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4 septembre 2020 5 04 /09 /septembre /2020 16:41
Quatre septembre, l’autre anniversaire

    Aujourd’hui, 4 septembre, c’est pour la France le 150ème anniversaire de la proclamation de la République par Gambetta.

     C’est aussi, il faut le rappeler, le 50ème  anniversaire de la victoire électorale de Salvador Allende à l’élection présidentielle au Chili. Victoire exceptionnelle, puisqu’elle s’inscrivait dans le contexte de la guerre froide et malgré la lourde ingérence des agences d’État américaines et des entreprises privées. Et c’était la première fois en Amérique latine qu’un socialiste arrivait au pouvoir par le biais d’élections, démocratiquement et en toute liberté.

     La présidence d’Allende n’a duré que 3 ans *, en raison du coup d’Etat fomenté par Pinochet, avec l’aide de la CIA de Richard Nixon et l'arrosage financier des Etats-Unis, mais son héritage éthique, social et démocratique inspire encore les progressistes du monde entier. On trouvera dans un dossier spécial du Progressive Post plusieurs documents sur l’esprit et les réalisations de la présidence de Salvador Allende, qui n’a cessé d’appeler à « travailler dans l’unité pour lutter contre les inégalités énormes que le modèle néolibéral génère ». (lire en particulier ce texte )

     Deux ans après son élection, Allende est intervenu devant l’Assemblée générale des Nations Unies. L’ancien Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, Juan Somavía, se souvient avec émotion de la longue ovation debout de l’Assemblée à la fin de son discours et il précise : « Cela ne s’est produit qu’une seule autre fois, avec Nelson Mandela, après sa libération. » 

 

*  Le 11 septembre 1973, Salvador Allende, se suicide dans le palais présidentiel de la Moneda, qui vient d’être investi par les soldats de la junte du général Pinochet.

  Celle-ci proclame l'état de siège dans tout le pays et dissout les partis. Dans les jours qui suivent, 45 000 personnes sont raflées et concentrées dans le sinistre stade de Santiago. 3000 d'entre elles disparaissent tragiquement dans les geôles militaires ; beaucoup sont torturées avant d'être exécutées. 200 000 Chiliens prennent les chemins de l'exil. (….)

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20 août 2020 4 20 /08 /août /2020 11:12
Mali: erreurs et inquiétudes
Mali: erreurs et inquiétudes

       À l'écoute des informations et des commentaires de ces derniers jours sur la situation grave que traverse le Mali, je me suis rappelé ce que je disais il y a quelques années.

    Parmi mes nombreuses interventions sur ce sujet , j'ai sélectionné 3 textes publiés sur mon blog, qui en disent long sur les erreurs commises et sur les inquiétudes qu'on peut légitimement avoir pour l'avenir de cette région.

 

11 janvier 2013 

Les 4 problèmes que l’intervention française est censée résoudre

 

      Depuis l’annonce de l’intervention militaire française au Mali, les commentaires mélangent allègrement quatre problèmes que cette opération serait censée résoudre : l’intégrité de l’Etat malien, la sécurité des 6000 ressortissants français, le sort de nos otages, la lutte contre le terrorisme islamiste.
     
       Essayons d’y voir clair. La communauté internationale s’est mobilisée contre le danger que représente l’influence grandissante de cette forme de terrorisme dans certaines zones du monde et on ne peut que s’en réjouir. Cette prise de conscience me semble malheureusement tardive, s’agissant du Mali. Déjà, le 14 avril 2012, j’attirai l’attention sur « les risques d’un Mali effondré » (voir ci-après) et je proposai une action internationale rapide, en concluant : «Le temps presse, car la situation actuelle profite à toutes les forces de déstabilisation violente, militaires ou terroristes, plutôt qu’aux défenseurs de la stabilité et de la démocratie. »

      Huit mois plus tard, le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a finalement adopté la résolution 2085, qui « autorise le déploiement d’une force internationale au Mali », la MISMA.

    Cette résolution précise que « l’opération sera conduite avec des troupes combattantes exclusivement africaines et une forte mobilisation de l’Union européenne sur les plans financier et logistique » (voir communiqué du Quai d’Orsay). Elle demande aussi aux Etats membres de l’ONU « de fournir un appui, coordonné à la MISMA, en étroite coordination avec celle-ci et avec les autorités maliennes, notamment sous la forme de formations militaires, de fourniture de matériel, de renseignement, d’appui logistique et de tout type d’aide nécessaire pour réduire la menace posée par des organisations terroristes… »

      L’inquiétude du gouvernement malien devant la percée des combattants islamistes vers le Sud l’a amené à demander une accélération de l’aide internationale. A l’évidence, les Etats africains de la CEDEAO n’étaient pas prêts et c’est dans ces conditions que la France vient de faire intervenir ses forces militaires.

     Espérons que cette opération sera efficace, mais il faudra que l’on précise bien lequel ou lesquels des quatre problèmes que j’évoquais en commençant elle est censée résoudre.

    Il me semble également indispensable, de façon à éviter toute ambigüité, que le Conseil de sécurité donne un mandat explicite à la France, puisque, malgré les soutiens (verbaux) des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de l’Allemagne, et en l’absence regrettable de l’Union Européenne, la France risque de se retrouver seule à faire face à une situation particulièrement complexe. 

 

4 février 2013 

Une situation compliquée depuis longtemps

 

Interview de Paul Quilès dans la Dépêche du Midi

 Après le succès de l'intervention militaire française au Mali, il faut maintenant bien préciser les objectifs des opérations à venir et tenir compte du contexte particulier de ce pays.

  • En tant qu'ancien ministre de la Défense, comment analysez-vous la situation au Mali ? 

     À mon sens, on doit se méfier d'une vision simplificatrice. La situation est compliquée. Alors, je suis étonné que l'on passe d'un sentiment d'extrême inquiétude à une sorte d'extase. Rien n'est terminé. Quand à la question des otages, je suis étonné des déclarations qui sont faites. Ce n'est pas à mon avis le sujet qu'il faudrait aborder pour le moment. Pour bien comprendre la situation actuelle du Mali, il faut remonter loin dans le temps…  

  •  Jusqu'à quelle date ?

     Le congrès de Berlin en 1885, au moment où les grandes puissances coloniales se sont partagé l'Afrique, avec de grands tracés de lignes droites, des répartitions totalement artificielles ! Ainsi, au Mali, se pose toujours la question des Touaregs, au nord, qui étaient autrefois un peuple dominant par rapport au sud, où se trouvaient les esclaves. Nous avons des peuples avec une histoire et une culture différentes. Les Touaregs ont depuis cette époque une volonté d'autonomie, l'envie d'être traités de manière différente de ceux du sud. Cela a donné une série d'affrontements jusqu'à ces événements de 2 012. Voilà comment les Touaregs ont pu s'associer à un moment donné avec les jihadistes, mais quand ils ont vu les horreurs que ceux-là commettaient, ils s'en sont détournés. Il n'en reste pas moins que nous avons des grands risques de représailles, de vengeances.  

  • Le Mali pourra-t-il y faire face ?

   Le Mali est un pays qui doit réaliser une reconstruction, peut-être même une construction démocratique. Il y a une centaine de partis… mais pas d'élections !

  • Que pensez-vous de l'action de l'armée française sur place ? 

     Quelle action ? Vous pouvez me le dire ? Il y a eu des bombardements de colonnes de camions, la destruction d'objectifs logistiques, et les armées françaises et maliennes qui sont entrées dans des villes vides. Alors, il y a peut-être eu des opérations réalisées par les forces spéciales, mais vous et moi n'en savons rien. Pour l'instant, c'est une guerre presque sans mort et les guerres sans mort, ça n'existe pas. Il est donc hasardeux de penser que tout est fini. Il s'agit plutôt de savoir ce que vont faire les forces maliennes, les forces africaines, l'Algérie, l'ONU… Les 3 500 soldats français ne resteront pas, mais les forces spéciales, elles resteront. Et nous n'en saurons rien.   

*****

 Lire aussi l'excellente analyse d'Olivier Roy, directeur d'études à l'EHESS, dans Le Monde:  Vaine stratégie française au Mali

 

30 novembre 2019

Un nouvel Afghanistan ?

 

Patrick Cohen reçoit Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense, sur Europe 1,

dans l’émission "C’est arrivé cette semaine" 

Après le décès de treize soldats français en opération au Mali, Emmanuel Macron se dit prêt à revoir toutes les options stratégiques de l’intervention française au Sahel.

Questions

  • Que dire aux familles endeuillées ? Quel doit être l’hommage de la Nation ?
  • Comment se fait-il que près de 7 années de guerre n’aient pas fait baisser la menace djihadiste au Sahel ? Est-ce à dire que la France ne s’est pas donné les moyens de passer le relais aux armées locales ?   
  • La guerre jusqu’à quand ? Quel objectif ?
  • Le Mali et les autres pays du Sahel risquent-ils de devenir un nouvel Afghanistan ?

ECOUTER l’interview (de 2’30 à 10’)

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 15:53
Algérie, nouvelle indépendance
   

 

Chère Amie, Cher Ami,


J’ai le plaisir de vous inviter
au prochain diner-débat sur le thème

 

« Algérie, nouvelle indépendance »

 

mardi 3 mars 2020

à 20 h

 

En espérant votre présence, je vous adresse toutes mes amitiés,


Paul Quilès
Président de Démocraties

 

Invité : Jean-Pierre Filiu

 

Jean-Pierre Filiu, historien et arabisant, est professeur des universités à Sciences Po Paris, après avoir été professeur invité dans les universités de Columbia et de Georgetown (Etats-Unis). Il est spécialiste du monde arabe et du Moyen Orient.

 

Depuis le 22 février 2019 des foules de femmes et d’hommes manifestent chaque semaine en Algérie pour reprendre leur destin en main. Cette contestation populaire et non violente, dénommée Hirak, qui a obtenu la démission du Président Bouteflika, aspire à la refonte sur des bases démocratiques du système politique.
La vague de fond qui traverse l’Algérie vers une nouvelle indépendance, tournant la page de l’après 1962, aura à coup sûr des répercussions profondes sur la société algérienne. Elle appelle une analyse de fond que Jean Pierre Filiu nous aidera à réaliser.

 

 

Inscription au dîner-débat
au plus tard le 25 février 2020

 

 

 Le dîner-débat se tiendra :

au restaurant du Cercle Universitaire

12, rue Clément 75006 Paris (métro:Mabillon)

4ème étage code ascenseur : 1 2 3 4

 

Participation :

Adhérents : 40 euros

Non-adhérents : 45 euros
Etudiants et jeunes de moins de 25 ans : 20 euros.

 

Vous pouvez payer votre inscription :

  • soit en nous informant de votre inscription par mail à association.democraties@gmail.com, et en remettant un chèque à l'entrée du restaurant avant le débat;
  • soit par chéque libellé à l'ordre de Démocraties envoyé à Démocraties 23 rue d'Alleray 75015 Paris.

 

 

Le club DEMOCRATIES a vocation à accueillir celles et ceux qui partagent les idéaux de la démocratie, et à promouvoir les valeurs de l’Etat républicain. A travers ses débats il entend analyser les mouvements sociaux, culturels et politiques et ouvrir ainsi les grands dossiers de la France et du monde contemporain.

 

 

DEMOCRATIES
23 rue d'Alleray 75015 Paris
association.democraties@gmail.com

 http://www.democraties.fr/

Facebook

 

 

 

© 2019 DEMOCRATIES

 

 

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2 février 2020 7 02 /02 /février /2020 19:38
Des exemples de mines antipersonnelles présentées lors d’un colloque contre l’emploi de telles armes, le 1er mars 2019 au siège de l’ONU à New York, aux Etats-Unis. LUIZ

Des exemples de mines antipersonnelles présentées lors d’un colloque contre l’emploi de telles armes, le 1er mars 2019 au siège de l’ONU à New York, aux Etats-Unis. LUIZ

     Le président des États-Unis, Donald Trump, a levé, vendredi 31 janvier, les restrictions imposées depuis 2014 à l’armée américaine sur l’usage des mines antipersonnel.

 

     Dans La Croix, Anne Hery, directrice du plaidoyer chez Handicap International, explique pourquoi s’agit d’un « énorme recul pour la protection des civils ». 

 

********

 

     La Croix : Quelle est votre réaction à cette annonce d’une possible reprise par les Américains de l’usage des mines antipersonnel ?

 

     Anne Hery : La décision de Donald Trump est inattendue, révoltante et injustifiable. C’est un énorme recul pour la protection des civils, à l’heure où justement la guerre se porte dans des zones urbaines. Des civils sont obligés de se déplacer et peuvent ainsi être exposés à ces mines antipersonnel.

     

     Le président américain revient sur la décision de son prédécesseur, Barack Obama, de se plier partiellement au traité d’interdiction des mines antipersonnel d’Ottawa de 1997, ratifié par 164 États dans le monde et qui interdit l’utilisation, le stockage, la production ou le transfert de mines antipersonnel, ces mines enterrées qui explosent lorsque l’on marche dessus.

 

     Le traité d’Ottawa est un succès formidable. Il a permis de diviser par dix le nombre annuel de victimes en 15 ans. Même si, depuis 2014, l’utilisation des mines a augmenté avec la multiplication des attaques de groupes djihadistes. Au moins 7 200 personnes ont été tuées ou blessées par ces armes en 2017. (….)

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 15:58
Sommet de l'OTAN:   résistance ou résignation?

Alors que le sommet de l'OTAN se termine à Londres dans une grande confusion, cette analyse d'Hervé Hannoun, publiée sur MEDIAPART le 29 novembre, a le mérite de dire les choses clairement.

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La France au sommet de l'OTAN:

résistance ou résignation?

 

«En déclarant que l'OTAN était "en état de mort cérébrale", le Président de la République a osé briser un tabou, celui de la légitimité existentielle d'une organisation qui, depuis la fin de la guerre froide, mais surtout depuis ces dernières années, a perdu sa raison d'être». On ne peut que souscrire à ce jugement de l’association “Initiatives pour le désarmement nucléaire”. A la suite des déclarations justifiées du Président Macron dans The Economist le 7 novembre sur les graves dysfonctionnements de l'OTAN, on a assisté à une levée de boucliers dans le microcosme des milieux ultra-atlantistes, lequel attend maintenant avec fébrilité que, au sommet de Londres du 4 décembre 2019, la France capitule et rentre dans le rang. Ce serait pourtant une faute historique pour notre pays. Il y a quatre raisons fondamentales de ne pas céder, et de choisir le 4 décembre la résistance plutôt que la résignation.

 

1/La première, et la plus récente, c'est la manière indigne dont l'OTAN s'est lavée les mains en octobre 2019 de l'agression perpétrée par l'armée turque, la seconde de l'OTAN par le nombre, contre les Kurdes de Syrie. Après les désastres des interventions de l'OTAN en Serbie en 1999 (création du Kossovo après des mois de bombardements aériens) et en Lybie en 2012, l'intervention turque au Nord Est de la Syrie en 2019 est un nouveau dysfonctionnement grave de l'OTAN, car cette agression n'a à aucun moment été condamnée ni par le Secrétaire général Stoltenberg ni par les autres organes de l’Alliance. Tout a été dit par le Président français sur cet épisode affligeant. On peut simplement ajouter que, à défaut d’exclure la Turquie de l’organisation, l’OTAN devrait à tout le moins mettre un terme au stockage sous l’égide de l’OTAN de bombes nucléaires américaines sur le sol de la Turquie.

 

2/ Le deuxième problème fondamental de l’Alliance est que l’appartenance à l'OTAN, organisation étroitement dépendante des Etats-Unis, de 22 sur 28 pays membres de l’Union Européenne n’est pas compatible avec l’affirmation de la "souveraineté européenne" en matière de défense souhaitée par le Président Macron.

Lors du référendum de 1992 sur l’Union européenne et le Traité de Maastricht, nul ne pouvait imaginer que ce grand projet de Mitterrand et Kohl pour la Paix allait être dévoyé, à partir de 1998, par le projet géopolitique américain de prendre le contrôle de fait de la politique de défense et de sécurité commune européenne. Ceci grâce à l’élargissement simultané de l’Union Européenne et de l’OTAN aux pays de l’Est de l’Europe, et grâce aussi à la décision lourde de conséquences du Président Sarkozy d’abandonner en 2008 la position stratégique gaulliste de refus de participation au commandement militaire intégré de l’OTAN. A partir du moment où 22 des 28 pays de l’UE, dont la France, devenaient membres à part entière de l’OTAN, l’esprit initial de Maastricht était trahi car “l’Europe pour la Paix” allait inévitablement être contrariée par l’ingérence des Etats-Unis, avec leurs objectifs géopolitiques propres, dans la politique européenne de défense et de sécurité commune. Pour revenir à l’Europe de la Paix dessinée en 1992, il n’y a pas d’autre voie que de mettre fin à l’imbrication actuelle entre l’OTAN et l’Union Européenne, ce qui supposerait la sortie de l’OTAN des 22 pays de l’Union européenne qui en sont membres. Il serait en effet incohérent de conduire les Français dans l’aventure d’une “défense européenne” tout en maintenant dans le commandement intégré de l’OTAN – sous direction américaine - 80 % des pays de l’Union Européenne.

L'idée des dirigeants allemands actuels de la "complémentarité OTAN/UE", c’est à dire l'idée de faire de l'OTAN la "pierre angulaire" de la politique européenne de défense et de sécurité commune, est directement contraire à toute notion de "souveraineté européenne". Cette idée apparait comme un leurre si l’on se rappelle que au sein de l’OTAN le Commandant suprême des forces alliées en Europe (SACEUR) est toujours un général américain.

Il faut avoir la lucidité de reconnaitre la divergence d'intérêt qui s'approfondit  entre la France et l'Allemagne sur la question de l'OTAN .Le concept géopolitique porté par le trio Von Der Leyen/Merkel/Kramp-Karrenbauer consiste en un élargissement massif de l'UE et de l'OTAN à l'Est de l'Europe sous le parapluie américain.Une forme nouvelle de la pulsion historique du "Drang nach Osten", qui va conduire de façon certaine dans quelques années, si la Macédoine,la Bosnie-Herzégovine, le Kossovo, l'Ukraine et la Géorgie devenaient membres de l'OTAN, à la confrontation avec la Russie, souhaitée par le "deep state" à Washington et donc par la technostructure de l'OTAN. Cet expansionnisme à l'Est de l'Union européenne se fait sous le parapluie nucléaire américain, avec lequel les allemands sont familiarisés du fait de la présence sur leur sol d'armes nucléaires tactiques américaines (bombes nucléaires B61) destinées à être en cas de guerre larguées par des avions de la Luftwaffe sous l'égide de l'OTAN. Par ailleurs la CDU vient de se fixer l'objectif d'atteindre à terme les 2% du PIB de dépenses militaires, soit un énorme budget de 80 MDS d'euros par an, qui conduirait à une remilitarisation de l'Allemagne contraire aux aspirations actuellement pacifiques de sa population.

La France n'a aucun intérêt à endosser ce concept géopolitique allemand. Elle a sa force de frappe nucléaire indépendante. Elle se méfie de l'élargissement de l'UE et de l'OTAN à marche forcée à l'Est. Elle souhaiterait une défense européenne indépendante des Etats-Unis, qui ont actuellement le contrôle total de l'OTAN.

Il n'y a pas donc pas aujourd'hui de "couple franco-allemand" sur les questions de défense et de sécurité. Il y a deux Nations dont les intérêts divergent. L'Allemagne accepte son alignement strict sur les Etats-Unis dans l'OTAN pour soutenir son expansion à l'Est, tandis que la France, elle, n'a pas renoncé à être une puissance d'équilibre, son intérêt étant de revenir à la position gaulliste de non alignement, seule conforme à la vocation universelle du pays de la déclaration des droits de l'Homme.

 

3/ Le troisième problème majeur posé à la France par l'OTAN, c'est que cette dernière est une Alliance nucléaire. Une Alliance nucléaire floue et dangereuse. 

L’OTAN se veut une alliance nucléaire, dont la sécurité collective est garantie d’une part par des forces nucléaires stratégiques, c’est à dire les armes de grande puissance délivrées par des vecteurs à moyenne ou longue portée, et d’autre part par des armes nucléaires tactiques, c’est à dire les armes à plus courte portée destinées à un usage sur le champ de bataille.

 -Du côté des armes nucléaires stratégiques, le communiqué du dernier sommet de l’OTAN à Bruxelles le 12 juillet 2018 indique : “Les forces stratégiques de l'Alliance, et en particulier celles des États-Unis, sont la garantie suprême de la sécurité des Alliés. Les forces nucléaires stratégiques indépendantes du Royaume-Uni et de la France ont un rôle de dissuasion propre et contribuent de manière significative à la sécurité globale de l'Alliance.” (Fin de citation : les mots “de manière significative” ont été rajoutés en 2018 par rapport au langage du sommet précédent).

Ce communiqué semble indiquer que les forces nucléaires stratégiques française et britannique contribuent à la garantie suprême de la sécurité collective des 29 alliés, ce qui semble en contradiction avec le fait que, lorsque la France a décidé en 2008 de rejoindre le commandement intégré de l’OTAN, elle l’a fait à l’exclusion du Comité des plans nucléaires, dont la France, pour démontrer l’indépendance de sa force de frappe, n’a pas souhaité faire partie. Il y a là une ambiguïté que l’association "Initiatives pour le désarmement nucléaire" avait soulevée dès le lendemain de ce sommet en 2018, sans recevoir de réponse publique. Cette ambiguïté mériterait d’être levée. Pour cela, la France devrait, au sommet de décembre 2019 à Londres, rappeler de la façon la plus nette qu’elle ne fait pas partie de l’Alliance nucléaire de l’OTAN puisqu’elle ne participe pas au Comité des plans nucléaires. Une telle clarification est indispensable pour éviter à notre pays d'être un jour la victime collatérale d’éventuelles aventures nucléaires des néo- conservateurs américains, qui ont de facto le contrôle de cette alliance nucléaire qu'est l'OTAN.

-Du côté des armes nucléaires tactiques, armes à plus courte portée et à plus faible puissance, des armes nucléaires tactiques américaines sont actuellement déployées à l’avant en Europe dans des bases situées dans 5 pays sous l'égide de l'OTAN : Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas, Turquie. Il s’agit de bombes nucléaires B 61 qui seraient lâchées en cas de guerre depuis des avions appartenant à ces 5 pays. Ces armes inutiles, dangereuses pour la sécurité des Européens et présentant des risques en termes de prolifération, auraient dû depuis longtemps être retirées du sol européen, comme de nombreux experts français le recommandaient.

-S'agissant des armes nucléaires de portée intermédiaire, la dénonciation annoncée le 1er février 2019 par le Président Trump, puis par le Président russe, du traité INF de 1987 a de façon irresponsable levé l’interdiction de déployer en Europe des armes nucléaires de portée intermédiaire lancées du solCertes, au sein de l’OTAN on peut espérer que des pays comme l’Allemagne, se souvenant de la crise des Euromissiles des années 80, refuseront le déploiement de nouveaux missiles nucléaires américains avec base à terre sur leur sol. En revanche les pays les plus belliqueux et russophobes de l’Alliance tels que la Pologne la Roumanie ou les trois États baltes pourraient favoriser un tel déploiement, créant de graves risques nucléaires aux frontières orientales de l’Union européenne.

L’OTAN a joué un rôle néfaste dans cette affaire en publiant le 1er février 2019 une déclaration du Conseil de l’Atlantique Nord (regroupant les Ministres des Affaires Étrangères de l’Alliance) soutenant unanimement la dénonciation du Traité INF par les Etats-Unis. Alors que le Président Macron avait initialement exprimé ses fortes réserves sur cette dénonciation, la technostructure de l'OTAN n'a pas sérieusement tenté de préserver ce traité très important et elle n'a fait que relayer la position des Etats-Unis. Contrairement à l'affirmation de M. Stoltenberg dans une récente interview au Figaro, selon laquelle l'OTAN "protège près d'un milliard de personnes", la réalité est que l 'OTAN les expose plus qu'elle ne les protège, notamment en soutenant aveuglément la relance par les États-Unis de la course aux armements.

Pour toutes ces raisons, il serait sage pour notre pays de s’éloigner de cette alliance nucléaire dangereuse, dont le leadership américain actuel accroit encore la dangerosité compte tenu de sa nouvelle doctrine d’emploi des armes nucléaires (Nuclear posture review), publiée en 2018, qui n'exclut plus, pour défendre les intérêts vitaux des États-Unis, l’utilisation d’armes nucléaires en réponse à des attaques non nucléaires.

 

4/ Le quatrième problème majeur posé à la France par la posture actuelle de l'OTAN concerne la question de l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN et la question de la Crimée.

Le Président Macron ne ménage pas ses efforts depuis quelques mois pour essayer de réduire les risques de confrontation russo-ukrainienne. La réunion qu'il a convoquée à Paris le 9 décembre en format Normandie 4 sur le Donbass en est l'illustration. Mais il a affaire à un ensemble de forces qui agissent dans le sens contraire et exacerbent les tensions.

Le détonateur d’une confrontation en Europe pourrait être à l’avenir le lancement du processus d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Le Secrétaire général de l’OTAN, adepte de la politique dite de "la porte ouverte de l'OTAN à l'Ukraine", a reçu en Novembre 2018 le Président du Parlement ukrainien, le nationaliste A. Parubyi. Ce dernier, après cette visite, a réussi à faire inscrire dans la Constitution ukrainienne en janvier 2019 le principe de l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Jens Stoltenberg a par ailleurs lancé en avril 2019 de grandes manœuvres navales de l’OTAN en Mer Noire, manœuvres conjointes avec l’Ukraine et la Géorgie, signalant ainsi que l’Ukraine et la Géorgie sont dans l’antichambre de l’OTAN. Alors que l'adhésion de l’Ukraine à l’OTAN progresse sans bruit, il est temps pour la France de s’opposer à ce processus, comme Emmanuel Macron s’y était engagé devant les Français avant son élection dans sa plateforme présidentielle de 2017. Il serait en effet peu judicieux pour la France de laisser prospérer ce dossier d’adhésion car une fois l’Ukraine dans l’OTAN, la France constaterait qu’elle est engagée par l‘article 5 du traité de l’OTAN à soutenir militairement l’Ukraine en cas de conflit russo-ukrainien.

Les pays du G7 ont, à la suite de l'incident du Détroit de Kerch, durci leur position sur la Crimée. Le 30 novembre 2018, les Ministres des Affaires étrangères du G7 ont déclaré : "Nous ne reconnaissons pas, et nous ne reconnaitrons jamais l‘annexion de la Crimée”. En donnant un caractère éternel à leur position par l’introduction du mot “jamais”, les pays du G7 se prononçaient pour la rétrocession par la Russie de la Crimée à l’Ukraine. Le 31 octobre 2019, le Secrétariat général de l’OTAN a saisi l'occasion de la commission Ukraine-OTAN pour évoquer dans le communiqué de cette réunion “le retour de la Crimée sous contrôle ukrainien”, en paraissant ignorer que ce dossier fait partie de ceux qui peuvent conduire à la troisième guerre mondiale.

L’adhésion de l’Ukraine à l'OTAN élèverait le risque du scénario catastrophe d’une guerre pour la Crimée entre l'OTAN et l’Ukraine d’une part, la Russie d’autre part, avec implication de la France dans une guerre qui n'est pas la sienne. La sortie de l'OTAN est le seul moyen d'éviter à notre pays d'être entrainé dans les enchainements belliqueux d'une alliance contrôlée de Washington, sur laquelle il n’a que peu de prise.

Au sommet de l’OTAN du 4 décembre 2019, la France va devoir continuer à faire entendre la voix de la raison sur la question de l’OTAN, comme elle a commencé à le faire le 7 novembre, sans craindre les critiques superficielles sur le “risque d’isolement” ou de “crisper nos alliés”. Seule la France est en position d’arrêter la marche actuelle des somnambules de l’OTAN vers la confrontation à l’Est de l’Europe.

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 17:25
Questions sur le Mali

Patrick Cohen reçoit Paul Quilès,

ancien Ministre de la Défense, sur Europe 1,

dans l’émission "C’est arrivé cette semaine" 

(30 novembre 2019)

Après le décès de treize soldats français en opération au Mali, Emmanuel Macron se dit prêt à revoir toutes les options stratégiques de l’intervention française au Sahel.

Questions

-      Que dire aux familles endeuillées ? Quel doit être l’hommage de la Nation ?

-    Comment se fait-il que près de 7 années de guerre n’aient pas fait baisser la menace djihadiste au Sahel ? Est-ce à dire que la France ne s’est pas donné les moyens de passer le relais aux armées locales ?   

-      La guerre jusqu’à quand ? Quel objectif ?

-  Le Mali et les autres pays du Sahel risquent-ils de devenir un nouvel Afghanistan ?

ECOUTER l’interview (de 1’50 à 10’10)

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27 novembre 2019 3 27 /11 /novembre /2019 09:38
Mali : le deuil et le débat

     L’accident d’hélicoptères qui a causé la mort de 13 militaires français au Mali est un drame pour les familles et pour l’armée française.

     Fils d'un officier très engagé dans plusieurs guerres, j’ai vécu mon enfance dans l’angoisse familiale de la mort de mon père. Puis, adolescent, je l’ai écouté avec émotion raconter et expliquer les évènements qu’il avait vécus, mais aussi les sentiments qui l’animaient avant, pendant et après les opérations.

     Je pense donc qu’il faut savoir respecter le deuil des familles et je regrette que, comme trop souvent, le mélange des genres envahisse l’actualité. C’est pourquoi, j’ai refusé de participer à des débats sur la présence de la France au Mali.

     Entendons-nous bien : la question est pertinente, mais ce n’est pas le moment de la poser dans des débats publics fatalement polémiques et insupportables pour les familles et les militaires engagés dans les opérations au Mali.

*********

     Si vous souhaitez vous rafraîchir la mémoire et essayer de comprendre l’origine de la situation actuelle au Mali, je vous recommande de lire sur ce blog les nombreux textes que j’ai publiés en 2013, dont j’extrais quelques -uns:

Mali : les 6 défis (15 février 2013)

        Depuis le 11 janvier, date de l’intervention militaire de la France au Mali, nombre de nos concitoyens ont découvert ce pays africain et sa situation préoccupante.  

         Il est vrai que la médiatisation autour des nombreux lieux de tension et de conflits internationaux, ainsi que le débat public omniprésent sur le mariage homosexuel, ont éloigné l’attention des Français du drame qui se préparait dans ce pays depuis un an. Certains responsables, dont je suis, avaient pourtant poussé un cri d’alarme dès avril 2012 sur ce que j’appelais alors (voir sur ce blog "les risques d’un Mali effondré".

           Aujourd’hui, même si la pression semble avoir baissé, il est essentiel de bien s’informer pour éviter de se laisser abuser par les simplifications médiatiques et les formules du langage guerrier, qui décrivent mal la complexité de la situation. (….)

Un plan Marshall pour le Mali (interview du 20 janvier 2013)

    Invité dans notre journal du soir (France 3), Paul Quilès a déclaré que l'on savait depuis un an ce qui allait se passer au Mali.

    Une force africaine devait aider à retrouver l'intégrité du pays, malheureusement, cela ne s'est pas fait. La France a dû le faire.

    "On ne lutte pas contre ce type de drame seulement avec des moyens militaires. Il faut un plan Marshall (financier-note de la rédaction) pour ces pays" a déclaré l'ancien ministre de la défense.

Eviter la dérive afghane  (22 janvier 2013)

    Au cours d'une émission sur Europe 1, j'ai à nouveau attiré l'attention sur la nécessité pour la France de bien fixer les objectifs de sa présence au Mali, pour éviter ce qui pourrait conduire à terme à une dérive semblable à celle qui s'est malheureusement produite en Afghanistan au cours des 10 dernières années, sans que les buts (changeants) affichés aient été atteints.

Etais-tu pour ou étais-tu contre?  (26 janvier 2013)

     Quinze jours après l'intervention française au Mali, la pression médiatique retombe. Et pourtant, les opérations continuent et elles sont d'autant plus dangereuses -et parfois, difficiles à décrypter- que l'objectif de "guerre contre le terrorisme" est ambigü.

     Lors d'un dîner avec des amis, le sujet est venu en discussion et j'ai été, en quelque sorte, sommé de me prononcer clairement sur l'opportunité de cette intervention: "Etais-tu pour ou étais-tu contre?" Devant mon refus de répondre à une question aussi mal posée, j'ai failli être suspecté de faire preuve d'irresponsabilité, voire, plus grave, de nourrir des sympathies pour les Djihadistes!

      Heureusement, nous étions entre (vrais) amis. J'ai pu dérouler mon raisonnement, au cours d'une discussion animée.... qui a duré plus d'une heure et il me semble que j'ai fini par les convaincre.     

      Je résumerai ma position de la façon suivante (....)  Lire la suite

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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 10:45
Cérémonie du 11 novembre: gagner la paix

Intervention de Paul Quilès le 11 novembre 2019

Monument aux morts de Cordes sur Ciel

 

     Vous venez d’entendre la lecture du message traditionnel de la secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Armées.

     Elle y rappelle que le 11 novembre 1919 fut « le premier de la paix retrouvée » et que « les traités avaient été signés ». C’est vrai, sauf qu’il s’agit ici d’un raccourci, négligeant le fait que le fameux traité de Versailles (28 juin 1919), avait été élaboré en l’absence totale des vaincus, consacrant l’écrasement de l’Allemagne et préparant par nombre de dispositions excessives et maladroites l’évolution politique qui conduira au populisme, au nazisme et à Hitler.

     Ce traité comprenait aussi l’annonce forte de la création de la SDN (Société des Nations), première organisation internationale supposée régler les conflits, mais qui sera sabotée par les Etats-Unis et qui fera rapidement la preuve de son impuissance.

     Quant aux autres traités, qui devaient prendre en compte le démantèlement de l’immense empire ottoman, ils eurent aussi un sort peu enviable s’agissant de la paix au Moyen-Orient. Le traité de Sèvres (1920) avait certes créé des Etats indépendants (Arméniens, Kurdes, royaume arabe) et donné mandat à la Grande Bretagne sur l’Irak, la Jordanie et la Palestine, ainsi qu’à la France sur la Syrie et le Liban. Il avait surtout posé l’obligation de respecter la liberté religieuse et les droits des minorités.

     Mais voilà, de nouvelles conquêtes turques ont redessiné les frontières et du pétrole est découvert dans le sous-sol, attisant les convoitises. Un nouveau traité, celui de Lausanne (1923), remet tout en cause et attribue aux grandes puissances les territoires promis aux Arabes, aux Kurdes et aux Sionistes. Pire, il légalise l’épuration ethnique en répartissant les populations sur la base des appartenances religieuses !

     Ainsi, une grande part des conflits et des guerres du XXème siècle et de ce début de XXIème siècle trouvent leur origine dans l’incapacité des dirigeants après la première guerre mondiale à « gagner la paix » après avoir « gagné la guerre ».

   Aujourd’hui, le monde est encore instable et dangereux, malgré la chute du Mur de Berlin, dont on a commémoré le 30ème anniversaire avant-hier. On pensait qu’en mettant fin à la confrontation entre les 2 blocs Est et Ouest (la fameuse Guerre froide), elle ouvrirait une nouvelle période de paix dans le monde. Il n’en a rien été. Les conflits se sont multipliés, avec des millions de victimes. Le sur- armement (notamment en armes nucléaires) est toujours de rigueur. Le lobby militaro- industriel est toujours aussi puissant et inspire les discours officiels sur la sécurité des pays (notamment en France). Le populisme se développe dangereusement, attisé par les discours irresponsables de grands dirigeants, obsédés par leur égo, qui ne craignent plus d’abandonner les fondements de la démocratie et qui se livrent à des surenchères pouvant conduire à des catastrophes.

     Plus que jamais, il est nécessaire de s’informer, de parler, de proposer (chacun à son niveau). C’est pourquoi je me félicite de la présence de jeunes du collège à cette cérémonie. C’est à eux que doit être passé le témoin.

   Pour ma part, c’est la 25ème fois (et la dernière) que je parle devant ce monument aux morts pour réfléchir ainsi à haute voix à l’occasion du 11 novembre. Vous imaginez mon émotion !

     Je continuerai bien entendu à militer comme je le fais depuis des années pour la paix, pour le désarmement nucléaire et à proposer avec d’autres des solutions crédibles, sans craindre de dénoncer les positions hypocrites et les attitudes dangereuses.

     Je souhaite que mes successeurs continuent à inciter à la réflexion à tous les niveaux (local, national, associatif, politique…) autour de ce thème « ne pas seulement gagner la guerre, mais surtout gagner la paix »

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9 novembre 2019 6 09 /11 /novembre /2019 19:49
OTAN : la fin d’un tabou

Communiqué d’Initiatives pour le Désarmement Nucléaire-IDN

(8 novembre 2019)

 

 

         En déclarant que l’OTAN était en « état de mort cérébrale », le Président de la République a osé briser un tabou, celui de la légitimité existentielle d’une organisation qui, depuis la fin de la Guerre froide mais surtout depuis ces dernières années, a perdu sa raison d’être. Le désengagement américain et les camouflets du Président américain notamment à la solidarité transatlantique ainsi que les dissensions internes et l’ambiguïté de l’attitude de la Turquie, ont fini de saper les fondations de cet édifice déjà fortement fragilisé.

       Le Président français a ainsi simplement constaté publiquement et avec courage et lucidité un état de fait qu’on ne peut plus ignorer.

     Depuis plusieurs années, notre organisation, Initiatives pour le Désarmement Nucléaire -IDN-, s’exprime sur ce sujet, pour dire que l’OTAN a vécu, dans sa formation actuelle et qu’elle ne répond plus aux besoins de sécurité des Européens, particulièrement dans la perspective de la construction d’une défense européenne. Alors que les Etats-Unis s’éloignent de l’Europe, il devient illusoire et dangereux de continuer à déléguer sa politique de sécurité aux Américains. Le général De Gaulle disait déjà : « Qu’est-ce que l’OTAN ? Ce n’est pas la défense de l’Europe par l’Europe. C’est la défense de l’Europe par les Américains »

       IDN a ainsi multiplié les articles, communiqués et études*, notamment de Paul Quilès « Les ambiguïtés de l’OTAN » en mai 2017, de Marc Finaud « l’OTAN a-t-elle encore un sens ?» en décembre 2018, du général d’armée aérienne (2S) Bernard Norlain « L’OTAN : un vaisseau fantôme ?» en avril 2019. Notre ambition était non seulement de montrer que l’OTAN n’a plus de légitimité pour garantir la sécurité de l’Europe, mais de faire des propositions constructives en particulier « d’européaniser l’OTAN » ce qui permettrait aux Européens, tout en conservant la structure de l’organisation, d’en assurer le commandement en fonction de leurs propres intérêts.

        En faisant le constat réaliste et audacieux de l’état de mort cérébrale de l’OTAN, le Président français permet à la France d’apparaître sur la scène internationale comme un pays capable de prendre des initiatives et de ne pas hésiter à s’attaquer à des tabous qui ne sont que les vestiges d’une époque révolue.

       Mais dans cette dynamique créatrice, la France doit aussi dénoncer les autres verrous qui bloquent notre réponse aux défis actuels de sécurité, en particulier le tabou de la dissuasion nucléaire.

     Dans un monde en pleine évolution, d’une complexité croissante, nous ne pouvons plus faire de la dissuasion nucléaire la clef de voûte de notre sécurité. Nous ne pouvons plus nous reposer derrière une « ligne Maginot » bâtie pour répondre à un contexte stratégique vieux de plus de soixante ans.

         La France vient de commencer à bousculer les idoles d’antan, il lui faut poursuivre sur cet élan. C’est en prenant des initiatives en rupture avec la pensée d’hier que la France restera fidèle à sa vocation universelle.

 

* Voir ces textes sur le site d’IDN 

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1 septembre 2019 7 01 /09 /septembre /2019 15:40
L’attaque nazie contre la Pologne

     On a commémoré beaucoup d’évènements historiques dans la dernière période. Celui-ci, l’attaque nazie contre la Pologne le 1er septembre 1939, qui marque le début de la seconde guerre mondiale, ne doit pas être oublié, comme ne doit pas être oublié l’épouvantable bilan de ce conflit mondial : 50 millions de morts, dont 6 millions de Juifs, l’horreur des combats et des bombardements sur tous les fronts, les massacres de civils …. et, près de 6 ans plus tard, la première utilisation de l’arme nucléaire.

      Voilà pourquoi il est regrettable que plusieurs chefs d’Etat n’aient pas cru bon d’être présents à cette commémoration : ni Donald Trump, alors que les Etats-Unis sont considérés par le gouvernement nationaliste polonais comme son soutien le plus important, ni Emmanuel Macron ni Boris Johnson, alors que la France et la Grande Bretagne, alliées de la Pologne en 1939, déclarèrent la guerre à l’Allemagne 2 jours plus tard.

     Vladimir Poutine n'a pas été invité et finalement, de façon paradoxale, la chancelière allemande Angela Merkel sera la seule représentante d’un grand pays parmi les 20 chefs d’Etat assistant aux cérémonies.

      Drôle de façon de revivre l’histoire….

*************

     Je vous conseille de visionner cette vidéo qui permet de comprendre l’invasion de la Pologne et le déclenchement seconde guerre mondiale, à partir d’images d’époque (en couleur, ce qui est rare).
 

Regarder la vidéo

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

    cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez