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14 août 2008 4 14 /08 /août /2008 11:25

C’est en tout cas ce qu’affirme Marianne, dans un article qui montre que le rapport Mucyo (commandé par le gouvernement rwandais pour « prouver » l’implication de la France dans le génocide de 1994) n’a pas vraiment fait dans la nuance.

On découvre ainsi que certains documents cités comme essentiels sont tout simplement des faux !

A vouloir trop prouver…..

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 10:41

Alors que le gouvernement rwandais vient de rendre public un rapport à charge contre la France à propos du génocide de 1994, je recommande la lecture de mon intervention lors du colloque du 20 octobre 2007 (cliquer ici). Ce texte, toujours d'actualité, rappelle notamment le travail considérable effectué par la commission parlementaire que j'ai présidée en 1998. Il montre qu'il est possible d'analyser avec objectivité les faits et les enchaînements qui ont conduit à cette épouvantable tragédie, sans pour autant se livrer à un réquisitoire sans nuance.

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 09:40

Texte de l'article que j'ai signé avec Louis Gautier et qui a été publié dans le journal Libération du
10 juillet 2008 sous le titre "Malaise aux armées"

*********************
 

A la veille du 14 juillet, nous constatons que le président Sarkozy a réussi à créer en très peu de temps un climat exécrable au sein et autour de l’institution militaire. 

Les célébrations de la fête nationale se déroulent sur fond de brouillage politique, avec une carte militaire arrachée au forceps, et dans la confusion stratégique, avec un alignement atlantiste mené tambour battant.  

Le malaise ressenti dans les armées est aussi alimenté par les propos excessifs tenus par le Chef de l’Etat à l’égard des militaires et par des réformes mal préparées et mal expliquées. Le moral de l’armée est en berne, le consensus sur la défense est touché. 

Enfin, le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale et la RGPP* apparaissent de plus en plus comme des procédés destinés à faire des économies au sein du ministère de la défense. La pertinence et l’efficacité du dispositif militaire sont  ainsi passées au second plan.  

Le chef de l’Etat, chef des armées, a mis encore une fois en pratique sa méthode contestable, faite de provocation, d’improvisation et de brutalité médiatisée.  

ôôô 

Nous ne sommes pas des fanatiques du consensus à tout prix, trop souvent utilisé pour masquer un conservatisme inavoué. Mais nous sommes attachés à l’unité des Français. Si nous sommes convaincus de la nécessité de transformer notre défense pour rationaliser l’outil militaire et relever  les défis de sécurité à venir, nous savons aussi que ces questions doivent recueillir un large accord politique et un soutien populaire.  

Ce n’est pas la voie dans laquelle s'est engagé Nicolas Sarkozy : 

- en brutalisant les élus locaux et en leur imposant une carte militaire sans concertation ni transparence ;

- en culpabilisant les militaires pour leur faire avaler l’amère potion d’une réforme mal ficelée et réductrice ;

- en accroissant les pouvoirs du Président en matière de défense. Le Parlement doit conquérir, dans ce domaine notamment, des droits nouveaux, à l’instar de ce qui existe dans les grandes démocraties.

 A l’inverse : 

- Nous souhaitons pouvoir faire avec les élus locaux, dans la concertation, la transparence et l’équité, les choix nécessaires tout en prenant en compte financièrement les compensations nécessaires aux communes affectées.
 

- Nous souhaitons que les militaires soient traités comme des citoyens à part entière. Nous souhaitons un statut militaire adapté à la condition militaire des nouveaux professionnels et donnant des droits en matière d’expression citoyenne et de concertation au sein de l’institution. Aux personnels militaires et civils qui vont vivre des périodes d’adaptation difficiles il faut garantir que les bouleversements induits par les réformes seront faits dans la transparence et dans le cadre d’une planification raisonnée. 

- Nous souhaitons la fin du « domaine réservé » en matière de politique étrangère et de défense. Le Livre blanc introduit encore plus de centralisme présidentiel dans ce domaine ; la multiplication d’organismes de décision attachés seulement à l’Elysée conforte une dérive antidémocratique. Nous demandons que le Livre blanc soit soumis à une véritable délibération parlementaire, suivie d’un vote. Tous les sujets doivent être abordés. C’est ainsi que la mutation de la Gendarmerie, l’alignement atlantiste, la place prise par la « sécurité nationale » dans la stratégie de notre pays, ne peuvent pas être avalisés en catimini. 

- Nous proposons enfin que la France se concerte avec les pays de l’Union européenne pour rédiger un Livre blanc européen. C’est même d’ailleurs par là qu’on aurait dû commencer le travail entrepris sur la défense il y a un an ! 

Paul QUILES, Responsable de la Commission Défense du PS

Louis GAUTIER, Délégué aux questions stratégiques - PS



* Révision générale des politiques publiques.
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2 juillet 2008 3 02 /07 /juillet /2008 09:10

Le Président de la République est le chef des armées. Il n'aurait pas dû l'oublier après la tragique fusillade de Carcassonne.
Il a commis à cette occasion 3 fautes: 

1- il n'aurait pas dû céder à la mauvaise habitude de réagir de façon uniquement émotionnelle et garder son sang froid; 

2- il aurait dû éviter de parler de façon brutale et méprisante en traitant les militaires d'incapables;

3- il aura dû se garder de jeter l'opprobe sur l'ensemble de l'institution militaire, alors que 2 enquêtes -dont on ne connaît pas les résultats- sont en cours .

Regarder sur France 2 l'interview de Paul Quilès au journal télévisé du 2 juillet 2008

Ecouter sur France Info l'interview de Paul Quilès ( 1er juillet 2008)à la suite de la démission du chef d'Etat major de l'armée de terre, le Général Bruno Cuche.

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 15:11
Interview de Paul Quilès sur BFM à propos du Livre blanc de la défense (16 juin 2008)
Ecouter



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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:44

Demain, N.Sarkozy va présenter à grand renfort de publicité le "Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale".

Au nom du PS, je participerai aujourd'hui à une conférence de presse, qui rendra public le rapport préparé sur ce sujet par la Commission défense du PS, que je préside.

On trouvera ci-après un résumé de mon analyse, publiée dans le quotidien "les Echos" de ce jour.
                                                   Paul Quilès
___________________________________________________________
 

 

Un nouveau livre blanc de la défense était nécessaire. Il était nécessaire, parce que le contexte stratégique a changé depuis 1994, date du précédent livre blanc. Il était nécessaire, parce que nous devions prendre le virage vers une véritable Europe de la défense.

          De nombreux commentaires peuvent être faits sur ce document. Je voudrais pour ma part exprimer ici 3 critiques. 

1-    Sur la méthode d’abord :    

          L’écriture de ce Livre blanc a été présentée comme un exercice de démocratie associant les militaires, des experts de la société civile et quelques parlementaires….dont le nombre a malgré tout été chichement compté. On pouvait espérer qu’il y aurait un vrai débat au sein de cette commission, mais très rapidement, il est apparu que ce ne pouvait pas être le cas. En effet, les annonces du Président de la République se sont succédées, alors même que le livre blanc n’avait pas fini ses travaux : création du conseil de défense et de sécurité nationale, annonce de la construction d’une base navale à Abu Dhabi, révision des accords de défense africains, retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN….

          Dans le même temps, l’exercice de révision générale des politiques publiques (RGPP) était mis en œuvre, avec comme finalité de conduire à une réduction drastique des fonctions « soutien et logistique » des armées. Dans le langage militaire, cela veut dire moins de troupes projetables ! Voilà comment, en partant d’un exercice purement comptable, on en est arrivé à définir les missions et les moyens des armées. Tout s’est passé comme si le point d’arrivée avait été déterminé avant même que les travaux du Livre blanc ne commencent, l’exercice de rédaction du document consistant essentiellement à habiller ce résultat final. L’annonce par le Président de la République du retour prochain de la France dans le commandement intégré de l’OTAN a été en quelque sorte la cerise sur le gâteau ! Constatant que, plus les travaux avançaient, plus il était évident que la rédaction du Livre blanc était téléguidée de l’Elysée, les parlementaires socialistes ont fini par quitter la commission.

2-   
Sur les conséquences :

          Malgré la qualité indéniable de certains de ses membres, la commission du Livre blanc a donc donné lieu à un simulacre de démocratie. Mais l’application du Livre blanc lui-même se traduira aussi par « moins de démocratie » : création du conseil de défense et de sécurité nationale, création d’un coordinateur du renseignement auprès du Président de la République, création d’un conseil des affaires étrangères auprès du Président de la République. La présidentialisation du pouvoir deviendra totale dans les domaines de la défense et de la sécurité. La plupart des décisions et des choix seront concentrées dans les mains d’un homme, sans que le Parlement puisse les contrôler, comme cela est le cas dans toutes les grandes démocraties. 

   3-    Sur le virage atlantiste :

          Ce Livre blanc représente un virage raté vers l’Europe. Au-delà des querelles institutionnelles, il est devenu évident que l’Europe de la défense est une nécessité pour affirmer, dans un monde incertain, l’Union européenne comme un pôle de paix et de stabilité. Il était donc nécessaire d’engager la discussion de ce document dans un cadre européen. Au lieu d’actes, on s’est contenté de mots, en affirmant qu’il sera nécessaire de rédiger un livre blanc européen….ce que nous demandons depuis déjà de nombreuses années.

          En réalité, ce livre blanc n’est pas à tonalité européenne, comme on veut nous le faire croire, il est à tonalité « otanienne », c’est à dire américaine. Ce n’est pas faire de l’anti-américanisme que d’affirmer que nous ne pourrons infléchir les positions des Américains sur les grands dossiers internationaux que grâce à une Europe forte. L’idée d’un pilier européen de l’OTAN n’est pas une idée nouvelle ; elle date d’avant la guerre froide et elle n’a jamais réussi à donner le moindre résultat.

          Seule une Europe de la défense autonome -ce qui n’exclut pas l’action des Européens, y compris des Français dans l’Alliance atlantique- nous permettra à la fois d’être mieux entendus des Américains et de conduire une vraie diplomatie européenne sur la scène internationale. Cette ambition, qui était celle de la France depuis 40 ans, va être abandonnée au bénéfice de quelques postes pour des militaires français au quartier général de l’OTAN (SHAPE) et au prix d’une présence accrue dans le bourbier afghan.

          L’alignement atlantiste de la France, salué chaleureusement par le Président Bush il y a quelques jours, aura également comme conséquence que nos partenaires européens, à commencer par les Britanniques et les Allemands, ne verront plus l’intérêt de faire avancer l’Europe de la défense, puisque le pays qui lui a donné les plus fortes impulsions semble lui-même renoncer. Dans ces conditions, la présidence française de l’Union européenne, qui démarre dans 15 jours,  risque fort d’être un échec….que l’on tentera probablement d’imputer à la réponse négative des Irlandais au référendum sur le traité de Lisbonne.  

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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:28

 

A propos du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale 
 (Rapport de la Commission défense du PS, présenté ce jour à la presse)
   
La rédaction d’un nouveau Livre blanc sur la défense est un exercice salutaire et nécessaire. Le dernier, qui datait de 1994, était obsolète, décalé par rapport à la réalité. Nous regrettons  que cette initiative n’ait pas été réalisée d’emblée dans un cadre européen, comme nous le préconisons depuis des années, alors même que la France est sur le point de présider l’Union européenne.  

1) Nous contestons la méthodologie qui a été employée et ce sur 3 points. 

- En premier lieu, il est rapidement apparu que la commission du Livre blanc était une  opération guidée par Nicolas Sarkozy. Les véritables décisions, comme le retour de la France dans l’OTAN, étaient prises à l’Elysée, et ont été rendues publiques tout au long des travaux de la commission. La commission n’a finalement servi qu’à justifier les décisions présidentielles. L’intrusion permanente de Nicolas Sarkozy dans les travaux d’une commission  qui se voulait indépendante a remis en cause  le déroulé de ses travaux. C’est ce qui a conduit les parlementaires socialistes à quitter cette commission au début du mois d’avril. 

- En second lieu, il est apparu également que le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale n’influerait en rien sur la politique de défense. La revue générale des politiques publiques (RGPP), en supprimant garnisons et emplois, façonnera de fait notre nouveau modèle d’armée et influera de manière bien plus décisive que le Livre blanc sur le futur de nos armées. Le gouvernement a inversé la logique de travail, les conclusions du Livre blanc venant finalement confirmer et justifier les décisions de la RGPP.  

- Enfin, la procédure d’information du Parlement ouverte le 14 mai ne permet pas à la représentation nationale de prendre véritablement connaissance du document. Le Parlement n’est en rien consulté et les débats en son sein n’auront aucune incidence sur le contenu du Livre blanc. Aucun vote n'est prévu au Parlement pour approuver ce document, alors même que nous le demandons depuis le début du processus: le grand débat promis et annoncé n’aura pas lieu. 

2) Le retour de la France dans l’OTAN constitue l’objectif unique mais également l’erreur principale.

Le choix n’était pas entre une stricte politique d’indépendance nationale et la réintégration dans l’OTAN. Nicolas Sarkozy a fait le choix de s’aligner sur une administration Bush finissante, néo-conservatrice et en échec sur tous les territoires où elle intervient, contre la perspective de créer une Europe de la défense.(Il est en effet illusoire que l’on puisse constituer un pilier européen au sein l’OTAN). Seule la construction d’une Europe de la défense autonome pouvait servir de bras de levier pour conduire les Etats-Unis à mieux entendre leurs alliés européens et c’est grâce à cette position spécifique que les premières briques de la politique européenne de sécurité et de défense avaient pu naître depuis 1998. Cette réintégration dans l’OTAN n’augmentera pas les capacités de l’OTAN et ne permettra pas à la France de voir ses intérêts mieux pris en compte ; elle revient simplement à abdiquer l’espoir de construire l’Europe de la défense. Derrière se cache également la volonté de Nicolas Sarkozy  de réduire nos engagements pour les faire porter par l'Union européenne, ce que la réintégration dans l’OTAN ne permettra en aucun cas.  

3) L’analyse des menaces faites dans le Livre blanc nous laisse perplexe.

Chacun sait que la situation mondiale présente des incertitudes, mais aucune solution politique n’est dessinée ici pour faire face à ce que l’on qualifie de « nouvelles menaces ».  Celles-ci sont  globalisées et présentée sous un aspect dramatisant. L’absence d’analyse quant à la cause des menaces a conduit la commission à envisager des réponses trop sécuritaires et militaires. Les réponses qui devraient être essentiellement de nature politique et diplomatique, touchant l’origine même des menaces (instabilité, pauvreté etc.), ne sont pas données. Le Livre blanc ne présente aucune vision positive du monde : ce qu’il faut à la France et à l’Europe, c’est une diplomatie active qui permette de remettre de la stabilité dans un monde instable, de promouvoir la bonne gouvernance et la reconstruction politique quand elle est nécessaire. Or, l’outil militaire et sécuritaire n’est pas mis au service d’un tel projet de politique internationale. Que propose le Livre blanc pour mieux assurer la sécurité des Français ? Ni plus de moyens, ni plus de cohérence, ni plus de lisibilité. L’image catastrophiste des conséquences possibles d’une menace ne vise qu’à produire de l’anxiété dans notre population et risque de justifier toutes les dérives sécuritaires.
Notre sécurité se joue aujourd’hui sur les territoires extérieurs, grâce à notre diplomatie et à des opérations de prévention et de stabilisation. Or, le volume projetable de notre armée sera réduit, conséquence mécanique d’une logique budgétaire mal comprise, et non d’une analyse des besoins de notre défense.  

4) La démocratie sort affaiblie de ce Livre blanc.

L’exercice de rédaction du Livre blanc a été tellement cadré par l’Elysée que ce qui pouvait faire son originalité (la méthode démocratique associant parlementaires de la majorité et de l’opposition) a été réduit à néant par Nicolas Sarkozy. Les années à venir vont voir une concentration accrue des pouvoirs en matière de défense dans les mains du Président de la République. Le SGDN, jusqu’à présent sous la tutelle du premier ministre, travaillera en réalité auprès du Président de la République. La nomination d’un Coordinateur au renseignement auprès du Président nous fait craindre les pires dérives : opacité des politiques menées, perte de contrôle sur les services de renseignement, car le Parlement ne peut contrôler l’action du Président et des structures qui lui sont ou seront rattachés.

La présidentialisation ne concerne pas uniquement la défense : le Livre blanc sur la politique étrangère et européenne prévoit la création d’un Conseil des affaires étrangères auprès du Président de la République. Tout ceci s’inscrit dans une logique de concentration du pouvoir dans les mains d’un seul homme dans tous les domaines de l’action de l’Etat et ce, alors même que le Parlement n’a aucun pouvoir de contrôle sur lui. Au lieu du rééquilibrage des pouvoirs qui était promis, ce sont les pouvoirs du Président qui sont renforcés, empêchant tout contrôle, et donc tout renforcement du Parlement. Nous y voyons un affaiblissement de la démocratie.

Le projet de réforme des institutions n’a pas répondu à nos attentes concernant le contrôle des opérations extérieures. Il faudra attendre 4 mois pour que le Parlement puisse se prononcer sur l’envoi de troupes à l’étranger, ce qui est loin du standard démocratique en vigueur chez nos partenaires européens. Le déploiement de 900 hommes de troupes supplémentaires en Afghanistan annoncé lors du sommet de Bucarest nous sert d’ailleurs d’exemple. Près de 3 mois après cette annonce nous ne savons exactement ni le nombre de troupes qui seront exactement déployés, ni la nature de ces troupes, ni la mission qui sera affectée à ces troupes, ni les règles d’engagement et chaîne de commandement, toutes choses que nos homologues européens connaissent dans leurs pays respectifs. 

                                       **********************

Sans renier la spécificité de nos intérêts, il eut été nécessaire d’initier cet exercice dans le cadre européen en profitant notamment de la présidence française de l’Union européene. Une telle initiative, qui reste nécessaire pour relancer l’Europe de la défense que les Français et les Européens appellent de leur vœux depuis de années, aurait permis d'éviter ce sentiment de dérive sécuritaire qui transparaît dans le Livre blanc. Elle aurait évité que le Livre blanc devienne un exercice biaisé chargé d’habiller les fermetures de garnisons sans concertation avec les élus.


Ce livre blanc bouscule sans ménagement un monde militaire qui vient juste d’absorber le choc de la professionnalisation des armées. Les premières réactions négatives traduisent l’inquiétude de l’institution dans son ensemble, officiers, sous-officiers et personnels civils, devant un manque de transparence et de cohérence. Le choc risque d’être bien plus brutal que lors de la fin de la conscription.

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 14:10
Paul Quilès s'exprimera sur la décision -très contestable- de N. Sarkozy d'envoyer de nouvelles forces françaises en Afghanistan:

- sur France 3 Sud, lundi 31 mars à 18h40
- sur LCP (la chaîne parlementaire), mardi 1er avril à 21h; l'émission sera aussi
diffusée sur le site Internet de LCP le même jour de 19h à 20h
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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 12:09

 Irak.jpg Il est de notoriété publique aujourd'hui que la guerre menée par les Etats-Unis en Irak a eu de tragiques   conséquences.

Il y a 5 ans, certains, dont j'étais, dénonçaient l'attitude des Américains, en s'inquiétant de la catastrophe qui se préparait. Comme on oublie vite en politique....j'ai pensé qu'il n'était pas inintéressant de relire l'article que j'écrivais en janvier 2003, deux mois avant l'intervention américaine.
                             
                                 **********************
                                 IRAK: le bal des hypocrites
                          
                                                          
     C’est l’hypothèse la plus probable : il y aura la guerre en Irak dans quelques semaines. Le rapport des inspecteurs sera interprété par les Etats-Unis comme la preuve éclatante que l’Irak détient des «armes de destruction massive »…ou qu’il en dissimule. D’ailleurs, les Américains eux-mêmes disposent de preuves « flagrantes », qu’ils refusent pourtant curieusement de communiquer. Il est également quasi certain que l’ONU, ou plus exactement le Conseil de sécurité se pliera à leur volonté.

     Quels sont donc les objectifs réels des Américains? Sont-ils guidés par une autre logique que celle de leur puissance et de leurs intérêts, notamment pétroliers ?

     S’ils voulaient avant tout la paix dans le monde et le bonheur des peuples, ils pourraient par exemple  intervenir activement dans la résolution du conflit interminable entre Israéliens et Palestiniens, ou signer le protocole de Kyoto, ou encore refuser la décision scandaleuse de l’OMC concernant la vente de certains médicaments aux pays du Tiers Monde…

     S’ils souhaitaient vraiment des interventions coordonnées de maintien de la paix au niveau international, pourquoi se satisfont-ils d’un Conseil de sécurité sans réels moyens et au pouvoir limité ? Il est vrai que les résolutions prises par le Conseil n’ont de chance d’aboutir que si elles ont l’aval des Etats-Unis, qui déterminent souverainement les sujets dont il peut se saisir. Pourquoi par exemple celui-ci ne s’intéresse-t-il pas à la Côte d’Ivoire ou à la Corée du Nord, autrement plus menaçante que l’Irak ?

     Si les Etats-Unis étaient obsédés par la fin des dictatures dans le monde, ils ne soutiendraient pas, notamment au Moyen Orient, des régimes corrompus et peu soucieux des droits de l’Homme.

     Si les Etats-Unis voulaient abattre Saddam Hussein pour mieux lutter contre le terrorisme international, pourquoi n’apportent-ils pas les preuves de sa connivence avec Al Qaïda ? La confusion, volontairement entretenue, entre l’« axe du mal » de G.Bush  et la nébuleuse terroriste de Ben Laden vise à rendre populaire l’idée d’une guerre contre l’Irak. Mais, à supposer (ce qui semble peu crédible) que cette connivence existe, on ne voit pas en quoi l’écrasement de l’Irak contribuerait à réduire les activités du terrorisme international. On sait très bien que sa dangerosité  provient à la fois de son mode d’organisation en centres « franchisés » et de ses méthodes de recrutement, qui exploitent le soutien populaire, essentiellement dans les pays où la politique américaine, jugée arrogante, est décriée. On imagine aisément, malgré toute la répulsion que peut susciter le régime sanguinaire, clanique et sans scrupule de Saddam Hussein, l’émotion que provoquerait dans le monde arabe cette nouvelle guerre et l’utilisation qu’en ferait Al Qaïda.  

     En réalité, il est difficile d’y voir clair derrière le discours officiel insipide, fait de langue de bois et de formules destinées à mobiliser les opinions publiques, si bien qu’on risque de ne comprendre les véritables enjeux de cette guerre que plus tard, notamment à travers ses conséquences. Il en fut de même pour les deux précédentes guerres du Golfe :

    - la première, la guerre menée par l’Irak contre l’Iran entre 1980 et 1988, vit les Américains et les grandes puissances soutenir activement les Irakiens. Dans le silence complice de l’ONU, Saddam Hussein utilisa le gaz à de multiples reprises. Cela n’empêcha pas les Etats-Unis de participer largement pendant cette période au surarmement irakien .

   - pendant la deuxième, on assista au des débarquement de plus de 500000 GI’s et à l’installation de bases militaires américaines en Arabie Saoudite, premier pays pétrolier de la planète, mais surtout terre des Lieux saints de l’Islam. L’effet traumatisant de ces évènements sur le monde musulman a été utilisé par Ben Laden  pour donner un substrat idéologique à ses agissements.

 

     L’hypocrisie est donc permanente dans cette préparation de la 3ème guerre du Golfe :

    -   celle des différentes composantes de l’administration américaine, qui cachent les véritables  buts de guerre ;

  -  celle des pays arabes du Golfe, qui ont récupéré la part de production pétrolière de l’Irak et se satisferaient d’un Saddam Hussein affaibli, mais qui n’osent pas contrarier les Américains ;

  -  celle des milieux financiers, qui considèrent que « seule la guerre contre l’Irak relancera l’économie »….mais qui ne disent rien ;

  -  celle des grands stratèges, qui pensent que la guerre sera rapide et efficace et qu’il vaut mieux en être pour pouvoir participer ensuite à la répartition de la manne pétrolière…mais qui ne disent rien .    

   A ce bal des hypocrites, la France ne doit pas donner le sentiment qu’elle a peur de « faire tapisserie ». Membre permanent du Conseil de sécurité, qu’elle préside depuis le 1er janvier, la France a la possibilité d’exercer son droit de veto et de dire non à cette guerre dangereuse. Dans le prolongement de l’action intelligente menée récemment au Conseil de sécurité, elle doit montrer, par une attitude courageuse, que la communauté internationale ne se résout  pas à cette 3ème guerre du Golfe, dont les effets s’annoncent désastreux. 

                                                                                           

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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 12:27
livre-blanc.jpgCette tribune, que j'ai signée avec 2 autres responsables des questions de défense du PS (F.Lamy et L.Gautier), a été publiée par le Figaro du 5 mars 2008, sous le titre "le Livre Blanc de la défense fait-il fausse route?"

 

La Commission du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale mise en place par Nicolas Sarkozy va bientôt remettre ses conclusions.

 

D’après ce que l’on peut lire dans la presse, l’analyse qui fonde ses propositions consiste à globaliser les menaces, sans pour autant qu’un lien soit fait avec les événements politiques qui sont à l’origine du contexte international actuel. Privée de toute référence historique et culturelle, privée de toute compréhension des rapports de force, la réflexion se focalise sur les conséquences de la menace, par exemple sur l’horreur provoqué par les attentats, sans essayer d’en comprendre les causes.

 

Dans ces conditions, la tentation est forte d’adopter une attitude craintive consistant à maximiser les dangers pour, pense-t-on, mieux s’en protéger. Et, de fait, toutes les menaces sont placées au même niveau : le terrorisme, les cyber-attaques, les catastrophes naturelles et technologiques, la menace balistique, les risques de conflits…

 

Nous savons que des menaces de forme nouvelle existent. Simplement, le Livre blanc ferait fausse route s’il suivait la réflexion de Nicolas Sarkozy, en décrivant un monde apocalyptique où l’Occident -notion en elle-même dangereuse si elle ne sert qu’à s’opposer au reste du monde- serait assiégé par des forces hostiles.

 

Le problème est que, lorsque l’analyse est fausse, les remèdes ont de grandes chances d’être  inappropriés. Le Livre blanc n’aurait pas dû porter sur « la défense et la sécurité nationale », concept qui peut se révéler ambigu, mais sur « la défense et la politique étrangère ». Pour le moment, l’accent est mis sur une militarisation de la réponse aux menaces, à l’image des Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001. La France doit avant tout avoir une diplomatie préventive ; c’est d’ailleurs dans ce sens que se développent les efforts de tous nos partenaires européens, notamment l’Allemagne. Pour nous, la prévention consiste à anticiper les conflits avant qu’ils ne se développent en utilisant les ressorts de la diplomatie. La prévention ne peut se limiter à des frappes préventives voire préemptives, qui ne font bien souvent qu’envenimer la situation, quand elles ne sont pas purement et simplement contraires à la légalité internationale. Quant à l’objectif de protection, il est inquiétant d’apprendre qu’on voudrait l’appuyer sur le principe de la « résilience »[1], c’est-à-dire en préparant la population à encaisser le traumatisme psychologique d’une agression ou une catastrophe majeure, afin d’en minimiser ou d’en limiter l’impactle problème étant les dérives potentielles de cette politique en termes de militarisation de la société. Il faut pourtant dire la vérité aux Français : le traitement qu’ont fait les Etats-Unis de la menace terroriste depuis 2001 par la seule option militaire s’est traduit par plus de terrorisme et plus de menaces. Pourquoi s’ingénier à copier des recettes qui ont échoué ?

 

Le rôle de la France et de l’Union européenne est de mieux protéger militairement notre continent contre les menaces. Mais nous le ferons d’autant mieux que nous prendrons toute notre place sur la scène internationale pour agir sur la cause et l’origine de ces menaces. Les remèdes sont connus. Ils s’appellent : la régulation de la mondialisation, l’aide au développement, le règlement des conflits. Considérer que la menace terroriste est inéluctable, et sans remède, que la question ne se pose qu’en termes militaires et jamais politiques, c’est oublier que la France et l’Union européenne doivent contribuer à la résolution du conflit israélo-palestinien, doivent convaincre l’Iran de renoncer à l’option du nucléaire militaire, et doivent empêcher le conflit des civilisations. Oublier cela, c’est se condamner à une stratégie d’échec programmé face à la menace terroriste.


Pour aider à résoudre les conflits, il faut également être respecté sur la scène internationale. Or, monarque dans son royaume, le nouveau Président de la République apparaît déjà et de plus en plus décrédibilisé à ce niveau. Avec Nicolas Sarkozy, nous sommes pro-américains lorsqu’il rencontre Georges Bush, pro-russes lorsqu’il rencontre Poutine, pro-libyens lorsqu’il rencontre Mohammar Khadafi. Par ailleurs, tout le monde sait dans le microcosme bruxellois que la Présidence française de l’Union européenne, qui interviendra au second semestre 2008, se présente mal, en partie du fait des rodomontades et des contradictions de Nicolas Sarkozy.

 

Nous attendons donc les propositions du Président sur le futur de l’Europe de la défense et de l’Europe politique. Veut-il vraiment une politique commune et une défense commune ? Veut-il à terme une armée européenne ? Veut-il une Europe qui agisse sur la scène internationale et qui nous protège les Français ? Le Président souhaite se rapprocher de l’Otan, mais pourquoi veut-il à tout prix réintégrer les structures de l’Alliance ? Nous n’en savons rien.

 

Pour nous, ce qui est important, c’est de développer l’Union européenne en créant une véritable « Union européenne de défense » avec les pays acceptant d’aller plus loin dans ce domaine. Dans cette Union, les pays seraient solidaires en cas d’attaque contre leurs intérêts. Ils agiraient ensemble pour résoudre les conflits, y compris au moyen d’interventions communes. Ils regrouperaient leur industrie d’armement et achèteraient les mêmes matériels militaires. Cette autonomie des Européens est compatible avec le maintien de l’Alliance atlantique, mais il sera indispensable de revoir les équilibres entre l’Europe et les Etats-Unis, pour prendre mieux en compte la vision du monde des Européens.

 


[1] Voir l’article d’Arnaud de la Grange, dans le Figaro Magazine (2 février 2008)

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez