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29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 16:32
Alep : à qui profite le crime ?

     Comme toutes les images de guerre, de destruction de bâtiments, de massacres de civils, ce qui nous est montré du carnage d’Alep ne peut que nous bouleverser. Notre indignation, nos cris d’horreur devant ce déchaînement de barbarie ne suffiront malheureusement pas à convaincre les parties en présence  d’arrêter le terrible engrenage.

 

    Trop souvent la compréhension des conflits est obscurcie par des approximations, des mensonges et des affirmations de propagande, qui empêchent de juger les responsabilités des acteurs. Cela se traduit par des discours hypocrites, qui ne valent pas mieux que certains silences honteux.

 

     Dans cette « bataille d’Alep », quels sont précisément les acteurs et leurs objectifs ?

 

     Non, ce n’est pas de la guerre contre Daech qu’il s’agit. Celle-ci est menée par la coalition internationale à 300 kms d’Alep. Ici, c’est l’insurrection contre le régime syrien, née en mars 2011, que Bachar el Assad veut éliminer. Son seul objectif est de conserver le pouvoir à tout prix. Les Russes, qui entendent faire la preuve de leur capacité d’intervention au Moyen-Orient, lui apportent, sans état d’âme, leur aide militaire pour écraser le territoire tenu par la rébellion sous leurs bombes.

 

     La motivation unique de ces rebelles est le départ immédiat d’Assad, ce qui est contraire aux termes des négociations ayant fixé les conditions de la trêve. A leurs côtés combattent les djihadistes du Front Al Nosra (rebaptisé Fateh Al-Cham et issu de la mouvance d’Al Qaïda), ce qui donne un alibi à Assad et aux Russes pour prétendre qu’ils luttent contre les « terroristes ».

 

     D’autres forces (Arabie Saoudite, Qatar), moins visibles, mais toujours présentes en sous-main dans le conflit syrien, poussent les rebelles à prendre des positions « jusqu’au-boutistes » (jusqu’au dernier civil ?) pour combattre Assad, l’allié de l’Iran chiite.

 

    Dans cette confusion, les Etats-Unis semblent impuissants à faire respecter la trêve qu’ils ont négociée avec les Russes.

 

     Quant à l’ONU, dont le secrétaire général n’a pas de mot assez dur pour dénoncer les crimes de guerre commis à Alep, on aimerait qu’elle consacre tous ses efforts à exiger un retour à un cessez le feu durable et à la mise en place d’un couloir humanitaire.

 

     A qui profite le crime ? Parmi tous ces acteurs du drame syrien, il en est probablement qui pensent tirer parti de ces affrontements criminels pour atteindre leurs objectifs. Ce qui est sûr par contre, c’est que la population civile en est la principale victime.

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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 14:23
Shimon Peres et Yasser Arafat, en 1994, peu après la remise du prix Nobel de la paix que les deux hommes ont partagé avec Ytzhak Rabin | UMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

Shimon Peres et Yasser Arafat, en 1994, peu après la remise du prix Nobel de la paix que les deux hommes ont partagé avec Ytzhak Rabin | UMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

    A la suite de la disparition de Shimon Peres, les réactions sont nombreuses* et, pour la plupart, élogieuses.

 

      Rien de plus normal, s’agissant d’un homme qui a marqué fortement l’histoire de l’Etat d’Israël et qui fut un personnage clé dans les multiples tentatives pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien.

 

       Coïncidence, j’ai appris sa mort quelques heures après avoir regardé sur ARTE les 2 films (premier film, second film) du réalisateur israélien Shimon Doton  intitulés « les colons ». Même s’il ne présente qu’un volet de cette violence (le côté israëlien), ce documentaire remarquable montre comment la violence et la haine se sont développées depuis les premières implantations de colons en Cisjordanie …..à l’égard desquelles Shimon Pérès eut d’ailleurs une attitude ambiguë.

 

       J’ai rencontré Shimon Pérès, ainsi qu’Yitzhak Rabin, au cours d’une visite en Israël dans les années 80 et je me souviens de l’opposition, parfois vive, qui existait entre les deux leaders du parti travailliste. Elle ne les a pas empêchés de signer avec Yasser Arafat les fameux « accords d’Oslo » le 13 octobre 1993 et de recevoir le prix Nobel de la paix quelques mois plus tard. Les campagnes de haine des extrémistes eurent raison de ce projet de paix, qui passait notamment par un compromis territorial entre Israéliens et Palestiniens.

 

     De façon paradoxale, Shimon Peres, qui fut le « père » de la bombe atomique israélienne**, est reconnu comme un artisan de la paix, en raison de sa contribution aux « accords d’Oslo ». Il a montré que la recherche de la paix passe toujours par des compromis avec les adversaires, même si ce combat n’est jamais définitivement gagné, comme on l’a malheureusement vu après l’assassinat d’Yitzhac Rabin en 1995. Encore faut-il, bien entendu, que les dirigeants aient la volonté d’être des artisans de paix qui ne considèrent pas que seule la violence des armes peut régler les conflits. Vaste programme….

___________________________________________________________________

 

* Voir notamment l'analyse de Cyrille Louis dans Le Figaro et la vidéo d'Alain Frachon sur le site du Monde

 

** Voir ici l’origine de cette bombe atomique israélienne, dont on se demande bien à quoi elle peut servir aujourd’hui…..à supposer qu’elle ait pu être d’une quelconque utilité dans le passé !

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 13:41
Réflexions sur le terrorisme

Loin des banalités et des surenchères politiciennes, parfois indécentes, une réflexion en profondeur sur le terrorisme s'impose.

 

Je vous recommande la lecture de ces 2 textes, qui peuvent alimenter votre réflexion, même si je trouve leurs conclusions extrêmement pessimistes.

 

- La stratégie de la mouche: pourquoi le terrorisme est-il efficace ?

 

Texte de Yuval Noah Harari, publié dans l’Obs fin mars 2016, au lendemain des attentats de Bruxelles.

 

Extraits : « Un terroriste, c’est comme une mouche qui veut détruire un magasin de porcelaine. Petite, faible, la mouche est bien incapable de déplacer ne serait-ce qu’une tasse. Alors, elle trouve un éléphant, pénètre dans son oreille, et bourdonne jusqu’à ce qu’enragé, fou de peur et de colère, ce dernier saccage la boutique. C’est ainsi, par exemple, que la mouche Al-Qaïda a amené l’éléphant américain à détruire le magasin de porcelaine du Moyen-Orient.

 

Comme son nom l’indique, la terreur est une stratégie militaire qui vise à modifier la situation politique en répandant la peur plutôt qu’en provoquant des dommages matériels. Ceux qui l’adoptent sont presque toujours des groupes faibles, qui n’ont pas, de toute façon, la capacité d’infliger d’importants dommages matériels à leurs ennemis. Certes, n’importe quelle action militaire engendre de la peur. Mais dans la guerre conventionnelle, la peur n’est qu’un sous-produit des pertes matérielles, et elle est généralement proportionnelle à la force de frappe de l’adversaire. Dans le cas du terrorisme, la peur est au cœur de l’affaire, avec une disproportion effarante entre la force effective des terroristes et la peur qu’ils parviennent à inspirer. »

 

                                                    LIRE LE TEXTE

 

 

- La guerre asymétrique

 

Présentation du livre de Paul Rogers, expert britannique des affaires sécuritaires, professeur des études sur la paix à l'Université de Bradford, publié le 14 juillet 2016.

 

Extraits : « Ce rapport d'un spécialiste international de la sécurité explique que les guerres contre Al-Qaida et Daesh sont des exemples de conflits qui vont dominer les questions internationales. Cela conduira à un monde profondément instable et violent dans les décennies à venir, à moins qu’interviennent des changements fondamentaux à l'échelle mondiale dans les approches de la marginalisation et du changement climatique.

 

Le monde économique produit en effet de plus en plus d'inégalités et engendre de la marginalisation de masse, du ressentiment et de l'amertume. Ces souffrances, combinées à l'apparition des limites environnementales mondiales persistantes, en particulier la perturbation climatique, sont un vrai cocktail explosif. »

 

                                        LIRE LA PRESENTATION (en anglais)

 

                                      Traduction en français (approximative)

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 10:24
Comment combattre le terrorisme?

      Devant l'horreur du massacre de Nice, devant ces images et ces témoignages parfois insoutenables, nous ressentons naturellement tous une immense émotion.

 

        Pour autant, les responsables politiques ont le devoir de ne pas se livrer à des analyses sommaires, à des déclarations hâtives ou à des surenchères.

 

      Personnellement, depuis 15 ans, je me suis exprimé à de nombreuses reprises sur le terrorisme, sur ses origines, sur la façon de le combattre et j'ai le sentiment de ne rien avoir à ajouter aujourd'hui.

 

      Jugez-en plutôt:

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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 18:10
Le pacifisme a-t-il encore une place dans ce monde ?

Débat sur France Inter

aujourd'hui, 14 juillet,

autour du thème du pacifisme, entre:

 

-   Roland Nivet, porte-parole de l’association Mouvement de la paix

-  Julie Saada, professeur des universités à Sciences-po. Sous sa direction "La guerre en question : conflits contemporains, théorie politique et débats normatifs"

-  Jacques Perget, contrôleur général des armées

- Paul Quilès, ancien ministre de la Défense. Président de l’association IDN – Initiatives pour le Désarmement Nucléaire, auteur de "Arrêtez la bombe ! ". 

J'interviens dans les séquences suivantes: 

10'- 12’30, 27’30- 33’30, 38’- 40’45, 45’- 48’

 

Présentation de l'émission

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 07:24
L'OTAN fait-elle de la Russie son adversaire principal?

Tribune que j'ai signée

dans l'Humanité du 9 juin 2016

sous le titre "Avancer vers une solution politique durable"

 

Lire aussi mon intervention sur le site d'ELN:

"Planning for Warsaw, waiting for the next US President"

 

      Née pour combattre une menace soviétique qui avait disparu, l’OTAN s’est attribué en 2010 deux missions principales : la gestion des crises partout dans le monde et la constitution d’un réseau de partenariats avec de multiples pays, parfois lointains.

 

     Du point de vue militaire, la gestion des crises était au centre des préoccupations. L’OTAN s’est ainsi engagée dans une mission de « stabilisation » sur le théâtre afghan. Cette mission de combat, qui a mobilisé jusqu’à une centaine de milliers d’hommes, est aujourd’hui achevée, l’OTAN n’assurant plus qu’une mission d’entraînement et de soutien des forces afghanes.

 

     Le bilan de cet engagement est plus que médiocre : en l’absence de tout dialogue national sérieux, l’Afghanistan n’a pas retrouvé la paix ; ses perspectives de développement sont quasi-nulles ; sa dépendance à l’égard de l’économie de la drogue est considérable.

 

     Par ailleurs, ajoutant au malaise de l’OTAN, Obama avait annoncé dès 2011 un « pivot »  des priorités de la défense américaine vers l’Asie. C’est alors qu’est survenue au printemps 2014 la crise ukrainienne. Le soulagement était perceptible dans les états-majors de l’Alliance, qui pouvait se présenter à nouveau comme l’ultime protection, y compris nucléaire, de l’Europe contre la Russie. Les États-Unis annonçaient un certain renforcement de leur présence militaire européenne.

 

      Parallèlement, l’OTAN développait son rôle de soutien pour les opérations antiterroristes de ses membres, renforçant par là même la militarisation d’une lutte qui devrait au contraire faire d’abord appel aux ressources de la diplomatie, du renseignement et de la police. Elle poursuivait sa politique d’élargissement, avec l’ambition d’acquérir une hégémonie stratégique sur le continent européen.

 

     Il est à craindre que, lors du prochain sommet de l’OTAN à Varsovie, toutes ces tendances soient confirmées et amplifiées: accroissement des capacités de la Force de réaction rapide, consolidation des huit nouveaux états-majors à l’Est, déploiement de trois unités multinationales aux frontières polonaises, installation d’un site de défense antimissile en Pologne, adhésion du Monténégro pour montrer que « la porte reste ouverte » à d’autres…

 

      Ce n’est certainement pas de cette façon que l’OTAN facilitera le dialogue avec la Russie, qu’elle déclare pourtant souhaiter. Il ne suffit pas d’annoncer, comme le fait le Secrétaire général de l’OTAN, une reprise des travaux du Conseil OTAN-Russie. Encore faudrait-il donner une substance à ces travaux, par exemple dans le domaine de la défense antimissile et du désarmement nucléaire.

 

      Au-delà des décisions de l’OTAN, le dialogue entre Ukrainiens, Russes et Occidentaux, dans le cadre de l’OSCE, est par ailleurs essentiel. C’est la seule voie qui permettra d’avancer vers une solution politique durable.

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense,

Président de l’association IDN

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 08:38
Crises, guerres et désordres au Moyen-Orient

      Particulièrement préoccupé par la situation du Moyen-Orient et par ses conséquences, j’interviens fréquemment sur ce thème.

 

      Je le fais par écrit ( voir sur ce blog ) ou dans des réunions organisées par le réseau ELN, auquel je participe.

 

      Je le fais aussi lors de conférences, comme celles que je donnerai :

 

       - à Fontaine le Comte (Vienne) le 12 mai

       - à Paris, devant le Club Démocraties le 18 mai

 

       L'objet de ces réunions est de répondre aux questions que l’on se pose et d’essayer de mieux comprendre:

 

 - les origines, lointaines et récentes, de l'imbroglio actuel *

- les stratégies, souvent complexes et même contradictoires des forces en présence ; 

- les conséquences des crises qui ravagent le Moyen-Orient; 

- les chances de parvenir à une situation plus apaisée.

____________________________________________________________________

* Il n’est pas interdit de sourire des choses graves. Ce document, plein d’humour, est assez approximatif…..mais tout ce qu'il dit n’est pas faux ! 

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 15:33
Guerre et paix: qui décide?
Guerre et paix: qui décide?

Pour suivre ce débat sur la diplomatie française,

auquel j'ai participé avec Jean-Marc de la Sablière,

ancien ambassadeur  

et Vincent Jauvert,

grand reporter à l'Obs, 

cliquer ICI

(le débat commence à 1h16')

 

Ce débat, animé par Emilie Aubry,

porte sur des thèmes d'actualité

et revisite aussi certains évènements

qui ont marqué l'action internationale de la France.
Il 
fait suite au film 

"Quai d'Orsay, au coeur de la diplomatie française",

diffusé par la chaîne LCP

DIFFUSIONS SUR LCP TNT

  • Dimanche 8 mai 2016 à 20:30
  • Samedi 14 mai 2016 à 17:00
  • Dimanche 22 mai 2016 à 13:59
  • Samedi 4 juin 2016 à 17:00
  • Dimanche 12 juin 2016 à 14:00
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 11:33
Trouver une issue à la crise syrienne

      Avec 11 autres personnalités* (anciens ministres des affaires étrangères et de la défense, anciens ambassadeurs de Russie, de  Turquie, du Royaume-Uni, de France, de  Pologne, de  Finlande, d'Ukraine)j’ai signé ce textequi met en garde contre le risque de voir la crise syrienne se transformer en un conflit interétatique.

 

LIRE

 

 

      Le texte souligne que le conflit en Syrie est devenu une guerre par procuration, avec de multiples acteurs et des objectifs différents. Il existe désormais un risque qu'un accident, un incident militaire ou une action non autorisée déclenche une confrontation militaire directe entre les Etats extérieurs concernés (Russie, Etats-Unis, Iran, Arabie Saoudite, Turquie, Royaume-Uni…..), en l'absence de canaux de communication efficaces.

 

     Trois recommandations sont faites:

 

     1. Pour éviter un conflit interétatique en Syrie.

 

     Tous les Etats concernés doivent agir avec la plus grande prudence et éviter toute action qui pourrait être interprétée comme une attaque directe contre les autres forces de l'Etat opérant dans les environs de la Syrie et à l'intérieur du pays (forces aériennes, forces spéciales, conseillers….). En cas d'incident, il doit y avoir des contacts directs entre dirigeants et entre militaires, afin d'éviter une nouvelle escalade.

 

     2. Pour lutter contre Daech et prévenir sa réapparition.

 

     Ce serait une grave erreur de diminuer la pression sur Daech, alors que tous les Etats en Europe continuent à rester exposés à la menace du terrorisme et aux activités des recruteurs terroristes. Les signataires appellent à une stratégie commune efficace, prenant en compte toutes les dimensions de l'activité de Daech. Il est notamment nécessaire de soutenir les alliés régionaux qui font reculer les territoires contrôlés par l’EI, de lutter contre son réseau terroriste dans le monde entier et de combattre son idéologie et sa propagande.

 

      3. Pour tenter de mettre fin au conflit syrien.

 

     Les signataires soutiennent les efforts visant à maintenir la cessation des hostilités, mais ils sont préoccupés par la possibilité que le cessez-le-feu échoue et que la guerre ouverte reprenne. Ils considèrent que la stabilité ne peut être atteinte que par un arrangement politique réaliste, fondé sur un nouvel accord constitutionnel en Syrie, tenant compte du maintien d'éléments importants du gouvernement actuel et de l'appareil d'Etat et organisant un partage du pouvoir viable avec l'opposition modérée. Cet accord doit préciser que les droits des minorités seront respectés et que des garanties de sécurité seront données aux combattants (sauf ceux qui sont responsables de crimes de terrorisme et de guerre).

 

     En dépit de leurs différences politiques, les signataires refusent l'approche internationale actuelle, fragmentée et souvent contradictoire. Ils expriment leur accord sur la nécessité de réinvestir dans la diplomatie multilatérale pour résoudre la crise du Moyen-Orient.

 

**************

 

* Les 12 signataires 

 

(qui font partie d'un groupe de travail d'ELN-European Leadership Network)

 

  • Adam Daniel Rotfeld,     ancien ministre des Affaires étrangères, (Pologne)
  • Igor S. Ivanov, ancien ministre des Affaires étrangères, Président du Russian International Affairs Council, membre correspondant de la Russian Academy of Sciences (Russie)
  • Des Browne, ancien secrétaire d’Etat à̀ la Défense (Royaume Uni)
  • Özdem Sanberk, directeur de International Strategic Research Organisation, ancien sous-secrétaire du Ministre des Affaires étrangères, (Turquie)
  • Malcolm Rifkind, ancien Secrétaire aux affaires étrangères et à̀ la défense (Royaume Uni)
  • Tony Brenton, ancien Ambassadeur en Russie (Royaume Uni)
  • Hikmet Cetin, ancien ministre des Affaires étrangères (Turquie)
  • Tarja Cronberg, ancienne députée du Parlement Européen et ancien Directrice du Copenhagen Peace Research Institute (Finlande)
  • Borys Tarasyuk,ancien Ministre des Affaires étrangères (Ukraine)
  • Anatoliy Adamishin, ancien ministre des Affaires étrangères et Ambassadeur au Royaume Uni, Président de l’Association of Euro-Atlantic Cooperation, et Ambassadeur Extraordinaire et Plé́nipotentiaire de la Fédération de Russie (Russie)
  • Paul Quilès, ancien Ministre de la défense (France)
  • Alexei Gromyko, directeur de l’Institute of Europe of the Russian Academy of Sciences (IE RAS) (Russie).
Trouver une issue à la crise syrienne
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 10:54
Israël-Palestine, pour soutenir l’initiative française

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a annoncé qu’une grande réunion internationale se tiendrait à Paris le 30 mai.

 

J’ai signé cet appel d’intellectuels et d’anciens ministres, dans lequel nous expliquons pourquoi, selon nous, cette initiative doit être soutenu.

****

      Depuis les accords d’Oslo en septembre 1993, le «processus de paix», qui devait conduire au règlement du conflit fondé sur la création d’un Etat palestinien indépendant et viable, avec Jérusalem-Est pour capitale, est mort. Reposant sur un dialogue entre Israël et les Palestiniens, sous le parrainage des Etats-Unis, ce processus est allé d’échec en échec : en 2000, à Camp David ; en 2001, à Taba ; en 2007, à Annapolis ; en 2011, avec la mission du sénateur américain George Mitchell, et, en 2014, avec la médiation du secrétaire d’Etat, John Kerry.

 

      Pendant ces vingt-trois années, l’occupation militaire israélienne s’est encore consolidée tandis que la condition des Palestiniens n’a cessé de se dégrader et leur horizon de s’assombrir. Gaza et ses deux millions d’habitants sont enfermés par un blocus qui rend leurs conditions de vie insupportables. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, le désespoir est tel que des dizaines de jeunes Palestiniens (souvent âgés de moins de 20 ans !), qui n’ont strictement aucun lien avec des organisations politiques, poignardent des Israéliens en sachant qu’ils seront exécutés sur place. Depuis octobre 2015, le bilan est terrible : 28 Israéliens et 183 Palestiniens ont été tués. Jusqu’à quand verrons-nous, impuissants ou indifférents, le sang israélien et palestinien couler ?

 

      En l’absence de toute négociation véritable, la seule chose qui avance de manière fulgurante, c’est la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Les chiffres sont sans appel : 270 000 colons israéliens en 1993, près de 700 000 aujourd’hui. Cela signifie d’incessantes et brutales expropriations de terres palestiniennes avec des colons toujours plus nombreux qui, assurés de leur impunité, s’en prennent violemment à leurs voisins palestiniens ; certains n’hésitant pas à incendier leurs maisons et même à brûler vif des familles palestiniennes, comme celle d’Ali Dawabcheh à Duma en juillet 2015.

 

      Pour les Nations unies, l’Union européenne et une bonne partie de la communauté internationale, ce processus continu de colonisation des Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est est l’un des obstacles majeurs à la recherche d’une solution pérenne permettant la création d’un Etat palestinien.

 

      Il est, par ailleurs, illégal au regard du droit international et, plus précisément, de l’article 49 de la IVe convention de Genève du 12 août 1949. Le Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que la Cour internationale de justice se sont formellement prononcés sur ce point de principe. De surcroît, il constitue un crime de guerre au regard de la convention de Rome de 1998 portant statut de la Cour pénale internationale. La Palestine y ayant adhéré, la procureure a récemment entrepris un «examen préliminaire» pour s’assurer «qu’il y a de bonnes raisons d’ouvrir une enquête» sur cette question dont la Cour pourrait donc un jour se saisir. On le voit bien, les principes qui ont guidé les tentatives de négociations entre Israël et les Palestiniens au cours de toutes ces années - le face à face des deux parties sous le regard de Washington -ont fait la preuve de leur faillite.

 

      Pourtant, dans un Moyen-Orient en proie au chaos, il n’est peut-être pas trop tard pour tenter autre chose. C’est ce que veut faire le gouvernement français en proposant une conférence internationale avec les membres du Quartette (Nations unies, Union européenne, Etats-Unis, Russie) et quelques autres pays pour préciser les termes de référence du règlement du conflit dans la perspective de la solution à deux Etats. C’est sur ces bases que pourraient ensuite négocier Palestiniens et Israéliens avec le soutien d’un groupe de plusieurs pays émanant de la conférence et non plus d’un seul. Cette initiative est déjà critiquée et donc fragilisée par tous ceux qui préfèrent le maintien du statu quo, c’est-à-dire, la pérennisation d’une occupation militaire qui empêche tout un peuple d’être maître de son destin. Un tel immobilisme ne pourra évidemment qu’aggraver encore et encore une situation déjà insupportable avec toutes les formes de violence erratique qu’elle peut engendrer.

 

      Face à de tels risques de pourrissement, l’initiative de la France est très importante. En proposant un règlement conforme aux résolutions pertinentes des Nations unies, aux accords déjà signés, et tenant compte des points de convergence agréés par les deux parties, elle va dans la bonne direction. C’est pourquoi nous lui apportons notre soutien.

 

     SIGNATAIRES

Yves Aubin de La Messuzière, ex-diplomate

Jean-Christophe Attias, universitaire

René Backmann, journaliste

Denis Bauchard, ancien diplomate

Esther Benbassa, sénatrice et universitaire

Pierre Blanc, universitaire

Pascal Boniface, universitaire

Estelle Brack, économiste

Rony Brauman, médecin et universitaire

Jean-Paul Chagnollaud, universitaire

Charles Enderlin, journaliste

Salam Kawakibi, chercheur

Agnès Levallois, consultante

Gilbert Meynier, universitaire

Bruno Péquignot, universitaire

Jean-Pierre Perrin, journaliste

Géraud de La Pradelle, universitaire

Paul Quilès, ancien ministre

Patrick Renauld, ex-diplomate

Xavier Richet, universitaire

Giovanna Tanzarella, dirigeante associative

Hubert Védrine, ancien ministre

Dominique Vidal, journaliste

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre

Catherine Wihtol de Wenden, universitaire.

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Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez