Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 19:25
Après le grave incident russo-turc

     La destruction d’un bombardier russe par l’aviation turque vient confirmer la dangerosité des relations entre l’OTAN et la Russie. 

     Le risque de voir se développer des incidents de cette gravité avait amené ELN à organiser une réflexion, qui s’est traduite le 26 août 2015 par une déclaration que j'ai signée avec 13 anciens responsables de pays européens.

   L’analyse et les recommandations de ce texte apparaissent aujourd’hui plus pertinentes que jamais. Il y a urgence, comme le dit un article du quotidien britannique The Times à ce que “la Russie et l’OTAN apprennent à combattre ensemble l’EI et non pas à se combattre”. (lire l'article)

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 10:14
Les ressources de l'Etat islamique

 "Quelles ressources faut-il cibler

 

pour couper les vivres à l'Etat islamique ?"

 

Cette analyse, que vient de publier francetvinfo,

 

 est un excellent complément à mon texte du 20 novembre

 

 "Le pétrole, argent du terrorisme"

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 11:58
Le pétrole, argent du terrorisme

      Au cours de mon interview sur Sud Radio ce matin, j'ai donné quelques indications sur ce que les ministres européens de l'Intérieur et de Justice devraient proposer aujourd'hui lors de leur réunion à Bruxelles pour combattre le terrorisme.. 

 

Ecouter l'interview


      Au-delà des mots, des promesses qui tardent à se concrétiser, il devient très urgent d'agir au niveau européen dans 4 domaines où l'action d'un pays seul est insuffisante:

- le contrôle des passagers dans les aéroports (PNR);

- la lutte contre le trafic et la fabrication illicite d'armes à feu;

- le renforcement des contrôles aux frontières de l'espace Schengen;

- l'accentuation de la lutte contre le financement du terrorisme.

 

     A propos de ce qu'on nomme "le nerf de la guerre" (l'argent!), il est incompréhensible qu'une des plus importantes sources de financement des terroristes, la vente de pétrole et de produits pétroliers à partir des installations dont l'EI s'est emparé en Irak et en Syrie (de l’ordre de 30 à 50% de ses moyens financiers, selon différentes sources) fasse l’objet d’informations et de commentaires aussi confus.

 

       Il faut ssavoir que la recette que Daesh tire du trafic pétrolier organisé à partir de ces puits de pétrole et ces installations de raffinage  est estimée à environ deux millions de dollars par jour. Cela correspond à une quantité d'hydrocarbures (pétrole brut, produits finis) de l'ordre de 8 000 tonnes ! 

 

  • Comment se fait-il alors qu’il n’y ait pas plus d’interrogations concernant le transport quotidien de ces énormes quantités de produits ?
  •  Quels en sont les destinataires, finaux et intermédiaires ?
  •  Quel jeu joue la Turquie ?
  • Comment empêcher que ces produits soient distribués en Syrie et en Irak ?
  • Est-il vrai que certains pays européens bénéficient de ce trafic ?
  • Le terminal pétrolier de Ceyhan en Turquie est-il utilisé pour écouler le flux ?
  • Pourquoi la coalition internationale constituée autour des Américains a tant tardé à cibler les installations pétrolières contrôlées par l'EI ? 

 

   Une enquête officielle (menée par l'Union Européenne ou l'ONU) aiderait à voir clair dans tous ces questionnements. Cela serait certainement très utile pour apporter des réponses permettant d'agir efficacement contre Daech.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 17:04
Contre Daesh, quelle guerre?

      Dans l’avion pour Paris puis pour Londres, où je vais participer à une réunion de personnalités européennes et américaines autour du thème « la sécurité internationale » (terrible coïncidence !), je lis la presse du jour.

 

      Je suis impressionné et même bouleversé par les témoignages poignants de celles et ceux qui ont vécu le cauchemar des attaques barbares perpétrées par les tueurs de Daesh à Paris. Je suis admiratif devant le dévouement des secours et le sang-froid dont les témoins du carnage ont fait preuve.

 

      Je constate qu’une véritable chaîne de solidarité s’est mise en place en France et dans de nombreux pays et j’espère qu’elle durera au-delà de la forte émotion du moment.

 

      Je lis aussi les commentaires, les analyses, les propositions, les débuts de polémique (déjà !) et je me demande : sera-t-il possible que ceux qui parlent beaucoup évitent la surenchère verbale et surtout évitent de jouer avec les mots ? Utiliser les « mots de la guerre » ne doit pas se transformer en une inutile « guerre des mots ».

 

      Nous savons ce qu’est la guerre : un affrontement, généralement violent, entre deux Etats, 2 nations, 2 armées, avec des objectifs clairs de part et d’autre. Il peut s’agir de conquérir le territoire de l’autre et de l’annexer, ou de s’emparer de ses biens, ou de le vaincre militairement pour ensuite négocier une paix et lui imposer ses conditions. Une fois l’objectif fixé, il faut dégager les moyens nécessaires pour mener cette guerre (seuls ? avec des alliés ? lesquels ? sur quel territoire ?) et se fixer un calendrier (guerre éclair ? guerre longue ?)

 

     Comment passer sous silence également que, dans une guerre, il y a toujours des morts de civils (et pas seulement de militaires) des 2 côtés ?

 

     Daesh prétend être un Etat (EI), mais il n’en a pas les attributs, même s’il occupe un territoire qu’il a envahi, profitant de la grave faute des Américains, qui ont détruit toute gouvernance en Irak après la guerre qu’ils ont déclenchée, même s’il dispose de quelques moyens financiers et de troupes composées d’éléments disparates et fanatisés.

 

     J’entendais ce matin quelqu’un dire que Daesh est en fait une  « entreprise » et pas un Etat. Cela me semble bien décrire cette organisation, qui cherche à développer son implantation, ses filiales, son chiffre d’affaires et qui a défini à cet effet une stratégie cohérente.

 

     La réussite du combat contre « l’entreprise Daesh » dépendra de façon prioritaire de la capacité à s’organiser et à agir des pays qui ont intérêt à sa destruction, parce qu’ils sont directement touchés par ses actes criminels. Il s’agit bien de destruction, puisqu’il est évident qu’ici, contrairement à ce qui se passe lors d’une guerre, il n’y aura pas de négociation de paix.

 

      A cet égard, je trouve que la 2ème réunion de Vienne qui s’est tenue hier est un premier pas dans la bonne direction, mais encore très insuffisant. Même si l’on a avancé sur le principe d’un cessez le feu entre les forces du régime et l’opposition démocratique, ainsi que sur le calendrier politique concernant la tenue d’élections en Syrie dans les 18 mois, il demeure toujours des divergences sur la façon de mener le combat contre Daesh.

 

      Et pourtant, il devient urgent d’agir ! Après les 2 réunions de Genève (juin 2012 et janvier-février 2014) et les 2 récentes rencontres de Vienne, il serait temps, comme je ne cesse de le répéter*, de sortir des tergiversations, des contradictions, des ambiguïtés dans les discours et les actes, si l’on veut vraiment trouver une issue au conflit syrien.

 

      * Extrait de "Syrie: tournant politique ou volte face?"

" La réunion de Vienne représente plus qu’une évolution pour la plupart des acteurs. C’est une véritable volte-face pour ceux qui faisaient du départ immédiat d’Assad un préalable à toute discussion, pour ceux qui "jouaient" avec les différentes composantes islamistes, pour ceux qui avaient comme objectif principal de régler le sort de leurs minorités, pour ceux qui ne souhaitaient pas trop s’engager dans l’affrontement militaire contre l’EI, pour ceux qui ne croyaient pas à une issue politico-militaire."

Pour mémoire, voici une intervention sur le terrorisme islamist

 

que j'ai faite en février 2014. 

 

C'était il y a 20 mois!

 

Regarder l'enregistrement vidéo

 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 23:55
Il y a 20 ans, l'assassinat d'un homme de paix

      Le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin était assassiné par un fanatique juif. C'est l'homme de paix qui était visé, celui qui avait signé en 1993 les accords d'Oslo avec Yasser Arafat et qui avait reçu, à la suite de cette signature, le prix Nobel de la paix, conjointement avec celui-ci et Shimon Peres

      20 ans plus tard, alors que le climat entre Israëliens et Palestiniens s'est considérablement détérioré et que les espoirs de paix semblent bien minces, j'ai trouvé utile la lecture de ces 2 articles publiés ce matin dans La Dépêche du midi:

 

       Les bougies se sont éteintes (par Jean-Claude Soulery)

 

    20 ans après l'assassinat de Rabin, ce qu'il reste des espoirs de paix  (par Damièle Kriegel)

 

 

 

 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
1 novembre 2015 7 01 /11 /novembre /2015 12:02
Syrie : tournant politique ou volte face?

     Lors d’une récente réunion que j’animais à propos des évènements de Syrie, j’ai cité la fameuse phrase d’un orateur tentant d’expliquer la situation au Moyen-Orient et concluant : "Si vous avez compris, c’est que j’ai dû mal m’exprimer ! "

 

      Il est vrai qu’en essayant d’y voir clair dans les intentions, les discours, les actes, les intérêts, les alliances des parties en présence, on peut rapidement s’y perdre, d’autant plus que, dans ce conflit, contrairement à certaines évidences, les ennemis de vos ennemis ne sont pas nécessairement vos amis !

 

       L’objectif principal – l’éradication de l’EI- est trop souvent perdu de vue. Les modes d’intervention militaire sont confus : bombarder quoi ? intervenir au sol ? avec qui ? Quelle attitude adopter à l’égard du régime d’Assad pour permettre une transition politique crédible en Syrie ?

 

      Il est temps pour les pays qui veulent vraiment trouver une issue au conflit syrien de sortir des postures qui les ont conduits à tant de tergiversations, de contradictions, d’ambiguïtés dans les discours et les actes.

 

      Après les tentatives infructueuses des deux conférences de Genève (juin 2012 et janvier-février 2014), ce qui vient de se passer à Vienne, où 17 pays (dont l’Iran, ignoré jusqu’ici)  se sont retrouvés a été décrit comme un "tournant politique".

 

   Souhaitons-le et espérons que les participants de cette rencontre continueront à manifester leur volonté d’aboutir. Il faut dire que la réunion de Vienne représente plus qu’une évolution pour la plupart des acteurs. C’est une véritable volte-face pour ceux qui faisaient du départ immédiat d’Assad un préalable à toute discussion, pour ceux qui "jouaient" avec les différentes composantes islamistes, pour ceux qui avaient comme objectif principal de régler le sort de leurs minorités, pour ceux qui ne souhaitaient pas trop s’engager dans l’affrontement militaire contre l’EI, pour ceux qui ne croyaient pas à une issue politico-militaire.

 

      Certes, on est encore loin d’avoir finalisé le plan qui permettra à la fois d’éradiquer l’EI, de mettre fin à ses terribles exactions, et de sortir la Syrie du chaos, mais la direction est la bonne. L’exemple de la négociation sur le nucléaire iranien a montré qu’il y a d’autres voies que l’utilisation exclusive de la force militaire pour réduirer, puis mettre fin à de graves tensions internationales.

 

*******************

    Pour essayer de mieux comprendre la complexité des forces en présence, je vous conseille de regarder cette excellente vidéo

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 09:21
Syrie : il est urgent de sortir des ambiguïtésSyrie : il est urgent de sortir des ambiguïtés

J'ai publié cette tribune dans l'Humanité du 1er octobre 2015

 

      « On ne sort de l’ambigüité qu’à ses dépens », disait le cardinal de Retz. C’est cette inquiétude qui a dû tarauder les principaux acteurs du drame syrien, y compris la France. Chacun pensait que c’était la meilleure façon de défendre ses intérêts nationaux. Les multiples contradictions, hésitations et revirements auxquels cela a conduit ont contribué à aggraver le bilan terrifiant d’une guerre civile de 4 ans et demi : 240 000 morts, dont plus de 10 000 enfants, 8 millions de déplacés à l’intérieur de la Syrie, 4 millions vers le Liban, la Jordanie et la Turquie, des centaines de milliers vers l’Europe.

 

      Il aura fallu que ce drame touche directement les pays occidentaux sur leur sol (terrorisme, afflux brutal de réfugiés), pour que les ambiguïtés commencent à être levées et que l’on se pose les questions qui auraient dû être depuis longtemps au cœur des négociations internationales. Quel est l’ennemi principal ? Avec qui veut-on le combattre ? Avec quels moyens ? Quelle est l’urgence des actions à mener pour réduire l’ennemi ?

 

      La réponse à ces questions suppose naturellement que l’on prenne acte de l’incroyable complexité de la situation et de la faiblesse des forces démocratiques syriennes. Aujourd’hui, il est clair que les résultats des bombardements aériens réalisés par la coalition autour des Etats-Unis pour combattre l’EI sont peu probants. De plus, aucune stratégie politique de stabilisation de la région n’a été définie pour donner un sens à ces actions purement militaires.

 

      La lutte contre l’EI prendra du temps et il serait naïf de croire que des frappes aériennes et une action au sol en Syrie sous l’égide de pays occidentaux permettraient d’en venir à bout. La seule solution pour conjurer ces périls est de nature politico-militaire. Elle suppose une négociation entre les pays qui ont intérêt, à des titres divers, à mettre un terme à l’emprise et au développement de l’EI.

 

     Les évolutions de plusieurs de ces pays (Russie, Iran, Arabie Saoudite notamment) sur la scène internationale indiquent qu’une telle solution est vraisemblable. L’option d’une vaste coopération militaire entre les pays occidentaux, la Russie et les puissances de la région (Arabie saoudite et Iran en particulier) peut donc être envisagée, pour autant que le récent déploiement russe ait pour seule mission de combattre l’EI et pas de sauver le régime syrien

 

      Mais cette coopération n’offrirait une perspective de sortie de conflit qu’à condition d’être accompagnée par un plan politique visant à la constitution en Syrie d’un gouvernement de transition disposant des pleins pouvoirs exécutifs et rassemblant toutes les forces politico-militaires, à l’exception de l’EI et des fractions radicales des combattants islamistes. Assad ne devrait plus jouer, dans un premier temps, qu’un rôle marginal et symbolique dans la perspective de son éloignement définitif du pouvoir.

 

       Seule une implication sérieuse de la communauté internationale donnerait des chances de succès à un tel plan, auquel la France devrait prendre toute sa part. Il devrait faire l’objet d’une résolution de l’ONU, préparée par un groupe de contact constitué sur le modèle qui a permis le règlement de la crise iranienne[1]. Si un règlement politique est obtenu, le déploiement d’une force de stabilisation peut être envisagé sous mandat des Nations Unies.

 

      Les bases d’un tel plan ont été posées lors des conférences de Genève de juin 2012 et janvier 2014. Trop de temps a été perdu depuis ! Il est urgent de sortir de l’ambiguïté et d’agir pour traiter à la source les causes des drames qui ensanglantent les pays du Moyen-Orient et qui commencent à affecter dangereusement les pays européens.

 

[1] Membres permanents du Conseil de sécurité, Union européenne, Allemagne, auxquels pourraient être associés les puissances régionales dont l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Egypte.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 18:43
Vite, vite, des décisions courageuses et efficaces !

      Des avions français viennent de frapper un camp d’entraînement de l’EI en Syrie. Le Président de la République invoque la "légitime défense" pour justifier cette opération, qui contredit la position défendue par la France jusqu’ici. L’utilisation de cet argument, qui s'appuie sur l’article 51 de la Charte de de l’ONU, nécessitera une application complète des dispositions qu’il prévoit et notamment la mise en œuvre d’un plan approuvé par le Conseil de sécurité. J’y reviendrai.

 

      Article 51

Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l'objet d'une agression armée, jusqu'à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Les mesures prises par des Membres dans l'exercice de ce droit de légitime défense sont immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité et n'affectent en rien le pouvoir et le devoir qu'a le Conseil, en vertu de la présente Charte, d'agir à tout moment de la manière qu'il juge nécessaire pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales.

 

      Souvenons-nous de la situation en Syrie il y a 6 mois. Dans une tribune publiée le 2 mars par le Figaro et intitulée « Syrie: il est urgent d’agir pour éteindre l’incendie », après avoir analysé les forces en présence et proposé des "initiatives diplomatiques courageuses", je concluais par une mise en garde :

     

 « Aujourd’hui, notre adversaire principal, notre ennemi, c'est l’organisation de l’Etat islamique. Elle semble subir des revers. (…) Mais si nous laissions la Syrie dériver vers le chaos, nous pourrions lui rendre involontairement de nouvelles forces, au détriment de notre sécurité. » 

 

      Or, que constate-t-on depuis ? Beaucoup de proclamations, d’hésitations, de contradictions, de tergiversations, de revirements et, de façon concrète, une action militaire de bombardements aériens engagée par une coalition militaire autour des Etats-Unis.

 

      Le résultat se lit à travers la litanie effrayante des chiffres qui traduisent le martyre du peuple syrien et qui montrent l’augmentation du nombre de victimes, du nombre de populations déplacées à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie, ainsi que la progression très nette de l’implantation de l’EI sur le territoire de la Syrie et de l’Irak.

 

      Pour bien prendre conscience de cette réalité, rien de mieux qu’une carte. Ce remarquable schéma interactif CLIQUEZ ICI. vous montrera que les bombardements (plus de 90% sont américains ; la France a procédé de son côté à 215 frappes en Irak), même s’ils infligent de lourdes pertes à l’EI, ne l’empêchent pas d’élargir son l’implantation.

 

      Par ailleurs, le fiasco du programme de 500 millions de dollars lancé par les Etats-Unis au début de l'année, pour former et équiper environ 5 000 rebelles par an pendant trois ans, est préoccupant. Il s’agissait de les préparer et de les équiper pour aller se battre en Syrie contre l’EI. Mais il n'a pour l'instant permis que de former deux groupes de 54 et 70 combattants, selon les chiffres du Pentagone. Devant le Sénat, le général Lloyd J. Austin a admis le 16 septembre que seuls "quatre ou cinq rebelles syriens combattaient de manière effective sur le terrain". De plus, le Pentagone avait affirmé que "toutes les armes et tous les équipements" remis à ces rebelles étaient sous leur contrôle… ce qui n’est plus tout à fait crédible.

 

     Espérons que les contacts prévus à partir de demain à l’ONU permettront de s’engager dans une voie plus sérieuse de définition d’un plan politico-militaire. Cela suppose une négociation entre les pays qui ont intérêt, à des titres divers, à mettre un terme à l’emprise et au développement de l’EI.

 

    Les évolutions de plusieurs pays (Russie, Iran, Arabie Saoudite notamment) indiquent qu’une telle solution est vraisemblable. L’option d’une vaste coopération militaire entre les pays occidentaux, la Russie et les puissances de la région peut donc être envisagée, pour autant que le récent déploiement russe ait pour seule mission de combattre l’EI et pas de sauver le régime syrien

 

      Cette coopération ne permettra d’envisager une sortie de conflit qu’à condition d’être accompagnée par un plan politique visant à la constitution en Syrie d’un gouvernement de transition disposant des pleins pouvoirs exécutifs et rassemblant toutes les forces politico-militaires, à l’exception de l’EI et des fractions radicales des combattants islamistes. Quant à Bachar el Assad, il ne devrait plus jouer, dans un premier temps, qu’un rôle marginal et symbolique, dans la perspective de son éloignement définitif du pouvoir.

 

      Cette hypothèse n’est pas nouvelle, puisque la conférence de Genève de juin 2012 parlait déjà de constituer en Syrie un « gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs » et que, dans une tribune publiée le 27 février 2015, Laurent Fabius et Philip Hammond (ministre britannique des affaires étrangères) ont admis que cet organe gouvernemental devrait comprendre "certaines structures du régime existant".

 

      Si l’on veut enfin traiter les causes des drames qui ensanglantent les pays du Moyen-Orient et qui commencent à affecter dangereusement les pays européens, il devient urgent de prendre vite des décisions courageuses et efficaces !

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 19:46
La nécessité d’une réaction ferme

      Demain, un jeune Saoudien de 21 ans, Ali Mohammed Al-Nimr devrait être "décapité, puis son corps attaché à une croix et laissé jusqu'à pourrissement"

 

      C’est ainsi que, dans ce pays aux mœurs médiévales, on traite un jeune, mis en prison alors qu'il n'avait que 17 ans, torturé et victime d’une mascarade de procès, parce qu’il a participé à une manifestation contre le régime et surtout parce qu’il est chiite et neveu d’un des opposants au régime.

 

      Ce triste épisode n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres de la conduite de l’Arabie Saoudite en matière de liberté religieuse et de droits de l’Homme et de la Femme. Fin août 2015, le nombre d’exécutions, le plus souvent barbares, se monte à 130 dans ce pays, c’est-à-dire plus que celles dont se rendent coupables les groupes terroristes.

 

      Il est insupportable que l’on apprenne dans le même temps que l'Arabie saoudite va diriger une instance stratégique du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Nommé discrètement en juin, Faisal bin Hassan Trad, ambassadeur de l’Arabie saoudite à l'Office des Nations unies à Genève, vient en effet de prendre la tête du panel du Conseil des droits de l'Homme. Oui, vous avez bien lu : "des droits de l’Homme" !!

 

      La diplomatie française a protesté, trop mollement selon moi, contre l’exécution du jeune Ali Mohammed. Je souhaite –et beaucoup de Français avec moi, très certainement- que les dirigeants du pays qui se présente comme "la patrie des Droits de l’Homme" interviennent avec plus de vigueur.

 

      Une déclaration ne suffira naturellement pas à changer rapidement les mœurs rétrogrades du régime saoudien, mais, puisqu’il paraît que nous avons des relations "amicales" avec ce client friand de nos avions militaires, ce serait bien de lui parler amicalement…..mais fermement !

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article
15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 22:15
Traiter enfin les causes du désordre !Traiter enfin les causes du désordre !

       "Pendant combien de temps encore va-t-on tourner en rond?" C'est ce que je me disais ce matin en écoutant la radio. On y commentait abondamment l’annonce imminente de frappes françaises en Syrie et l’on affirmait doctement qu’il faudrait quand même s’intéresser aux causes du flux de réfugiés qui trouble tant l’Europe en ce moment.

 

      Que de temps perdu ! Que de tergiversations ! J’ose à peine rappeler ce que je ne cesse, avec d’autres, de répéter depuis des mois. Je n’ai rien à retirer à ce que j’écrivais le 2 mars dernier dans une tribune au titre très parlant -« Syrie: il est urgent d’agir pour éteindre l’incendie »et dans laquelle je m’inquiétais d’une passivité coupable susceptible de créer une situation dramatique, dont une des conséquences serait des mouvements de réfugiés de grande ampleur.

 

      Cette situation, nous y sommes….malheureusement. On n’en sortira pas avec des positionnements politiciens, des surenchères verbales et des approximations peu glorieuses. Le plus urgent est d’analyser lucidement les choses, en commençant par comprendre quelles sont les forces en présence et leurs objectifs (écouter ICI).

 

      Le sujet est complexe, parce que la plupart des intervenants ont eu (ou ont encore) des positions ambigües, voire contradictoires : la Turquie, les pétromonarchies du Golfe, l’Iran, la Russie, les Etats-Unis et même la France.

 

       Il est encore plus complexe si l’on veut bien se souvenir  des évènements qui ont contribué à la profondeur des drames que vivent actuellement les populations du Moyen- Orient. Sans remonter aux erreurs qu’ont commises les puissances occidentales à la suite de la seconde guerre mondiale (traité de Sèvres, puis de Lausanne), il suffit de citer quelques dates :

      - 1979 : invasion de l’Afghanistan par l’Armée Rouge, qui sera combattue par les Moudjahidines afghans et les Islamistes (Ben Laden), soutenus et financés par l’Arabie Saoudite, le Pakistan et les Etats-Unis.

     - 1983 : le Hezbollah, soutenu par l’Iran et la Syrie, chasse les forces américaines et françaises du Liban.

      -1989-89 : départ des forces soviétiques d’Afghanistan, qui prélude à la prise de pouvoir des talibans et au développement d’Al Qaïda.
      - 1990 : 1ère guerre du Golfe, suivie par le maintien des Américains en Arabie Saoudite, qu'utilise le Saoudien Ben Laden pour développer son réseau en encourageant le sentiment anti-américain et anti-occidental ; par ailleurs, la promesse faite aux Etats arabes par les USA de favoriser la création d’un Etat palestinien après la guerre n’est pas tenue…

      - années 90 : série d’attentats contre les intérêts américains, qui culmine avec la destruction des tours du World Trade Center le11 septembre 2001

    - 2001- 2014 : intervention internationale (ONU) en Afghanistan, puis maintien des forces américaines.

     - 2003- 2011 : intervention américaine en Irak et longue présence de forces militaires dans le pays, tout en soutenant un régime corrompu, inefficace et sectaire.

     - à partir de 2010: « printemps arabes », qui renversent la plupart des régimes autoritaires (sauf en Syrie).

     - 2011 : intervention internationale (ONU) en Libye, mais aucun suivi de la situation politique, qui tourne au chaos, cz dont profitent les Islamistes radicaux.

 

    Cette brève chronologie n’est naturellement pas exhaustive (voir à ce sujet plus de détails ICI et dans le rapport que j’ai présenté à l’Assemblée nationale le 12 décembre 2001). Elle montre quand même que les désordres du Moyen-Orient ont des origines multiples et que les Occidentaux, notamment les Américains, y ont pris toute leur part !

 

      Aujourd’hui, face à la nouvelle forme de la menace terroriste et devant les désastres qu’elle peut engendrer, il ne faut pas se tromper de diagnostic et de remèdeNous n’avons pas à nous impliquer directement dans le conflit entre Sunnites et Chiites, qui n’a d’ailleurs plus grand-chose à voir avec un affrontement religieux et qui a connu des formes diverses au cours des siècles. Par contre, nous devons désigner l’adversaire principal et nous donner les moyens de le combattre et de le réduire.

 

      Cette lutte prendra du temps et il serait naïf de croire que quelques frappes aériennes et une illusoire (et dangereuse) action au sol en Syrie, sous l’égide de pays occidentaux, permettraient de venir à bout de l’EI.

 

       La seule solution pour conjurer ces périls est de nature politico-militaire. Elle suppose une négociation entre les pays qui ont intérêt, à des titres divers, à mettre un terme à l’emprise et au développement de l’EI. Les évolutions de plusieurs de ces pays (Russie, Iran, Arabie Saoudite notamment) sur la scène internationale indiquent qu’une telle solution politico-militaire est vraisemblable.

 

      Quant à l’attitude à adopter à l’égard de Bachar el Assad, l’idée d’une transition politique semble faire son chemin. Il est heureux que ceux qui rejetaient cette perspective avec fermeté il n’y a pas longtemps semblent vouloir se faire plus discrets. Je n’oublie pas que la conférence de Genève de juin 2012 parlait déjà de constituer en Syrie un « gouvernement de transition doté des pleins pouvoirs » et que, dans une tribune publiée le 27 février 2015, Laurent Fabius et Philip Hammond (ministre britannique des affaires étrangères) ont admis que cet organe gouvernemental devrait comprendre « certaines structures du régime existant ».

 

      Alors, vite, que les décideurs prennent les initiatives courageuses qui permettront enfin de traiter les causes des drames qui ensanglantent les pays du Moyen-Orient et qui commencent, sous d’autres formes, à affecter dangereusement les pays européens. 

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans International et défense
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez