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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 10:07
Photographies des bombardements atomiques américains à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. AHN YOUNG-JOON / AP

Photographies des bombardements atomiques américains à Hiroshima et à Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. AHN YOUNG-JOON / AP

Cet article d' Edouard Pflimlin , journaliste et chercheur en relations internationales, a été publié sur le site du Monde.fr

 

Une nouvelle initiative française en faveur

du désarmement nucléaire

 

Paul Quilès, l’ancien ministre de la défense socialiste (1985-1986) lors du premier mandat de François Mitterrand, lance aux côtés de Bernard Norlain, ancien chef du cabinet militaire des premiers ministres Jacques Chirac et Michel Rocard, et des experts nucléaires, Jean-Marie Collin et Michel Drain, « Initiatives pour le désarmement nucléaire » (IDN).

 

Selon les acteurs de cette initiative, parrainée notamment par Nicolas Hulot, et présentée en fin de semaine dernière, le monde a changé, rendant caduques les stratégies du siècle dernier :

 

« Après avoir connu durant la guerre froide une certaine légitimité (d’ailleurs maintenant contestée), l’armement nucléaire a perdu aujourd’hui l’essentiel de sa pertinence stratégique. La dissuasion nucléaire est une sorte de ligne Maginot : un dispositif lourd, coûteux, qui ne correspond pas aux besoins de notre sécurité. Personne ne croit véritablement à l’utilité de l’armement nucléaire dans les conflits actuels (Moyen-Orient, Afrique, Ukraine…) ou pour combattre le terrorisme.

 

C’est l’existence même de ces armes qui représente un danger mortel pour l’humanité. Après la folle course aux armements qu’a connue le monde pendant quarante-cinq ans, il reste en effet environ 15 800 armes nucléaires dans le monde, sans aucun contrôle autre que national. Les risques d’accident ou d’incident ainsi que le terrorisme sous toutes ses formes constituent autant de risques d’une escalade nucléaire qui serait terriblement destructrice, instantanément et pour des siècles. »

 

Empêcher une nouvelle course aux armements

 

Deux ruptures stratégiques, notamment, appellent à modifier profondément la perception du fait nucléaire militaire : la montée des tensions entre la Russie et les pays occidentaux et les nouvelles menaces terroristes. Or, l’arme nucléaire n’a ici aucune pertinence, souligne IDN "Elle n'a aucunement protégé du terrorisme planétaire", rappelle M. Quilès.

 

L’un des enjeux majeurs reste d’empêcher une nouvelle course aux armements nucléaires avec la Russie. A cela, on peut ajouter le risque de prolifération dans certains pays, le plus élevé concernant la Corée du Nord qui posséderait déjà une dizaine de bombes atomiques. Dans un monde – jadis bipolaire – où les centres de pouvoir se multiplient, le nucléaire ne peut être la seule clé de notre défense, ce n’est plus pertinent, souligne Bernard Norlain, ajoutant que l’éclatement stratégique crée une réelle instabilité.

 

La dissuasion est remise en question, alors que des doutes sont de plus en plus répandus sur l’efficacité dissuasive de la bombe atomique depuis 1945 (lire notre compte-rendu). « Tous les maux du XXIsiècle ne sont pas solubles dans le nucléaire », conclut M. Norlain.

 

Il est donc urgent d’agir pour que ces armes fassent l’objet d’un processus d’élimination générale, progressif et contrôlé. C’est ce que prévoit d’ailleurs le traité de non-prolifération (TNP), dont la France est signataire. Le désarmement ne peut être unilatéral, soulignent les promoteurs d’IDN ; il doit être multilatéral pour être efficace. Une telle action ne peut pas être seulement entreprise au niveau des gouvernements nationaux ; elle doit être aussi suscitée et soutenue par une majorité de citoyens. IDN veut donc rouvrir un débat qu’il juge verrouillé par le « lobby nucléaire » et donc de facto inexistant.

 

Déni de démocratie

     

IDN souhaiterait que la dissuasion nucléaire, elle-même, soit questionnée, notamment lors de la prochaine campagne présidentielle. L’enjeu est de taille : celui de la sécurité des Français. On assure qu’elle serait garantie par l’arme nucléaire. C’est une erreur ou une tromperie, identique à ce qu’était la ligne Maginot en 1939, assurent les promoteurs d’IDN. Clé de voûte de la défense française, la dissuasion nucléaire n’est que peu présente dans le débat public français où règne un consensus assez large des responsables politiques, militaires et industriels.

 

M. Quilès dénonce donc le faux consensus, « l’enfumage », qui règne sur le nucléaire et le déni de démocratie qui existe dans notre pays. Il donne un exemple récent : dans le documentaire La France, le président et la bombe, diffusé le 22 mars sur France 5, il est annoncé, pour la première fois et sans donner de détails précis, qu’en cas de défaillance du président de la République en temps de guerre, un « inconnu », une personne située en province et désignée par le président, dispose de l’arme nucléaire et des codes pour l’utiliser ! Cette situation est « scandaleuse » et un vrai « déni de la Constitution » qui prévoit dans son article 7 qu’en cas d’empêchement c’est le président du Sénat qui remplace le président de la République, souligne M. Quilès.

 

Risque d’affaiblir la défense conventionnelle

Ce dernier va interpeller le président François Hollande sur ce déni démocratique pour obtenir des clarifications. « Un monarque républicain a-t-il le droit de désigner une personne inconnue pour le feu nucléaire ? », s’inquiète Paul Quilès. Jean-Marie Collin dénonce, lui, le coût du programme militaire nucléaire qui doit passer à 6 milliards par an d’ici à 2017 (contre 3,2 milliards actuellement). Il y a un risque en consacrant trop d’argent au nucléaire d’affaiblir la défense conventionnelle, pourtant indispensable face aux menaces comme le terrorisme. Un risque de « perte de crédibilité » de la défense, selon M. Collin.

 

Dans cette démarche, IDN a le soutien de nombreuses personnalités. Ce sont des responsables politiques, d’anciens chefs d’Etat, des généraux qui ont eu à connaître de près le développement de l’arme nucléaire. Parmi eux figure le Russe Mikhaïl Gorbatchev, qui avait proposé en 1986 au président américain Ronald Reagan un désarmement nucléaire complet à l’échéance d’une quinzaine d’années, le Français Michel Rocard, l’Allemand Joschka Fischer ou encore l’Américain Henry Kissinger.

 

Cette démarche rejoint aussi celle du président américain, Barack Obama. Ce dernier se rendra à Hiroshima, au Japon, le 27 mai, sur le parc du mémorial de la paix, à l’endroit où fut larguée la bombe atomique par l’avion B-29 Enola Gay, le 6 août 1945. La Maison Blanche affirme que le but de cette visite est de « souligner l’engagement en faveur de la paix et de la sécurité dans un monde sans armes nucléaires ».

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 06:53
Lettre au Président Obama

Cette lettre, que j'adresse à Barack Obama,

 

quelques jours avant sa visite historique à  Hiroshima,

 

a été publiée

 

par le Huffington Post en France et aux Etats-Unis

 

 

Monsieur le Président des Etats-Unis d’Amérique,

 

      Premier président américain en exercice à se rendre à Hiroshima, au Ground Zero, vous allez marquer l’histoire de votre nation, mais vous pourrez aussi marquer celle de l’humanité. Vous avez sans doute raison de laisser aux historiens le débat sur le bien-fondé de la décision du Président Harry Truman de recourir à l'arme atomique, puisque nous ne pouvons pas réécrire le passé. En revanche, vous détenez les clés du débat sur la pertinence et les dangers de l’armement nucléaire, qui engage notre avenir.

 

      A Prague, en 2009, vous avez dit votre attachement à l'objectif d'un monde sans armes nucléaires. A Berlin, en 2013, vous avez affirmé que « La paix dans la justice passe par la recherche d’un monde sans armes nucléaires ». Il y a un an, vous avez contribué à la signature de l’accord avec l’Iran, qui représente une victoire indéniable dans la lutte  contre la prolifération nucléaire.

 

      Mais qu’en est-il du désarmement nucléaire ? Le régime du TNP (Traité de Non- Prolifération) est malade, faute d’une volonté claire des puissances nucléaires pour réduire les arsenaux. Le dialogue avec la Russie sur la suite du traité « New Start » n’avance pas, et pendant ce temps, des tensions prennent forme, tandis que vous et vos alliés poursuivez une modernisation active de vos forces nucléaires. Ces armes, faut-il le rappeler, sont d’une puissance sans comparaison avec celle de Little boy et Fat man, utilisées à Hiroshima et Nagasaki et elles sont susceptibles de causer des catastrophes humanitaires sans précédent.

 

      Quelques heures avant de vous recueillir dans le parc du Mémorial de la paix d’Hiroshima, vous participerez à la réunion du G7 à Ise-Shima, où vous rencontrerez le Président Hollande et le premier Ministre Cameron. J’espère que ce sera pour vous l’occasion d’aborder la question du désarmement nucléaire avec ces représentants de deux pays détenteurs, comme les Etats-Unis, de l’arme atomique.

 

      C’est en tout cas ce que je souhaite, ayant apprécié votre initiative en faveur de la tenue de Sommets sur la sécurité nucléaire, initiative soutenue par l’organisation américaine NTI (« Nuclear Threat Initiative »), partenaire d’IDN (« Initiatives pour le Désarmement Nucléaire »), association que je préside.

 

    Un prolongement de vos efforts pourrait consister à proposer la convocation d’un Sommet mondial visant à mettre au point un processus multilatéral de désarmement nucléaire. Il pourrait aussi être envisagé que, lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU, les Etats-Unis soutiennent une résolution proposant la préparation d’un traité d’interdiction des armes nucléaires.

 

       C’est ainsi, me semble-t-il, que pourra se bâtir ce « monde de paix dans la justice » que vous avez appelé de vos vœux dans votre discours de Berlin.

 

      Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes meilleurs sentiments.

 

Paul Quilès,

ancien ministre de la défense, France

           Président d’IDN

 

 

Initiatives pour le Désarmement Nucléaire - IDN, est une organisation française créée par Paul Quilès, Président d'IDN et ancien ministre de la défense, Général Bernard Norlain Vice-président d'IDN, Jean-Marie Collin Vice-président d'IDN, expert.       

Lettre au Président Obama
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28 avril 2016 4 28 /04 /avril /2016 15:35
Contribuez à notre sécurité

                        Chères lectrices et chers lecteurs de ce blog

 

    Aujourd’hui, plus que jamais, la sécurité est un enjeu essentiel pour le monde et pour notre pays.

 

   Avec de nombreuses personnalités internationales et françaises, je constate que l’arme nucléaire représente en 2016 ce qu’était la ligne Maginot en 1939: un équipement sans intérêt stratégique et coûteux.

 

  C’est pourquoi, comme vous le savez probablement, j’ai créé une association, dont le but est d'œuvrer à l'élimination progressive et équilibrée des armes nucléaires de la planète, pour contribuer à l'édification d'un monde plus sûr, débarrassé d'une arme qui, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, pourrait faire disparaître toute vie de la planète.

 

 Cette association, Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN), que je préside, a besoin de vous, de vos idées, de votre participation à notre action ou, tout simplement de votre aide financière, même modeste.

   

     Si vous voulez partager cet engagement, soutenez-nous en nous renvoyant le coupon réponse ci-dessous.

 

    Très cordialement.


                         Paul Quilès, 

                        Président d'IDN, ancien ministre de la défense 

 

 
*****************

        Principaux objectifs d'IDN : 
  • montrer que la dissuasion nucléaire ne permet pas d'affronter les menaces du monde d'aujourd'hui, alors que l'importance de son coût réduit notre capacité d'action contre les risques réels ;
  • expliquer pourquoi la France renforcerait son influence diplomatique en jouant un rôle actif dans le processus progressif et simultané de désarmement nucléaire;
  • diffuser l'information la plus complète possible sur le rôle et les dangers de l'armement nucléaire dans le nouvel état du monde (livre, film, bande dessinée, site Internet, colloques…) ;
  • organiser un large soutien à cette politique, en relation avec des organisations qui partagent les objectifs d'IDN, en France et à l'étranger;
  • élaborer des propositions concrètes concernant tous les aspects du processus de désarmement nucléaire.     

**********************

 

    Bulletin de soutien

 

  A renvoyer à IDN, 23 rue d’Alleray, 75015 Paris, ou cliquez ICI

 

         Nom :...........................                   Prénom :......................

 

        Adresse postale : .....................................................................

 

        Adresse mail : ..................................

 

        ☐ Je fais un don à IDN de 30 € ☐ 50 € ☐ 70 € ☐ 100 € ☐ ou plus …... €  (chèque ci-joint à l’ordre de “IDN”)

  A l’encaissement de votre don, nous vous enverrons un "reçu fiscal", qui vous permettra de déduire 66 % de son montant de votre prochaine déclaration fiscale.

        ☐ Je souhaite recevoir la Newsletter d’IDN

 

     ☐ J’apporte mon soutien à la réflexion et à l’action d’IDN en faisant connaître ses positions

          

                  (Cochez les mentions utiles) 

 

                         Date : ..........                                      Signature : ..........

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 17:30
Les dangers de l'armement nucléaire

      Pour en savoir plus sur les dangers que fait peser sur l'humanité le prolongement des politiques fondées sur l'armement nucléaire, je vous recommande:

 

  •  de consulter le site d'ELN (European Leadership Nerwork), partenaire de l'association IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), que je préside.

                         Consulter ICI

 

  • de lire l'article "le combat contre le terrorisme nucléaire", que j'ai signé avec Malcolm Rifkind (ancien ministre britannique des Affaires étrangères et de la Défense), David Owen (ancien secrétaire d’état britannique aux Affaires étrangères), Bernard Norlain (Général d'armée aérienne, Vice-Président IDN)

                          Lire ICI         Traduction en français  ICI

 

  • de lire l'article de Carlo Trezza, ambassadeur d'Italie "où étaient les leaders mondiaux pendant les commémorations d'Hiroshima et Nagasaki?" (article publié le 28 août 2015 et republié après la récente visite des ministres du G7 à Hiroshima... voir aussi mon article "Les hypocrites!")

                            Lire ICI

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31 mars 2016 4 31 /03 /mars /2016 16:15
Une catastrophe nucléaire ne s’arrêterait pas à nos frontières

   À l’heure où la plus haute autorité militaire française* évoque imprudemment l’utilisation d’armes nucléaires contre des groupes terroristes comme Daesh, le quatrième Sommet sur la sécurité Nucléaire pose les bonnes questions face aux menaces terroristes liées aux matières et aux armes nucléaires.

 

     Une cinquantaine de chefs d’Etat (dont F. Hollande) sont à Washington en ce moment (31 mars - 1er avril) pour cet ultime Sommet - initié par B. Obama en 2010 - qui vise à prévenir l'acquisition d'armes nucléaires ou de matières fissiles permettant de fabriquer des bombes sales par des Etats ou des organisations terroristes.

 

    Le risque d’attentat nucléaire semble ne pas être à négliger, au vu des déclarations de Yukiya Amano, Directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et des cas récents de menaces terroristes sur des installations nucléaires civiles et militaires (Belgique), comme le souligne l’organisation britannique ELN (European Leadership Network).

 

   Les dirigeants - et la France en particulier - doivent accélérer les efforts visant à prévenir cette menace et poursuivre leurs travaux au-delà de ce Sommet pour créer des normes mondiales pour sécuriser toutes les matières nucléaires (civiles et militaires). À ce titre, il ne faut pas oublier que 83% des « matières nucléaires sont militaires et se trouvent hors de portée des normes internationales actuelles en matière de sécurité, de mécanismes et de mesures de confiance.

 

  L'association IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), que je préside, souscrit à l’appel lancé par son partenaire américain NTI (Nuclear Threat Initiative) pour prévenir le terrorisme nucléaire : « toutes les nations doivent agir pour prévenir le terrorisme nucléaire et une nouvelle course aux armements ».

 

  La France, puissance nucléaire, doit prendre la suite de cette initiative américaine et proposer la préparation d’un nouveau Sommet sur la sécurité nucléaire, où les contrôles et les mesures de désarmement et de non prolifération nucléaire seront cette fois au cœur d’un tel processus.

_______________________________________________________

* Général Pierre de Villiers, chef d'Etat major des armées: "je suis persuadé que nous avons à réfléchir sur cette évolution du terrorisme international qui se transformerait en Etat. Cette réflexion doit être corrélée au concept de la dissuasion nucléaire".

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 22:48
"La dissuasion, c'est moi!", dit l'inconnu de province

      Le documentaire « La France, le Président et la Bombe » diffusé le 22 mars sur une chaîne publique (France 5) peut être décrit comme un document de propagande sans nuance, avec des messages tronqués et des révélations surprenantes concernant la réalité de la responsabilité de la chaîne de commandement des forces nucléaires.

    Ce documentaire a été préparé avec le concours de spécialistes reconnus du monde de la défense et des médias et des plus hautes autorités politiques. Nul doute que celles-ci en ont été informées, si l’on en juge par les images tournées sur des sites stratégiques.

     Nous ne reviendrons pas sur les trop nombreuses contre-vérités (la paix avec la bombe, les sondages, l’Iran atomique,…) qui s’enchaînent dans ce documentaire. Par contre, nous souhaitons interpeller les autorités politiques au sujet d’une information apportée à la 42ème minute du film, qui semble casser le mythe du pouvoir nucléaire présidentiel.

A VOIR ET A LIRE  

  • Voir le film: ICI   
  • Retranscription (41’55 à 43’09)

- Général Bentegeat, Chef d’état-major particulier de J. Chirac 1999-2002, Chef d’état-major des armées 2002-2008 : « Il y a des procédures automatisées naturellement et extrêmement complexes, sécurisées, qui permettent de vérifier effectivement que c’est l’ordre du Président et qu’il n’y a pas d’ambigüité sur l’ordre donné ».

- Amiral Edouard Guillaud, Chef d’état-major particulier de J. Chirac et de N. Sarkozy (2006-2010), Chef d’état-major des armées (2010-2014) : « Toutes les procédures sont écrites, révisées, testées contres testées, on essaye régulièrement de les prendre en défaut ».

- Journaliste : « Reste l’hypothèse d’un président mort, kidnappé ou en incapacité. Que ce passerait-il, si cela arrivait en pleine crise internationale ? En principe, c’est le président du Sénat qui assure l’intérim et à défaut le gouvernement dans son ensemble. Mais en cas de guerre, des procédures spéciales sont prévues pour que l’ordre d’emploi de l’arme nucléaire puisse être dévolu en cas d’urgence. À l’époque du général de Gaulle, l’autorité allait au premier Ministre, puis [ce fut] au ministre de la Défense, puis à une personnalité dont l’identité était tenue secrète, peut-être en province ? Aujourd’hui les procédures ne sont sans doute pas très différentes, en tout cas le président peut désigner qui il veut ».

 

DECRYPTAGE 

     Le documentaire - par les voix de hauts gradés - explique très clairement que les procédures de transmission des ordres de l’utilisation des armes nucléaires (par la Force aérienne stratégique ou la Force océanique stratégique) ne peuvent émaner que du Président de la République. Tout est fait pour qu’il n’y ait aucune « ambigüité sur l’ordre donné ».

      Puis, deux scénarios, impliquant deux décisions différentes, sont indiqués :

  • Scénario N°1 : « un président mort, kidnappé ou en incapacité en pleine crise internationale. (…) C’est alors le Président du Sénat qui assure l’intérim et, à défaut, le gouvernement dans son ensemble ».
  • Très bien, cela respecte l’article 7 de la Constitution de la Ve République. Ce fut le cas en 1969 et 1974 : le Président du Sénat, Alain Poher, a assuré l’intérim à la suite de la démission de Charles de Gaulle du 28 avril au 20 juin 1969, date de l’élection à la présidence de Georges Pompidou puis à la suite du décès de ce dernier, du 2 avril au 27 mai, date de l’élection à la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.
  • Scénario N°2 : « en cas de guerre, des procédures spéciales sont prévues pour que l’ordre d’emploi de l’arme nucléaire puisse être dévolu en cas d’urgence ».

     S’agit-il encore, comme dans le scénario N°1, de l’hypothèse d’un président mort, kidnappé ou en incapacité ? On ne comprend pas pourquoi, tout d’un coup, « le Président du Sénat qui assure l’intérim et, à défaut, le gouvernement dans son ensemble » voient leur autorité disparaître au profit d’un parfait « inconnu de province » qui disposera de la capacité d’ordonner l’utilisation de nos missiles nucléaires !

     Dans ce scénario N°2, un inconnu résidant en province (!) - non élu par les citoyens et donc sans aucune légitimité - dispose en permanence d’un moyen (en cas d’incapacité du président) de donner l’ordre de déclenchement du feu nucléaire.

    Si cette hypothèse est vraie, c’est la crédibilité politique du Président qui est gravement atteinte. De plus, si cet « inconnu » est un militaire, cela pose la question de la supériorité du pouvoir militaire sur le pouvoir politique.

     Si les propos tenus sont inexacts, on peut s’étonner du passage sur une chaine publique de ce documentaire financé par de l’argent public et avalisé par des autorités et des personnes dont la compétence est habituellement reconnue.

     Une des raisons fortes qui poussa le Général de Gaulle à organiser un référendum (28 octobre 1962), pour faire adopter l’élection présidentielle au suffrage universel direct, fut qu’il souhaitait  donner au Président la légitimité pour « appuyer sur le bouton nucléaire ». Pierre Messmer justifia ainsi ce modèle électoral : « le chef de l’Etat a seul l’emploi de la force nucléaire stratégique. La conséquence dans un régime démocratique est que le chef de l’Etat doit être l’élu de toute la Nation, qu’il peut plonger dans de terribles épreuves ».

     Pour disposer de cette force, il doit donc avoir le consentement d’une majorité de la population, qui lui confère ce droit de vie ou de mort. Il est d’ailleurs significatif que, dans ce même documentaire, on affirme qu’on serait passé d’une monarchie symbolisée par le sacre du roi à Reins, à une monarchie nucléaire symbolisée par la transmission des codes de lancement, au moment de la prise de fonction du nouveau Président.

LES TEXTES 

     Les affirmations répétées -« le Président est le seul à donner l’ordre ultime », « la dissuasion c’est moi » (F. Mitterrand)- trouvent  leur fondement dans des textes juridiques et des sources non juridiques:

  • Les textes de loi : 

     - Le décret 64-46 du 14 janvier 1964, « relatif aux forces aériennes stratégiques » fixe initialement la compétence du chef de l’Etat de donner l’ordre d’engagement des forces nucléaires.

    - Le décret 96-520 du 12 juin 1996 « portant détermination des responsabilités concernant les forces nucléaires », abroge le précédant décret. Il a été codifié dans le code de la défense dans les articles R*1411-1 à R*1411-6 sous la section « préparation et mise en œuvre des forces nucléaires ». S’il est peu « prolixe sur la compétence propre du chef de l’Etat d’ordonner le feu nucléaire » comme le souligne les juristes F. Baude et F. Vallée[i], ces deux articles fixent clairement cette autorité nucléaire au Président :

  • R*1411-1, C : « La mission, la composition et les conditions d’engagement des forces nucléaires font l’objet de décisions arrêtées en Conseil de défense et de sécurité nationale ». Celui qui préside ce Conseil de défense et de sécurité est le Président. Par conséquent, de manière implicite, il est bien désigné comme le responsable « des conditions d’engagement ».
  • R*1411-5, C : « Le chef d’état major des armées est chargé de faire exécuter les opérations nécessaires à la mise en œuvre des forces nucléaires. Il s’assure de l’exécution de l’ordre d’engagement donné par le Président de la République ».
  • Les textes politiques (liste non-exhaustive): 

     - Discours du Président Hollande, 19 février 2015 : « Je vous l'ai dit, c'est ma responsabilité en tant que Président de la République, en tant que chef des Armées. En la matière, comme l'avait dit le président François Mitterrand, le chef de l'Etat est le premier citoyen en France à avoir son mot à dire et à décider. C'est la responsabilité suprême du Président de la République d'apprécier en permanence la nature de nos intérêts vitaux et les atteintes qui pourraient y être portées ».

     - Discours du Président Sarkozy, 21 mars 2008 : « Mon premier devoir en tant que chef de l’État et chef des armées, est de veiller à ce qu’en toutes circonstances la France, son territoire, son peuple, ses institutions républicaines, soient en sécurité. Et qu’en toutes circonstances, notre indépendance nationale et notre autonomie de décision soient préservées. La dissuasion nucléaire en est la garantie ultime. Prendre la mesure de cette réalité, c’est la lourde responsabilité de tout Président de la République ».

  - Discours du Président Chirac, 19 janvier 2006 : « C'est la responsabilité du chef de l'Etat d'apprécier, en permanence, la limite de nos intérêts vitaux. L'incertitude de cette limite est consubstantielle à la doctrine de dissuasion. […] Il appartiendrait au Président de la République d'apprécier l'ampleur et les conséquences potentielles d'une agression, d'une menace ou d'un chantage insupportables à l'encontre de ces intérêts. Cette analyse pourrait, le cas échéant, conduire à considérer qu'ils entrent dans le champ de nos intérêts vitaux.» 

    - Livre Blanc 2013 : « L’exercice de la dissuasion nucléaire est de la responsabilité du Président de la République ».

   - Livre Blanc 2008 : « La crédibilité de la dissuasion repose également sur la garantie donnée au Président de la République qu’il peut, à tout moment, donner des ordres aux forces nucléaires ».

    - Livre Blanc 1994 : « La crédibilité de notre posture dissuasive repose sur la disposition de moyens suffisamment souples et diversifiés, offrant, le moment venu, des options différenciées au Chef de l’Etat ». 

CONCLUSION 

      Ce que révèle ce documentaire - si les affirmations qu’il contient ne sont pas démenties- porte une atteinte grave au principe démocratique qui fonde notre Etat et qui le distingue des Etats fantoches.

     Si ces affirmations sont fausses, le fait qu’elles aient été diffusées sur une chaîne de service public est préoccupant et illustre le peu d’intérêt qui est porté à un sujet majeur qui touche à la défense de notre pays.

    Une clarification officielle du Président de la République et du Président du Sénat s’impose. 

 

Cette analyse a été réalisée par l'association IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire)

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[i] F. Baude, F. Vallée, « Droit de la défense », Paris, Ellipses, 2012

Article du Canard Enchaîné du 23 Mars

Article du Canard Enchaîné du 23 Mars

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 15:43
Une révélation surprenante et inquiétante
Une révélation surprenante et inquiétante
Une révélation surprenante et inquiétante

             La chaîne publique France 5 s’apprête à diffuser mardi 22 mars, à une heure de grande écoute un film consacré à la dissuasion nucléaire française, intitulé "La France, le Président et la Bombe". Ce film contient une révélation surprenante et inquiétante concernant le cas d’empêchement du Président de la République de donner l’ordre d’une frappe nucléaire.

 

            Le documentaire explique en effet (42 à 43ème minute- visionner) qu’en cas de guerre et d’empêchement du Président de la République, l’ordre de tir nucléaire serait dévolu à un individu désigné secrètement par le Président et "sans doute situé en province". Ceci sans tenir compte des procédures de dévolution prévues par la Constitution.

 

            Ainsi, un individu, homme ou femme, pourrait se voir attribuer du jour au lendemain le pouvoir de donner la mort à des millions de personnes sans aucune légitimité constitutionnelle !

 

          Si cette information est exacte, elle nécessite des éclaircissements et des explications publiques. Si elle est fausse, elle discrédite un document censé informer les Français.

 

        Alors que l’on insiste sur la charge symbolique attachée à la dissuasion nucléaire et sur la lourde responsabilité du Président dans le déclenchement éventuel de l’apocalypse nucléaire, on ne peut que s’étonner sinon s’indigner devant tant de légèreté et de mépris pour l’opinion et la sécurité des Français.

    

         Cet incident souligne la nécessité d’un véritable débat ouvert sur la dissuasion nucléaire française.

 

       * Voir la vidéo de ce film  , qui est déjà en ligne

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        La traduction de ce texte en anglais  se trouve ICI

Une révélation surprenante et inquiétanteUne révélation surprenante et inquiétante
ww.idn-france.org

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 09:29
Question au Président

Lors de l’émission « le téléphone sonne » du 19 février au cours de laquelle le Président Hollande a répondu aux auditeurs de France Inter, les questions de défense n’ont pas été évoquées.

 

Dommage, alors que, le 16 novembre 2015, il déclarait  «La France est en guerre!» et que notre pays, qui consacre 32 milliards d’euros à sa défense, est présent sur de nombreux théâtres d’opérations.

 

Une question au Président a pourtant été proposée par un animateur d’IDN, association que je préside :

 

« La France va participer activement au Sommet sur la Sécurité Nucléaire (Washington, 30 mars), qui est une initiative américaine sur les dangers du terrorisme nucléaire. Pourquoi alors la France refuse-t-elle de prendre part -après concertation avec les autres puissances nucléaires - à une Conférence votée par 138 Etats à l’Assemblée générale de l'ONU, dont l’objectif est de Faire avancer les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire ? »

 

Notre question n’a malheureusement pas  été retenue. Nous le regrettons, car nous aurions aimé entendre le Président expliquer aux Français quels sont les risques que prendrait la France à participer à ce Groupe de travail*, qui débute le 22 février.

 

Par contre, s’agissant des risques liés au nucléaire militaire, il n’est pas inutile de rappeler que :

 

- la France détient le troisième arsenal nucléaire au monde et engage en permanence un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, armé de 16 missiles M51, prêt à enclencher une frappe nucléaire destructrice ;

- les Américains, les Russes et les Britanniques ont aussi en opération des systèmes aériens et sous-marins en patrouille permanente ;

- la Chine montre des signes clairs d’une volonté de mettre certains systèmes d’armes nucléaires en état d’alerte permanent.

 

Pour sa part, IDN sera présente lors des différentes sessions de travail (février, mai, août) de cette conférence.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 19:39
Les sous-marins nucléaires vulnérables aux cyberattaques ?Les sous-marins nucléaires vulnérables aux cyberattaques ?

      Jusqu'à présent, le risque de cyberattaque contre les arsenaux nucléaires était rarement évoqué. C’est pourtant une menace bien réelle, comme vient de le prouver un rapport de l’organisation britannique ELN.

 

      Les conclusions de ce rapport rejoignent les termes de la résolution de l’Union Interparlementaire , qui se dit « particulièrement préoccupée de ce que le piratage des systèmes de commande et de contrôle des armes nucléaires pourrait entraîner le lancement et la mise à feu d'armes nucléaires et causer des catastrophes sans précédent ».

 

      Cette menace qui pèse sur le système de la dissuasion nucléaire vient une nouvelle fois semer le doute sur la totale crédibilité de cette politique, qui est fondée, aussi bien pour la Grande Bretagne que  pour la France, sur un système de sous-marins indétectables.

 

      Andrew Futter souligne dans son rapport que, désormais « il ne sera jamais possible de dire que cette force de dissuasion nucléaire est entièrement sûre contre les cyberattaques, ou qu’elle ne peut pas être compromise à l'avenir. »

 

*************

      Pour en savoir plus, lire sur le site d’IDN

(association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire, que je préside)

 

**************

      Ci-après, article publié par le Canard enchaîné.

Les sous-marins nucléaires vulnérables aux cyberattaques ?
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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 23:12
Briser le cycle de la prolifération nucléaire

Tribune publiée sur le site du quotidien La Croix,

sous le titre

"Corée du Nord : stopper la prolifération nucléaire"

 

          L’essai nucléaire réalisé par la Corée du Nord le 6 janvier dernier ne semble pas être le test d’une vraie bombe à hydrogène mais plutôt, selon des experts, celui d’une bombe à fission dopée, puisqu’il a notamment une puissance inférieure à 6 KT (kilo tonne), comparée aux 15 KT de la bombe lancée sur Hiroshima et à la puissance des méga-bombes à hydrogène américaine ("Castle Bravo" : 15 000 KT)  et soviétique ("Tsar Bomba" : 60 000 KT). Même si la Corée du Nord a un long chemin à parcourir avant de pouvoir construire une vraie bombe thermonucléaire, miniaturisée et emportée par un missile à longue portée, il n’en reste pas moins que cet essai est une mauvaise nouvelle pour la stabilité et la sécurité de notre monde et du monde de demain.

 

        Il montre d’abord que Pyongyang, conformément à sa volonté de continuer à développer son arsenal nucléaire, semble vouloir réaliser une vraie bombe H à fusion pouvant être placée sur un missile à longue portée, ce qui aurait comme effet non seulement de déstabiliser la zone Pacifique mais aussi de relancer la prolifération nucléaire.

 

          Cet essai présente ensuite le risque de conduire les Etats nucléaires -en particulier les cinq "pays dotés" consacrés par le Traité de Non-Prolifération (TNP)- à considérer comme légitime l’accumulation d’un grand nombre d’armes nucléaires (plus de 16 000). C’est le cas notamment des Etats-Unis et de la Fédération de Russie qui, conformément au Traité New Start, disposent chacun de près de 1500 armes prêtes à être lancées en quelques minutes.

 

          De plus, cet essai présente le risque de légitimer le concept –erroné- qui fait de l’arme nucléaire la pierre angulaire de la sécurité d’un pays, notamment en France et d’enclencher ainsi un nouveau cycle de crise nucléaire.

 

       Comment briser ce cycle ?

 

      1- Il faut d’abord que soient relancés les "pourparlers à six" : Corée du Nord, Corée du Sud, Chine, Japon, Russie, USA – au point mort depuis 2008 - et en particulier que la Chine accepte de s’impliquer davantage dans ce processus.

 

      2- Il faut profiter du fait que 2016 est l’année du 20ème anniversaire du Traité sur l’Interdiction Complète des Essais Nucléaires (TICE) signé en 1996 par 183 Etats. Actuellement,  sur les 44 Etats dotés de technologies nucléaires, 5 ne l’ont toujours pas ratifié (Chine, Egypte, USA, Iran, Israël) et 3 ne l’ont pas signé (Corée du Nord, Inde, Pakistan). La France, grand promoteur de ce traité et dont le Président Hollande a fait une priorité diplomatique de son mandat, devrait prendre une initiative à l’occasion de cet anniversaire, par exemple en relançant les pays qui n’ont pas encore ratifié ou signé ce Traité.

 

     3-Enfin et surtout, il faut briser ce cycle de prolifération verticale (modernisation des armes) et horizontale (augmentation du nombre d’armes et de pays détenteurs) en s’engageant de façon non équivoque sur la voie d’un désarmement nucléaire général et contrôlé. En signant le TNP, les 5 pays dotés officiellement de l’arme nucléaire se sont engagés, en échange d’une reconnaissance temporaire du droit à disposer de cette arme, à éliminer à terme leurs armes nucléaires (article VI du TNP). Ce désarmement est le seul moyen de briser ce nouveau cycle nucléaire, d’aller vers un monde plus sûr et d’éviter le risque de destruction de la planète.

 

      Alors que les risques de prolifération s’accroissent dangereusement, il est temps d’affirmer cet engagement. La France y trouverait un rôle conforme à sa vocation universelle et à ses idéaux.

 

Paul Quilès, Bernard Norlain, Jean-Marie Collin

Président et Vice-présidents de l’association IDN

("Initiatives pour le Désarmement Nucléaire ")

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez