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15 avril 2017 6 15 /04 /avril /2017 09:12
Pour vous aider à mettre un bulletin dans l'urne....

 

     A quelques jours d'un scrutin marqué, nous dit-on, par l'indécision de nombreux électeurs, la revue Time To Philo a co- publié avec l'hebdo Le1 ce texte se référant à de célèbres philosophes.... pour vous aider à mettre un bulletin dans l'urne !

*****

L'âne dans l'isoloir

     Jamais le nombre d’indécis n’aura été aussi important à la veille d’une élection présidentielle (40% selon un récent sondage Ipsos !). Nombre d’électeurs se retrouvent ainsi dans la position de l’âne de Buridan : selon ce fameux paradoxe scolastique (attribué de manière apocryphe au théologien médiéval Jean Buridan), un âne ayant autant faim que soif, et placé à égale distance d’une botte de foin et d’un seau d’eau, se laissera mourir d’inanition, faute de pouvoir choisir… 

     A cet aimable paradoxe, les trois plus grands métaphysiciens de l’âge classique ont tenté d’apporter une réponse. Espérons que leurs analyses aident nos indécis à mettre un bulletin dans l’urne.

      (....)

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 06:51
Mesdames et Messieurs les converti(e)s, un peu de courage!

J'ai publié cette tribune dans le Huffington Post

sous le titre " Ce que cachent les politiques qui rejoignent Macron"

 

      Il s’agit peut-être d’une formule de la "vieille politique", dont on nous dit qu’elle va être balayée par la prochaine élection….mais, jusqu’ici, sous la Vème République, "au premier tour de l’élection présidentielle, on choisit et au second tour, on élimine".


      La répétition presque machinale d’une autre formule par la plupart des convertis qui rejoignent EM ne suffit pas à me convaincre. Ils disent : "Je choisis EM, parce que je veux barrer la route à Marine Le Pen".

 

      Ah bon, dès le premier tour? Je ne sache pas pourtant que la présidente du FN ait la moindre chance de dépasser 50% des suffrages exprimés au premier tour!

 

      Auraient-ils honte d’expliquer les vraies raisons de leur choix ? Lesquelles d’ailleurs ? Le programme du candidat ? La diversité de ses soutiens, allant de personnalités ayant longtemps affiché leurs convictions de droite, du centre, de gauche ? Le niveau des sondages ?

 

      En réalité, ces nouveaux convertis n’arrivent pas à donner un argument positif justifiant leur choix, parce qu’ils craignent de ne pas être crédibles. Qu’y a-t-il en effet de commun dans les engagements politiques* de R. Hue, A. Madelin, M. Valls, F. Bayrou, A. Minc, J.Y. Le Drian, B. Kouchner, C. Lepage, etc… ?

 

      Il est vrai que l’on promet de faire disparaître les partis politiques. Ne s’agirait-il pas plutôt de construire un mouvement (le MEM ?) rassemblant les composantes de cet arc extravagant ? Il faudra bien alors l’appeler parti, comme le précise la Constitution (article 4) : "Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie."

 

       On ne peut pas oublier non plus que c’est à partir de l’existence des partis que se détermine le financement public de leur activité**, indispensable pour ne pas être tributaire des dons privés. Sera-t-il versé à un seul parti (le MEM) ou à chacune de ses composantes, qui souhaiteront avoir leur vie propre*** ?

 

      Alors, Mesdames et Messieurs les converti(e)s, un peu de courage ! Expliquez-nous clairement les raisons de votre choix et ne vous cachez pas derrière l’argument "je veux barrer la route au FN dès le premier tour". Il y aura un second tour et vous pourrez vous manifester dans ce sens. En attendant, n’utilisez pas ce faux argument, qui n’est que le paravent d’autres préoccupations probablement plus opportunistes, dont l’avenir dira si elles seront prises en compte par EM.

______________________________________________________

 

* J’ai noté que 4 des principaux supporters d’EM (F. Bayrou, A. Madelin, R. Hue, C. Lepage) étaient candidats à l’élection présidentielle de 2002 et qu’ils avaient rassemblé sur leurs noms au premier tour 16% des voix ! Mais c’est de la vieille politique….

 

** Les lois du 11 mars 1988, du 15 janvier 1990, du 19 janvier 1995 et du 11 avril 2003 ont prévu qu’un financement public est accordé aux différents partis, en fonction de deux critères cumulatifs :

– les résultats aux élections législatives, pour ceux qui ont présenté des candidats ayant obtenu au moins 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions,

– le nombre de parlementaires.

 

*** comme F. Bayrou, qui compte bien avoir des députés du MODEM au sein de cette alliance.

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9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 07:49
Les femmes sont l'avenir de la santé

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A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, Emmanuelle vient de publier dans le Huffington Post cette excellente tribune « pour rendre justice à ces femmes dont le travail fut crucial pour l’avancée de la recherche ».

 

 

 Pourquoi je suis convaincue que les femmes

sont l'avenir de la santé , 

par Emmanuelle Quilès, Présidente Directrice Générale de Janssen France

 

     Les médias regorgent, en particulier à l'occasion de la journée de la femme, de parcours de femmes dites "inspirantes", sorte d'héroïnes des temps modernes qui ont osé et su briser les stéréotypes et les chaines des inégalités pour réussir.

 

     De nombreuses et heureuses initiatives se multiplient pour rendre justice à ces femmes dont le travail fut crucial pour l'avancée de la recherche. A titre d'exemples, la sortie du Film Les Figures de l'ombre, adaptation du livre éponyme dont le titre en dit long, ou la création d'un marathon d'édition par Wikipédia en faveur des femmes scientifiques: qui sait en effet qu'en 2016, l'encyclopédie compte, en français, 450 000 biographies d'hommes pour... 75 000 biographies de femmes? Soit un taux de 14% qui passe à 9% lorsqu'il s'agit de femmes scientifiques!

      Objectif affiché, que je défends au quotidien: contribuer à faire face à certaines incohérences de la société liées le plus souvent à de l'ignorance, à de fausses croyances ou à de vrais a priori; argumenter en faveur de l'équité professionnelle entre les hommes et les femmes, cette fameuse parité qui vient à nouveau de faire l'objet d'un 'plan de mixité' (numérique cette fois-ci) exposé par le gouvernement fin janvier.

      Ainsi, ces femmes inspirantes, que je salue en cette journée qui leur est dédiée, sont-elles neurochirurgiennes, directrices d'usine ou de laboratoire, chercheuses, ingénieures, data "cruncheuses"... avec comme caractéristique commune d'être audacieuses et uniques, malgré la persistance des obstacles à franchir, dans un environnement où le sexisme est qualifié d'ordinaire.

      Ordinaire... c'est bien de femmes ordinaires, invisibles, mais bien présentes, dont je veux parler aujourd'hui. De ces millions de femmes qui, en silence, se croisent au cœur du dispositif de santé publique et sans qui la santé en France aurait un tout autre visage. Est-il légitime de parler des femmes comme d'un enjeu de santé publique? Qu'est-ce qui les distingue dans l'accès aux soins? Jouent-elles un rôle spécifique?

Sans hésitation, trois fois oui!

      Au cœur de la famille, ce sont en effet les femmes qui prennent majoritairement en charge les enjeux de santé en se plaçant aux commandes de la santé familiale. Qui sait qu'à hauteur de 85%, ce sont les Françaises qui assument la santé de leurs enfants, voire de leur conjoint? (1)

     A l'autre bout de la pyramide familiale, ce sont elles, une fois encore, qui sont directement concernées par le soin aux parents devenus dépendants. Autre chiffre éloquent relatif au vieillissement de la population et aux problèmes de dépendance qui en découlent: 74% des aidants familiaux qui font face à une dépendance lourde sont des femmes. En somme, la dépendance est bel et bien une 'histoire de femmes' aujourd'hui: des femmes à l'espérance de vie supérieure aux hommes qui s'occupent de leurs conjoints et de leurs parents, après avoir pris soin de leurs enfants. Des femmes qui bien souvent vieillissent seules, avec une retraite bien inférieure en moyenne à celle des hommes.

Des femmes qui aident d'autres femmes.

     En effet, ce sont elles encore qui représentent jusqu'à 80% des personnes travaillant dans le secteur médico-social (2). Nombreux sont les métiers de la santé et des services à la personne considérés comme féminins, parmi lesquels figurent entre autres les aides-soignant(e)s ou les secrétaires médicaux/médicales en contact quotidien avec les patients, à plus de 90 % exercés par des femmes. Une sur-représentation qui ne me surprend pas finalement car l'ensemble de ces professions incarnent les vertus de transmission, de partage, de collaboration qui sont souvent propres aux femmes... à moins que je ne tombe dans les stéréotypes à mon tour!

      Cette véritable féminisation de la santé se traduit également par la hausse constante du nombre de médecins femmes: 41 % des médecins sont désormais des femmes en France (contre 30% en 1990). Et à l'horizon 2022, elles deviendront majoritaires en raison de la forte féminisation (60 %) des études de médecine.

      Au passage, j'en profite pour rappeler qu'entre 1915 et 1919, elles constituaient déjà 20 % des effectifs en médecine car elles avaient profité du départ des hommes au front pour investir les facultés...

    C'est à toutes ces femmes, ces "figures de l'ombre" que je veux rendre hommage aujourd'hui. En anticipant les besoins d'aide et de soins de ses proches et d'elle-même, la femme française se positionne sans le vouloir en "agent actif" qui reçoit, décode et transmet les messages de prévention, de dépistage et de promotion de la santé à toute la famille, ce qui en fait des partenaires clé dans l'évolution de notre système de santé. Pour les y aider, d'autres femmes, travaillant dans le secteur médico-social qu'elles représentent à hauteur de 80%, qui ne font jamais parler d'elles alors qu'elles sont les interlocutrices privilégiées des patients et de leurs familles au quotidien. Nous sommes en train, chez J&J, de mettre toutes ces femmes en réseau, grâce au Forum Femmes et Santé lancé l'an dernier et que nous relançons cette année. Car j'en suis persuadée et avec moi toute mon entreprise: les femmes sont plus que jamais l'avenir de la santé en France!

 

  1. Enquête Lir/Ipsos/Steria – mars 2015
  2. source: Insee
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1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 18:58
Comment Mitterrand a amené la gauche au pouvoir

     J'ai donné une conférence aux Archives départementales du Tarn, à Albi, mardi 14 février, dans le cadre du centenaire de la naissance de François Mitterrand.

 

     Le thème - "Comment Mitterrand a amené la gauche au pouvoir"- m'a conduit à parler de mon expérience au cours de ces années et à faire quelques rappels... peut-être utiles dans la période troublée que nous traversons.

 

Pour écouter la conférence, cliquez ici

Publié dans "Le Tarn libre" du 17 février 2017

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 12:36
L'argent et ses dérives

Le club Démocraties, que je préside,

organise un colloque sur « l’argent et ses dérives»

 

LUNDI 27 FEVRIER 2017

 

Assemblée nationale (salle Colbert) 126 rue de l’Université 75007 PARIS

 

Vous pouvez y participer, en vous inscrivant avant le 21 février

(voir ci-dessous)

 

Programme :

 

- 9H30- ouverture

Guy-Michel Chauveau député de la Sarthe

Paul Quilès, Président du club Démocraties

 

- 9h45- 11h- Place de l’argent et des relations financières dans le monde

- Marc Dugois, avocat, écosophe- la monnaie, véhicule d’énergie humaine

- Daniel Lebègue, Président de Transparency International, Argent et mondialisation : bienfaits et périls

- Patrick Moulette, chef de la division anti-corruption à l’OCDE, le regard de l’OCDE

 

- 11h- 12h30- Corruption et évasion fiscale

- Charles Duchaine, magistrat, préfigurateur de l’Agence anti-corruption

- Eric Robert , conseiller à l’unité des affaires de fiscalité internationales à l’OCDE - la difficile transparence fiscale

 

- 14h- 15h15- Comment s’organise la lutte contre la corruption et l’évasion fiscale ?

- Bruno Dalles, directeur de Tracfin, le rôle de Tracfin dans l’amélioration de la lutte contre le blanchiment, la corruption et la fraude fiscales.

- Nicole Marie Meyer, responsable alerte éthique à Transparency, les lanceurs d’alerte

 

- 15h15- 16h50- Perspectives d’avenir:

- Sébastien Denaja rapporteur de la loi « Sapin II » à l’Assemblée Nationale, la loi de 2016, une loi de progrès

-  Eric Alt, Magistrat, vice-Président d’Anticor, pour aller plus loin

- Laurence Scialom, co- rédacteur de la note de Terra Nova sur les conflits d’intérêt

 

- 16H50- Conclusion, par Jacky Simon, vice-président du club Démocraties

 

***************

 

Bulletin d’inscription,

à copier et à retourner impérativement avant le 21 février à :

Démocraties- 23 rue d’Alleray- 75015 PARIS

 

* Nom……………………………………………………………………………….

 

* Prénom…………………………………………………………………………..

 

* Date de naissance/lieu ……………………………………………………

 

* Ces informations sont exigées par le service de sécurité de l’Assemblée Nationale

 

Participation aux frais du colloque : 10 euros

 

Règlement par chèque à l’ordre de Démocraties

 

N’oubliez pas de vous munir d’une pièce d’identité, qui vous sera réclamée à l’entrée de l’Assemblée Nationale.

 

Contact : democraties2@gmail.com ou Dominique Hernu (06 03 69 62 23)

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 15:34
Sur l'agenda de Paul Quilès
  • Mardi 14 février: conférence aux Archives départementales, à Albi, dans le cadre du centenaire de la naissance de François Mitterrand.

Le thème - "Comment Mitterrand a amené la gauche au pouvoir"- me conduira à parler de mon expérience au cours de ces années et à faire quelques rappels... peut-être utiles dans la période troublée que nous traversons.

  • Jeudi 16 février: réunion de bureau au siège d'IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire), à Paris.

Nous ferons notamment le bilan de la récente conférence que nous avons organisée autour du thème "vers une nouvelle course aux armements?" et nous déciderons des prochaines actions de l'association.

  • Lundi 27 février: colloque organisé par le club Démocraties, que je préside, à l'Assemblée Nationale.

Le thème "L'argent et ses dérives" sera traité par une dizaine d'experts au cours de 4 tables rondes, où seront abordés les sujets suivants:

      - la place de l'argent et des relations financières dans le monde;

      - la corruption et l'évasion fiscale;

      - comment s'organise la lutte contre la corruption et l'évasion fiscale;

      - les perspectives d'avenir.

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 09:45
Un budget de la défense augmenté...pour quoi faire ?

Tribune publiée dans La Croix

 

et co-signée par

 

-  Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense, Président d’IDN *

 

- Bernard Norlain, général (2S), ancien Directeur de l’IHEDN **, Vice-Président d’IDN 

 

*******************

 

      C’est certainement la perspective de la future élection présidentielle qui a amené le Chef d’Etat-major des armées à s’exprimer dans la presse pour réclamer une augmentation substantielle du budget de la défense.

 

      Le caractère public de cette expression des besoins des armées par le plus haut responsable de la hiérarchie militaire a de quoi choquer, car elle est peu conforme aux règles qui définissent les relations politico-militaires de notre République fondées sur la fameuse formule "cedant arma togae" ***. Allons cependant au-delà et examinons le contenu de la déclaration du général de Villiers, qui a probablement reçu l’accord formel ou implicite du ministre de la Défense.

 

      Le constat est connu : nos armées sont aux limites de leurs capacités. Les personnels, les matériels sont épuisés par de nombreuses opérations sur des théâtres aussi divers que le territoire national, le Moyen-Orient ou l’Afrique, pour ne citer que les principaux. La vétusté des matériels et l’insuffisance des moyens attribués au "maintien en condition opérationnelle" entraînent un grave sous-équipement et un sous-entraînement des forces conventionnelles dédiées à ces opérations, exposant parfois de façon tragique la vie de nos soldats.

 

      Le verdict est clair : les moyens alloués à ces forces sont insuffisants, eu égard aux missions qui leur sont confiées. Il y a une inadéquation, plus criante que jamais, entre les missions ordonnées par le gouvernement et les moyens attribués aux armées.

 

      Dans les prochains mois, les candidats à la présidence de la République vont avoir à s’exprimer sur ce sujet. S’ils estiment que le budget de la défense doit être augmenté, ils devront dire à quoi sera utilisée cette éventuelle augmentation.

 

      La répartition du budget militaire entre les différentes catégories de dépenses doit en effet répondre à une définition préalable des objectifs et des moyens de notre politique de défense. Cette répartition devrait être le résultat d’un processus démocratique, d’un débat parlementaire, et d’orientations stratégiques définies par l’exécutif puis approuvées par le Parlement. Une politique de défense ne peut être que le fruit d’une réflexion stratégique et reposer sur une vision claire de nos objectifs.

 

      Parmi les choix budgétaires proposés, il est étonnant par exemple que le renouvellement de nos forces nucléaires soit considéré comme acquis alors qu’elles achèvent à peine leur dernière phase de modernisation. Est-il raisonnable de vouloir consacrer 15 % du budget de la défense et 25 % de son budget d’investissement à une arme dont on peut douter de l’utilité stratégique ? Cela se ferait inévitablement au détriment des forces engagées dans des combats bien réels, dont on ne voit pas l’issue à court et moyen terme ou encore au détriment de nouvelles formes de combat comme le cyber-terrorisme. Ces questions nécessitent une véritable réflexion stratégique et un débat, au moment de la préparation d’un nouveau Livre Blanc qui présentera les missions prévisibles des armées, les moyens nécessaires à leur exécution et donc le budget qui en découlera.

 

      Sans préjuger des conclusions de cet exercice indispensable, il est clair que les engagements actuels de nos forces conventionnelles constituent, d’ores et déjà, une contrainte forte dans la mesure où ils sont amenés à perdurer. L’effort devra donc porter en priorité sur ces forces et non sur une arme nucléaire non seulement inutile dans les conflits actuels et dans les scénarios de conflits imaginables, mais aussi dangereuse dans le contexte d’un monde qui voit la multiplication du nombre des Etats-puissances et l’apparition d’une tentation d’emploi de cette arme.

 

     Dans la période qui vient, il faudra donc se garder de choix budgétaires désastreux qui auraient comme conséquence de scléroser et fossiliser la politique de défense française, à l’image des erreurs faites par la France à la fin des années vingt.

         

     Il faudra aussi réaliser que, même avec un budget augmenté significativement, notre pays ne pourra pas maintenir ou obtenir une panoplie complète de systèmes d’armes lui permettant de faire face à l’ensemble des menaces. La réponse à cette nouvelle complexité stratégique et technologique passe par une coopération européenne d’abord capacitaire mais aussi politique. Il est temps de donner un contenu à cette Europe de la défense, espérée depuis de longues années et qui va devenir plus indispensable encore avec le Brexit et les intentions du nouveau président américain à l’égard de l’Europe.

 

           En définitive, la revendication de "plus de moyens pour le ministère de la Défense" ne doit pas, en s’appuyant sur de fausses évidences, se limiter à une vision quantitative des besoins. La seule façon de faire des choix budgétaires réalistes et lucides consiste à définir une nouvelle politique de défense et de sécurité en adéquation avec les défis stratégiques du présent. Cette démarche doit s’inscrire dans un processus démocratique, à partir d’une réflexion stratégique dégagée de l’influence du complexe militaro-industriel et qui ne pourra pas faire l’impasse d’un débat autour de la pertinence de l’arme nucléaire.


 IDN : Initiatives pour le Désarmement Nucléaire 

** IHEDN: Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale

*** "Que les armes cèdent à la toge" : formule de Cicéron, signifiant la supériorité du pouvoir civil sur le pouvoir militaire.

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22 décembre 2016 4 22 /12 /décembre /2016 16:32
Questions au Général de Villiers

En démocratie, les armées ne sauraient s’affranchir

 

de la prééminence du pouvoir civil

 

(Tribune de Paul Quilès publiée sur le site du Monde.fr)

 

      Le plus haut responsable militaire des forces françaises vient de publier une tribune[1] dans un grand quotidien économique pour demander que de nouveaux moyens soient accordés aux armées.

 

      Cette initiative est étonnante. Elle soulève au moins quatre questions :

 

    - A-t-il eu l’aval du ministre de la défense, sous l’autorité de qui il est constitutionnellement et légalement placé ?

 

      - Dans le cas contraire, peut-on considérer qu’il est resté dans les limites de la "réserve exigée par l'état militaire" selon les termes du statut général des militaires? A-t-il oublié que, s’il a pour mission de conseiller le président de la République et le gouvernement sur les questions militaires, il n’est pas habilité à distribuer publiquement les blâmes et les remontrances aux autorités constitutionnellement en charge de la défense ?

 

      - Sait-il qu’il y a en France un Parlement, censé voter le budget, après en avoir débattu ?

 

    - Où a-t-il vu que le maintien de la crédibilité de la dissuasion nucléaire impose nécessairement le renouvellement de ses deux composantes au prix d’un effort financier considérable au moins jusqu’en 2032 ? À quel titre qualifie-t-il toute autre option de « renoncement » ? Une question stratégique aussi essentielle ne relève pas de l’expertise militaire mais de l’appréciation politique et ce jugement politique ne saurait, dans une démocratie, être laissé à l’autorité militaire.

 

      Il n’est pas surprenant que le Président de la République ait réagi vivement, en contestant publiquement certaines affirmations du général de Villiers. Nul doute qu’il a dû lui rappeler (en privé) qu’il est, comme le précise l’article 15 de la Constitution, " le chef des armées".

 

      Si l’on peut comprendre qu’un responsable militaire plaide pour une revue stratégique afin de clarifier les missions des armées dans la situation internationale actuelle, ses résultats ne sauraient être déterminés à l’avance, et certainement pas par la hiérarchie militaire, confortée dans ses vues par l’industrie de défense. Il appartiendra au seul pouvoir politique issu des élections de l’année prochaine (président de la République, gouvernement et Parlement) de se prononcer.

 

      Espérons que ce pouvoir saura écarter les fausses évidences, notamment la fixation du budget de la défense à 2% du PIB sur la base d’une "norme OTAN" ou l’obligation de renouveler les deux composantes nucléaires.

 

      Le budget de la défense représente actuellement une charge substantielle : 1,8 % du PIB, pensions comprises, conformément à la nomenclature OTAN. L’avenir de notre sécurité serait-il suspendu à une augmentation de 0,2 point de PIB ? D’autant plus que les montants ne sont pas seuls en cause ; l’efficacité de la dépense compte aussi. Quant à la logique de la dissuasion et de la course aux armements nucléaires, ce n’est pas celle qui, à mon sens, renforcera au mieux les chances de la paix.

 

      Un débat doit s’ouvrir sur la défense de la France et de l’Europe. Les élections à venir donneront l’occasion aux politiques de proposer les grands choix, car, comme le suggère le mot célèbre de Clemenceau, ces questions sont "trop graves pour les confier à des militaires".


[1] « Le prix de la paix, c’est l’effort de guerre »- Tribune du Général Pierre de Villiers dans les Echos du 21/12/2016

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 16:57
Juppé superstar !

Un grand merci à  ACRIMED pour ce beau rappel de la perspicacité des médias français avant la primaire de la droite, aussi forts que les médias américains avant l'élection triomphale de Trump!

 

Voir aussi Alain Juppé : et si ce n’était pas lui ?

 

 

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 11:41
Photo Reuters/Philippe Wojazer

Photo Reuters/Philippe Wojazer

     J’ai été surpris ce matin en consultant le tableau de bord de ce blog. Des centaines de lecteurs ont consulté hier mon texte du 22 août 2016 sur les primaires !

 

   Pensaient-ils trouver le résultat de la confrontation à droite ? Souhaitaient-ils avoir des informations (ou des indiscrétions) sur la prochaine confrontation à gauche ?

 

   Ils ont dû être bien déçus, en constatant qu'il s'agissait d'une critique des primaires. Les commentaires que j’entends depuis hier soir (qui viennent contredire ce que les mêmes disaient il y a quelques jours !), ne me feront pas changer d’avis. Je pense, plus que jamais, que cette mécanique, inspirée de la tradition politique américaine….dont on a pu apprécier voici peu les brillantes conséquences, n’enrichit pas la démocratie, bien au contraire.

 

     Plutôt que de me répéter, je préfère redonner le début de mon texte du 22 août 2016 ( « A quoi donc servent les primaires ? »)

 

***************************


     « Les partis de gauche qui ont appelé les électeurs à voter pour François Hollande le 6 mai 2012 le savent bien : compte tenu du climat politique, de la situation économique et sociale et du faible niveau de popularité des candidats potentiels, notamment du Président de la République, la division des candidatures de gauche au premier tour de la présidentielle de 2017 conduirait certainement à un affrontement droite/extrême droite au second tour.

 

      Devant cette perspective peu encourageante et encore plus dangereuse que lors de l’élection de 2002, où le Front national n’était pas aussi puissant qu’aujourd’hui, les partis et leaders de gauche s’efforcent de convaincre que la multiplication des primaires (socialiste, écologiste,…) et des candidatures contribuera à renforcer les chances de la gauche d’accéder au second tour.

 

     Etrange raisonnement, qui tient presque du déni ! Il est facile de comprendre en effet que la concurrence des candidats à ces primaires, dans une atmosphère mêlant les considérations de nature narcissique et la langue de bois, va se traduire par des surenchères qui rendront ridicules et peu crédibles les inévitables ralliements qui interviendront après ces combats de gladiateurs.

 

      Chacun voit bien que la multiplication des candidatures aux primaires  -à gauche comme à droite-, ne provient pas seulement du besoin évident de satisfaction égotique des postulants (qui ne croient pas un instant à leur chance). Elle a aussi son origine dans le calcul des candidats, qui aspirent à se trouver en bonne place pour négocier avec le vainqueur une position de pouvoir ou pour participer à la redistribution des responsabilités politiques après les élections de 2017, puisque, quel que soit le cas de figure, la question du devenir des forces politiques actuelles se posera.

 

      Ces préoccupations, malgré le langage fleuri qui habille les discours, sont peu susceptibles de redonner le goût de la politique à des électeurs inquiets et déçus. Pour ma part, je trouve dans cette ambiance délétère la confirmation de mon analyse du principe des primaires, que j’ai formulée à de nombreuses reprises depuis longtemps et des conséquences néfastes que cette compétition entretient.

 

     Pendant ce temps, une question majeure de la vie publique française est totalement occultée : celle du dysfonctionnement des institutions qui fondent notre démocratie. En l’absence d’actes, les promesses incantatoires de réformes, qui n’ont pas manqué depuis des années, ne convainquent plus personne. Et pourtant, il est essentiel de  revenir sur la réforme de 2001 et de procéder à l'élection des députés avant l'élection présidentielle, afin de centrer le débat non plus sur les rivalités de personnes, mais sur une vision politique de l'avenir de la France. »

 

Lire l’ensemble de mon texte du 22 août 2016

 

« A quoi donc servent les primaires ? »

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Cordes sur Ciel

CORDES

Faites connaissance avec

la cité médiévale

dont Paul Quilès est le maire
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 Avant de venir à Cordes, consultez:

     * site de l'Office du tourisme 

     * site de la mairie     

Bibliographie

- 2013: Arrêtez la bombe (avec Bernard Norlain et Jean-Marie Collin)

- 2012: Nucléaire, un mensonge français

- 2011: On a repris la Bastille (avec Béatrice Marre)  
- 2010: 18 mois chrono (avec Marie-Noëlle Lienemann et Renaud Chenu)
- 2005: Face aux désordres du monde (avec Alexandra Novosseloff )

- 2001: Les 577, des députés pour quoi faire (avec Ivan Levaï)
-
1992: Nous vivons une époque intéressante
- 1985: La politique n'est pas ce que vous croyez