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18 novembre 2016 5 18 /11 /novembre /2016 19:28
20 000 signatures pour l'appel à François Hollande!

        L'appel au Président de la République pour que, dans quelques semaines,  la France vote à l'ONU l'interdiction des armes nucléaires rassemble désormais plus de 20 000 signatures.

 

      Voici la déclaration faite à cette occasion par Valérie CABANES, Juriste en Droit International spécialisée dans les Droits de l’Homme et membre du Comité de parrainage d'IDN:

 

" Bravo pour ces 20000 premières signatures! Nous devons poursuivre cette pression citoyenne, pour que demain nos enfants et les générations futures puissent vivre dans un monde qui ne sera plus soumis au risque d’une guerre nucléaire.  En décembre prochain, la France ne doit pas voter à l’ONU contre le traité d’interdiction des armes nucléaires. Ce futur droit va renforcer la sûreté de la planète, ce dont je me réjouis en tant que juriste et au nom de mon engagement pour les droits de l’Homme et de la nature " 

 

************************

Si vous ne l'avez pas encore fait, vous pouvez signer l'appel ICI

 

Pour plus d'information, lire:

 

  "Et si la fin des armes nucléaires était pour demain?" 

 

   "Le vote négatif de la France à l'ONU"

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 18:14
Et si la fin des armes nucléaires était pour demain ?

Interview de Paul Quilès

 

publiée sur le blog de change.org

 

à propos de l'appel à François Hollande

 

 

      1/ Pourquoi avoir lancé cette pétition ?

 

     Nous venons de vivre un moment historique, puisque les 3/4 des Etats de la planète ont décidé d’aller de l’avant pour interdire les armes nucléaires. En mars et juin 2017, des Etats et des représentants de la société civile vont se réunir pour préparer et négocier un Traité d’interdiction des armes nucléaires. Il est assez extraordinaire de penser que, dès l’année prochaine, ce processus va être engagé à l’ONU !

 

     Alors que, de tous côtés, on nous alerte sur les dangers d’un retour de la Guerre froide, voici que 123 Etats (dont l’Afrique du sud, la Malaisie, l’Autriche, l’Irlande, le Brésil…) offrent une possibilité de rendre le monde plus sûr et plus stable en établissant une norme juridique de prohibition de l’arme nucléaire. Qui oserait aujourd’hui aller à l’encontre de l’interdiction des armes biologiques et chimiques ? Personne ! Et pourtant, la France va à l’encontre du projet d’interdiction de cette arme de destruction massive !

 

     Bien sûr, d’autres étapes devront être franchies, comme la mise au point des modalités pratiques de mise en œuvre de l’interdiction, notamment par des procédures et des techniques de vérification efficaces mais c’est la première fois depuis 1995 qu’il existe une possibilité concrète de faire avancer le désarmement nucléaire. Avec ICAN France (la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires) et l’organisation que je préside, IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), nous ne pouvions pas rester silencieux devant ce refus français d’aller vers une plus grande sécurité internationale.

 

      2/ Quel a été le déclencheur de votre engagement en faveur de la lutte contre l'armement nucléaire?

 

     Pas simple de résumer en quelques phrases une prise de conscience qui date de mon court passage au ministère de la défense en 1985-86, où j’ai touché du doigt les mécanismes de décision. Puis il y a eu la chute du Mur de Berlin, la fin de la Guerre froide et les premières décisions de réduction des arsenaux nucléaires, contredites en 1995, pour ce qui concerne la France, par la décision du nouveau Président de la République, Jacques Chirac, de reprendre les essais nucléaires, alors que son prédécesseur, François Mitterrand, avait décrété un moratoire en 1992.

 

     C’est à ce moment véritablement que j’ai commencé à prendre position en parlant de la « nécessaire désescalade de l’armement nucléaire ». J’étais député et j’ai alors demandé un débat à l’Assemblée nationale, qui a eu lieu fin 1995. Songez qu’il n’y a pas eu de débat sur la dissuasion nucléaire dans l’hémicycle depuis cette date !

 

      3/ Comment expliquez-vous que la France ait voté contre la résolution le 27 octobre ?

 

     Quand on écoute les arguments de la France, on s’aperçoit que notre diplomatie semble un peu perdue depuis quelque temps. Désormais ce ne sont plus les 5 puissances nucléaires (« autorisées » par le TNP) qui dictent le calendrier des discussions du désarmement nucléaire, mais une large majorité d’Etats, du Mexique à la Nouvelle Zélande, qui revendiquent le droit de ne plus être soumis au risque destructeur d’une guerre nucléaire.

 

     La France répond que ce traité va être « déstabilisateur ». Comment un engagement qui interdit un système d’arme de destruction massive pourrait-il déstabiliser le monde ? C’est un non-sens. La sécurité du monde n’a cessé d’être renforcée par la création et l’application de traités de désarmement : sur les armements chimiques et biologiques, les mines antipersonnel, les sous munitions, ou encore le commerce des armes.

 

     En réalité, cette attitude correspond à une tentative de conserver l’illusion de puissance que donnent les armes nucléaires. Je dis bien illusion, car ce n’est pas l’arme nucléaire qui peut rendre la voix de la France plus forte ou plus crédible. De plus, les responsables français savent bien que notre pays va être stigmatisé lorsque le traité d’interdiction sera adopté et qu’il leur sera difficile de justifier leur opposition à ce traité, alors que le Président français reconnaît lui-même la nécessité à terme d’un monde sans armes nucléaires…

 

     4/ Qu'est ce qui, selon vous, permettrait de changer la donne et de convaincre la France?

 

     La principale difficulté est de changer un mode de pensée ancien, qui peut cependant évoluer, puisque l’on constate que de plus en plus de dirigeants politiques, de militaires, de scientifiques remettent en cause le rôle accordé aux armes nucléaires.

 

     Les jeunes aussi commencent à se mobiliser. C’est ainsi que ICAN France vient de réaliser une intéressante « Tournée des Facultés » à travers la France et une ICAN Academy, qui a vu  des étudiants français et européens se réunir pendant 4 jours pour comprendre ces enjeux. Cela aurait impensable il y a 25 ans. En tout cas, c’est une preuve de l’évolution des pensées, semblable à la prise de conscience de la sauvegarde environnementale de la planète.

 

     La France devrait considérer le processus d’interdiction de l’arme nucléaire et de désarmement nucléaire comme une opportunité et comme un moyen de renforcer son influence diplomatique. En adhérant à ce processus, la France se placerait clairement dans le camp du changement et de la transformation des relations internationales dans une perspective de paix et de renforcement de la sécurité internationale.

 

      5/ Nous sommes à quelques mois seulement de l’élection présidentielle. Quel message voulez-vous envoyer aux candidats sur le sujet des armes nucléaires?

 

     Nous ne pouvons plus fonder notre politique de défense sur un système qui date du XXème siècle et qui constitue une véritable Ligne Maginot. Le système de dissuasion nucléaire est lourd, dangereux, coûteux et loin d’être crédible. De plus, comme le rappelle le Livre Banc de la défense de 2013, « une force de dissuasion sans capacités conventionnelles verrait par ailleurs sa crédibilité affectée » et c’est bien le cas. Augmenter le budget de la défense, comme le prônent la plupart des candidats, ne résoudra pas les problèmes de sous- équipement que nos armées rencontrent, puisque la majorité des augmentations est allouée à la dissuasion nucléaire.

 

     Il est temps que les candidats réfléchissent aux conséquences dommageables de la poursuite de cette politique de défense :

  • Un non respect de nos engagements juridiques (« Traité de Non-Prolifération »), au risque d’être responsable de la fin du régime de non-prolifération nucléaire ;
  • Si nous ne respectons pas nos engagements, pourquoi d’autres n’agiraient-ils pas de même ?
  • Des dépenses de démantèlement des systèmes anciens inchiffrables, qu’il faudra bien payer un jour ;
  • Un armement qui accapare une partie importante des moyens budgétaires, empêchant ainsi de nous protéger correctement contre les menaces réelles, comme le terrorisme. Et on ne peut écarter les dangers climatiques, qui nécessiteront aussi des moyens matériels et financiers significatifs.
  • Et tout ceci sans compter bien sûr les dangers humanitaires incommensurables et de plus en plus fréquemment dénoncés, d’explosions nucléaires provoquées par accident, méprise sur les intentions de l’adversaire ou échec de la dissuasion.
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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:48
Donald Trump et la Russie : quelles relations ?

     L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis n’est pas une bonne nouvelle. Ses diatribes racistes et misogynes, son style de campagne agressif et méprisant étaient inacceptables.

 

     Mais son élection doit aussi donner à réfléchir : c’est l’expression du mécontentement profond d’un électorat de classe moyenne ou populaire qui n’a pas perçu de réduction des inégalités, que la mondialisation inquiète et que l’évolution du monde mécontente parce que les États-Unis n’y exercent plus leur ancienne prépondérance.

 

      Quant aux soutiens naturels d’Hillary Clinton, les minorités noires ou hispaniques, les femmes en butte aux discriminations, ils n’ont pas été assez forts pour lui donner la victoire. Sans doute par méfiance à l’égard d’une responsable politique perçue comme lointaine, sans réelle proximité avec les difficultés de leur vie quotidienne.

 

     S’y sont ajoutées des peurs exagérées dont le candidat Trump a su jouer : peur de l’immigration latino-américaine qui submergerait l’Amérique traditionnelle, peur d’étrangers musulmans qui transporteraient la menace terroriste sur le sol même des États-Unis, peur d’une implication dans des conflits perpétuels sans perspective et sans utilité pour la défense du pays.

 

     Au plan des relations internationales, le nouveau président est le contraire d’un pacifiste : il veut encore augmenter le budget militaire américain, qui, avec 600 milliards de dollars, est le premier du monde. A titre de comparaison, le budget militaire russe, malgré une forte croissance, représente moins d’un sixième de ce montant et celui de la Chine, environ un tiers. Il demande que les membres européens de l’OTAN portent leurs dépenses militaires à 2 % du PIB, ce qui représenterait pour l’Allemagne, premier pays concerné, un doublement de son effort actuel.

 

      Le nouveau président américain est un familier des changements de position. Sur l’arme nucléaire, il a lancé beaucoup d’affirmations contradictoires, par exemple sur la possibilité pour le Japon de s’en doter pour dégager les États-Unis du fardeau de sa défense face à la Corée du Nord. Mais il a aussi déclaré que la politique militaire qu’il préconisait avait pour objectif de rendre l’arme nucléaire moins nécessaire et que l’utilisation d’une arme nucléaire serait « une horreur ». Il s’est montré sceptique sur l’éventualité d’un tir nucléaire américain pour la défense du territoire de pays alliés.

 

      Mais Donald Trump dit aussi qu’il veut se rapprocher de Vladimir Poutine pour mettre fin aux tensions actuelles entre l’Occident et la Russie.

 

      Alors, prenons-le au mot et imaginons que, comme Reagan devant Gorbatchev au sommet américano-soviétique de Reykjavik, en octobre 1986, Trump accepte, sur la proposition de Poutine, de s’engager dans la voie du désarmement nucléaire. Imaginons alors que, contrairement à l’attitude de Reagan lors de ce sommet, il parvient à écarter l’obstacle de la défense anti-missile, en donnant à la Russie une garantie solide qu’elle n’est pas dirigée contre elle.

 

      Bien entendu, avec le caractère imprévisible, incohérent et très souvent excessif de Trump, rien n’est certain, mais il est légitime de se poser la question : face à la même réalité d’une absurde course aux armements nucléaires, les dirigeants américain et russe ne seront-ils pas contraints, par la force des choses, à y mettre fin d’un commun accord, dès lors que leurs relations seront redevenues à peu près normales ?

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 18:24
Appel au Président de la République

Monsieur le Président de la République,

la France doit voter à l’ONU

l’interdiction des armes nucléaires !

 

       Le 27 octobre 2016, 123 Etats ont voté à la première commission de l’ONU la résolution L.41 intitulée « Faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire ». Son objet est de préparer et de négocier un Traité d’interdiction des armes nucléaires en 2017.

 

 

     Nous regrettons que la France ait voté contre cette résolution, qui ouvrirait la porte à une plus grande sécurité internationale et au renforcement de la non-prolifération nucléaire.

 

     Les armes nucléaires sont la dernière catégorie d’arme de destruction massive à ne pas être soumise à une telle interdiction. Auriez-vous refusé aussi d’interdire les armes chimiques et biologiques ?

 

    La France peut et doit se rattraper. En décembre prochain, un vote de confirmation de cette résolution se déroulera à l’Assemblée générale de l’ONU.

 

      Au nom d’Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN) et d’ICAN France (la Campagne Internationale pour Abolir les Armes Nucléaires), nous vous demandons d’intervenir pour que la France ne vote pas CONTRE cette résolution en faveur de la paix et de la sécurité mondiale et qu’elle adopte une posture qui corresponde à son image de patrie de la défense des libertés et des droits de l’Homme.

   Signez l'appel

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 08:52
Dessin publié avec l'aimable autorisation de Plantu, paru dans Le Monde du 1er janvier 1984. ©Plantu 2016. Tous droits réservés.

Dessin publié avec l'aimable autorisation de Plantu, paru dans Le Monde du 1er janvier 1984. ©Plantu 2016. Tous droits réservés.

J'ai publié cette tribune sur le site du Huffington Post

 

****

 

La France s’oppose à l’adoption par l’ONU

d’une résolution d’interdiction des armes nucléaires

 

      Depuis des mois, la France ne cesse d’aller à l’encontre de la volonté exprimée par une majorité de pays d’établir une norme juridique contraignante de prohibition des armes nucléaires. Le 27 octobre dernier, à l’ONU, elle a confirmé cette position en votant contre le projet de résolution L.41 proposé par 34 États, intitulé « Faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire ». Elle a émis le même vote que les États-Unis, le Royaume-Uni mais aussi la Russie et Israël ; un non-sens total ! Les pays non nucléaires de l’OTAN ont voté dans le même sens, de peur de contrarier leur protecteur américain, seuls les Pays-Bas s’abstenant sous la pression de leur Parlement.

 

     Opposés aux puissances nucléaires, 123 États (Autriche, Suède, Irlande, Mexique, Brésil, Afrique du Sud, Malaisie, Nouvelle Zélande…) ont voté cette résolution, qui va faire de 2017 l’année de la négociation d’un « instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète ».

 

      Il faut rappeler que les armes nucléaires sont les dernières armes de destruction massive à ne pas être soumises à une interdiction (Convention sur l'interdiction des armes biologiques - 1972, Convention sur l'interdiction des armes chimiques - 1993).

 

     Depuis 1970 (entrée en vigueur du Traité de Non-Prolifération- TNP) cinq pays bénéficient du droit de disposer de ces armes, mais à la condition d’en négocier « de bonne foi » l’élimination. Or, quarante-six ans plus tard, il existe toujours plus de 15 000 armes nucléaires et tout est bloqué dans les faits en matière de désarmement nucléaire multilatéral depuis 1996, date de la signature du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.

 

     Le projet d’interdiction internationale de l’arme nucléaire dont il est question aujourd’hui est porté depuis de nombreuses années par un grand nombre d’ONG, comme la Croix Rouge ou la Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires (ICAN). Il ne s’agit pas de la revendication d’un mouvement d’idéalistes, mais d’un objectif concret de politique internationale pour près des deux tiers des pays de la planète.

 

     Le vote négatif de la France –qui est intervenu dans un regrettable silence médiatique - contredit tous les beaux discours de ses représentants sur le renforcement de la sécurité internationale et la lutte contre la prolifération nucléaire. Il heurte la conscience et le bon sens. Imagine-t-on aujourd’hui un pays qui s’opposerait à l’interdiction des armes de destruction massive chimiques ou biologiques ?

 

     Pour s’opposer à l’adoption du principe d’interdiction totale et complète des armes nucléaires, la représentante permanente de la France à la Conférence du désarmement a affirmé[1] qu’il fragiliserait le TNP et serait de ce fait préjudiciable au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Cela signifie-t-il que les armes nucléaires garantissent la paix et la sécurité internationale ? Ce n’est pas la conclusion la plus évidente que l’on peut tirer de la succession actuelle des crises et conflits. Quant à notre représentant permanent adjoint, il est allé plus loin encore en affirmant qu’un traité d’interdiction allait « ouvrir une brèche en matière de non-prolifération » ; alors même qu’au contraire il a pour objet de rendre ces armes illégales… De tels discours pourraient eux-mêmes être considérés comme des incitations involontaires à la prolifération nucléaire !

 

     La perspective d’un traité d’interdiction des armes nucléaires est soutenue par un vaste mouvement d’opinion à l’échelle mondiale. C’est ainsi que les parlementaires européens viennent d’adopter le 25 octobre 2016, à une large majorité, une résolution appuyant le projet de l’ONU. Ils y soulignent, contrairement à la plupart des gouvernements de l’Union européenne, « qu'une telle démarche viendra étayer les objectifs et obligations consacrés par le TNP en matière de non-prolifération et de désarmement, et contribuera à créer des conditions favorables pour la sécurité internationale et un monde sans armes nucléaires ». Ce mouvement global d’opinion s’explique notamment par une prise de conscience de plus en plus aigüe des conséquences humanitaires d’une explosion, délibérée ou accidentelle, d’un engin nucléaire.

 

      Les votes récents de l’Assemblée générale des Nations Unies sont le signe d’un changement profond. Désormais, les États non nucléaires, en très grande majorité, s’apprêtent à accroître leur pression sur les puissances nucléaires en se saisissant de l’agenda du désarmement. Une nouvelle période de l’histoire du désarmement nucléaire s’ouvrira en 2017. Avec l’organisation Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN)[2], nous souhaitons que la France y participe de manière constructive. Devant la gravité des enjeux, la poursuite de la politique de la chaise vide serait irresponsable et contradictoire avec les valeurs que la diplomatie de notre pays entend défendre et promouvoir.


[1] Déclaration faite au nom du P3 (États-Unis, Royaume-Uni, France)

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 18:07
Le bourrage de crânes

      Cette photo montre la façon dont on explique aux élèves de 3ème "comment l'arme nucléaire permet de soutenir la liberté et la démocratie" (sic)

 

      Il s’agit du « cahier d'Enseignement Moral et Civique » destiné aux élèves de 3ème. L’éditeur (Hachette éducation) présente ce manuel de 64 pages comme "prêt à l'emploi pour mettre en oeuvre le nouveau programme de 3ème et traiter les 4 domaines des programmes d'Enseignement Moral et Civique : culture de la sensibilité, culture de la règle et du droit, culture du jugement, culture de l'engagement".

 

      Après cela, il ne faut pas s'étonner de l'indifférence de l'opinion à l'égard des événements qui concernent cette arme de destruction massive, dont j'ai souvent l'occasion de parler sur ce blog.

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 06:56
Le vote négatif de la France à l'ONULe vote négatif de la France à l'ONU

      Un événement rare et historique vient se produire cette nuit à l'ONU. Une résolution en faveur de la rédaction d'un traité d'interdiction des armes nucléaires a été votée par la 1ère commission à une très large majorité.

 

      123 pays (dont l'Autriche, la Suède, le Mexique, le Brésil, l'Afrique du Sud, ...) ont voté en faveur de cette résolution.

 

      38 pays ont voté contre, dont la France.

 

     16 se sont abstenus, dont la Chine, l'Inde, le Pakistan,la Finlande, les Pays-Bas, la Corée du Nord).

 

      Je considère le vote de la France comme contradictoire avec tous les beaux discours sur la recherche d'une plus grande sécurité dans le monde et de la lutte contre la prolifération nucléaire.

 

      Pour faire court, ce vote est honteux. J'y reviendrai.

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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 16:35
Lettre aux parlementaires françaisLettre aux parlementaires français

Je viens d'adresser cette lettre à l'ensemble des parlementaires français

(Assemblée nationale, Sénat)

_________________________________________________________________

 

Paul Quilès

Ancien Ministre de la défense,

Ancien Président de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale

 

 

Madame la députée, Monsieur le député,

Madame la sénatrice, Monsieur le sénateur,

 

Je souhaite vous apporter des informations concernant deux sujets sur lesquels, en tant que parlementaire, vous serez peut-être amené(e) à intervenir dans les prochaines semaines.

 

Le niveau du budget consacré à la dissuasion nucléaire.

 

La presse a fait état de déclarations de responsables civils et militaires évoquant une hausse substantielle du budget de la Défense, qui passerait d’ici 2020, de 32,7 à 41 milliards d’euros. Il est indiqué par ailleurs : « En réalité, une exigence éminente prime : le coût de la dissuasion nucléaire va doubler. » (Le Monde- 8 septembre 2016). Cela signifierait que le budget de la dissuasion nucléaire serait doublé, pour atteindre le montant de 6 milliards d’euros dans les prochaines années.

 

Le débat budgétaire sera l’occasion de vérifier si les affirmations des participants de la récente Université de la défense se confirment. C’est évidemment au Parlement de prendre de telles décisions (budget annuel, lois de programmation militaire), mais c’est aussi à lui de s’interroger sur la pertinence d’investissements massifs destinés à renouveler les outils de dissuasion nucléaire.

 

Pour une large part, les nouveaux programmes doivent rendre les armes nucléaires plus précises, d’une puissance réglable en fonction des objectifs retenus et donc plus utilisables dans des scénarios dits de «rétablissement de la dissuasion ».

 

C’est donc la guerre nucléaire qui se prépare, ce qui constitue non seulement un danger pour la paix et pour l’existence même de l’humanité, mais aussi une violation flagrante du traité de non-prolifération (TNP) qui oblige les États nucléaires signataires à mener « de bonne foi » des négociations en vue de la cessation de la course aux armements nucléaires «à une date rapprochée » Que dirait-on si des Etats non nucléaires prenaient autant de liberté avec la lettre et l’esprit du TNP ?

 

Il me semble important que le Parlement débatte de l’opportunité de voir la France s’engager dans ce qui apparaît comme une nouvelle course aux armements nucléaires sans aucune légitimité stratégique, alors que nos besoins de sécurité réclament de nouveaux concepts et de nouveaux moyens.

 

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires.

 

Les armes nucléaires sont la dernière catégorie d’arme de destruction massive à ne pas être soumise à une interdiction (Convention sur l'interdiction des armes biologiques - 1972, Convention sur l'interdiction des armes chimiques - 1993).

 

Un projet de résolution « Pour faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire » a été déposé à l’ONU le 28 septembre 2016, à l’initiative de 6 Etats (l'Autriche, l'Irlande, le Brésil, le Mexique, le Nigeria, l'Afrique du Sud). Soutenu par plus d’une centaine d’Etats, il est l’aboutissement de nombreuses réunions internationales.

 

Ce projet doit être adopté fin octobre ou début novembre par la première commission de l’Assemblée générale de l’ONU (Désarmement et sécurité internationale) puis début décembre par l’Assemblée générale elle-même en séance plénière. Il prévoit que dès 2017 une conférence de l’ONU négociera un traité d’interdiction des armes nucléaires conduisant à leur élimination totale, ce qui constituerait une avancée majeure pour le renforcement de la sécurité internationale et l’universalisation du régime de non-prolifération nucléaire.

 

Un tel évènement peut favoriser l’évolution du contexte stratégique qu’a souhaitée le Président Hollande dans son discours d’Istres (février 2015). C’est pourquoi il me semble opportun que les parlementaires interpellent le gouvernement sur la position de la France, qui paraît vouloir s’opposer à la résolution, alors même qu’une majorité écrasante d’Etats soutient le démarrage de ces négociations.

 

Je reste à votre disposition pour vous donner d’autres informations, si vous le souhaitez. 

 

Bien cordialement.

 

    Paul Quilès                         

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 10:09
Premier tête à tête entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan le 11 octobre 2016 à Reykjavik (Islande). Les deux hommes ont été tout proche d’éliminer toutes les armes nucléaires en 10 ans. Crédit: National Archives/Ronald Reagan Presidential Library

Premier tête à tête entre Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan le 11 octobre 2016 à Reykjavik (Islande). Les deux hommes ont été tout proche d’éliminer toutes les armes nucléaires en 10 ans. Crédit: National Archives/Ronald Reagan Presidential Library

Présentation par Guillaume Sérina de son livre

 

"Reagan/Gorbatchev. Reykjavik 1986, le sommet de tous les espoirs"

 

      Il y a 30 ans, Reagan et Gorbatchev ont voulu éliminer les armes nucléaires de la planète. Ce fut un échec, mais la question mérite aujourd’hui d’être posée, dans un contexte international bien plus complexe qu’à l’époque : et si on décidait de vivre dans un monde sans arme nucléaire?

 

      Décrite par ses critiques comme un “dogme”, la dissuasion nucléaire coûte cher. Trop cher par rapport à son utilité stratégique dans le monde d’aujourd’hui, où elle semble inadaptée. Plusieurs voix respectées et des organisations se font entendre. Il est grand temps d’ouvrir le débat.  (…)

 

Lire l’article

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 23:10
Ils ont failli renoncer à l’arme nucléaire !

     Cela s’est passé à Reykjavik (Islande) il y a exactement 30 ans, les 11 et 12 octobre 1986, au cours d’un sommet américano-soviétique. Les discussions entre Reagan et Gorbatchev auraient pu se conclure par un accord historique sur l’élimination de l’armement nucléaire des deux grandes puissances en l’espace de 10 ans [1].

 

      Pour rappeler cet évènement, un livre passionnant vient d’être publié[2]Il révèle le contenu des débats et des négociations qui se sont déroulés au cours de cette rencontre, les réactions et les arguments échangés par les leaders des deux super- puissances, le rôle de leurs conseillers, les causes de l’échec.

 

     On comprend mieux par exemple comment l’obstination de Reagan – qui voulait rendre les armes nucléaires « impuissantes et obsolètes »- à conserver l’IDS [3] (Initiative de Désarmement Stratégique, plus connue sous le nom de Guerre des étoiles) est en grande partie responsable de l’échec du sommet.

 

     La rencontre de Reykjavik a néanmoins ouvert la voie à des traités de réduction des arsenaux nucléaires et à des accords concrets sur les fusées à portée intermédiaire et sur les armes stratégiques, mais il est vrai que l’objectif du désarmement nucléaire général n’a pas été atteint.

 

      Certains en tirent argument pour affirmer que cette idée est impossible à envisager, qu’elle est utopique, voire irresponsable ! Alors que la course aux armements (notamment nucléaires) reprend de plus belle aux Etats-Unis, en Chine, en Russie, que les discours bellicistes rappelant l’époque de la Guerre froide se multiplient, la France devrait au contraire manifester sa volonté de faire évoluer le « contexte stratégique », comme l’a souhaité François Hollande dans son discours d’Istres sur la dissuasion nucléaire (février 2015).

 

     Une occasion va lui être donnée dans les prochains mois, à l’ONU, de montrer, comme il l’affirmait dans ce même discours, que « l’outil diplomatique de la France, la politique étrangère de la France, restent pleinement mobilisés en faveur du désarmement ». Il suffira que la France ne s’oppose pas à la résolution « Pour faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire » déposée à l’ONU le 28 septembre 2016, soutenue par plus d’une centaine d’Etats.

 

     Ce projet prévoit que, dès 2017, une conférence de l’ONU négociera un traité d’interdiction des armes nucléaires conduisant à leur élimination totale, ce qui constituerait une avancée majeure pour le renforcement de la sécurité internationale et l’universalisation du régime de non-prolifération nucléaire.

 

« Le désarmement nucléaire ne peut pas être une incantation ou même une invitation ! Il doit être démontré et d’abord par l’Etat qui le proclame. » (François Hollande)

____________________________________________________________________

 

[1] Voir le reportage du JT d’Antenne 2 du 12 octobre 1986 (Claude Sérillon et Georges Bartoli).

 

[2] Lire les 11 premières pages du livre.

 

[3] J’avais eu l’occasion, comme ministre de la défense, de dénoncer fin 1985 ce projet délirant qui aurait conduit à une militarisation de l’espace….et qui sera abandonné par les Américains dans les années 90.

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez