Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 juillet 2015 6 18 /07 /juillet /2015 16:48
La première bombe atomique

Jean-Marie Collin, vice-président d'ALB (Arrêtez la bombe) et chercheur associé au GRIP revient sur le premier essai nucléaire réel du 16 juillet 1945 et sur ses conséquences.

Lire son interview sur le site du Monde.fr

Présentation:

Il y a soixante-dix ans, le 16 juillet 1945, les scientifiques du projet Manhattan, lancé en 1942, assistaient à la première explosion d’une bombe atomique, au Nouveau-Mexique, un essai organisé dans le plus grand secret.

La veille, le 15 juillet, la bombe à fission « Little Boy », semblable à celle testée à Alamogordo, avait été embarquée à bord du croiseur Indianapolis à destination de l’île de Tinian, dans le Pacifique. Le 6 août, elle était larguée sur la ville japonaise d’Hiroshima. Une autre bombe de ce type, nommée « Fat Man », était ensuite larguée sur Nagasaki le 9 août. Elles ont tué quelque 220 000 Japonais au moment de leur explosion, auxquels sont venues s’ajouter plus de 200 000 personnes mortes ultérieurement de doses mortelles de radiation.

L’ère atomique était lancée, qui s’est rapidement caractérisée par la course aux armes nucléaires de la guerre froide entre les Etats-Unis et la Russie. On estime que de 1955 à 1989, environ 55 essais nucléaires furent effectués chaque année, selon l’ONU.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 15:53
Ne dites pas:"c'est trop compliqué...."

     Quand j’aborde la question de la dissuasion nucléaire dans une conversation privée, j’entends souvent : "Oh là ! C’est trop compliqué pour moi. Et puis, ça me fait peur, je préfère ne pas savoir et me taire… "

 

      Lorsque des échanges ont lieu, il n'est pas rare que soient mises sur la table les fameuses contre-véritésressassées depuis 50 ans, qui constituent les dogmes de la religion nucléaire.

 

      Et pourtant, si on veut bien se donner la peine de s’informer et de lire (pas seulement Facebook et les tweets !), on s’aperçoit qu’il s’agit d’un sujet grave et qui mérite une réflexion allant au-delà des approximations et des petites polémiques….

 

      C'est pourquoi, je vous suggère de profiter de la période des vacances pour mieux comprendre les enjeux du monde nucléarisé et dangereux dans lequel nous vivons et de consulter le dossier " Le désarmement, la prolifération et la non-prolifération  nucléaires "  réalisé par l’association ALB, que je préside et le site Irénées .

 

      Je vous recommande en particulier la lecture de la fiche concernant " les mythes sur la dissuasion nucléaire ", qui remet en cause les idées reçues.

 

      La dernière fiche publiée est saisissante. Elle décrit l’arsenal nucléaire mondial , qui est aujourd’hui d’environ 16 300 armes nucléaires, que se répartissent neuf puissances nucléaires : États-Unis, Russie, France, Chine, Royaume-Uni, Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 10:10
Iran : un accord essentiel pour la sécurité

     Enfin ! C’est un accord historique qui vient d’être signé à Vienne entre Téhéran et six grandes puissances (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne).

 

     Non seulement il permet de sortir les négociations sur le nucléaire iranien de l’impasse dans laquelle elles étaient enfermées depuis plus de 12 ans, mais surtout, il constitue un facteur positif pour la sécurité internationale.

 

      Certes, tout n’est pas réglé au Moyen-Orient, tant s’en faut, mais soyons bien convaincus que l’échec des négociations, longues et complexes, qui viennent de se conclure, aurait conduit à un grave accroissement des tensions internationales.

 

      N’en déplaise à M. Nétanyahu *, aux dirigeants saoudiens et aux faucons du parti républicain des Etats-Unis, l’acceptation par l’Iran de ne pas développer un armement nucléaire permet de progresser vers la paix et la sécurité.

 

      Il faut maintenant aller plus loin et prendre de nouvelles initiatives pour renforcer la légitimité du régime international de non-prolifération. Les Européens ont en particulier un rôle essentiel à jouer pour relancer la réunion d’une conférence internationale sur la négociation d’une « zone exempte d’armes de destruction massive » au Moyen-Orient **. 

 

      Il faudra aussi s’interroger sur la pertinence du coûteux « bouclier anti-missile » de l’OTAN, présenté comme devant nous protéger d’un risque d’attaque par un missile nucléaire iranien !  

 

      Un des premiers enseignements de la réussite des négociations qui se sont conclues ce matin à Vienne est que les voies de la paix ne peuvent être trouvées sans persévérance, sans volonté politique et sans refus de céder aux arguments des faucons *** de toute sorte.

 

************

 

- Extrait de l’appel que j’ai lancé avec 2 anciens ministres européens le 16 mars 2015 :    

« Nous appelons nos gouvernements à prendre la mesure de cette occasion historique de s’assurer de l'utilisation pacifique de la technologie nucléaire par l'Iran, de réinsérer ce pays dans la communauté internationale et de renforcer les efforts mondiaux de non-prolifération. En inscrivant leur action dans la perspective d’une réussite des négociations en cours, ils joueraient la carte de l’avenir et de la sécurité mutuelle. »

 

- Relire la tribune que j’ai signée avec Shlomo Ben Ami, ancien ministre des affaires étrangères d’Israël le 19 juin 2013.

_________________________________________________________________

 

*  "C'est une erreur grave aux conséquences historiques", a réagi Benyamin Nétanyahu à l'annonce de l'accord entre l'Iran et les grandes puissances, sur le programme nucléaire de la République islamique. "Israël fera tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher le texte d'être ratifié", a déclaré le Premier ministre israélien.

 

**  Ce sujet donne lieu chaque année à une résolution lors de l’Assemblée générale des Nations Unies. Lors de la conférence de révision du TNP (2010), le Document final indique qu’un ambassadeur est chargé de lancer officiellement au plus tard en 2012 « une conférence en vue de la création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et de toutes autres armes de destruction massive ». Cette conférence, originellement programmée en décembre 2012, a été annulée par les Etats-Unis (avec le soutien d’Israël) invoquant des motifs de tensions trop grands au Moyen-Orient !

 

*** Se souvenir de la formule de N. Sarkozy : " une seule alternative : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran "

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 08:00
Athènes….mais aussi Vienne !

      Après la nette victoire du Non au référendum grec, les responsables politiques européens doivent montrer leur sens des responsabilités, car c’est l’avenir de la Grèce mais aussi de l’Europe qui se joue en ce moment.

 

      Il est donc légitime que tous les yeux se tournent vers Athènes, Bruxelles, Paris et Berlin.

 

      Il ne faudrait pas pour autant négliger ce qui se passe aujourd'hui même à Vienne, où se déroule la phase finale des négociations sur le nucléaire iranien. Il s’agit en effet d’un évènement qui peut avoir un impact majeur sur la sécurité mondiale.


      Espérons que les négociateurs sauront, ici aussi, faire preuve d’un grand sens des responsabilités!

 

Lire l’appel que j’ai signé avec 2 autres anciens ministres européens

 

"Négociations avec l’Iran : il faut jouer la carte de l’avenir"

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 09:58
Dissuasion nucléaire : ouvrons vraiment le débat

Tribune  de Paul Quilès, Bernard Norlain, Jean-Marie Collin

Président et Vice-Présidents

de l’association Arrêtez La Bombe - ALB

publiée sur le site de Marianne

 

      Avec pour thème la dissuasion nucléaire française en débat, la Fondation pour la Recherche Stratégique Française vient d’organiser une journée d’études[1] dont le but proclamé était de renouveler et d’ouvrir largement ce débat en France.

 

      Bien que plusieurs intervenants partisans du désarmement nucléaire aient été invités, force est de constater que le débat démocratique n’a pas eu lieu. Devant une assistance où le complexe militaro-industriel et scientifique était largement représenté, la très grande majorité des intervenants a entonné un hymne à la dissuasion nucléaire et à la Bombe.

 

      Depuis le « retour du nucléaire  dans le contexte géostratégique actuel » jusqu’à la « nécessité de renouveler en totalité les composantes nucléaires », tous les poncifs habituels ont été assénés à un auditoire déjà acquis à la cause. La discussion n’a pas permis non plus d’ouvrir le débat. On a préféré se pencher par exemple sur ce qu’implique la «  stricte suffisance » (faut-il 250 ou 300 têtes nucléaires), ou bien sur l’éternel controverse, semblable à la discussion sur le sexe des anges, de l’ultime avertissement ou de l’avertissement tout court. Sans oublier tous les bienfaits scientifiques, technologiques, économiques et opérationnels qu’apporte le développement de notre dissuasion.

 

     On a même entendu l’assistant d’un parlementaire très au fait des questions de défense, prétendant s’exprimer au nom de son député, qui a osé qualifier les catholiques « d’anti-patriotiques », à cause de la position de l’Eglise catholique qui a clairement condamné la dissuasion nucléaire ! Comme l’a rappelé l’un des intervenants, rien n’a manqué, depuis l’arrogance diplomatique française (« nous sommes les meilleurs »), jusqu’à l’attaque ad hominen contre l’ancien ministre de la Défense Hervé Morin coupable d’hérésie.

 

      Deux éléments sont pourtant venus perturber cette liturgie. Le premier est la réponse à la question « Si la France était à l’heure actuelle dépourvue d’armes nucléaires, développerait-elle une force de frappe nucléaire ? » la réponse a été négative. En d’autres termes, elle est inutile, mais on l’a, on la garde.

 

      Le deuxième concerne le coût de la dissuasion et de son renouvellement jugé indispensable par l’ensemble des participants. Plus de 6 Mds €/an, selon des estimations officielles citées au cours de cette conférence par le sénateur Gautier. Au regard des 3,5 Mds €/an actuels, cette croissance exercerait une pression considérable sur le budget d’équipement du ministère de la Défense et ne pourrait se faire qu’au détriment des forces conventionnelles. Il est clair qu’une telle perspective met en cause, une fois encore, toute notre politique de défense. Peut-on encore assurer toute la panoplie des missions, depuis la dissuasion nucléaire, les opérations extérieures jusqu’aux missions de sécurité intérieure ? Cette question, pourtant fondamentale mais inquiétante pour les thuriféraires de la Bombe, a été évacuée.

 

      Malgré cela, l’unanimité autour de la dissuasion qu’a voulu manifester cette conférence n’a pas été ébranlée. Elle s’est appuyée sur un supposé « consensus » de l’opinion française pour désamorcer à l’avance toute critique de fond. Il est vrai que la question de la légitimité de la dissuasion nucléaire ne fait l’objet d’aucun débat public en France, contrairement à d’autres pays. Les médias n’ont fait aucun écho à l’échec de la dernière conférence d’examen du Traité de Non-Prolifération à New York. Rien non plus sur le fait que la France, comme d’ailleurs les puissances nucléaires officielles, ne respecte pas ses engagements d’aller vers un désarmement nucléaire général. Rien sur la position des 107 Etats qui se sont prononcés récemment à l’ONU pour une interdiction des armes nucléaires, en dénonçant le risque de conséquences humanitaires catastrophiques que font courir ces armes à l’Humanité.

 

      Faute de débat public sur le coût de l’arme nucléaire, sur ses risques, sur la gravité de ses conséquences politiques et stratégiques, notre société semble s’en désintéresser. Mais les Français croient-ils vraiment que l’arme nucléaire les protège, à l’image d’une nouvelle ligne Maginot, que l’on aurait cette fois réussi à rendre infranchissable ? Ont-ils d’ailleurs jamais eu la possibilité de se prononcer sur cette question ?

 

      Pendant les années qui ont immédiatement suivi la fin de la Guerre froide, l’arme nucléaire a été comme oubliée par le grand public. Aujourd’hui voici qu’on parle à nouveau de chantage ou d’intimidation nucléaire, qu’on évoque des « tirs d’avertissement », qu’on s’apprête à doubler les sommes consacrées à cette arme de destruction massive.

 

      Plutôt que se remettre à jouer aux menaces d’apocalypse, il est temps d’engager sereinement une réflexion collective, pour permettre un vrai débat démocratique, équitable et sans tabou. Les législateurs et les partis politiques ne peuvent plus s’en exonérer.

 

 

[1]  Lundi 8 juin 2015, Maison de la Chimie

 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 16:30
La prolifération nucléaire et le désarmement

     Un important dossier a été réalisé, en liaison avec le site Irénées.net par l'association ALB , que je préside.

 

     Il comprend de nombreuses fiches, que nous avons rédigées, avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin (vice-Présidents) et Michel Drain, pour répondre à toutes les questions que vous pouvez vous poser sur ce sujet majeur, trop souvent méconnu ou négligé en France.

 

     Consultez toutes les fiches du dossier 

 

    Je vous recommande de commencer par la lecture de ces fiches, qui vous surprendront probablement:

 

     - les risques du nucléaire militaire

     - les mythes

     - ces pays qui ont renoncé

 

Présentation du dossier

 

En guerre contre le régime nazi, les Etats-Unis vont se lancer dans l’acquisition d’une arme nucléaire à travers le projet Manhattan (1941/1945). La victoire assurée en mai 1945 en Europe, le Président Truman décida que les deux bombes construites serviraient à frapper le Japon (Hiroshima et Nagasaki 6 et 9 août) affirmant ainsi au reste du monde, la puissance militaire des Etats-Unis. Devant cette capacité militaire, l’Union soviétique développe un programme d’armes nucléaires, avec, en ligne de mire les États-Unis comme principal adversaire. Le 29 août 1949, L’URSS met un terme définitif à la suprématie américaine en testant, sa première bombe A, sur le site de Semipalatinsk, dans le désert du Kazakhstan.


Cette compétition nucléaire, qui est au cœur de la guerre froide, va marquer le début de la première vague de prolifération. Poussés par la volonté de conserver un rang international, Français et Britanniques, qui craignent la menace soviétique en Europe, s’engagent respectivement dans cette course atomique et parviennent à leurs fins en pratiquant des essais respectivement les 3 octobre 1952 (île australienne de Montebello) et le 13 février 1960 (à Reggane, dans le Sud algérien). Quant à la Chine, devant l’expansionnisme américain et en raison des divergences politiques avec l’URSS de Staline, elle poursuivra le développement de son arsenal nucléaire pour parvenir à tester sa première bombe en 1964.


Ces cinq pays, vainqueurs de la seconde guerre mondiale, forment le seul « club » nucléaire officiel consacré par le droit international. En effet, parallèlement à la recherche de l’atome militaire, des consultations diplomatiques sont mises en place par Washington, Moscou et Londres pour convenir d’un traité de non-prolifération (TNP). Une de ces caractéristiques est de donner un «  droit à la bombe  », aux seuls pays ayant fait exploser un tel engin avant le 1er janvier 1967. Ces cinq pays seront dénommés États dotés d’armes nucléaires (EDAN). Ce droit acquis, il s’ensuivra alors une course à la puissance mégatonnique. La stratégie consiste alors à menacer d’annihiler de grands centres urbains et à maîtriser l’ensemble des vecteurs de la bombe (missile basé à terre, lancé à partir d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins, d’un bombardier à très long rayon d’action). Cette course aux arsenaux donnera naissance à ce que l’on appellera l’équilibre de la terreur, qui se matérialisera au milieu des années 1980 par l’accumulation de 70000 armes nucléaires. De quoi détruire plusieurs fois la planète !


Après cette première vague, d’autres Etats se sont engagés à acquérir cet armement. Israël, aidé par l’Etat français, mettra secrètement au point un arsenal, avec l’objectif de sanctuariser son territoire, situé dans un environnement peu enclin à reconnaître son existence. Les rivalités indo-chinoises seront l’une des raisons qui pousseront New Delhi à acquérir la Bombe. Ses recherches aboutissent le 18 mai 1974 à un premier essai nucléaire, qualifié de «  pacifique  ». La réaction en chaîne se poursuit, quand le Pakistan, ennemi juré de l’Inde, riposte en se lançant à son tour dans la quête d’un tel arsenal. Ces deux Etats révèleront leur statut de maîtrise de la bombe en mai 1998. La communauté internationale assistera alors à un véritable «  match  » d’essais nucléaires, ces deux Etats se répondant coup pour coup, ou plutôt essai pour essai. Pas moins de 5 essais furent ainsi réalisés en une vingtaine de jours. La dernière des puissances nucléaires connue est la Corée du Nord. Il est certain que le déploiement d’armes nucléaires américaines en Corée du Sud (1960-1991) a renforcé la volonté des Nord-Coréens de débuter des recherches nucléaire militaires dans les années 1980. Aidée dans la mise au point de son programme nucléaire civil et de missile balistique au cours des années 1970/1990 successivement par l’Union soviétique, la Chine et le Pakistan, Pyongyang est parvenu à maîtriser la conception d’une arme nucléaire, matérialisant ce savoir lors de 3 essais nucléaires : 2006, 2009, 2013.

 

Sur les 192 États comptabilisés en 2013 par l’Organisation des Nations unies, neuf pays (les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord) disposent d’une capacité nucléaire militaire, avec un arsenal mondial de près de 17 000 ogives nucléaires.

 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 18:58
Après l'échec de la conférence d'examen du TNP

Communiqué 

 

      La 9ème Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a achevé ses travaux sans parvenir à l’adoption d’un Document final.

 

    L'association ALB regrette cet échec, qui marque à nouveau l’absence flagrante de volonté des puissances nucléaires de parvenir à un monde sans armes nucléaires.

 

*************

 

       Après 4 semaines de travaux à l’ONU, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ont rejeté le Document final qui devait tracer la voie du désarmement et de la non-prolifération nucléaire pour les 5 prochaines années. Ces trois pays ont justifié leur opposition par un refus d’adhérer à l’exigence formulée par l’Egypte, au nom des pays arabes, de mettre en place une Conférence créant une « zone exempte d’armes nucléaires » au Moyen-Orient avant le 1er mars 2016, alors que le principe en avait été approuvé en 1995 comme une des conditions de la prorogation indéfinie du TNP. Il s’agit d’une remise en cause dangereuse du consensus de 1995 qui contraste avec les efforts consentis à juste titre pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire.

 

     De son côté, la France, qui s'affirme pleinement consciente de ses engagements au titre de l’article VI du TNP, est loin de les respecter, en poursuivant le programme de modernisation de son arsenal et en conservant une politique de défense centrée sur la dissuasion nucléaire. Par ailleurs, alors que 159 Etats ont soutenu une déclaration autrichienne concernant le risque et les conséquences catastrophiques de la détonation des armes nucléaires, il est regrettable que l’ambassadeur français ait à nouveau refusé de s’associer à ce constat.

 

       Cette conférence a confirmé qu’il existait un vide juridique à propos des armes nucléaires, qui restent à ce jour les seules armes de destruction massive non couvertes par un instrument juridique international d’interdiction, contrairement aux armes chimiques et biologiques.

 

       Il est néanmoins encourageant que, face à une telle réalité, plus d’une centaine d’Etats se soient engagés « à identifier et à prendre des mesures efficaces pour combler ce vide » dans le but de stigmatiser, d’interdire et d’éliminer les armes nucléaires.

 

 

Paul Quilès, Bernard Norlain et Jean-Marie Collin

Président et Vice-Présidents de l’association ALB (Arrêtez La Bombe)

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 08:11
Paul Quilès sur la Radio télévision suisse

    Ce matin, l’invité de la rédaction de RTS- la Première était Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, auteur d'un ouvrage intitulé "Arrêtez la bombe", publié en 2013.

   Au cours de cette émission, ont été évoquées la question du désarmement nucléaire et différents sujets liés à l'actualité française et internationale.

 

    "Quelques semaines après l'accord de principe annoncé à Lausanne entre Iran et Etats-Unis, les pays signataires du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) sont réunis depuis lundi à New York pour tenter de relancer le désarmement nucléaire. Pour l'instant le climat est plutôt au pessimisme: diplomates et experts déplorent un manque de progrès sur les trois piliers du traité (désarmement, vérification du caractère pacifique des programmes nucléaires nationaux et utilisation civile de l'atome) depuis la conférence précédente de mai 2010."

 

                                    ECOUTER l’interview

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 09:30
L’hypocrisie des Etats nucléaires

       Tribune publiée par le quotidien La Croix du 27 avril 2015

 

       Aujourd’hui, s’ouvre à New York la conférence périodique qui fait le point sur l’application du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

 

       Cette conférence, qui réunit tous les cinq ans les représentants des 191 Etats signataires du Traité, sera l’occasion de faire un bilan sur l’avancement des résolutions et des engagements pris en 2010, lors de la conférence précédente.  Les puissances nucléaires se sont en effet engagées dans le Document final à «  adopter des mesures de désarmement concrètes «. La France s’était engagée, notamment, à réduire le rôle et l’importance des armes nucléaires dans sa doctrine de défense, à « redoubler d’efforts pour réduire et à terme, éliminer tous les types d’armes nucléaires ». Parmi les mesures, figurait aussi  l’organisation en 2012 d’une conférence pour l’établissement d’une « zone exempte d’armes nucléaires et de destruction massive » au Moyen Orient.

 

       Cinq ans plus tard, à la veille de la conférence d’examen du TNP, force est de reconnaître que, à l’exception des négociations avec l’Iran, encore inabouties à ce jour, très peu de progrès ont été réalisés pour lutter contre la prolifération et progresser sur la voie du désarmement nucléaire.

           

       Dans cette absence dramatique de résultats, les cinq Etats nucléaires - la Chine, les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France et la Russie, le groupe dit « P5 », ont une responsabilité particulière. En effet, le TNP repose sur une sorte de marché : les Etats ne possédant pas l’arme nucléaire promettent (article II) de ne pas l’acquérir en contrepartie de la promesse (article VI) de ceux qui la possèdent et qui ont signé le traité de s’orienter sérieusement vers l’élimination de leur arsenal. Or, les dernières années ont montré que ces Etats n’ont pas respecté leur engagement.

 

      Bien au contraire, ils se sont engagés dans un programme de réarmement massif, imités aussitôt par la Corée du Nord et les trois autres pays nucléaires non signataires du TNP : l’Inde, Israël et le Pakistan. C’est ainsi que les Etats-Unis prévoient d’investir près de 400 milliards $ sur 30 ans dans un programme de remise à niveau et de modernisation de leur arsenal nucléaire. La Russie, en sus d’un programme de modernisation sans précédent agite sans cesse la menace nucléaire. La Chine, elle aussi, accroît la taille de son arsenal. Le Royaume Uni s’apprête à développer une nouvelle génération de sous-marins lanceurs d’engins – SNLE – tout comme la France qui, non contente de moderniser les systèmes existants, prévoit de s’équiper de nouveaux missiles et de nouveaux SNLE. Le Président Hollande considère même que « la force de dissuasion, c'est ce qui nous permet d'avoir la capacité de vivre libres »

           

      Force est de constater que les Etats nucléaires font preuve d’une hypocrisie et d’un cynisme confondant. Ils proclament que leur garantie ultime de sécurité repose sur la « bombe » et ils font donc en sorte que leurs armements nucléaires deviennent encore plus efficaces en termes de portée, précision, vulnérabilité et ubiquité. Dans le même temps, ils tiennent à l’égard des 186 autres membres du TNP un discours lénifiant, en se contentant de se référer aux grands objectifs de non-prolifération et de désarmement dans le cadre d’une politique des « petits-pas ».

 

       Un tel comportement a pour conséquence d’encourager les quatre autres pays nucléaires à poursuivre de façon intensive le développement de leurs arsenaux, mais aussi d’inciter à se doter de l’armement atomique les pays non-nucléaires, qui invoquent les mêmes arguments de sécurité.

 

       Le document préparé par le groupe « P5 » pour la conférence du mois d’avril est à cet égard un monument de tartufferie. Au-delà de leur proclamation d’une volonté de respecter les grands engagements du TNP, on ne trouve aucune mesure concrète traduisant cette volonté. En cinq années, les Etats du « P5 » n’ont même pas réussi à se mettre d’accord pour l’établissement d’un glossaire consacré aux armes nucléaires. S’il est vrai que le diable se cache dans les détails, ce problème de sémantique dénote bien une absence de volonté de progresser dans la voie du désarmement.

           

       Jusqu’ici, le TNP nous a préservés d’une nouvelle vague de prolifération. Or, la crédibilité de ce traité ne tient plus aujourd’hui qu’à un fil. Même si des signes positifs existent avec les négociations relatives à l’Iran, les Etats nucléaires ne sont pas prêts à signer le moindre traité susceptible de limiter ou d’interdire leurs armements nucléaires. Ce faisant, ils mettent en danger le consensus -relatif - qui s’est instauré autour du TNP et prennent le risque de provoquer son effondrement.

           

        Les Etats nucléaires peuvent et doivent prendre de sérieux engagements pour réduire significativement la taille de leur arsenal, pour maintenir à un strict minimum le nombre d’armements physiquement déployés et prêts à un lancement immédiat et pour revoir leurs doctrines stratégiques dans le sens d’une diminution du rôle des armes nucléaires.

           

         Au lieu de se glorifier d’être en tête des technologies nucléaires et d’encourager de ce fait la course aux armements[1], la France s’honorerait, à l’occasion  des célébrations du 70ème anniversaire de la création de l’ONU, en 2015, de prendre la tête d’un processus de désarmement multilatéral, progressif et contrôlé. En se fixant comme priorité la préservation du monde face à la menace d’apocalypse nucléaire, elle serait fidèle à sa vocation humaniste et à ses ambitions mondiales.

 

Paul QUILES, ancien ministre de la défense,

Président de l’association ALB

 

Bernard NORLAIN, Général d’armée aérienne (2S),

Vice-Président d’ALB

 

Jean-Marie COLLIN, Directeur France PNND,

Vice-Président d’ALB

______________________________________________________________

 

[1] Manuel Valls : « la France fait la course en tête pour les technologies de dissuasion » (23 octobre 2014)

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article
19 avril 2015 7 19 /04 /avril /2015 15:58
" Souvenons-nous que vous n'êtes pas ici simplement pour éviter un cauchemar nucléaire, mais pour édifier un monde plus sûr pour tous." Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies,  Conférence d'examen du TNP (2010)

" Souvenons-nous que vous n'êtes pas ici simplement pour éviter un cauchemar nucléaire, mais pour édifier un monde plus sûr pour tous." Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, Conférence d'examen du TNP (2010)

Conférence d'examen du TNP de 2015

     La Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) en 2015 se tiendra du 27 avril au 22 mai 2015 à New York.,au Siège de l’Organisation des Nations Unies.

   Le TNP est un traité international historique, dont l’objectif est d’empêcher la propagation des armes nucléaires et de la technologie des armements, de promouvoir la coopération aux fins de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et de favoriser la réalisation de l’objectif du désarmement nucléaire et du désarmement général et complet.

     C'est le seul engagement contraignant pris par les États dotés d’armes nucléaires, dans le cadre d’un traité multilatéral, en faveur du désarmement.Des conférences visant à examiner le fonctionnement du Traité se tiennent à des intervalles de cinq ans depuis qu’il est entré en vigueur, en 1970.  (...)   Lire la présentation sur le site de l'ONU

    Compte tenu de l'attitude des pays nucléaires (dont la France), on peut avoir des inquiétudes sur l'issue de cette conférence, dont l'enjeu est d'une extrême importance. J'y reviendrai prochainement.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Désarmement nucléaire
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez