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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 11:08

Pour écouter Paul Quilès sur RMC,

(11/3-Bourdin & CO- 8h-9h )

cliquer ici  

 

    Je ne reprocherai pas à Nicolas Sarkozy d’avoir reçu hier 2 représentants du « Conseil national Libyen de Transition ». Bien sûr, il est difficile de ne pas imaginer qu’il s’agit surtout pour le Président de la République et pour sa diplomatie d’essayer de redorer leur blason, très endommagé par leurs piteuses réactions et absences au moment des soulèvements tunisien et égyptien.

    Mais, selon l’adage, « mieux vaut tard que jamais » et je ne bouderai pas devant ce retour de la France dans le concert international, alors qu’un peuple, qui cherche à se libérer d’un tyran, se trouve en grave danger.

   Fallait-il pour autant donner ce sentiment d’improvisation et même d’amateurisme (j’aimerais savoir ce qu’en pense M. Juppé…..)?

    Comment se fait-il par exemple qu’aucune concertation n’ait eu lieu avec nos partenaires de l’UE, à la veille de la réunion du Conseil Européen, qui réunit les 27 chefs d’Etat et de gouvernement de l’Europe ? Ce n’est pas la meilleure façon d’obtenir un accord, que semblent déjà refuser les Allemands. Il faut dire que la diplomatie européenne et sa Haute Représentante, Madame Ashton, s’est illustrée par une absence de réaction qui frise l’incompétence.

    Comment se fait-il qu’il n’y ait pas encore eu de véritable débat sur la « no fly zone » au Conseil de sécurité de l’ONU, instance qui doit donner mandat pour interdire le survol aérien de la Libye ? C’est le ministre russe des affaires étrangères lui-même, Sergueï Lavrov, qui l’affirme. Je rappelle que cela fait plus de 15 jours que je ne cesse de réclamer cette mesure de protection de la population libyenne contre les exactions de Kadhafi. Je connais bien la liste de tous les arguments techniques, financiers, diplomatiques…mis en avant pour ne rien faire. Ils se contredisent d’ailleurs allègrement au fil des jours, à tel point qu’on a entendu hier que la flotte aérienne de Kadhafi était obsolète et que finalement, elle ne causerait pas « de dommages assez massifs sur des civils pour convaincre la communauté internationale d’agir » !!

    Pourquoi entretient-on -Nicolas Sarkozy, en premier lieu- cette confusion entre une intervention militaire directe et des opérations limitées (liées au gel de l’espace aérien) de neutralisation des équipements de défense anti-aérienne ? Il faut répéter que cette mesure n’a rien à voir avec de l’ingérence. Elle est d’ailleurs demandée par les insurgées et elle correspond exactement au « devoir de protéger », qui est la doctrine de l’ONU.

    Pendant combien de temps encore va-t-on tergiverser ? Aurait-on oublié que les grands drames de l’Histoire contemporaine ont souvent été précédés par des attitudes qu’on a qualifiées ensuite de lâches.
    Si la Communauté internationale ne se résout pas à protéger le peuple libyen, que Kadhafi reprend la main et qu’il écrase la révolte dans le sang, il ne faudra pas venir demain nous expliquer doctement ce qu’on aurait dû faire et battre notre coulpe sur la poitrine du voisin !

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9 mars 2011 3 09 /03 /mars /2011 23:07

Libye.jpgDepuis plus de 15 jours, à la radio, à la télévision, dans la presse –en tout cas, partout où j’ai pu avoir accès- je n’ai cessé de demander l’instauration d’une « zone d’interdiction de survol aérien » de la Libye. (Voir sur ce blog)

    Je suis inquiet de constater que cette mesure n’a toujours pas été prise, alors qu’elle s’impose de plus en plus pour protéger le peuple libyen contre les exactions de Kadhafi. C’est avec tristesse que, jour après jour, j’ai entendu les responsables politiques mettre en avant une succession d’arguments qui ressemblent à autant de prétextes à l’inaction.

    Par exemple :

    - On a commencé à objecter que la France, l’Europe, l’OTAN, les Occidentaux ne pouvaient décider seuls de prendre cette mesure. Lorsque j’ai répondu qu’il n’était pas question de cela et que, bien entendu, c’était au Conseil de sécurité de l’ONU de donner un mandat, on a indiqué que les Russes et les Chinois et peut-être même les Américains (membres permanents du Conseil de sécurité) risquaient de ne pas s’y associer.

    - Puis, on a mis en avant le coût élevé de cette opération et les difficultés techniques. Mais…. à quoi servent les budgets militaires, les techniciens, les stratèges, les matériels sophistiqués ?

    - Ensuite, on a évoqué le « risque » d’avoir à bombarder les défenses anti-aériennes et les installations radars libyennes….alors que les Occidentaux les connaissent bien, puisque ce sont eux qui les ont vendus ! Et les opposants à Kadhafi, ne prennent-ils pas des « risques » ?

    - On n’a pas oublié de mettre en avant l’argument que cette mesure n’était pas demandée par les insurgés….jusqu’à ce qu’on entende rapidement leur voix angoissée suppliant la communauté internationale et même les Occidentaux de les aider.

    - Pour se donner bonne conscience, on a même fait l’inventaire des moyens aériens de Kadhafi, en prétendant que seule une faible part de ces forces était opérationnelle et que, par conséquent, les bombardements créeraient peu de dommages !

 

    La non-intervention serait-elle devenue la philosophie de la Communauté internationale ? Aurait-elle oublié « la responsabilité de protéger », qui devrait être la ligne de conduite de l’ONU ? Combien de temps encore vont-ils « réfléchir », comme ils disent ?

    Mais, peut-être la réflexion va-t-elle s’accélérer, maintenant que les prix des carburants s’envolent et que la pression migratoire se précise. Même si ces raisons utilitaires et intéressées ne sont pas glorieuses, il faut espérer qu’elles inciteront la Communauté internationale à passer de la réflexion aux actes. C’est en tout cas ce que je souhaite et je sais, par les nombreux messages que je reçois, que je ne suis pas isolé.
    Si cette décision n’était pas prise rapidement, avant que des catastrophes humanitaires ne surviennent, il faudrait appeler cette attitude de la Communauté internationale et des responsables politiques –y compris français- pour ce qu’elle est : de la lâcheté.

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 09:46
   Paul Quilès interviewé
par Frédéric Rivière sur RFI
 
    «A partir du moment où un Etat ne protège pas ses concitoyens mais les utilise comme cible, tel que le fait Kadhafi, la communauté internationale a le devoir d'intervenir pour maintenir la paix».  
    Le colonel Kadhafi a lancé ce mercredi 2 mars une violente offensive dans l'est de la Libye. On parle désormais d'au moins 6000 morts depuis le début des événements.
    Invité de RFI, Paul Quilès, maire de Cordes-sur-Ciel, ancien ministre de l’Intérieur et de la Défense et ancien président de la commission de la Défense nationale et des Forces armées à l'Assemblée nationale, commente l'actualité en Libye et esquisse quelques pistes pour une sortie de crise.
                 
                    Ecouter l'interview sur RFI 

    J'ajouterai à ce que j'ai dit au cours de cette intervention sur RFI que je suis choqué par les tergiversations de l'ONU et des grands pays concernant une intervention en Libye. Hier, Kadhafi a déjà bombardé 2 villes qui sont aux mains des opposants. Va-t-on attendre qu'il se livre à des actes fous, comme Hitler, reclus dans son bunker et qui voulait détruire Berlin avant de disparaître?

 

    Il ne s'agit pas d'intervenir au sol, mais de mettre en place une zone d'interdiction aérienne ("no fly zone"). Il ne s'agit pas non plus d'agir sans mandat explicite du conseil de sécurité de l'ONU et sans demande des opposants libyens à Kadhafi. Une telle aide aux populations civiles n'est pas une "ingérence", mais l'application du principe codifié par l'ONU depuis 2005 sous le nom de "responsabilité de protéger".

 

    La non- intervention a malheureusement une histoire: le Rwanda, le Darfour....ou, plus loin dans l'histoire le terrible massacre de Guernica le 26 avril 1937 à la suite du bombardement de la ville espagnole par les escadrilles de la légion Condor de l'aviation allemande, protégée par des avions de chasse de Mussolini.

 

    Il ne faudrait que demain, certains disent: "On ne savait pas...." ou "on n'a rien pu faire.....parce que c'était difficile"! 

 

                                                               Paul Quilès

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 23:21

    A plusieurs reprises depuis une semaine, j’ai proposé dans les médias que la France prenne de toute urgence l’initiative de demander au Conseil de sécurité le gel de l’espace aérien de la Libye. Il s’agit d’une mesure de bon sens destinée à protéger la population libyenne contre le risque d’un geste fou de Kadhafi.

    J’ai été surpris d’entendre que les dispositions qu’elle entraînerait auraient un coût élevé et qu’en conséquence, le Conseil de sécurité ne l’avait pas retenue !

    Si c’est vraiment l’argument qui a été mis en avant, j’aimerais savoir par qui : la Russie ? la Chine ? les Etats-Unis ? la France ?

    J’aimerais aussi connaître ce coût et qu’on le compare au niveau des dépenses de l’OTAN, par exemple en Afghanistan, où je rappelle que des dizaines de milliards de dollars sont engloutis chaque année.

 

    Le nouveau ministre des affaires étrangères, qui vient d’être nommé ce soir et qui a touché pendant quelques mois aux affaires de défense, s’honorerait à répondre rapidement à ces 2 questions et à proposer, au nom de la France, des mesures de protection du peuple libyen contre les agissements du dictateur fou.

 

Lire aussi ma tribune publiée par le site MEDIAPART

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 15:15

images-1-.jpgTribune de Paul Quilès dans le journal L'Humanité du 26 février

 

    "La succession de silences et d’erreurs a été mal vécue par tous ceux qui pensent que la France doit être digne de son histoire, et en particulier avec le monde arabe.

   

    "La diplomatie en réalité se fait à l’Élysée avec un nombre restreint de personnes autour du président. Ils n’ont pas compris que ce qui se passait au Moyen-Orient et au Maghreb, on va le voir assez rapidement, est un basculement de l’histoire......"

 

                   Lire la tribune

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 19:10

France Inter

 

Sur France Inter,

 

Paul Quilès explique pourquoi et comment

 il est possible d'intervenir de toute urgence en Libye,

pour empêcher Kadhafi de massacrer ses opposants.

cliquer ici

 

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 17:41
france-24.jpg
 
Débat sur la Libye organisé par la chaîne de télévision France 24
 le 23 février 2011
 
Plus de 600 personnes ont déjà été tuées en Libye, selon la FIDH.
Des avions ont bombardé des civils et des snipers tirent arbitrairement sur les Libyens.
La communauté internationale peut-elle rester les bras croisés ?
Peut-elle laisser des civils se faire massacrer ?
 
Débat entre:
  • Guillaume DENOIX de SAINT MARC, Directeur général de l’Association Française de victimes du terrorisme
  • Antoine VITKINE, Journaliste documentariste, Ecrivain et Réalisateur du documentaire "Kadhafi, notre meilleur ennemi"
  • Paul QUILES, Ancien Ministre français de la Défense (Par téléphone de Cordes-sur-Ciel, Tarn)
  • Charles G. COGAN, Professeur à la Harvard Kennedy School, Ancien Chef du Bureau parisien de la CIA et auteur de « Diplomatie à la française » (Par duplex d’Harvard, USA)

Pour visionner, cliquer ici: première partie

                                             deuxième partie

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 15:27
RMC.jpgExtrait de la déclaration de Paul Quilès sur RMC
(24 février-13h10)
 
Alors que la France évoque la possibilité de
« crimes contre l'humanité » en Libye,
Paul Quilès, ex-ministre de la Défense,
propose la mise en place d’une
zone d’exclusion aérienne.
Dans "Carrément Brunet" sur RMC,
l’ancien vice-président de la Commission des affaires étrangères a adressé 
"une demande solennelle au Président Nicolas Sarkozy".
 
    "Après le silence et les erreurs de la diplomatie française, je crois que la France peut avoir l’occasion de faire réentendre sa voix. Aujourd’hui, devant les risques que fait courir Kadhafi à l’ensemble de sa population, il y a urgence, il faut passer des discours aux actes.
   
    "L’ONU dit que quand un chef d’Etat prend délibérément des civils comme cibles -ce qui est le cas de Kadhafi- il menace la paix et la sécurité internationale. Et, dans ce ce cas, depuis le sommet des chefs d'Etat de 2005 (à la suite d'un rapport de Kofi Annan),  l’ONU a le droit de prendre des mesures, selon le chapitre 7 de la Charte des Nations Unies, qui autorisent l'utilisation de la force militaire pour rétablir la paix.
   
    "On peut envoyer une force d’interposition, mais c’est long. Je voudrais donc lancer un appel au Président de la République pour qu’il fasse prendre une décision dans la journée : celle d'intervenir auprès du Conseil de sécurité – dont la France est l’un des cinq membres permanents qui ont le droit de veto et donc un rôle prépondérant –, pour mettre en place une "zone d’interdiction de survol aérien". Ainsi, tous les avions qui décolleraient du territoire libyen devraient auparavant en demander l’autorisation et, s’ils ne l’obtenaient pas, ils seraient considérés comme des avions ennemis et interceptés ou même abattus.
   
    "Voilà une décision qui honorerait la France et redonnerait à sa voix la tonalité qu’elle a un peu perdue depuis quelques temps. […] Les pays qui s’opposeraient à cette décision seraient alors considérés comme complices de Kadhafi."
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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 16:01

Europe-1.jpgPaul Quilès interviewé sur Europe 1

le 23 février 2011: 

"Kadhafi, un tyran devenu fou".
Pour écouter,

cliquer ici

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:13

    Ce qui se passe depuis 2 mois dans le monde arabe - et peut-être bientôt dans d’autres régions du monde- constitue un évènement de première grandeur. On va probablement s’apercevoir assez vite que nous sommes en train de vivre un moment charnière de l’Histoire, une sorte de basculement, comme celui qui a suivi la chute du Mur de Berlin en 1989.

    La succession d’erreurs et de silences de notre diplomatie pendant cette période n’est pas seulement le signe d’une improvisation coupable du pouvoir politique, qui a discrédité la France aux yeux du monde arabe. Ce qui est en cause me semble plus profond. Il s’agit du discours de la diplomatie française et des actes internationaux que pose notre pays.
    S’agissant du discours, je pense que la France doit tenir, comme l’a souhaité François Mitterrand au soir du 10 mai 1981, « le langage que des centaines de millions d’hommes sur la terre…..ont appris à aimer d’elle »*. Ce langage, il doit être tenu chaque fois que les droits de l’Homme sont bafoués à travers le monde, sans concession et sans distinguer les faibles et les puissants, sans fermer les yeux lorsque des affaires commerciales le commandent. Il doit être tenu à l’ONU et en particulier au Conseil de sécurité, instance suprême dotée du pouvoir d'adopter des sanctions ou d'autoriser le recours à la force lorsque sont commises des violations massives des droits de l'Homme.

    S’agissant des actes, je considère que deux décisions fortes permettraient de redresser l’image de la France :

- un inventaire devrait être fait des rapports que nous entretenons avec les pouvoirs qui violent systématiquement les droits de l’Homme ;

- une charte devrait définir des « règles de dignité » dans nos relations avec les Etats. Elles concerneraient notamment les contrats économiques, les ventes d’armes, les accords de coopération et de défense, les conventions d’extradition, les rapports du Président de la République et de son gouvernement avec leurs homologues étrangers.

    C’est ainsi, en ne sombrant pas dans cette « realpolitik » qu’on invoque si souvent au nom du réalisme et de la prise en compte exclusive des rapports de force, que l’on ne trahira pas la « déclaration universelle des droits de l’Homme », qui devrait rester la boussole de la politique française dans le monde.

 

La France et la Libye

    Le comportement de la France à l’égard de Kadhafi est un exemple de ce qu’il faut éviter. Khadafi est un dictateur fou, chacun le sait. Au pouvoir depuis 42 ans, assis sur un magot pétrolier, dont il profite abondamment, lui et sa famille, il a longtemps effrayé les pays occidentaux par ses frasques, ses changement de pied, ses menaces. Ce tyran manipulateur ne s’est pas privé d’utiliser et de soutenir le terrorisme, finançant des groupes révolutionnaires sur plusieurs continents, faisant organiser des attentats sanglants contre des avions de lignes**.

    Cela, tout le monde le sait. Mais, voilà, la Libye regorge de pétrole et de gaz*** et elle a beaucoup d’argent et il faut savoir parfois fermer les yeux, disent les diplomaties occidentales, pour expliquer ce qu’il faut bien appeler de la complaisance à l’égard d’un dangereux dictateur.

   Vient alors le traumatisme du 11 septembre 2001, suivi, un an plus tard, de l’invasion de l’Irak par les Américains. Kadhafi, craignant de subir le sort de Saddam Hussein, fait volte face. Il se présente comme un faiseur de paix et comme un rempart contre l’islamisme. Il va même jusqu’à annoncer qu’il renonce à se doter d’armes nucléaires. Rien de tel pour plaire aux Etats-Unis de Georges Bush, qui lui décernent une sorte de brevet de respectabilité !

    Cela ne l’empêche de continuer à suivre ses penchants terroristes et de pratiquer la « prise d’otages d’Etat », en faisant condamner sept infirmières bulgares et un médecin palestinien, tous innocents, après les avoir retenus pendant des années. La mise en scène de leur libération par Nicolas Sarkozy en 2007 est l’occasion de vendre la fable du « changement » de Kadhafi. Un parlementaire de droite, aujourd’hui ministre et compagnon de la ministre française des affaires étrangères, ose même faire croire que « c’est un autre homme et qu’il lit…Montesquieu ! »

    Plus ridicule encore, on assiste à l’accueil fastueux du dictateur libyen à Paris, en remerciement pour la libération des infirmières bulgares. Le voici qui plante sa tente à deux pas de l’Elysée pour y bivouaquer. Les défenseurs des droits de l’Homme se frottent les yeux, incrédules…

    Et, pendant ce temps, les ventes d’armes continuent, sans la moindre transparence, puisqu’il faut attendre les révélations du fils de Kadhafi pour connaître la teneur des juteux contrats passés entre la France et la Libye.

 

    La diplomatie française, incapable de comprendre les évènements de Tunisie, d’Egypte et de Libye, vient de traverser une triste séquence, qui m’amène à penser qu’il faut un changement profond, si nous voulons redevenir  fiers de notre pays. Un changement dans le discours et surtout dans les actes.

                                                      

                                           ***** 

Petit rappel: Contrairement à ce que j’ai entendu à France Inter, qui recevait J.L. Bianco ce matin, les relations entre la France et la Libye se sont dégradées rapidement après la tentative de rapprochement pour régler le conflit tchadien (rencontre entre F. Mitterrand et Kadhafi en Crète, en 1984). Il n’a pas fallu attendre pour cela les attentats de Lockerbie et du DC 10 d’UTA, 5 ans plus tard. Je rappelle en effet que, le 16 février 1986, alors que j’étais Ministre de la défense, j’ai fait bombarder et détruire l’aérodrome libyen de Ouadi Doum, construit par Kadhafi en territoire tchadien, pour l’empêcher de poursuivre sa progression au Tchad, pays qui avait un accord de défense avec la France.

 

 * François Mitterrand, à Château Chinon, dans son premier discours de Président de la République, le 10 mai 1981.

** Attentat contre le Boeing 747 de la Pan Am (21 décembre 1988) à Lockerbie: 270 morts. Attentat contre le DC 10 d’UTA (19 septembre 1989) au Niger : 170 morts. Ces attentats ont fait suite au bombardement du palais de Kadhafi à Tripoli par les Américains .

*** Les réserves de pétrole de la Libye sont les plus importantes d’Afrique. 

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez