (missile embarqué sur sous-marin M51.2 et missile aéroporté ASMPA) viennent d’être mis en service ou sont en cours de test et déploiement.

 

********

        Les responsables politiques, les parlementaires et les médias ne peuvent se contenter de ces contre-vérités et de ces raisonnements fallacieux. Ils se doivent de réagir et d’engager enfin le débat auquel les Français ont droit sur une question aussi fondamentale qui touche à leur sécurité.

         Nous espérons que le nouveau Président, qui dit vouloir rompre avec l’ancien monde et souhaite incarner un visage nouveau de la France, saura montrer qu’il n’est pas attaché aux concepts archaïques d’un monde ancien - celui de la Guerre froide. Il est temps de cesser de jouer avec le feu et de promouvoir une vraie politique de désarmement nucléaire.

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7 juillet 2017 5 07 /07 /juillet /2017 16:35
Un événement historique à l'ONU !

COMMUNIQUE d'IDN *

 

Ecouter l'interview de Paul Quilès sur RTS

(Radio Télévision Suisse)

 

     Ce 7 juillet 2017, la communauté internationale réunie aux Nations Unies à New York vient d’adopter le Traité d’interdiction des armes nucléaires, pour permettre l’interdiction complète des armes nucléaires. Il s’agit d’un événement historique!

 

     122 Etats ont adopté un texte comportant un ensemble d’interdictions et d’obligations, assurant ainsi une avancée importante pour la sécurité internationale et le renforcement de la non-prolifération nucléaire.

 

    « Il s’agit d’un instrument juridiquement contraignant très fort, dont nous sommes satisfaits » estime IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire). Ce traité s’inscrit dans les principes humanitaires, au nom desquels les autres armes de destruction massive -armes biologiques, chimiques, mines antipersonnel, armes à sous munitions- ont été interdites au cours des vingt dernières années.

 

     Le Président Macron a affirmé dans son discours de Versailles que « la dissuasion est la clé de voûte de la sécurité de la France » et il s’est rendu le lendemain sur le Terrible, Sous-marin Nucléaire Lanceur d’Engins (SNLE). Cette attitude contraste malheureusement avec les efforts de la communauté internationale qui œuvre à l’ONU à la rédaction du traité d’interdiction des armes nucléaires.

 

     A compter du 20 septembre 2017, ce traité sera ouvert à signature au cours de l’Assemblée générale des Nations Unies. Nous espérons que le nouveau Président, qui dit vouloir rompre avec l’ancien monde et qui souhaite incarner un visage nouveau de la France, saura montrer qu’il n’est pas attaché aux concepts archaïques d’un monde ancien  - celui de la Guerre froide - qui continuent à alimenter la doctrine officielle.

_________________________________________________________

 

Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) a pour but d’œuvrer à l’élimination des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l’édification d’un monde plus sûr. Son action s’inscrit dans une réflexion plus générale sur les enjeux stratégiques de ce début de 21ème siècle et sur la capacité de la France à assurer sa sécurité territoriale tout en continuant à peser sur la marche du monde. IDN a été fondée par Paul QUILES (ancien Ministre de la Défense), Bernard NORLAIN (Général) et Jean-Marie COLLIN (Expert). Site internet : http://www.idn-france.org - Twitter : @IDNuc

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20 juin 2017 2 20 /06 /juin /2017 13:35
Une occasion de sortir de « l’ancien monde »

Tribune de Paul Quilès,

 

ancien ministre de la défense, président d’IDN ,

 

publiée sur le blog d’Edouard Pflimlin, journaliste au Monde

 

 

Depuis le 27 octobre 2016, une majorité de pays a engagé à l’ONU un processus devant conduire à la mise au point d’un « instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète ».

 

Cette décision historique a été validée par un vote positif de l’Assemblée Générale le 23 décembre 2016, malgré l’opposition de 35 pays, dont la France, les Etats-Unis, la Russie, la Grande Bretagne et presque tous les pays de l’OTAN. 13 pays se sont abstenus, dont la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Finlande, les Pays-Bas, la Suisse.

 

La première session de rédaction du traité s’est déroulée dès le mois de de mars dernier et a permis la rédaction d’un projet, qui sera affiné lors de la seconde session, actuellement en cours au siège de l’ONU. Le texte définitif devrait être approuvé le 7 juillet et soumis au vote de l’Assemblée Générale au début de l’automne.

 

Cette mobilisation étatique, à laquelle se sont jointes de nombreuses ONG, devrait permettre de relancer sur de nouvelles bases la question de la légitimité de cette terrifiante arme de destruction massive qu’est l’arme nucléaire.

 

Certes, il ne suffira pas de proclamer dans le texte d’un traité international qu’il est interdit de « développer, produire, fabriquer, acquérir, posséder et stocker » de telles armes. Il faudra aussi que soient définies, pour l’application du traité, des modalités détaillées de désarmement, de destruction effective des armes, de contrôle, de sanctions. Ceci suppose qu’un climat de dialogue et de confiance s’instaure.

 

A ceux qui considèreraient qu’un tel objectif est empreint de naïveté, je conseille de faire un retour sur l’histoire des 50 dernières années. Combien de traités ont été élaborés pour éliminer des armes de destruction massive –biologiques, chimiques-, les mines anti-personnel, les sous-munitions, pour interdire les essais nucléaires[1] et même pour réduire les stocks d’armement nucléaires (passés de 70 000 à la fin des années 90 à environ 15 500 aujourd’hui) !

 

L’attitude méprisante des autorités françaises à l’égard de ce processus est bien dans la ligne de l’hypocrisie des membres du « club des puissances nucléaires » auquel elle appartient. Ceux-ci refusent de s’associer à la démarche en cours en pratiquant la politique de la chaise vide, au prétexte que ce traité mettrait « en péril le bon fonctionnement du TNP ». Mais, précisément, ce sont eux qui ne respectent pas le TNP, notamment son article VI, qui précise que les signataires s’engagent à adopter « des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire » ainsi qu’ « un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace ».

 

Comme le faisait récemment remarquer Marc Finaud[2], « se retrancher derrière un prétendu impératif de sécurité pour préserver les arsenaux nucléaires aura pour seul résultat d’encourager les pays tels que la Corée du Nord à développer leurs propres capacités. Quelle différence entre l’affirmation de François Hollande à Istres selon laquelle ‘’la dissuasion nucléaire vise à protéger notre pays de toute agression d’origine étatique contre ses intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne, et quelle qu’en soit la forme’’ et les propos du ministre nord-coréen des Affaires étrangères à l’ONU : ‘’Notre décision de renforcer notre armement nucléaire est une mesure justifiée d'auto-défense pour nous protéger des menaces nucléaires constantes des Etats-Unis’’ » ?

 

Cette attitude conduit la France à investir lourdement dans la modernisation de son outil de dissuasion, ce que confirme un récent rapport sénatorial, qui annonce « un quasi doublement du budget de la dissuasion à l’horizon 2025 ». C’est une aubaine pour le complexe militaro-industriel, que dénonçait déjà le Président américain Eisenhower[3] en 1961, mais cela ne constitue en rien une réponse aux menaces du monde actuel, qui ne sauraient être dissuadées par l’arme nucléaire : terrorisme, cyber-attaques, criminalité organisée, changement climatique…

 

La démarche engagée avec la rédaction de ce traité d’interdiction peut aussi présenter un autre intérêt, celui de réveiller les partis politiques, les parlementaires et les médias, qui ont manifesté jusqu’ici un fort désintérêt à l’égard de l’armement nucléaire.

 

Quant aux décideurs politiques, notamment le Président de la République, détenteur du « pouvoir nucléaire » depuis 1964, ils seraient bien avisés de se libérer de l’influence, discrète mais efficace, des conseillers qui empêchent toute réflexion et tout débat sur le concept même de dissuasion. Pour Emmanuel Macron, qui dit vouloir rompre avec l’ancien monde et qui souhaite incarner un visage nouveau de la France, ce peut être l’occasion de montrer qu’il n’est pas attaché aux concepts éculés d’un monde ancien  - celui de la Guerre froide - qui continuent à alimenter la doctrine officielle.

 

[1] Même si la non-ratification du traité par plusieurs Etats, dont les Etats-Unis, retarde la mise en oeuvre définitive du traité.

 

[2] Ancien diplomate français, professeur associé au Centre de Politique de Sécurité, Genève, membre du Comité de parrainage d’IDN

 

[3] « Nous devons veiller à empêcher le complexe militaro-industriel d’acquérir une influence injustifiée dans les structures gouvernementales (…). Nous nous trouvons devant un risque réel, qui se maintiendra à l’avenir : qu’une concentration désastreuse de pouvoir en des mains dangereuses aille en s’affermissant. Nous devons veiller à ne jamais laisser le poids de cette association de pouvoirs mettre en danger nos libertés ou nos procédures démocratiques. » Dwight Eisenhower, Discours de fin de mandat (17/01/1961), connu sous le nom du Discours du Complexe Militaro-Industriel

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15 juin 2017 4 15 /06 /juin /2017 10:41
Une chance historique

Aujourd'hui, s'ouvre au siège de l'ONU à New York, la seconde session du groupe de travail qui réunit 132 pays pour préparer un traité d'interdiction des armes nucléaires.

 

La France, comme les pays "dotés" de l'arme nucléaire et les membres de l'OTAN, sera malheureusement absente. Une absence très regrettable, comme je l'ai fait remarquer au Président de la République.

 

Alors que les médias français sont silencieux sur cet événement important, je souhaite attirer votre attention sur l'excellent numéro que l'hebdomadaire Politis vient de consacrer à ce sujet. A lire, pour comprendre les enjeux.

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8 juin 2017 4 08 /06 /juin /2017 15:30
Monsieur le Président, qu'allez-vous faire?

Lettre ouverte au Président de la République,

 

publiée sur le site de Liberation.fr

 

*********

 

Monsieur le Président de la République

 

Depuis le 14 mai 2017, vous êtes le détenteur suprême et unique du pouvoir de déclenchement de l’apocalypse nucléaire.

 

Avec 21 personnalités* éminentes (dont Nicolas Hulot), j’ai attiré votre attention dès le 30 avril, sur un évènement important qui se déroule en ce moment à l’ONU : la négociation d’une Convention d’interdiction des armes nucléaires. La France a voté contre le principe d’un tel instrument juridique le 23 décembre 2016 et elle n’a pas participé à la première session (mars) qui a rassemblé 132 Etats pour réfléchir et débattre du contenu de ce texte.

 

Nous souhaitons que la France ne continue pas à pratiquer la politique de la chaise vide et qu’elle participe à la seconde session qui se tiendra à New York à partir du 15 juin prochain. Il s’agit d’une opportunité historique qui s’offre à notre pays de montrer la voie vers un désarmement multilatéral négocié, vérifiable et universel, à ne pas confondre naturellement avec un désarmement unilatéral.

 

Pour vous qui voulez rompre avec l’ancien monde et qui souhaitez incarner un visage nouveau de la France, ce peut être l’occasion de montrer que vous n’êtes pas attaché aux concepts éculés d’un monde ancien - celui de la Guerre froide - qui continuent à alimenter la doctrine officielle.

 

Il n’est pas raisonnable de continuer à s’arc-bouter sur le maintien d’une arme que nombre d’experts militaires et stratégiques s’accordent à reconnaître comme obsolète et inadaptée, rappelant furieusement la triste "ligne Maginot". Les principales menaces à notre sécurité proviennent aujourd’hui du terrorisme, des cyber-attaques, de la criminalité organisée, des pandémies, du changement climatique et ne sauraient être dissuadées par un arsenal nucléaire.

 

En outre, on sait avec certitude qu’un emploi même limité d’armes nucléaires dans le monde aurait des conséquences humanitaires catastrophiques pour l’ensemble de la communauté internationale. Comment concilier cette perspective avec l’attachement de la France au respect du droit international humanitaire et à la préservation des populations dans les conflits ? Comment croire encore que la sécurité de notre pays repose sur la capacité d’anéantissement de millions de civils innocents ?

 

En donnant votre accord à une participation de nos diplomates à ce processus, vous élèverez le niveau de confiance internationale, donc de sécurité, et entraînerez avec vous l’ensemble des Etats de l’Union européenne. La France peut faire de cette négociation historique une occasion d’être du bon côté de l’Histoire et de prendre la tête du mouvement vers l’objectif d’un monde libéré des armes nucléaires.

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes sentiments respectueux.

 

Paul Quilès,

Ancien Ministre de la défense,

Président d’Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN)

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* Sébastien Balibar, physicien, membre de l’Académie des Sciences ;

Rony Brauman, ex-président de MSF, enseignant, essayiste ;

Valérie Cabanes, juriste internationale, Porte-parole « Pour en finir avec l'écocide » ;

Gilles Candar, président de la Société d'études jaurésiennes ;

Jean-Marie Collin, expert, vice-président d’IDN ;

Michel Drain, membre de Pax Christi et de Justice et Paix France;

Jean-Pierre Dupuy, philosophe, professeur émérite à l'Ecole Polytechnique, professeur à l'université Stanford

Marc Finaud, ancien diplomate français, professeur associé au Centre de Politique de Sécurité, Genève ;

Christiane Hessel ;

Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS ;

Nicolas Hulot, militant écologiste ;

Yannick Jadot, député européen ;

Alain Joxe ;

Georges Le Guelte, ancien secrétaire du Conseil des Gouverneurs de l’AIEA;

Francis Lenne, Général de brigade aérienne (2 S) ;

Bernard Norlain, Général d’armée aérienne (2 S), vice-président d’IDN ;

Ivar Ikeland, ancien président de l'Université Paris-Dauphine ;

Jean-Claude Pecker, Professeur émérite au Collège de France, membre de l’Académie des sciences ;

Paul Quilès, ancien ministre de la défense, président d’IDN ;

Monseigneur Marc Stenger, évêque de Troyes, Président de Pax Christi France ;

Annick Suzor-Weiner, présidente de Pugwash France, professeur émérite à l’Université Paris-Sud ;

Thierry Salomon, co-président du mouvement #LesJoursHeureux.

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     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez