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24 novembre 2006 5 24 /11 /novembre /2006 17:58

 

Rwanda : interview de Paul Quilès dans Libération

 

 

 

 

 

Député socialiste du Tarn, Paul Quilès avait dirigé, en 1998, la mission parlementaire d’information sur le Rwanda. Il réagit à la décision du juge Jean-Louis Bruguière de lancer des mandats d’arrêt contre neuf proches du président Paul Kagamé, dont son chef d’état-major, James Kabarebe, accusés d’être responsable de l’attentat du 6 avril 1994 contre l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana, piloté par un équipage français. Un attentat qui avait servi de déclencheur au génocide.


Comment réagissez-vous à cette décision?

Je ne suis pas étonné. A l’époque de la Mission d’information, nous savions qu’il y avait une zone d’ombre dans l’origine de l’attentat du 6 avril 1994. Nous avons demandé que la justice se saisisse de cette affaire au plus vite pour comprendre qui était à l’origine de ce qui a déclenché le génocide. Nous avions retenu deux hypothèses: celle d’une action des extrémistes au sein des Forces armées rwandaises (hutu) ou celle du Front patriotique rwandais (FPR) de Kagamé. Nous ne tranchions pas, mais les présomptions pesant sur le FPR étaient assez fortes.

En quoi consistaient-elles?
Il y avait des arguments techniques et politiques. Nous savons que le FPR possédait des missiles sol-air, retrouvés dans une «série» ougandaise (l’Ouganda était un allié proche du FPR, ndlr) De plus, nous avons noté une volonté délibérée chez les responsables rwandais, politiques et militaires (issus du FPR, ndlr), de dissimuler la vérité sur la possession de ces missiles. Par ailleurs, nous avions prévu d’entendre un ancien compagnon de route du FPR. Mais il a été mystérieusement assassiné…

Et la piste hutue?
Nous n’excluions pas que des extrémistes hutus, opposés à l’application des accords de paix d’Arusha (entre tutsis et hutus, parrainés par la France, ndlr), aient voulu se débarrasser du président Habyarimana. Mais au lendemain de l’attentat, il est apparu que ces extrémistes étaient totalement désarçonnés. Reste que, sur le plan technique, ils possédaient eux aussi des missiles sol-air.

Sans surprise, Paul Kagamé a réagi très vivement aux accusations du juge Bruguière. Pensez-vous qu’un point de non-retour a été atteint entre la France et le président rwandais ?
Kagamé n’a jamais hésité à s’appuyer sur le drame du génocide pour asseoir son pouvoir. Il en fait porter la responsabilité - au-delà des Rwandais eux-mêmes - aux puissances étrangères, notamment à la France. La Mission parlementaire a fait justice de cette accusation. Il ne faut jamais oublier - malheureusement - que ce sont des Rwandais qui ont massacré d’autres Rwandais.

24 novembre 2006

 

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Published by Paul Quilès - dans International et défense
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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 16:54

Génocide du Darfour : Paul Quilès vient d'écrire aux directeurs de rédaction de tous les médias

 

 

 

 

 

Monsieur le Directeur,

Je souhaite vous parler du Darfour et j’espère que ces quelques lignes retiendront votre attention.
Ayant présidé la mission parlementaire d’information sur le génocide rwandais, je suis particulièrement sensible au déroulement du drame que vit le Darfour depuis 3 ans. A plusieurs reprises (1), je suis intervenu pour attirer l’attention du gouvernement français sur l’inefficacité de la Communauté internationale face à la dégradation tragique de la situation.
Malheureusement, les inquiétudes que je manifestais il y a 2 ans sont devenues de tristes réalités, avec un terrible bilan : 300 000 morts, 2,5 millions de déplacés, menacés par la famine, les épidémies et la mort.
Certes l’Union Africaine et l’ONU ont déployé des efforts pour aboutir à un accord de paix, mais la complexité des relations entre les parties n’a pas permis d’aboutir à une cessation des exactions et des massacres.
J’ai du mal à accepter l’idée que, dans quelques années, des campagnes viendront dénoncer -peut-être violemment- l’apathie ou l’inefficacité de notre pays et de la Communauté internationale devant ce génocide. Je suis convaincu qu’une prise de conscience est indispensable et je crois qu’elle est possible, grâce au rôle considérable des médias dans la formation des idées. Je constate en effet que les campagnes médiatiques n’ont pas seulement un impact sur l’opinion publique, mais qu’elles peuvent aussi faire réfléchir les décideurs nationaux, voire internationaux.
Bien entendu, il n’est pas question pour moi de vouloir peser par ma démarche sur votre libre choix de programmation. Je souhaite simplement vous sensibiliser sur le rôle, à mes yeux fondamental, que vous pourriez avoir pour réveiller les consciences et déclencher un mouvement d’opinion susceptible d’influencer les décideurs.
Je vous remercie de l’attention que vous voudrez bien porter à ma suggestion et vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de mes salutations les meilleures.
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(1)Notamment question d’actualité (28/4/2004), lettre au ministre des affaires étrangères (26/5/2004)

9 octobre 2006

 

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- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
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