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20 octobre 2020 2 20 /10 /octobre /2020 15:54
Rêve américain...ou cauchemar?

     Il faut vraiment écouter ce court reportage de Laurence Haïm sur Radio Classique.

 

     En 2 minutes, il décrit la campagne électorale  dans un Etat américain, la Géorgie. On imagine, en l'écoutant, ce qui pourrait se passer dans les prochaines semaines aux États - Unis.

 

      Assez effrayant s’agissant d’une grande «démocratie »!

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3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 11:31
Publié avec l'aimable autorisation du talentueux Jean Plantu

Publié avec l'aimable autorisation du talentueux Jean Plantu

      Ce texte, écrit par mon ami d'enfance, Marc Pasturel*, permet de comprendre comment un franco- américain, qui connaît bien la situation aux Etats-Unis, analyse la prochaine élection présidentielle.

NB: Le texte a été écrit la veille de l'annonce de la contamination de D. Trump au coronavirus.

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      Trump est un malade narcissique*, qui relève de la psychiatrie, dangereux parce qu'il alimente son égo démesuré par le mensonge, la division politique, les vicieuses attaques personnelles. Qui plus est, il n’a ni l’intelligence ni la patience ni l'intérêt pour maitriser des dossiers complexes. La seule "qualité" que je suis prêt à lui reconnaitre est celle de la manipulation médiatique de par sa pratique du Reality Show télévisé.

 

     Il a consacré sa gouvernance des quatre dernières années à maintenir sa base électorale, qui, d'après les sondages, s'est maintenue à un maximum de 40-45% des votants, plutôt qu'à essayer de rallier une partie du reste, ce qui, à mon avis, est un autre signe de sa médiocre intelligence, puisque in-fine cela va contre son intérêt principal qui est de se faire réélire.

 

          Biden n'était pas l'instigateur du pugilat qui a caractérisé le débat. L'objectif de Trump était de le déstabiliser publiquement pour faire douter de ses capacités intellectuelles. Il n'y est pas arrivé, même si Biden aurait pu prendre davantage de hauteur, difficile dans pareil contexte. S'il n'a pas le charisme d'un Kennedy, Bill Clinton ou Obama, Biden a une très grande expérience de la gouvernance [47 ans], entre autres de la Chine. Ses principes humanistes sont prouvés par sa politique passée et ses tragédies familiales. Il a l'âme et la sagesse d'un rassembleur, positionné au centre gauche.

      Il pourra gouverner sans le souci d'avoir à se faire réélire comme il l'a déjà annoncé. Kamala Harris, sa candidate à la vice-présidence, métisse et procureure-justice de talent, jeune quadragénaire, Démocrate centriste comme lui, est prometteuse : future candidate à la présidence ? Je m'attends à ce qu'elle brille mercredi prochain vis-à-vis d'un Pence fade et très inféodé à un christianisme évangélique réactionnaire étroit.

          Oui, Trump a sérieusement terni l'image de l'Amérique dans le monde. C'est grave mais j'ai confiance que le pays se réveille et que Biden-Harris relèveront la barre. Mais cela ne sera pas facile :

- Obama n'a pas rempli plus de 100 positions de juges de par le pays. Trump se vante d'en avoir placé quelques 300, tous très conservateurs, bien entendu. Il a aussi dé-tricoté un grand nombre de mesures d'Obama [protection de l'environnement, alliances traditionnelles notamment avec l'Europe, régulation du capitalisme sauvage, contrôle de l'immigration, mesures dont baisses d'impôts en faveur des fortunés, … ] qui vont prendre d'autant plus de temps à re-tricoter que le système judiciaire a viré vers plus de conservatisme.


- Le placement par Trump et Mitch McConnell [chef de la majorité Républicaine au Sénat] de Amy Coney Barrett, la 3ème juge acquise à son ultra-conservatisme qu'il aura placée au cours de son mandat,  représente un très grave développement, non seulement pour la cause des supporters de l'avortement et des minorités sexuelles, mais aussi pour les millions qui bénéficient du plan de santé d'Obama, le Obama Care, et enfin sur le long-terme, puisque les justiciers suprêmes sont intronisés à vie et que Barrett n'a que 48 ans.


- Trump, par son harcèlement et son intimidation, a étonnamment réussi à se hausser à la tête du parti conservateur républicain. C'est un manque de courage politique des Républicains qui devrait se retourner contre eux. 

            

      L'hypocrisie des sénateurs républicains d'avoir bloqué le candidat d'Obama à la Cour Suprême à 10 mois des élections présidentielles de 2016, et maintenant de refuser le même traitement pour le candidat de Trump, à moins de 6 semaines des mêmes élections, est un comble. C’est la preuve d'une boussole de l'éthique et du fair-play complètement déréglée. Pareil manquement entrainerait d'impressionnantes manifestations en France... Ici il suffit de pointer vers une interprétation étroite de la sacro-sainte Constitution, comme en témoigne le droit du citoyen à l'arme de guerre.

 

           Malgré cela, un nombre croissant de Républicains quittent le navire à mesure que l'échéance du 3 novembre approche, vraisemblablement parce qu'ils sentent le vent tourner...


          Et pourtant, quoique soucieux au vu de la taille de l'enjeu, je reste optimiste qu'un vote suffisamment massif contre Trump le privera, dès le début novembre, de toute justification de fraude pour s'accrocher au pouvoir. Il n'est pas exclu qu'il fasse appel à ses partisans violents d'extrême droite.

 

          Sinon, catastrophe !... car la Cour Suprême lui faciliterait la tâche, contrairement aux militaires qui lui sont en principe soumis en tant que Commandeur-en-Chef mais qu'il a eu l'incroyable maladresse de traiter de loosers et suckers ["perdants" et "poires"], lui qui s'est esquivé de tout service militaire pendant la guerre du Vietnam. (…)

 

Marc Pasturel 

 

* Marc se présente aussi comme "tarnais expatrié en Silicon Valley depuis une cinquantaine d'années, citoyen américain depuis 47 ans, qui n'a jamais manqué un vote [tous les deux ans] et jouit de la double nationalité, prêt à communiquer par courriel depuis marc@soleil.com "

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** Dénoncé comme tel par 13 psychiatres, au tout début de son mandat en 2017, sur la base de son comportement antérieur....

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17 juillet 2020 5 17 /07 /juillet /2020 08:58
La naïveté de l’Europe face à la ChineLa naïveté de l’Europe face à la Chine

Cet article, publié sur son blog par mon ami Jean-José Colomès, montre, à partir de la situation à Hong Kong, pourquoi l’Europe doit abandonner toute naïveté à l’égard de la Chine.

 

*********

 

Coup de gong à Hong Kong

 

 

Et pourtant, si l'on se réfère aux engagements écrits déposés à l'ONU, tout devait bien se passer....

 

Lorsqu'en 1997, les Britanniques rétrocèdent à la Chine leur ancienne colonie de Hongkong, il est prévu que jusqu'en 2047, les institutions hongkongaises seront maintenues, selon la formule « Un pays, deux systèmes ».

 

C'était oublier que la prédiction d'Alain Peyrefitte dans son ouvrage « Quand la Chine s'éveillera » deviendrait un jour réalité et que désormais conscient de sa puissance, cet immense pays gouverné d'une main de fer par Xi Jinping, attendrait la première occasion pour bousculer les échéances.

 

Ces opportunités se sont présentées sous deux formes. Ce furent d'abord, à compter de 2019, les immenses manifestations initiées par la jeunesse qui gagnèrent ensuite l'ensemble de la population hongkongaise. Elles revendiquaient plus de démocratie, ainsi que l'autodétermination. Insupportable pour Pékin.

 

Et puis vint la crise du Covid 19 partie de Huwan... La Chine fit preuve d'un manque total de transparence pour en déterminer avec certitude l'origine. On découvrit à cette occasion que dans le fameux laboratoire P 4 situé à Huwan et construit par la France, contrairement aux engagements qui avaient été pris par la Chine, les 80 chercheurs français qui devaient travailler sur le site, ne furent pas autorisés à prendre leurs postes.

 

Il y eut la gestion des masques dans laquelle on s'aperçut que le principal pays producteur, la Chine, livrait des produits défectueux donc inutilisables.

 

On découvrit les relations troubles entretenues par la Chine avec l'Organisation Mondiale de la Santé, laquelle tarda à admettre que l'épidémie touchait désormais la planète.

 

Il y eut la façon de gérer au niveau des Etats cette crise sanitaire, la Chine ayant choisi la méthode autoritaire et tentant d'exporter son « modus operandi » dans sa zone d'influence.

 

Il y a enfin et surtout, la naïveté dont nombre de pays parmi lesquels la France, ont fait preuve pendant des années à l'égard de l'ogre chinois. Accepter que dans la production du matériel médical, dans la fabrication de nombre de produits pharmaceutiques, nous nous mettions en situation de dépendance vis à vis d'autres pays, au premier rang desquels la Chine, a constitué une grossière erreur. Quand la rentabilité et l'appât du gain l'emportent sur toute autre considération...

 

C'est dans ce contexte que le 30 juin à 23 heures, veille de l'anniversaire de l'entrée en vigueur des accords signés en 1984 et appliqués depuis le 1er juillet 1997, que la population de Hongkong a découvert la loi sur la « sécurité nationale » adoptée dans le plus grand secret, qui prenait immédiatement effet.

 

Cette loi qui criminalise toute contestation, marque la fin de Hongkong en tant que territoire libre. Claudia Mo, députée du camp démocratique, l'analyse ainsi : « Cette loi est faite pour terroriser, intimider, réduire Hongkong à néant, faire de Hongkong une ville dans laquelle il n'y aura plus de dissidence, plus de manifestations, plus d'opposition ».

 

En six chapitres et soixante-dix articles, la nouvelle loi fait éclore quatre crimes : la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec une puissance étrangère. Ces crimes sont passibles de la réclusion à perpétuité alors que l'article 33 de la loi précise que les peines seront allégées si l'accusé dénonce une autre personne.

 

Les définitions des crimes ainsi instaurés, sont suffisamment vagues pour permettre aux autorités de réprimer toute manifestation d'hostilité au régime.

 

Tel a été d'ailleurs le cas, puisque le premier manifestant arrêté le 1er juillet en application des nouvelles dispositions, n'avait fait que se tenir debout, les bras croisés, une banderole appelant à l'indépendance, posée à ses pieds.

 

Cette situation fait dire à un juriste qui a souhaité préserver l'anonymat, « fondamentalement, Pékin va pouvoir arrêter n'importe qui, pour n'importe quel crime, puisque c'est Pékin qui a le pouvoir d'affirmer ce que vous avez fait de mal et en quoi c'est mal ».

 

L'effet attendu par Pékin n'a pas tardé à se manifester. La peur a envahi la rue. Les banderoles défendant la démocratie ont disparu des vitrines des commerces, d'ores-et-déjà, nombre de hongkongais ont pris la fuite à l'étranger.

 

A Taïwan, on n'est pas très rassuré. Dans cette île dont la Chine a toujours considéré qu'elle faisait partie intégrante de son territoire, la Présidente Tsaï Ing-wen a déclaré : « Le mépris de Pékin à l'égard des aspirations des Hongkongais prouve -qu'un pays, deux systèmes- n'est pas viable. Beaucoup de choses ont changé à Hongkong depuis 1997 mais le soutien de Taïwan aux hongkongais qui aspirent à la liberté et à la démocratie n'a jamais changé ».

 

Après la mort du Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo dans une prison, atteint d'un cancer en phase terminale et dont la Chine a refusé la libération pour recevoir des soins à l'étranger, nulle clémence à attendre de Xi Jinping. Les atteintes aux Droits Humains dans la province du Xinjiang contre la population musulmane des Ouïgours, en attestent malheureusement. Le nombre de détenus dans des camps atteindrait le million...

 

La répression ordonnée par Deng Xiaoping contre les manifestants de la place Tien anmen qui fit en 1989 des milliers de morts, n'est pas très loin dans l'esprit des Hongkongais. Certes, à ce jour, les chars n'ont pas fait leur apparition dans les avenues de leur ville. Toutefois, dans son projet d'accéder au rang de leader mondial, Xi Jinping considère que le moment est venu de tomber le masque face aux Etats-Unis, dont le Président a abandonné toute idée de multilatéralisme et alors que l'Europe est affaiblie par ses divisions.

 

Si le Canada a suspendu son traité d'extradition avec la Chine, si le Royaume-Uni a promis d'ouvrir la voie à la nationalité britannique à trois millions de hongkongais, les 27 pays de l'Union Européenne, l'oeil rivé sur les relations commerciales entretenues avec ce grand pays, ont condamné « du bout des lèvres » l'initiative de Pékin.

 

Le gong a retenti à Hongkong où la population est désormais sommée de vivre à l'heure de Pékin et il est certain que, si demain le rapport de forces le permet, le rattachement de Taïwan à la Chine continentale, sera la prochaine étape.

 

Sans épouser les outrances de Trump enferré dans la compétition des egos avec son concurrent chinois, l'Europe doit abandonner toute naïveté à l'égard de l'Empire du Milieu. Dans ses relations économiques et commerciales, elle doit exiger l'application de la règle de réciprocité notamment concernant les transferts de technologie.

 

Elle doit enfin, à voix haute et intelligible, rappeler au membre permanent du Conseil de Sécurité qu'est la Chine, l'obligation de respect des Droits Humains lesquels, à l'heure actuelle, sont sans vergogne foulés aux pieds.

Pour cela, il est urgent que l'Europe parle d'une seule voix.

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8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 18:59
8 mai 2019 et 8 mai 20208 mai 2019 et 8 mai 2020

8 mai 2019 et 8 mai 2020

    Il y a un an, à l'occasion de la cérémonie du 8 mai à Cordes , je suggérais de réfléchir, dans un monde dangereux, à la maxime "si tu veux la paix, prépare la paix " (et pas la guerre!)

 

    Aujourd'hui, dans un contexte inédit marqué par les conséquences mondiales de la pandémie de coronavirus, je vous conseille de lire et de méditer l'appel de 12 associations (dont IDN, que je préside) à construire la paix et la sécurité. 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 08:51
Le pessimisme de la raison, l’optimisme de la volonté

La crise que nous traversons depuis quelques semaines est inédite, même si ce n’est pas la première que connaît l’humanité (lire "les pandémies depuis 2000 ans") et certainement pas la dernière.

 

Les contraintes qu’elle impose sur les personnes et sur la collectivité sont à l’origine d’un affolement collectif, qui suscite des angoisses. Que va-t-il se passer après le confinement ? Que sera le « monde d’après » ? Les incertitudes, les approximations, les contradictions qui émanent des propos des politiques, mais aussi de ceux des scientifiques et des médecins, contribuent à alimenter deux types de réactions.

 

Certains imaginent un monde nouveau où tous les excès et les dangers du monde ancien auraient disparu (inégalités, conflits, guerres, réchauffement climatique…) ; d’autres ont une vision apocalyptique de l’après-Covid.

 

Ces 2 visions extrêmes n’aident pas à réfléchir sainement à ce qui s’est passé et encore moins à préparer l’avenir. Il faudra naturellement tirer des leçons de cette crise et de la façon dont elle aura été gérée, non pas pour régler des comptes, mais pour préparer les réponses à de futures crises.

 

En attendant, je préfère me référer à l’aveu d’Antonio Gramsci, qui écrivait dans une lettre à son frère Carlo, écrite en prison le 19 décembre 1929 : « Je suis pessimiste avec l'intelligence, mais optimiste par la volonté ».

 

J’ai souvent eu l’occasion de citer cette belle phrase*, qui définit une sorte de morale de l'action. Elle nous incite à refuser de baisser les bras et de se résigner à ce qui est présenté comme « inéluctable ». Elle prend tout son sens dans la crise que nous traversons.

________________

 

* Lire en particulier mes vœux pour 2009 (texte du 29 décembre 2008)

 

Extraits

     « J'ai eu la curiosité de relire ce que j’écrivais il y a un an, à pareille époque. Je me demandais comment éviter le désenchantement qui nous guettait : "Si l’état du monde, avec ses désordres et les risques qui nous menacent, n’incite pas à l’optimisme, nous avons le devoir de ne pas le peindre chaque jour en noir. Sinon, comment agir, si on n’a pas l’espoir d’un monde meilleur ? "

       Il me semble que je n’ai rien à changer aujourd’hui à ce conseil, alors que la peinture en noir de notre monde est devenue la règle et que les « experts » en rajoutent chaque jour un peu plus sur les catastrophes qui nous attendent. Il n’est pas question bien entendu de sous-estimer la gravité de la crise économique et de ses conséquences sociales, voire sociétales, mais j’espère que, comme moi, vous jugez avec humour (et tristesse) l’attitude de tous ceux qui, tels des astrologues sans complexe, contredisent aujourd’hui allègrement leurs analyses et leurs prévisions. Economistes, politiques, journalistes…. combien sont-ils à nous proposer des solutions qu’ils combattaient hier, à vanter des systèmes qu’ils dénonçaient hier, à condamner les responsables qu’ils fréquentaient hier ! Pas étonnant que ces revirements, parfois indécents, conduisent les citoyens à éprouver tout à la fois exaspération et abattement devant la conduite erratique d’un monde apparemment sans boussole.

       Dans ces moments, il est bon de relire les analyses et les propositions de ceux qui, depuis quelque temps, s’inquiétaient des folles dérives du système capitaliste et qui criaient "au loup". Leurs mises en garde étaient au mieux ignorées, quand elles ne faisaient pas l’objet de sarcasmes. Je me félicite d’avoir été, avec d’autres, de ceux là, mais il ne faut pas se contenter d’avoir raison avant les autres….ce qui est d’ailleurs une position très inconfortable en politique. Il faut maintenant passer aux actes et proposer les changements susceptibles de s’attaquer aux racines du mal, pour donner corps à ce qui doit être la finalité de l’économie : satisfaire les besoins humains. (….)

       Malgré tous les nuages qui obscurcissent l’horizon, je pense qu’il faut cultiver l'optimisme, non pas l’optimisme béat et irresponsable des adeptes de la « méthode Coué, mais celui dont parlait Gramsci, qui se sentait « pessimiste par l’intelligence, mais optimiste par la volonté ». C’est en tout cas ce que je vous souhaite pour la nouvelle année. (….)  »                                                

         Paul Quilès

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21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 21:57
Les pandémies depuis 2000 ans

Le confinement vous laisse probablement des instants de réflexion où vous souhaitez comprendre ce qui se passe et surtout ce qui pourrait se passer (le fameux "monde de demain" ).

 

Malheureusement, la confusion enveloppe à peu près tous les sujets : la contagion, l’immunité, les masques, les tests, le déconfinement…. Quant au flot de chiffres assénés à longueur de journées et commentés de toutes parts (médias, politiques, scientifiques, monde médical), il ne contribue pas non plus à une bonne compréhension de la situation.

 

Si vous voulez replacer cette crise dans le contexte des multiples épidémies et pandémies qui ont ravagé la planète depuis près de 2000 ans, je vous conseille vivement d’écouter cette présentation claire et vivante de Franck Ferrand sur Radio Classique.

 

ECOUTER

 

Elle vous permettra de relativiser les événements que nous vivons (ce qui ne veut pas dire les sous-estimer) et de comprendre comment certaines de ces catastrophes se sont développées à des époques où il n’existait ni téléphone, ni Internet !

 

On trouvera aussi sur ce blog l’histoire de la "peste noire"qui a frappé la cité de Cordes et ses environs au 14ème siècle.

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 11:12
Le numéro un chinois Xi Jinping, masqué, lors d’une cérémonie de plantation d’arbres le 3 avril dernier près de Pékin. © AFP / Pang Xinglei / XINHUA / Xinhua via AFP

Le numéro un chinois Xi Jinping, masqué, lors d’une cérémonie de plantation d’arbres le 3 avril dernier près de Pékin. © AFP / Pang Xinglei / XINHUA / Xinhua via AFP

Je partage totalement cette excellente analyse de Pierre Haski, présentée sur France Inter ce matin.

ECOUTER


Il est dommage que, dans le flot de commentaires et de polémiques suscités par la crise actuelle, que ce soit dans le domaine politique, scientifique ou médical, on trouve si peu de documents aussi clairs et convaincants.    

 

************

"Entre la Chine et le reste du monde,

le temps du soupçon"

 

Les zones d’ombre des débuts de l’épidémie à Wuhan et l'agressivité de Pékin sont des obstacles durables entre la Chine et le reste du monde, même si certains, comme Donald Trump, les utilisent pour faire oublier leurs propres erreurs. Les prémisses d’une nouvelle guerre froide.

 

Il est évidemment impossible de tirer les conclusions d’une crise avant la fin, mais une chose est déjà certaine : le coronavirus laissera des traces dans les relations de la Chine avec le reste du monde. La pandémie accélère des tendances déjà inscrites auparavant, et qui dessinent une nouvelle guerre froide, différente de celle qui a divisé le monde à l’époque soviétique, mais pas moins porteuse de risques.

 

Il y a dans cette affaire des faits et une instrumentalisation, une réalité et des fantasmes, et beaucoup, beaucoup d’idéologie. Placé sur la défensive, le régime chinois a choisi de passer à l’offensive, souvent outrancière, et accentue un peu plus une méfiance, et parfois une hostilité, que le fait d’affronter ensemble une telle pandémie aurait dû effacer.

 

Au titre des faits, il y a évidemment toutes les zones d’ombre sur les débuts de l’épidémie dans la ville de Wuhan. Aucune preuve concluante n’est venue soutenir jusqu’ici l’hypothèse d’un accident de laboratoire à Wuhan, et c’est une affaire trop grave pour se contenter de soupçons ou d’affirmations de personnalités.

 

Mais le démenti du gouvernement chinois ne convainc personne non plus, et ce simple fait devrait poser question au sommet du pouvoir à Pékin. Le fait que la Chine ait étouffé les informations au début de l’épidémie et bâillonné les lanceurs d’alerte, retire toute crédibilité à la communication chinoise. 

 

La Chine devrait faire toute la clarté sur l’origine et le déroulement d’une épidémie qui a plongé le monde dans une crise sans précédent. Mais on ne voit pas les choses ainsi à Pékin.

Il souffle un vent inquiétant en provenance du pouvoir chinois, fait de nationalisme, de triomphalisme d’un système politique autoritaire qui s’offre en modèle au monde quand les Occidentaux sont à la peine, et qui réécrit l’histoire. Le dérapage de la communication de l’ambassade de Chine en France, qui a valu à son ambassadeur une convocation au Quai d’Orsay, n’est qu’un exemple.

 

Les provocations de Donald Trump, qui a trouvé dans le bouc émissaire chinois un bon moyen de se défausser de ses propres erreurs, et surtout de souffler les braises de son propre nationalisme, servent la propagande chinoise par leurs outrances. Le candidat Trump semble penser que la diabolisation de la Chine le servira dans sa campagne électorale.

 

Difficile dès lors de séparer les inquiétudes légitimes vis-à-vis de l’irrésistible ascension d’une Chine qui ne joue pas le jeu, du brouhaha de ceux qui veulent l’instrumentaliser à des fins qui ne sont pas plus honorables. 

 

Les prémisses de cette guerre froide qui monte étaient déjà présents dans la bataille technologique lancée par Donald Trump, en particulier contre le géant des télécom Huawei. Il est probable que ces tensions se poursuivront après le coronavirus, plaçant l’Europe devant des choix difficiles entre deux blocs.

 

Y a-t-il encore une voie entre la complaisance et la guerre froide dans les relations avec la Chine ? La question est ouverte, mais elle s’adresse d’abord aux dirigeants chinois à l’issue de cette crise sanitaire qui a réveillé le temps du soupçon.

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6 avril 2020 1 06 /04 /avril /2020 10:42
Les forces et les faiblesses de notre monde

"Le miroir déformant de la pandémie de coronavirus"

 

par Pierre Haski

 

sur France Inter le 6 avril 2020

 

ECOUTER

 

Chaque pays a regardé l’épidémie se développer ailleurs sans penser qu’il vivrait la même crise aigüe, c’est particulièrement vrai pour les États-Unis qui se vivent toujours en hyperpuissance, mais manquent de masques comme tout le monde.

 

New York est devenu le nouvel épicentre de la pandémie, après avoir été dans le déni trop longtemps. Là aussi, la pénurie d’équipement se fait cruellement sentir.

 

Depuis son apparition à Wuhan, au cœur de la Chine, l’épidémie de coronavirus agit comme un miroir déformant du monde. Le décalage dans le déclenchement de la vague de contamination, de continent en continent, de pays en pays, et même à l’intérieur des pays, fait que nous observons ce qui se passe ailleurs comme si ça n’allait pas nous affecter, ou pas de la même manière.

 

L’Europe a ainsi observé les images de Wuhan en janvier avec distance, sans imaginer un instant que le virus pouvait la toucher de plein fouet. Sans doute les informations incomplètes chinoises ont-elles joué ; mais les scènes d’apocalypse dans les hôpitaux ont été accueillies avec un sentiment inconscient de supériorité : pas possible chez nous, bien sûr.

 

Lorsque l’Italie du nord a été à son tour durement frappée, et les hôpitaux débordés, on a pu entendre les mêmes commentaires, sur la fragilité de l’État italien, par exemple. Et là encore, pas vraiment de soupçon que ça pouvait, que ça allait arriver « chez nous ».

 

Lorsque la France, à son tour, a été atteinte par la pandémie, la BBC britannique traitait le sujet comme une tragédie « ailleurs », comme lointaine. Idem sur CNN, les Américains pleins de compassion montraient l’Europe à la peine, comme si l’Atlantique faisait barrière. Leurs dirigeants donnaient le mauvais exemple, Boris Johnson serrait encore les mains, et Donald Trump parlait de supercherie. Là encore, arrogance inconsciente ; le réveil a été encore plus brutal.

 

Ce miroir nous révèle que l’idée que nous nous faisions de nous-mêmes et des autres était en sérieux décalage avec la réalité. 

 

Après l’Europe qui a découvert avec effarement les pénuries de masques, de tests ou de respirateurs, tout en ayant un système de santé de classe mondiale -et il le prouve dans l’urgence-, c’est le tour des États-Unis. 

 

Et la déconvenue est plus grande encore pour le pays qui se pense toujours en hyperpuissance, mais qui ne fait pas mieux que les autres, avec la double peine d’un Président incohérent dans une nation polarisée. Pourtant, un classement international des pays les mieux préparés au risque de pandémie, plaçait en 2019 les États-Unis en première place.

 

Le regard des autres est aussi cruel. Dans le Financial Times samedi, la romancière indienne Arundhati Roy raconte sa fascination lorsque, à partir de l’Inde confinée et mal lotie, elle observe à la télévision américaine les appels à l’aide de soignants sans masques ou sans gants. Et de s’exclamer : « mon dieu, c’est l’Amérique !» ; comme si pour cette écrivaine qui n’a jamais porté cette Amérique-là dans son cœur, le roi était désormais totalement nu.

 

Le miroir de la pandémie nous révèle les forces et faiblesses de notre monde, la fragilité de puissances trop sûres d’elles, dont nous faisons partie, le succès de certains pays inattendus comme la Corée du Sud ou Taiwan, ou plus attendus comme l’Allemagne. Ce miroir nous transmet aussi une envie furieuse que l’après-pandémie ne ressemble pas à l’avant, et pas seulement pour que la prochaine crise ne nous prenne pas au dépourvu.

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5 avril 2020 7 05 /04 /avril /2020 11:56
Les mots doivent être traduits en actes, déclare le chef de l’ONU

J’ai signé la pétition d’AVAAZ

qui relaie l’appel urgent à un cessez-le-feu mondial lancé par

Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU,

Elle a déjà recueilli près de 2 millions de signatures.

Je vous invite à la signer également et à la faire connaître.


SIGNER

*****

« L'appel à un cessez-le-feu mondial résonne dans le monde entier. L'appel a été approuvé par un nombre croissant d'États membres, quelques 70 à ce jour, par des partenaires régionaux, des acteurs non étatiques, des réseaux et organisations de la société civile et par tous les Messagers de la paix des Nations Unies et Défenseurs des objectifs de développement durable », a noté M. Guterres lors d’une conférence de presse virtuelle pour présenter une mise à jour sur l’impact de cet appel à un cessez-le-feu.

« Des chefs religieux - y compris le pape François - ont ajouté leur voix morale en faveur d'un cessez-le-feu mondial, tout comme des citoyens à travers une mobilisation populaire en ligne », a-t-il ajouté.

Le chef de l’ONU a surtout noté qu’un nombre important de belligérants ont entendu l'appel, notamment au Cameroun, en République centrafricaine, en Colombie, en Libye, au Myanmar, aux Philippines, au Soudan du Sud, au Soudan, en Syrie, en Ukraine et au Yémen.

Mais le Secrétaire général a admis qu’il y avait « une énorme distance entre les déclarations et les actes ».

« Les difficultés de mise en œuvre sont énormes, car les conflits se sont multipliés depuis des années, la méfiance est profonde », a-t-il ajouté. « Nous savons que tout gain initial est fragile et facilement réversible ».

Des conflits se sont intensifiés

Le chef de l’ONU a noté que dans bon nombre des situations les plus critiques, aucune interruption des combats n’a été constatée et certains conflits se sont même intensifiés.

Dans ce contexte, le Secrétaire général juge nécessaire de solides efforts diplomatiques pour relever ces défis. « Pour faire taire les armes, nous devons élever les voix pour la paix », a-t-il dit.

Il a précisé que ses Représentants spéciaux et Envoyés spéciaux, et dans certaines circonstances, les Coordonnateurs résidents, sont en contact avec des belligérants pour obtenir un cessez-le-feu sur le terrain.

Il a pris pour exemple les efforts diplomatiques faits au Yémen, en Syrie, en Libye et en Afghanistan.

« Dans toutes ces circonstances extrêmement difficiles, je lance un appel spécial à tous les pays qui ont une influence sur les belligérants pour qu’ils fassent tout leur possible pour que le cessez-le-feu devienne réalitéJ'appelle tous ceux qui peuvent faire la différence à faire la différence : exhorter et faire pression sur les combattants du monde entier pour qu'ils déposent leurs armes ». a conclu le Secrétaire général.

 

****

« La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien

que se faire la guerre est une folie »

par António Guterres

Le monde entier affronte aujourd’hui un ennemi commun : le COVID-19.

Le virus n’épargne aucune nationalité, communauté ou religion. Il attaque tout le monde sur son passage, implacablement.

Pendant ce temps, les conflits armés continuent de faire rage dans le monde.

Ce sont les personnes les plus vulnérables – les femmes et les enfants, les personnes en situation de handicap, les personnes marginalisées et déplacées – qui paient le tribut le plus lourd.

Ces mêmes personnes courent également le plus grand risque de subir des pertes dévastatrices à cause du COVID-19.

N’oublions pas que dans les pays ravagés par la guerre, les systèmes de santé se sont effondrés.

Les professionnels de santé, qui étaient déjà peu nombreux, ont souvent été pris pour cibles.

Les réfugiés et toutes les personnes déplacées par des conflits violents sont doublement vulnérables.

La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie.

Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde.

C’est la raison pour laquelle j’appelle aujourd’hui à un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde.

L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies.

A vous qui êtes en guerre, je dis :

Renoncez aux hostilités.

Laissez de côté la méfiance et l’animosité.

Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes.

C’est essentiel…

Pour pouvoir établir des couloirs d’aide humanitaire qui sauveront des vies.

Pour reprendre le dialogue et donner une chance à la diplomatie.

Pour ramener l’espoir dans certains des lieux les plus vulnérables face au COVID-19.

Inspirons-nous des coalitions qui prennent forme et des dialogues qui se nouent lentement entre des parties rivales pour permettre des approches conjointes face au COVID-19. Mais il faut en faire beaucoup plus.

Mettons un terme au fléau de la guerre et luttons contre la maladie qui ravage notre monde.

Cela commence par l’arrêt des combats. Partout. Tout de suite.

C’est ce dont nous tous, membres de la famille humaine, avons besoin. Aujourd’hui plus que jamais.

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24 mars 2020 2 24 /03 /mars /2020 19:13
Incroyable : la prévision de Bill Gates il y a 5 ans !

 

C’était en mars 2015 et Bill Gates disait :

 « La prochaine épidémie ? Nous ne sommes pas prêts »

 

     En 2014, le monde a évité une terrible épidémie mondiale du virus Ebola grâce à des milliers de travailleurs de la santé désintéressés - plus, honnêtement, grâce à beaucoup chance. Avec du recul, nous savons ce que nous aurions dû faire mieux.

     Il est donc maintenant temps, demandait Bill Gates il y a 5 ans, de mettre toutes nos bonnes idées en pratique, de la planification de recherche de vaccins à la formation des agents de santé. Et il insistait : « il n'y a pas lieu de paniquer... mais nous devons nous y mettre. »

     Cette courte vidéo (8’36) mérite vraiment d’être regardée

pour comprendre à quel point la gouvernance mondiale

et celle des Etats ont été jusqu'ici incapables

de répondre aux vrais enjeux du futur.

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

    cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez