Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 11:53

     Nous allons présenter à nouveau, à partir d’aujourd’hui et jusqu’au 31 juillet, le spectacle "Jaurès, une voix pour la paix", à la Maison de la Musique, sur le site réaménagé de l’ancienne mine à ciel ouvert de Cap’Découverte,

 

     Alors que certains n’hésitent pas à polémiquer autour de l’héritage de Jaurès, je pense utile de redonner mon interview d’octobre 2013 à ce propos. Ecouter l’entretien

  

     Dans notre monde si agité, dangereux et parfois difficile à déchiffrer, il est important de mieux situer le rôle et l’action des décideurs politiques.

 

     Le spectacle  "Jaurès, une voix pour la paix", au-delà de sa valeur artistique, aide justement à cette prise de conscience, en faisant revivre les grands évènements du siècle écoulé à la lumière des valeurs et des enseignements que nous a légués Jaurès.

 

       Présentation du spectacle par Paul Quilès

au JT 19/20 de France 3 Midi-Pyrénées du 27/07/2014:

cliquez ici (de 7’ à 11’)

     Pour tout renseignement pratique sur le spectacle,

consulter:

 http://www.jaures-lespectacle.fr/

Parler de Jaurès
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 22:17

 

"Il faut toujours revenir à Jaurès, à ses actes, à ses paroles". Ainsi commençait le texte de François Mitterrand dans la brochure de présentation du spectacle « Ils ont tué Jaurès », que nous avons organisé en 1994 à Carmaux.

 

Comment ne pas revenir à lui en effet, alors que nous allons bientôt commémorer le centenaire de sa mort, qui coïncida tragiquement avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale ?

 

C’est ce que nous avons voulu faire en présentant « Jaurès, une voix pour la paix », un spectacle vivant qui montre, de façon originale, l’actualité du message de Jaurès sur la guerre et sur les causes des conflits qui conduisent parfois à l’affrontement : les nationalismes, le racisme, l’exploitation du travail, les rivalités économiques…

 

Les 10 premières représentations de ce grand spectacle, écrit par Jean-Louis Sagot-Duvauroux et mis en scène par Claude Moreau, ont rassemblé près de 5000 spectateurs, en octobre dernier, dans la salle François Mitterrand, ancienne salle de la Verrerie de Carmaux, lieu emblématique des combats de Jean Jaurès il y a un siècle.

 

Il sera présenté à nouveau du 27 au 31 juillet, à la Maison de la Musique, sur le site réaménagé de l’ancienne mine à ciel ouvert de Cap’Découverte, situé entre Albi et Carmaux, au cœur de la circonscription qui a marqué le parcours de ce grand homme de paix. Cette manifestation constituera un évènement remarquable parmi ceux prévus dans notre région. Elle prendra un relief particulier, puisque nous commémorerons, le 31 juillet, le centenaire de l’assassinat de Jean Jaurès.

 

Je souhaite que « Jaurès, une voix pour la paix » ne soit pas seulement perçu comme le spectacle d’hommes et de femmes fiers de leur histoire, mais qu’il soit aussi une occasion de voir le monde d’aujourd’hui à travers les paroles et les actes du grand socialiste.

 

Afin de mieux éclairer nos réflexions et nos engagements dans ce monde incertain et violent, il me semble utile que soit ainsi évoquée l’action de Jaurès, pacifiste et patriote -selon la belle formule de Gilles Candar une action inlassable pour la paix, pour une Europe unifiée, pour la dignité humaine.

 

                                                                                     Paul Quilès   

_______________________________________________________

 

Renseignements pratiques 

 

Le site du spectacle : http://www.jaures-lespectacle.fr/

 

Une revue de presse est disponible sur les actualités du site du spectacle , où on trouve également un extrait vidéo permettant d’avoir une première approche de la qualité et du contenu émotionnel de cette œuvre, qui expliquent son succès auprès des spectateurs. 

 

Les représentations auront lieu en soirée du 27 au 31 juillet, tous les jours à 20 heures 30, à la Maison de la Musique, sur le site de Cap’Découverte, situé entre Albi et Carmaux, Tarn. 

 

Deux représentations en matinées seront données à 15 heures,  le dimanche 27 et le jeudi 31 juillet.

Le prix de l’entrée est de 15 €, avec un tarif réduit de 12 € pour les enfants de moins de 12 ans, les chômeurs et les groupes d’au moins 10 personnes.

Pour tout renseignement, téléphoner au 07 80 04 10 95.

Possibilité de manger sur place au Restaurant de la Découverte, réservations 06.60.44.83.90 ou fdefez@laposte.net

 

La réservation des places se fait par Internet  sur Ticketnet 

Les tickets sont en vente au tarif de 15 € et 12 € dans les lieux suivants :

          * Office de Tourisme- Place Gambetta-CARMAUX

          * Office du Tourisme – Place Sainte Cécile-ALBI

          * Office du Tourisme – CORDES SUR CIEL

          * Grand Théâtre- ALBI    http://albilletterie.fr

          * Magasins E. Leclerc

Eclairer nos réflexions et nos engagements
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 18:00

        Moments émouvants hier, lors de la visite dans le Tarn du Président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui a souhaité retrouver quelques lieux emblématiques de l'action de Jean Jaurès sur sa terre d'élection: Albi, Carmaux, Pampelonne...

 

       A la fin de la journée, il a prononcé un beau discours, qu'on trouvera ci-dessous et qui résume bien la pensée de celui qui fut à la fois un grand tribun, un humaniste et un socialiste, dont les analyses et les exhortations n'ont pas pris une ride un siècle plus tard.

 

********************

       Pour revivre l'histoire des grands évènements du siècle écoulé à la lumière de la pensée de Jaurès, je vous invite à venir voir le spectacle   "Jaurès, une voix pour la paix" , qui sera donné du 27 au 31 juillet à

Cap'Découverte, près de Carmaux. Vous pouvez déjà réserver ici   

 

**********************

      " Quel plaisir de se retrouver en ces terres albigeoises, terres d’une beauté renversante. Je ne sais, depuis que je sillonne ce département depuis l’aube, qui entraîne qui dans la course à l’élégance, de la main de la nature ou de celle de l’homme.

 

      Un grand merci pour nous ouvrir aussi généreusement vos portes, vos villages, vos villes, vos musées et vos bâtiments officiels, avec l’enthousiasme et la fierté de ceux qui savent qu’ils ont là, sous leurs pieds, à portée de main, au-delà de lieux locaux familiers, des trésors nationaux.

 

      Car c’est une des spécificités de votre génie local d’entraîner des convulsions universelles. L’hérésie cathare fut-elle une révolte locale ? Bien sûr que non. A d’autres époques, nous l’aurions appelée Résistance. Des hérésies, elle fut sans doute une des plus belles, une des plus fascinantes, déjà une « force essentielle de négation », pour reprendre la belle formule de votre enfant qui nous occupe aujourd’hui, Jean Jaurès.

 

      Hérétique, Résistant, Jaurès le fut-il ? Sans doute, chacun porte en soi sa vision de ce grand tribun fondateur. Mais, ce qui est sûr, encore une fois, c’est que Jean Jaurès, s’il est une figure tutélaire d’inspiration permanente pour la gauche française, est une épaisseur historique qui appartient à toute la nation. Nous le voyons à la profusion des documents qui paraissent à l’occasion du centenaire de son lâche assassinat.

 

      Biographies, films, ouvrages sur les circonstances de sa mort, anthologies de ses textes, livres politiques sur son message et ses idées, de la part de la gauche comme de la droite ! Jaurès n’a jamais été aussi vivant. Dans une société que la résignation et le cynisme qualifient parfois d’indifférente, sans idée, matérialiste ou consumériste, apolitique, que sais-je encore, l’agitation autour de Jaurès montre qu’il n’en est rien.

 

      Lire Jaurès, écouter Jaurès, regarder Jaurès, c’est aller chercher au plus profond de soi ce que l’on peut faire pour l’autre, pour son pays, pour le genre humain. Car que montre la très belle exposition que nous venons de visiter, et dont je salue et félicite les organisateurs ? Que, du Tarn à l’Assemblée nationale, de Castres à la funeste rue Montmartre, Jaurès alla chercher inlassablement au plus profond des êtres qu’il rencontra, leur part d’humanité et de dignité. Il ne relâcha jamais l’ardeur de cette quête, avec ce mélange qui le caractérise de combativité et de tranquillité.

 

      Qu’avons-nous ressenti dans les couloirs de cette exposition, que ressentons-nous à la vue de ces lieux si familiers au jeune professeur de philosophie qui choisit, après l’Ecole normale supérieure, d’enseigner ici à Albi, contre les conseils de ses camarades et professeurs qui le prévenaient qu’une carrière se construisait à Paris ?

 

      Nous avons vu tout d’abord un homme au travail. A la vue de ses manuscrits, à la vue de ce bureau si émouvant, nous nous rappelons que, pour Jaurès, le combat politique est un long travail pour acquérir la connaissance, notamment la connaissance de son semblable.

 

      Jaurès, on l’a vu, n’avait rien d’un idéologue sectaire. Pas du tout, c’était un bon élève, travailleur, curieux, qui aimait la philosophie, et qui n’y voyait rien d’abstrait. Ce sont la philosophie et l’histoire qui le menèrent à la politique comme c’est la République qui le mena au socialisme. La philosophie ne devait pas, pour lui, s’étudier en soi. Elle n’avait de sens que si elle était au service de l’émancipation individuelle et de la libération collective, par exemple de l’amélioration du sort des mineurs. Mais attention, si les études de sa jeunesse le portaient à la politique, cette action politique était inspirée de cette hauteur de vue et de son exigence. Et je ne suis pas sûr que, sur ce point, nous lui soyons si fidèles.

 

      Nous, peuple d’une époque qui a sacrifié le souci du long terme au court terme des chaines d’information et à l’immédiateté des petites phrases. Nous, peuple d’une époque dont les partis politiques ont abandonné leur mission fondamentale d’éducation populaire, nous, peuple d’une époque qui est si fière de parler en chiffres, en pourcentages et en slogans, nous, sommes-nous dignes des promesses du baptême du Parti socialiste par Jean Jaurès en 1905 ?

 

      Là où les phrases de Jaurès argumentaient avec conviction, nos chiffres ordonnent avec arrogance. Là où les mots de Jaurès collaient aux émotions et aux souffrances, nos pourcentages collent aux classements et aux taux d’intérêt. Là où les appels de Jaurès engendraient l’enthousiasme des jeunesses et des opprimés, nos slogans engendrent l’abstention et la désaffection. Là où Jaurès citait Leibniz et sa théorie de l’harmonie, nous citons les agences de notation et leurs théories de l’austérité.

 

      J’enrage parfois, à écouter des voix dont les relents m’entraînent à d’obscures réminiscences, des voix de haine, pour le dire en un mot, des voix d’extrême-droite, utiliser nos mots si nobles : peuple, travailleur, classes populaires, souffrances, liberté.

 

      Eux les utilisent pour nous trahir, pour trahir ce peuple qu’ils feignent d’aimer, ce peuple que l’on s’acharne, nous les républicains de progrès, à vouloir séduire avec nos chiffres, nos graphiques et nos publicités.

 

      Nous avons ensuite, dans cette exposition, vu un homme dont l’ardeur à la transformation sociale n’a jamais faibli. Nous venons de le voir à la tribune de l’Assemblée, créant par la seule force de sa verve le frémissement même de l’air.

 

      Il y a un an, le 25 mai 2013, j’ai eu le plaisir de commémorer avec la population de ma ville, le Pré-Saint-Gervais en Seine-Saint-Denis, le centième anniversaire d’un discours magnifique de Jaurès contre l’allongement du service militaire de deux à trois ans. Une photo le montre ce jour-là, le poing serré, le buste penché vers la foule, le drapeau rouge, derrière, qui flotte au vent et qui semble scander ses paroles émancipatrices. Il était révolutionnaire, assurément, et il voulait que le Parti socialiste le soit.

 

      Vous connaissez ces mots : « précisément parce qu’il est un parti essentiellement révolutionnaire, il est le parti le plus activement et le plus réellement réformateur ». C’était le discours de Toulouse dont nous venons d’admirer le manuscrit. Les assurances sociales, la journée de huit heures, la question scolaire, l’enrichissement de l’imaginaire des travailleurs, l’organisation de la lutte pacifiste … C’étaient d’abord des idées, des utopies pour certains. Et cela devenait des forces de conviction, des possibilités réelles, cela devenait des enjeux de conquête.

 

      Son travail sur la pensée, son absence de peur devant les grandes idoles qui entravaient le droit de propriété alimentaient une éloquence et une énergie que les travailleurs aimaient puisqu’après un discours de Jaurès, une chose impossible, un élément de fatalité, un accablement jadis éternel, devenaient discutables, devenaient friables, en un mot, devenaient contestables.

 

      Et là commençait la politique, là commençait l’enjeu de la lutte socialiste. Quand il toucha à la guerre, on ne lui pardonna pas. Et c’est bien parce qu’une paix imposée par les travailleurs de France et d’Allemagne n’était pas impossible si l’arme ou la menace de la grève générale étaient bien utilisées que les bellicistes le tuèrent à temps.

 

      C’est pour la paix entre les hommes, le droit des gens qui souffrent et qui travaillent à tout simplement vivre et ne pas se faire tuer sur un champ de bataille, que le Grand Jaurès est mort, au café du Croissant. Une idée simple et évidente, qui n’avait rien d’un fantasme. Mais il est si simple d’appeler fatalité la volonté de ceux qui ont les moyens d’imposer leurs intérêts.

 

      Enfin, ce que cette exposition nous révèle, et nous touchons là le cœur du mystère de Jaurès, c’est une certaine idée de la dignité de l’homme. Oui, Jaurès avait cette certaine idée de la dignité des hommes qui le poussait au travail. Et il travailla si bien, il les écouta si bien ces hommes et ces femmes, que de ce vingtième siècle qui le tua en naissant, il en fit son siècle, sa conscience et sa voix la plus juste.

 

      J’ai rappelé dans mon discours de l’année dernière au Pré-Saint-Gervais que Jaurès, tout au long de ce XXème siècle qu’une balle de revolver lui enleva, est demeuré « cette boussole pour la gauche », que tout homme de gauche, devant un problème, devant une incertitude, se demande, encore aujourd’hui : dans la même situation, « qu’aurait fait Jaurès » ?

 

     Jaurès voulait en effet, et c’est ce qui fascine quand on le lit, tout réconcilier, monde sacré et monde profane, travailleurs de tous les pays, révolution et réforme, action et philosophie. Sa pensée, sa parole expriment à chaque mot une vision quasi mystique de la politique.

 

     Elle produit à chaque page un espoir tel qu’on s’en veut de ne pas, parfois, en faire toujours plus pour que la justice advienne enfin. Il parlait en 1904 de la recherche politique de ce « point d’équilibre de la vie intérieure », cette « vie intérieure » dont il se soucie tant chez les prolétaires. Il voudrait tant que le mouvement socialiste auquel il appartient incarne la faculté d’enrichissement de cette vie intérieure, parallèlement au combat social proprement dit.

 

      Il sait, ce disciple de Rousseau, il sait, ce grand connaisseur du grand comité de l’an II, que les pauvres et les exclus se détourneront des forces politiques qui ne composent plus cette petite musique qui les consolait de leur misère.

 

      Il sait, ce grand auditeur de la musique des choses, de la musique des êtres, que la politique doit élever à la recherche de ce qui fait l’unité des hommes, à une éthique générale, à une éthique sociale.

 

      Il sait, ce philosophe, que cela fut une grande affaire grecque, que le mot éthique est un mot grec, et que c’était, à l’origine, une notion musicale. Le musicien doit accorder son instrument et son oreille : l’èthos, c’était en grec l’attribut de la tonalité musicale. D’où l’éthique, ce combat personnel qui désigne cette disposition qui permet d’accorder ce qu’il y a de meilleur en l’homme à l’harmonie du monde.

 

      Pour Jaurès, en chacun de nous, il y a la totalité cosmique, chaque vie peut être une œuvre d’art. D’où l’horreur des privilèges et de la soumission de peuples entiers à des intérêts économiques et financiers qui réservent à une minorité les promesses de bonheur et de dignité que toutes les grandes pensées humaines ont formulées.

 

      Pour Jaurès, l’aspiration à la beauté, en offrant à l’individu le plaisir de la contemplation solitaire, interdit aussi aux masses d’être esclaves. C’est parce que la nature est belle, qu’elle est accessible à l’homme, c’est parce que tant de choses nous rassemblent, c’est parce que la fraternité rend l’humanité plus belle encore, que les conditions de travail des mineurs de Carmaux étaient non seulement insupportables, mais qu’elles étaient un sacrilège envers la dignité de l’homme. C’est parce qu’une vie humaine, où qu’elle soit, a droit à toutes les promesses de l’esprit et de l’amour, qu’elle ne peut pas être fauchée sur un champ de bataille de la Somme pour des raisons aussi brouillardeuses que la brume qui cachait alors ce naufrage de l’Histoire.

 

       Comment un socialiste pouvait-il, en 1913, se battre pour la journée de huit heures pour, en 1914, accepter la guerre ? A quoi sert-il de sauver une soirée à un ouvrier si on lui vole sa vieillesse ? C’est pour avoir les réponses à des questions aussi simples que l’enfant de votre pays, votre enfant, est mort.

 

     Soyez remerciés du fond du cœur, familles, travailleurs, peuple du Tarn, pour nous avoir, à nous Français, à nous socialistes, à nous citoyens du monde, fait le don d’une telle lumière.

 

      Le don d’une de ces figures de notre récit national qui appartiennent à toute la France, à toute la nation, dont le souvenir nous élève en ce moment et que nous célébrons à l’occasion du 100e anniversaire du déclenchement de la Grande Guerre et du 70e anniversaire du débarquement en Normandie, ces figures qui incarnent notre exigence et notre idéal. "

Carte d'adhérent de Jaurès (1913), membre de la section socialiste de Carmaux

Carte d'adhérent de Jaurès (1913), membre de la section socialiste de Carmaux

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 23:18

Communiqué de l'Association "Histoire(s) du Pays de Jaurès"

 

      " La comédienne Gisèle Casadesus, née quelques semaines avant la déclaration de la guerre 14-18, fête aujourd'hui 14 juin, ses 100 ans. Sociétaire honoraire de la Comédie-Française, elle ne joue plus au théâtre depuis une dizaine d'années, mais elle continue au cinéma et à la télévision. Malgré son âge, elle conserve une étonnante vivacité d'esprit.

 

      Nous avons pu nous en rendre compte, lorsque nous avons présenté, sur une idée de Paul Quilès, un spectacle- évènement, créé par Claude Moreau, "Jaurès, une voix pour la paix", qui a rassemblé prés de 5000 spectateurs à Carmaux, en octobre 2013. Elle y joue le rôle d’une arrière grand-mère Carmausine, fille de mineurs, née accidentellement sur le carreau de la mine de Cagnac, le 31 juillet 1914, jour de l’assassinat de Jean Jaurès.

 

      Elle dialogue, à travers ses souvenirs, avec son arrière petit fils, jeune étudiant, qui écrit un mémoire sur le thème « Actualité de la pensée de Jaurès ». Son regard perçant, ses rides qui lui confèrent une beauté empreinte de sagesse, son jeu d’artiste plus que réaliste, en font la force du spectacle. Combien de spectateurs, sous le coup de l’émotion, ont senti monter leurs larmes !

 

      A l’occasion de la commémoration du centenaire de l’assassinat de Jean Jaurès et du début de la Grande Guerre, ce spectacle sera à nouveau présenté du 27 au 31 juillet, à la Maison de la Musique, sur le site réaménagé de l’ancienne mine à ciel ouvert de Cap’ Découverte.

 

      Une revue de presse est disponible sur les actualités du site du spectacle , où on trouve également un extrait vidéo permettant d’avoir une première approche de la qualité et du contenu émotionnel de cette œuvre, qui expliquent son succès auprès des spectateurs."

Bon anniversaire, Gisèle Casadesus, pour vos 100 ans
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 15:53

      J’ai participé hier à l’Assemblée générale de la Société des études jaurésiennes à Paris. Quel bonheur, dans cette période de doute pour la gauche et d’évènements internationaux préoccupants, de pouvoir parler avec des hommes et des femmes qui perpétuent la mémoire de l’homme exceptionnel que fut Jaurès et qui a marqué l'histoire de la gauche ! 

 

      J’ai pu à nouveau constater combien ses analyses, ses réflexions philosophiques, humanistes ou politiques, qui datent pourtant d’il y a un siècle, sont toujours d'actualité dans les temps difficiles que nous traversons.

 

      Il faut vraiment relire Jaurès ! Pour vous aider, voici d’intéressants liens :

 

- le remarquable site de la Société d’études jaurésiennes:

http://www.jaures.info/welcome/index.php

 

- tous les documents et les initiatives concernant l’année Jaurès, rassemblés par la Fondation Jean-Jaurès :

http://www.jean-jaures.org/2014-annee-Jaures

 

- mes 37 textes concernant Jaurès, sur ce blog :

http://paul.quiles.over-blog.com/tag/Jaurès/

 

- le dernier discours de Jaurès, prononcé le 25 juillet 1914. Prémonitoire !

http://paul.quiles.over-blog.com/2014/02/le-dernier-discours-de-jean-jaur%C3%A8s.html

 

- le site du spectacle « Jaurès, une voix pour la paix », joué à Carmaux en octobre 2013 et qui sera rejoué du 27 au 31 juillet 2014 à Cap’ Découverte, près de Carmaux :

http://www.jaures-lespectacle.fr/le-synopsis/

 

- un extrait vidéo de ce spectacle :

http://www.jaures-lespectacle.fr/2014/03/extrait-video-du-spectacle-jaures-une-voix-pour-la-paix/

 

- le site des Editions de Matignon, qui éditent de nombreux livres consacrés à Jaurès:

http://www.editionsdematignon.com/

 

- l’extrait d’un texte de François Mitterrand, qui parlait si bien de Jaurès et qui m’a envoyé ce texte pour l’insérer dans la brochure de présentation du spectacle « Ils ont tué Jaurès » http://www.jaures-lespectacle.fr/lecriture/ ) joué à Carmaux en juillet 1994 :

 

      « Sa pensée est une espérance, mais elle n’est jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (....) 

 

      Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel. C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires »

Jean Jaurès, une référence
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 19:53

    Le Président de la République se rend demain à Carmaux pour célébrer la mémoire de Jean Jaurès, dont nous commémorerons le centenaire de la mort le 31 juillet.

 

    Je serai présent, comme je l'étais il y a 2 ans, le 16 avril 2012, lors de la venue du candidat Hollande dans la ville dont Jaurès fut le député.

 

     Le discours qu'il prononça au pied de sa statue m'avait inspiré ces quelques lignes, auxquelles je n'ai rien à changer. Les voici.

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
13 avril 2014 7 13 /04 /avril /2014 16:15
31 juillet 2014 dans le Tarn

     Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné à Paris, 2 jours avant le début de la guerre de 14-18.

 

     A l'occasion du centenaire de sa mort, le spectacle "Jaurès, une voix pour la paix", qui a connu un beau succès lors de sa présentation en octobre dernier à Carmaux, sera rejoué dans le Tarn du 27 au 31 juillet 2014.

 

     En attendant les détails que je vous communiquerai prochainement, vous pouvez vivre (ou retrouver) un peu de l'émotion du spectacle dans ces quelques extraits vidéo.  

Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 18:14

     Jean Jaurès a prononcé son dernier discours en France* le 25 juillet 1914, une semaine avant son assassinat le 31 juillet, qui précéda de 2 jours le début de la guerre de 14-18.

 

 

     Venu soutenir à Vaise, près de Lyon, le candidat socialiste pour une élection législative, il met en garde contre les erreurs qui pourraient conduire à une guerre qu'il décrit comme une immense boucherie.

 

 

     Un discours prémonitoire à écouter, alors qu'on commémore en 2014 le centenaire de cette terrible guerre, dont il est utile de comprendre les origines et les conséquences.

 

                                                Ecouter

 

* Jaurès interviendra encore le 29 juillet, mais à Bruxelles, devant le Bureau de l'Internationale socialiste.

Le dernier discours de Jean Jaurès
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 19:01

      Dans les débats sur la défense auxquels je participe, revient souvent cette idée qu'être pacifiste, c'est à dire favorable au règlement pacifique des conflits, serait une attitude irresponsable "dans ce monde dangereux, traversé par tant de menaces".

 

      Je ne le pense pas et j'ai, pour ma part, expliqué à maintes reprises que la volonté de rechercher jusqu'au bout des solutions politiques aux conflits pour éviter l'engrenage de la violence n'excluait pas de réfléchir à des systèmes de défense adaptés au monde d'aujourd'hui. Le recours à la force ne doit pas être exclu, mais il ne peut être considéré comme le moyen principal de règlement des conflits.

 

      A l'approche de cette année 2014, qui verra la commémoration de la Première Guerre mondiale, il faut se souvenir de la lourde responsabilité des dirigeants de l'époque -y compris français- dans la grande boucherie qui fit tant de victimes . Jean Jaurès dénonça avec fougue leur attitude, parce qu'il pressentait le tragique engrenage de la violence et de la barbarie. On le sait, il paiera le prix de sa lucidité, en étant assassiné le 31 juillet 1914.

 

      Je propose sur ce thème de lire le beau texte de Gilles Candar, Président de la Société d'études jaurésiennes, publié dans la brochure de présentation du spectacle "Jaurès, une voix pour la paix".

 

***

Jaurès, pacifiste et patriote

 

     Il faut prendre toute la mesure du personnage Jaurès. Champion de la paix, homme bon et généreux, sensible, soucieux de réduire et si possible d'abolir la violence dans les rapports humains, oui. Mais il n'est pas pour autant ce qu'on appelait jadis un « pacifiste bêlant », un prédicateur rêvant à un monde parfait et inaccessible. Il est dans l'histoire, il en connaît les réalités, il sait d'où il vient et donc où il va. Il est, profondément, un politique.

 

     Jaurès est attaché à sa patrie, la France. Il a des mots très forts et très tendres à la fois sur elle. Il n'a jamais dit « à celui qui n'a plus rien, la patrie est son seul bien » comme cela a parfois été dit (la phrase est du révolutionnaire Blanqui, dans un autre contexte). Mais par exemple, il conclut un discours à la Chambre, le 11 mai 1907, en s'exclamant « Si noir que puisse devenir le monde, il ne verra jamais cette chose impossible et monstrueuse, la mort de la France ». Les patries sont une construction historique, humaine, destinées à évoluer comme toutes choses. Il comprend bien qu'elles ne peuvent être immuables, qu'elles sont appelées à se transformer et à coopérer surtout sous des formes qu'il est permis d'espérer de plus en plus harmonieuses. L'horizon ultime est celui de la patrie universelle, mais pour longtemps encore, comme il l'explique lors d'un congrès à Nancy (août 1907) à Hervé, trublion assez véhément de son parti, « les patries sont un fait […] elles ont à l'heure présente une valeur socialiste et humaine […] même dans l'unité socialiste, cette diversité prolongée des nations sera un bienfait, parce que l'unité socialiste humaine ne sera pas uniformité ».

 

     C'est au même moment que Jaurès à la fois commence à défendre au sein de l'Internationale socialiste l'idée d'une nécessaire lutte contre la guerre, coordonnée et préventive, usant de tous les moyens y compris éventuellement de la grève générale et insurrectionnelle en cas de refus de l'arbitrage, et qu'il se décide à rédiger un ouvrage consacré à L'Armée nouvelle, c'est-à-dire aux profondes réformes du système militaire français afin de lutter contre une éventuelle invasion.

 

     Son livre paraît finalement en 1911 : il est fondé, compte tenu des dangers de l'époque, sur une stratégie défensive, réduisant la durée du service militaire mais mobilisant toutes les ressources du pays pour assurer l'invincibilité de la nation attaquée. Son grand adversaire est l'esprit de routine, particulièrement prégnant à l'intérieur de l'institution militaire comme à l'extérieur, dès qu'il est question des « choses de l'armée ». Il se plaint de ce désintérêt national que favorise « une conspiration universelle de silence, de mystère puéril, d’esprit de clan, de routine et d’intrigue[1] ».

 

     Être jaurésien aujourd'hui n'est pas nécessairement reprendre de très belles citations de Jaurès sur la paix ou la guerre, la patrie, l'Europe ou l'humanité, mais c'est poursuivre son effort pour penser dans les termes d'aujourd'hui les conditions de la paix, de la coopération entre les peuples, de la défense nationale et internationale contre les maux présents de l'humanité. Et d'abord garder l'esprit en éveil et se méfier des formules routinières.

                                                           

                                                               Gilles Candar

 

[1]Jean Jaurès, L'Armée nouvelle, tome 13 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-Jacques Becker, Paris, Fayard, 2012, p. 286.

Pacifiste et patriote
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article
16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 11:53

       Dernières salves d’applaudissements hier soir pour la 10ème et dernière représentation du spectacle « Jaurès, une voix pour la paix ».


       Derniers moments d’émotion pour un public enthousiaste. Plus de 5000 spectateurs se sont succédé au cours de la semaine dans la salle François Mitterrand de Carmaux.


      Dernières larmes de séparation pour celles et ceux qui ont vécu et fait vivre cette grande fresque unanimement saluée.

 

Un grand merci à ces bénévoles qui ont joué avec passion,

plus qu’un rôle, un morceau de leur vie,

de la vie de leur territoire

et des moments de l’histoire du XXème siècle,

éclairée par les enseignements de Jean Jaurès.

 

Un grand merci aux comédiens et,

en tout premier lieu,

à l’extraordinaire Gisèle Casadesus,

dont la prestation nous a éblouis.


Un grand merci au talentueux metteur en scène, Claude Moreau

et à son équipe de grands professionnels,

à l’auteur, Jean-Louis Sagot-Duvauroux,

qui ont réussi la prouesse de faire de ce spectacle

une œuvre à la fois culturelle, historique, humaniste et politique.

 

Un grand merci aux organismes qui nous ont fait confiance

et qui ont permis le financement du spectacle:

les organismes institutionnels, les collectivités territoriales,

les mécènes.

 

Enfin –mais j’aurais dû commencer par elle-

un grand merci à l’association « Histoire(s) du Pays de Jaurès »,

dont le Président, Jean Padilla et toute son équipe

ont cru au projet

et l’ont mené avec succès à son terme.

 

       Ce succès a d’ores et déjà amené des élus de plusieurs régions à souhaiter que le spectacle soit présenté en 2014 dans d’autres villes françaises. Ce sera une façon forte de perpétuer la pensée de Jaurès au cours de cette année de commémoration du centenaire de la Grande Guerre.

 

Merci à la centaine de particuliers qui ont déjà répondu

positivement à la proposition de "financement participatif",

complément du financement général du projet.

N’hésitez pas, vous aussi, à contribuer,

même de façon modeste*,

en cliquant ICI

Avec la déduction fiscale de 66%, un don de 10€

vous reviendra à 3,34€ !!

        
            - "Succès et émotion au rendez-vous" (La Dépêche): ICI
 
            - Visionner un extrait de la scène finale du spectacle: ICI
 
            - Visionner le reportage vidéo de La Dépêche: ICI
 
            - Site du spectacle: http://www.jaures-lespectacle.fr/
 
            - Revue de presse:ICI
Jaurès: un grand merci!Jaurès: un grand merci!
Jaurès: un grand merci!Jaurès: un grand merci!
Repost 0
Published by Paul Quilès - dans Jaurès
commenter cet article

Recherche

Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
cordes-nuages-8-bp--R-solution-de-l--cran-.jpg

 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez