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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 09:43








"En hommage à l'illustre député tarnais, l'association Gauche Avenir diffusera le film du spectacle « Ils ont tué Jaurès »,
vendredi 31 juillet, à 20h,
à la Maison de la Musique de Cap'Découverte
...."
Voir l'invitation

N'oubliez pas de réserver en envoyant un message à ga81@orange.fr
ou par téléphone au 06 35 90 50 51


Lire l'article de la Dépêche du midi

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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 08:42

RESERVEZ VOTRE SOIREE DU 31 JUILLET !

           
Vous êtes invité à la projection du film du spectacle « ils ont tué Jaurès », en présence du metteur en scène,
Claude Moreau, le vendredi 31 juillet, jour anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès.

 

 Accueil à 20 heures 00 à  la Maison de la Musique,
sur le site de Cap’ Découverte,
près de Carmaux

(entrée gratuite)

Début du film à 20h30 précises 

Possibilité de repas à l’Auberge de la Découverte, en appelant le 05 63 80 21 35

           

        La projection du film sera suivie d’un débat sur la modernité de la pensée et de l’action de Jaurès, ainsi que sur la nécessité, aujourd’hui encore, de créer une dynamique de rassemblement de l’ensemble des forces de gauche, en présence de :

            - Rémy Cazals, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Toulouse-le-Mirail,

            - Patrick Le Hyaric, député européen, directeur de l’Humanité,

            - Marie-Noëlle Lienemann, ancienne ministre.

 

Le nombre de places étant limité, il est préférable de s’inscrire.
 Envoyez un message à: ga81@orange.fr

 

            Rappel : A l’occasion de la commémoration du 80ème anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès, le spectacle évènement « ils ont tué Jaurès », conçu par l’Association Pays de Jaurès, présidée par Paul Quilès, a été présenté à Carmaux au cours de la première semaine d’août 1994.

            Sur le site de la Grande Découverte, encore en cours d’exploitation, plus de 40 000 spectateurs ont assisté à ce spectacle, mis en scène par Claude Moreau, avec pour auteur Alain Decaux et la participation de 150 acteurs amateurs et de plusieurs centaines de bénévoles, enfants du Carmausin. Bernard-Pierre Donnadieu y incarnait Jaurès.

            A cette occasion, François Mitterrand avait envoyé un message, dans lequel il conseillait de «toujours revenir à Jaurès, à ses actes, à sa parole ». Il est vrai que la pensée et l’action du grand tribun socialiste restent d’actualité, qu’il s’agisse de ses combats pour l’unité de la gauche, pour les droits des plus défavorisés ou pour la paix dans le monde.

 

Cette soirée est organisée par Gauche Avenir 81,
déjà à l’initiative de plusieurs rencontres-débats dans le Tarn.

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 11:36

A l'occasion du colloque sur "l'actualité de la pensée de Jaurès",
qui s'est déroulé à Toulouse le 17 avril 2009,
l'Humanité vient de publier un dossier résumant les débats.
Ce dossier comprend un article de Paul Quilès
("Sa pensée porte l'espoir")
Pour le lire, cliquer ici

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22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 15:30

Paul Quilès est intervenu sur France 3 Sud le 17 avril pour évoquer "l'actualité de la pensée de Jaurès".
Pour regarder la vidéo, cliquer ici 
                          
                            ****************
Paul Quilès a également participé à une table ronde sur ce thème, dans le cadre d'un colloque organisé le 17 avril par le journal l'Humanité, en partenariat avec la mairie de Toulouse.
Pour lire le résumé du débat avec Patrick Le Hyaric et Stéphane Rozès, cliquer ici
Le compte rendu des 3 tables rondes, qui ont donné lieu à de passionnants débats avec des historiens et des philosophes, sera  publié début mai par l'Humanité.
                                    
                                                *****************   
A propos de la scandaleuse tentative de récupération de Jaurès par le Front national, lire:
- l'excellent papier de Michel Soudais, de Politis, sur son blog: "Un peu de mémoire que diable!"....
Cliquez ici
-l'article "l'affiche, la honte", dans l'Hebdo des socialistes, cliquer ici (aller page 29)
- la tribune d'Alain Boscus, Rémy Cazals, Jean Faury, Rémy Pech, Rolande Trempé, Bruno Antonini et Jacques Poumarède, "Quand le FN assassine Jaurès une seconde fois".....
Cliquer ici
- sur ce blog, "Non à la récupération de Jaurès".....Cliquer ici

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 11:39

Député de la circonscription de Jaurès pendant 14 ans, j’ai été saisi par une bouffée de colère et d’indignation en apercevant l’affiche du Front national apposée à Carmaux dans le cadre des élections européennes. On y voit une photo du grand tribun socialiste titrée « Jaurès aurait voté Front national » et une citation : « A celui qui n’a plus rien, la Patrie est son seul bien ».


     On savait la droite prompte à utiliser la mémoire des grands hommes de gauche en période électorale, pour tenter de récupérer des voix. On se souvient du maître en la matière, N. Sarkozy, qui n’hésita pas à citer Jaurès pas moins de 32 fois dans un discours à Toulouse le 12 avril 2007 ou qui utilisa abondamment la référence au sacrifice du communiste Guy Mocquet! Cette fois-ci, avec l’affiche ignominieuse du FN, on bat les records….


     Je me suis d’abord dit que la ficelle était tellement grosse qu’il valait mieux ne pas y prêter attention. Mais, me souvenant de l’épouvantable conseil, trop souvent suivi par certains dans le monde politique « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! », je préfère tout simplement opposer la vérité historique à cette grossière tentative de récupération.


     Lorsque nous avons organisé à Carmaux le spectacle « Ils ont tué Jaurès » à l’occasion du 80ème anniversaire de sa mort, François Mitterrand nous avait adressé un message, dans lequel il nous conseillait de «toujours revenir à Jaurès, à ses actes, à sa parole », en nous rappelant aussi que « Jaurès fut l’homme de l’Europe » et qu’en 1901, il avait déclaré : « ce serait la plus grande joie de ma vie que de vivre le jour où l’Allemagne démocratique été la France démocratique se tiendront les mains pour la réconciliation éternelle et la paix dans le monde ». Cette passion de l’Europe fut pour lui une passion de la paix et elle lui coûta la vie.


     Européen et internationaliste, Jaurès mettait en avant la nécessité de la patrie dans le combat pour l’émancipation de l’homme, mais sa conception était aux antipodes du nationalisme belliqueux fait de divisions, de haines recuites et de rejet de l’autre que véhicule le FN. Pour s’en convaincre, je conseille la lecture de son fameux ouvrage « l’Armée nouvelle », publié en 1910, dont voici un court extrait :

     « Quand on dit que la révolution sociale et internationale supprime les patries, que veut-on dire ? Prétend-on que la transformation d’une société doit s’accomplir de dehors et par une violence extérieure ? Ce serait la négation de toute la pensée socialiste, qui affirme qu’une société nouvelle ne peut surgir que si les éléments en ont été déjà préparés par la société présente. Dès lors, l’action révolutionnaire et internationale, universelle portera nécessairement la marque de toutes les réalités nationales. Elle aura à combattre, dans chaque pays, des difficultés particulières ; elle aura, en chaque pays, pour combattre ces difficultés, des ressources particulières, les forces propres de l’histoire nationale, du génie national. L’heure est passée où les utopistes considéraient le communisme comme une plante artificielle qu’on pouvait faire fleurir à volonté, sous un climat choisi par un chef de secte. Il n’y a plus d’Icaries. Le socialisme ne se sépare plus de la vie, il ne se sépare plus de la nation. Il ne déserte pas la patrie ; il se sert de la patrie elle même pour la transformer et pour l’agrandir. L’internationalisme abstrait et anarchisant qui ferait fi des conditions de lutte, d’action, d’évolution de chaque groupement historique ne serait plus qu’une Icarie, plus factice encore que l’autre et plus démodée. »

 

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 07:45
A l'occasion de la commémoration de la mort de Jaurès, il n'est pas inutile, alors que la gauche de 2008 semble désemparée, de revenir sur ce que le grand tribun socialiste nous a appris (une partie de mon texte a été publiée le 31 juillet 2008 dans Libération sous le titre "Socialistes, il est encore temps de relire Jaurès" et dans la Dépêche du Midi sous le titre "Un homme moderne et actuel")

Lire également dans ce blog l'analyse de Gilles Candar, historien jauressien, signataire de l'appel de Gauche Avenir.
                        
                             *******************************

     31 juillet 1914. Un cri s’élève dans les rues de Carmaux : « Ils ont tué Jaurès !»  Terrible tragédie, qui se poursuit le lendemain par la déclaration de guerre.

     Ce dramatique événement a été le point de départ de la grande fresque que nous avons réalisée à Carmaux en 1994. Nous avons voulu faire revivre les moments forts de la vie du grand tribun que fut Jaurès, parce que c’est ici qu’il a mené ses premiers combats aux côtés des mineurs et des verriers et qu’il a façonné les chemins de sa pensée politique. C’est certainement pour cela que le spectacle a rencontré un immense succès à travers toute la France et tout particulièrement dans le Carmausin.

     Mais l’évocation d’un événement, aussi fort soit-il, ne suffit pas. Je me souviens de la remarque ironique du patron du Café du Croissant, lorsque, le 31 juillet 1994, nous avions, avec Pierre Mauroy, déposé une gerbe sur les lieux du drame : « Vous, les socialistes, on ne vous entend parler de Jaurès qu’au moment des commémorations ! ». C’était un peu injuste. Sinon, quelle erreur ce serait pour les socialistes d’oublier la modernité et l’actualité de la pensée de Jaurès !

     Modernité et actualité que d’affirmer la nécessité d’aller plus loin dans l’approfondissement de la République ; …que de répéter que les droits sociaux sont indissociables des droits politiques ;…que de combattre pour l’abolition de la peine de mort ;…que de plaider pour l’arbitrage international des conflits et de rejeter les solutions militaires pour les résoudre.

     Il faut relire Jaurès, quand on est de gauche. Méditer son histoire, sa pensée et surtout sa pratique. Celle d’un Jaurès à la fois intellectuel et philosophe brillant, homme politique influent, journaliste courageux, militant socialiste ardent et sans tache, parlementaire actif, présent sur tous les terrains, sachant faire la synthèse entre l’action locale, les discours à la tribune de la Chambre des députés, les débats dans les congrès de son parti et l’action au sein de l’Internationale socialiste.

     Orateur exceptionnel, qui maniait le verbe avec un rare bonheur devant tous les publics, Jaurès ne cédait jamais à la démagogie, même sur la forme, puisqu’il considérait qu’il ne fallait pas mépriser le peuple en réservant la belle langue aux élites.

     Mais la grandeur de Jaurès, c’était probablement d’agir, car qu’est-ce que la parole sans l’acte ? Et Jaurès n’a cessé d’agir : pour la paix, contre la guerre ; pour l’unité des socialistes ; pour la défense des plus humbles ; pour la justice (son combat pour la réhabilitation de Dreyfus). Comme il agissait, il était critiqué, détesté. Nul ne fut plus que Jaurès l’objet d’un tel dénigrement, d’une telle haine. Avec le temps, on a parfois tendance à donner de lui une image consensuelle, presque « bonhomme », alors qu’il était un homme au tempérament fort, un lutteur déterminé à défendre à tout prix ses convictions.

     Il en fut d’ailleurs la victime le 31 juillet 1914. Ce jour là, son assassin pensait tuer tout ce qu’il représentait. Près d’un siècle plus tard, sa mémoire demeure bien vivante, son message de paix reste toujours actuel. Sa pensée porte l’espoir, plus que jamais.

     François Mitterrand disait qu’« il faut toujours revenir à Jaurès », dont il décrivait la pensée en ces termes : « Elle est une espérance, mais jamais un système. Parce qu’elle plonge ses racines dans le goût pour la vie, elle en affronte toutes les contradictions. Ce sont les contradictions de la République elle-même : entre ordre et progrès, entre raison et liberté. Jaurès aura tenté, sans jamais se lasser malgré les épreuves, cette difficile synthèse (…) Il a toujours su s’écarter des deux périls opposés qui menacent tout engagement politique : l’excès d’idéalisme et l’excès d’opportunisme ; la tentation de préférer à l’homme une théorie de l’homme ; la tentation de capituler, au nom de la raison, devant les résistances du réel. C’est l’honneur de Jaurès d’avoir conjuré ces périls : d’avoir affirmé qu’il n’y a science, ni progrès hors de la démocratie ; d’avoir tracé la voie entre les dogmatismes qui conduisent à la terreur et les renoncements qui fomentent les servitudes. Puisse cet exemple de courage demeurer vivant dans les mémoires ». 
                                                                                  
                                                                                                Paul Quilès

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 07:40

«Le courage, c’est dire la vérité sans subir la loi du mensonge triomphant»par Gilles Candar, historien jaurésien, signataire de l’appel
de Gauche Avenir
  
 
(Ce texte a été publié dans Libération du 31 juillet 2008 sous le titre
«Le courage, c’est dire la vérité sans subir la loi du mensonge triomphant»
 )                               
       

  

          Que ferait Jaurès aujourd’hui ? Quels seraient ses choix ? Personne, bien sûr, ne peut le dire. Personne ne peut parler à sa place. Mais si nous aimons Jaurès, ce n’est pas seulement en songeant à un passé glorieux et tragique, c’est aussi parce que nous pensons qu’il peut nous aider à réfléchir, non nous donner des solutions toutes faites.

            D’abord un message de liberté et de fierté. Jaurès ne cesse de le dire, à ses élèves ou étudiants, comme à ses électeurs, aux militants et aux citoyens : soyez-vous-mêmes, n’abdiquez pas votre liberté, soyez des citoyens et des citoyennes agissantes. C’est tout le sens de la phrase si souvent répétée du discours d’Albi à la jeunesse : « le courage, c’est dire la vérité sans subir la loi du mensonge triomphant qui passe ». Propos général et consensuel ? En tout cas, pas inactuel : dans un monde complexe, incertain, la tentation est grande de laisser faire les leaders d’opinion, de suivre le courant… Des exemples récents ont montré la limite de l’exercice : se laisser porter par les vents dominants n’est pas la garantie d’un beau voyage.

         Ensuite, que voulait Jaurès ? Une société plus humaine, plus fraternelle, moins déchirée et inégalitaire… Il s’en est souvent expliqué, de même qu’il a souvent dit pourquoi il avait fini par penser que ce rêve serait possible en développant toutes les formes de la propriété sociale. Ses réponses valent-elles toujours aujourd’hui ? On peut en discuter, et sans grand danger présumer que beaucoup ont vieilli, évidemment. Lui-même appelait à ne pas trop se retourner sur le passé, à préférer la flamme vive de la pensée aux cendres refroidies du foyer… Mais deux aspects ne vieillissent pas et ne peuvent pas vieillir, car ils ne tiennent pas aux évolutions de la société, mais à une attitude générale devant la vie, à ce qu’on veut faire de soi et à son rapport aux autres. Soit dit en passant, Jaurès a eu l’occasion d’expliquer un jour sa conception de la sottise : c’était pour lui « l’exagération de soi-même » (1), il ne l’oubliait pas pour lui-même, et il est permis d’espérer que nos meilleurs dirigeants, à gauche et ailleurs, ne l’oublient pas non plus…

        Ce qui ne vieillit pas donc chez Jaurès, c’est d’abord son respect des autres. Il écoute, il argumente, il expose ses raisons, les confronte à celles des autres. Ce n’est sans doute pas la plus mauvaise façon de faire de la politique. Le reste passe. Mais, me semble-t-il, ce qui garde aussi toute sa vitalité, c’est son refus de la simple gestion, de la technique des affaires, du pouvoir conçu comme un savoir-faire demandant seulement de la bonne volonté et de la compétence technique. À rebours, de son temps, les commentateurs de la « presse intelligente » (Le Temps, Les Débats…) lui reprochaient souvent d’être dans les nuées et des idées générales, de manquer de sens pratique. Aujourd’hui, où heureusement existe toujours, mais pas suffisamment, une presse intelligente, les idées sont à peu près les mêmes si les mots ont changé un peu : les formules passe-partout évoquent le respect de l’économie de marché, le réformisme assumé…

         Jaurès pouvait déjà noter la propension des professionnels de la politique et des affaires à abriter leur conservatisme foncier derrière le refus des utopies, la volonté autoproclamée de l’efficacité dont ils seraient les meilleurs juges… Lui, qui élu local ou national, avait le sens de la réalisation, de la vitesse et de la prudence, de l’ensemble et du détail, se moquait de ces « hommes pratiques […] qui emploient quelques mots humanitaires pour amorcer les suffrages du peuple et qui, sous ces mots, ne mettent aucun sentiment ardent, aucune idée précise qui puisse inquiéter les privilégiés »(2). Et il précisait, s’agissant de lui-même : « Il y en a qui me reprochent de me tenir toujours dans des généralités, et je sais que les mêmes personnes ne me reprocheraient rien si je ne m’étais, en effet, toujours tenu dans les généralités », avant de conclure par ce dernier mot à ses contradicteurs : « vous me comprendriez mieux si je n’étais pas aussi clair ». Pouvons-nous ? – faut-il ? – chercher à être plus clairs que Jaurès lui-même ? Responsabilité, réformisme et tout ce que l’on veut, bien sûr, mais à condition, comme Jaurès, de se rappeler que l’objectif, ce qui importe, est toujours « d’aller chercher la justice dans les nuées où les habiles l’enveloppent ».



1-  Chambre des députés, séance du 12 juillet 1912.
2-  Jean Jaurès, « Les moyens pratiques », La Dépêche, 12 mars 1890. Même référence pour les citations suivantes.
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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 22:27

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Relire Jaurès

 Trop souvent, la référence à Jaurès se fait sur le mode convenu, en oubliant la réalité de ses combats, à tel point qu’on a même vu récemment la droite tenter de récupérer son image !

La gauche doit savoir revenir à Jaurès, à sa pensée, moderne par bien des aspects et rappeler quelques vérités. C’est ce qu’ont fait les signataires de Gauche Avenir dans la presse à l’occasion de la commémoration de la mort de Jaurès (31 juillet) : Gilles Candar par un article dans Libération, Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès dans le Figaro.

 

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 22:47

Dsc01480.jpg Copie-de-Paul----Cordes--2006-.JPG          Le retour de Jaurès
                    par Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès
                                     signataires de l’appel de Gauche Avenir                  
(article paru dans le Figaro du 1er août 2007 sous le titre « Jaurès aurait-il voté Sarkozy ?) 

Jaurès fut indiscutablement l’un des héros de la campagne de 2007. Pas tant en raison des maigres références des socialistes et de leur candidate au grand tribun, mais parce que Nicolas Sarkozy l’appela abondamment en renfort
[1]. 

Ce n’est pas la première fois qu’un candidat de droite s’essayait à cette récupération. François Mitterrand y avait en son temps répondu : « la droite adore les socialistes….quand ils sont étrangers ou morts ! » Mais si, le temps passant, l’œuvre de Blum et de Jaurès est plus largement saluée, c’est que la plupart des grandes avancées sociales, voir sociétales sont nées en France de l’action de la gauche et des socialistes. Refuser que nos figures historiques  participent du patrimoine commun du pays serait la preuve d’un sectarisme déplacé, mais accepter leur banalisation, l’affaiblissement ou le rangement au musée de leurs idées serait tout aussi inacceptable.

Jaurès, à partir du projet républicain, n’a cessé d’appeler à son dépassement, pour qu’il embrasse tous les champs de la vie, et bien sûr celui du social et de l’économie. La citoyenneté ne pouvait pas rester exclue des entreprises, l’égalité exigeait des politiques publiques volontaristes et un engagement contre toutes les injustices sociales, la fraternité condamnait l’exploitation de l’homme par l’homme. Cette synthèse originale et exigeante entre  la vision républicaine et le mouvement ouvrier est la matrice originale du socialisme français. Jaurès était un visionnaire et défendait des valeurs fondamentales et universalistes qui traversent le temps.  Elles demeurent d’une profonde modernité et, par certains aspects, d’une totale actualité.

Dès 1888, Jaurès, qui n’est pas encore socialiste, condamne la réaction qui  veut « accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens ». Et il propose: « nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre », car « nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre ». On imagine mal Jaurès votant la réforme fiscale de N. Sarkozy !

La récidive ? La délinquance ? Des sujets évoqués aussi par les politiques de l’époque, qui dénoncent déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de « bandits tragiques » en même temps que la surexcitation des peurs. Non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se battent pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative. A cette époque aussi, il fallait convaincre et ce n’était pas facile, mais Jaurès estimait qu’il fallait parfois savoir « dépenser sa popularité » en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe »

Pas étonnant que, sur tous ces sujets, N. Sarkozy ne cite plus Jaurès ! Et il est bien dommage que la gauche, oublieuse d’elle-même, n’ait pas l’audace de le faire.

Durant la campagne, la candidate socialiste, au-delà de quelques références convenues à Jaurès et Blum, a préféré vanter fréquemment Prodi et Blair, démobilisant un peu plus l’électorat de gauche. L’appel à la rénovation sonnait et sonne encore souvent comme un hymne  au renoncement et à l’abandon des valeurs du socialisme français, à ses racines, à son esprit rebelle, qui ne s’accommode guère  de l’ordre dominant. Nous pensons, au contraire que l’avenir est à une gauche décomplexée qui propose des réponses renouvelées tout en ne craignant pas d’assumer son identité. Une gauche qui, selon la méthode jaurésienne, n’oublie jamais la réalité.



[1] Par exemple, Jaurès fut cité 32 fois dans le discours de N. Sarkozy à Toulouse (12 avril 2007)

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30 juillet 2007 1 30 /07 /juillet /2007 23:01

 

 

Paru dans Libération (Rebonds) du 31 juillet 2007 

 

photo-de-jaures.jpg
Jaurès contre Sarkozy   
 Sarkozy.jpg

La politique gouvernementale à la lumière des écrits de   cette figure historique de la gauche.


Par Gilles Candar, historien, jaurésien, signataire de l’appel de Gauche Avenir

 

  

La commémoration de l’assassinat de Jaurès, le 31 juillet, prend cette année un relief particulier, en raison des nombreuses invocations, sollicitations et références dont il a été l’objet au cours des récentes campagnes électorales, et en premier lieu de la part du candidat élu président, Nicolas Sarkozy.

 

Sans doute peut-on penser qu’il entrait dans cet enthousiasme récent une part de calcul politique, le plaisir et l’intérêt d’élargir sa base et de jeter la confusion chez l’adversaire. Mais pourquoi pas ? C’est un peu la loi du genre, et au fond, si Jaurès devient aussi une référence obligée de la droite, il assure ainsi sa consécration nationale, fait pleinement partie de notre patrimoine commun, et c’est très bien. Nous pouvons même espérer que les choses vont aller plus loin encore, et, qu’au-delà des hommages et des cérémonies, chacun prenne un peu de temps pour entendre la voix de Jaurès, être attentif à ce qu’il a cru, voulu et pensé.

Prenons l’actualité de cet été 2007 : réforme fiscale, loi sur la récidive, réforme des universités. Évitons les polémiques faciles, contentons-nous par exemple de feuilleter la collection de La Dépêche, «journal de la démocratie du Midi» comme elle s’appelait si joliment alors.

 

Le 15 avril 1888, Jaurès, qui est encore loin d’être socialiste - il se définit comme républicain et défend l’action de Gambetta et de Ferry -, s’en prend à la réaction qui veut «accroître les impôts de consommation qui pèsent partout, à la campagne comme à la ville, sur les pauvres gens». Il lui oppose son projet : «Nous voulons remplacer l’impôt foncier par un accroissement des droits qui frappent les successions au-dessus d’un certain chiffre» car «nous pouvons demander quelques sacrifices aux capitaux mobiliers ou immobiliers que les générations se transmettent souvent sans les féconder sans les légitimer par leur travail propre».

Sans abuser du parallèle historique, au titre de jeu d’été, ce Jaurès, encore bien modéré, aurait-il voté le projet gouvernemental ?

 

L’autonomie des universités ? Un sujet de prédilection pour Jaurès, maître de conférences à la faculté de Toulouse, avant et après son premier mandat de député, et aussi adjoint au maire de Toulouse (1890-1893) chargé de l’instruction publique dans son ensemble, mais en fait d’abord du projet de création d’une université régionale. Jaurès n’a rien d’un centralisateur, et ce défenseur de la «liberté universitaire» (titre d’un article de La Dépêche, 25 juin 1894) va même plus loin que la plupart des républicains de son temps quand il envisage des «expériences» diverses. Rappelons-nous aussi qu’il vit dans un temps où même l’enseignement secondaire reste réservé à une infime minorité, mais cela dit, le fond de sa pensée est bien que la République suppose une démocratie, donc des citoyens instruits. Sa préoccupation est d’assurer l’enseignement du peuple : c’était alors la fonction de l’instruction primaire, aujourd’hui le même objectif suppose un accès généralisé aux universités, qui ne soit pas seulement formel, mais substantiel. C’est toujours l’enjeu des débats actuels.

 

La récidive ? La délinquance ? Des sujets qui deviennent sans doute des questions politiques au temps de Jaurès, avec déjà la fascination pour l’argent facile, la perte des repères, le rôle des médias dans l’exaltation de «bandits tragiques» [la bande à Bonnot, ndlr] en même temps que la surexcitation des peurs. A l’époque, non seulement Jaurès, mais l’ensemble de la gauche se bat pour une justice plus humaine, qui ne soit pas seulement répressive, mais aussi éducative, qui refuse les facilités de l’élimination sociale. Jaurès mena en vain le dernier grand combat parlementaire contre la peine de mort (1908) avant celui que put faire aboutir deux générations plus tard Robert Badinter (1981).

 

Ce n’était pas facile, mais le généreux Jaurès professait aussi qu’il fallait parfois savoir «dépenser sa popularité» en allant à contre-courant de l’opinion, de la mode, « ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe» (lycée d’Albi, discours à la jeunesse, 30 juillet 1903). Il citait Hugo («construire des écoles, c’est abattre les murs des prisons») et qualifia un jour le code pénal de «barbare», un mot rare chez lui. Se serait-il reconnu dans le projet de loi défendu par Mme Dati ?

 

Bien sûr, le monde a changé. Jaurès ne donne pas de solutions pratiques à tout. Mais il reste une référence, un inspirateur : nous l’avons bien entendu voici quelques semaines. Et il n’est pas inutile de revenir aux valeurs sur lesquelles il s’appuyait. Nos interprétations seront diverses, des discussions probables. Mais nous sommes certainement nombreux à espérer qu’une politique de gauche moderne, efficace et résolue puisse continuer à faire entendre et à renforcer l’autorité du message jaurésien. Une initiative comme celle de Gauche Avenir n’a pas d’autre ambition que d’y contribuer.

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Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
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1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez