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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 18:57

      On m’a proposé de commenter à la télévision le grand événement « Sarkozy, le retour », mais, n’étant pas critique de cinéma, j’ai préféré refuser….Il m’a également semblé qu’il est actuellement des sujets de réflexion autrement plus préoccupants que cette nouvelle saison d’une mauvaise série.  

 

      En effet, où que l’on porte actuellement son regard sur le monde, on constate que les désordres se multiplient et parfois s’amplifient : Irak, Syrie, Ukraine, Libye, Gaza, Centrafrique, pour ne prendre que les exemples les plus médiatisés.

 

      Autant de raisons de s’inquiéter, mais il ne suffit pas d’agiter la peur des engrenages et de ne commencer à se mobiliser que lorsque se manifeste la crainte de subir les retombées du conflit. Il faut analyser avec lucidité toutes les menaces, avant qu’elles deviennent de vrais dangers, à la fois pour la sécurité des personnes et celle des Etats.

 

      Il y a quelques années, l’ONU les identifiait de la façon suivante :

 

- les guerres entre États ;

- la violence à l’intérieur des États provoquée par les guerres civiles ;

- les génocides ou la violation massive des droits de l’Homme ;

- la pauvreté, les maladies infectieuses, la dégradation de l’environnement ;

- les armes nucléaires, radiologiques, chimiques et biologiques ;

- le terrorisme et la criminalité transnationale organisée.

 

    Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut à lui seul se mettre complètement à l’abri de telles menaces, qui sont interdépendantes et qui exigent donc des réponses de la part de ce qu’on appelle la « Communauté internationale » et notamment de son expression institutionnelle, l’ONU.

 

      Malheureusement, trop souvent, pour des raisons politiques, financières ou de mauvaise organisation, ces menaces sont prises en compte de façon tardive. C’est ce qui semble s’être produit avec l’explosion de l’épidémie liée au virus Ebola.

 

      La directrice générale de l’OMS avait alerté il y a plus d’un mois sur le risque d’une dynamique non maîtrisée de l’épidémie, qui a déjà causé 2630 décès sur 5357 personnes contaminées. Avec retard, le Conseil de sécurité vient d’intervenir de façon solennelle en qualifiant « la progression sans précédent de l’épidémie….de menace pour la paix et la sécurité internationale » (résolution 2177, adoptée à l’unanimité).

 

     Une aide urgente d’1 milliard de dollars va être dégagée, mais le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a prévenu que l’aide nécessaire sera de 20 fois plus élevée que celle fournie actuellement. Autant dire, si l’on veut éviter une véritable catastrophe humanitaire, sanitaire (et même économique et sociale, dans certains pays africains), qu’il va falloir prendre des décisions courageuses et coûteuses.

Ebola : trop tard ?
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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 21:20

      L’annonce de « suspendre » la livraison à la Russie du navire BPC (bâtiment de protection et de commandement) Mistral ne présente que des inconvénients pour la France.

 

      J’avais commencé à développer mes arguments et à expliquer pourquoi je pense que cette décision est malencontreuse, quand j’ai lu cette analyse de Jack Dion dans Marianne.

 

      Je suis d'accord avec ce texte et, plutôt que de le plagier, je préfère vous en recommander vivement la lecture.

 

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" Il y a peu, Laurent Fabius assurait qu’il n’était pas question de revenir sur la vente du porte-hélicoptères Mistral à la Russie. Il était seulement question de rediscuter de la livraison du second navire, ce qui pouvait se concevoir vu le contexte du moment. 


Le 24 juillet dernier, le ministre des Affaires étrangères déclarait, en riposte aux injonctions de David Cameron, petit télégraphiste de la Maison Blanche : « Il y a une règle que les contrats signés sont payés et honorés ». Au passage, et non sans raison, Laurent Fabius lui rappelait que la Grande-Bretagne continuait à livrer des armes autrement plus sophistiquées à Vladimir Poutine, que Londres était la capitale d’adoption des oligarques russes, et donc qu’avant de faire la leçon aux autres il devrait commencer par balayer sa propre carpette. 

Tout ça est oublié. Fabius fait du Cameron, et Hollande rentre sagement dans le rang des bons soldats de l’Otan. Car il ne faut pas chercher ailleurs la raison du revirement tricolore. L’explication se trouve moins du côté de Donestk qu’à Newport, au Royaume-Uni. C’est là que s’ouvre le sommet de l’Otan, cette organisation militaire née à l’époque de la guerre froide, toujours en vigueur alors que l’ennemi soviétique a disparu de la carte, et qui entend régenter le monde en lieu et place de l’Onu, dont c’est pourtant la vocation première. 

D’ailleurs qui parle encore des casques bleus, aujourd’hui ? Dès qu’apparait une crise quelque part, au Proche-Orient, en Europe ou ailleurs, c’est l’Otan qui entre en scène, autrement dit l’armée des Etats-Unis et ses supplétifs, quitte à reprocher aux autres (les Russes par exemple) de vouloir s’inspirer de la prétention américaine à jouer au gendarme. 

La crise en Ukraine ne s’explique pas autrement. Au lendemain de l’effondrement du camp soviétique, au lieu de bâtir un nouveau système de sécurité collective, l’Occident a voulu arrimer la Géorgie et l’Ukraine à l’Otan. C’était la pire des provocations vis-à-vis de la Russie, de son histoire et de sa géographie. 

Du temps de Gorbatchev le mollasson, puis d’Eltsine le roi de la bouteille, cela pouvait passer. Avec Poutine, un président héritier des traditions tsaristes et nationalistes de la Russie, et qui se fait une certaine idée de son pays, cela ne passe plus. Mais au lieu de négocier avec Moscou, au lieu d’avancer vers cette Europe de l’Atlantique à l’Oural dont parlait le général de Gaulle, les Occidentaux ont tout fait pour utiliser l’Ukraine comme tête de pont politico-militaire contre la Russie, en dépit des appels à la raison entendus ici et là, y compris aux Etats-Unis. 

Dans cette histoire, la France a joué les mouches du coche, comme en témoigne l’affaire du Mistral, après l’alignement sur les sanctions. Qui peut croire que c’est la non livraison de ce navire qui va empêcher Poutine de continuer à soutenir manu militari les rebelles de l’Est ukrainien, qui ont quelques récriminations fondées à l’égard du pouvoir en place à Kiev ? Pourquoi se priver d’un tel contrat quand on connaît la situation de l’économie et de l’emploi en France ? Comment assumer une telle décision et négocier au même moment avec cette grande démocratie qu’est l’Arabie saoudite pour lui vendre des lance-missiles ? Comment convaincre les clients potentiels à l’achat du Rafale (l’Inde par exemple) que la France peut respecter ses engagements ? 

Cette décision est une Bérézina commerciale doublée d’un Waterloo politique. C’est la victoire de la diplomatie à la Bernard-Henri Lévy, l’homme du chaos en Libye, qui voit le monde divisé entre Bons et Méchants. Poutine, à qui on ne donnerait pas le bon Dieu orthodoxe sans confession, est évidemment dans cette dernière catégorie, alors que tous ceux qui lui sont opposés sont d’une candeur absolue, y compris les apprentis fascistes qui œuvrent dans l’ombre à Kiev. 

Aujourd’hui encore, dans Le Parisien, BHL somme l’Europe de désigner la Russie comme l’ennemi à abattre. Au détail près, c’est la ritournelle en vigueur au Monde et à Libération. Le mercredi 3 septembre, Libé titrait : « Ukraine : guerre à l’Europe », vitupérant au passage « l’inertie occidentale », comme si les néocons à l’américaine avaient pris le contrôle du journal fondé par Jean-Paul Sartre. 

Mais que veulent-ils ? Foncer sur la Russie ? Bombarder Moscou ? Soyons sérieux. Plutôt que de s’aligner sur les apprentis sorciers de l’Otan et ses adjudants en chemise blanche, il serait temps de retrouver le sens des réalités. Dans le dossier ukrainien, rien n’est simple, rien n’est univoque. A jouer la carte de l’escalade, le pire est possible. Mieux vaudrait s’en apercevoir avant qu’il ne soit trop tard. "

L’affaire du Mistral
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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 17:05

      Cette tribune de Paul Quilès est publiée dans

                                                                           accueil

 

       Il a été affirmé que la fin de la Guerre froide et la suprématie incontestée des Etats-Unis avaient globalement pacifié la planète : les violences seraient en recul et l’impression de chaos mondial proviendrait de l’abondance des images et des reportages de guerre. Des recherches récentes [1] remettent en cause cette vision rassurante : si les risques de guerres entre États restent faibles (pour l’instant), le nombre des conflits intra-étatiques à dimension internationale, comme en Syrie, en Irak, en Ukraine, s’accroit dangereusement.

 

     Que faire devant ces « désordres du monde » ? Aux Etats-Unis et chez leurs alliés, notamment européens, la tentation de l’action unilatérale est forte. Il suffirait, pour remédier aux crises les plus graves, que les pays occidentaux, sous le leadership américain, sanctionnent, bombardent et arment les groupes qui leur sont proches, au nom d’un droit international dont ils seraient à la fois les législateurs, les juges et les exécutants.

 

      La crise irakienne offre un nouvel exemple de cette défiance à l’égard de l’action collective dans le cadre de l’ONU. Cette crise est pourtant le résultat d’une aventure des États-Unis, appuyés par quelques pays, en vue d’« aider le peuple irakien à bâtir une démocratie durable au cœur du Moyen-Orient » selon les termes de George W. Bush en 2005. C’est aussi une conséquence du chaos sanglant où s’est installée la Syrie. Le régime de Bachar El-Assad y a une lourde responsabilité. Mais l’opposition démocratique s’est elle-même piégée dans son refus intransigeant de tout compromis. Faut-il à présent appliquer à l’Irak les solutions préconisées pour la Syrie, en armant un partenaire privilégié (les Kurdes de Massoud Barzani) et en l’appuyant par des frappes aériennes, selon un scénario pratiqué en Afghanistan ou, plus récemment, en Libye ? Mais où en sont aujourd’hui l’Afghanistan et la Libye ?

 

     Il peut être indispensable de sanctionner un agresseur, d’écarter par la force une menace de massacres ou d’aider une population à se défendre. S’il s’agit du recours à la force, le Conseil de sécurité de l’ONU est la seule instance légitime et efficace. Il a fallu que le Pape soit l’une des rares personnalités à l’avoir dit clairement.

 

     Pour contrer « l’Etat islamique», le Conseil de sécurité vient d’adopter des mesures coercitives destinées à tarir ses sources de financement (en provenance du Golfe ?) mais on est loin de l’engagement pris par tous les Etats de l’ONU en 2005 : celui d’assumer leur « responsabilité de protéger » les populations civiles contre le génocide, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et les « purifications ethniques ».

 

     On objectera que l’ONU « ne peut rien faire » en raison des vetos des régimes autoritaires russe et chinois. Faut-il dès lors opter pour la passivité ou l’action discrétionnaire des Etats-Unis et de leurs alliés au service des intérêts d’une puissance ou d’un camp ? Dans le cas du conflit israélo-palestinien, ce sont d’ailleurs les Etats-Unis qui paralysent l’ONU. Et qui, en dehors de l’ONU, peut organiser la reconstruction d’après-conflit, en Afrique ou au Moyen-Orient ? Est-on condamné à la confrontation permanente entre « l’Ouest et le reste » ?

 

     L’ONU est le seul lieu où tous les Etats, sous la pression des mouvements transnationaux, dont l’influence s’accroît, peuvent régler ensemble les questions d’intérêt mondial. Des solutions existent pour rendre l’institution plus efficace : réforme du Conseil de sécurité, plus large implication de l’Assemblée générale. Nos interlocuteurs ne nous plaisent pas toujours, mais un fait demeure : sans la Chine, la Russie et les pays du Sud, il serait illusoire de vouloir répondre, non seulement aux défis de la sécurité internationale, de la lutte contre la prolifération et du désarmement, mais aussi à ceux du développement, de l’environnement, du climat ou de la lutte contre les pandémies.

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[1] Recherches du SIPRI notamment.

La crise irakienne, symptôme des désordres du monde 
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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 08:59

Je vous recommande vivement la lecture

 

de cette excellente analyse d'Anne Nivat, publiée par Mediapart

 

et qui confirme mes inquiétudes à propos de la situation en Irak.

 

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 "Plutôt que de leur force, les frappes américaines en Irak sont le signe du désarroi des Etats-Unis face à une situation dont ils sont eux-mêmes comptables. La reporter de guerre et journaliste indépendante Anne Nivat interpelle les simplismes guerriers qui font fi du passif du passé et de la complexité du présent. Auteur de nombreux livres, dont Bagdad Zone Rouge (Fayard, 2008), elle couvre la guerre en Irak depuis 2003."  (....)

                                                                Lire la tribune

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 10:24

         Il a fallu que ce soit le Pape qui demande au Conseil de sécurité de l’ONU de se saisir de la situation en Irak pour apporter des réponses urgentes aux exactions intolérables de l’Etat Islamique (EI), notamment contre les communautés chrétienne et yazidie!

 

      Mais qu’attendent donc, pour engager cette démarche, ceux qui ont commencé à intervenir sans mandat international et sans approbation claire des autorités légitimes irakiennes ?

 

       En effet, ce n’est pas à des chefs d’Etat, quelle que soit la puissance de leur pays, de dire quel doit être le droit et de se substituer aux Nations-Unies ou aux autorités d’un pays qu’ils ont eux-mêmes reconnu comme souverain. Depuis 2005 et l’officialisation par la totalité des Etats du rôle de l’ONU dans la « responsabilité de protéger » les populations en cas de risque de génocide, de crimes contre l’humanité ou de crimes de guerre, c’est au Conseil de sécurité de se saisir d’un tel dossier et de définir les moyens susceptibles de répondre à cette menace : moyens diplomatiques et économiques pour prévenir la crise, moyens humanitaires pour répondre à l’urgence, moyens militaires d’une éventuelle intervention.

 

       On comprend que les Etats-Unis aient mauvaise conscience, constatant les conséquences de la calamiteuse invasion de l’Irak en 2003 voulue par George W. Bush et conduite sans mandat avec l’aide des Britanniques et de quelques autres pays. Il n’en demeure pas moins que la justification donnée par Barack Obama des bombardements engagés depuis quelques jours sur les positions jihadistes est plus qu’ambigüe, puisqu’il s’agit à la fois, selon ses propres propos, de protéger des intérêts américains (le consulat d’Erbil) et d’enrayer un début de génocide.

 

       De même, la France n’a pas à se substituer à la communauté internationale, dont la difficulté à se mobiliser ne peut constituer un alibi pour une intervention de caractère unilatéral. Sinon, comment pourrions-nous justifier notre action ou notre inaction dans toutes les tragédies qui agitent la planète aujourd’hui : Syrie, Soudan, Ukraine, Gaza, Nigéria (les lycéennes enlevées par Boko Aram)….pour ne prendre que quelques exemples des drames les plus médiatisés ?

 

       Bien sûr, me dira-t-on, il faut agir, il y a urgence à venir en aide à ces populations menacées d’extermination et à se donner les moyens pour éradiquer ce mouvement terroriste. Certes. Mais alors, pourquoi ne s’y est-on pas intéressé plus tôt ?

 

      Pourquoi les Américains, censés connaître cette région, ont-ils sous-estimé le danger de l’EI et ne se sont-ils pas inquiétés de l’origine de leur armement ?

 

         Quel rôle ont joué les pétromonarchies du Golfe, toutes sunnites (comme les Jihadistes de l’EI) et farouchement opposées au gouvernement chiite irakien ?

 

       Pourquoi n’a-t-on pas su dialoguer avec le parlement irakien démocratiquement élu, pour éviter qu’il tombe sous la coupe de Nouri al-Maliki et de son mode de gouvernement autoritaire, inefficace (avec une armée en lambeaux) et sectaire (en rejetant les sunnites dans une opposition totale à Bagdad) ? Ce sont pourtant bien les Américains qui ont largement inspiré l’actuel système politique irakien, construit sur une base ethnique et communautaire, comme l’a noté le chercheur spécialiste de l’Irak, Pierre Jean Luizard.

 

       Indépendamment de ces erreurs et de l’absence de légitimité des opérations de nature militaire qui se préparent, l’idée de renforcer l'armement des Kurdes irakiens peut se révéler à terme porteuse d’autres difficultés. Les Kurdes représentent 30 millions de personnes, réparties sur 4 pays (Turquie, Syrie, Iran, Irak) depuis les traités de Sèvres (1920) puis de Lausanne (1923) conclus après la Première Guerre mondiale avec la Turquie vaincue. Le renforcement du Kurdistan irakien, déjà en délicatesse avec le pouvoir de Bagdad, peut faire surgir des revendications toujours présentes de modification des frontières et relancer de nouveaux conflits. Il n’est pas certain d’ailleurs que la Turquie verrait cette évolution d’un bon œil (les Kurdes y représentent 20% de la population et le PKK, toujours considéré comme une organisation terroriste par les autorités turques, comme par les Etats-Unis et l’Union européenne, y était encore violemment combattu voici peu).

 

      Dernière remarque, qui concerne la France. La décision de livrer des armes, prise par le seul Président de la République, sans aucune « formalité » démocratique, est une démonstration éclatante et supplémentaire du caractère monarchique de nos institutions…… 

 

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       Cette tribune, publiée sur le site de MEDIAPART, donné lieu à des échanges intéressants.

Merci le Pape !
Merci le Pape !Merci le Pape !
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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 20:58
Intervenir en Irak?

Que faut-il faire en Irak pour endiguer la progression des djihadistes de l'Etat Islamique et protéger les populations civiles, gravement menacées?

 

Comment s'y retrouver à travers les grandes proclamations d'intention, les formules diplomatiques floues, l'attitude du Conseil de sécurité de l'ONU, les contradictions américaines? 

 

Les réponses de Paul Quilès:

 

-au journal de 13h de France Inter du 8 août  (de 7'10 à 8'20)

 

-au journal 17-20 h de France Info du 8 août ( de 19h51 à 19h55)

 
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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 10:54

Tribune de Paul Quilès publiée  le 31 juillet sur le

site de Figarovox

 

     Les pays de l’Union européenne viennent de s’engager dans une politique de sanctions économiques significatives à l’égard de la Russie. Mais se sont-ils suffisamment interrogés sur les finalités de cette politique ?

 

     Après la fin de la guerre froide, la Russie a été, pendant toute une période, un partenaire des pays d’Europe occidentale. Il semble qu’elle ne le soit plus. Doit-elle pour autant devenir notre ennemi ?

 

Défendre l’Ukraine ?

 

      Selon les gouvernements occidentaux, les sanctions ont pour seul objectif de défendre l’Ukraine. Il s’agit d’exercer une pression sur la Russie pour qu’elle cesse de déstabiliser ce pays et de soutenir, en armes et en hommes, les insurgés de ses régions orientales.

 

     Pourtant, lors de leur réunion de Berlin le 2 juillet dernier, les ministres des affaires étrangères français, allemand, ukrainien et russe avaient défini les bases d’un règlement : cessez-le-feu, fermeture complète de la frontière russo-ukrainienne à toute infiltration d’hommes et d’armes en provenance de la Russie.

 

     Pourquoi intensifier à présent les sanctions ? Considère-t-on que la Russie ne respecte pas sa parole ? S’agit-il d’amener la Russie à soutenir inconditionnellement le plan de paix établi par le président ukrainien Petro Poroshenko ?

 

L’effet des sanctions

 

      Les sanctions relèvent d’un pari : celui d’un changement radical d’attitude du pouvoir russe. Si ce pari échoue, le durcissement des sanctions ne fera que radicaliser le nationalisme russe. Il aggravera la situation économique de l’Ukraine et pénalisera l’industrie européenne. Des contre-mesures sont à attendre, concernant en particulier les prix du gaz russe.

 

      Dans une étape ultérieure, des sanctions financières coupant la Russie d’une large partie du monde, à l’exemple de l’embargo imposé à l’Iran, sont envisageables. Leur coût pour l’Europe serait élevé et leurs conséquences politiques sur la Russie imprévisibles.

 

    A la différence de l’Iran, la Russie dispose d’un potentiel nucléaire militaire considérable. Cherchera-t-elle à faire valoir cet atout, en l’absence d’autres ? Les accords de désarmement de l’après-Guerre froide, comme l’accord russo-américain sur l’élimination des missiles de portée intermédiaire vont-ils être remis en cause ? L’Europe devra-t-elle revivre l’équilibre de la terreur ? De la Syrie à l’Extrême-Orient en passant par l’Iran, les Occidentaux trouveront-ils en face d’eux une Russie décidée à les contrer ? L’ONU sera-t-elle marginalisée comme pendant la guerre froide ? Quelle politique militaire devrons-nous adopter ? Ceux qui suggèrent que Poutine serait un nouvel Hitler ou un nouveau Staline, vont-ils aller jusqu’à demander de remonter rapidement les budgets de la défense à des niveaux beaucoup plus considérables qu’aujourd’hui ?

 

Ce qu’il faut demander à la Russie

 

     L’arme des sanctions est puissante. Elle est de nature à frapper directement le « système Poutine » de réseaux affairistes et de corruption. Ce régime peut donc être amené à la négociation sous l’effet des sanctions, mais il ne s’y résoudra que s’il est confronté à des demandes précises. Sanctionner ne suffit pas, il faut aussi clairement indiquer à la Russie les conditions que nous posons au retour à des relations normales.

 

     1- L’Est de l’Ukraine. Il est urgent d’y établir un cessez-le-feu internationalement vérifié. Les pouvoirs de fait doivent être dissous et l’ordre rétabli pacifiquement, si nécessaire par l’envoi d’une force internationale de l’ONU sous chapitre VII et non de l’OSCE, dont l’impuissance est flagrante. Cette force doit contrôler l’étanchéité de la frontière pour empêcher tout transfert d’armes, sans faire obstacle au passage des civils[1]. L’acceptation de ces mesures par la Russie doit être clairement formulée comme une condition sine qua non de l’allègement progressif des sanctions. Il devra être parallèlement indiqué aux autorités ukrainiennes que l’aide européenne suppose des mesures sincères de décentralisation, d’assouplissement de la législation linguistique et de démocratisation, l’interdiction de partis représentatifs n’ayant pas de place dans un tel programme.

 

     2- L’appareil de la Malaysia Airlines. L’enquête internationale impartiale exigée par la résolution 2166 du Conseil de sécurité doit être exhaustive et crédible et se dérouler sans entrave sous contrôle international indépendant. Des présomptions graves pèsent sur les insurgés mais il est problématique d’en tirer des conclusions politiques tant que des preuves substantielles n’ont pas été rendues publiques. Si l’implication de la Russie est démontrée, des mesures de réparation devront naturellement être exigées d’elle.

 

       3- La Crimée. Il est hors de question de reconnaître le coup de force russe. Mais est-il sage d’imposer à la péninsule un régime d’exclusion plus sévère que celui de Chypre nord ? Sans « punir » collectivement les populations, il faut exiger de la Russie une négociation sur le statut de la péninsule sur la base de son appartenance juridique à l’Ukraine, notamment en impliquant l’ONU. En cas de veto russe au Conseil de sécurité, pourquoi ne pas s’appuyer sur l’Assemblée générale qui a, à une écrasante majorité, condamné l’annexion ? Il devra enfin être clairement indiqué à la Russie que le retour à des relations normales passe aussi par le règlement de la question de la Crimée.

 

Maintenir le dialogue

 

      Un dialogue politique de fond devra, dans un stade ultérieur, être noué avec la Russie. Sur des questions telles que la souveraineté des États et le « droit d’ingérence » ou l’intégrité territoriale et la possibilité des sécessions, la Russie et l’Europe occidentale sont en total désaccord. Ces questions doivent être franchement débattues, par des voies informelles, si la diplomatie traditionnelle ne s’avère pas praticable[2].

 

     Quant au sauvetage durable de l’économie ukrainienne, il nécessite la coopération de la Russie. Sans même évoquer l’énergie, il faut être conscient que, dans beaucoup de secteurs, les « chaînes de valeur » ukrainienne et russe sont fortement intégrées : les rompre condamnerait de nombreuses entreprises ukrainiennes.

 

    Plus généralement, l’Union européenne et la Russie devront, le moment venu, reprendre leur dialogue sur l’établissement d’un espace économique commun de Lisbonne à Vladivostok.

 

    Les conséquences de la crise ukrainienne peuvent et doivent être contenues. Malgré la gravité de leurs désaccords, la Russie et les pays occidentaux partagent d’importants intérêts communs : stabilité de l’Afghanistan, non-accès de l’Iran à l’arme nucléaire, lutte contre le danger djihadiste…

 

      Il y a cent ans, une crise locale avait dégénéré en conflagration générale, parce que les « petites torches » des conflits, que dénonçait Jaurès juste avant sa mort[3], avaient fini par allumer l’incendie. Si nous n’en sommes plus là, c’est parce que des institutions, des systèmes coopératifs de sécurité, des procédures de dialogue sont en place. Sachons faire fructifier cet acquis indispensable à la préservation de la paix.

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[1] De très nombreux réfugiés fuient actuellement vers la Russie ; leur retour devra être organisé.

 

[2] Je viens de co-signer – avec 11 personnalités politiques européennes (Malcolm Rifkind, Des Browne, Vyacheslav Trubnikov, Igor Ivanov, Adam Daniel Rotfeld, Hervé Morin, Anatoly Adamishin, Ozdem Sanberk, Volker Ruhe, Alexei Gromyko, Tarja Cronberg) - un document d'orientation politique publié par le réseau European Leadership Networkqui présente, dans ce contexte de crise russo-ukrainienne-européenne, des mesures fortes à la fois politiques et militaires, sur la base d’un dialogue accru, dans le but d’établir une coopération renforcée et profonde pour le futur.

 

[3]  Discours de Jean Jaurès à Vaise (25 juillet 1914)

Sanctionner la Russie et après ?
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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 09:12
Lutter contre la haine

       Dans l'ambiance tendue et où les extrémismes se déchaînent, j'ai apprécié cette tribune signée par un collectif d'associations et publiée par Libération .

 

      C'est une expression forte, qui, tout en prenant la mesure du drame de Gaza, montre qu'on peut s'indigner, sans pour autant tomber dans les propos de haine attisant ces poisons de notre société que sont l'antisémitisme et l'islamophobie. 

 

___________

 

Mettre en acte nos valeurs républicaines 

 

pour lutter contre la haine

 

     Tribune signée par: SOS Racisme, France terre d'asile (FTDA), Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl), Jcall, Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), Cfdt, Collectif Dom, Comité Marche du 23 mai 1998 (CM98), Mouvement National pour l’Egalité et la Diversité (MNED), Amitié Judéo-Musulmane de France (AJMD).

       

      Alors que des mères meurtries, appartenant à des parties en guerre, semblent capables de se parler, pourquoi serions-nous incapables ici, dans un pays en paix, de manifester autre chose qu’une agressivité nourrie de racisme et d’antisémitisme ? Il y a quelques jours, la mère de Naftali Fraenkel émettait le souhait de rencontrer la mère de Mohammed Abu Khdeir. La première avait perdu son fils, un des trois adolescents israéliens assassinés par balles. La deuxième avait perdu son fils, un adolescent palestinien brûlé vif.

 

       Depuis, la situation s’est embrasée. Tandis que le Hamas lançait des roquettes sur Israël, Israël ripostait par des bombardements au corollaire inéluctable : des victimes civiles par centaines.

 

       Le sang a déjà trop coulé au Proche-Orient et les haines se sont à ce point aiguisées que les voix qui plaident pour la paix n’arrivent plus à submerger celles de l’intolérance.

 

     Chez nous, en France, à plusieurs milliers de kilomètres de là, ce conflit est devenu prétexte pour mieux servir la haine. Ces derniers jours, l’air est devenu lourd dans notre pays du fait de minorités actives. Les esprits s’échauffent et chacun est renvoyé dans un camp exclusif et quasiment sommé d’affronter le camp d’en face. Alors que des mères meurtries, appartenant à des parties en guerre, semblent capables de se parler, pourquoi serions-nous incapables ici, dans un pays en paix, de manifester autre chose qu’une agressivité nourrie de racisme et d’antisémitisme ?

 

      L’existence d’affinités et l’expression de solidarités sont bien évidemment parfaitement légitimes. Mais elles ne sauraient en aucun cas venir justifier des expressions de haines ou des agressions envers celles et ceux qui exprimeraient une sensibilité différente. À cet égard, l’antisémitisme qui s’affiche ces derniers jours est inacceptable et doit être combattu. Les expressions d’un racisme anti-arabe ne sauraient être davantage tolérées.

 

      Toutes ces manifestations de haine n’ont d’ailleurs pas attendu que des déchirements interviennent sur le conflit au Proche-Orient pour s’exprimer. Ces derniers mois et tout récemment, un antisémitisme brutal dans les mots et violent dans les actes – que l’on pense aux meurtres de Mohammed Merah il y a deux ans et aux agressions envers plusieurs synagogues de la région parisienne ces dernières heures- signe le retour en force des logiques de boucs émissaires et des phénomènes de peur chez les Juifs de France.

 

      Mais ce qui apparaît comme une terrible décomposition du «vivre ensemble à la française» nous est depuis un certain temps donné à voir et à prévoir.

 

      À force de délaisser les quartiers populaires, de ne pas prendre en considération le racisme et les discriminations dont les populations d’origine immigrée sont victimes, la violence symbolique et réelle qui leur est infligée n’a jamais été questionnée. Pas plus que la violence parfois démesurée qu’elle peut générer en retour.

 

      C’est ainsi qu’aujourd’hui en France le racisme anti-rom vient de frôler le meurtre, après le lynchage de Gheorghe, un adolescent de 16 ans. Aujourd’hui le racisme biologique réapparaît en France et vise une ministre que l’on compare à un singe et que l’on invite à remonter dans un arbre. Aujourd’hui en France la stigmatisation des populations arabo-musulmanes est à l’œuvre avec, au mieux, des accusations d’appartenance à une 5ème colonne, au pire à celle d’une mouvance terroriste. Et c’est ainsi qu’aujourd’hui en France, un parti qui a la haine pour matrice regroupe 25% des suffrages exprimés à des élections européennes.

 

      C’est pour tout cela qu’aujourd’hui en France nous devons avoir un horizon commun : celui de construire une société fraternelle plutôt que de nous perdre dans des luttes épuisantes qui détournent de cet objectif. Ne pas le comprendre, c’est laisser prospérer ceux-là même dont le projet de société est fondé sur le refus de l’égale dignité entre les citoyens.

 

      Construire une société fraternelle, c’est œuvrer à la mise en actes des valeurs républicaines d’égalité et de fraternité. Cette mise en acte renvoie chacun à sa responsabilité individuelle, par un réengagement massif dans les dynamiques de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations. C’est pour notre pays la condition sine qua non de la construction d’une dynamique collective de progrès à laquelle chacun participera au-delà de ses différences. 

 

      C’est d’ailleurs parce que nous aurons réussi à construire cette dynamique collective que nous aurons une voix plus utile au Proche-Orient. Une voix utile pour œuvrer à un cessez-le-feu immédiat et pour contribuer avec les sociétés israélienne et palestinienne à la reprise sincère d’un processus de paix conclusif et permettant d’aboutir à ce qui ne sera plus simplement un slogan mais une réalité : «Deux peuples, deux États». 

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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 23:04

     Cela devient presque lassant. A chaque fois qu’une crise grave affecte une région du monde, on s‘inquiète et on exhorte les responsables politiques à traiter le fond du problème à l’origine de la crise pour éviter une rechute.

 

      Dans les mois qui suivent, les médias en parlent moins, même si les violences continuent et l’opinion publique finit par s’en désintéresser. Et, quand la rechute survient, on assiste à nouveau aux mêmes indignations, aux mêmes interrogations, aux mêmes menaces et finalement à la même impuissance !

 

    Cette fois-ci, en l’espace de quelques jours, deux évènements tragiques sont venus nous interpeler : le bain de sang à Gaza, la mort des 298 passagers du vol MH 17 dans le ciel ukrainien.

 

   Dans les deux cas, cette escalade de la violence était malheureusement prévisible: 

« On voit les tensions se développer dangereusement aux frontières de l’Union Européenne, avec la crise ukrainienne, qui déstabilise les relations avec la Russie, dont le Président exacerbe les pulsions nationalistes, mais également au Moyen Orient, où le Premier Ministre israëlien s’ingénie à dresser des obstacles sur le chemin difficile du processus de paix avec les Palestiniens. » (extrait de mon texte sur ce blog, le 8 mai 2014 *)

 

     Cette escalade vient sanctionner :

     - d’un côté, l’échec de la médiation américaine pour relancer le dialogue israélo- palestinien ainsi que l’intransigeance de B. Nétanyahu, alimentée par les provocations du Hamas ;

     - de l’autre, les ambigüités et le double discours de V. Poutine, ainsi que l’incapacité des Etats-Unis et de l’Europe à apprécier la situation réelle en Ukraine.

 

    Concernant le crash du Boeing 777 à l’est de l’Ukraine, je suis assailli depuis quelques jours de questions qui témoignent de l’inquiétude de nos concitoyens devant un évènement dont ils craignent les conséquences. Pourra-t-on vraiment savoir qui est responsable ? Quelles vont être les réactions internationales ? Y a-t-il un risque de généralisation du conflit ?

 

    Au-delà de l’émotion légitime causée par le terrible bilan du crash, il faut regarder la réalité en face : c’est bien une guerre qui se déroule dans l’est de l’Ukraine. Même si elle est d’un type particulier, compte tenu des difficultés à clairement définir les protagonistes et leurs alliés (certains parlent de « guerre hybride »), elle a les mêmes conséquences qu’une guerre traditionnelle. Et une guerre, ça se termine toujours par la défaite d’un des 2 adversaires ou par un compromis, qui conduit à la paix.

 

     Comme on ne voit pas comment la première hypothèse pourrait concrètement se traduire, il faudra bien réfléchir aux conditions d’un compromis acceptable, en posant les vrais problèmes que sont l’avenir de l’Ukraine et les relations entre les Occidentaux et la Russie. J’ai eu l’occasion de dire à ce propos qu’il nous faudra savoir si nous souhaitons que la Russie soit un partenaire, un rival ou un adversaire:

     «  C’est le fond de la question pour nous, Européens. Considérer la Russie comme un adversaire nous replongerait dans une situation d’affrontement. Des confrontations militaires indirectes seraient inévitables, comme à l’époque de la Guerre froide, mais dans un contexte plus instable et donc plus dangereux. Si nous considérons la Russie comme un simple rival, des accords ponctuels sont concevables, mais sans entente durable et stratégique. Il ne peut alors plus être question d’action commune pour faire face aux grands défis de la planète : renforcement de l’ONU, lutte contre la prolifération et désarmement, développement, climat. Ce qu’il faut donc souhaiter, c’est la restauration d’une relation de partenariat entre la Russie et l’Europe et, plus largement entre la Russie et l’Occident. » (extrait de ma tribune sur ce blog le 30 mars 2014 **)

 

     En attendant, il me semble urgent d’éviter que le drame du vol MH 17 continue à alimenter les surenchères. Il faut notamment que les principaux protagonistes acceptent la même description des faits, de façon à établir sans ambigüité les responsabilités. On n’en est pas encore là, puisque B. Obama met en cause les Russes et que ceux-ci accusent l’Ukraine ! Espérons que la commission d’enquête internationale, voulue par l’ONU, sera en mesure d’apporter rapidement des réponses.

 

     Si l’hypothèse d’une « bavure militaire » des séparatistes ukrainiens (qui reste encore à prouver, malgré un faisceau d’indices troublants) se confirmait, V. Poutine pourrait hésiter entre deux attitudes : soit rester dans le déni, fort du soutien populaire dont il dispose en Russie, soit prendre prétexte de l’évènement et de la réprobation internationale pour interrompre son soutien aux groupes extrémistes est- ukrainien et participer à un dialogue élargi avec les Occidentaux. Cette dernière hypothèse semblera peut-être excessivement optimiste, mais j’aimerais savoir s’il existe véritablement une solution alternative pour calmer ces dangereuse tensions.

______________________________________________________________

http://paul.quiles.over-blog.com/2014/05/guerres-dans-le-monde-les-limites-de-l-indignation.html)

** http://paul.quiles.over-blog.com/2014/03/crise-ukrainienne-il-faut-retrouver-les-voies-du-dialogue.html)

La rechute
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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 22:17

        " Le grand traité transatlantique, dit TAFTA  ("Transatlantic Free Trade Area"), tel qu’il est annoncé, n’est ni acceptable ni amendable. Il n’apportera au mieux qu’un très faible et très aléatoire accroissement des productions nationales, tandis qu’il entraînera une baisse des normes et des protections sociales et environnementales, qu’il ne protègera pas entièrement la culture et l’audio-visuel, et qu’il permettra une mise en cause des législations nationales par des tribunaux internationaux.

 

      Ce traité ne défend que les intérêts des multinationales et fait du commerce le seul régulateur social et sociétal. Il accroîtra le pouvoir des puissances économiques sur les Etats.

 

       L’opacité du processus de négociation et l’incertitude sur la réalité d’un contrôle   démocratique contribueront à affaiblir l’adhésion des Européens à la démocratie. "          

                              (....) 

      Lire la suite de l'étude 

réalisée par le club Gauche Avenir

 

Intervention d'Emmanuel Maurel au Parlement Européen

dans le débat sur ce sujet:  A VOIR ICI

 

Refuser le traité transatlantique
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Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez