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14 juillet 2016 4 14 /07 /juillet /2016 18:10
Le pacifisme a-t-il encore une place dans ce monde ?

Débat sur France Inter

aujourd'hui, 14 juillet,

autour du thème du pacifisme, entre:

 

-   Roland Nivet, porte-parole de l’association Mouvement de la paix

-  Julie Saada, professeur des universités à Sciences-po. Sous sa direction "La guerre en question : conflits contemporains, théorie politique et débats normatifs"

-  Jacques Perget, contrôleur général des armées

- Paul Quilès, ancien ministre de la Défense. Président de l’association IDN – Initiatives pour le Désarmement Nucléaire, auteur de "Arrêtez la bombe ! ". 

J'interviens dans les séquences suivantes: 

10'- 12’30, 27’30- 33’30, 38’- 40’45, 45’- 48’

 

Présentation de l'émission

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 07:24
L'OTAN fait-elle de la Russie son adversaire principal?

Tribune que j'ai signée

dans l'Humanité du 9 juin 2016

sous le titre "Avancer vers une solution politique durable"

 

Lire aussi mon intervention sur le site d'ELN:

"Planning for Warsaw, waiting for the next US President"

 

      Née pour combattre une menace soviétique qui avait disparu, l’OTAN s’est attribué en 2010 deux missions principales : la gestion des crises partout dans le monde et la constitution d’un réseau de partenariats avec de multiples pays, parfois lointains.

 

     Du point de vue militaire, la gestion des crises était au centre des préoccupations. L’OTAN s’est ainsi engagée dans une mission de « stabilisation » sur le théâtre afghan. Cette mission de combat, qui a mobilisé jusqu’à une centaine de milliers d’hommes, est aujourd’hui achevée, l’OTAN n’assurant plus qu’une mission d’entraînement et de soutien des forces afghanes.

 

     Le bilan de cet engagement est plus que médiocre : en l’absence de tout dialogue national sérieux, l’Afghanistan n’a pas retrouvé la paix ; ses perspectives de développement sont quasi-nulles ; sa dépendance à l’égard de l’économie de la drogue est considérable.

 

     Par ailleurs, ajoutant au malaise de l’OTAN, Obama avait annoncé dès 2011 un « pivot »  des priorités de la défense américaine vers l’Asie. C’est alors qu’est survenue au printemps 2014 la crise ukrainienne. Le soulagement était perceptible dans les états-majors de l’Alliance, qui pouvait se présenter à nouveau comme l’ultime protection, y compris nucléaire, de l’Europe contre la Russie. Les États-Unis annonçaient un certain renforcement de leur présence militaire européenne.

 

      Parallèlement, l’OTAN développait son rôle de soutien pour les opérations antiterroristes de ses membres, renforçant par là même la militarisation d’une lutte qui devrait au contraire faire d’abord appel aux ressources de la diplomatie, du renseignement et de la police. Elle poursuivait sa politique d’élargissement, avec l’ambition d’acquérir une hégémonie stratégique sur le continent européen.

 

     Il est à craindre que, lors du prochain sommet de l’OTAN à Varsovie, toutes ces tendances soient confirmées et amplifiées: accroissement des capacités de la Force de réaction rapide, consolidation des huit nouveaux états-majors à l’Est, déploiement de trois unités multinationales aux frontières polonaises, installation d’un site de défense antimissile en Pologne, adhésion du Monténégro pour montrer que « la porte reste ouverte » à d’autres…

 

      Ce n’est certainement pas de cette façon que l’OTAN facilitera le dialogue avec la Russie, qu’elle déclare pourtant souhaiter. Il ne suffit pas d’annoncer, comme le fait le Secrétaire général de l’OTAN, une reprise des travaux du Conseil OTAN-Russie. Encore faudrait-il donner une substance à ces travaux, par exemple dans le domaine de la défense antimissile et du désarmement nucléaire.

 

      Au-delà des décisions de l’OTAN, le dialogue entre Ukrainiens, Russes et Occidentaux, dans le cadre de l’OSCE, est par ailleurs essentiel. C’est la seule voie qui permettra d’avancer vers une solution politique durable.

 

Paul Quilès

Ancien ministre de la défense,

Président de l’association IDN

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7 mai 2016 6 07 /05 /mai /2016 08:38
Crises, guerres et désordres au Moyen-Orient

      Particulièrement préoccupé par la situation du Moyen-Orient et par ses conséquences, j’interviens fréquemment sur ce thème.

 

      Je le fais par écrit ( voir sur ce blog ) ou dans des réunions organisées par le réseau ELN, auquel je participe.

 

      Je le fais aussi lors de conférences, comme celles que je donnerai :

 

       - à Fontaine le Comte (Vienne) le 12 mai

       - à Paris, devant le Club Démocraties le 18 mai

 

       L'objet de ces réunions est de répondre aux questions que l’on se pose et d’essayer de mieux comprendre:

 

 - les origines, lointaines et récentes, de l'imbroglio actuel *

- les stratégies, souvent complexes et même contradictoires des forces en présence ; 

- les conséquences des crises qui ravagent le Moyen-Orient; 

- les chances de parvenir à une situation plus apaisée.

____________________________________________________________________

* Il n’est pas interdit de sourire des choses graves. Ce document, plein d’humour, est assez approximatif…..mais tout ce qu'il dit n’est pas faux ! 

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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 15:33
Guerre et paix: qui décide?
Guerre et paix: qui décide?

Pour suivre ce débat sur la diplomatie française,

auquel j'ai participé avec Jean-Marc de la Sablière,

ancien ambassadeur  

et Vincent Jauvert,

grand reporter à l'Obs, 

cliquer ICI

(le débat commence à 1h16')

 

Ce débat, animé par Emilie Aubry,

porte sur des thèmes d'actualité

et revisite aussi certains évènements

qui ont marqué l'action internationale de la France.
Il 
fait suite au film 

"Quai d'Orsay, au coeur de la diplomatie française",

diffusé par la chaîne LCP

DIFFUSIONS SUR LCP TNT

  • Dimanche 8 mai 2016 à 20:30
  • Samedi 14 mai 2016 à 17:00
  • Dimanche 22 mai 2016 à 13:59
  • Samedi 4 juin 2016 à 17:00
  • Dimanche 12 juin 2016 à 14:00
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5 mai 2016 4 05 /05 /mai /2016 11:33
Trouver une issue à la crise syrienne

      Avec 11 autres personnalités* (anciens ministres des affaires étrangères et de la défense, anciens ambassadeurs de Russie, de  Turquie, du Royaume-Uni, de France, de  Pologne, de  Finlande, d'Ukraine)j’ai signé ce textequi met en garde contre le risque de voir la crise syrienne se transformer en un conflit interétatique.

 

LIRE

 

 

      Le texte souligne que le conflit en Syrie est devenu une guerre par procuration, avec de multiples acteurs et des objectifs différents. Il existe désormais un risque qu'un accident, un incident militaire ou une action non autorisée déclenche une confrontation militaire directe entre les Etats extérieurs concernés (Russie, Etats-Unis, Iran, Arabie Saoudite, Turquie, Royaume-Uni…..), en l'absence de canaux de communication efficaces.

 

     Trois recommandations sont faites:

 

     1. Pour éviter un conflit interétatique en Syrie.

 

     Tous les Etats concernés doivent agir avec la plus grande prudence et éviter toute action qui pourrait être interprétée comme une attaque directe contre les autres forces de l'Etat opérant dans les environs de la Syrie et à l'intérieur du pays (forces aériennes, forces spéciales, conseillers….). En cas d'incident, il doit y avoir des contacts directs entre dirigeants et entre militaires, afin d'éviter une nouvelle escalade.

 

     2. Pour lutter contre Daech et prévenir sa réapparition.

 

     Ce serait une grave erreur de diminuer la pression sur Daech, alors que tous les Etats en Europe continuent à rester exposés à la menace du terrorisme et aux activités des recruteurs terroristes. Les signataires appellent à une stratégie commune efficace, prenant en compte toutes les dimensions de l'activité de Daech. Il est notamment nécessaire de soutenir les alliés régionaux qui font reculer les territoires contrôlés par l’EI, de lutter contre son réseau terroriste dans le monde entier et de combattre son idéologie et sa propagande.

 

      3. Pour tenter de mettre fin au conflit syrien.

 

     Les signataires soutiennent les efforts visant à maintenir la cessation des hostilités, mais ils sont préoccupés par la possibilité que le cessez-le-feu échoue et que la guerre ouverte reprenne. Ils considèrent que la stabilité ne peut être atteinte que par un arrangement politique réaliste, fondé sur un nouvel accord constitutionnel en Syrie, tenant compte du maintien d'éléments importants du gouvernement actuel et de l'appareil d'Etat et organisant un partage du pouvoir viable avec l'opposition modérée. Cet accord doit préciser que les droits des minorités seront respectés et que des garanties de sécurité seront données aux combattants (sauf ceux qui sont responsables de crimes de terrorisme et de guerre).

 

     En dépit de leurs différences politiques, les signataires refusent l'approche internationale actuelle, fragmentée et souvent contradictoire. Ils expriment leur accord sur la nécessité de réinvestir dans la diplomatie multilatérale pour résoudre la crise du Moyen-Orient.

 

**************

 

* Les 12 signataires 

 

(qui font partie d'un groupe de travail d'ELN-European Leadership Network)

 

  • Adam Daniel Rotfeld,     ancien ministre des Affaires étrangères, (Pologne)
  • Igor S. Ivanov, ancien ministre des Affaires étrangères, Président du Russian International Affairs Council, membre correspondant de la Russian Academy of Sciences (Russie)
  • Des Browne, ancien secrétaire d’Etat à̀ la Défense (Royaume Uni)
  • Özdem Sanberk, directeur de International Strategic Research Organisation, ancien sous-secrétaire du Ministre des Affaires étrangères, (Turquie)
  • Malcolm Rifkind, ancien Secrétaire aux affaires étrangères et à̀ la défense (Royaume Uni)
  • Tony Brenton, ancien Ambassadeur en Russie (Royaume Uni)
  • Hikmet Cetin, ancien ministre des Affaires étrangères (Turquie)
  • Tarja Cronberg, ancienne députée du Parlement Européen et ancien Directrice du Copenhagen Peace Research Institute (Finlande)
  • Borys Tarasyuk,ancien Ministre des Affaires étrangères (Ukraine)
  • Anatoliy Adamishin, ancien ministre des Affaires étrangères et Ambassadeur au Royaume Uni, Président de l’Association of Euro-Atlantic Cooperation, et Ambassadeur Extraordinaire et Plé́nipotentiaire de la Fédération de Russie (Russie)
  • Paul Quilès, ancien Ministre de la défense (France)
  • Alexei Gromyko, directeur de l’Institute of Europe of the Russian Academy of Sciences (IE RAS) (Russie).
Trouver une issue à la crise syrienne
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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 10:54
Israël-Palestine, pour soutenir l’initiative française

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, a annoncé qu’une grande réunion internationale se tiendrait à Paris le 30 mai.

 

J’ai signé cet appel d’intellectuels et d’anciens ministres, dans lequel nous expliquons pourquoi, selon nous, cette initiative doit être soutenu.

****

      Depuis les accords d’Oslo en septembre 1993, le «processus de paix», qui devait conduire au règlement du conflit fondé sur la création d’un Etat palestinien indépendant et viable, avec Jérusalem-Est pour capitale, est mort. Reposant sur un dialogue entre Israël et les Palestiniens, sous le parrainage des Etats-Unis, ce processus est allé d’échec en échec : en 2000, à Camp David ; en 2001, à Taba ; en 2007, à Annapolis ; en 2011, avec la mission du sénateur américain George Mitchell, et, en 2014, avec la médiation du secrétaire d’Etat, John Kerry.

 

      Pendant ces vingt-trois années, l’occupation militaire israélienne s’est encore consolidée tandis que la condition des Palestiniens n’a cessé de se dégrader et leur horizon de s’assombrir. Gaza et ses deux millions d’habitants sont enfermés par un blocus qui rend leurs conditions de vie insupportables. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, le désespoir est tel que des dizaines de jeunes Palestiniens (souvent âgés de moins de 20 ans !), qui n’ont strictement aucun lien avec des organisations politiques, poignardent des Israéliens en sachant qu’ils seront exécutés sur place. Depuis octobre 2015, le bilan est terrible : 28 Israéliens et 183 Palestiniens ont été tués. Jusqu’à quand verrons-nous, impuissants ou indifférents, le sang israélien et palestinien couler ?

 

      En l’absence de toute négociation véritable, la seule chose qui avance de manière fulgurante, c’est la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Les chiffres sont sans appel : 270 000 colons israéliens en 1993, près de 700 000 aujourd’hui. Cela signifie d’incessantes et brutales expropriations de terres palestiniennes avec des colons toujours plus nombreux qui, assurés de leur impunité, s’en prennent violemment à leurs voisins palestiniens ; certains n’hésitant pas à incendier leurs maisons et même à brûler vif des familles palestiniennes, comme celle d’Ali Dawabcheh à Duma en juillet 2015.

 

      Pour les Nations unies, l’Union européenne et une bonne partie de la communauté internationale, ce processus continu de colonisation des Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de Jérusalem-Est est l’un des obstacles majeurs à la recherche d’une solution pérenne permettant la création d’un Etat palestinien.

 

      Il est, par ailleurs, illégal au regard du droit international et, plus précisément, de l’article 49 de la IVe convention de Genève du 12 août 1949. Le Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que la Cour internationale de justice se sont formellement prononcés sur ce point de principe. De surcroît, il constitue un crime de guerre au regard de la convention de Rome de 1998 portant statut de la Cour pénale internationale. La Palestine y ayant adhéré, la procureure a récemment entrepris un «examen préliminaire» pour s’assurer «qu’il y a de bonnes raisons d’ouvrir une enquête» sur cette question dont la Cour pourrait donc un jour se saisir. On le voit bien, les principes qui ont guidé les tentatives de négociations entre Israël et les Palestiniens au cours de toutes ces années - le face à face des deux parties sous le regard de Washington -ont fait la preuve de leur faillite.

 

      Pourtant, dans un Moyen-Orient en proie au chaos, il n’est peut-être pas trop tard pour tenter autre chose. C’est ce que veut faire le gouvernement français en proposant une conférence internationale avec les membres du Quartette (Nations unies, Union européenne, Etats-Unis, Russie) et quelques autres pays pour préciser les termes de référence du règlement du conflit dans la perspective de la solution à deux Etats. C’est sur ces bases que pourraient ensuite négocier Palestiniens et Israéliens avec le soutien d’un groupe de plusieurs pays émanant de la conférence et non plus d’un seul. Cette initiative est déjà critiquée et donc fragilisée par tous ceux qui préfèrent le maintien du statu quo, c’est-à-dire, la pérennisation d’une occupation militaire qui empêche tout un peuple d’être maître de son destin. Un tel immobilisme ne pourra évidemment qu’aggraver encore et encore une situation déjà insupportable avec toutes les formes de violence erratique qu’elle peut engendrer.

 

      Face à de tels risques de pourrissement, l’initiative de la France est très importante. En proposant un règlement conforme aux résolutions pertinentes des Nations unies, aux accords déjà signés, et tenant compte des points de convergence agréés par les deux parties, elle va dans la bonne direction. C’est pourquoi nous lui apportons notre soutien.

 

     SIGNATAIRES

Yves Aubin de La Messuzière, ex-diplomate

Jean-Christophe Attias, universitaire

René Backmann, journaliste

Denis Bauchard, ancien diplomate

Esther Benbassa, sénatrice et universitaire

Pierre Blanc, universitaire

Pascal Boniface, universitaire

Estelle Brack, économiste

Rony Brauman, médecin et universitaire

Jean-Paul Chagnollaud, universitaire

Charles Enderlin, journaliste

Salam Kawakibi, chercheur

Agnès Levallois, consultante

Gilbert Meynier, universitaire

Bruno Péquignot, universitaire

Jean-Pierre Perrin, journaliste

Géraud de La Pradelle, universitaire

Paul Quilès, ancien ministre

Patrick Renauld, ex-diplomate

Xavier Richet, universitaire

Giovanna Tanzarella, dirigeante associative

Hubert Védrine, ancien ministre

Dominique Vidal, journaliste

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre

Catherine Wihtol de Wenden, universitaire.

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11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 13:42
Les hypocrites !

      C’est le qualificatif qui vient à l’esprit quand on écoute les déclarations des ministres des Affaires étrangères du G7 (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Canada, Allemagne, Japon) réunis les 10 et 11 avril à Hiroshima.

 

   En effet, dans ce lieu hautement symbolique pour évoquer le désarmement nucléaire et la non-prolifération, les images de ces ministres se recueillant devant le Mémorial de la Paix ne suffisent pas.

 

      Il faut certes saluer le geste du Secrétaire d’Etat américain John Kerry, dont le pays n’a, à ce jour, jamais exprimé de regrets pour l’emploi de l’arme nucléaire au Japon mais on ne peut qu’être attristé par les déclarations officielles faites à cette occasion : dans leur communiqué commun, les ministres des Affaires étrangères affirment souhaiter vivement que « l’arme nucléaire ne soit plus jamais utilisée à nouveau », mais, dans le même temps, ils n’ont pas un mot pour regretter la nouvelle course aux armements nucléaires qui s’engage.

 

     La perspective d’un monde sans arme nucléaire est bien évoquée, mais c’est pour affirmer que de nouvelles menaces y font obstacle : le terrorisme et la politique russe en Ukraine. Or qui peut croire que l’arme nucléaire nous protège du terrorisme et favorise une solution du différend ukrainien ?

 

     Le témoignage des hibakusha, rescapés de l’holocauste nucléaire, aide à comprendre que, derrière les discours sur la dissuasion, se cache le danger d’un crime de masse aux proportions inouïes. L’une de ces victimes déclarait récemment : « Combien de temps encore allons-nous accepter que les États dotés de l'arme nucléaire fassent planer cette menace sur la Terre entière ? Il est temps d'agir et d'instituer un cadre juridique contraignant visant à les interdire, puis à les éradiquer entièrement. »

 

    Les opinions publiques, notamment en France, doivent faire comprendre à leurs dirigeants qu’il faut répondre par des moyens militaires adaptés et efficaces aux risques et menaces du monde contemporain et cesser de faire de la dissuasion nucléaire l’alpha et l’omega de notre politique de sécurité et de défense !

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 08:05
Blason de la fameuse "ligne Maginot"....qui n'a jamais servi!

Blason de la fameuse "ligne Maginot"....qui n'a jamais servi!

Tribune publiée le 8 avril 2016 sur le site de La Croix     

 

      La montée des tensions internationales et du terrorisme amène nos concitoyens à être particulièrement attentifs aux questions de sécurité. Dans ce contexte, il est regrettable qu’un récent documentaire leur donne le sentiment qu’une arme magique les protège contre tout péril. 

 

        Le film (1) sur la dissuasion nucléaire récemment diffusé sur France 5 a en effet de quoi surprendre, voire indigner ceux, dont nous sommes, qui considèrent que ce sujet mérite mieux qu’un document de propagande sans nuance, bourré de contre-vérités et d’affirmations inquiétantes. Qu’on en juge !

 

    Sous couvert d’une présentation de l’arsenal nucléaire, il est affirmé (2) que cette force a été le « vecteur principal de la paix » au 20ème siècle. Cette allégation est non seulement invérifiable, mais elle écarte d’un revers de main le rôle reconnu d’organisations internationales (ONU, Union Européenne, OSCE), le travail des diplomates ou encore l’interdépendance (économique et culturelle),  facteur essentiel de la stabilité et de la sécurité.

 

      Tout en rappelant que la France ne pratique plus une politique anti cité visant à tuer 50 millions de personnes, on nous dit (3) que nos armes nucléaires peuvent frapper précisément les centres de pouvoir, comme « une usine » ! Passons sur le caractère absurde de la destruction d’une usine avec une telle puissance de feu et rappelons quand même que les centres de pouvoir politique, économique (voire militaire) sont situés dans des villes. Les  civils ne seraient donc pas épargnés ! Faire croire que les armes nucléaires seraient - presque - des armes comme les autres ne peut donc qu’inciter à terme à leur utilisation.

 

      Puis deux généraux nous expliquent, avec une ironie douteuse, que l’arme nucléaire pourrait être utilisée pour donner un ultime avertissement sous forme d’une impulsion électromagnétique (IEM) au-dessus d’un territoire ou d’une frappe  « sur une cible symbolique » ou encore d’un tir au-dessus d’un lieu désertique, « ne tuant que quelques chameaux » (sic !). Il s’agirait, nous disent-ils, de « rétablir la dissuasion », face à un adversaire qui ne prendrait pas la France au sérieux.

 

      Comment peut-on se contredire à ce point ? Si une arme nucléaire était utilisée, cela voudrait dire que la politique de dissuasion a échoué et on ne voit pas comment il serait possible de rétablir cette politique, une fois que l’on aurait signé son échec ! Par ailleurs, sous-entendre qu’une IEM créera peu de dommage est une absurdité, car non seulement c’est faux (blocage intégral de tous les systèmes électriques et électroniques), mais en plus, si c’était vrai, en quoi cela impressionnerait-il l’adversaire ? Enfin, quel que soit cet adversaire, croire que celui-ci resterait sans réaction, revient à jouer la sécurité du pays sur un coup de poker et à conduire la France à entrer dans un scénario de frappe nucléaire massive.

 

      Que dire aussi de cette suggestion d’une des plus hautes autorités militaires (4) de notre pays, qui propose de réfléchir à l’utilisation de l’arme nucléaire contre Daesh ? Il s’agit d’une étape importante dans l'évolution de la pensée stratégique française, selon laquelle, jusqu’ici, l’arme nucléaire vise des Etats et pas des groupes terroristes. Les propos de Jacques Chirac (2006, île Longue) étaient pourtant clairs : « la dissuasion nucléaire n'est pas destinée à dissuader des terroristes fanatiques ». Même si Daesh se définit comme un Etat islamique, il n’en a pas la qualification au sens, reconnu par le droit international, de la Convention de Montevideo. Faut-il aussi rappeler que sur ces territoires résident des populations civiles, qui subissent le joug de ces terroristes ?

 

      Enfin, on ne peut que s’interroger sur cette « révélation » des réalisateurs du documentaire, qui nous apprennent qu’en cas de guerre et d’empêchement du Président de la République (celui-ci étant mort, kidnappé ou en incapacité), un individu désigné au préalablement secrètement, disposerait de la capacité de donner l’ordre de tir nucléaire !

 

      Cette affirmation ne peut que surprendre les anciens ministres, les parlementaires, les diplomates…..et les Français. En effet, jusqu'à présent, la doctrine française a toujours été de dire que seul le Président, élu par le peuple, dispose de ce pouvoir suprême. Elle trouve son fondement dans des textes juridiques et des sources non juridiques, telles que les Livres Blancs de la défense. La procédure secrète mentionnée dans ce documentaire bafouerait donc notre Constitution, puisque les règles prévues de dévolution de ce pouvoir (au profit du Président du Sénat, puis du gouvernement dans son ensemble) en cas d’absence du Président seraient détournées au profit d’un inconnu, sans doute un militaire…

 

      Ce film a été diffusé à une heure de grande écoute sur une chaîne de la télévision publique. Il a été réalisé avec l’aide des autorités politiques et militaires de notre pays, qui font une nouvelle fois la preuve de leur volonté de promouvoir cette illusoire « ligne Maginot » nucléaire, sans nuance et sans débat, pas plus efficace que son ancêtre du siècle dernier.

 

 

Paul Quilès, Bernard Norlain, Jean-Marie Collin

Président et Vice-Présidents d’IDN

(Initiatives pour le Désarmement Nucléaire)

 

____________________________________________________________

 1- "La France, le Président et la bombe", film réalisé par B. Tertrais, J. Guisnel, S. Gabet et diffusé sur France 5 le 22 mars 2016   

 2- Général Bentégeat

 3- Amiral Guillaud

 4- Général Pierre de Villiers, chef d'état-major des armées  "Nous avons à réfléchir à cette évolution du terrorisme international qui se transformerait en Etat. Cette réflexion doit être corrélée au concept de la dissuasion nucléaire"

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2 avril 2016 6 02 /04 /avril /2016 14:54
Terribles exactions au Congo

      Les médias ont peu parlé des terribles exactions commises dans le Nord Kivu, en République démocratique du  Congo (à part un article publié dans La Croix du 22 mars 2016)

 

   Un ami vient de m’adresser ce texte rédigé par deux Pères Assomptionnistes (G. Mulimu et J.F. Petit). Il décrit bien l’horreur de ce qui se passe là-bas et qui ne peut nous laisser indifférents, même si notre attention est principalement focalisée sur les attentats terroristes en Europe et sur les guerres au Moyen-Orient.

 

     C’est très volontiers que je le publie, en espérant qu’il réveillera les consciences endormies....

 

***************

     « Après l’enlèvement de trois prêtres assomptionnistes (Jean-Pierre NDULANI, Anselme WASUKUNDI, Edmond KISUGHU) à Mbau au nord de la province du Nord-Kivu le 19 octobre 2012, dont on n’a aucune  nouvelle jusqu’à aujourd’hui, le dimanche 20 mars 2016 à 23 heures, une dizaine de soldats en uniformes des Forces Armées de la R. D. Congo, lourdement armés, ont fait irruption dans la maison et ont assassiné le Père Vincent MACHOZI.

 

     Il faut ici en donner les raisons.

 

      Ce qui se passe au Nord-Kivu

 

     Depuis le génocide rwandais de 1994, la province du Kivu, au Nord-Est de la RDC, est en sang. L’armée de l’ancien régime rwandais, celle des génocidaires, s’est déversée au Kivu avec tout son arsenal d’armement militaire, dissimulée dans les colonnes des réfugiés que les Kivutiens accueillaient généreusement. Cette armée est répartie en plusieurs maquis dans la forêt congolaise. Elle continue à tuer, à piller, à violer… La région est en effet très riche et convoitée pour ses minerais précieux. Il est difficile de ne pas penser que cette armée agit sous la protection directe ou indirecte du pouvoir en place dans le pays,  des pays voisins, notamment au bénéfice de multinationales anglo-américaines.

 

     Les présidences rwandaise et ougandaise, avec l’aide des gouvernants congolais, fabriquent ainsi de fausses rebellions et des milices satellites autour des maquis de cette ex-armée rwandaise (FDLR). Leur objectif véritable en est de chasser les populations congolaises de leurs terres par la violence afin de pouvoir y exploiter les minerais. Ils utilisent :

 

1-des assassinats : éliminer l’élite intellectuelle et toutes les formes de défense des droits de l’Homme ;

 

2- des enlèvements : des hommes, des femmes, des enfants, sont kidnappés et enrôlés dans les milices, où ils sont intoxiqués, drogués, pour des travaux forcés dans les mines, pour l’esclavage sexuel ;

 

3- un climat de terreur permanente, en vue de déplacement forcé des populations : plus d’un million de familles vivent dans des camps de fortune dans des conditions inhumaines ;

 

4- des viols massifs utilisés comme arme de guerre sur des femmes et des mineurs ;

 

5- l’incendie systématique des villages.

 

     Pour entretenir durablement ce chaos, leurs stratèges ont commencé par remporter la bataille de l’information en dissimulant, non seulement les vrais enjeux de ces  guerres, mais aussi et surtout les personnalités et les multinationales qui se procurent, par ce chaos, des profits faramineux.

 

   Ces massacres comportent aujourd’hui clairement une dimension génocidaire. Les populations congolaises tuées, violées et terrorisées fuient et abandonnent leurs terres, en général des terres très fertiles ou riches en gisement miniers. Elles peuvent alors être réoccupées par des populations en provenance du Rwanda et de l’Ouganda.

 

     La résistance des populations autochtones

 

     Les auteurs de ces violences sont toutefois confrontés à un obstacle : les populations autochtones de l’Est du Congo, en particulier les Nande, qui sont majoritaires dans la région et qui résistent à cette stratégie.

 

     C’est pourquoi, depuis 2010, se sont multipliés des enlèvements dans la population Nande : entre 2010 et 2013, plus de 800 personnes, dont 3 Assomptionnistes, ont été kidnappées. A partir d’octobre 2014,  la stratégie semble avoir changé : les gens sont tués sur place dans leurs maisons ou dans leurs champs, de manière à traumatiser les rescapés et ceux qui feront le constat. Ainsi, le 7 janvier dernier, à la cité de Miriki au Sud de Butembo, 18 personnes ont été sauvagement égorgées, à quelques 200 mètres du camp militaire des Forces Armées de R.D. Congo et à 500 m du camp des casques bleus de l’ONU (MONUSCO).

 

     Dans ces conditions, on peut  mieux comprendre l’assassinat du Père Vincent Machozi la nuit de dimanche des Rameaux. Il était devenu l’une des bêtes noires aussi bien pour Kigali et Kampala que pour Kinshasa, car il dénonçait publiquement ces exactions. Il avait entrepris de répertorier méticuleusement les atrocités commises dans la région en dénonçant les complicités. Il se savait menacé. "Priez pour moi parce que je vais être assassiné" avait-il dit récemment au P. Emmanuel Kahindo, vicaire général des Assomptionnistes. Il avait déjà échappé à plusieurs tentatives d'élimination.  Le site benilubéro.com  qu’il dirigeait met en lumière bon nombre de ces exactions.

 

     Par ailleurs, le Père Vincent Machozi était président d'une association culturelle qui œuvre pour le dialogue et la paix.

 

     Les congrégations de l'Assomption ont lancé un appel pour que soit menée une enquête internationale indépendante. N’hésitez pas à le signer : ICI  »

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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 09:59
Les marchands d'illusions

      Les attentats terroristes qui frappent les pays occidentaux depuis quelque temps suscitent naturellement une forte émotion dans les opinions publiques. S’ajoutent à cette tristesse des inquiétudes légitimes sur l’étendue et la nature des menaces auxquelles risquent d’être confrontées les populations civiles.


     Profitant de ce climat de tension, entretenu par une médiatisation sans retenue, certains responsables politiques (surtout à l’extrême droite et à droite) et des commentateurs prétendument compétents assènent des analyses et des propositions visant à convaincre qu’il existe des solutions simples pour lutter contre le terrorisme.    

 

     La réponse au problème posé à notre société par le développement d’actions terroristes sur notre territoire voulu par Daesh serait donc simple !

 

     Pour ces marchands d’illusions, quoi de plus évident en effet, pour répondre au problème, que de stopper tout accueil de réfugiés en Europe ?

 

     Quoi de plus évident, pour répondre au problème, que de renforcer massivement le dispositif policier et de prendre des mesures pénales extrêmes (rétablissement de la peine de mort, prison à perpétuité…)

 

     Quoi de plus évident, pour répondre au problème, que de s’interroger sur la pertinence de l’arme nucléaire pour écraser l’Etat islamique ? Oui, vous avez bien lu : l’arme nucléaire, la bombe atomique ! Pour vous en convaincre, je vous suggère de lire ce court article d’un journaliste « expert » des questions de défense, qui pose innocemment  la question: "Contre l'Etat islamique, la dissuasion nucléaire?"

 

     Tous ces promoteurs d’idées (trop) simples, qui se dispensent d’analyses sérieuses et qui n’hésitent pas à tomber dans la caricature et la démagogie, sont dangereux. Le climat politique actuel favorise malheureusement cette compétition à base d’idées simples et "choc", de "bons mots"de petites formules, destinées à marquer l’opinion dans la perspective de la course en deux phases qui s'annonce (primaires, présidentielle).

 

     Face au terrorisme djihadiste de Daesh, il n’y a pas –je le répète depuis des années- de réponse simple ou magique. Faire croire le contraire est irresponsable et relève de la démagogie.

 

 

Relire et écouter à ce sujet

 

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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez