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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 18:19

Tribune de Paul Quilès et Benoit Praderie,

 

publiée dans le quotidien Les Echos le 26 avril 2013

 

      La France est un des rares pays européens où la part de l’électricité provenant d’énergies nouvelles et renouvelables (ENR) a diminué entre 1990 et 2011[1]. Notre pays se prive ainsi d’un gisement d’emplois, estimé pour 2030 à plus de 500.000 emplois[2] et d’un formidable filon de croissance et d’innovation.

 

      On sait par ailleurs que l’efficacité énergétique et le développement des ENR, ressources nationales, abondantes et inépuisables, représentent un réel atout pour réduire les importations d’énergies primaires (pétrole, gaz et uranium[3]). Celles-ci représentaient en 2012 la bagatelle de 69 milliards d’euros.

 

      Il faut donc créer de façon urgente les conditions d’un « choc énergétique ».

 

     Le pays s’est lancé fin 2012 dans un débat sur la transition énergétique dont on peut regretter qu’il soit peu audible[4] : organisation confuse, absence de pédagogie, débats territoriaux peu convaincants. C’est dans ces conditions que se poursuit l’asphyxie de la filière photovoltaïque, qui a de graves conséquences sur l’emploi. Les « mesures d’urgence » n’empêchent pas la disparition d’une à trois PME chaque semaine, dans l’indifférence générale. Ce constat est confirmé au plus haut sommet de l’Etat : « moins 15.000 emplois en deux ans »,  a reconnu François Hollande lors de la Conférence Environnementale le 14 septembre dernier. Pire, l’organisation du marché, de plus en plus étouffante, inquiète les quelques PME qui surnagent et désespèrent d’être entendues.

 

      L’objectif récemment revu mais étriqué d’environ 900 MW/an[5] interdit toute ambition industrielle nationale, pendant que des dispositifs règlementaires font vaciller les efforts et les financements. De plus, le maintien d’une procédure d’appels d’offre inefficace et de plus en plus discriminatoire décourage le plus têtu des entrepreneurs, étranglé et dissuadé par la politique tarifaire.

 

      Bien sûr, l’objectif peut sembler louable : limiter le dumping chinois. Mais on se trompe de cible. Le but doit être de produire massivement des kWh « verts » sur le territoire national, garants d’une plus grande indépendance, car il s’agit ici d’un des principaux enjeux de la transition énergétique.

 

      Que pèsent en effet, deux à trois cent millions d’euros de modules chinois importés face aux 69 milliards du déficit énergétique du pays ? L’immense majorité des emplois de la filière proviennent d’abord de l’ingénierie des projets, de la fabrication des composants, de la construction, des logiciels, de la maintenance, tous non délocalisables et à haute valeur ajoutée. Imagine-t-on que la France puisse un jour concurrencer les Chinois dans la fabrication de PC ou de smartphones ? Malheureusement, non. Par contre, nous le faisons dans leurs multiples utilisations (R&D, sociétés de services informatiques, opérateurs, développement d’applications…). Et puis, s’insurge-t-on que les éoliennes d’Areva ou d’Alstom soient fabriquées respectivement en Allemagne et en Espagne. S’émeut-on que les cuves des réacteurs nucléaires EPR actuellement en construction soient fabriquées au Japon ?

 

      Les objectifs 2020 sur lesquels la France s’est engagée vis-à-vis de l’Europe sont pourtant déjà hors de portée. On ne doit donc pas attendre 2014/2015 pour voir s’appliquer les premières mesures du débat sur la transition énergétique. Si pour le solaire par exemple, le moratoire de décembre 2010 a généré, par un simple arrêté, la perte de 15.000 postes, un nouvel arrêté pourrait en recréer au moins 10.000 dans l’année[6]. Au nom de quoi s’en priver, alors que la lutte contre le chômage est considérée par 80% des Français[7] comme la « priorité des priorités ».

 

      Il est temps de prendre rapidement de telles mesures et de fixer un objectif ambitieux et crédible de production d’énergie solaire (au moins 25.000 MW). Avec de la volonté et du courage, un choc énergétique est à portée de main.

 

 

       Paul Quilès est ingénieur, maire de Cordes-sur-Ciel, ancien ministre et ancien député

       Benoit Praderie est ingénieur, entrepreneur et président de la fédération d’associations Planète Eolienne

_______________________________________________________________

[1] « Energie : le retard français. » Alternative Economique, mars 2013.

[2] Etude récente du CIRED (Centre international de recherche sur l’environnement et le développement) approfondissant les travaux de l’association Negawatt 

[3]  Car, en tenant compte des importations d’uranium, le taux d’indépendance énergétique réel du pays n’est que de 10% environ, loin des chiffres supérieurs à 50% annoncés officiellement.

[4] Sondage IPSOS, déc. 2012 : 4 Français sur 5 n’ont jamais entendu parler du débat national sur la transition énergétique mais 4 Français sur 5 le jugent important.

[5]  C’est ce qu’ont installé l’Allemagne et l’Italie l’année dernière en… 3 semaines !!

[6] Par exemple : abandon des appels d’offres et de l’intégration au bâti, rétablissement d’un tarif simplifié avec 3 niveaux de puissance (0,35 €/kWh jusqu’à 9 kW, 0,15€/kWh jusqu’à 4,5 MW, 0,11€/kWh jusqu’à 10 MW, pas de tarif au delà), révision annuelle (et non plus trimestrielle) des tarifs planifiés sur le long terme (principe allemand du « corridor »), accélération des délais d’instruction, mise en place d’une contribution de 0,5 centime par kWh produit pour financer la R&D.

[7] Sondage IFOP pour Sud-Ouest du 6 avril 2013 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 11:32

                      Nuit de la thermographie à Cordes le 13 décembre 2011
imageIR
               Votre habitation est-elle bien isolée? Quels travaux engager
                                                   en priorité? 

      La soirée du 13 décembre permettra à tous les habitants de la région de Cordes de prendre connaissance du dispositif d'accompagnement et de conseils personnalisés gratuits qui se met en place sur le Pays Cordais pour la réalisation d'économies d'énergie.

     A la suite de cette soirée, dès janvier 2012, des permanences gratuites pour des conseils sur les économies d'énergie, les énergies renouvelables, les aides financières, seront assurées, en partenariat par l'Espace Info Energie du Tarn et l'ADIL du Tarn.

Programme de la soirée

18h30 - 19h30 : Place du Sol Grand, devant l’ancienne école
Présentation du dispositif d’accompagnement - Parcours dans les rues du village avec observation des bâtiments par caméra thermique.

19h30 - 20h : Salle de conférences – Maison Fonpeyrouse (possibilité d’accès en voiture - parking dans la Cité ou sur les Lices)
Echange avec les habitants autour d’un buffet offert par la Communauté de communes du Pays Cordais.

20h - 22h : Présentation du dispositif d'accompagnement des particuliers suivie d'une conférence sur « Comment rénover son habitation sans se tromper ? » par un conseiller de l'Espace Info Energie du Tarn.

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 14:34

Cette réaction vient d'être publiée par
le site Marianne2.fr

 

     Je viens de lire la lettre de Jean-Luc Mélenchon aux autres candidats de gauche à propos du nucléaire. Elle intéresse les animateurs du club Gauche Avenir à un double titre :

 

     1- Sa démarche conforte ce que nous ne cessons de demander, à savoir que soit défini un socle de propositions communes à la gauche.

     Il est évident que les propos de Jean-Luc Mélenchon sur cette question des choix énergétiques peuvent s’appliquer à bien d’autres sujets fondamentaux pour un gouvernement de gauche.
     Que dit-il en effet ? Je reprends ses propos :

-  "Nous ne pouvons nous contenter d’échanger des anathèmes, de nous admonester mutuellement ou de nous opposer des oukases contradictoires. Nous devons, à mon avis, d’abord chercher ce qui peut unifier la société autour d’un intérêt général".

-  "Je n’évacue pas les discussions qui traversent la gauche sur ce point du nucléaire. Elles ont leur noblesse. La force des arguments qui se confrontent est connue. Evitons de faire des dogmes avec des raisonnements. Admettons la loyauté de chacun de ceux qui contribuent à cette discussion et respectons les argumentations."

     Si la démarche proposée était reprise (pas seulement pour le nucléaire) par les principaux candidats de la gauche, je pense, selon les propos mêmes de Jean-Luc Mélenchon, qu’elle serait "à l’honneur de la gauche et à la hauteur de la responsabilité qui est la nôtre sur un sujet qui touche à l’intérêt général humain."

     De plus, elle serait beaucoup plus efficace et crédible que celle qui consisterait à attendre le soir du 22 avril 2012, 1er tour de l’élection présidentielle, pour trouver, après de longues et nombreuses polémiques, des compromis incertains sur des sujets majeurs.

 

    2- S’agissant de l’énergie, je me félicite que Jean-Luc Mélenchon reprenne la proposition faite, dans le cadre d’une "assemblée des gauches et des écologistes" initiée par le club Gauche Avenir (18 juin 2011), qui a rassemblé des représentants de toutes les sensibilités de la gauche, des syndicalistes et des experts reconnus 

     En synthèse de ces travaux, j’ai eu l’occasion de développer et de préciser l’idée d’un référendum, qui ne peut se concevoir sans les 3 conditions préalables d’une information complète (et si nécessaire, contradictoire) des Français, d’un vrai débat public et d’un travail parlementaire approfondi. Il reviendra au Parlement de choisir le scénario qu’il souhaite privilégier et qui sera ensuite soumis au référendum. Notre club a approuvé cette démarche.

 

     Je souhaite que cet état d’esprit visant à préparer un socle commun susceptible de répondre aux grands défis de la période permette aux forces de gauche et aux écologistes de se rencontrer rapidement, en vue du rassemblement pour la victoire.

 

                                                                                        Paul Quilès

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 11:28
Interview de Paul Quilès dans la revue Enerpresse
« L’Etat doit réinvestir son rôle de stratège de la politique énergétique »
Chaque mois, une personnalité commente un ou plusieurs sujets d’actualité du mois écoulé relatifs au secteur de l’énergie en général. Pour le mois de septembre, c’est Paul Quilès, plusieurs fois ministre de François Mitterrand après avoir été le directeur de sa campagne présidentielle en 1981, qui se prête à l’exercice. Le maire de Cordes sur Ciel, dans le Tarn, a commencé sa carrière comme ingénieur chez Shell France et n’a jamais cessé de s’intéresser à ce secteur. Aujourd’hui, il plaide, notamment, pour une validation citoyenne des choix énergétiques.
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En 1981, vous aviez milité pour un abandon du programme nucléaire. Le gouvernement né des élections en a décidé autrement. Quel est aujourd’hui votre sentiment à cet égard ?
Paul Quilès – Une réflexion préalable : la question de l’énergie, que j’ai suivie comme ingénieur, comme syndicaliste, comme politique militant, puis comme acteur dans mes fonctions ministérielles, est un sujet compliqué. Il l’est d’autant plus aujourd’hui que nous nous trouvons dans une période de transition. Or, les ministres, qui ne sont pas forcément des techniciens du secteur, doivent prendre des décisions, parfois lourdes, sur la foi des conseils des experts qui les entourent. Nous touchons là au cœur des difficultés de ce débat.
En 1981, nous n’étions pas pour l’abandon du programme nucléaire, mais contre le « tout-nucléaire », contre un plan d’un volontarisme considérable qui a conduit, pendant 20 ans, la politique énergétique française à se construire autour du nucléaire et de la pénétration de l’électricité pour écouler cette production. Une orientation dangereuse, puisqu’elle a pénalisé le développement des énergies alternatives et l’indispensable effort en direction de ce qu’on appelait les « économies d’énergie ».
Comme je l’ai souligné précédemment, le risque de toute politique énergétique, c’est qu’elle soit le fidèle reflet des solutions que veulent faire passer les conseillers ministériels et les techniciens. Or, à l’époque, Electricité de France et le Commissariat à l’Energie Atomique avaient phagocyté les cabinets ministériels. C’est ce que nous avons découvert à l’été 1981. Ceux qui préparaient les dossiers étaient convaincus que la seule solution était le développement massif du nucléaire et, face à leur détermination, le gouvernement a plié.
J’étais, d’autre part, opposé  au développement du surgénérateur Super Phénix et j’avais d’ailleurs obtenu un vote clair du PS dans ce sens. La gauche est arrivée au pouvoir et… nous avons fait le contraire. Pour arrêter à la fin des années 90. On sait ce que ça a coûté. Je ne voudrais pas que l’on refasse pareil aujourd’hui avec l’EPR.
Comment faire alors ?
Paul Quilès – Je plaide pour un débat public (voir sur ce blog), qui serait précédé par une information complète et, si nécessaire, contradictoire. Le débat, national et décentralisé, pourrait être organisé dans le cadre de la « Commission du débat public ». Après cette phase, qui devrait durer environ six mois, le Parlement se saisirait du dossier et, avec l’aide d’organismes compétents, il élaborerait divers  scénarios de politique énergétique. Les débats parlementaires permettraient alors de définir celui qui serait soumis au référendum public. On le voit, il ne s’agirait pas de proposer aux Français de s’exprimer sur un choix caricatural pour ou contre une énergie, mais sur une politique cohérente de transition énergétique. Une telle démarche, sérieuse et démocratique donnerait une véritable légitimité aux décisions fortes qu’impliquera la nouvelle politique énergétique.
Dans les années 70-80, le consensus s’est fait par défaut. Après le premier choc pétrolier, l’idée principale était de réduire la dépendance aux importations de pétrole et de garantir une énergie moins chère aux consommateurs. Cela ne laissait aucune place au débat. Il ne faut pas s’étonner des difficultés qui surgissent aujourd’hui, avec la remise en cause dont fait l’objet l’utilisation de l’énergie  nucléaire.
Cette idée d’un référendum pourrait-elle être reprise dans le programme du PS ?
Paul Quilès – Elle fait son chemin, puisque le PS propose dans son projet « un grand débat national sur la transition énergétique dès 2012 ». Quant à  Martine Aubry, que je soutiens, elle évoque une loi d’orientation d’ici à juillet 2013. Il me semble que cette loi pourrait constituer l’aboutissement du processus que j’ai décrit. Si on ne débat pas dans le pays et que l’on veut imposer des changements de modes de vie, il y aura des rejets. C’est impensable.
 Le seul sujet lié à l’énergie qui a animé les débats du premier tour des primaires socialistes a concerné le nucléaire, son abandon à plus ou moins brève échéance. Le PS est-il en ordre de marche sur l’ensemble de la stratégie énergétique ?
Paul Quilès – La place du nucléaire a effectivement donné lieu à des positionnements différents. La question fondamentale est de savoir si l’on considère ou non qu’il s’agit d’une énergie de transition. Pour sa part, Martine Aubry a été claire, en parlant de « sortie graduelle, sérieuse, effective, du nucléaire ». A cet égard, le nouveau scénario  de NégaWatt est intéressant, même s’il présente par ailleurs des faiblesses, que reconnaissent ses auteurs. Il s’agit d’une modélisation, qui ne donne pas de solutions concrètes de mise en œuvre et d’indication sur les coûts et les investissements nécessaires. Elle ne prend pas non plus en compte l’inertie sociale propre aux enjeux industriels ou d’éventuels problèmes géopolitiques.
Anticiper 2050, c’est un peu comme si nous avions cherché à imaginer 2011 en 1972, juste avant le premier choc pétrolier… Mais, après tout, gouverner, c’est prévoir. Et lorsque l’on évoque le facteur 4 (la division par 4 des émissions de GES, suggérée par la Convention de l’ONU et le protocole de Kyoto), c’est aussi de l’horizon 2050 qu’il est question. C’est normal de le faire, mais il faut se fixer des étapes.
Au delà de ce sujet, la politique proposée par le PS en matière d’énergie a été clairement définie dans le document présenté le 4 mai dernier (et intitulé « Pour des biens communs partagés et des services essentiels accessibles à tous : eau, énergie, Internet et mobilité - ndlr) : sobriété, rééquilibrage du mix énergétique pour sortir de la dépendance au  nucléaire et au pétrole, développement volontariste des énergies renouvelables. On y constate que la question énergétique y est opportunément appréhendée de façon transversale (usages, transports, logements), sans se limiter, malgré son importance, à la question de l’électricité d'origine nucléaire.
Un développement accéléré des énergies renouvelables implique, comme chacun sait, une augmentation du coût de l’électricité. Comment le faire accepter ?
Paul Quilès – Comme le propose le document que je viens de citer, un tarif progressif sera institué. Il sera assis sur des seuils correspondant aux consommations non contraintes. Plus les consommations de confort seront importantes, plus les usagers seront incités à réduire leurs consommations et/ou à investir dans l’auto- consommation. Par ailleurs, la sobriété énergétique diminuera la consommation et compensera, sur la facture, l’inévitable hausse des prix de l’énergie. Un exemple : à Cordes sur ciel, dont je suis le maire, la nouvelle école a été conçue de façon à être un bâtiment  bioclimatique, ce qui a réduit la facture énergétique de…75 %.
Il faudra aussi mettre en place un « Fonds national de l’efficacité énergétique » permettant de financer les travaux d’économies d’énergie.
Qui sera financé lui-même…
Paul Quilès – Il sera abondé par le produit de la contribution climat-énergie, des taxes sur l’uranium et les déchets nucléaires, des taxes actuelles sur les produits fossiles, des économies liées à la suppression des niches fiscales liées aux énergies fossiles, entre autres.
Le scénario NégaWatt ne paraît-il pas utopiste en prévoyant une division par 3 de la consommation d’énergie d’ici à 2050, ceci avec une population qui se sera accrue de 7 millions de personnes. Est-il, d’autre part, susceptible d’intéresser le PS ?
Paul Quilès – C’est un scénario de techniciens, de mathématiciens, dont je ne conteste pas les difficultés. Pas plus que les auteurs d’ailleurs. Ce que je note, c’est qu’il fait l’impasse sur toute une série de paramètres, cités plus haut, que les responsables de l’association ne peuvent pas et n’ont pas à maîtriser. Mais il présente le grand avantage d’être un travail sérieux et utile, qui va au fond des choses concernant notamment le nucléaire et il faut le prendre comme un outil. Le scénario doit être présenté au PS d’ici à la fin de ce mois.
Les régions sont en train de travailler à des schémas régionaux climat-air-énergie. Quelle doit être la déclinaison des rôles entre l’Etat et les territoires dans la politique énergétique ?
Paul Quilès – Le scénario NégaWatt prône la décentralisation de la politique énergétique et il a raison. Mais cette décentralisation doit se retrouver dans une confiance accordée par l’Etat aux initiatives des régions, qui devraient avoir leurs propres outils de planification d’investissements énergétiques. C’est pourquoi je plaide pour des contrats de plan Région-Etat dans ce domaine. Il faut laisser les régions prendre leurs responsabilités, afin de rapprocher les lieux de production des lieux de consommation et d’adapter le développement des énergies renouvelables aux potentiels des territoires. Quant à l’Etat, il doit réinvestir son rôle de stratège et de pilote de la politique énergétique.
Est-ce à dire qu’il l’a perdu ?
Paul Quilès – Depuis les années 70, la politique énergétique française a essentiellement consisté à réduire la facture pétrolière en développant le nucléaire et à tout faire pour écouler la production d’électricité qui en est issue, au niveau des réseaux comme du chauffage des bâtiments. L’Etat a du mal à se sortir de ce rôle.
Certes, il y a eu le Grenelle de l’Environnement, mais proposer après une table ronde par ci par là, c’est du cache-misère. Rien n’est fait pour atteindre les objectifs de maîtrise de l’énergie dans le bâtiment. Et ne parlons pas des à-coups dans la politique de développement des énergies renouvelables. Des objectifs sont fixés, sans que les moyens soient là pour les atteindre. C’est une politique de gribouille.
Quoi que l’on puisse dire (à juste titre !) de la stratégie choisie dans les années 70, elle témoignait au moins d’un volontarisme politique : les gouvernants d’alors ont « mis le paquet » financièrement, techniquement et sur la formation. On ne peut pas en dire autant aujourd’hui.
Autre sujet qui a marqué le mois de septembre : la fermeture annoncée de la raffinerie de Berre, faute pour son propriétaire, LyondellBasell, d’avoir trouvé un repreneur. Comment régler cette difficile question du raffinage en France ?
Paul Quilès – Je me suis rendu récemment sur le site de Berre, où j’ai commencé ma carrière comme ingénieur et j’ai pu discuter avec le personnel, particulièrement angoissé par ce qui se passe. On ne peut pas traiter cette question du raffinage par le petit bout de la lorgnette, en laissant les raffineries  fermer les unes après les autres sans réflexion prospective. On doit partir des besoins pétroliers à venir, tant pour le transport que pour la pétrochimie. Si les pouvoirs publics abandonnent le secteur du raffinage à la stratégie des grands groupes, le processus de désindustrialisation de l’outil français va se poursuivre. Au risque de supprimer encore des emplois, de devoir importer, à prix élevé, du naphta et du gas-oil du Moyen-Orient et de déséquilibrer un peu plus la balance commerciale.
Au-delà, le problème spécifique de Berre montre bien que certaines décisions, qui impactent lourdement l’emploi, ont des motivations exclusivement financières. Selon les chiffres dont j’ai eu connaissance, la raffinerie dégage des pertes de 70 millions d’euros par an mais la pétrochimie des gains de 170 millions ; l’ensemble du site reste donc rentable et il est possible de l’exploiter sans le découper. J’attends que les pouvoirs publics disent clairement comment ils comptent intervenir pour empêcher ce mauvais coup porté à l’emploi et à notre outil industriel.
 Une dernière question, bien plus anecdotique : le déploiement à grande échelle du compteur communicant Linky, annoncé aussi le mois dernier, est-il, à vos yeux, une bonne initiative ?
Paul Quilès – Le problème de ce compteur c’est qu’il communique avec… l’opérateur, pas avec le consommateur. Laisser la concurrence régler la question essentielle de la maîtrise des consommations individuelles est une mauvaise réponse à une vraie question. Il faut que ce soit le consommateur lui-même qui se sente impliqué. C’est pour cela que le PS propose la mise en place gratuite de compteurs intelligents…pour les consommateurs.  
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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 13:30

                                 Le texte qui suit a été publié sur le site MEDIAPART

  Referendum.jpg
Dans une  
récente tribune, j’ai montré comment, sur des sujets importants, la confusion savamment entretenue par les décideurs politiques masque souvent la volonté de dissimuler la vérité. Les subterfuges sont toujours les mêmes: fausses évidences, formules toutes faites, silences, « non dits »…. 

  En prenant l’exemple du nucléaire, j’ai proposé que des méthodes plus démocratiques soient mises en œuvre pour éviter que s’engagent, sans véritable débat, des politiques qui concernent lourdement notre vie et celle des générations à venir. Ma proposition de consulter les Français par référendum a fait l’objet de commentaires pertinents, ce qui m’amène à préciser ici mon idée.  

            Rappelons-nous d’abord que le principe du référendum est inscrit dans la Constitution, à l’article 11 (modifié le 23 juillet 2008). Celui-ci précise notamment que « Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement….. ou sur proposition conjointe des deux Assemblées……. peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent…. ». Dans le cas d’une initiative parlementaire, le référendum  « peut être organisé à l'initiative d'un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d'une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l'abrogation d'une disposition législative promulguée depuis moins d'un an. » 

            Je ne méconnais pas les critiques classiques formulées à l’encontre de ce mode de consultation des citoyens : glissement vers une forme de plébiscite (1969) ; détournement du résultat par une procédure parlementaire (TCE 2005, puis traité de Lisbonne) ; amputation du pouvoir de décision des parlementaires ;  incitation à la démagogie.
            Malgré cela, je suis convaincu qu’il est possible d’utiliser le référendum comme outil de l’expression populaire, à la triple condition :

   -  que l’information préalable soit poussée à l’extrême, pour permettre un véritable débat public, incluant la manifestation de désaccords ;

   -  que le Parlement ne soit pas tenu à l’écart de la démarche ;

   - que la procédure du référendum ne concerne que les questions engageant lourdement l’avenir.           

            L’utilisation de l’énergie nucléaire dans la production d’électricité constitue précisément une question que cette procédure permettrait d’aborder avec sérieux et responsabilité. L’information et le débat, en toute transparence, sur les avantages, les risques, les coûts, le calendrier, éviteraient certainement les passions excessives et les simplifications abusives.           

            Je propose donc un dispositif  en 4 temps : 

1- Des scénarios*seraient élaborés par un comité d’étude, composé d’experts, qui décrirait de façon précise ces scénarios et en analyserait complètement les conséquences, notamment en termes de coût d’investissement et de consommation, de développement de sources alternatives d’énergie, de calendrier, d’emploi.  

2- Le résultat de ce travail serait communiqué aux Français au cours d’une grande campagne d’information, suivie d’un débat public. 

3- Après ces deux phases, le Parlement serait saisi du dossier. A l’issue des travaux parlementaires, un scénario serait choisi et décliné sous forme d’une proposition de loi à soumettre au référendum. 

4- Les Français seraient alors consultés par référendum sur cette proposition de loi. 

            Une telle démarche, démocratique et transparente, fait appel à l’intelligence et à la responsabilité. Elle est exigeante, loin des facilités qu’autorise l’absence de débat : le « tout ou rien », les slogans creux, les formules magiques, les affirmations péremptoires, les caricatures, les surenchères.  

            En choisissant cette voie, la gauche et les écologistes donneraient un signe fort de leur capacité à associer les Français à une décision importante qui engagera l’avenir.

____________________________________________________________________

 

*  J’ai proposé 3 scénarios

   - scénario 1 : continuation du développement tendanciel actuel de la production d’électricité nucléaire, avec maintien de la construction des réacteurs EPR prévus ; mise en œuvre de la 4ème génération ; continuation de la recherche sur ITER.

    - scénario 2 : arrêt définitif et démantèlement programmé de toutes les centrales nucléaires à partir de 2012, avec l’objectif d’une réduction de l’ordre de 60% de la puissance installée en 2020 ; arrêt de la construction de l’EPR de Flamanville et annulation du projet d’EPR à Penly ; développement d’une activité industrielle pour le démantèlement des installations nucléaires et la réhabilitation des sites.

   - scénario 3 : d’ici 2020, non remplacement des centrales en fin de vie (réacteurs construits entre 1977 et 1985) et réexamen de la situation à ce moment là.

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 19:05
nucleaire-Merkel.jpg     Angela Merkel vient de décider d’arrêter la production allemande d’électricité nucléaire en 2022.  Quand une mesure de cette importance est prise, on est en droit de se demander quelle en est la raison, surtout lorsqu’elle représente, comme c’est le cas ici, une volte face flagrante par rapport aux positions précédemment exprimées par la Chancelière.
     Il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre que cette décision répond d’abord à des considérations de nature politique, disons plutôt politiciennes. Il s’agit en effet pour Angela Merkel de limiter les risques électoraux que court son parti, du fait de la progression des Verts, dopés par l’émotion engendrée par la catastrophe nucléaire de Fukushima.
     Au-delà de ces considérations, il me semble utile de s’interroger sur les conditions dans lesquelles cette « sortie du nucléaire » a été décidée. Au moins 3 points méritent réflexion :
    - le programme de remplacement à mettre en œuvre dans les 10 prochaines années est-il clairement identifié par le gouvernement allemand et accepté par la population (développement rapide des énergies renouvelables, modification des modes de consommation, évolution des réseaux de distribution….) ?
    - les objectifs d’émissions de carbone fixés au niveau européen seront-ils tenus ?
    - les Allemands comptent-ils sur les importations d’électricité française (produite à 75% par des centrales nucléaires !), pour combler des déficits passagers ? Etonnant....lorsque l'on sait qu’il arrive à la France d’importer de l’électricité d’Allemagne, lors de périodes de pointe de consommation!
     En posant ces questions, je ne souhaite pas me situer dans ces catégories réductrices - les « pro », les «anti », les "responsables", les "rêveurs"-, qui conduisent trop souvent à empêcher toute discussion en profondeur. Ces questions légitimes (et bien d’autres encore) font partie d’un débat qui doit avoir lieu de façon non partisane et en dépassant les postures émotionnelles, en évitant la manipulation des chiffres, en ne mélangeant pas les problèmes techniques, économiques et politiques.
    Depuis 40 ans, au cours de ma vie d’ingénieur dans le secteur de l’énergie, dans mes responsabilités syndicales, politiques, d’élu et de ministre, je me suis toujours battu contre les positions extrêmes qui ont conduit à une dépendance excessive à l’égard du nucléaire et à une sous estimation des énergies renouvelables et des économies d’énergie. Je l’ai fait de façon raisonnée, convaincu que, sur un dossier aussi crucial pour nos sociétés, une information sérieuse, objective et, si nécessaire, contradictoire est le préalable indispensable à un débat public, sans lequel il n’est pas possible d’envisager des réponses acceptables par nos concitoyens.
     C’est précisément pour cela que je me retrouve dans la démarche du club Gauche Avenir, qui propose aux forces de gauche et de l’écologie de définir, pour plusieurs grands thèmes, le « socle » sur lequel pourra se construire un projet et un programme de gouvernement.
     En ce qui concerne l’énergie, chacun voit bien qu’il y a des nuances et parfois des divergences entre les différents partis de gauche, mais s’ils veulent gouverner ensemble et être crédibles aux yeux des Français, ils ont le devoir de définir ce « socle », c'est-à-dire les analyses et les propositions qu’ils ont en commun.
     Le 18 juin, une journée de travail sera consacrée à ce thème de la politique énergétique, en présence de responsables politiques et d’experts. Pour en savoir plus, cliquez ici.
     La réunion sera publique et nous publierons le compte-rendu des débats, comme nous l’avons fait pour la 1ère assemblée des gauches et des écologistes sur le logement.
     Lire aussi sur ce blog:  "pour une nouvelle politique de l'énergie"
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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 17:35
La prochaine "Assemblée des gauches et des écologistes"
portera sur le sujet particulièrement important
de la politique énergétique
susceptible d'être mise en oeuvre par la gauche.
    
    Au delà des grandes proclamations, parfois contradictoires, il est indispensable de débattre entre les forces de gauche et les écologistes pour confronter les analyses et les propositions, afin de déterminer avec clarté les convergences....et les différences.      
       
    En attendant cette rencontre, qui se déroulera le 18 juin, il n'est pas inintéressant de faire un retour en arrière, en lisant cet article publié par Médiapart. Il rappellera quelques souvenirs à ceux qui, comme moi, militaient déjà il y a 30 ans contre la politique du "tout nucléaire".
 
    On retrouvera aussi l'épisode de la décision de François Mitterrand de ne pas construire la centrale nucléaire de Plogoff dans cet interview.....
     

Energie-l-autre-politique.jpg

 

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 12:29

Solaire.jpgDepuis quelques mois, malgré les engagements du Grenelle de l'environnement, le gouvernement s’attaque au développement du solaire photovoltaïque. Les défenseurs de cette filière, indispensable pour diversifier les sources de production d’énergie et créer des « emplois verts », s’inquiètent à juste titre des arguments étranges utilisés par les pouvoirs publics.

 

    Pour comprendre les enjeux de ce dossier, je vous invite à consulter 2 documents : 

 

    - La lettre ouverte au Président de la République -publiée par le Monde- de Benoit Praderie, chef d’entreprise dans le photovoltaïque et conseiller du commerce extérieur de la France, qui s’indigne des contradictions de la politique française dans ce domaine. Il rappelle notamment les discours présidentiels incantatoires, depuis le «Il faut plus d’industrie française, plus d’innovation, plus d’entrepreneurs », « Il faut une politique française qui innove et trace l’avenir», jusqu’au célèbre «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs»…..    Lire la lettre  

 

    - L’analyse de David Guinard, Directeur Général de Photosol, sur le site enerzine.com

" Une grande partie de l'argumentation……repose sur une affirmation simple : l'explosion du photovoltaïque en France fait peser sur le portefeuille des Français un risque majeur. On n'explique pas pour quelle raison ce risque n'a pas été identifié ni par l'Allemagne (avec son marché photovoltaïque 40 fois plus développé), ni par l'Espagne (12 fois plus développé), ni par le Japon, (10 fois plus développé), ni par les Etats-Unis (6 fois plus développé), ni par l'Italie (4 fois plus développé), ni par la République Tchèque (2 fois plus développé), ni par la Belgique (1,5 fois plus développé). Il convient donc de remettre un peu en perspective cette assertion et d'en étudier plus précisément les tenants et les aboutissants."   (….)

    " En conclusion, les critères sur lesquels se fondent la plupart des détracteurs de l’énergie photovoltaïque ……sont faux et tendent à occulter aussi bien les avantages économiques du solaire photovoltaïque que les incertitudes majeures et les enjeux colossaux, auxquels l’industrie nucléaire (et indirectement les contribuables français) vont devoir faire face dans les 10 années qui viennent."   Lire l’article

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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 23:12

    Ainsi, la taxe carbone est, avec M.Darcos, la victime sacrificielle de l'échec de la droite aux élections régionales!
    S'agissant de cet impôt, que j'ai qualifié d'injuste, compliqué et inefficace, je ne vais pas me plaindre de l'annonce du premier ministre.
    Par contre, le caractère politicien évident de sa décision, qui vise à calmer une certaine partie de la droite, secouée par la claque de dimanche dernier, est assez affligeant. Il suffit de relire ce que j'écrivais sur ce blog il y a un peu plus de 6 mois, pour comprendre à quel point ce sujet sérieux -l'incitation à réduire les consommations d'énergie- a été traité en dépit du bon sens.
    Les préoccupations essentiellement politiciennes de ceux qui ont conçu feu la taxe carbone (la "contribution climat énergie") n'ont pas permis que s'engage un vrai débat sur les objectifs et les moyens de faire accepter une véritable politique de développement durable.
    Cette attitude brouillonne et qui tourne le dos à la concertation indispensable au traitement des des problèmes de fond est de mauvaise augure pour les grands dosiers qui vont être abordés prochainement....celui des retraites par exemple.

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 10:00

r-chauffement.jpg   Le débat sur le changement climatique semble parfois tourner à la confusion.

   Faudrait-il négliger l’origine humaine du réchauffement constaté de planète, comme certains le suggèrent ? Pour ma part, je suis avec beaucoup d’attention les arguments échangés dans ce domaine qui m’a toujours passionné et je ne remets pas en cause l’analyse du Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC), même si quelques erreurs ont été commises et si toutes les références ne sont pas vérifiables.

    Claude Allègre, de son côté, conteste les thèses du GIEC, avec la fougue et le goût de la provocation qu’on lui connaît. Cela l’a amené en particulier à s’appuyer sur pas mal d’approximations, ce qui affaiblit sa démonstration.

   Le débat scientifique est nécessaire et il ne doit pas craindre la contradiction. Pour autant, certaines polémiques conduisent à des dramatisations excessives, fondées sur des analyses hâtives et des propositions de mesures mal ajustées. Ce n’est pas la meilleure façon de crédibiliser l'indispensable promotion du développement durable.


 Clin d’œil historique !

A ceux qui pensent que le débat sur les causes des dérèglements climatiques est une innovation récente, je livre ce petit chef d’œuvre que j’ai retrouvé :
une note datant du 25 avril 1821,
dans laquelle le Ministre de l’Intérieur
de l'époque (Jérôme Joseph Siméon) 
demande une enquête sur les raisons des
« refroidissements sensibles dans l’atmosphère, des variations subies dans les saisons et d’ouragans ou d’inondations extraordinaires
auxquels la France semble devenir
de plus en plus sujette »
Lire la note de Jérôme Joseph Siméon

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez