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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 16:12
Brexit nucléaire ?

Beaucoup a été dit, écrit, commenté à propos de la décision de la majorité du peuple britannique de quitter l’Union Européenne. Il est par contre étrange que l’impact de cet évènement sur la force nucléaire de la Grande Bretagne n’ait pas encore été évoqué.

 

J’ai de la peine à imaginer que le Premier ministre David Cameron, instigateur imprudent du référendum, n’ait pas réfléchi à toutes les conséquences en série de ce vote négatif. C’est ainsi que l’indépendance de l’Ecosse, clairement revendiquée par la première ministre de l’Ecosse, Nicola Sturgeon (« le peuple écossais voit son avenir dans le cadre de l'Union européenne »), ne semble pas une hypothèse fantaisiste. En effet, dans le nouveau contexte, tout porte à croire que les Ecossais, qui ont voté non en septembre 2014 lors du premier référendum par peur d’une récession économique en cas d’indépendance, feront le choix contraire pour intégrer le marché économique européen.

 

Les Britanniques seraient alors dans l’obligation, dans les années qui suivront, de rapatrier leur arsenal nucléaire, actuellement basé à Faslane, à 40 Km de Glasgow. Le problème pour eux  est qu’ils ne disposent d’aucune base sous-marine nucléaire « de rechange ». Pour construire une telle base, il leur faudrait investir plusieurs dizaines de milliards de livres dans des travaux d’infrastructure. Le poids de ces dépenses, qui s’ajouteraient au programme de modernisation des armements nucléaires, estimé à 41 milliards de livres, serait insupportable pour le budget britannique.

 

Il n’est pas impossible, dans ces conditions, que se dégage une majorité politique en Grande Bretagne choisissant l’abandon progressif de l’arsenal nucléaire. Cette voie, qui ferait disparaître le pays de la scène des puissances nucléaires, lui permettrait de retrouver un certain prestige international.

 

Mais cet évènement pourrait également avoir une influence sur la posture nucléaire de la France, une France qui s’accroche au concept de dissuasion et envisage une modernisation coûteuse de ses forces nucléaires. De très nombreuses décisions doivent être prises en ce sens dans les prochaines années. Il est certain qu’une diminution - voire un arrêt - de la dissuasion nucléaire britannique aurait un triple impact sur la force de frappe française :

 

- impact budgétaire : la remise en cause du traité de coopération sur le programme de simulation des essais nucléaires (projet Epure, Traité de Lancaster House) entraînerait une nouvelle augmentation du coût et un net ralentissement de ce programme, qui a pour but de moderniser les futures ogives nucléaires.

 

- impact sur la crédibilité des ogives : la perte de savoir-faire et de maîtrise de la capacité scientifique qui en découlerait pourrait remettre en cause la sécurité et le fonctionnement des ogives nucléaires.

 

- impact diplomatique : devenant la seule puissance nucléaire au sein de l’Union Européenne, la France pourrait être l’objet de pressions politiques de plus en plus fortes de la part des pays opposés à l’armement nucléaire.

 

Les responsables politiques devront aussi tenir compte de l’évolution du contexte international, qui pourrait se traduire, dans quelques mois, par le vote à l’Assemblée générale des Nations-Unies d’une résolution lançant la négociation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires.

 

Il est à souhaiter que cette situation nouvelle fasse réfléchir en France ceux qui s’arc- boutent sur des concepts anciens et qui refusent tout débat sur la pertinence de l’armement nucléaire.

 

Si j’avais été un électeur britannique, je n’aurais certainement pas voté pour le Brexit, malgré les nombreuses et graves insuffisances du fonctionnement actuel de l’Union européenne. Par contre, militant pour le désarmement nucléaire et analysant l’effet que pourrait avoir le Brexit sur le nucléaire militaire, j’ai tendance à reprendre le proverbe qui dit « A quelque chose malheur est bon » !

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense

Président d'IDN

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20 juin 2016 1 20 /06 /juin /2016 15:24
Visite au pays des sous-marins nucléaires

Invité il y a quelques jours par l'Université européenne de la paix à Brest, je suis intervenu sur le thème de la dissuasion nucléaire.

 

Cette rencontre, à deux pas de l'Ile Longue, base des SNLE (Sous-marins Nucléaires Lanceurs d'Engins), a été pour moi une occasion de redire la nécessité d'engager un vrai débat sur ce sujet majeur, trop souvent occulté en France, comme je l'explique fréquemment sur ce blog, dans les médias, avec le soutien de l'association IDN

 

Regarder le reportage de France 3 Bretagne (1'54)

 

Lire l'article du magazine "Le Peuple breton"

Visite au pays des sous-marins nucléaires
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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 10:21
La dissuasion nucléaire, obstacle à la paix

Intervention de Paul Quilès au cours de cette rencontre internationale

 

"Un autre monde est (toujours) possible" 

 

 

Un grand dirigeant international a dit : « s’il n’y a pas eu de catastrophe nucléaire depuis les années 50, ce n’est pas en raison de l’intelligence des responsables politiques mais grâce à la chance ! » Si cela est vrai, il est terrible de penser que l’on a abandonné le sort de l’humanité et de la planète à la chance.

 

Cela peut encore être le cas aujourd’hui, car, 71 ans après les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki, le risque nucléaire n’a pas disparu et la dissuasion nucléaire est un des principaux obstacles à l’instauration d’une paix durable dans le monde.

 

Je vais vous en donner 4 preuves et faire 2 propositions concernant la façon dont on pourrait sortir de la logique de la dissuasion nucléaire.

 

1) J’affirme que l’accumulation d’arsenaux nucléaires ayant une capacité démesurée de destruction est en elle-même une menace constante pour la paix.

 

Il existe actuellement plus de 16 000 armes nucléaires dans le monde ; environ 95 % de ces armes se trouvent dans les forces américaines et russes. Des centaines d’entre elles sont déployées dans le cadre de procédures d’alerte qui permettent le déclenchement en quelques minutes d’un tir d’une puissance démesurée, de 10 à 30 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima. Or on connaît aujourd’hui de nombreux exemples d’erreurs d’évaluation ou de défaillances des systèmes de détection qui auraient pu conduire à un échange catastrophique de tirs nucléaires.

 

À ces dangers d’accident nucléaire s’ajoutent ceux créés par l’actuelle situation géopolitique. Pendant toute la durée de la Guerre froide, le risque du tir par erreur a pu être conjuré malgré des situations de grande tension (pensons à la crise de Cuba en 1962).

 

Mais nous ne vivons plus à présent dans le monde bipolaire globalement stable de la Guerre froide. Dans la situation actuelle d’indétermination stratégique quant aux « lignes rouges » des protagonistes nucléaires, des affrontements directs entre ces protagonistes ne sont plus à exclure, par exemple en Crimée ou en mer de Chine.

 

Cette situation est d’autant plus dangereuse qu’on assiste à une tendance à l’accroissement de la précision des armes nucléaires. Les États-Unis développent actuellement, en particulier pour le théâtre européen, une bombe qu’ils qualifient de « première arme nucléaire guidée de précision ».

 

Compte tenu de la situation géostratégique actuelle, il est difficile de ne pas voir dans cette course à la précision des armes nucléaires l’acceptation d’une possible bataille nucléaire aux conséquences humanitaires et écologiques totalement catastrophiques ?

 

2) J’affirme que la dissuasion nucléaire établit entre les principales puissances une relation de défiance, qui rend plus difficile leur dialogue pour le maintien de la sécurité internationale.

 

Il ne peut pas y avoir de négociation sur les principaux différends internationaux sans implication des principales puissances nucléaires, ne serait-ce que parce que certaines de ces puissances sont aussi membres permanents du Conseil de sécurité.

 

Or, dans la situation actuelle d’impasse dans tous les domaines du désarmement nucléaire, les relations stratégiques entre les États-Unis, la Russie ou la Chine sont de plus en plus dominées par leur antagonisme nucléaire

 

Le dépassement de cet antagonisme passe donc par une relance du désarmement nucléaire. C’est essentiel pour permettre le retour à une coopération plus confiante, notamment au sein du Conseil de sécurité, afin de progresser dans le règlement des crises internationales les plus déstabilisantes, comme par exemple le conflit syrien.

 

3) J’affirme que la dissuasion nucléaire est une incitation à la prolifération.

 

En elle-même, la stratégie de dissuasion nucléaire constitue une incitation à sortir du régime de non-prolifération nucléaire. Les pays dotés de l’arme nucléaire déclarent fonder leur sécurité sur la possession de cette arme et proclament qu’elle est seule de nature à les protéger contre toute agression. Alors, comment s’étonner que d’autres cherchent à terme à se doter de la même garantie, compte tenu en particulier de la diffusion croissante des savoir-faire nucléaires dans le cadre civil ?

 

Le régime de non-prolifération apparaît à beaucoup de pays comme discriminatoire, puisque certains États (dotés de l’arme nucléaire) ont accès à des garanties de sécurité interdites aux autres. La légitimité du traité de non-prolifération (TNP) est donc fragile, comme le montre d’ailleurs l’échec de sa dernière conférence d’examen.

 

Il n’y aura donc de consolidation durable du régime de non-prolifération que si les pays nucléaires remplissent l’obligation de désarmement nucléaire inscrite à l’article VI du TNP. Dans le cas contraire, le régime de non-prolifération ne pourrait reposer en dernière analyse que sur la force et la contrainte, perspective à long terme illusoire.

 

4) J’affirme qu’il est inexact de prétendre qu’un monde sans armes nucléaires serait plus dangereux.

 

Certains experts qui bénéficient en France d’une audience privilégiée (cf. film France 5 « la France, le Président et la bombe ») estiment qu’il est impossible de « faire rentrer le génie nucléaire dans sa bouteille ». Ils affirment que, dans un régime d’interdiction de l’arme nucléaire, l’incitation à la fraude serait considérable en raison de l’avantage stratégique qu’obtiendrait un éventuel contrevenant. A cette objection je réponds que l’actuel régime de non-prolifération montre précisément qu’il est possible d’interdire l’accès à l’arme nucléaire aux pays qui ne la détiennent pas actuellement.

 

Des solutions techniques comme le perfectionnement des mécanismes de vérification de l’AIEA, l’interdiction de l’enrichissement national de l’uranium ou des obligations strictes de transparence peuvent considérablement renforcer ce régime.

 

Les détenteurs de fait de l’arme nucléaire (Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord) le sont en raison de circonstances historiques particulières et parce qu’ils bénéficient de la tolérance d’une ou plusieurs grandes puissances. Si ces puissances faisaient le choix du désarmement, elles ne pourraient que mettre un terme à cette tolérance, d’ailleurs considérée comme provisoire dans les textes pertinents de l’ONU.

 

Je considère que l’élimination des armes nucléaires fait partie des intérêts communs de l’humanité (au même titre que la lutte contre les effets du réchauffement climatique) et qu’il faut donc substituer à la logique de la dissuasion celle du désarmement et de la sécurité collective.

 

Il faut être conscient que les conséquences humanitaires et écologiques d’un seul tir nucléaire, nécessairement suivi d’autres en représailles, seraient catastrophiques. Le seul moyen de s’en prémunir de manière assurée est d’interdire l’arme nucléaire.

 

En effet, la simple possession de cette arme porte en elle le risque de son emploi, puisque la stratégie de dissuasion n’est supposée fonctionner qu’à condition que toutes les dispositions soient prises pour sa mise en œuvre sous faible préavis, y compris dans le contexte d’un échange de tirs nucléaires.

 

L’élimination des armes nucléaires est donc de l’intérêt de tous les peuples, dès lors qu’elle est réalisée sous un contrôle effectif et de manière progressive, en vue d’éviter toute déstabilisation stratégique.

 

Je voudrais également souligner que, dans le contexte stratégique actuel, l’arme nucléaire n’a aucune pertinence face aux crises : elle n’a pas dissuadé la Russie d’annexer la Crimée, pas plus qu’elle n’a dissuadé la Chine de militariser certains îlots contestés dans les eaux qui l’environnent, ni Daesh de mener des opérations terroristes.

 

Quant à l’efficacité de la « dissuasion élargie » qui est à la base de la doctrine militaire de l’OTAN, elle est plus que douteuse. C’est une stratégie qui n’a pour but que de rassurer des pays sur lesquels ne pèse pourtant aucune menace directe et immédiate.

                                                     

J’en viens à mes 2 propositions

 

1) L’intérêt bien compris des puissances nucléaires devrait être, plutôt que de se lancer dans des programmes de modernisation extrêmement coûteux, de négocier des accords de maîtrise de leurs armements, ce qui présenterait le double avantage de leur éviter des dépenses inutiles et de renforcer leur sécurité commune.

 

2) Concernant l’ensemble des pays, une démarche comme celle qu’ont engagée de nombreux Etats à l’ONU devrait conduire à mettre en place un régime d’interdiction de l’ensemble des armes de destruction massive qu’elles soient nucléaires, chimiques ou biologiques.

 

Un monde sans armes nucléaires serait un monde d’où seraient bannies certaines catégories particulières d’armes en raison de leurs caractéristiques inacceptables d’un point de vue humanitaire.

 

Ce régime d’interdiction devrait naturellement faire l’objet de règles et de procédures de vérification particulièrement strictes.

Il devrait être consolidé par des mécanismes renforcés de non-prolifération passant notamment par l’internationalisation du cycle du combustible.

Il ne pourrait enfin être instauré qu’au terme d’un processus progressif de désarmement, dont la relance est à présent devenue urgente, en ce qui concerne en particulier :

- l’interdiction complète des essais (le traité TICE n'est toujours pas ratifié par les Etats-Unis);

- l’interdiction de la production de matières fissiles à fins militaires;

- l’extension des zones dénucléarisées, notamment au Moyen-Orient.

 

C’est ainsi que pourraient être posés les jalons du passage progressif de la logique de dissuasion à une logique de sécurité collective, dans laquelle l’ensemble des États se coaliseraient pour maintenir et défendre, dans l’intérêt de l’humanité tout entière, les régimes d’interdiction de l’arme nucléaire et, plus généralement, de toutes les armes de destruction massive.

*****

Pour lutter contre l'indifférence qui entoure ce sujet (partis politiques, parlementaires, médias...), j'ai créé l'association IDN*, dont l'engagement rejoint celui de très nombreuses personnalités internationales ayant exercé de hautes fonctions..

 

* Voir le Comité de parrainage d'IDN

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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 09:01
L'hypocrisie

     Si la visite de Barack Obama, premier président américain en exercice à se rendre sur le site d’Hiroshima, restera dans les livres d’histoire, ce ne sera malheureusement pas le cas de son discours…

     Certes, la compassion devant les victimes des bombardements atomiques a été forte, avec l’évocation des souffrances endurées par les  populations civiles, accompagnée de formules choc telles que la « mort tombée du ciel », « la lumière aveuglante », « le mur de feu ».

      Mais il est décevant d’entendre Barack Obama répéter qu’il sera difficile d’achever durant sa vie ce vœu d’un « monde sans armes nucléaires », laissant entendre que la modernisation des arsenaux est aujourd’hui un choix obligatoire…

     Nous aurions souhaité non seulement qu’il dise sa volonté d’un « monde sans armes nucléaires », mais surtout qu’il annonce les gestes politiques forts qu’il allait consacrer au cours des derniers mois de sa présidence.

    Le Président a appelé à une « révolution morale », sans remarquer que celle-ci s’est déjà manifestée: par exemple avec la création de « zones exemptes d’armes nucléaires » (Amérique latine et les Caraïbes, le Pacifique, l’Asie centrale, l’Afrique, l’Antarctique, la Mongolie, l’Asie du Sud-est), ou encore avec les intenses réunions à l’ONU qui montrent la volonté de nombreux Etats (plus d’une centaine) de vouloir mettre en œuvre un traité d’interdiction des armes nucléaires.

     Mais peut-être le Président Obama lançait-il cet appel en direction des dirigeants des puissances nucléaires…dont il fait partie!

     Cette journée pourra difficilement être qualifiée d’historique, puisque le prix Nobel de la paix n’a pas apporté de réponse concrétisant son engagement de Prague* de 2009 . Il n’aura fait que reprendre sa fameuse phrase pour l’adapter au contexte d’Hiroshima : « Nous connaissons la douleur de la guerre. Ayons le courage, ensemble, de répandre la paix et de construire un monde sans armes nucléaires »…

* Barack Obama à Prague, le 5 avril 2009 : “J’affirme clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à bâtir un monde débarrassé des armes nucléaires.”

       Lu sur le site d'IDN

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Je viens de recevoir ce commentaire d'une amie:

"  Je souscris entièrement à ton analyse des propos d'Obama au Japon. "La Mort tombée du ciel"," la lumière aveuglante", "le mur de feu" et autres métaphores bibliques dont il a agrémenté son discours tendraient à accréditer le fait que cette bombe fut une espèce de châtiment de Dieu, or cette bombe est bien tombée d'un avion américain, qui n'a rien à voir avec le bras de Dieu. 

Cette rhétorique aux accents bibliques que beaucoup de commentateurs ont appréciée, a bâti un discours lyrique qui certes, poétiquement parlant, avait de la force, mais que vient faire la poésie dans la mort de centaines de milliers d'innocents? La décence eût été de parler de la folie des hommes et du danger nucléaire.

Amicalement

Annie Massacry, écrivain "

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 11:58
Barack Obama à Prague, le 5 avril 2009 : "J’affirme clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à bâtir un monde débarrassé des armes nucléaires."

Barack Obama à Prague, le 5 avril 2009 : "J’affirme clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à bâtir un monde débarrassé des armes nucléaires."

Obama hypocrite! 

A Hiroshima, pour cette visite "historique", on a eu droit de la part de Barack Obama à un discours convenu, à base de formules creuses, sans contenu pratique.

Quelle déception que cette attitude de l'ancien prix Nobel de la paix, récompensé après son discours prometteur de Prague en 2009, où il disait son attachement à l'objectif d'un monde sans armes nucléaires!

Ce n'est pas une raison pour baisser les bras et il faut continuer à expliquer, comme nous le faisons avec IDN , pourquoi ces armes représentent plus un danger qu'une sécurité.

Je vous recommande la lecture de cet article qui fait bien le point sur "l'enterrement de la belle ambition" de Barack Obama.
 
Il faut également lire cette analyse pertinente de deux physiciens américains du MIT sur le coût et la pertinence de la dissuasion nucléaire des Etats-Unis: "Moderniser la force de dissuasion américaine: à quel prix?"
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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 10:07
Photographies des bombardements atomiques américains à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. AHN YOUNG-JOON / AP

Photographies des bombardements atomiques américains à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. AHN YOUNG-JOON / AP

Cet article d' Edouard Pflimlin , journaliste et chercheur en relations internationales, a été publié sur le site du Monde.fr

 

Une nouvelle initiative française en faveur

du désarmement nucléaire

 

Paul Quilès, l’ancien ministre de la défense socialiste (1985-1986) lors du premier mandat de François Mitterrand, lance aux côtés de Bernard Norlain, ancien chef du cabinet militaire des premiers ministres Jacques Chirac et Michel Rocard, et des experts nucléaires, Jean-Marie Collin et Michel Drain, « Initiatives pour le désarmement nucléaire » (IDN).

 

Selon les acteurs de cette initiative, parrainée notamment par Nicolas Hulot, et présentée en fin de semaine dernière, le monde a changé, rendant caduques les stratégies du siècle dernier :

 

« Après avoir connu durant la guerre froide une certaine légitimité (d’ailleurs maintenant contestée), l’armement nucléaire a perdu aujourd’hui l’essentiel de sa pertinence stratégique. La dissuasion nucléaire est une sorte de ligne Maginot : un dispositif lourd, coûteux, qui ne correspond pas aux besoins de notre sécurité. Personne ne croit véritablement à l’utilité de l’armement nucléaire dans les conflits actuels (Moyen-Orient, Afrique, Ukraine…) ou pour combattre le terrorisme.

 

C’est l’existence même de ces armes qui représente un danger mortel pour l’humanité. Après la folle course aux armements qu’a connue le monde pendant quarante-cinq ans, il reste en effet environ 15 800 armes nucléaires dans le monde, sans aucun contrôle autre que national. Les risques d’accident ou d’incident ainsi que le terrorisme sous toutes ses formes constituent autant de risques d’une escalade nucléaire qui serait terriblement destructrice, instantanément et pour des siècles. »

 

Empêcher une nouvelle course aux armements

 

Deux ruptures stratégiques, notamment, appellent à modifier profondément la perception du fait nucléaire militaire : la montée des tensions entre la Russie et les pays occidentaux et les nouvelles menaces terroristes. Or, l’arme nucléaire n’a ici aucune pertinence, souligne IDN "Elle n'a aucunement protégé du terrorisme planétaire", rappelle M. Quilès.

 

L’un des enjeux majeurs reste d’empêcher une nouvelle course aux armements nucléaires avec la Russie. A cela, on peut ajouter le risque de prolifération dans certains pays, le plus élevé concernant la Corée du Nord qui posséderait déjà une dizaine de bombes atomiques. Dans un monde – jadis bipolaire – où les centres de pouvoir se multiplient, le nucléaire ne peut être la seule clé de notre défense, ce n’est plus pertinent, souligne Bernard Norlain, ajoutant que l’éclatement stratégique crée une réelle instabilité.

 

La dissuasion est remise en question, alors que des doutes sont de plus en plus répandus sur l’efficacité dissuasive de la bombe atomique depuis 1945 (lire notre compte-rendu). « Tous les maux du XXIsiècle ne sont pas solubles dans le nucléaire », conclut M. Norlain.

 

Il est donc urgent d’agir pour que ces armes fassent l’objet d’un processus d’élimination générale, progressif et contrôlé. C’est ce que prévoit d’ailleurs le traité de non-prolifération (TNP), dont la France est signataire. Le désarmement ne peut être unilatéral, soulignent les promoteurs d’IDN ; il doit être multilatéral pour être efficace. Une telle action ne peut pas être seulement entreprise au niveau des gouvernements nationaux ; elle doit être aussi suscitée et soutenue par une majorité de citoyens. IDN veut donc rouvrir un débat qu’il juge verrouillé par le « lobby nucléaire » et donc de facto inexistant.

 

Déni de démocratie

     

IDN souhaiterait que la dissuasion nucléaire, elle-même, soit questionnée, notamment lors de la prochaine campagne présidentielle. L’enjeu est de taille : celui de la sécurité des Français. On assure qu’elle serait garantie par l’arme nucléaire. C’est une erreur ou une tromperie, identique à ce qu’était la ligne Maginot en 1939, assurent les promoteurs d’IDN. Clé de voûte de la défense française, la dissuasion nucléaire n’est que peu présente dans le débat public français où règne un consensus assez large des responsables politiques, militaires et industriels.

 

M. Quilès dénonce donc le faux consensus, « l’enfumage », qui règne sur le nucléaire et le déni de démocratie qui existe dans notre pays. Il donne un exemple récent : dans le documentaire La France, le président et la bombe, diffusé le 22 mars sur France 5, il est annoncé, pour la première fois et sans donner de détails précis, qu’en cas de défaillance du président de la République en temps de guerre, un « inconnu », une personne située en province et désignée par le président, dispose de l’arme nucléaire et des codes pour l’utiliser ! Cette situation est « scandaleuse » et un vrai « déni de la Constitution » qui prévoit dans son article 7 qu’en cas d’empêchement c’est le président du Sénat qui remplace le président de la République, souligne M. Quilès.

 

Risque d’affaiblir la défense conventionnelle

Ce dernier va interpeller le président François Hollande sur ce déni démocratique pour obtenir des clarifications. « Un monarque républicain a-t-il le droit de désigner une personne inconnue pour le feu nucléaire ? », s’inquiète Paul Quilès. Jean-Marie Collin dénonce, lui, le coût du programme militaire nucléaire qui doit passer à 6 milliards par an d’ici à 2017 (contre 3,2 milliards actuellement). Il y a un risque en consacrant trop d’argent au nucléaire d’affaiblir la défense conventionnelle, pourtant indispensable face aux menaces comme le terrorisme. Un risque de « perte de crédibilité » de la défense, selon M. Collin.

 

Dans cette démarche, IDN a le soutien de nombreuses personnalités. Ce sont des responsables politiques, d’anciens chefs d’Etat, des généraux qui ont eu à connaître de près le développement de l’arme nucléaire. Parmi eux figure le Russe Mikhaïl Gorbatchev, qui avait proposé en 1986 au président américain Ronald Reagan un désarmement nucléaire complet à l’échéance d’une quinzaine d’années, le Français Michel Rocard, l’Allemand Joschka Fischer ou encore l’Américain Henry Kissinger.

 

Cette démarche rejoint aussi celle du président américain, Barack Obama. Ce dernier se rendra à Hiroshima, au Japon, le 27 mai, sur le parc du mémorial de la paix, à l’endroit où fut larguée la bombe atomique par l’avion B-29 Enola Gay, le 6 août 1945. La Maison Blanche affirme que le but de cette visite est de « souligner l’engagement en faveur de la paix et de la sécurité dans un monde sans armes nucléaires ».

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:53
Lettre au Président Obama

Cette lettre, que j'adresse à Barack Obama,

 

quelques jours avant sa visite historique à  Hiroshima,

 

a été publiée

 

par le Huffington Post en France et aux Etats-Unis

 

 

Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique,

 

      Premier président américain en exercice à se rendre à Hiroshima, au Ground Zero, vous allez marquer l’histoire de votre nation, mais vous pourrez aussi marquer celle de l’humanité. Vous avez sans doute raison de laisser aux historiens le débat sur le bien-fondé de la décision du Président Harry Truman de recourir à l'arme atomique, puisque nous ne pouvons pas réécrire le passé. En revanche, vous détenez les clés du débat sur la pertinence et les dangers de l’armement nucléaire, qui engage notre avenir.

 

      A Prague, en 2009, vous avez dit votre attachement à l'objectif d'un monde sans armes nucléaires. A Berlin, en 2013, vous avez affirmé que « La paix dans la justice passe par la recherche d’un monde sans armes nucléaires ». Il y a un an, vous avez contribué à la signature de l’accord avec l’Iran, qui représente une victoire indéniable dans la lutte  contre la prolifération nucléaire.

 

      Mais qu’en est-il du désarmement nucléaire ? Le régime du TNP (Traité de Non- Prolifération) est malade, faute d’une volonté claire des puissances nucléaires pour réduire les arsenaux. Le dialogue avec la Russie sur la suite du traité « New Start » n’avance pas, et pendant ce temps, des tensions prennent forme, tandis que vous et vos alliés poursuivez une modernisation active de vos forces nucléaires. Ces armes, faut-il le rappeler, sont d’une puissance sans comparaison avec celle de Little boy et Fat man, utilisées à Hiroshima et Nagasaki et elles sont susceptibles de causer des catastrophes humanitaires sans précédent.

 

      Quelques heures avant de vous recueillir dans le parc du Mémorial de la paix d’Hiroshima, vous participerez à la réunion du G7 à Ise-Shima, où vous rencontrerez le Président Hollande et le premier Ministre Cameron. J’espère que ce sera pour vous l’occasion d’aborder la question du désarmement nucléaire avec ces représentants de deux pays détenteurs, comme les Etats-Unis, de l’arme atomique.

 

      C’est en tout cas ce que je souhaite, ayant apprécié votre initiative en faveur de la tenue de Sommets sur la sécurité nucléaire, initiative soutenue par l’organisation américaine NTI (« Nuclear Threat Initiative »), partenaire d’IDN (« Initiatives pour le Désarmement Nucléaire »), association que je préside.

 

    Un prolongement de vos efforts pourrait consister à proposer la convocation d’un Sommet mondial visant à mettre au point un processus multilatéral de désarmement nucléaire. Il pourrait aussi être envisagé que, lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU, les Etats-Unis soutiennent une résolution proposant la préparation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires.

 

       C’est ainsi, me semble-t-il, que pourra se bâtir ce « monde de paix dans la justice » que vous avez appelé de vos vœux dans votre discours de Berlin.

 

      Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes meilleurs sentiments.

 

Paul Quilès,

ancien ministre de la défense, France

           Président d’IDN

 

 

Initiatives pour le Désarmement Nucléaire - IDN, est une organisation française créée par Paul Quilès, Président d'IDN et ancien ministre de la défense, Général Bernard Norlain Vice-président d'IDN, Jean-Marie Collin Vice-président d'IDN, expert.       

Lettre au Président Obama
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 15:35
Contribuez à notre sécurité

                        Chères lectrices et chers lecteurs de ce blog

 

    Aujourd’hui, plus que jamais, la sécurité est un enjeu essentiel pour le monde et pour notre pays.

 

   Avec de nombreuses personnalités internationales et françaises, je constate que l’arme nucléaire représente en 2016 ce qu’était la ligne Maginot en 1939: un équipement sans intérêt stratégique et coûteux.

 

  C’est pourquoi, comme vous le savez probablement, j’ai créé une association, dont le but est d'œuvrer à l'élimination progressive et équilibrée des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l'édification d'un monde plus sûr, débarrassé d'une arme qui, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, pourrait faire disparaître toute vie de la planète.

 

 Cette association, Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN), que je préside, a besoin de vous, de vos idées, de votre participation à notre action ou, tout simplement de votre aide financière, même modeste.

   

     Si vous voulez partager cet engagement, soutenez-nous en nous renvoyant le coupon réponse ci-dessous.

 

    Très cordialement.


                         Paul Quilès, 

                        Président d'IDN, ancien ministre de la défense 

 

 
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        Principaux objectifs d'IDN : 
  • montrer que la dissuasion nucléaire ne permet pas d'affronter les menaces du monde d'aujourd'hui, alors que l'importance de son coût réduit notre capacité d'action contre les risques réels ;
  • expliquer pourquoi la France renforcerait son influence diplomatique en jouant un rôle actif dans le processus progressif et simultané de désarmement nucléaire;
  • diffuser l'information la plus complète possible sur le rôle et les dangers de l'armement nucléaire dans le nouvel état du monde (livre, film, bande dessinée, site Internet, colloques…) ;
  • organiser un large soutien à cette politique, en relation avec des organisations qui partagent les objectifs d'IDN, en France et à l'étranger;
  • élaborer des propositions concrètes concernant tous les aspects du processus de désarmement nucléaire.     

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 17:30
Les dangers de l'armement nucléaire

      Pour en savoir plus sur les dangers que fait peser sur l'humanité le prolongement des politiques fondées sur l'armement nucléaire, je vous recommande:

 

  •  de consulter le site d'ELN (European Leadership Nerwork), partenaire de l'association IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), que je préside.

                         Consulter ICI

 

  • de lire l'article "le combat contre le terrorisme nucléaire", que j'ai signé avec Malcolm Rifkind (ancien ministre britannique des Affaires étrangères et de la Défense), David Owen (ancien secrétaire d’état britannique aux Affaires étrangères), Bernard Norlain (Général d'armée aérienne, Vice-Président IDN)

                          Lire ICI         Traduction en français  ICI

 

  • de lire l'article de Carlo Trezza, ambassadeur d'Italie "où étaient les leaders mondiaux pendant les commémorations d'Hiroshima et Nagasaki?" (article publié le 28 août 2015 et republié après la récente visite des ministres du G7 à Hiroshima... voir aussi mon article "Les hypocrites!")

                            Lire ICI

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 16:15
Une catastrophe nucléaire ne s’arrêterait pas à nos frontières

   À l’heure où la plus haute autorité militaire française* évoque imprudemment l’utilisation d’armes nucléaires contre des groupes terroristes comme Daesh, le quatrième Sommet sur la sécurité Nucléaire pose les bonnes questions face aux menaces terroristes liées aux matières et aux armes nucléaires.

 

     Une cinquantaine de chefs d’Etat (dont F. Hollande) sont à Washington en ce moment (31 mars - 1er avril) pour cet ultime Sommet - initié par B. Obama en 2010 - qui vise à prévenir l'acquisition d'armes nucléaires ou de matières fissiles permettant de fabriquer des bombes sales par des Etats ou des organisations terroristes.

 

    Le risque d’attentat nucléaire semble ne pas être à négliger, au vu des déclarations de Yukiya Amano, Directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et des cas récents de menaces terroristes sur des installations nucléaires civiles et militaires (Belgique), comme le souligne l’organisation britannique ELN (European Leadership Network).

 

   Les dirigeants - et la France en particulier - doivent accélérer les efforts visant à prévenir cette menace et poursuivre leurs travaux au-delà de ce Sommet pour créer des normes mondiales pour sécuriser toutes les matières nucléaires (civiles et militaires). À ce titre, il ne faut pas oublier que 83% des « matières nucléaires sont militaires et se trouvent hors de portée des normes internationales actuelles en matière de sécurité, de mécanismes et de mesures de confiance.

 

  L'association IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), que je préside, souscrit à l’appel lancé par son partenaire américain NTI (Nuclear Threat Initiative) pour prévenir le terrorisme nucléaire : « toutes les nations doivent agir pour prévenir le terrorisme nucléaire et une nouvelle course aux armements ».

 

  La France, puissance nucléaire, doit prendre la suite de cette initiative américaine et proposer la préparation d’un nouveau Sommet sur la sécurité nucléaire, où les contrôles et les mesures de désarmement et de non prolifération nucléaire seront cette fois au cœur d’un tel processus.

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* Général Pierre de Villiers, chef d'Etat major des armées: "je suis persuadé que nous avons à réfléchir sur cette évolution du terrorisme international qui se transformerait en Etat. Cette réflexion doit être corrélée au concept de la dissuasion nucléaire".

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dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez