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15 août 2020 6 15 /08 /août /2020 12:15
Jaurès, naissance d’un géant
Jaurès, naissance d’un géant
Jaurès, naissance d’un géant
Jaurès, naissance d’un géant

     Ce blog comporte de nombreux documents sur Jaurès et ce n’est pas un hasard, puisque j’ai été pendant 14 ans (1993- 2007) le député de sa circonscription (Albi- Carmaux).

    Mes interventions n’ont pas eu pour but de célébrer la mémoire d'une sorte de prophète, mais plutôt de réfléchir aux messages que Jaurès nous a laissés. Ses analyses, ses réflexions philosophiques, humanistes ou politiques, qui datent pourtant d’il y a un siècle, sont toujours d'actualité dans les temps difficiles que nous traversons. Alors que les références trop souvent se perdent, que les tensions internationales se multiplient, que des conflits risquent de dégénérer en guerres, il est encore utile de parler de Jaurès.

    C’est avec cet objectif que j’ai organisé 2 grands spectacles, mis en scène par Claude Moreau :

  • En 1994, « Ils ont tué Jaurès » (voir un extrait )
  • En 2013-2014 « Jaurès, une voix pour la paix », produit par l’association « Histoire(s) du Pays de Jaurès », présidée par Jean Padilla (voir un extrait)

     Vous pourrez aussi retrouver Jaurès dans le film « Jaurès, naissance d’un géant », avec notamment Philippe Torreton. Ce film, diffusé sur la chaîne Public Sénat le 15 août, est encore accessible en podcast.

     Résumé du film: "Le 16 août 1892 à Carmaux, 2.000 mineurs se révoltent parce que l'un des leurs, élu maire socialiste de la ville, a été licencié par le propriétaire de la Compagnie des Mines. Jaurès a 34 ans. C'est un jeune notable : normalien, agrégé, docteur en philosophie, professeur d'université. Il a été élu député, puis battu; c'est un espoir des républicains modérés. Son destin, selon Jules Ferry, est d'être ministre, voire Président du Conseil de cette peu sociale République. En quelques semaines durant cette grève, parce qu'il choisit le camp des opprimés, Jaurès joue son destin : il sera l'élu des pauvres, des sans grades, des exploités."

 

**************

     Je constate aussi que le texte qui suit et que j’ai écrit en septembre 2009 n’a pas pris beaucoup de rides!

« Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui »  

   Les défis du monde auxquels Jaurès était confronté s’appelaient : la paix, l’unité de la gauche, la laïcité, la justice, les droits sociaux, les institutions de la République. Un siècle plus tard, les mêmes défis, sous d’autres formes, sont devant nous.

  Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui, c’est s’inspirer de son exemple dans les combats que doit mener la gauche :

   - la recherche de « l’arbitrage international » dans les conflits, pour éviter le fléau de la guerre, qui doit rester notre objectif en matière de politique internationale ;

   - la lutte contre les inégalités et contre la précarité, que la crise déclenchée par les errements du capitalisme financier a accentuées ;

   - les efforts pour faire progresser –pas seulement en paroles- l’indispensable rassemblement de la gauche, déjà si difficile il y a un siècle, mais rendu possible par la volonté de Jaurès ;

   - le renforcement de la démocratie, affaiblie aujourd’hui par une évolution des institutions vers une sorte de "monarchie républicaine". Rappelons- nous que Jaurès proposait de remplacer le Sénat par une « Chambre du travail », qu’il souhaitait une Assemblée nationale plus forte, pour équilibrer le pouvoir exécutif et que, pour lui, la démocratie passait par un lien fort entre les élus, le peuple, les partis, les syndicats.

- la défense de la laïcité, alors que, de façon insidieuse, la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est à nouveau contournée et menacée.

    De façon plus générale, l’attitude de Jaurès dans le combat politique tranche avec bien des dérives que l’on constate aujourd’hui. Il répétait qu’il fallait "savoir dépenser sa popularité", en allant, lorsque c’était nécessaire, à contre-courant de l’opinion et de la mode. Belle leçon pour tant de responsables politiques –même à gauche-, obsédés par les sondages et le « politiquement correct » !

   Dans le débat, très « chaud » à l’époque sur la façon de combattre le capitalisme et de faire triompher le socialisme –réforme ou révolution ?-, Jaurès reprenait la fameuse formule de Marx sur « l’évolution révolutionnaire », en la précisant : « elle consiste à introduire dans la société d’aujourd’hui des formes qui la dépassent et préparent la société nouvelle… »

    Cet homme courageux, engagé, souvent révolté, défenseur des faibles contre les puissants, savait aussi faire les compromis nécessaires dans l’intérêt de la gauche. C’est ainsi qu’il accepta de voir certaines de ses idées fortes mises en minorité au congrès du Globe (1905), pour ne pas gêner l’unification des socialistes.

   Le monde a changé depuis un siècle, mais dans le climat de confusion, de doute et parfois de perte de repères qui est celui de notre pays, il est bon de revenir à Jaurès.

 

*****

     Extrait du texte de François Mitterrand, inséré dans la brochure de présentation du spectacle « Ils ont tué Jaurès » joué à Carmaux en juillet 1994 :

       « Sa pensée est une espérance, mais elle n’est jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (....)

       Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel. C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires »

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 19:09
Le monde ancien, le monde de demain, Jaurès

Pour la première fois depuis 1992, je n’ai pas pu me trouver aux côtés de mes amis devant la statue de Jean Jaurès à Carmaux, pour rappeler le souvenir du grand tribun, assassiné au Café du Croissant le 31 juillet 1914, la veille du déclenchement de la 1ère guerre mondiale.

Ce n’est pas une raison pour oublier en ce jour les messages que Jaurès nous a laissés. Ses analyses, ses réflexions philosophiques, humanistes ou politiques, qui datent pourtant d’il y a un siècle, sont toujours d'actualité dans les temps difficiles que nous traversons.

Alors que des débats confus sur "le monde ancien" et "le monde de demain", entretenus par le choc de la pandémie, donnent parfois le sentiment d’une remise en cause des valeurs qui fondent une nation démocratique, alors que des tensions internationales de tous ordres, attisées par des dirigeants irresponsables, se multiplient et risquent de dégénérer en guerres, il est utile de revenir à Jaurès.   

Il faut se souvenir de la lourde responsabilité des dirigeants de l'époque -y compris français- dans la grande boucherie qui fit tant de victimes . Jean Jaurès dénonça avec fougue leur attitude, parce qu'il pressentait le tragique engrenage de la violence et de la barbarie.

Je vous propose de lire ce beau texte de Gilles Candar, Président de la Société d'études jaurésiennes, publié dans la brochure de présentation du spectacle "Jaurès, une voix pour la paix". 

***

 

Jaurès, pacifiste et patriote

 

     Il faut prendre toute la mesure du personnage Jaurès. Champion de la paix, homme bon et généreux, sensible, soucieux de réduire et si possible d'abolir la violence dans les rapports humains, oui. Mais il n'est pas pour autant ce qu'on appelait jadis un « pacifiste bêlant », un prédicateur rêvant à un monde parfait et inaccessible. Il est dans l'histoire, il en connaît les réalités, il sait d'où il vient et donc où il va. Il est, profondément, un politique.

     Jaurès est attaché à sa patrie, la France. Il a des mots très forts et très tendres à la fois sur elle. Il n'a jamais dit « à celui qui n'a plus rien, la patrie est son seul bien » comme cela a parfois été dit (la phrase est du révolutionnaire Blanqui, dans un autre contexte). Mais par exemple, il conclut un discours à la Chambre, le 11 mai 1907, en s'exclamant « Si noir que puisse devenir le monde, il ne verra jamais cette chose impossible et monstrueuse, la mort de la France ». Les patries sont une construction historique, humaine, destinées à évoluer comme toutes choses. Il comprend bien qu'elles ne peuvent être immuables, qu'elles sont appelées à se transformer et à coopérer surtout sous des formes qu'il est permis d'espérer de plus en plus harmonieuses. L'horizon ultime est celui de la patrie universelle, mais pour longtemps encore, comme il l'explique lors d'un congrès à Nancy (août 1907) à Hervé, trublion assez véhément de son parti, « les patries sont un fait […] elles ont à l'heure présente une valeur socialiste et humaine […] même dans l'unité socialiste, cette diversité prolongée des nations sera un bienfait, parce que l'unité socialiste humaine ne sera pas uniformité ».

     C'est au même moment que Jaurès à la fois commence à défendre au sein de l'Internationale socialiste l'idée d'une nécessaire lutte contre la guerre, coordonnée et préventive, usant de tous les moyens y compris éventuellement de la grève générale et insurrectionnelle en cas de refus de l'arbitrage, et qu'il se décide à rédiger un ouvrage consacré à L'Armée nouvelle, c'est-à-dire aux profondes réformes du système militaire français afin de lutter contre une éventuelle invasion.

     Son livre paraît finalement en 1911 : il est fondé, compte tenu des dangers de l'époque, sur une stratégie défensive, réduisant la durée du service militaire mais mobilisant toutes les ressources du pays pour assurer l'invincibilité de la nation attaquée. Son grand adversaire est l'esprit de routine, particulièrement prégnant à l'intérieur de l'institution militaire comme à l'extérieur, dès qu'il est question des « choses de l'armée ». Il se plaint de ce désintérêt national que favorise « une conspiration universelle de silence, de mystère puéril, d’esprit de clan, de routine et d’intrigue[1] ».

     Être jaurésien aujourd'hui n'est pas nécessairement reprendre de très belles citations de Jaurès sur la paix ou la guerre, la patrie, l'Europe ou l'humanité, mais c'est poursuivre son effort pour penser dans les termes d'aujourd'hui les conditions de la paix, de la coopération entre les peuples, de la défense nationale et internationale contre les maux présents de l'humanité. Et d'abord garder l'esprit en éveil et se méfier des formules routinières.                                                      

 

                                                               Gilles Candar

 

[1] Jean Jaurès, L'Armée nouvelle, tome 13 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-Jacques Becker, Paris, Fayard, 2012, p. 286.

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28 novembre 2019 4 28 /11 /novembre /2019 09:09
Carmaux: la mémoire des mines
Carmaux: la mémoire des mines

 

La transformation qu'a connue le site minier de Carmaux avec le développement du projet de Cap'Découverte a fait l'objet d'un article de Didier Arnaud dans le quotidien Libération. Le voici.

 

**************

 

Près de la commune du Tarn, un parc de loisirs et un musée ont remplacé l'exploitation de charbon.

 

Un immense terrain de 700 hectares, autour d'un lac et d'une base de loisirs, de grands bâtiments dédiés à la musique, une piste cyclable de 36 kilomètres, un ... télésiège et une piste de ski sur neige synthétique, un musée passionnant, le tout pour une facture de 61,5 millions d'euros d'investissement lors du démarrage en 2003... Voici Cap'Découverte, produit «après-mine» à Carmaux, dans le Tarn, terre d'élection de Jean Jaurès, un des pères du socialisme. Patrick Garcia, ancien mineur, se souvient du passage de Mitterrand avant son élection de 1981, qui a lancé aux ouvriers présents: «On ne vous oubliera pas.» Et Cap'Découverte, c'est en effet un peu le cadeau posthume de «Tonton». A l'époque, le député qui présente la mariée se nomme Paul Quilès. Député du Tarn, ancien ministre, il est à la manœuvre pour organiser l'après-charbon. La dernière unité de production a fermé en 1987. En visionnaire, il décide de vouer la région au tourisme, même si, souligne Garcia, on lui «rigole au nez» quand il évoque le sujet. D'autant que les fermetures s'accompagnent d'une «fuite» de la population, qui perd plus de 6 000 âmes - aujourd'hui autour de 10 000 personnes. Le bastion socialo-communiste est à la peine.

 

«Pharaonique»

 

Le projet de Paul Quilès est ambitieux, il veut changer l'image du Carmausin, passer de cette mono-industrie qui a duré pendant six siècles ... à autre chose. Gageure. On teste diverses idées. On pense à lancer une centrale thermique, créer un centre d'enfouissement de déchets. Rien ne prend. «Tout était précaire par rapport à la mine», explique Garcia.

 

Finalement, quatre thèmes émergent pour cette Découverte. «Sport loisir», un pôle «mémoire», un autre «musique et festival» et, enfin, «l'écologie» : 7 000 tonnes de terre sont remuées, un projet «pharaonique», comme le souligne encore aujourd'hui Paul Quilès. «Il fallait être fou pour penser tout cela», rajoute Patrick Garcia, qui rappelle que Quilès détenait un joli carnet d'adresses, qu'il était «brillant» et pétri de «valeurs», et qu'il savait faire «rejaillir la gloire» sur ceux qui le côtoyaient.

 

Les «locaux» de l'étape ne tarissent pas d'éloges: «Lorsque Paul Quilès m'a parlé de ce fantastique projet, j'ai tout de suite souhaité apporter l'aide nécessaire à sa réalisation, d'envergure régionale, mais aussi nationale», note Martin Malvy, inamovible président du conseil régional de Midi-Pyrénées de 1998 à 2015. Un projet qu'il considère «comme symbole du renouveau du territoire de Carmaux».

 

Même combat côté département, par la voix de Thierry Carcenac, autre baron PS : «Tout notre territoire bénéficiera des retombées économiques, sociales et culturelles. [ ... ] C'est une initiative porteuse d'avenir». Car une des réussites de cette aventure est la conservation de la mémoire, chère à la mythologie socialiste de la région. Le musée de la mine y contribue. Les anciens mineurs ont reconstitué des galeries qu'ils font visiter avec une énergie communicative. Le rythme. A la mine, il fallait l'avoir, pour creuser et remonter tant et plus de charbon, les mineurs sont alors payés au rendement. Et puis, il y a la survie, faire attention au gaz. On regarde si les rats s'enfuient, dans ce cas, on envoie un «pénitent», repris de justice qui descend en premier voir si on peut respirer et gagne sa liberté s'il remonte indemne ... La solidarité n'est pas un vain mot, le mineur dépend de son voisin qui l'aide en cas de pépin. Au fond, l'autre ne va pas sans l'un. Les anciens ont récupéré du matériel que la compagnie Charbonnage de France vendait au prix de la ferraille, «pour montrer à leurs femmes et enfants où ils travaillaient, ils ont réussi à recréer une atmosphère», explique Véronique Malfettes, responsable du musée. Lequel musée leur a permis de «passer à la postérité».

 

« Aventures »

 

Difficile, toutefois, de tourner complètement la page. La mine est toujours dans les têtes, dans les cœurs ... «Avec les mineurs, il y avait de l'argent, des moyens, aujourd'hui, la rue pleure, les commerces sont vides, cela manque d'entretien, il faudrait refaire les façades», explique un commerçant. Selon un ancien fonctionnaire «pessimiste mais franc du collier», qui tient à rester anonyme, les habitants n'ont pas voulu voir que la ressource charbon allait disparaître. Il regrette aussi que les commerçants et autres professions libérales aient préféré investir ailleurs, dans les Pyrénées ou le Languedoc, mais jamais à Carmaux ... Et de souligner que la ville aurait le plus gros «taux d'IFI [impôt sur la fortune immobilière, ndlr] du département».

 

Le projet de Quilès comprenait un Pierre et Vacances, un grand hôtel et un tas d'infrastructures. Mais il n'est pas allé au bout. Un peu la faute des politiques qui ne se seraient pas impliqués suffisamment pour ne pas «froisser la population locale opposée au projet». Il se dit que certains auraient même «préféré la fermeture pour pleurnicher sur le mode "nous, on n'a rien et on est délaissés"». L'ancien ministre s'en souvient aujourd'hui en riant: «On se sentait un peu supérieurs dans le coin. On disait qu'ici, on avait "redressé la France avec le charbon. Maintenant, est-ce qu'on aurait pu faire autre chose? Difficile de réécrire l'histoire ... »

 

D'autres restent optimistes. Comme cette libraire de Carmaux qui assure: «Les gens qui viennent ici sont curieux et avides de découvrir de la littérature et des aventures qu'ils ne connaissent pas.» Comme en témoigne, par exemple, l'excellent festival Rock Time qui a eu lieu pendant plus de quarante-cinq ans. Au bout du compte, Paul Quilès n'a pas à rougir. Il a bataillé contre vents et marées, et réussi à faire venir un centre d'appels de quelques centaines d'emplois. L'ancien ministre rappelle, à toutes fins utiles, que le spectacle Ils ont tué Jaurès, donné en 1994, a attiré 5 000 personnes chaque soir durant sept jours. A défaut d'être redevenu un bassin d'emploi prospère, Carmaux continue à faire vivre à travers la culture l'âge d'or de l'industrie minière en Occitanie.

 

Didier Arnaud Envoyé spécial à Carmaux ,  Guillaume Rivière Photo 

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Voir aussi sur ce sujet: "Une reconversion écologique" 

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1 mai 2019 3 01 /05 /mai /2019 10:40
Jaurès, le 1er mai à Carmaux

     Ce 1er mai, nous étions à nouveau réunis avec respect et reconnaissance devant la statue de Jaurès à Carmaux (dont j'ai été le député de 1993 à 2007)

 

     La pensée de ce grand socialiste continue à nourrir ma réflexion et mon action.

 

     Puissent ses idéaux de dignité des travailleurs, de paix, de liberté, d'internationalisme et d'unité de l'Europe, inspirer celles et ceux qui se réclament encore du socialisme!

 

     Ils peuvent en tout cas servir de boussole dans la période de confusion politique que nous traversons.

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1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 12:12
Une reconversion écologique
Une reconversion écologique
Une reconversion écologique

      Le film documentaire sur l’histoire peu commune de la reconversion de la Grande Découverte de Carmaux, réalisé par la Société Crestar productions, va être présenté au Festival des créations télévisuelles de Luchon le 8 février.

 

REGARDER la présentation vidéo du film (2’20),

qui inclut une interview de Ségolène Royal

       Destiné à une diffusion télévision et grand public, ce film a reçu le soutien notamment du Département du Tarn, de la Région Occitanie, du Ministère de l’environnement et du SMAD (Syndicat Mixte pour l’Aménagement de la Découverte).

      En avant -première de sa diffusion télévisuelle, le film a été projeté le 14 décembre 2018 dans le lieu emblématique que constitue la Maison de la Musique de Cap’ Découverte.

ECOUTER l'interview (9'45)

 

que j'ai donnée à France Bleu Occitanie le 31 janvier

 

    Le film montre comment cette mine de charbon à ciel ouvert, constituée par une fosse d’un volume total de 85 millions de mètres cubes, ayant une emprise de 100 hectares et une profondeur de 220 mètres, située dans une région chargée d’histoire (Carmaux, Jaurès), s’est transformée en un magnifique espace de sports, de loisirs et de culture, qui offre des activités pour tous et en toutes saisons, en parallèle avec un pôle industriel.

    C’est dans un souci de préservation du patrimoine que les concepteurs, refusant la fatalité, ont mis en œuvre un projet destiné à reconquérir l’espace, plutôt que de le laisser à l’abandon. Leur objectif était à la fois de changer l’image du territoire et de restaurer une dynamique économique et sociale.

    Le réalisateur a recueilli et filmé les témoignages d’élus et anciens élus, des mineurs, des historiens locaux, des syndicalistes, des gestionnaires du site, ainsi que de tous ceux et celles qui ont contribué à l’élaboration du projet et à son développement. Ségolène Royal, alors Ministre de l’Environnement, tout en apportant le soutien de son ministère, a accordé une interview soulignant l’aspect écologique de ce grand projet.

Une reconversion écologique
Une reconversion écologique
Une reconversion écologique
Une reconversion écologique
Une reconversion écologique

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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 14:36
Histoire d'une reconversion
Histoire d'une reconversion
Histoire d'une reconversion

 

     Cap'Découverte,

Histoire d’une reconversion

 

       Un film documentaire sur l’histoire peu commune de la reconversion de la Grande Découverte de Carmaux a été réalisé par la Société Crestar productions.

      J’en ai accompagné la réalisation, avec Jean Padilla, Président de l’Association Histoire(s) du pays de Jaurès.

     Ce film, destiné à une diffusion télévision et grand public, a reçu le soutien notamment du Département du Tarn, de la Région Occitanie, du Ministère de l’environnement et du SMAD (Syndicat Mixte pour l’Aménagement de la Découverte).

      En avant-première de sa diffusion télévisuelle,

il sera projeté le 14 décembre 2018, à 20 heures 30,

dans le lieu emblématique que constitue la Maison de la Musique de Cap’ Découverte.

Cette séance sera gratuite et largement ouverte au public.

 

        Le film montre comment cette mine de charbon à ciel ouvert, constituée par une fosse d’un volume total de 85 millions de mètres cubes, ayant une emprise de 100 hectares et une profondeur de 220 mètres, située dans une région chargée d’histoire (Carmaux, Jaurès), s’est transformée en un magnifique espace de sports, de loisirs et de culture, qui offre des activités pour tous et en toutes saisons, en parallèle avec un pôle industriel.

       C’est dans un souci de préservation du patrimoine que les concepteurs, refusant la fatalité, ont mis en œuvre un projet destiné à reconquérir l’espace plutôt que de le laisser à l’abandon. Leur objectif était à la fois de changer l’image du territoire et de restaurer une dynamique économique et sociale.

        Le réalisateur a recueilli et filmé les témoignages d’élus et anciens élus, des mineurs, des historiens locaux, des syndicalistes, des gestionnaires du site, ainsi que de tous ceux et celles qui ont contribué à l’élaboration du projet et à son développement. Ségolène Royal, alors Ministre de l’Environnement, tout en apportant le soutien de son ministère, a accordé une interview soulignant l’aspect écologique de ce grand projet.

Histoire d'une reconversion
Histoire d'une reconversion
Histoire d'une reconversion
Histoire d'une reconversion
Histoire d'une reconversion
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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 19:24
Une fête de la rose sous le signe de Jaurès

     La « fête de la rose » organisée hier par la fédération socialiste du Tarn a montré que le PS, même affaibli par l’échec électoral de l’an dernier et par quelques défections, a la volonté et la capacité de repartir.

     Après avoir pris connaissance des prochaines étapes de cette reconstruction, présentées par la secrétaire nationale Gabrielle Siry, les militants ont entendu deux interventions.

     D’abord celle du député européen Eric Andrieu , porte-parole des sociaux-démocrates à l’agriculture. Favorable à un changement radical de notre modèle agricole, il a notamment montré les insuffisances de la prise en compte des dimensions sanitaire et environnementale dans la politique agricole menée actuellement au niveau de l’Europe, trop influencée par les lobbies. Il a également précisé les propositions des socialistes pour les prochaines élections européennes.

     Je suis ensuite intervenu pour présenter le rôle que devrait jouer l’Europe sur la scène internationale, alors que les tensions s’accentuent dangereusement, exacerbées par l’attitude irresponsable du président américain.

     Cela m’a donné l’occasion, dans ce « pays de Jaurès » que je connais bien*, de revisiter la pensée du grand socialiste qu’il fut, en rappelant notamment ses mises en garde avant le déclenchement de la 1ère guerre mondiale, qu’il pressentait comme une épouvantable boucherie (écouter son discours prémonitoire, prononcé à Vaise le 25 juillet 1914)

     Coïncidence, le jour même de cette « fête de la rose », j’ai assisté à Albi une conférence de l’historien Jean-Paul Scot sur le Congrès de Toulouse du parti socialiste en 1908, au cours duquel Jaurès fit adopter la stratégie de « l’évolution révolutionnaire ». Le texte ci-dessous, que j’ai écrit à ce sujet il y a 9 ans n’a pas pris une ride. Les dirigeants du PS pourraient s'en inspirer….

* J’ai été député pendant 14 ans de la circonscription de Jaurès (Albi- Carmaux) et j’ai organisé 2 grands spectacles « Ils ont tué Jaurès » et « Jaurès, une voix pour la paix ». Voir : "Jaurès, encore et toujours" 

« Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui »

 (19 septembre 2009)

   Les défis du monde auxquels Jaurès était confronté s’appelaient : la paix, l’unité de la gauche, la laïcité, la justice, les droits sociaux, les institutions de la République. Un siècle plus tard, les mêmes défis, sous d’autres formes, sont devant nous.

  Etre fidèle à Jaurès aujourd’hui, c’est s’inspirer de son exemple dans les combats que doit mener la gauche :

   - la recherche de « l’arbitrage international » dans les conflits, pour éviter le fléau de la guerre, qui doit rester notre objectif en matière de politique internationale ;

   - la lutte contre les inégalités et contre la précarité, que la crise déclenchée par les errements du capitalisme financier a accentuées ;

   - les efforts pour faire progresser –pas seulement en paroles- l’indispensable rassemblement de la gauche, déjà si difficile il y a un siècle, mais rendu possible par la volonté de Jaurès ;

   - le renforcement de la démocratie, affaiblie aujourd’hui par une évolution des institutions vers une sorte de "monarchie républicaine". Rappelons- nous que Jaurès proposait de remplacer le Sénat par une « Chambre du travail », qu’il souhaitait une Assemblée nationale plus forte, pour équilibrer le pouvoir exécutif et que, pour lui, la démocratie passait par un lien fort entre les élus, le peuple, les partis, les syndicats.

- la défense de la laïcité, alors que, de façon insidieuse, la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat est à nouveau contournée et menacée.

    De façon plus générale, l’attitude de Jaurès dans le combat politique tranche avec bien des dérives que l’on constate aujourd’hui. Il répétait qu’il fallait "savoir dépenser sa popularité", en allant, lorsque c’était nécessaire, à contre-courant de l’opinion et de la mode. Belle leçon pour tant de responsables politiques –même à gauche-, obsédés par les sondages et le « politiquement correct » !

   Dans le débat, très « chaud » à l’époque sur la façon de combattre le capitalisme et de faire triompher le socialisme –réforme ou révolution ?-, Jaurès reprenait la fameuse formule de Marx sur « l’évolution révolutionnaire », en la précisant : « elle consiste à introduire dans la société d’aujourd’hui des formes qui la dépassent et préparent la société nouvelle… »

    Cet homme courageux, engagé, souvent révolté, défenseur des faibles contre les puissants, savait aussi faire les compromis nécessaires dans l’intérêt de la gauche. C’est ainsi qu’il accepta de voir certaines de ses idées fortes mises en minorité au congrès du Globe (1905), pour ne pas gêner l’unification des socialistes.

   Le monde a changé depuis un siècle, mais dans le climat de confusion, de doute et parfois de perte de repères qui est celui de notre pays, il est bon de revenir à Jaurès.

Une fête de la rose sous le signe de Jaurès
Une fête de la rose sous le signe de Jaurès

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31 juillet 2018 2 31 /07 /juillet /2018 07:30
Jaurès, encore et toujours

       Je serai ce soir aux côtés de mes amis devant la statue de Jean Jaurès à Carmaux, comme je le fais depuis 26 ans, pour rappeler le souvenir du grand tribun, assassiné au Café du Croissant le 31 juillet 1914, la veille du déclenchement de la 1ère guerre mondiale.

      Cette commémoration n'a pas pour but de célébrer la mémoire d'une sorte de prophète, mais elle est l’occasion pour la gauche de réfléchir aux messages que Jaurès nous a laissés. Ses analyses, ses réflexions philosophiques, humanistes ou politiques, qui datent pourtant d’il y a un siècle, sont toujours d'actualité dans les temps difficiles que nous traversons.

     Alors que les références trop souvent se perdent, que les tensions internationales se multiplient, que des conflits risquent de dégénérer en guerres..... il est utile de parler de Jaurès. C’est ce que je ferai dans quelques jours devant les 5000 jeunes Français et Allemands réunis à Besançon à l’occasion du "Festival international pour la paix ".

     Pour mieux se souvenir de cet homme exceptionnel, qui a marqué l'histoire de la gauche par sa pensée et son action, voici quelques liens intéressants :

  - un extrait vidéo du spectacle joué à Carmaux en 2013 et 2014 "Jaurès, une voix pour la paix"

  - le dernier discours de Jaurès, prononcé le 25 juillet 1914, discours prémonitoire !

  - Jaurès, pacifiste et patriote

  - Jaurès, la guerre, la paix

Jaurès, encore et toujours

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25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 10:13
Merci, Gisèle Casadesus

      Elle avait enthousiasmé le public  du spectacle "Jaurès, une voix pour la paix".

 

      C'était il y a 3 ans et elle avait 100 ans. Chacun se souvient comment elle avait "crevé l'écran" dans son rôle d'arrière grand-mère, née quelques heures avant l'assassinat de Jaurès  et qui parlait de cette époque avec émotion et humour à son arrière petit-fils, qui préparait une thèse sur Jaurès.

 

    Alors qu'elle vient de nous quitter, nous avons une pensée affectueuse pour cette grande comédienne.

 

       Voici comment nous lui avions rendu hommage à l'occasion de son anniversaire.

 

********

 

Communiqué de l'Association "Histoire(s) du Pays de Jaurès"

publié le 14 juin 2014

 

      " La comédienne Gisèle Casadesus, née quelques semaines avant la déclaration de la guerre 14-18, fête aujourd'hui 14 juin, ses 100 ans. Sociétaire honoraire de la Comédie-Française, elle ne joue plus au théâtre depuis une dizaine d'années, mais elle continue au cinéma et à la télévision. Malgré son âge, elle conserve une étonnante vivacité d'esprit.

 

      Nous avons pu nous en rendre compte, lorsque nous avons présenté, sur une idée de Paul Quilès, un spectacle- évènement, créé par Claude Moreau, "Jaurès, une voix pour la paix", qui a rassemblé prés de 5000 spectateurs à Carmaux, en octobre 2013. Elle y joue le rôle d’une arrière grand-mère Carmausine, fille de mineurs, née accidentellement sur le carreau de la mine de Cagnac, le 31 juillet 1914, jour de l’assassinat de Jean Jaurès.

 

      Elle dialogue, à travers ses souvenirs, avec son arrière petit fils, jeune étudiant, qui écrit un mémoire sur le thème « Actualité de la pensée de Jaurès ». Son regard perçant, ses rides qui lui confèrent une beauté empreinte de sagesse, son jeu d’artiste plus que réaliste, en font la force du spectacle. Combien de spectateurs, sous le coup de l’émotion, ont senti monter leurs larmes !

 

      A l’occasion de la commémoration du centenaire de l’assassinat de Jean Jaurès et du début de la Grande Guerre, ce spectacle sera à nouveau présenté du 27 au 31 juillet, à la Maison de la Musique, sur le site réaménagé de l’ancienne mine à ciel ouvert de Cap’ Découverte.

 

      Une revue de presse est disponible sur les actualités du site du spectacle , où on trouve également un extrait vidéo permettant d’avoir une première approche de la qualité et du contenu émotionnel de cette œuvre, qui expliquent son succès auprès des spectateurs."

 

Merci, Gisèle Casadesus

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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 18:24
Hommage à Rolande Trempé

      Les Tarnais, et en particulier les Carmausins, avaient beaucoup de respect et d’affection pour Rolande Trempé, qui vient de nous quitter, à quelques semaines de son centenaire.

 

   En  1971, après quinze années de recherches, elle a été la première universitaire à soutenir une thèse sur les mineurs, ouvrant ainsi la voie à l’histoire sociale.

 

     En travaillant sur les mineurs, à Carmaux, elle a retrouvé Jean Jaurès et est devenue la meilleure spécialiste de Jaurès dans ses relations avec le monde ouvrier.

 

     Adepte d’une histoire qu’elle qualifiait d’accessible à tous, qui doit donc être écrite en termes simples,  elle a tout naturellement répondu aux sollicitations de Paul Quilès, dans le cadre des initiatives mémorielles et historiques qu’il a conduites, en tant que député de la circonscription de Jean Jaurès.

 

     En 1994, elle a accompagné la création du spectacle « Ils ont tué Jaurès ».


    En 2000, elle a pris part à la réflexion sur la mémoire vivante de la mine que constitue le musée de Cagnac les Mines.

 

     En 2014, elle a soutenu le spectacle « Jaurès une voix pour la Paix », créé par l’Association Histoire(s) du Pays de Jaurès.

 

      C’est au nom de cette association que je souhaite lui rendre hommage et m’associer à l’émotion de tous ceux qui l’ont approchée.

 

Jean PADILLA

Président de l’Association Histoire(s) du Pays de Jaurès

Maire Honoraire de Cagnac les Mines

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Faites connaissance avec

Cordes sur Ciel,

la cité médiévale dont Paul Quilès a été le maire pendant 25 ans.

    cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

        site de l'Office du tourisme 

Faites connaissance avec IDN

 (Initiatives pour le désarmement nucléaire),

dont Paul Quilès est président.

IDN travaille chaque jour à la réduction des arsenaux nucléaires et du risque, intentionnel ou non, d’utilisation de l’arme nucléaire.

IDN oeuvre à construire un monde sans armes nucléaires, pour une paix et une sécurité internationale durables.

Bibliographie

- 2018: L'illusion nucléaire- La face cachée de la bombe atomique (avec Jean-Marie Collin et Michel Drain)

- 2017: Quelques citations sur les armes nucléaires

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  

- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu) 

- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff ) 

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï) 

- 1992: Nous vivons une époque intéressante 

- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez